L'étude de la participation de trois cohortes d'imams et de prêcheurs de Ouagadougou dans les débats sociopolitiques entre 1960 et 2012 souligne l'importance de l'analyse des interactions intergénérationnelles pour saisir les profondes mutations qu'a subies l'islam burkinabé depuis l'indépendance : ses rapports complexes avec l'État, les relations internes souvent tendues entre ses différentes tendances ainsi que sa visibilité accrue et le nouveau rôle joué par les imams et les prêcheurs, dont plusieurs sont des jeunes, dans l'émergence d'une sphère publique musulmane depuis la transition démocratique amorcée en 1991. Les discours des imams et prêcheurs, longtemps marqués par les querelles dogmatiques et l'apolitisme, sont davantage orientés vers la remoralisation de la sphère publique depuis les années 1990. Parallèlement, les rapports intergénérationnels entre les aînés, qui détiennent l'« autorité traditionnelle » fondée sur l'âge, et les jeunes imams et prêcheurs sont marqués par une dynamique de rapprochements malgré certaines tensions persistantes.
Cette étude s'inscrit dans la continuité des travaux dirigés depuis 1997 par madame DorierApprill (Laboratoire Population Environnement et Développement), dans le cadre du projet de recherche VILLENDEV, portant sur les dynamiques territoriales dans la région de PortoNovo Cotonou. Ce travail a été construit dans le cadre d'une réflexion et d'enquêtes collectives, menées par des enseignant chercheurs (Dorier Apprill, Barbier, Bridier) ainsi que d'une vingtaine d'étudiants. Notre travail s'appuie sur les données collectées depuis 1997 (données statistiques, enquêtes, cartes...). Dans le cadre de ce travail, mon apport à été de mettre à jour l'inventaire effectué en 2003 sur les lieux de cultes de l'Islam à Porto-Novo, ainsi qu'apporter une analyse à différentes échelles sur les espaces de l'Islam dans la capitale.
Le phénomène migratoire s’intensifie à travers le monde au gré des intérêts. Migrants avérés, des Sahéliens, pour des raisons diverses (climatiques, économiques, historiques) se déplacent à travers la sous-région ouest africaine. Ce travail qui s’appuie sur l’analyse approfondie des ressources documentaires et les entretiens a pour objectif d’analyser l’immigration et les stratégies d’insertion socioéconomique et spatiale des migrants sahéliens au Togo entre 1965 et 2005. Leurs mouvements déjà réels à la période précoloniale et coloniale dans le territoire togolais, s’intensifient, progressivement, du milieu de la décennie 1960 jusqu’en 2005. Le Togo leur offre des opportunités de meilleures conditions de vie et de travail. Mais ils s’y trouvent confrontés à des difficultés d’insertion liées à leur identité de migrants. En réaction, ils ont construit des stratégies de contournement de ces obstacles pour réaliser leur insertion socioéconomique et spatiale. L’insertion spatiale conditionne l’insertion socioéconomique. Les migrants sahéliens s’insèrent au Togo à partir de leurs milieux d’accueil et de résidence restés, pendant longtemps, presque exclusivement les Zongo qu’ils ont créés ou, tout au moins, peuplés. C’est à partir de ces milieux qu’ils organisent leurs activités économiques. Ils ont, au fil du temps, acquis des positions importantes et enviables dans la vie économique togolaise. Sur le plan socioculturel, ils réussissent plus ou moins leur insertion. Toutefois, bien réelle, cette insertion a des limites du fait des comportements adoptés par les migrants et les locaux.