Article · Carrefour africain · December 26, 1986
La mendicité : vers sa suppression au Burkina
- Type
- Article de presse
- Creator
- San San Bambou
- Publisher
-
Carrefour africain
- Date
- December 26, 1986
- Description
-
An interview with Nignan Adouna, director of social reintegration, presents the campaign against begging launched after the presidential mandate of 3 January 1986. In February 1986, the ministry created a directorate with units for disabled people, street youth, prostitution and begging, conducted awareness tours in several provinces, and planned solidarity centres for elderly or disabled people without family support. The Gampéla centre is intended to provide young people with vocational training and productive activities; with the Muslim community, the ministry is preparing regulations for Quranic education to end begging by “garibous.” An official ban is planned by 1987.
Value Annotations
- AI Model - Summary
- GPT-5.6 Luna
- number of pages
- 2
- Subject
- Mendicité
- Spatial Coverage
- Sanmatenga
- Language
- Français
- Contributor
-
Frédérick Madore
- Identifier
- iwac-article-0004953
- content
-
Ils sont nombreux ces gens qui, des boîtes ou des calebasses en main passent de porte en porte, de lieu public en lieu public ou encore assis aux abords des rues, à la recherche d’une pitance. Une pitance qui viendra soit de ceux qui possèdent de trop et ne savent qu'en faire, soit de ceux qui malgré leurs moyens limités sont très sensibles à la misère de leurs semblables, soit enfin de ceux qui courent après un au-delà.
Ces “chasseurs des restes des autres”, ce sont les mendiants. La mendicité. Un “métier” pour le moins inconcevable dans une société révolutionnaire. Pourtant le phénomène prend des proportions très préoccupantes sinon inquiétantes. Les causes, elles sont multiples : le chômage, l’invalidité, le manque de soutien familial, la religion et aussi la fainéantise. Les causes de ce mal social sont donc connues. Une seule question possible peut se poser : que faire ?
Afin d’avoir quelques éléments de réponse à cette question, Carrefour Africain est allé rencontrer le camarade Nignan Adouna, directeur de la réinsertion sociale au ministère de l’Essor Familial et de la Solidarité nationale.
Carrefour Africain : Camarade directeur, pouvons-nous avoir un aperçu général de la politique de réinsertion sociale au niveau du ministère de l’Essor Familial et de la Solidarité nationale ?
Nignan Adouna : Depuis la création du ministère de l’Essor Familial et de la Solidarité nationale, plusieurs structures ont été mises en place afin de permettre au ministère d’accomplir son mandat. Il s’agit notamment de la création de la direction de la réinsertion sociale en février 1986 qui doit mener une politique nationale dans ce sens. Au sein de cette direction existent quatre cellules pour les couches les plus défavorisées. Ainsi, nous avons la cellule handicapés ; la cellule jeunes de la rue ; la cellule prostitution et la cellule mendicité qui est l’objet de notre entretien. CA : Justement, s’agissant de la mendicité, le phénomène prend des proportions très inquiétantes. Comment envisagez-vous supprimer ou atténuer le phénomène ?
NA. : Le problème de la mendicité ne date pas d’aujourd’hui. Et depuis un certains temps, le ministère de l’Essor Familial et de la Solidarité nationale a engagée des actions pour lutter contre ce fléau, suite à la déclaration du président du Faso le 3 janvier 1986 qui confiait mandat au ministère de l’Essor Familial et de la Solidarité nationale pour lutter contre les fléaux que sont la prostitution, la délinquance et la mendicité. Dans le domaine de la mendicité, plusieurs actions ont été engagées en collaboration avec la communauté musulmane et le concours de certains ministères. Ainsi, des tournées de sensibilisation ont été effectuées dans plusieurs provinces : Houet, Kossi, Boulgou, Sanmatenga, etc.
C.A. : La mendicité est engendrée par de multiples causes comme le chômage, l’invalidité, la vieillesse et la religion. Ne pensez-vous pas que la résolution du problème de la mendicité passe d’abord par la résolution des problèmes suscités ? N.A. : Les causes que vous venez de citer sont effectivement la source de la mendicité. Et pour trouver une solution au problème, il nous faut résoudre toutes ces questions. Il faut attaquer le mal à la racine. Ainsi pour les personnes invalides et âgées, nous avons décidé la création de centres de solidarité. Ces centres doivent permettre d’accueillir et d’héberger donc les personnes invalides et âgées sans famille dont la survie dépend de l’aumône publique.
Au niveau des jeunes gens sans parents, des centres de réinsertion ont été créés. Par exemple le centre de Gampéla. Dans ces centres ils seront à même d’apprendre des métiers et de mener des activités productrices.
S’agissant de la mendicité des “garibous", c’est-à-dire celle engendrée par la religion, un dialogue s’est instauré entre le ministère de l’Essor Familial et de la Solidarité nationale, la communauté musulmane, la commission des affaires islamiques et les maîtres coraniques sur le principe et les conditions de suppression de la mendicité des “garibous" en tant que source d’exploitation et de délinquance des mineurs. Ainsi la communauté musulmane travaillera à l'élaboration des textes réglementant l’enseignement coranique dans le but de proscrire la mendicité et d’y introduire des activités de production.
C.A. : Après tout ce travail de sensibilisation et d’explication, avez-vous encore d’autres mesures en vue ?
N.A. : Une loi interdisant la mendicité et le vagabondage existe. Et elle ne date pas d’aujourd’hui. Mais les régimes passés n’ont pas su l’appliquer. Si sous la révolution nous ne nous sommes pas précipités à faire appliquer cette loi, les raisons sont simples : avant l’application de toute loi, il faut savoir dans quelles mesures cela ne créera pas des effets néfastes. Des campagnes de sensibilisation, des études et analyses approfondies sont indispensables. C’est ce travail ardu qui nous a permis de comprendre dans quelles mesures les couches les plus défavorisées peuvent vivre sans recours à la mendicité.
A présent nous sommes à la dernière phase de cette lutte contre la mendicité. Il s’agit de l’étude des modalités d’application de la mesure d’interdiction qui commencera très bientôt. Après cette phase, donc, nous estimons pouvoir interdire officiellement la mendicité d’ici 1987. Et nous souhaitons que tout le monde puisse comprendre que la mendicité est un fléau qui menace toute la société et puisse apporter son concours pour son éradication.
Entretien réalisé par San San BAMBOU
How to cite this item
Bambou, San San. “La mendicité : vers sa suppression au Burkina.” Carrefour africain, December 26, 1986. https://islam.zmo.de/s/westafrica/item/20412.
Bambou, S. S. (1986, December 26). La mendicité : vers sa suppression au Burkina. Carrefour africain. https://islam.zmo.de/s/westafrica/item/20412.
Bambou, San San. “La mendicité : vers sa suppression au Burkina.” Carrefour africain, 26 December 1986. https://islam.zmo.de/s/westafrica/item/20412.
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La mendicité associée à la religion est présentée comme une source d’« exploitation et de délinquance des mineurs », que l’article appelle à proscrire, malgré la coopération de la communauté musulmane.
L'article traite la mendicité comme un fléau social, y compris celle liée à la religion, mais de manière neutre et en collaboration avec la communauté musulmane, sans hostilité envers l'islam.
L'article rapporte des propos sur la mendicité des garibous, présentée comme un problème à résoudre, mais cela est fait de manière factuelle, sans jugement négatif envers l'islam ou les musulmans. Le dialogue avec la communauté musulmane est présenté comme une solution.
Centrality
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L’article porte principalement sur la mendicité, mais consacre un développement notable aux « garibous », à la communauté musulmane, aux affaires islamiques et aux maîtres coraniques.
La mendicité des 'garibous' est présentée comme une source d'exploitation et de délinquance, avec une collaboration détaillée entre le ministère et la communauté musulmane.
L'article traite principalement de la lutte contre la mendicité et des mesures de réinsertion sociale. La dimension islamique apparaît à travers la mention des 'garibous', des maîtres coraniques et de la communauté musulmane, mais elle reste subordonnée au sujet social principal.
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Le traitement repose surtout sur un entretien et des mesures institutionnelles rapportées, même si l’introduction qualifie la mendicité de « fléau » et de phénomène « inquiétant ».
L'article est un entretien factuel avec un responsable gouvernemental, rapportant des déclarations sans ajout de commentaire ou d'opinion sur l'islam ou les musulmans.
L'article est un entretien rapporté : le journaliste pose des questions factuelles et le directeur répond. Aucune opinion personnelle du journaliste sur l'islam n'est exprimée ; le ton est informatif.
