Article
Après les vérités crues de l'Imam Fofana : la peur panique s'installe
- Titre
- Après les vérités crues de l'Imam Fofana : la peur panique s'installe
- Type
- Article de presse
- Créateur
- Yves M. Abiet
- Editeur
-
Le Patriote
- Date
- 30 novembre 2000
- pages
- 2
- nombre de pages
- 1
- Langue
- Français
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-article-0007069
- contenu
-
Après les vérités crues de l'Imam Fofana
LA PEUR PANIQUE S'INSTALLE
Tvas M Abiot
Comme il fallait s'y attendre et comme l'Imam Fofana l'avait peut-être imaginé, l'interview-vérité qu'il a bien voulu accorder au quotidien -Lo Patnoto- a mis en émoi une « certaine presse » qui s'accommode très mal avec la franchise. Car tous les confrères qui, pour défendre l'indéfendable, se sont retrouvés à trouver des failles dans cette pensée du leader religieux, se sont cloués le bec dans l'eau. Nulle part dans leurs différentes analyses, ils n'apportent aucun démenti aux propos du porte-parole du Conseil supérieur des Imams (COSIM). Il aurait été préférable que des confrères qui parlent d'injures démontrent que ce que l'Imam Aboubacar Fofana a dit est faux. Est-ce que l'exclusion de la communauté musulmane dont il parle n'est-elle pas une réalité ? Est-ce que tous ceux qui ont été tués froidement lors des événements des 25 ou 26 octobre derniers n'étaient pas en majorité des ressortissants du Nord ? Les Gonoraux Palenfo et Coulibaly ne sont-ils pas détenus abusivement ? Des mosquées n'ont-elles pas effectivement été incendiées par des partisans de Gbagbo ? La Constitution ne porte-t-elle pas en elle-même les germes de la stratification des Ivoiriens ?
En quoi parler de ce qui est pourtant évident est dangereux, comme tente maladroitement de le faire croire un certain Ehouman Kassy ou Venance Konan ? En réalité, il n'y a pas plus dangereux que ces apatrides qui traitent les Ivoiriens d'étrangers. Il n'y a pas plus aveugle que celui qui refuse de voir. Et Venance Konan et tous ceux qui font des efforts pour travestir la vérité sont plus que dangereux. Pour le reste, El Hadj Aboubacar Fofana n'a rien dit d'autre que la vérité. Nous avions oublié qu'en Côte d'Ivoire, dire la vérité est un crime. Mais l'Imam Fofana est un homme de Dieu qui ne saurait se faire complice de qui que ce soit. Il est vrai que ses propos, parce que empreints d'une forte dose de franchise et de vérité, aient pu heurter la susceptibilité de ceux qui aiment qu'on leur mente. Dans ce cas, on les comprend.