Article
Conflit entre musulmans sunnites à Man : le directeur général des cultes échoue dans la médiation
- Titre
- Conflit entre musulmans sunnites à Man : le directeur général des cultes échoue dans la médiation
- Type
- Article de presse
- Créateur
- Privat Giresse
- Editeur
-
Notre Voie
- Date
- 21 juin 2017
- nombre de pages
- 1
- Langue
- Français
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-article-0006956
- contenu
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CONFLIT ENTRE MUSULMANS SUNNITES À MAN
Le directeur général des cultes échoue dans la médiation
Privat GIRESSE Correspondant permanent à Man
Une crise oppose depuis plus d'un an les deux camps de musulmans sunnites de la ville de Man. Le directeur général des cultes, Bamba Messamba, s'y est rendu dimanche afin de discuter avec les protagonistes et trouver un consensus. Le directeur général des cultes a d'abord eu une séance de travail avec le préfet, ensuite avec les femmes qui assiègent la mosquée depuis plus de trois semaines. Enfin, il a convié, lundi, à la salle de conférence de la préfecture, les deux camps opposés à une rencontre pour tenter de résoudre la crise.
Cependant, cette rencontre qui a duré sept heures a accouché d'une souris. « J'ai été ulcéré de savoir que le préfet de région a fait fermer la mosquée parce que les musulmans d'une même communauté refusent de se mettre d'accord. Quand je me suis rendu à la mosquée pour faire mon constat, ce sont de jeunes garçons que j'ai trouvés en train de diriger la prière. Nous savons que ces femmes qui assiègent la mosquée sont poussées par leurs maris, et j'ai honte que des musulmans d'une même communauté se battent pour des biens matériels et non pour un dogme. On ne peut pas, de manière impunie, braver l'autorité de l'État. C'est parce que ce sont nos mères et nos femmes qui assiègent ce lieu de culte que nous allons doucement. Mais cela ne doit pas perdurer, surtout qu'aucun livre saint ne recommande qu'elles fassent ce qu'elles sont en train de faire », s'est indigné le directeur général des cultes, très déçu parce qu'il est lui-même musulman.
Avant d'arriver à ce constat d'échec de la médiation, dix personnes des camps rivaux, celui de l'imam Sidibé Mohamed et de son adjoint Alassane Touré, avaient été enfermées dans une salle de 11h55 à 13h15 afin de se concerter et de lever les obstacles à la réconciliation. Ces négociateurs devaient trouver un consensus autour de la réouverture de la mosquée et désigner des fidèles musulmans pour la gérer sur une période transitoire. Au sortir de ce conclave, ils ont proposé à l'autorité que chaque camp ait trois imams dans le comité de gestion. Cette offre a été rejetée par le camp Alassane Touré qui refuse que Ousmane Sidibé, fils de l'imam principal, sixième sur la liste et accusé d'être à l'origine de la crise, figure dans le collège des imams. Le camp Sidibé, à son tour, a refusé de lâcher le fils de l'imam.
Après une chaude discussion, l'autorité propose alors deux imams par camp, sans Ousmane Sidibé, le fils de l'imam. Cette autre proposition radicalise les positions. Le directeur général des cultes fait une nouvelle offre : celle de ne former le collège de gestion de la mosquée qu'avec l'imam principal Mohamed Sidibé et son adjoint Alassane Touré. Le camp Sidibé Mohamed refuse. La tension était si vive que les autorités renvoient les deux camps à une nouvelle concertation dont les résultats devraient être rendus publics hier dans la soirée. Précisons que les femmes sunnites qui assiègent la mosquée depuis le 6 juin dernier y sont encore.