Article
Procès de presse : Reporters sans frontières proteste
- Titre
- Procès de presse : Reporters sans frontières proteste
- Type
- Article de presse
- Editeur
-
Le Jour
- Date
- 28 février 1995
- pages
- 4
- nombre de pages
- 1
- Sujet
- Ibrahim Doumbia
- Dembelé Fousseni
- Arrestation journalistes Plume Libre
- Reporters sans frontières
-
Plume Libre
- Langue
- Français
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-article-0010612
- contenu
-
# Procès de presse
## Reporters sans frontières
## proteste
## Monsieur le Président,
Reporters sans frontières, organisation indépendante de défense de la liberté de la presse dans le monde, proteste contre l'incarcération, le 22 février 1995, de deux journa$\varepsilon$ listes du mensuel "Plume libre", et contre le maintien en détention de deux journalistes de l'hebdomadaire "La Patrie".
Selon les informations dont nous disposons, Dembélé Fousséni et Kémé Brahama, respectivement directeur de publication et journaliste du mensuel "Plume libre", ont été interpellés à Abidjan, le 21 février, et placés en garde à vue à la brigade de recherche de la gendarmerie. Le délai légal de garde à vue écoulé (48 heures), les deux journalistes ont été "inculpés d'incitation à la révolté et de discrédit des institutions publiques" puis écroués à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (MACA).
Les autorités ivoiriennes reprochent aux deux journalistes la publication, dans l'édition du mois de février de La "Plume libre", de deux articles intitulés : "Chasse aux cadres musulmans : l'épuration ethnique continue" et "Les musulmans ivoiriens : cette minorité qui gêne". Le mensuel La "Plume Libre" est édité par des universitaires musulmans fondamentalistes.
Par ailleurs, deux autres journalistes sont détenus à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan depuis le 17 février 1995. Abou Cissé et De Bê Kwasi, respectivement directeur et journaliste de l'hebdomadaire "La Patrie", ont été inculpés "d'offense au chef de l'État" pour deux articles mettant votre personne en cause.
La première audience de leur procès s'est déroulée hier, mercredi 22 février. Les avocats de la défense ont demandé son report ; n'ayant été sai-
sis du dossier que la veille. Malgré l'opposition des représentants de l'accusation, prétextant qu'il s'agissait d'un "flagrant délit", l'audience a finalement été reportée au 27 février, après que les forces de l'ordre aient procédé à l'évacuation de la salle.
Reporters sans frontières condamne fermement l'emprisonnement de ces quatre journalistes. Une telle attitude envers les représentants de la presse ivoirienne ne peut que nuire à l'image de votre pays dans le monde. Reporters sans frontières vous demande d'user de toute votre influence pour que les quatre journalistes soient immédiatement libérés.
Dans l'attente d'une réponse de votre part, je vous prie d'agréer, Monsieur le président, l'expression de ma très haute considération.
Robert Ménard, directeur de Reporters sans frontières.