Article
Concertation nationale sur l'Enseignement supérieur : les religieux plaident pour les étudiants
- Title
- Concertation nationale sur l'Enseignement supérieur : les religieux plaident pour les étudiants
- Type
- Article de presse
- Creator
- Bernadette Bah
- Publisher
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Le Jour
- Date
- October 2, 1997
- number of pages
- 2
- Language
- Français
- Contributor
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Frédérick Madore
- Identifier
- iwac-article-0010242
- content
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La deuxième journée de la concertation a été marquée par les interventions de onze représentants des organisations associatives universi-
taires et de la société civile. Pour les religieux, la dimension éthique et morale doit être prise en compte au cours des débats.
# Concertation nationale sur l'Enseignement supérieur Les religieux plaidert pour les étudiants
La deuxième journée de la concertation a été marquée par les interventions de onze représentants des organisations associatives universitaires et de la société civile. Pour les religieux, la dimension éthique et morale doit être prise en compte au cours des débats.
Le cours normal de la rencontre sur l'Enseignement supérieur a repris hier au palais des congrès de l'hôtel Ivoire. Le ministre Saliou Touré, président du bureau de la concertation a consenti à laisser les différents participants s'exprimer librement. Ainsi, les responsables des syndicats et autres organisations de l'enseignement supérieur, l'imam du Plateau Djiguiba Cissé et Mgr Dacoury Tabley ont, toute la matinée d'hier, exposé leurs différentes préoccupations.
Le ton a été donné par le secrétaire général du Syndicat national de la recherche et de l'enseignement
supérieur (Synares) le Pr Raymond Koudou Kessié qui a relevé les difficultés du corps enseignant. Il a souligné, une fois de plus, les problèmes relatifs aux salaires dérisoires des nouveaux enseignants qui entraînent, selon lui, une inégalité de traitement au niveau de la Fonction publique. Comme exemple, Koudou Kessié a indiqué qu'un enseignant du supérieur démarre et termine sa carrière dans la catégorie A4, alors qu'un administrateur commence en A4 et finit en A7. «Les enseignants sont le corps qui a les plus faibles accessoires de salaire», a-t-il révélé. Naturellement, le secrétaire général du Synares n'a pas occulté les autres difficultés maintes fois ressassées, notamment le manque de locaux, l'impossibilité d'organiser une session unique dans la situation actuelle, l'insécurité à l'université et le mur en construction qui n'est pas une priorité. Pour lui, l'heure est à la réconciliation, donc il faut briser les murailles de méfiance.
Certaines de ces difficultés ont été également soulignées par Félix Deh de l'Unesur qui, après avoir fait des constats par rapport à la
Selon Djiguiba Cissé, l'imam du Plateau, la situation à l'université résulte des problèmes à la fois structurels, conjoncturels et éthiques.
crise universitaire, a situé les responsabilités et fait, par la même occasion, des propositions dans le sens de la modernisation et du retour au bon fonctionnement de l'université.
Les problèmes des étudiants ont
été relevés par les responsables de l'Unesci Jean Djaha, du Cerac et de la Fesci, Guillaume Soro. Ce dernier, après avoir fait la genèse de la crise qui est entrée dans sa phase active le 19 décembre 1996, a lancé un appel aux autorités gouvernementales et universitaires pour la réouverture des résidences universitaires et la tenue des deux sessions d'examen. Ce sont, a-t-il insisté, entre autres, le minimum légitime pour une reprise sereine des cours. Toutefois, il est important de mentionner que les messages délivrés par les religieux, notamment l'évêque de Grand-Bassam et l'imam Djiguiba Cissé du Conseil national islamique (CNI) ont véritablement apporté un autre son de cloche par rapport aux différentes interventions. Avec des propos soutenus par des versets coraniques, l'imam a diagnostiqué les maux de l'école ivoirienne et prôné l'apaisement. Selon lui, la situation à l'université résulte des problèmes à la fois structurels, conjoncturels et éthiques. Au demeurant, le religieux invite les uns et les autres à faire preuve de sagesse - une des vertus islamiques. Il a proposé à court terme,
la création des conditions d'une reprise totale et effective des cours qui passe, selon lui, par la réouverture des cités universitaires, le paiement des arriérés de bourse et les deux sessions d'examen. A moyen et long termes, il a énuméré certains points dont la transparence dans l'attribution des bourses et des logements universitaires, la consécration de l'autonomie des autorités académiques et la réhabilitation de la Fesci. Mgr Dacoury n'a pas dit autre chose. Pour lui, il faut effectivement prendre en compte la dimension éthique et morale dans les débats au sein des commissions qui vont travailler jusqu'au 4 octobre prochain.
D'autres exposés ont été faits sur la situation des étudiants handicapés qui éprouvent de réelles difficultés liées au manque de moyens, ainsi que celle des étudiants en instance de thèse.
Quant au secrétaire général du Syndicat des personnels administratifs et techniques, Synapates, il a fait cas de certaines suggestions relatives au dénouement de la crise universitaire et à la prise en compte des conditions de travail de ses membres.
Le rapport de synthèse des travaux en commissions est prévu le 6 octobre prochain avec le message très attendu du chef de l'Etat, initiateur de la rencontre.
## BERNADETTE BAH