Article
Fin du premier symposium international sur le Livre Vert à Benghazi : un précieux instrument au service du Peuple libyen
- Titre
- Fin du premier symposium international sur le Livre Vert à Benghazi : un précieux instrument au service du Peuple libyen
- Type
- Article de presse
- Créateur
- Emmanuel Kouagou
- Editeur
-
Ehuzu
- Date
- 21 avril 1983
- pages
- 3
- nombre de pages
- 1
- Couverture spatiale
-
Libye
- Langue
- Français
- Source
-
Bibliothèque du Congrès
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-article-0003188
- Détenteur des droits
-
La Nation
- contenu
-
Jeudi 21 Avril 1983
Fin du premier
Ainsi, dans la première partie, le leader de la Révolution libyenne aborde la question de la démocratie par la critique des systèmes actuels de démocratie qui ne sont que des impostures dont le seul but est d'éloigner le Peuple du vrai pouvoir populaire. Pour ce faire, le colonel Kadhafi préconise une solution tout à fait originale où le Peuple pourra effectivement exercer le pouvoir à travers les Comités Populaires de base avec leurs congrès populaires.
EHUZU
Symposium international sur le Livre Vert à Benghazi
Un précieux
Benghazi, deuxième grand centre urbain et ville historique de la Libye, a été durant une semaine (du 7 au 13 avril) le point de convergence d'éminents penseurs, chercheurs, philosophes et littéraires venus des quatre coins du monde. Le but de cette rencontre internationale du « donner et du recevoir » est l'étude du Livre Vert : « théorie et pratique ».
En effet, face à un monde secoué par de graves crises économiques, politiques et sociales, et face à d'autres théories qui se sont avérées incapables de réaliser le bonheur de l'homme, le leader de la Révolution libyenne, le colonel Muammar Kadhafi, propose une troisième voie. Appelée la troisième théorie universelle par référence aux deux autres théories, à savoir le marxisme et le capitalisme, cette voie préconise l'édification d'une société moderne plus juste, basée sur des principes de souveraineté, de liberté et d'égalité.
Comme le dira le colonel Kadhafi lui-même, le Livre Vert est un ensemble de données et d'évidences propres à la vie et à l'histoire de l'homme, par lesquelles ce dernier peut résoudre ses problèmes politiques, économiques et sociaux.
Le Livre Vert s'articule autour de trois axes avec trois idées forces : démocratie, économie et société.
La deuxième partie du livre pose les principes économiques de base du type de société à édifier, une société d'où il sera banni l'exploitation de l'homme par l'homme et qui sera basée sur la répartition équitable des richesses du pays entre tous les citoyens.
Quant à la troisième partie, elle a rapport aux problèmes sociaux. Dans cette dernière partie, la tradition et la religion sont considérées comme étant des valeurs naturelles, bases du lien social garantissant la cohésion familiale, voire de la communauté nationale.
Le problème de l'égalité entre l'homme et la femme, ainsi que celui des minorités opprimées, y ont été abordés.
C'est donc cet ensemble de données que les éminentes personnalités du monde politique, scientifique, artistique et littéraire, venues d'Afrique, d'Asie, d'Amérique Latine et d'Europe, ont eu à analyser et à approfondir durant une semaine.
Ainsi, durant la semaine qu'a duré ce premier symposium international, plus de trois cents exposés ont été faits sur les thèses de la Troisième théorie universelle. De nombreux orateurs se sont succédé à la tribune, soit pour prononcer une allocution ou présenter un message au symposium, soit pour faire des communications ou présenter un essai sur tel ou tel aspect du Livre Vert.
On a pu noter, par exemple, l'intervention du représentant de la République Populaire Révolutionnaire de Guinée, du Gouvernement d'Union Nationale de Transition du Tchad, qui a décrit la situation qui prévaut actuellement dans son pays.
La plupart des créateurs ont surtout présenté des essais et des communications. C'est le cas du Professeur Sandra Sikra de l'université de Colombo, qui a présenté un essai sur les expériences d'une grande démocratie, exposé dans lequel il donne un bref aperçu sur le développement de la démocratie. Le professeur Sandra soutiendra que seul le Livre Vert présente une solution idéale. C'est le cas également du professeur Pokonjo des Philippines qui, dans son essai sur la réalisation de la démocratie véritable dans les pays du Tiers Monde, explique qu'il est impossible de réaliser une démocratie véritable sans suivre les thèses présentées par le Livre Vert.
Un autre essai sur le pouvoir et le gouvernement a été présenté par le Docteur Claude Nazem de la Suède. Le Docteur Nazem a indiqué que l'expérience pratique de la Troisième théorie universelle confirme qu'il est possible de supprimer les gouvernements et de donner le pouvoir aux masses. En comparant les thèses du Livre Vert aux autres théories, il conclut que la Troisième théorie universelle est aux côtés de l'homme, car cette théorie refuse toutes les formes de démocratie où le pouvoir se pratique au nom des masses et affirme l'application directe du pouvoir par le Peuple.
Sous le titre « Le problème de la liberté et de la démocratie », le chercheur Mohamed Ali Tassoun du Soudan a analysé les démocraties actuelles à travers les théories classiques et a abouti à la conclusion selon laquelle ces théories sont incapables de subvenir aux besoins du Peuple.
Il est à préciser que la plupart de ces débats se déroulaient en assemblée plénière en présence du leader de la Révolution libyenne, qui a d'ailleurs fait au cours de ce symposium une intervention très remarquée sur son œuvre.
« Je salue ce grand nombre de professeurs, de penseurs, de chercheurs et de combattants pour la liberté, qui sont venus de tous les coins du monde pour participer à ce symposium. »
Une série d'autres essais, comme le problème des minorités opprimées, celui de l'égalité entre l'homme et la femme, la crise du capitalisme, etc., ont été présentés par plusieurs autres penseurs et chercheurs des différentes régions du monde entier.
Tous ces essais et communications ont toujours fait l'objet de commentaires, d'analyses, de contestations et de débats très riches d'enseignements, dont le seul but est d'approfondir les connaissances sur le Livre Vert.
« Le Livre Vert, conclura sur un ton de modestie le colonel Kadhafi, renferme un certain nombre de clefs qui existaient déjà, mais qui étaient négligées et qui ont été recherchées, trouvées et rassemblées en tant qu'éléments susceptibles de résoudre les problèmes politiques, économiques et sociaux dont souffre l'humanité. »
Démontrant, exemples à l'appui, l'échec des démocraties occidentales face aux problèmes qui secouent le monde, le colonel Kadhafi a réaffirmé le soutien indéfectible du Peuple arabe libyen à tous les mouvements en lutte pour se libérer du joug colonial et impérialiste.
Dans une longue intervention de plus de trois heures, entrecoupée d'applaudissements nourris et de slogans, le colonel Kadhafi a tenu à préciser : « C'est un symposium pour la parole et la pensée, où personne ne peut user du droit de veto, ni menacer d'exercer des pressions politiques, militaires ou économiques sur quelques délégations, contrairement à ce qui se passe dans les rencontres politiques mondiales. »
Le colonel Kadhafi a ajouté que ce symposium diffère du Conseil de Sécurité, dont le nom inspire la tranquillité, mais qui, en réalité, est un conseil dominé par les grandes puissances et dans lequel on définit les politiques agressives.
Le leader de la Révolution libyenne a aussi vivement dénoncé les manœuvres des puissances impérialistes. À ce propos, il faut rappeler que le symposium, au cours de ses travaux, a eu à envoyer un message de soutien au Peuple du Nicaragua dans sa juste lutte contre l'impérialisme international, qui jusque-là n'a pu digérer sa défaite et qui s'acharne à détruire la jeune Révolution du Nicaragua, qui vient à peine de sortir d'une guerre meurtrière de libération. Il est à souligner que le représentant du Front Sandiniste de Nicaragua avait pris la parole pour décrire dans les moindres détails le martyr du Peuple nicaraguayen.
Ce premier symposium, qui a pris fin le mercredi 13 avril dernier dans une atmosphère de fête, a été une occasion pour les participants d'échanger leurs expériences, de mêler leur cervelle contre celle des autres, mais surtout de confronter leurs points de vue sur les problèmes de l'heure et ceux que pose l'édification par les masses populaires d'une société conforme à leurs légitimes et profondes aspirations.
Comme tout forum de cette envergure, ce premier symposium international s'est terminé par un communiqué final dans lequel les participants réaffirment leur soutien aux thèses du Livre Vert.
Après avoir décerné la médaille de la pensée Jamahiryenne au colonel Kadhafi pour son œuvre, les participants se sont séparés sur une note d'espoir tout en se donnant rendez-vous en 1986 pour le deuxième symposium international sur le Livre Vert.
Notons que, outre le chef de l'État qui a assisté à la séance d'ouverture et à une partie des travaux, notre pays a été représenté à ce symposium par une délégation de cinq membres conduite par le camarade Pierre Osho, directeur du Centre National d'Éducation Révolutionnaire.