Article
29ème édition du SENAFOI. Bakayoko Mahoua : "L’immigration clandestine, une pandémie continentale"
- Title
- 29ème édition du SENAFOI. Bakayoko Mahoua : "L’immigration clandestine, une pandémie continentale"
- Type
- Article de presse
- Creator
- D. N.
- Publisher
-
Notre Voie
- Date
- July 25, 2017
- number of pages
- 1
- Subject
- Ebola
- Immigration clandestine
- Gagnoa
-
Association des Élèves et Étudiants Musulmans de Côte d'Ivoire
- Language
- Français
- Contributor
-
Frédérick Madore
- Identifier
- iwac-article-0006944
- content
-
29EME ÉDITION DU SENAFOI
Bakayoko Mahoua : « L'immigration clandestine, une pandémie continentale »
Selon l'Organisation des Nations Unies (ONU), uniquement en 2016, plus de 5 000 migrants sont morts dans la Méditerranée. Ce bilan, le plus lourd jamais enregistré, donne une idée claire de l'ampleur de la tragédie. Cette triste réalité n'épargne pas la Côte d'Ivoire, qui connaît également une montée en puissance du taux de candidats au départ vers des pays dits développés. C'est à juste titre que l'Association des élèves et étudiants musulmans de Côte d'Ivoire a décidé d'engager une lutte contre l'immigration clandestine.
« Immigration clandestine : entre responsabilités étatiques et désespoir juvénile », c'est le thème central du 29ème Séminaire national de formation islamique (Senafoi) qui se tient depuis le samedi 22 juillet, au Lycée professionnel de Gagnoa, dans le centre-ouest de la Côte d'Ivoire. Dimanche dernier, Bakayoko Mahoua, la conférencière, devant les jeunes musulmans venus de toutes les villes de Côte d'Ivoire, a relevé que l'immigration clandestine est un phénomène continental. « La maladie à virus Ebola a fait moins de victimes que l'immigration clandestine depuis l'an 2000. Il est donc important de déclarer l'immigration clandestine pandémie continentale. Les causes sont énormes, mais en premier lieu, nous pouvons citer le désespoir de la jeunesse. Ensuite, l'instabilité de nos États où les jeunes ne se sentent pas en sécurité avec les conflits incessants. Sans oublier le chômage qui est galopant sous nos tropiques. La tranche de la population qui est la plus touchée par le chômage demeure la jeunesse qui sort sans emploi des universités et grandes écoles et s'engage, par conséquent, à aller à la recherche du bonheur sous d'autres cieux », a-t-elle déploré, en présence du procureur de la République près le Tribunal de première instance de Gagnoa, Coulibaly Boubacar.
L'ancienne vice-présidente de l'Aeemci n'a pour autant pas épargné la jeunesse africaine qu'elle accuse de rechercher le gain facile. « La solution n'est pas d'aller se jeter dans la mer de la Méditerranée parce que, de l'autre côté, il y a aussi des chômeurs qui ont des problèmes d'insertion. La solution se trouve à notre niveau. Donc, il faut être imaginatif. Étant jeunes, on peut être créateurs d'emplois. Il ne faut pas frapper seulement aux portes de la Fonction publique. Les jeunes doivent sortir des sentiers battus en cherchant eux-mêmes des solutions à leurs problèmes », a-t-elle recommandé.
Le comité exécutif de l'Aeemci, dans une motion, a suggéré à l'État de Côte d'Ivoire d'explorer la voie d'une réponse économique et sociale pour sauver la jeunesse de cette obsession. Cette proposition se justifie par le fait que, selon l'Aeemci, ce phénomène se nourrit du terreau de la pauvreté et du désespoir de la jeunesse.
Des élèves, mais aussi des étudiants du Mali, sont les invités de ce séminaire qui refermera ses portes le 29 juillet prochain.
D. N.