La Côte d'Ivoire compte aujourd'hui 33% de Musulmans, le Bénin 13%, le Ghana 12%, le Togo 10% et le Nigeria 46%. Le premier point qu'on examine, est l'expansion de l'Islam vers le sud, le golfe de Guinée; le deuxième phenomène est l'approfondissement de l'Islam. L'auteur étudie ces deux phénomenes en prenant deux exemples: le Togo et Abidjan.
Political liberalization and economic reform, the weakening of the state, and increased global interconnections have all had profound effects on Muslim societies and the practice of Islam in Africa. The contributors to this volume investigate and illuminate the changes they have brought, through detailed case studies of Muslim youth activists, Islamic NGOs, debates about Islamic law, secularism and minority rights, and Muslims and the political process in both conflict and post-conflict settings. Their work offers fresh perspectives on the complexity of Muslim politics in contemporary Africa.
This chapter examines the role of Islam in colonial debates in imperial Germany. With the German involvement in Muslim areas in its colonies of Togo, North Cameroon, and German East Africa, experts in Berlin began to discuss policies towards Islam. An important part in these debates was played by experts in Islamic studies, most prominently Martin Hartmann, Diedrich Westermann, and Carl Heinrich Becker. Most of these experts argued for the active employment of Islam to strengthen colonial rule. In Berlin, Islam was also seen as an opportunity to advance German interests in the context of Wilhelm II’s weltpolitik. This was reflected most prominently when the emperor declared that he was a friend of the world’s three hundred million Muslims after visiting Saladin’s tomb in Damascus in 1898, and in imperial Germany’s campaign to mobilize Muslims during the First World War.
Ce chapitre examine l’histoire des mouvements étudiants à caractère religieux sur le campus de l’Université de Lomé au Togo de la création de l’établissement en 1970 jusqu’au décès du président Gnassingbé Eyadéma en 2005. Dans un premier temps, il analyse comment des associations étudiantes chrétiennes et islamiques ont pu se structurer et se développer en dépit des multiples défis pour les étudiants d’exprimer leur foi dans un contexte autoritaire. Dans un second temps, le chapitre se penche sur la gestion de cette religiosité croissante sur le campus par les administrateurs de l’établissement laïque et les accommodements religieux qu’ils ont consentis. Trois principaux arguments sont avancés. D’abord, le soutien des leaders des communautés religieuses ainsi que du personnel administratif et enseignant fut déterminant dans la création des premières associations étudiantes confessionnelles et l’attribution d’espaces pour la construction de lieux de culte. Ensuite, l’évolution de ces associations non seulement souligne que le campus constitue un microcosme de la vie sociopolitique nationale, mais illustre aussi l’importance de la dimension transnationale pour comprendre les dynamiques internes de ces mouvements. Enfin, les activités et programmes de formation proposés par les organisations religieuses participent à l’élaboration d’un « curriculum social » venant compléter le curriculum académique laïc.
L’islam est arrivé, dans ce qui deviendra l’espace territorial du Togo actuel, à partir du milieu du XVIIe siècle par le nord, le nord-ouest et le nord-est. Il faisait lentement son chemin quand survint la colonisation, à partir de 1884, qui va largement influer sur son cours. Aussi, est-il naturel de faire d’abord un bilan de la situation initiale, avant d’en décrire l’évolution entre 1884 et l’Indépendance ; il sera proposé aussi un regard sur le phénomène de la marginalisation de l’islam, parfaitement lisible dans la vie du pays pendant toute la période coloniale, ce qui, au passage, permettra de prendre connaissance de certaines données de la société musulmane nationale.
L’islam est arrivé, dans ce qui deviendra l’espace territorial du Togo actuel, à partir du milieu du XVIIe siècle par le nord, le nord-ouest et le nord-est. Il faisait lentement son chemin quand survint la colonisation, à partir de 1884, qui va largement influer sur son cours. Aussi, est-il naturel de faire d’abord un bilan de la situation initiale, avant d’en décrire l’évolution entre 1884 et l’Indépendance ; il sera proposé aussi un regard sur le phénomène de la marginalisation de l’islam, parfaitement lisible dans la vie du pays pendant toute la période coloniale, ce qui, au passage, permettra de prendre connaissance de certaines données de la société musulmane nationale.
Drawing on the case of the Association des Élèves et Étudiants Musulmans de Côte d’Ivoire (AEEMCI), the main Muslim student association in Côte d’Ivoire, we examine how Islamic activism on campus has changed since the 1970s. We pay particular attention to its modernizing agenda, leadership rivalries, ideological differences and the role played by the mosque in Muslim politics on campus. We do so by highlighting different eras or cohorts of actors who have contributed to making Islam such an important part of students’ lives and the academic sphere. The chapter first examines the AEEMCI’s contribution to the emergence of an elite claiming the status of so-called Muslim intellectuals and, above all, to the gradual rise of French as a legitimate language for propagating Islam in Côte d’Ivoire. Second, in the context of the wider spread of Salafism in the 1990s and 2000s, it analyses the appeal of this religious movement among students on campus and the resulting internal divisions. Finally, the third section argues that over the past decade, most Muslim activists on campus have become more interested in the promotion of economic entrepreneurship rather than engaging in acrimonious doctrinal debates.
Located in the heart of Africa, Niger recorded its first case of Covid-19 contamination on 17 March 2020. To control the spread of the disease, the government took restrictive measures, including in universities. Based on a qualitative approach combining semi-structured interviews and observations (direct and indirect), this chapter examines the varying perceptions that students of the Université Abdou Moumouni de Niamey have of this pandemic as well as the control measures taken by political and academic authorities to deal with Covid-19. Debates around Covid-19 containment measures among students mirrored their socio-cultural realities, particularly their religious and scientific grounding.
This chapter evaluates how measures of confinement imposed by the government and adapted by Muslim communities generated new forms of Islamic socialisation and the organisation of worship (sermons, sessions of tafsir, etc.) on the web, in a religious context characterised by competing ideological currents. In fact, Covid-19 has created an unprecedented health crisis in Côte d’Ivoire. Like most countries affected by this pandemic, the Ivorian authorities have implemented response strategies ranging from the establishment of a night curfew, the exhortation to stay at home and the isolation of the city of Abidjan, pandemic epicentre which registered more than half of the 1000 patients at the end of April 2020. Muslim community organisations reacted to these preventative measures by deciding to close mosques and by taking other measures aimed at restricting religious activities. In this context of social distancing promoted by confinement, the digital media have proven to be a considerable contribution towards ensuring the continuity of Islamic activities and the maintenance of social ties. Facebook, an online meeting platform with more than 3 million subscribers in this West African country in 2017, served as a channel for restoring community life. On this social network where religious leaders, young influencers and Muslim media (radio and newspaper) have accounts followed by thousands of subscribers, messages and videos that are usually oriented towards da’wa (Arabic term for “call to Islam” Arabic) now include information and attempts to sensitise Muslims to measures to control the spread of Covid-19.
Ce chapitre traite de la mobilisation de la jeunesse autour de l'islam en Afrique de l'Ouest. En tant qu'anthroplogues, chacun des auteurs a mené des enquêtes ethnographiques de longue durée, principalement en Côte d'Ivoire et au Mali, sur les dynamiques entourant l'islam et sur les différentes façons d'être musulman. Des projets de recherche sur la thématique du religieux ont aussi été développé dans les pays voisins: Nigéria, Sénégal et Burkina Faso. En abordant les modalités de la moralisation de la société et du soi, les auteurs analysent comment les jeunes d'aujourd'hui, à savoir ceux pour qui la mobilisation s'inscrit dans les logiques de l'économie néoliberale, empruntent et enchevêtrent des éléments de différentes traditions de l'islam pour façonner de nouvelles manières d'être musulmane ou musulman. Les auteurs ont souhaité faire contrepoids à ceux qui tendent à réduire l'étude de l'islam et de la mobilisation de la jeunesse aux trajectoires plus ou moins signifiantes de la réforme, de l'islam politique ou de l'islamisme.