Article
Après l'assassinat de deux personnes par les forces de l'ordre, jeudi dernier : des milliers de femmes dans les rues d'Anyama
- Titre
- Après l'assassinat de deux personnes par les forces de l'ordre, jeudi dernier : des milliers de femmes dans les rues d'Anyama
- Type
- Article de presse
- Créateur
- Yves M. Abiet
- Editeur
-
Le Patriote
- Date
- 22 février 2003
- pages
- 1
- 5
- nombre de pages
- 2
- Langue
- Français
- Contributeur
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Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-article-0007160
- contenu
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Après l'assassinat de deux Imams
DES MILLIERS DE FEMMES DANS LES RUES D'ANYAMA
Après l'assassinat de deux personnes par les forces de l'ordre, jeudi dernier, des milliers de femmes dans les rues d'Anyama.
« Rejoignez-nous, la peur n'est pas un remède contre la mort. » C'est par ces mots que des milliers de femmes qui manifestaient dans les rues de la commune d'Anyama appelaient celles qui, amassées aux abords de l'artère principale, les regardaient.
Hier, la colère de la population a connu une deuxième journée de protestation contre les assassinats, la veille, de Fanny Mory et Sylla Oumar par les forces de l'ordre. « On est beaucoup, tuez-nous ! », scandait la foule composée de jeunes filles et de femmes de tous les âges.
L'artère principale de la commune était noire de monde. Des femmes qui, connaissant la douleur de l'enfantement, ne sauraient rester insensibles à des assassinats de personnes. « Nous, les femmes, sommes fatiguées de pleurer à tout moment nos époux, nos enfants qui tombent sous les balles assassines des policiers et des gendarmes », a martelé une vieille femme qui, en dépit de son âge avancé, n'a pas voulu rester à la maison. Des barricades ont été dressées par ces amazones et des pneus ont été incendiés à l'entrée de la manifestation.
La manifestation de colère des femmes d'Anyama a débuté dans la matinée et s'est poursuivie jusque dans la soirée vers 16 heures. Les policiers et les éléments de la gendarmerie de la commune ont dû faire usage de grenades lacrymogènes et souvent même de leurs armes en tirant en l'air pour disperser les manifestants qui couraient dans tous les sens. La situation était tellement tendue que l'inhumation des deux corps annoncée pour hier n'a pu être effective. Selon les chefs de famille interrogés, les autorités n'avaient pas encore délivré les permis d'inhumer. « On nous a dit que l'affaire devait remonter jusqu'au ministère de la Défense », a déclaré le chef de la famille de Fanny.
Il a précisé que, vu l'heure avancée - il était un peu plus de 16 heures passées lorsque nous quittions les lieux - les inhumations se feront certainement aujourd'hui.