Article
Ibrahim Binaté, vice-président du CNI, Imam du Plateau Dokui : "Il faut dépassionner le débat et préserver la paix"
- Title
- Ibrahim Binaté, vice-président du CNI, Imam du Plateau Dokui : "Il faut dépassionner le débat et préserver la paix"
- Type
- Article de presse
- Creator
- Bernadette Bah
- Publisher
-
Le Jour
- Date
- June 2, 1995
- number of pages
- 1
- Language
- Français
- Contributor
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Frédérick Madore
- Identifier
- iwac-article-0010223
- content
-
# Ibrahim Binaté, vice-président du CNI, Imam du Plateau Dokui "Il faut dépassionner le débat et préserver la paix"
En tant que religieux, nous suivons tout ce qui se passe dans le pays, entre autres, les différentes marches organisées par le Front républicain et le parti au pouvoir. Nous n'avons pas une position politique quant au choix à prendre parti pour l'un ou l'autre. Notre préoccupation est audessus de toute tendance idéologique. Nous voulons la paix dans ce pays. L'appel que nous lançons aux uns et aux autres, c'est que l'intérêt du pays prime. Il faut préserver la paix qui doit être l'objectif visé par tout le monde. Chacun doit se dépasser pour que la Côte d'lvoire soit au centre de nos préoccupations. Le plus important n'est pas celui qui mobilise le plus, mais celui qui peut faire maintenir la paix. Soyons tolérants. Au-delà de tous les partis politiques, nous sommes tous des frères, des citoyens de ce pays. En plus de cela, l'actualité internationale nous interpelle. Il y a à côté le Liberia, le Rwanda, le Burundi, la Somalie. On sait quand on déclenche un processus, telle que la guerre mais on ignore comment l'arrêter. Nous avons réussi la transition par le pardon donc il faut que l'esprit du pardon, l'acceptation mutuelle et l'intérêt du pays priment. Concernant les motifs des deux marches, il faut dire que le politicien a toujours un argument pour consolider l'acte qu'il pose. N'étant pas dans l'arène politique il ne nous revient pas de nous prononcer sur ça. Les arguments nous importent peu. Le plus important, c'est de voir le risque qu'on peut courir si chacun maintient sa position, si on ne s'asseoit pas pour se parler, si on ne se soucie pas de l'intérêt du pays et si on ne pense pas aux acquis. En tenant compte de tout cela, on peut dépassionner le débat pour trouver un terrain d'entente. Nous appelons à la discussion si c'est cette forme qui peut sauver le pays. Rien ne peut se faire sans la tolérance, le respect mutuel et le pardon.