o:id 78371 url https://islam.zmo.de/s/westafrica/item/78371 o:resource_template Newspaper article o:resource_class bibo:Article dcterms:title Au nom d’Allah clément le miséricordieux : la laïcité, ennemi de la religion ? dcterms:creator Maître Ahmed Simozrag dcterms:subject https://islam.zmo.de/s/westafrica/item/5 Laïcité dcterms:publisher https://islam.zmo.de/s/westafrica/item-set/2202 L'Appel dcterms:date 1997-05/1997-06 dcterms:rights In Copyright - Educational Use Permitted dcterms:isPartOf https://islam.zmo.de/s/westafrica/item/12113 L'Appel #15 bibo:content La laïcité est une idéologie qui prône la séparation entre la religion et l'Etat. Dans un premier temps, elle consiste à faire de la religion une affaire privée qui ne doit pas se mêler à la politique de l'Etat et celui-ci n'intervient pas dans le financement des activités ecclésiastiques. Cette notion s'est peu à peu étendue à tous les domaines de la vie, économique, juridique, social, culturel, de sorte que la religion s'est trouvée enfermée dans les lieux de culte et de ce fait, incapable d'influencer le comportement des hommes et d'intervenir dans leurs rapports sociaux. La laïcité est une invention franc-maçonnique, issue de la révolution française de 1789, visant à détruire la foi en Dieu) et la morale, en particulier islamiques. En conséquence, elle représente un danger menaçant l'existence même de la religion. Ceci en ce qui concerne la religion d'une manière générale, mais par rapport à l'Islam, en particulier, la laïcité est tout à fait incompatible et antinomique. Car l'Islam n'est pas une secte ni une simple religion au sens cultuel du terme, encore faut-il signaler que le sens du mot religion a été dénaturé. Car, en principe, le mot religion ne se limite pas à la foi et au culte, il recouvre aussi les rapports des hommes entre eux de même que leurs rapports avec Dieu. L'islam est un système complet de vie, destiné à organiser, gouverner et régir les institutions et les hommes, leurs activités et leurs relations. Il embrasse tous les aspects de la vie: Economie, Politique, Droit, Culture, Morale. Religion bref, il est Dinn, Dawla et Dounia ( Religion, Etat et Monde). Or, la laïcité exclut l'Islam de tous les domaines de la vie pour le confiner dans un espace étroit, celui du culte qu'elle entend, de surcroît, restreindre et contrôler. Dieu a créé l'homme et lui a prescrit un mode de comportement et de conduite. A cette fin. Il a envoyé des Messagers avec des Lois destinées à être appliquées, l'Islam est l'aboutissement de ce long processus législatif que les hommes doivent mettre en pratique. Dieu entend commander et diriger les hommes par le biais de Ses Lois en dehors desquelles, il ne saurait y avoir de Justice; Or, la laïcité met Dieu à l'écart et Lui enlève Ses prérogatives pour appliquer ses propres lois et sa propre justice. A cet égard, on peut dire que la laïcité est un putsch contre Dieu et une révolte contre Son idéologie, en l'occurrence l'Islam. Tout au long de son histoire, l'Islam ne s'est jamais confronté a quelque chose d'aussi grave que la laïcité. Elle devient d'autant plus dangereuse qu'elle l'attaque sur son propre terrain. C'est pourquoi. La plupart des penseurs musulmans voient en la laïcité un complot satanique contre l'Islam. Ils la considèrent comme synonyme d'athéisme, de mécréance et d'idolâtrie, tendant à détruire les valeurs morales et spirituelles des sociétés humaines. Imâd Ad-Dîn Khalîl dans son livre 'Tahafout Al-ilmanya' affirme que la laïcité tend à conduire l'univers à la destruction et à la malédiction: « La laïcité a perdu de vue la plupart des caractéristiques de l'être humain, donnant ainsi, une dangereuse déviation dont la civilisation occidentale contemporaine a récolté beaucoup de fruits amers. Les données de la laïcité ne sont que les armes de destruction de l'être intime de la personne humaine. » Mohammed Yahya affirme que « l'idée de laïcité est un des axes de ce vaste plan que nous avons nommé occidentalisation et colonisation culturelle. En s'en prenant à la religion et en la séparant de tous les aspects de la vie, elle cherche à créer un vide idéologique et intellectuel que viendront combler les philosophies et les théories de l'Occident, puis, en dernière instance, l'idéologie occidentale par excellence: le christianisme. Il n'est donc pas surprenant que le laïcisme soit le bras séculier du prosélytisme croisé. »(Waraqa thaqafya fi-l Ridda Al-ilmanya). Mustapha Sabri, tout en qualifiant la laïcité de complot tendant à anéantir la religion, estime que la séparation entre la Religion et l'Etat est une révolte du système contre le peuple, ses valeurs et ses croyances. La laïcité, affirme Yusuf Al-Qardhawi, est une idée étrangère à l'Islam: «Selon les laïques, le modèle occidental doit demeurer et primer sur nos coutumes. nos traditions et nos us: habitudes alimentaires, vestimentaires. Habitat relation homme femme. » Il ajoute plus loin « La fonction de l'Imamat est a la fois religieuse et politique une direction générale des affaires religieuses et temporelles ou une succession au Prophète (PSL) dans la sauvegarde de la religion et la conduite du Monde. En Islam, la politique ne se sépare ni de la foi ni de la loi ni de la morale, c'est un tout indissociable... » (al-Islam wa al-ilmanya, wajhan li wajh) Mohammed Al Ghazali, dans son pamphlet: 'le combat du livre', p.4, écrit: « Allah a réglementé aux hommes leurs affaires morales, sociales et politiques et Il a voulu qu'ils respectent Sa législation non seulement à l'intérieur des lieux de culte mais aussi dans leurs mouvements de jour comme de nuit, en terre et en mer. » D'aucuns ont tendance à croire que la laïcité serait une doctrine neutre et un terrain propice qui permet aux différentes religions de se développer et de s'exprimer librement. Cette théorie, fondée sur des fausses conceptions de l'homme, sa responsabilité et sa raison d'être, est battue en brèche par la réalité des événements quotidiens qui prouvent le contraire. En effet, la laïcité n'est pas neutre; si elle permet à certaines religions de se mouvoir et de se propager en toute liberté, elle est, au contraire, intolérante et agressive vis-à-vis de l'islam. Il suffit de rappeler l'histoire du foulard en France pour se rendre compte de cette vérité. Seul le foulard islamique est frappé d'interdiction, mais la kippa, le sari ou la croix ne sont pas considérés comme des signes religieux. Même dans certains pays musulmans ou le problème de pluralité de religions ne se pose pas, le port du foulard et de la barbe est interdit au nom de la laïcité. Ce qui prouve que seul l'Islam est pris pour cible. On peut citer d'autres exemples très significatifs du caractère discriminatoire de la laïcité. II existe dans les pays développés des partis politiques qui même fondés sur la religion (juive, chrétienne, boudhiste, hindouiste) ont le soutien et la faveur de tout le Monde laïc, alors que partout, excepté un ou deux pays, les partis musulmans sont interdits et sévèrement réprimés. Par ailleurs, il n'est un secret pour personne que les pays soi-disant laïcs ne s'empêchent pas de rire des largesses au Vatica sans compter les contributions financières de partis et d'organismes publics aux activités missionnaires. Il n'est pas inexact d'affirmer que cette doctrine relève d'un processus de désislamisation planifiée. Allah ordonne aux hommes et particulièrement aux musulmans de mettre en pratique ses décrets et ses commandements. II affirme dans la Torah, l'Evangile et le Coran que l'inobservance de Ses directives est la pire des formes de mécréance, voire une rébellion contre Sa Haute Autorité. "Ceux qui n'appliquent pas les Lois divines sont ceux-là les mécréants...les injustes...les pervers." Coran 5.44-47. S'adressant au prophète Mohammed (PSL), Allah dit: « Nous t'avons révélé le Livre et la Vérité, confirmant ce qui l'a précédé du Livre et le dominant. Juge entre eux d'après ce que Dieu a fait descendre et ne suis pas leurs passions en t'écartant de ce que tu as reçu de la Vérité. » Coran: 5.48. "Recherchent-ils le jugement de l'ignorance " Et qui a une meilleure justice que Dieu pour des gens convaincus Coran: 5.50. Allah proclame dans plusieurs versets du Coran qu'il est le Seul Souverain et le seul Détenteur du pouvoir: « Le Pouvoir n'appartient qu'à Allah: Il tranche en toute vérité et Il est le meilleur des Juges. » Cor.6.57,12.4 "... Et Il n'associe personne à Son Pouvoir." Cor. 18.26. "Puis, si vous vous disputez en quoi que ce soit, en référer à Allah et à Son Messager." Cor.4.59 "La seule parole des croyants quand on les appelle au jugement d'Allah et de son Messager, est de dire: "Nous avons entendu et nous avons obéi." Cor.24.51 "Sur toutes vos divergences, le jugement appartient à Allah" Cor.42. 10 Il ressort clairement de ces versets du Coran que la Loi divine (Coran et Hadiths) doit régir les affaires des musulmans dans tous les domaines, à tous les niveaux et en tous lieux et c'est de cette façon seulement que puisse s'accomplir la vrai soumission à Dieu ainsi que la reconnaissance de Son pouvoir et de sa souveraineté, car ne pas appliquer la Loi de Dieu équivaudrait à sa négation. Cela, bien entendu, n'est possible que dans le cadre d'un Etat, d'un système juridique doté de la force publique. Or, comment les musulmans peuvent-ils le faire dans un système laïc ? C'est là tout le problème, d'où les revendications, sans doute légitimes, des peuples musulmans concernant l'instauration d'un Etat islamique. Ces revendications traduisent de la part de la communauté musulmane un triple souci d'identité culturelle, de volonté d'obéissance à Dieu et de résolution de ses problèmes. N'est-ce pas là un libre choix et une volonté à respecter en vertu du principe universel d'autodétermination ? Car en fait, l'Etat islamique, depuis qu'il a été fondé par le prophète (PSL), a connu, mis à part quelques vicissitudes inhérentes à toute histoire politique, une existence régulière et continue jusqu'à l'année 1924, date de la chute du Khalifat Ottoman. Il n'y a que les musulmans de ce siècle qui se trouvent privés de cette institution indispensable et primordiale. Outre le fait que la laïcité, porte gravement atteinte à la Divinité de Dieu et à Sa Souveraineté en y substituant une divinité et une souveraineté humaine, elle engendre des conséquences désastreuses tant sur le plan social que religieux : Il est certain que l'injustice, la corruption, le désordre, la criminalité qui caractérisent notre époque ont essentiellement pour cause la laïcité. Ils sont le résultat d'un manque de spiritualité, d'un matérialisme excessif. G.Duhamel, Poète et Romancier français, a déjà remarqué ce phénomène de déliquescence, quand il a affirmé, comme beaucoup d'autres d'ailleurs: "Toutes ces pratiques odieuses qui manifestent la démoralisation d une société... " sont le produit de la laïcité. Sur le plan religieux, la laïcité place les musulmans dans une position extrêmement grave vis-à-vis de Dieu. Ces derniers se trouvent, en effet, dans un grand dilemme à cause de la laïcité. Soumettre leurs litiges à des juridictions laïques, accepter d'être régis par des lois laïques, cela leur fait courir le risque de faire acte de mécréance et d'idolâtrie. Ne pas se soumettre aux juridictions et aux lois du système, ils s'exposent à des peines sévères pour désobéissance ou atteinte à l'ordre public. Allah a dit: "Non !...Par ton Seigneur ! Ils ne seront pas croyants tant qu'ils ne t'auront demandé de juger de leurs disputes et qu'ils n'auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé et qu'ils se soumettent complètement (à ta sentence)." Cor.4.65 Allah jure par Sa Gloire et Sa Sainteté que nul ne peut être croyant s'il ne prend pas le Prophète pour juge dans toutes les affaires et s'il ne se soumet pas, sans gène, à sa sentence. Tous les exégè les sont d'accords pour ce commentaire, étant donné la clarté et la précision du verset. Il faut noter que l'expression "Prendre le Prophète pour juge" signifie: en référer aux dispositions du Coran et de la Sunna (Tradition). Sayd Qotb en donne le commentaire ci-après: "Allah dit à la communauté musulmane: Les Messagers ont été envoyés, non seulement pour transmettre et convaincre, mais pour être obéis par ordre de Dieu. "Nous n'avons envoyé de Messagers que pour qu'il soient obéi, par la permission d'Allah." Et il lui dit: Les gens ne seront pas d'emblée croyants jusqu'à ce qu'ils aient recours à la Justice de Dieu, incarnée - par le jugement du prophète (PSL) de son vivant et après lui - dans ses deux sources: le Coran et la Sunna . Et il ne suffit pas de le prendre pour juge - pour être considérés comme croyants - il faut qu'ils acceptent son jugement avec soumission et entière satisfaction. Et Il lui dit: ceux qui veulent recourir à la justice du tagût - c'est-à-dire à une législation autre que celle de Dieu - Bien qu'ils prétendent avoir cru à ce qui a été révélé au Messager et ce qui a été révélé avant lui sont menteurs et leurs prétentions fausses. "N'as-tu pas vu ceux qui prétendent croire à ce qu'on a fait descendre vers toi et à ce qu'on a fait descendre avant toi? Ils veulent prendre pour juge le Tâgût, alors que c'est en lui qu'on leur a commandé de ne pas croire. Mais le diable veut les égarer très loin dans l'égarment". Cheikh Abdullah Azzâm affirme aussi: "Quiconque refuse de recourir à la Chari'a d'Allah et lui préfère n'importe quelle autre législation ou associe à la législation d'Allah d'autres législations édictées par les hommes et leurs passions et quiconque accepte de remplacer la législation d'Allah par une autre loi, est sorti du cercle de L'Islam, rompant tout lien et acceptant d'en sortir mécréant." Dans son Tafsir du Coran, Ibn Qathir, commentant le verset 42.10 ci-dessus, affirme que ceux qui ne règlent pas leurs litiges et leurs contentieux sur la base du Coran et de la Sunna du prophète, ne croient pas en Allah et au jour dernier. Allah seul, de par Ses attributs de Puissance, de Justice et de Créateur, a le pouvoir sur l''Univers et les créatures II dirige l'Univers; II gouverne les créatures et pourvoit à leur subsistance il est le Seul Détenteur du Pouvoir et à ce titre, Il est le seul à avoir qualité et compétence pour légiférer, interdire et permettre, décréter le licite et l'illicite. II a édicté des Lois, des Ordonnances et des commandements et il a conféré à l'homme la lourde et noble charge de les mettre en exécution. Or, celui qui, à quelque titre que ce soit et en quelque nom que ce soit, s'arroge le droit de légiférer à la place de Dieu pour autoriser ce que Dieu a prohibé ou interdire ce que Dieu a permis, même s'il agit au nom du peuple, voire au nom de l'humanité toute entière, se rend coupable d'usurpation non seulement de pouvoir mais de Divinité de Dieu. II s'approprie, inconsciemment peut être, un des attributs de Dieu .Et celui qui le suit dans cette voie et accepte de se plier a sa volonté, fait acte d'idolâtrie et de mécréance. A titre d'illustration, il convient de rappeler la réponse du prophète Mohammed (PSL) à la question de Udey ibn Hatîm concernant ce verset du Coran: « Ils ont pris leurs rabbins et leurs moines, ainsi que le Christ fils de Marie, comme Seigneurs en dehors d'Allah, alors qu'on ne leur a commandé que d'adorer un Dieu unique Pas de divinité à part Lui ! Gloire a Lui ! II est au-dessus de ce qu'ils Lui associent » Coran 9.31. Ibn Qathir rapporte dans son commentaire que le Prophète était en train de réciter ce verset lorsque Udey ibn Hatîm entra. portant une croix autour du cou, et dit: " Ils ne les ont pas adorés ! Le Prophète lui répondit: "Le fait qu'ils leur ont obéi alors qu'ils leur ont interdit le licite et permis l'illicite, implique (signifie) qu'ils les ont adorés." Ce Hadith étant en parfaite concordance avec un autre verset du Coran qui dit: « Si vous leur obéissez, vous deviendrez certes des associateurs." 6.121 Dieu étant l'Autorité Suprême, par conséquent sa Loi doit primer sur celle des hommes II n'est pas normal de placer la volonté d'une créature au-dessus de celle du Créateur. Dieu a un pouvoir de décision; les hommes ont un pouvoir d'exécution. Dieu a crée les hommes et les Djinns afin qu'ils L'adorent.; .l'essence de l'adoration consiste à lui obéir, reconnaître et appliquer sa Loi. Les non-musulmans peuvent se prévaloir de l'incroyance, du doute ou de tout autre motif de non reconnaissance, mais ce n'est pas une raison d'empêcher ceux qui croient, les musulmans, d'accomplir les obligations de la foi et du culte qui consistent en l'application de la Loi divine, la laïcité étant l'obstacle majeur qui les empêche d'atteindre cet objectif. Maître Ahmed Simozrag bibo:issue 15 bibo:numPages 2 bibo:pages 6 7 --