L'islam introduit en Haute-Volta-Burkina Faso vers les XVe-XVIe siècles n'a connu une stabilité qu'au cours des XVIIIe et XIXe siècles. À l'échelle du pays, l'ouest et le nord ont plus connu cette influence de l'islam comparativement aux autres régions. Ce progrès le l'islam amorcé durant le siècle dernier, d'ailleurs consécutif à l'effervescence islamique dans la boucle du Niger, s' est accéléré pendant la période coloniale. Une telle accélération s'explique par l'ambiguïté de la politique coloniale française, tantôt favorable, tantôt hostile aux musulmans. C'est ainsi que les Tidjanés douze graines ont bénéficié de la bienveillance de l'administration pendant que la répression est observée à l'endroit des Hamallistes. Les musulmans réformistes, au cours des luttes d'émancipation après 1945, ont aussi eu des rapports difficiles avec l'administration. Compte tenu de la nature des liens ainsi évoqués, le R.D.A., le M.O.V. ont eu de bons rapports avec les Harnallistes et les réformistes lorsque les partis politiques ont faits leur apparition. Après le départ du colonisateur, les musulmans se sont regroupés au sein d'une association unique en vue de poursuivre l'oeuvre d'islamisation.
The chapter begins with an examination of how NGO leaders build their personal networks and put them to use. Not only have these individuals been able to attract significant financial support from certain Arab countries since the 1980s, they are also often seen as official representatives of Burkina Faso by the authorities in these donor countries, further underscoring their success as religious entrepreneurs. The second part of the chapter explores how NGO leaders have sought to fully participate in a moral economy by pursuing activities in various fields. As they have expanded their scope of action, they have actively and reactively engaged with the state. Indeed, as a form of civic engagement, these activities inevitably lead to interactions with the complex state regulations.
Au début du XXe siècle, Cheikh Hamahoullah crée à partir de Nioro (Mali actuel) une dissidence (le harnallisme) au sein de la confrérie tidjane; l'attitude de distanciation du Cheikh vis-à-vis du pouvoir colonial, les calomnies dont il a été victime et les conflits entre ses partisans et leurs adversaires ont contribué à faire apparaître le hamallisme comme un courant hostile à la colonisation française en Afrique de l'Ouest. Cheikh Boubakar Sawadogo, le principal dirigeant hamalliste du cercle de Ouahigouya a fait l'objet d'une surveillance permanente depuis son adhésion au courant hamalliste dans les années 1920. En 1941, le contexte de la seconde guerre mondiale accentue chez les autorités coloniales la hantise d'une déstabilisation des colonies par le hamallisme. En guise de mesure de prévention, Cheikh Boubakar Sawadogo est interné et libéré en 1945 au lendemain du conflit mondial et meurt peu de temps après en 1946. Si, de 1941 à 1946, le colonisateur est préoccupé par l'émergence d'une relève harnalliste après l'internement du chef religieux, de 1946 à 1950, il redoute surtout l'alliance entre le R.D.A. et le hamallisme. Il faut attendre les années 1950 pour voir le réformisme musulman prendre la place du hamallisme en tant que menace pour le système colonial.