Article
"Les musulmans souffrent de l'ignorance"
- Title
- "Les musulmans souffrent de l'ignorance"
- Type
- Article de presse
- Creator
- Souleymane T. Senn
- Publisher
-
Notre Voie
- Date
- January 20, 1999
- number of pages
- 1
- Language
- Français
- Contributor
-
Frédérick Madore
- Identifier
- iwac-article-0006988
- content
-
"Les musulmans souffrent de l'ignorance"
L'imam El Hadj Aboubacar Fofana, porte-parole du Conseil supérieur des imams (COSIM), a fait une importante déclaration dans la nuit du jeudi 14 au vendredi 15 janvier dernier dans le cadre de la Nuit du Destin. "Les associations islamiques en Côte d'Ivoire et la problématique de l'unité". Tel était libellé le thème de son intervention. Ainsi défini, le sujet peut, a dit El Hadj Fofana, amener à penser que la maison des musulmans brûle. Il n'en est rien. Cette unité est acquise depuis des décennies. Et sa problématique se pose plutôt en termes de sa consolidation parce qu'elle est fragile. Il s'agit donc, a-t-il souligné, de trouver les moyens de déceler les freins et les menaces qui peuvent troubler cette unité. En tous les cas, la multiplicité des associations musulmanes est un problème mineur, a poursuivi l'imam Fofana. Car, au quadruple point de vue doctrinal, politique, ethnique et social, aucun problème n'oppose les musulmans en Côte d'Ivoire. En effet, la majorité est sunnite ; dans les mosquées, les fidèles de droite comme de gauche prient ensemble ; il existe des imams issus de toutes les ethnies. La Côte d'Ivoire est cosmopolite. Pourquoi alors, compte tenu de cette situation, se préoccuper de la question de l'unité ?
La communauté musulmane, aussi organisée soit-elle, a quatre défis majeurs à relever.
Le premier, selon El Hadj Fofana, est culturel. Du fait de son ignorance, cette communauté est prédisposée à la manipulation. Le deuxième défi est social, car, bien qu'unie, la communauté musulmane, du fait de son cosmopolitisme, est fragile. Le troisième défi est économique. De plus en plus, les données économiques, d'après El Hadj Aboubacar Fofana, échappent aux musulmans ; ce qui les marginalise. Le quatrième défi est religieux. Car, aussi paradoxal que cela paraisse, beaucoup de mosquées ne jouent pas leur rôle de sensibilisation et de socialisation, à en croire l'imam Fofana.
S.T.S.