Article · La Nation · July 12, 2017
L'imam central de Natitingou : « La guerre de succession n'est pas le propre des religions »
- Type
- Article de presse
- Creator
- Kokouvi Eklou
- Publisher
-
La Nation
- Date
- July 12, 2017
- Description
-
One year after his installation as central imam of Natitingou, Check Nourou Dine Mouhamed Sanni says the succession crisis has been brought under control. He describes reconciliation efforts based on sermons promoting mutual love, the fair distribution of donations, and support from the Union islamique du Bénin, authorities, and other religious communities. He calls for interfaith dialogue and condemns the use of religion to justify hatred or violence.
Value Annotations
- AI Model - Summary
- GPT-5.6 Luna
- Subject
- Coran
- Développement économique
- Dialogue interreligieux
- Imamat
- Nourou Dine Mouhamed Sanni
- Paix
- Rivalités et tensions imams
-
Union Islamique du Bénin
- Violence
- Cohabitation religieuse
- Language
- Français
- Source
-
Wayback Machine
- Identifier
- iwac-article-0002333
- Rights Holder
-
La Nation
- content
-
Un an après son installation, l’imam central de Natitingou, Check Nourou Dine Mouhamed Sanni, évoque à travers cet entretien les actions qu’il engage pour un retour de la paix au sein de la communauté musulmane secouée par une crise de succession sans précédent. Il jette par ailleurs un regard sur la cohabitation entre les religions et fustige tout acte attentatoire à la vie humaine commis au nom d’une religion.
La Nation : Vous avez été installé à la suite d’une crise de succession qui a longtemps divisé les fidèles musulmans. Un an après cette crise, est-on en droit de dire que la communauté islamique s’est réunifiée ?
Check Nourou Dine Mouhamed Sanni : Effectivement, cela fait un an que nous avons été installé comme imam central de Natitingou mais avant l’aboutissement du processus de désignation, il y a eu des problèmes. Mais Dieu merci tout est rentré dans l’ordre et c’est le lieu de saluer tous ceux qui ont œuvré pour la fin de cette crise qui a secoué la communauté musulmane. Nous nous sommes peut-être laissé emporter par nos passions mais dire que nous n’étions pas unis, c’est trop dire. Il est évident que chacun tenait à sa position et qu’il était difficile pour les différentes parties d’entendre raison mais nous n’avons jamais perdu de vue le fait que nous sommes une famille et qu’il faut préserver l’unité qui a toujours prévalu au sein de la religion musulmane.
Juste après la cérémonie de ‘’turbanisation’’, nous avons enclenché les actions susceptibles de ramener la paix dans les cœurs et la préserver également dans les mosquées. A notre arrivée, nous n’avons pas fait de différence entre nos soutiens et ceux qui se sont opposés à nous lors du processus de désignation. Les dons de vivres et autres gestes faits à la communauté musulmane sont répartis aux fidèles en toute équité. A travers nos actes et comportements, nous avons su rassembler tout le monde. Nous nous sommes toujours donné ce respect mutuel.
Quelles ont été ces actions concrètes engagées pour que la paix revienne dans les différentes mosquées de la commune de Natitingou ?
C’est avant tout à travers nos prêches. Nous avons toujours demandé aux frères musulmans de mettre de côté la mésentente et de privilégier l’amour du prochain. Le concours aussi bien de l’Union islamique du Bénin, des autorités politico-administratives que des autres confessions religieuses nous a également permis de raffermir les bases des actions tendant vers la préservation de la paix au sein de la communauté musulmane.
La communauté musulmane dans son ensemble est souvent ébranlée par des crises de succession qui ne favorisent pas la quiétude en son sein. Outre votre commune, il y a eu Ouaké et bien d’autres de par le passé. En tant qu’islamologue, quel regard portez-vous sur ces réalités ?
Ce sont les enjeux liés à la chefferie qui sont à l’origine de ces déchirements observés ci et là et ceci est loin d’être l’apanage d’un groupe spécifique. La religion musulmane n’en est pas exempte tout comme les autres confessions. Même en dehors des religions, la guerre de succession est une réalité. C’est humain et on ne saurait jeter l’anathème sur une confession religieuse. Dès que la vacance de pouvoir est constatée au niveau d’une quelconque entité, toutes les parties se battent pour en prendre la tête. Qu’importent les moyens ou voies pour y arriver. Ceci se fait même au détriment des textes régulièrement édictés. On est prêt à contourner les prescriptions, même divines pour s’octroyer ce privilège. Dans nos sociétés, tout le monde veut être chef. Or, les textes qui régissent le processus de désignation existent et sont clairs et précis en ce qui concerne le profil de l’imam. Les critères sont édifiants. N’est pas imam qui veut. Au-delà de sa maîtrise et de la connaissance qu’il a du coran et des saintes écritures en général, le prétendant doit pouvoir faire preuve de sagesse et être irréprochable. On peut disposer du savoir et maîtriser la souna et ne pas avoir de bons comportements en société.
La cohabitation entre les religions est loin d’être une réalité avec l’intolérance et les actes de violences qui prévalent partout au monde. Quel espoir pour la paix ?
Notre monde est en crise et de jour en jour nous faisons face à l’intolérance. On incite à la haine religieuse à travers divers actes qui ne sont pas de nature à préserver la paix. Le dialogue interreligieux doit être cultivé afin que des fidèles de diverses confessions religieuses se donnent la main en apprenant à vivre ensemble. Faire en sorte que personne ne soit stigmatisé ou violenté pour sa croyance. Aucune religion ne fait l’apologie du crime ou de la violence. Aucun enseignement religieux ne peut inciter à la haine. Ceux qui le font ne sont pas des croyants. Ils se servent de la religion pour arriver à leurs viles fins : diviser le monde.
Nous ne devons en aucun cas permettre à ces personnes malintentionnées de prendre le dessus sur le bien en semant le mal. Et c’est là tout notre rôle dans la conscientisation des masses. Nos prêches doivent être mis au service de la paix. Rien que la paix. Nous avons besoin de la paix pour pratiquer nos religions. Et cette paix est également indispensable pour le développement.
Les leaders religieux plaident pour ce dialogue interreligieux partout où ils sont et se donnent la main en toute occasion pour montrer combien la cohabitation entre les diverses confessions religieuses est essentielle pour le maintien de la paix dans nos sociétés.
How to cite this item
Eklou, Kokouvi. “L'imam central de Natitingou : « La guerre de succession n'est pas le propre des religions ».” La Nation, July 12, 2017. https://islam.zmo.de/s/westafrica/item/4564.
Eklou, K. (2017, July 12). L'imam central de Natitingou : « La guerre de succession n'est pas le propre des religions ». La Nation. https://islam.zmo.de/s/westafrica/item/4564.
Eklou, Kokouvi. “L'imam central de Natitingou : « La guerre de succession n'est pas le propre des religions ».” La Nation, 12 July 2017. https://islam.zmo.de/s/westafrica/item/4564.
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L’article présente favorablement les initiatives de réconciliation de l’imam et met en avant les prêches, le dialogue interreligieux et le rejet de la violence au nom de la religion.
L'article présente l'islam et les musulmans sous un angle très positif : l'imam insiste sur la paix, l'unité, le dialogue interreligieux et critique ceux qui instrumentalisent la religion pour diviser.
L'article se borne à rapporter les propos de l'imam, qui prônent l'unité et la paix, sans employer de lexique valorisant ni orienter son angle : il documente ces déclarations sans les endosser.
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L’article est entièrement consacré à l’imam central de Natitingou, à la crise de succession au sein de la communauté musulmane et au dialogue interreligieux.
L'article est entièrement centré sur l'islam et les musulmans : un imam, une crise de succession dans une communauté musulmane, des prêches, l'Union islamique du Bénin, et des réflexions sur la cohabitation interreligieuse.
L'article est un entretien entier avec l'imam central de Natitingou, consacré à la crise de succession de la communauté musulmane, à la paix dans les mosquées et au dialogue interreligieux : l'islam et les musulmans constituent le sujet unique et principal.
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Le texte prend la forme d’un entretien factuel et attribue les jugements à l’imam, notamment sur l’unité musulmane et la violence religieuse, sans commentaire éditorial marqué.
L'article est un entretien objectif où le journaliste rapporte les propos de l'imam sans les commenter ni y ajouter d'opinion personnelle.
Les prises de position sur l'unité, la paix et la condamnation de la violence au nom de la religion sont toutes attribuées et citées à l'imam, tandis que les questions et le chapeau de l'article restent descriptifs et ne prennent pas personnellement parti.


