Article
El Hadj Idriss Koudouss à BBC : "Je suis menacé"
- Title
- El Hadj Idriss Koudouss à BBC : "Je suis menacé"
- Type
- Article de presse
- Creator
- Charles Bédé
- Publisher
-
La Voie
- Date
- January 16, 1995
- pages
- 3
- number of pages
- 1
- Subject
- Idriss Koudouss Koné
- Tentative d'enlèvement Idriss Koudouss Koné
- Front populaire ivoirien
- Conseil National Islamique
-
Conseil Supérieur des Imams, des Mosquées et des Affaires islamiques
- Language
- Français
- Contributor
-
Frédérick Madore
- Identifier
- iwac-article-0012320
- content
-
B.B.C. : Nous avons appris que des bandits ont tenté de vous enlever. Qu'est-ce qui s'est réellement passé jeudi soir ? Il semble que c'est la seconde fois ?
I.K. : Le jeudi, aux environs de 19 h 50 mn, nous avons entendu des bruits devant la porte d'entrée de mon domicile. J'ai un fils qui est sorti pour voir ce qu'il en était et il a constaté que mon enfant a été pris en otage par des bandits. J'ai aussitôt alerté la police. J'ai dit qu'il y avait une Mercédès de couleur rouge qui était stationnée devant mon domicile. Les agents de police m'ont informé à leur tour que la voiture a été volée aux environs de 19 h à Abobo. Donc c'est de ce quartier que les malfaiteurs sont arrivés ici à la mosquée de Port-Bouët II demander après moi. Les fidèles leur ont dit que j'avais prié seulement le Maghreb et que je devais poursuivre la prière de 22 heures à mon domicile. Ils sont donc allés stationner juste à la devanture de mon garage.
Après la prière, après la rupture du carême, je devais passer un coup de fil. C'est lorsque j'étais en communication que mon fils est venu me dire qu'un de mes fils et mon chauffeur ont été braqués par des inconnus. Ils ont été emmenés à bord de ma voiture, une 405 break, et abandonnés devant la pharmacie Phénix. Ils sont sortis heureusement indemnes de cet enlèvement. Mais ils ont été battus par les ravisseurs. Aucun n'a été cependant blessées.
B.B.C. : Quelle analyse faites-vous de cet enlèvement ? L'année dernière, on a tiré sur vous et aujourd'hui c'est encore vous qui avez failli être enlevé.
I.K. : Je ne sais pas quels sont les auteurs de ces actes. Cela m'inquiète maintenant. Le 6 novembre dernier, j'ai été victime d'une attaque par un groupe de gendarmes qui nous ont poursuivi jusqu'à Odiénné.
Lorsqu'ils ont su que c'était le président du CNI et sa suite qui s'y rendaient pour y installer une coordination, ils ne se sont pas excusés. Nous constituions pourtant une délégation officielle qui qu'allait installer un comité ou une coordination du CNI dans la région d'Odiénné.
El Hadj Idriss Koudouss, président du CNI.
Cela m'avait déjà inquiété. Et jeudi dernier encore, j'ai été victime d'une situation fâcheuse. J'avoue que c'est inquiétant. Les bandits ont menacé mon enfant et ils lui ont dit qu'ils reviendront pour me tuer et emporter tous mes biens qui se trouvent dans la maison. Maintenant, j'ai la certitude que je suis menacé. Vendredi dernier, j'ai informé le ministre de la Sécurité de ce que j'ai été victime d'une attaque devant mon domicile.
B.B.C. : Quelle a été sa réaction ?
I.K. : Le ministre a promis informer le préfet de police.
B.B.C. : Est-ce qu'il a envoyé des agents de police pour assurer votre sécurité ?
I.K. : Oui. Le même jour, il a dépêché des policiers pour dégager la voiture volée utilisée par les agresseurs. Celle-ci se trouvait devant mon domicile. J'ai déposé plainte à la police.
B.B.C. : Cette tentative d'enlèvement a-t-elle un rapport direct avec les dissensions entre le CNI et le Conseil supérieur islamique (CSI) ?
I.K. : Je n'ai aucune affaire avec le Conseil supérieur islamique (CSI). Je suis le président du CNI et je n'ai rien à avoir avec le CSI.
B.B.C. : Où en est-on aujourd'hui avec la réconciliation entre le CNI et le CSI ?
I.K. : En fait, ce n'est pas une réconciliation. Les gens veulent plutôt un ralliement. Il y a une différence entre une réconciliation et un ralliement. L'auteur de cette réconciliation n'est autre que le docteur Balla Kéita. Celui-ci ne cherche pas à réconcilier. Il cherche plutôt à ce que le CNI se rallie au CSI.
B.B.C. : Qu'est-ce que vous pensez d'une fusion-absorption CNI - CSI ?
I.K. : C'est impossible, parce que le CNI est une association apolitique dirigée par un homme non politique et toutes les associations islamiques doivent être gérées par des non politiques. Ce n'est pas malheureusement le cas au CNI. Le président actuel de ce conseil n'a jamais été désigné par la communauté musulmane. Il a été purement et simplement imposé. Il n'est pas un homme de Dieu. De surcroît, il est secrétaire général de section d'un parti. Cela est contraire aux dispositions même du statut du CNI. C'est une association, selon son statut islamique et apolitique. Un homme politique ne doit jamais gérer une association islamique.
B.B.C. : Qu'est-ce qui est finalement ressorti du procès entre le CSI et le CNI ?
I.K. : J'avoue que je ne suis pas informé et que je n'en sais rien. Le CSI nous a assigné en justice et nous apprenons après qu'il a retiré sa plainte. Nous ne savons pas pourquoi il l'a retirée après l'avoir déposée.
B.B.C. : Des Imans de l'Afrique de l'Ouest ont tout récemment participe à une réunion de réconciliation entre votre association et le CSI. Peut-on savoir pourquoi vous aviez été absents ?
I.K. : Aucun Iman de la CEDEAO n'est venu à Abidjan. Ce sont des plaisantins.
B.B.C. : Quelles sont les dispositions personnelles que vous prenez pour garantir votre sécurité surtout que vous affirmez que vous êtes menacé ?
I.K. : Les dispositions personnelles ? Mais c'est le tout puissant, c'est Dieu. J'œuvre pour le tout puissant. C'est celui-ci qui va me protéger.
Interview réalisée par BBC
(Retranscription Charles Bédé)
