Article · Le Pays · 20 juin 2013 Citer
Archives nationales : l'Islam dans la Haute Volta coloniale
- Type
- Article de presse
- Créateur
- Hamadi Baro
- Editeur
-
Le Pays
- Date
- 20 juin 2013
- Description
-
Une conférence des Archives nationales, tenue à Ouagadougou le 20 juin 2013, a retracé l’implantation de l’islam en Haute-Volta, portée par des minorités marchandes et pastorales, les foyers de Bobo-Dioulasso, Barani et Ouahabou, ainsi que les Yarcé dans le Moogo. Issa Cissé a décrit une politique coloniale française à la fois conciliante et répressive, marquée par le contrôle policier, des arrestations et la mort de notabilités musulmanes, puis par la répression du Hamallisme et l’essor des medersas wahabites. Il relie cette histoire à la progression des musulmans, de 10 % en 1949 à 20 % à la fin de la colonisation et à plus de 60 % aujourd’hui.
Annotations de valeur
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- Sujet
- Aboubacar Doukouré
- Enseignement confessionnel islamique
- Issa Cissé
- Mouvement Sunnite du Burkina Faso
- Médersas
- Djihad
- Christianisme
- Éducation
- Langue
- Français
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-article-0000008
- contenu
-
La direction générale des archives nationales placée sous la présidence du Faso a organisé une conférence publique sur l'« Islam dans la Haute Volta coloniale » à Ouagadougou, le 20 juin 2013.
Pour le conférencier Issa Cissé, maître de conférence à l'université de Ouagadougou, la politique française vis-à-vis de l'islam a été ambiguë pendant la colonisation.
« Cette ambiguïté a dégagé en fin de compte une dynamique en faveur de la propagation de l'islam dans un pays comme la Haute Volta, considéré dans l'ensemble comme un bastion de l'animisme avant l'arrivée des Européens », a t-il relevé avant de dire que le nombre des musulmans est passé de 10% en 1949 à plus de 60% à nos jours.
Valoriser les archives et participer à une meilleure connaissance de l'histoire du Burkina Faso. C'est le but poursuivi par les archives nationales.
La conférence grand public, organisée, le 20 juin 2013, dans la salle de conférence des archives nationales, à Ouagadougou, a porté sur l'« Islam dans la Haute-Volta coloniale ». Elle a été animée par le professeur Issa Cissé, enseignant de l'islam à l'université de Ouagadougou.
Pour le conférencier, avec plus de 60% de la population, l'islam représente un enjeu au Burkina Faso. Cet islam remonte du 15e au 16e siècle ; et pendant les 18e, 19e siècles, il a connu un progrès remarquable. Il est essentiellement fondé par des minorités marchandes et pastorales des régions de l'Ouest et du Nord.
Cet islam a marqué sa présence entre autres par la création de foyers musulmans à Bobo-Dioulasso, Barani et par des manifestations dites djihad dans la Boucle du Niger. Il s'agit de Mamadou Karantao fondateur de Ouahabou et de Al Kari de Bossé. Le conférencier a signalé que l'islamisation dans le Moogo a été assurée par les Yarcé.
Le choc colonial
Selon le conférencier, avec le choc colonial, il y a eu un ensemble de facteurs qui a contribué à l'évolution de l'islam d'une manière sensible. On retiendra qu'une politique coloniale ambiguë a été bâtie pour gérer les musulmans. L'administration a eu à faire à deux habitudes.
Il y a, d'une part, l'attitude conciliante qui a consisté à utiliser les lettrés musulmans en exploitant leur influence et à utiliser l'islam comme un facteur de civilisation. L'islam est considéré comme l'étape intermédiaire entre la barbarie et la civilisation occidentale.
D'autre part, il y a eu l'attitude hostile du colon qui a consisté à utiliser contre l'islam les religions traditionnelles. Les chefs de Canton qui étaient des chefs traditionnels vont être contre les musulmans. « Une police musulmane est créée pour contrôler, les activités et les mouvements des élites musulmanes.
Des perquisitions à domicile et des répressions qui montrent toute la barbarie coloniale », a dit le professeur Issa Cissé, avant de relever que c'est dans ce contexte que des notabilités musulmanes ont perdu la vie notamment Sakidi Sanou à Bobo-Dioulasso, Al Kari de Bossé en 1894 et Karamogo Bâ de Lanfièra froidement abattu après un procès expéditif en novembre 1896.
Rapport entre administrateurs et islam
Le conférencier situe le lien entre l'islam et la colonisation autour des années 1919-1945. Pour lui, les rapports entre l'islam et le colonisateur ont été le plus souvent conflictuels.
Profitant d'une crise au sein de la communauté Tidjania (Hamalllisme), le colonisateur a diabolisé le Cheick Hamaoullah et ses adeptes en 1941. C'est ainsi que les cheicks Abdoulaye Doukouré et Aboubacar Savadogo de Namissiguima (Ramatoulaye) ont été arrêtés.
C'est dans la période de 1945-1960 qu'apparaîtra le mouvement réformiste dite wahabia qui voulait une renaissance du monde musulman à travers le retour à l'islam originel et à travers une modernisation de l'enseignement qui se concrétise sur le terrain par la création des Medersas.
A travers la colonisation, constate le conférencier, il y a eu un enracinement du christianisme à telle enseigne qu'à la fin de la colonisation début des indépendances, les musulmans ont ressenti le besoin de relever ce défi de l'omniprésence de la culture judéo-chrétienne, et d'asseoir une communauté musulmane en 1962 afin de pouvoir défendre conséquemment la cause de l'islam dans ce pays.
Pour le professeur Issa Cissé, la politique française envers l'islam pendant la période coloniale a été menée avec ambiguïté.
« Cette ambiguïté a dégagé en fin de compte une dynamique en faveur de la propagation de l'islam dans un pays comme la Haute Volta, considérée dans l'ensemble comme un bastion de l'animisme avant l'arrivée des européens » dira t-il.
Il a conclu que le nombre des musulmans est passé de 10% en 1949 à 20% à la fin de la colonisation et de nos jours à plus de 60% de la population.
Comment citer ce document
Baro, Hamadi. “Archives nationales : l'Islam dans la Haute Volta coloniale.” Le Pays, 20 juin 2013. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/2238.
Baro, H. (2013, juin 20). Archives nationales : l'Islam dans la Haute Volta coloniale. Le Pays. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/2238.
Baro, Hamadi. “Archives nationales : l'Islam dans la Haute Volta coloniale.” Le Pays, 20 juin 2013. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/2238.
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L'article expose de manière descriptive l'histoire de l'islam pendant la colonisation, incluant à la fois les aspects positifs (propagation) et négatifs (répressions), sans exprimer de jugement de valeur ou de sentiment marqué.
L'article documente des faits historiques (répressions, ambiguïté de la politique coloniale) et des dynamiques de propagation, mais sans exprimer de sentiment propre ni orienter le lecteur : il se limite à relater le contenu de la conférence, y compris les citations du conférencier, sans les endosser ni les commenter.
L'auteur relate les analyses et les faits historiques présentés lors de la conférence sans exprimer d'opinion personnelle ni utiliser de lexique valorisant ou dépréciatif.
L'article rapporte de manière factuelle les interventions du professeur Cissé, mêlant aspects positifs (propagation de l'islam, création des medersas) et aspects négatifs (répressions, « barbarie coloniale », arrestations de cheicks) sans qu'aucun de ces éléments ne soit commenté par la rédaction elle-même.
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L’article est entièrement consacré à une conférence sur l’histoire de l’islam en Haute-Volta, son expansion et ses rapports avec la colonisation.
L'islam est le sujet exclusif de la conférence et de l'article, traité sous tous ses aspects historiques, sociologiques et démographiques.
L'article est entièrement consacré à une conférence sur l'islam en Haute-Volta coloniale : son histoire, son évolution et la politique coloniale à son égard, avec des précisions sur les musulmans et leurs communautés.
L'intégralité de l'article est consacrée au compte rendu d'une conférence dont le thème unique est l'histoire et l'évolution de l'islam et des musulmans au Burkina Faso.
L'article est entièrement consacré à une conférence portant sur « l'Islam dans la Haute Volta coloniale » : histoire de l'islamisation (XVe-XVIe siècle), politiques coloniales envers les musulmans, persécutions de notabilités (Sakidi Sanou, Al Kari, Karamogo Bâ) et croissance démographique de la communauté musulmane de 10 % à plus de 60 %.
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L'article rapporte de manière factuelle les propos du conférencier et les informations historiques sans ajouter de commentaire éditorial ou de jugement, en présentant les données de manière neutre.
Le texte est un compte rendu factuel d'une conférence, rapportant les propos du professeur Issa Cissé entre guillemets ou avec des formules d'attribution (« selon le conférencier », « a-t-il dit ») sans que l'article prenne parti ni ne marque d'appréciation personnelle sur le thème.
Le texte se limite à rapporter les thèses du professeur Issa Cissé en utilisant systématiquement des formules d'attribution comme « Pour le conférencier » ou « Selon le conférencier ».
Le texte est un compte rendu de conférence où toutes les interprétations sont rattachées au conférencier (« Pour le conférencier », « Selon le conférencier », « a dit le professeur Issa Cissé »), mais le choix de relayer sans contrepoint la thèse de l'« ambiguïté » coloniale et de répéter trois fois cette conclusion lui confère une orientation éditoriale discrète.
