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Après la "tentative d'assassinat" de cinq Imams à Cocody. Imam Cissé. Djiguiba (porte-parole du COSIM) : "Les auteurs et les commanditaires voulaient provoquer une violence généralisée"
- Titre
- Après la "tentative d'assassinat" de cinq Imams à Cocody. Imam Cissé. Djiguiba (porte-parole du COSIM) : "Les auteurs et les commanditaires voulaient provoquer une violence généralisée"
- Type
- Article de presse
- Créateur
- Jean-Marc Kossou
- Editeur
-
Le Patriote
- Date
- 16 février 2004
- pages
- 6
- nombre de pages
- 1
- Langue
- Français
- Contributeur
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Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-article-0007178
- contenu
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Après la tentative d'assassinat de cinq Imams à Cocody, Imam Cissé Djiguiba (porte-parole du COSIM) a déclaré : "LES AUTEURS ET LES COMMANDITAIRES VOULAIENT PROVOQUER UNE VIOLENCE GÉNÉRALISÉE."
Kossou Jean-Marc
Les Imams réunis au sein du COSIM (Conseil supérieur des Imams) ont tenu à exprimer leur mécontentement face aux agressions et autres menaces dont ils sont victimes depuis quelque temps. Le samedi 14 février dernier, à la mosquée de l'avenue 8 à Treichville, ils ont interpellé les autorités ivoiriennes à travers une déclaration suite à un coup de feu tiré sur des chefs religieux musulmans en séance de travail à la Mosquée de la Rivera Golf, le 10 février 2004 vers 11 heures 30.
Mais, estime-t-il, il faut d'abord suivre la procédure normale de traitement.
Le porte-parole du comité exécutif du COSIM, Imam Cissé Djiguiba, qui a lu la déclaration en rappelant les circonstances du drame, a déploré le fait que 48 heures après l'incident, aucune réaction officielle n'a été enregistrée. Pourtant, les différentes autorités ont été informées dès la survenue de l'incident. Ce n'est que le vendredi 13 février que le ministre des Cultes, Désiré Gnonkonté, selon lui, s'est rendu à la grande mosquée de la Rivera Golf pour manifester la compassion et le soutien du gouvernement au Conseil supérieur des Imams.
Le Conseiller spécial du chef de l'État, chargé des Cultes, Religions et Traditions, M. Ore Gnézé Jacques, présent à la rencontre du samedi, a promis qu'une suite sera donnée à cette requête.
Pour les Imams, il faut mettre cet acte ignoble sur le compte d'une tentative de sabotage du processus de sortie de crise en cours. Car en portant atteinte à l'intégrité physique des chefs religieux, a souligné le porte-parole, les auteurs et leurs commanditaires n'ont d'autres objectifs que de provoquer une violence généralisée.
À la question de savoir si les hommes religieux, en particulier les Imams, ne paient pas ainsi leurs prises de position dans le débat politique, l'Imam Djiguiba nous a répondu ceci : "Non et non. Les Imams n'ont pas pris de position particulière. La prise de position que nous avons, c'est celle d'appeler au comportement de paix, de compassion."
Le Supérieur Édiémou Jacob (Église Christianisme céleste) a déclaré : "QUE L'ÉTAT VEILLE SUR LES RELIGIEUX COMME SUR LES MINISTRES."
Le Patriote : Quelle réaction après cet événement ?
Supérieur Édiémou Jacob : C'est regrettable et en même temps nous sommes heureux de voir que Dieu est avec les religieux et pour la constance, avec nos frères musulmans. Parce qu'ils ont œuvré depuis longtemps pour qu'il n'y ait pas de guerre de religions. Nous avons été ensemble, nous avons œuvré ensemble. Au moment où la réconciliation est là, le diable voulait encore qu'il y ait un malheur. Nous avons été heureux que Dieu ait montré qu'il aime la Côte d'Ivoire, qu'il aime les religieux en leur épargnant ce genre de malheur. Nous sommes venus pour dire que les religieux sont ensemble. Nous sommes venus soutenir nos frères et demander au gouvernement de réconciliation, qui est en train de faire beaucoup d'efforts, de continuer dans cet effort et de prendre au sérieux la vie des religieux.
LP : Cela fait plusieurs fois que nous entendons ce genre de choses.
Le supérieur évangéliste Édémou Bin Jacob a ajouté : "Bien sûr, nous avons peur. Quand le ministre de la Sécurité a dit dans le temps que l'Éminence le Cardinal Agré devait être attaqué, nous-mêmes avons été attaqués."
Nous avons le devoir de cultiver ces ponts afin que le pays soit vivable et agréable à vivre. Nous ne sommes ni rebelles, ni de la rébellion, ni du pouvoir. Nous sommes pour les mosquées, pour les Églises, pour les temples qui sont les lieux de culture de la paix.
Aux dernières nouvelles, on apprend que des Imams font l'objet de menaces de mort à travers des coups de fil. Mais ces derniers se disent déterminés à mener leur mission de prêcher la parole de Dieu, la paix, la réconciliation entre les populations.
K.J.J.M. a déclaré : "On a peur, mais l'homme est né pour mourir. Et quand tu meurs pour une cause comme cela, vous allez au ciel. On n'est pas découragés. Notre souhait est de faire en sorte que la Côte d'Ivoire soit sous la bannière d'un Dieu unique."
LP : Et si l'acte venait à se répéter, quel message allez-vous lancer aux autorités ?
S.E.J. : Ils ont été clairs que depuis le mardi (10 février dernier), il n'y a pas eu de déclaration des autorités. En tant que président du Forum des confessions religieuses, j'interpelle les autorités afin de veiller sur la vie des hommes religieux comme on veille sur la vie des ministres d'État. Nous sommes des ministres de Dieu. Et en ce moment précis, nous sommes beaucoup sensibles, on nous vise visiblement. La sécurité des religieux et le respect des lieux saints, c'est ce que nous voulons maintenant.
LP : Comment interprétez-vous le retard mis par les autorités à rencontrer les victimes qui sont des musulmans ?
S.E.J. : Justement, ils se plaignent. Et cette plainte est justifiée, on doit la réparer. Nous avons vu quand le Cardinal était menacé. Il n'était pas menacé et on est venu à son secours, cela est clair. Il faut que les autorités sachent que tous les religieux sont les mêmes. Et ce que nous voyons ici, nous prions Dieu que cela ne se répète plus.