Issue
Alif #11
- Title
- Alif #11
- Type
- Périodique islamique
- Publisher
-
Alif
- Date
- October 1993
- issue
- 11
- Abstract
- Mensuel islamique d’informations et de formation
- number of pages
- 12
- Subject
- Moustapha Sonta
- Allahou Akbar (TV)
- Laïcité
- Enseignement confessionnel islamique
- Intégrisme
- Conseil National Islamique
- Extrémisme
- Language
- Français
- Has Part
- Actuel
- Contributor
-
Frédérick Madore
- Identifier
- iwac-issue-0001381
- content
-
RABIAL 2
DJOUMADA 1
1414
OCTOBRE 1993
N°11
ALIF
Mensuel islamique d'informations et de formation
200F
CONFERENCE
"LE SOUFISME
C'EST MOURIR
EN SOI ET SE
REVEILLER
EN DIEU"
PP 6-7
CHEIKH MOUSTAPHA SONTA
L'émission télévisée
ALLAHOU AKBAR :
"EMISSION
DERNIERE-HEURE"
DE LA T.V. ?
P.11
Le problème de la laïcité :
LES MUSULMANS
DEMANDENT UNE
PLUS GRANDE JUSTICE
PP 8-9
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COURRIER des lecteurs 20 B.P 575 Abidjan 20
QUE LE DEMON NE NOUS SEDUISE PAS !
NOUS voudrions à travers cet article attirer l'attention de tous les musulmans sur la basse manoeuvre à laquelle certains individus se livrent pour semer le doute dans l'esprit des membres de notre communauté et les diriger ainsi de la lumière vers les ténèbres.
Ces personnes, qui attestent avoir été musulmanes, ont créé une église et se livrent à une campagne d'évangélisation des Musulmans. Une évangélisation fondée malheureusement sur le mensonge et caractérisée par leur ignorance de la réligion musulmane et même du christianisme qu'ils affirment pourtant professer. C'est en cela que notre pitié pour ces personnes est grande.
Que reprochent-elles en fait à l'Islam ?
Par ces gens en mal de connaissance et de foi, l'islam ne promet pas le salut. Le coran aurait simplement demandé aux Musulmans de faire du bien et que peut-être ils posséderont le paradis. Une possession incertaine qui ne pourrait se faire qu'après avoir purgé ses péchés dans l'enfer.
Ainsi, personne n'échapperait aux tourments de la Géhenne.
Enfin, ces personnes pensent que seule la foi en christ peut nous sauver.
A entendre ces paroles, nous ne pouvons nous empêcher de nous ressouvenir de ce verset du saint Coran : << Nous avons créé pour la géhenne un grand nombre de génies et d'hommes qui ont des coeurs avec lesquels ils ne voient rien, qui ont des oreilles avec lesquelles ils n'entendent rien. Ils sont comme des brutes, ils s'égarent même plus que les brutes. Tels sont les hommes qui ne prêtent aucune attention >>. Sourate VII : 177.
Oui, en vérité, les mécréants sont plus que des brutes. Sinon, comment des hommes sensés, sachant lire et comprendre, peuvent affirmer que l'Islam ne promet aucun salut alors que Dieu dit à plusieurs reprises : << Craignez le feu préparé aux infidèles, obéissez à Dieu et au prophète, afin d'obtenir la miséricorde de Dieu. Efforcez-vous de mériter l'indulgence du Seigneur et la possession du paradis, vaste comme les cieux et la terre, et destiné à ceux qui craignent Dieu, à ceux qui font l'aumône dans la prospérité et dans l'adversité, qui savent maîtriser leur colère, et qui pardonne aux hommes qui les offensent. Certes, Dieu aime ceux qui pratiquent le bien, ceux qui, après avoir commis une action malhonnête ou une iniquité, se souviennent aussitôt du Seigneur, lui demandent pardon de leurs péchés et ne persévèrent point dans les péchés qu'ils reconnaissent : tous ceux-là éprouveront l'indulgence de leur Seigneur et habiteront éternellement des jardins arrosés par des courants d'eau. Qu'elle est belle la récompense des vertueux ! >> Sourate III : 126-130.
Ce passage du Coran est on ne peut plus clair et se passe de commentaire. On pourrait consulter aussi les sourates XIX ( V: 69-73), II ( V : 155), III ( V : 102-104).
Il serait donc malveillant pour les detracteurs de l'Islam de se livrer à un commentaire érroné de cet autre extrait du Coran : << J'en jure par ton Seigneur, nous rassemblerons tous les hommes et les démons, puis nous les placerons autour de la géhenne, à genoux.
Puis nous en séparerons de chaque troupe ceux qui méritent d'être brûlés. Il n'y aura aucun d'entre vous qui n'y soit précipité ; c'est un arrêt fixe, décidé chez ton Seigneur. Puis nous sauverons ceux qui craignent et nous laisserons les méchants à genoux. >> Sourate XIX : 69-73
Contrairement à ce que pensent les mécréants, tous les hommes et tous les démons ne seront pas « précipités » dans l'enfer, mais, au contraire autour de celui-ci. Et ce n'est qu'après l'épreuve de sélection que les méchants qui jusque-là sont encore en genoux, seront « brulés » dans la géhenne.
D'autre part, que nous apprennent nos « ex-frères » quand ils affirment que les oeuvres ne suffisent pas pour nous sauver des tourments de la géhenne mais qu'il faut accepter le Christ. Ce problème est résolu en islam. Nous acceptons le Christ non pas en tant que Dieu, mais conformément à ce que Jésus lui-même a dit : << Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. >> ( Jean 17 verset 3) ; et aussi attesté par le Saint Coran : << le Messie, fils de Marie n'est qu'un apôtre ... >> Sourate V : 79. L'Islam va même plus loin en exigeant la reconnaissance de tous les prophètes : << Dites : nous croyons en Dieu et à ce qui a été envoyé d'en haut à nous, à Abraham et à Ismaël, à Isaac, à Jacob, aux douze tribus, aux livres qui ont été donnés à Moïse et à Jésus ; aux livres qui ont été donnés aux prophètes par le Seigneur ; nous ne mettons point de différence entre eux, et nous sommes résignés « à la volonté de Dieu. >> Sourate II : 130.
" Combattez ceux qui vous combattent, mais ne soyez pas agresseurs.
Dieu n'aime pas les agresseurs."
Sourate 2 Verset 190
Le Coran est venu confirmé les messages antérieurs en éliminant ce qui les a pervertis.
Mais toute cette profession de foi n'a aucun sens si elle n'a d'effet sur le comportement de l'individu.
La foi et l'action sont indissociables. La première est l'intérieure de ce dont la seconde est la manifestation extérieure. C'est à ce prix qu'il y a le salut.
Que les uns et les autres se détrompent donc. Ils n'échapperont pas aux tourments de l'enfer par le simple fait de reconnaitre le Christ tout en ayant un digne qui serait basé sur le traficotage et l'iniquité, Car le Christ a dit : << Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là Seigneur Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé par ton nom ? N'avons-nous pas chassé les démons par ton nom ? Et n'avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ?
Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connu, retirez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité ! >> Matthieu 7 : 21-23
Nous prions donc Allah afin qu'il éclaire ces personnes troublées aujourd'hui par le démon. Ces personnes qui tout en rejettant le Coran, affirment qu'ils croient au christianisme car il est dit dans le Coran qu'il y a « lumière et direction » dans l'évangile. Mieux encore, le Coran leur a permis de trouver un nom à leur culte. Quel paradoxe ! Un arbre peut-il être de Satan et ses fruits de Dieu ? Non.
Vivement que ces « frères » reviennent à la meilleure des réligions. Dieu est clément et accepte toujours le repentir. << Ceux qui reviennent à moi qui se corrigent et font connaitre la vérité aux autres ; à ceux-là je reviendrai aussi, car j'aime à revenir un pêcheur converti, et je suis miséricordieux >> Sourate II : 155
KEITA Vassiriki
Cité Yopougon.
OCTOBRE 1993
LES REGLES DU COURRIER
Plusieurs lecteurs nous demandent des informations pratiques sur le fonctionnement du courrier. Voici les règles essentielles.
- Envoyer vos correspondances à l'adresse suivante : "ALIF" courrier des lecteurs, 20 BP 575 Abidjan 20
- Des lettres courtes (deux feuillets dactylographiés ou quatre feuillets manuscrits
- Si vous n'acceptez pas de coupure, prière le mentionner expressément.
- Mentionner le nom et l'adresse complète de l'expéditeur. Vous pouvez demander à signer de vos seules initiales.
- Envoyer des textes de référence dactylographiés. Ne pas rédiger au verso.
N.B : Le contenu des textes n'engage que les auteurs.
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Mensuel islamique d'informations et de formation
20 BP 575 Abidjan 20
Tél 37 20 90
Siège Cité Fairmont N° 14
DIRECTEUR DE PUBLICATION
OUATTARA Issouf
REDACTEUR EN CHEF
KHONET Drissa.
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KHONET DRISSA
OUATA N'dri Abdul Wahab
TOURE Yacouba
MEITE Mory
CARAMOKO Ibrahim
WATTARA Adams
DOSSAUD Dawda
DIALLO MAMADOU
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Edipresse
DEPOT LEGAL
N° 2789 du 20-3-92
ALIF
EDITORIAL
< En même temps que nous informons, nous devons nous informer pour mieux nous former >
La Presse islamique
QU'EST-CE que l'information ? L'information en arabe signifie < AL I'LAM >> qui veut dire à la lettre le transfert d'une nouvelle d'un endroit à un autre, d'un individu a un autre, au point où ce transfert devient synonyme de diffusion et de dissémination de la nouvelle. Au fait que cache la notion de presse islamique ?
Est-ce presse islamique celle qui porte un nom d'origine islamique ? Ou est ce presse islamique celle qui dans sa conception, dans ses structures, dans ses méthodes, dans ses approches dans ses relations, obéit aux fondaments de l'Islam à savoir le Coran et la Sunna du prophète Mohamed ( PSL) ?
Nous pensons que la presse n'est islamique que par rapport à l'information islamique. La presse islamique est un support qui doit être utilisé pour des finalités précises dans un cadre à la fois religieux et temporel.
D'ailleurs, Dieu dans le Coran dit : << Que soit parmi vous une communauté qui appelle au bien, ordonne le convenable et interdise le blâmable. Car voilà les gagnants>>. Cela explique que le but de l'information pour l'islam subordonne l'information à des objectifs qu'il situe en dehors d'elle et qui la dépassent.
L'appel au bien, que ce soit dans son aspect actif ( ordonnance du bien) ou sous l'angle dissuasif ( interdiction du blâmable ). En réalité, l'information en Islam a pour but Primordial la Quête scrupuleuse de la vérité.
Cela veut dire qu'elle s'impose comme fondements la VERACITE DES FAITS RAPPORTES, la Fidélité à l'esprit qu'ils dénotent et donc une impartialité que n'entachent ni mensonge ni médisance, ni travestissement.
En même temps que nous informons, nous devons nous informer pour mieux nous former. Donc en tant que consommateur d'information nous devons l'accueillir avec vigilance. Et le Coran nous exhorte à cela . << Ho, les croyants ! Si un pervers vous apporte une nouvelle alors cherchez la preuve, parce que, dans l'ignorance, vous porteriez atteinte à un peuple et qu'ensuite vous auriez regret de ce que vous avez fait. >>
L'information est un moyen susceptible de servir l'appel au bien
( développement économique, social, politique religieux spirituel )
L'Information en Islam se doit d'emprunter les moyens les plus efficaces et de faire connaître de son côté et par ses moyens le vrai visage de l'Islam.
OUATTARA Issouf.
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OCTOBRE 1993
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SERMON D'ADIEU DU PROPHÈTE MUHAMMAD (PSL)
SERMON D'ADIEU DU PROPHÈTE MUHAMMAD (SAW)
<<Louange à Dieu : Nous le louons, nous lui demandons secours, nous implorons son pardon, et nous cherchons protection auprès de Dieu contre les vices de nos âmes et contre les maux de nos actions. Quiconque est guidé par Dieu, nul ne l'égare ; et quiconque il égare, nul ne le guide.
J'atteste qu'il n'ya de Dieu sinon Dieu lui-même, Lui seul qui n'a aucun associé ; et j'atteste que Muhammad est son serviteur et son envoyé ...
Je vous prescris ô serviteurs de Dieu, la crainte de Dieu, et je vous incite à son obéissance. Je cherche ainsi à commencer par ce qui est le mieux.
Or donc, ô peuple, écoutez que je vous explique, car je ne sais pas si je pourrai encore revenir ici après cette année.
O peuple, en vérité vos sangs vos biens et vos honneurs sont inviolables jusqu à la rencontre de votre Seigneur aussi inviolable que ce jour même en ce mois dans cette region (sacrée). Ai-je donc fait parvenir (le message) ? O Dieu temoigne-le.
Or, quiconque reçoit un depôt, qu il le rende à celui qui le lui avait confié. Et l'interêt (usure) du temps de l'ignorance est aboli mais vous avez le droit sur vos capitaux : ne soyez ni oppresseurs ni opprimés. Dieu a decreté qu il n'y ait pas d'intérêt. Et le premier intérêt par lequel je commence, c'est l'intérêt de mon oncle Abbâs Ibn « Abdal Muttalib ». Et les sangs (meurtres) du temps de l'Ignorance sont supprimés ; et le sang de (mon neveu) « Amir Ibn Rabi'ah Ibn alhârith Ibn Rabial-Muttalib (dont un fils a été assassiné).
Et les dignités du temps de l'Ignorance sont abolies, sauf la garde (de la ka'bah) et la charge d'abreuver (les pélerins) ?
Et le meurtre intentionnel sera puni par le talion ; et le meurtre quasi-intentionnel, où l'on tue par un bâton ou par une pierre, cela coûtera cent chameaux (comme prix du sang). Quiconque exigerait davantage, serait des gens du temps de l'Ignorance. Ai-je donc fais parvenir (le message)?
O Dieu, témoigne-le.
Or donc, ô peuple, Satan a en vérité, desespéré d'être adoré dans votre terre, mais il sera heureux d'être obéi dans des choses autres que celle-là, dans ceux de vos actes que vous considérez comme sans valeur. Prenez donc garde à lui pour votre religion.
O peuple, en verité, l'intercalation (d'un mois profane au milieu des mois de la trêve de Dieu) est une addition de la mécréance, sont égarés par cette addition ceux qui se sont rendus mécréants : ils rendent profane ce mois pendant une année et ils le rendent sacré pendant une autre année pour observer extérieurement le nombre (des mois) que Dieu a rendus sacrés : ils profanent ce que Dieu a rendu sacré et ils rendent sacré ce que Dieu a rendu profane. Et, en verité le temps est revenu à la condition où Dieu l'avait créé le jour qu'il a créé les cieux et la terre (= l'année avec l'intercalation et sans intercalation ayant coïncidé).
Et, en effet, le nombre des mois auprès de Dieu est 12, dans le livre de Dieu le jour qu'il a créé les cieux et la terre.
De ces 12 mois, quatre sont sacrés, dont trois consécutifs et un isolé : Dhul qa'dah, Dhul hijja et Muharram et Rajab des Mudar (qui se trouve entre Jumâdâ et Cha'bâne.
Ai-je fait parvenir (le message) ? O Dieu, temoigne-le.
Or donc, ô peuple, quand à vos femmes, elles ont un droit sur vous, et vous, vous avez un droit sur elles : en votre faveur ; il leur incombe qu'elles ne laissent fouler votre lit par personne sauf témoigne-le. Ne redevenez donc pavous-même, et qu'elles ne laissent entrer dans vos maisons aucune personne que vous n'aimez pas, sauf avec votre permission ; et qu'elles ne commettent pas la promiscuité. Si elles le font, Dieu vous a en vérité, permis de les éloigner, et d'établir des lits séparés, et de les frapper, mais pas trop durement. Si elles cessent et vous obéissent, il vous incombe de leur fournir nourriture et vêtements convenables. Et assurez aux femmes le meilleur traitement. Car, en vérité, elles sont comme des prisonniers chez vous, et ne peuvent rien faire d'elles-mêmes. Et, en vérité, vous les avez prises par un dépôt de Dieu. Craignez donc Dieu en ce qui concerne les femmes, et assurez-leur le meilleur traitement. Ai-je donc fait parvenir (le message) ? O Dieu temoigne-le.
O peuple, en verité, les Croyants sont des frères. Et les biens d'un frère sont inviolables sauf de son bon gré. Ai-je donc fait parvenir (le message)? O Dieu, mecreants apres ma mort les uns frappant les cous des autres. Et en verité, j'ai laissé auprès de vous de quoi empêcher l'egarement le Livre de Dieu et la Conduite de Son Prophete. Ai-je donc fait parvenir le message ? O Dieu, temoigne-le.
O peuple, en verité, votre Seigneur est un, et votre ancêtre est un : vous descendez tous d'Adam, et Adam était (créé) de la terre.
Le plus digne de vous auprès de Dieu est celui qui (le) craint le plus. Et aucun Arabe n'a une supériorité sur un non-Arabe, sauf par la piété.
Ai-je donc fait parvenir (le message) ? O Dieu, témoigne-le. Sur quoi la foule repondit : <<Oui>> Et lui d'ajouter : O vous tous présents Faites parvenir (ce message) aux absents.
O peuple, en vérité, Dieu a fixé pour chaque héritier sa portion de l'héritage : il n'est donc pas permis de faire un testament en faveur d'un héritier (en plus de la portion fixe.) Et le testament en faveur d'un étranger ne doit pas dépasser le tiers (de la totalité de l'héritage). Et l'enfant appartient au lit (à la mère?), et l'homme qui a commis l'adultère est lapidé. Quiconque revendiquera (la parenté) d'un autre que de son père, quiconque se réclamera d'un patronage autre que celui de ses patrons, sur eux la malediction de Dieu, des anges, et de tous les humains. On n'acceptera d'eux (au dernier jugement) aucun paiement ni equivalent (rançon).
Et la paix sur vous !
>>.
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LIVRE DU MOIS
<< La philosophie est amour de la sagesse mais la vraie sagesse est Dieu. L'amour de Dieu est donc la vraie philosophie >>
MANSOUR ibn SARJOUN (Saint-Jean de Damas)
BIOGRAPHIE DU XXème SIECLE
Le testament philosophique de Roger GARAUDY
<< L'homme n'est humain qu'habité par Dieu >> Ainsi conclut le philosophe français qui, à 20 ans en 1933, se posant la question essentielle du sens de la vie, entreprit investigations, militantisme et méditation. Un demi-siècle plus tard, avec la publication de « BIOGRAPHIE DU 20 e SIECLE », c'est le recueil de ses certitudes dans tous les domaines de la vie qu'il expose. Plus qu'un livre, c'est un témoignage qu'il pose et mieux qu'une biographie personnelle, c'est d'un siècle entier qu'il dispose. Ce « testament », cautionné par le Père CHENU qui en fait la présentation, arrache la confiance parce que l'auteur n'est pas un vain spéculateur mais il témoigne de moments vécus avec force détails et références. Son parcours est fait de philosophie, d'Art, de politique et de religion qu'il pratique presque simultanément et de manière si pleine qu'on peut lui conférer autorité de regard.
Dès l'introduction, le ton est donné : « je ne demande pardon à personne de n'avoir pas voulu être ce cadavre resté assis à la même place pour regarder passer ce siècle dans lequel s'est produit plus de changements qu'en 5 000 ans d'histoire ». Puis, il fait un rappel capital à la compréhension de la vie tout comme de son oeuvre : celui de la nature humaine << lorsque le préhistorien cherche à situer l'apparition de l'homme, il peut restituer peu à peu les chainons provisoirement manquants, montant la continuité anatomique entre les singes supérieurs, les antropoïdes et les hommes. Mais, l'émergence de l'humanité n'est attestée que lorsqu'à côté de ces ossements, l'on découvre des pierres taillées ou des sépultures. L'homme est le seul animal qui crée des outils et des tombeaux. L'outil et le tombeau témoignent que, pour l'homme, la vie et la mort ne vont plus de soi, qu'il faut leur trouver un sens. La philosophie est née ... Toutes les sagesses et toutes les religions ont, par des voies diverses rempli cette fonction vitale de, restituer aux hommes leur lieu avec la totalité, avec le sens, avec la création. En résumé, l'homme se reconnaît par la communauté, le travail et le projet concentrés dans l'outil; et la transcendance, les valeurs et le sens contenus dans le tombeau. GARAUDY énonce alors sa thèse. Toute société prétendant faire abstraction des deux dimensions majeurs de l'homme (1) transcendance, c'est à-dire reconnaissance de la dépendance de l'homme à l'égard de Dieu et donc de valeurs absolues, et (2) communauté, c'est-à-dire sentiment, en chaque personne humaine, d'être responsable du destin de tous les autres, (cette société) est vouée à la désintégration. >> A la lumière de cette ultime certitude, GARAUDY promène le regard sur le message des Livres Sacrés, l'occident et sa philosophie, les mutations du siècle, le socialisme, le christianisme et le judaïsme pour enfin prospecter l'Islam.
LES LIVRES SACRES
Fustigeant les programmes de l'enseignement en occident qu'il accuse, GARAUDY regrette de n'avoir découvert ces grandes sagesses d'orient et d'Afrique qu'à 50 ans car, le Livre << des Morts >> de l'Ancienne Egypte, les << Vandas >> du Zimbaboué, les Hymnes véridiques (vedas) de Inde, Zarathoustra, les upanishads, le Yi-King entre autres, lui ont été plus utiles que son Doctorat d'Etat es-philosophie, quant au sens de la vie.
L'OCCIDENT ET SA PHILOSOPHIE
GARAUDY monte en chaire comme il en a les arguments et tout y passe : la phénoménologie, l'existentialisme, le marxisme, le pragmatisme, le positivisme, le structuralisme, la sophistique nouvelle.
Tous ces courants ont péché par l'insuffisance de leurs postulats à intégrer la transcendance. Ainsi la philosophie occidentale a rompu avec la vie. Et pour avoir rompu avec l'homme, la nature et Dieu l'occident, de Socrate à Nietzche, est devenu un accident. Mais, avant tout, GARAUDY réhabilite toutes ces doctrines car leurs pionniers qui en avaient bel et bien une vision transcendentale ont été trahi par des successeurs trop zélés, à tel point que Marx, par exemple dut s'exclamer : « Si c'est cela le Marxisme, alors, moi Marx, je ne suis pas marsciste ! >>
LES MUTATIONS DU SIECLE
La conjonction des philosophies a muté la science et l'histoire de notre siècle. La science tombée dans le scientisme a pris les moyens pour les fins. Il en résulte une abondance de moyens et une absence de fins qui nous acheminent vers un suicide planétaire.
Cette philosophie et cette science boiteuses ont favorisé les impostures culturelles et les rapacités : colonisation, guerres et polarisation du monde, maitre-mots d'une histoire abâtardie.
LES TRADITIONS ABRAHAMIQUES, MARX ET LA TRANSCENDANCE
Après l'occident et son capitalisme décadents, GARAUDY aborde les quatre autres forces à même de diriger l'humanité : le judaïsme, le christianisme le socialisme et l'Islam. Il prend le raccourci de chacune d'elles en marquant ses principales étapes et sa principale faiblesse qui la disqualifie.
La foi juive : le beau projet des prophètes d'Israel a tourné au nationalisme sioniste avec son cortège de mensonge, de violence et d'injustice.
La foi chrétienne : << Cette parole de feu >> << Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu >> fut transformée en un slogan mensonger séparant la foi de la communauté et faisant de la religion une << affaire privée >> laissant ainsi aux dirigeants politiques le pouvoir de régner en dehors de Dieu. Jamais ne sera enseigné comment doit se comporter César.
Si bien qu'à partir de Nicée (en 325) et jusqu'à aujourd'hui, le problème s'est toujours résolu selon la volonté de César, et ce sera le « constantinisme ». >> Le christianisme a donc été fauché par l'Empereur Romain Constantin (<< grand pontife, jusqu'alors décès des dieux païens, et converti sur son lit de mort, par un prêtre arien >> << hérétique >>).
Dès lors << le christianisme des Eglises ne peut instituer une cité de Dieu >>.
Le Socialisme : De Marx à staline, il a viré au rouge du sang de millions d'hommes, affichant ainsi ses inconséquences. Et pour avoir stigmatisé le manque de transcendance au socialisme, GARAUDY sera chassé du parti après 37 ans de filiation qu'il ne regrette point.
Le message de l'Islam : C'est, à la fois, la Thèse, le problème et le projet de GARAUDY auquel il consacre le tiers de ses 400 pages.
L'Islam auquel il s'est converti en 1977 est sa thèse parce qu'il reste la seule de ces forces candidates à gouverner le monde qui ait conservé sa pureté de transcendance radicale et de communauté.
Mais l'Islam est son problème parce que, comme ses détracteurs le lui lance non sans sarcasme : où est cette vérité Islamique que vous idéalisez ? >> Réponse : << Elle n'existe nulle part, sinon dans un livre et dans le coeur de million d'hommes. Comme le christianisme n'existe nulle part, sinon dans un livre et dans le coeur de millions d'hommes. Encore faut-il tenter d'être l'un de ces coeurs >>.
Se tournant ensuite vers les musulmans pour laver le linge sale de la famille, GARAUDY ne ménage personne d'avoir oublié l'universalité, et le dynamisme de l'islam.
La Ummah est malade de son sommeil. Et son sommeil est le sommeil de ses oulémas, docteurs de la loi << tétanisés par la tradition et fermés à tout avenir >>. Son sommeil est également celui de ses hommes politiques << beaucoup corrompus >>.
Il faut alors envisager la « renaissance » de l'Islam. Voici son projet. Il le partage avec les cheichs Mohamed Bachi Ibrahimi, Abd Al Hamid Ben Badis, El Afgani, Mohamed Abdou, Rachid Reda, Mohamed Iqbal et Hassan et Banna (fondateurs ou leaders entre autres de << l'Association des oulémas >> l'organe essentiel prometteur de la renaissance intellectuelle réformiste en Algérie et même dans le monde Arabe). Ensemble, leur diagnostic de l'Islam actuel décèle une double faiblesse de copiage, l'imitation servile de l'occident d'une part et d'autre part l'imitation aveugle du passé.
Le remède c'est l'Ijtihad (effort d'interprétation et d'adaptation) dont-il fait un rappel historique de la pratique par les sahabas (compagnons du prophète) puis observe comme Jean-Jaurès que << rester fidèle, c'est transmettre du foyer des ancêtres, non la cendre, mais la flamme >>.
A suivre
O. IDRISS
OCTOBRE 1993
ALIF Page 5
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CONFERENCE
Le SOUFISME c'est mourir en soi et se réveiller en Dieu. C'est aussi s'approcher à la vérité et ne pas espérer en une créature
Pour être un soufi accompli, Il fau. avoir certaines qualités et prédispositions naturelles. C'est pourquoi, le prophète Mouhammed ( SAW) ne l'a pas enseigné à tous ses compagnons. Certains privilégiés ont pu recevoir l'enseignement du Messager d'Allah. Aujourd'hui, le monde islamique renferme la même réalité. Peut-on trouver des soufis dignes de ce nom ?
MOUSTAPHA SONTA lors d'une conférence le 04 Septembre au KM 18 a essayé de répondre à toutes ces interrogations. Il est le fils de Feu IMAM IBRAHIMA Sonta dit Ladji N'Guêrê.
<< Allahomma Solli Allamouhmmadi- wa Alla Alim- Mouhammadi Wassalim. Allahomma solli Ala Séidinan Mouhmmadi wa maoulanan. Mouhamadine Wa alla ali Moutmadine Wassaline, Waliham moudoulillahi Rabbil Alamine>>
Mes chers frères et soeurs en islam, je vous salue par le salut fraternel islamique qui est « Assalam Aléïcoum Warahmatoulliahi Wa barakatouho» Louange à Dieu, unique en Souveraineté ; en bonté.
C'est lui qui a rempli le coeur de ses bien-aimés de son amour. C'est lui qui a choisi leur âme pour découvrir sa grandeur et sa connaissance vraie.
QU'EST-CE QUE LE SOUFISME ?
La connaissance soufie est une connaissance des plus grandes valeur et des plus éclairée et des plus claires. Cheick Nous dit :
«Le soufisme c'est mourir en soi et se réveiller en Dieu.
C'est aussi s'approcher à la vérité et ne pas espérer en une créature de Dieu. C'est aussi adorer avec patience endurance et sans découragement. Le soufisme c'est le bon comportement, c'est la bonne éducation. Le soufi en s'approchant ou en arrivant vers Dieu, doit avoir un bon comportement, dans le cas contraire il peut être classé en plein parcours. Le soufisme c'est la pauvreté après la richesse ; c'est l'humilité après la vanité ; c'est l'effacement après s'être montré.
Etre soufi menteur c'est rechercher la richesse après la pauvreté. C'est à dire quelqu'un qui vient dans le soufisme dans le but d'avoir une richesse. Celui-là est un soufi menteur. Si c'est la richesse qu'il veut il aura la richesse mais ce n'est pas Dieu.
Un soufi c'est comme la terre, car on y jette toutes les mauvaises choses, tandisqu'elle ne nous offre que des bonnes choses.
Etre soufi c'est tourner le visage de la vérité vers la vérité véridique qui est ALLAH» Soubhana Wattallah : { loué soit - il}.
Après avoir cerné le soufisme dans ces définitions multiples, nous allons voir quels sont les éléments importants à l'acquisition de la connaissance soufie?
I- MÉTHODES D'ACQUISITION DE LA CONNAISSANCE SOUFIE
La connaissance soufie d'une part ne peut s'acquérir à partir de la théorie. Ce n'est qu'en étant soufi qu'on peut réellement comprendre ce que c'est que le soufisme, c'est à dire dans la pratique même du soufisme. Le but que l'on veut atteindre dans le soufisme, c'est soi d'atteindre Dieu ou autre chose.
D'autre part, on ne peut pas connaître la loi soufie sans une connaissance préalable de la loi religieuse.
Et ces deux types de connaissances ne sont possibles sans une foi pure. A ce propos, l'Imam Malik nous dit :
« Celui qui pratique le soufisme sans connaître les préceptes et les principes de l'Islam tend à devenir un hypocrite et aussi , et celui qui suit la connaissance religieuse sans la connaissance soufie, finira par devenir un farci c'est à dire un malfaiteur. Et par contre celui qui rassemble les deux connaissances, a la vraie connaissance.
Il convient de faire une étude comparative de la charia et du soufisme.
II - SOUFISME ET CHARIA
Celui qui pratique le soufisme sans la charia, son soufisme ne peut pas aller loin.
Celui qui fait seulement la charia sans le soufisme, c'est quelqu'un qui peut devenir un farci. ( Raisonnons par l'exemple). Il y avait un homme de Dieu qui avait pour nom Abou Mouhammad - Soiliha, et qui vivait en brousse. Il y avait un autre homme de Dieu qui vivait en brousse. Il s'appelait ABOU Maharaze.
Ce dernier décida un jour de rendre visite à ABOU Mouhammad Soiliha pour qu'il lui enseigne la Charia, puisque ABOU Maharadje n'a appris que le soufisme.
A cause de sa crainte de Dieu, ABOU Maharadje pouvait se servir d'un lion comme monture et d'un serpent comme ceinture pour voyager. Et c'est ce qu'il a fait pour rendre visite à ABOU Mouhammad Soiliha.
A l'entrée de la ville il abandonna son lion et son serpent qui lui servaient de monture et de ceinture.
Il était stupéfait de voir des troupeaux de boeufs, de chameaux, de moutons et dès lors, il a douté d'ABOU Mouhammad Soilaha. Il s'interrogea : comment un homme de Dieu peut-il accumuler une telle richesse ?
Il a continué son chemin jusqu'au centre de la ville et se renseigna sur le domicile d'ABOU Mouahmmad Soiliha.
On lui montra l'immeuble le plus haut de la ville.
Il douta à nouveau d'ABOU Mouahammad Soiliha.
Comment peut - il habiter une telle maison alors qu'il se dit soufi ?
Il a continué son chemin jusqu'à l'entrée de la cour et il vit des hommes et des femmes en train de travailler ensemble, il a douté encore d'ABOU MOuahammod Soilaha.
Il poursuit son chemin et à l'entrée du building ou de l'étape, il a vu un tam-tam accroché et s'est demandé comment un soufi peut -il garder un tam-tam ? C'est donc un soufi danseur ?
Il a continué son chemin jusqu'à l'appartement d'ABOU Mouahammad Soiliha ; celui -ci était bien habillé et à côté de lui se trouvait une belle femme. Tout cela renforça son doute, doute qui allait rétrécir sa foi. IL se refusa alors de dire à son hôte l'objet de sa visite et il rebroussa chemin. Le lion et le serpent se révoltèrent contre lui et c'est à peine qu'ils ne l'ont dévoré.
C'est à cause de sa crainte de Dieu que le lion et le serpent le craignaient à leur tour. Maintenant que sa crainte a diminué, ni le lion, ni le serpent ne le craint.
Il est reparti voir ABOU Mohammad Soiliha. Quelque chose m'arrive, je ne comprends pas je suis un soufi. Quand je marche ou quand je voyage, je me sert d'un lion comme cheval et d'un serpent comme ceinture. Maintenant je ne peux plus approcher mon lion, ni mon serpent. Alors qu'en venant je n'ai
OCTOBRE 1993
CHEICK MOUSTAPHA SONTA
"Le Soufisme, c'est..."
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FISME,
se réveiller en Dieu.
[...]cher de la Vérité
[...]pérer en une
[...] de Dieu
[...]u aucune difficulté avec eux...
ABOU Mouahammad lui répondit : « c'est parce qu'il y a quelques chose que tu n'avais pas dans le coeur, qui s'y trouve à présent. Il s'agit du doute qui t'habite et qui a diminué ta foi et ta crainte de Dieu. C'est pourquoi, ni le serpent, ni le lion ne peuvent réaccepter.
C'est exact. J'étais venu te demander de me montrer quelque chose dans la chariha. Mais avec tout ce que j'ai vu, l'argent accumulé, les hommes et les femmes, le tam-tam, l'habillement, la femme à côté, vraiment ça m'a fait douter de toi. Pour moi tu n'es pas un soufi, voilà pourquoi ; je m'étais plus posé la question.
ABOU Mouhammad Soiliha lui a dit, Il fallait me demander.
Certes, les chameaux que tu as vus sont à moi, mais je ne les ai jamais vu de mes yeux. J'ai gardé ça pour les pauvres qui ont besoin d'argent, du lait, de la viande et qui viennent s'en servir. C'est pour les pauvres musulmans et non pour moi. Les moutons et les chameaux sont à moi mais je ne les ai pas vus.
Maintenant pour l'étage, c'est vrai, Dieu m'a donné, une certaine richesse que je n'accumule jamais ; je partage toujours aux pauvres. J'ai construis cette maison pour remercier Dieu, pour lui montrer que ce qu'il m'a donné, je ne le prends pas pour faire autre chose que pour le remercier.
Et les gens qui l'habitent sont là au nom de Dieu.
Les hommes et les femmes que tu as vu sont mes esclaves qui travaillent pour moi et qui préparent pour moi, pour nourrir les pauvres gens et ceux qui ont faim. On leur donne à manger au nom de Dieu.
Le Tam-Tam que tu as vu c'est pour appeler la majorité des gens du village qui viennent manger chez moi, il fallait que je trouve quelque chose pour les appeler. Je ne peux pas passer de porte en porte pour les appeler. Voilà pourquoi le Tam-tam est là. S'il est l'heure de manger, on tape le tam-tam et les gens savent qu'il est l'heure de manger.
Et l'habillement que tu vois avec moi, ce sont mes esclaves qui font ça pour moi et chaque jour on me donne un boubou, je le porte et le lendemain, je le sacrifie à un pauvre. Demain, je porte un autre boubou et le lendemain je le sacrifie à un autre pauvre. Donc je le porte au nom de Dieu et je le sacrifie au nom de Dieu.
La femme que tu vois à côté de moi, c'est mon épouse.
En Islam ton épouse peut rester à côté de toi dans une même maison, ça ne pose pas de problème. Donc voilà les éléments qui t'ont fait douté de moi. Il a dit :
- Vraiment, je ne savais pas que c'était comme ça sinon je n'allais pas douter ».
ABOU Mouhammad Soiliha a expliqué et ABOU Maharadjé est reparti chez lui en se servant de son lion comme monture et de son serpent comme ceinture.
Mais au préalable il a entretenu ABOU Mouhammad de sa préoccupation qui consistait à avoir des informations ou la chricha afin d'instruire des enfants qu'il était chargé d'éduquer.
ABOU MOuhammad Soiliha écrivit un livre du nom de la « Rissala » qu'il lui expédia à travers un cours d'eau. ( le message)
Quand Il a reçu le livre d'ABOU Mouhamad Soiliha, il l'a enseigné aux enfants qui on été satisfait de même que lui-même s'est imprégné de la charia qu'il méconnaissait jusqu'alors.
La leçon à tirer de cette comparaison est que le soufisme ne marche pas sans la chariha. Il faut les deux la chariha et le soufisme.
La chariha ce sont les ordres et les interdits tandis que le soufisme c'est se trouver dans la prédestination de Dieu.
La chariha c'est adorer Dieu, le soufisme c'est voir Dieu.
La chariha c'est aussi appeler Dieu, de l'aimer, de l'aimer encore plus.
Dans plusieurs parties du Coran, Dieu parle toujours de la chariha en parlant de la haqiqa et du soufisme.
La Haqiqa représente bien évidemment le soufisme.
Comme exemple de verset, nous avons Sourate 81 verset 27 - 28. Dieu dit : « Ceci n'est qu'un rappel pour l'univers. Celui d'entre vous qui veut suivre le chemin droit, qu'il le fasse » : là Dieu parle de la chariha.
Dans la même sourate 81 verset 29 Dieu nous dit : << Mais vous ne pouvez vouloir, que si ALLAH veut (lui), le seigneur de l'univers »
Dans le premier verset Dieu nous donne de faire quelque chose. Puisqu'il dit celui qui peut se rappeler de Dieu, qu'il le fasse. Mais il ajoute vous ne pouvez le faire sans que Dieu le veuille. :
- Sourate 80 verset 12 : « celui qui veut se rappelle ».
Ici, Dieu parle de la chariha. Vous ne pouvez faire le rappel que si Dieu le veut. Là, Dieu parle de la Haqiqa ou du soufisme.
Dans la sourate 1 (la Fatiha) verset 5, Dieu dit « c'est toi que nous adorons : « IYYAKA NA Aboudou ».
L'adoration de Dieu, la prière, le jeûne l'aumône, le pélerinage à la Mecque, Dieu parle de la chariha.
Et Dieu dit encore dans le même verset, « c'est toi dont nous implorons secours « c'est à dire nous ne pouvons t'adorer qu'à partir de ton secours.
Donc les hommes de Dieu c'est à dire les hommes de la chariha, implorent le secours de Dieu, ils se disent que nous ne pouvons pas adorer Dieu. C'est Dieu qui nous donne la force, l'idée, c'est lui qui nous éclaire intérieurement pour que nous ayons la force de l'adorer.
Alors que les hommes de la charia disent que nous adorons Dieu pour qu'il nous donne le paradis et qu'il nous préserve de l'enfer.
Les bons musulmans font des actes d'adoration pour Dieu, c'est à dire dans le but d'avoir une récompense ici bas et dans l'au-delà ; tandis que les rapprochés de Dieu le font pour la face de leur Seigneur.
Les bons actes chez les bons musulmans peuvent être des mauvais actes chez les rapprochés de Dieu.
La Haqiqa est le résultat de la tariqa ( la voie soufie) qui elle à son tour est le résultat de la charia C'est à dire qu'il n'y a pas de soufisme sans la Tariqa, et il n'y a de Tariqa sans la charia.
Il serait intéressant de nous poser la question de savoir quels sont les éléments qui permettent la pratique du soufisme ?
A suivre.
CHEIKH Moustapha Sonta
SAPHA SONTA :
"la bonne éducation"
OCTOBRE 1993
ALIF,
LA VISION
ISLAMIQUE
D'UN MONDE
EN
MOUVEMENT
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ACTUEL
« Le Temps des Intégrismes ? » telle est l'interrogation à la une du journal « REVEIL-HEBDO » N° 2 La Lecture des articles traités nous a laissé sur notre faim. Nous nous sommes interrogés sur les motivations réelles des rédacteurs. Un des articles a particulièrement retenu notre attention bien que les autres nous intéressent aussi. Il s'agit de l'article intitulé : « UNE Guerre de religion larvée ? »
Les musulmans sont l'objet de convoitise de [...] pour des analystes de la chose islamique. Et [...] souvent maladroitement. La UNE du RÉVEIL [...] faut éviter de coller des intentions malveillan[...] article sur la Laïcité de la Côte d'Ivoire - AL[...]
L'auteur fait des affirmations à vous donner des éternuements. Sait-il suffisamment informer sur le sujet avant de l'aborder ?
Nous en doutons. Sinon comment comprendre qu'il affirme sans embage qu'aucune religion ne l'emporte nettement dans notre pays. Et plus loin dans un autre article intitulé « Extrémisme » - Il est dit : « < ont-ils de bonnes raisons de s'inquiéter devant la PERCEE de l'Islam en Côte d'Ivoire ? >> Et puis d'ailleurs le dernier recensement a clos le débat sur la question en donnant des chiffres on ne peut plus clairs.
Il n'est pas juste d'affirmer : << qu'il est loin, le temps où nos communautés anciennes articulaient pouvoir temporel et pouvoir religieux dans l'ordonnancement de la vie collective... >> L'auteur sait-il qu'aujourd'hui nos sociétés continuent d'articuler pouvoir temporel et pouvoir religieux. Faites un tour chez les Sénoufos où le poro est et reste encore une véritable école de la vie où on y apprend tout ce qui peut - être utile à l'homme ( formation spirituelle, gestion communautaire formation politique... ) . Dans le sud il y a les fêtes de génération chez les Ebriés, les Adioukrou... Renseignez-vous bien, les initiés vous diront concrètement et exactement ce qui s'y passe. Croyez-vous sincèrement que l'articulation des pouvoirs n'a pas résisté à l'impérialisme colonial ? Dites nous ce qui a bien pu amener les colons à céder une parcelle de leur pouvoir aux colonisés. Certainement pas l'amour qu'ils vouaient aux nègres. La forme d'état dont nous avons hérité procède d'une combinaison de la complicité de l'église chrétienne et des forces impérialistes maléfiques. Nous ne vous apprenons rien si nous vous disons que les impérialistes ont été précédés en Afrique par les missionnaires ( les églises). Quel a été le résultat ? Plus de 60 millions d'êtres humains déportés hors de chez eux en Europe et aux Amériques. Les noirs n'ont eu les forces nécessaires de s'opposer à eux qu'en revenant à leurs origines pour certains et pour d'autres en s'appuyant sur l'Islam ( peuples du Soudan, Boucle du Niger... )
HONNETETÉ
Nous affirmons que notre état et beaucoup d'autres ont hérité et sont gérés aujourd'hui sur la base de la civilistion Judéo-chrétienne. Les exemples sont nombreux. Cela est vrai en apparence comme dans les faits. Pour un état laïc comme la Côte d'Ivoire, pourquoi avoir attendu 33 ans pour proclamer les fêtes musulmanes en jours fériés ? NOus voulons rappeler un seul souvenir douloureux que nous avons vécu à l'école primaire de 1966 à 1973. Pendant les fêtes musulmanes nous étions obligés d'aller en classe après les prières du matin. La France que vous prenez pour exemple n'est pas exemple de reproches. Elle se dit Laïque et républicaine. Pendant qu'on permet aux enfants français d'aller les cuisses et les poitrines presque nues à l'école, aux juifs de porter leur « bonnet », on interdit aux musulmans de porter des foulards. Est-ce ça la laïcité ? De façon pernicieuse et hypocrite, on refuse aux autres de vivre pleinement leur foi. Dans notre pays la loi a été faite en ignorant l'existence des musulmans. Tenez par exemple, le problème de l'héritage en Islam est différent de celui de la civilisation judéo-chrétienne. Or que constatons-nous ?
On applique une loi sur l'héritage inspirée d'une autre religion et on impose aux autres (musulmans, animistes...) Il en est de même pour le problème des mariages.
RAPPEL
L'histoire de la Laïcité :
On l'oublie trop souvent. Jésus-Christ le premier fonde une église distincte de l'Etat comme en attestera plus tard le fameux verset 21, ch XXII de Matthieu: << Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu>>.
De fait, tant un pan de l'histoire des persécutions chrétiennes pendant trois siècles s'explique par le refus originel de César de reconnaître son incompétence en matière spirituelle.
Quelle définition pour le Laïcisme
Une des meilleures proposées est le refus par l'Etat de toute sujétion envers les églises « car elle rend le mieux compte de ce que le concept même s'est formé d'un conflit de doctrines ou encore comme résolution de contradictions entre deux structures ( l'Etat et l'église) ayant toutes pour projet d'exercer une influence dominante sur une même communauté humaine : une par un ministère public où le souci de souveraineté, de responsabilité du destin national, d'indépendance, tandis que l'autre mettra en avant la transcendance divine au coeur d'une administration théocratique des sujets. En Europe, et plus particulièrement en France, les grands mouvements sociaux et religieux tels que l'Inquisition et les campagnes de tolérance ont ouvert la voie en faveur du Laïcisme populaire depuis le moyen âge jusqu'aux siècles précédants la revolution populaire de 1789. Y contribuèrent de manière décisive, les philosophes des siècles des lumières. Ainsi peu à peu allait s'achever en Europe ces longs siècles marqués d'une part, du sceau des régimes de Royauté doté de tous les droits divins et d'autre part la bannière d'une lignée de papes investis de l'autorité publique sur la cité
En 1904 en France, est une date importante à cet égard car elle marque la rupture des relations diplomatiques entre Paris et le vatican. Peu après la loi dite de « Séparation est votée le 9 décembre 1905 pour définitivement stipuler qu'il n'y a plus de cultes reconnus, avec statut privilégié selon le droit public. Les églises devant pour l'essentiel être soumises au régime de droit commun des activités et institutions privées.
Au regard de cette définition que veut le musulman de Côte d'Ivoire ? Simplement que les législateurs, les décideurs prennent en compte nos réalités. Il n'a jamais été question pour nous de revendiquer un un état Islamique. La laïcité de notre pays doit être pleine et entière. Ainsi on éviterait des frustrations inutiles qui sont souvent sources de conflits.
LA LAÏCITÉ QUEL BILAN ?
Au lieu de chercher à enterrer à tout prix les religions et à faire la promotion de la Laïcité, faisons l'effort de faire le bilan.
Quel est le résultat depuis plus de 16 siècles de vie basée sur la laïcité ? Qu'est-ce que la laïcité a apporté comme bienfaits aux hommes ? En tout cas elle n'a pas empêché certains peuples, certains laïcs de dominer spirituellement économiquement, politiquement d'autres hommes, d'autres pays.
Elle n'a pas non plus empêché la dépravation des moeurs. Elle n'a pas empêché la déchéance totale de l'espèce humaine. Aujourd'hui l'homme est pire qu'un animal qui bien que guidé par son instinct est respectueux de l'environnement dans lequel il vit. Qu'est-ce qui arrive aux peuples, aux états qui font fi des libertés individuelles, de la justice du respect des autres malgré leur différence ?
C'est la violence sous toutes ses formes.
Certains pays avaient vu à travers des idéologies la solution de leurs problèmes. Ils avaient interdit la pratique des religions. Ils réussirent à chosifier l'homme. Selon eux c'était la solution à tous leurs malheurs. Soixante dix ans après que sont devenus ces famas du communisme. Ils sont tombés au plus bas de la décrépitude humaine. Aujourd'hui on fait la promotion du Dieu capitalisme en même temps que celui de la laïcité. Nous avons déjà les résultats de ces deux dieux. Mais, l'on persiste toujours à préserver ces deux malgré les limites constatées. Pour justifier une telle attitude, l'on parle de violence religieuse au nom de Christ, de Allah pour revendiquer quoi que soit. Et que c'est là le hic. Les religions n'ont pas le monopole de la violence. Pour justifier nos comportements vis à vis des religions en général et de l'Islam on invoque trop souvent la violence. Peut-on nous dire honnêtement qui des sociétés dites laïques et celles des religions ont commis le plus d'exactions ? L'on est toujours prêt à couvrir les exactions de nos fétiches en « ismés ». On se rappelle encore le vol dont a été victime le FIS ( front islamique de salut).
Il ne s'est pas trouvé des gens, défenseurs des droits des peuples pour aider le FIS à gérer sa grande victoire aux élections.
Bien au contraire tout a été mis en oeuvre pour les débouter. Les Européens prompts à réagir avec les américains sont devenus subitement muets.
Aujourd'hui, le FIS a décidé de faire payer à tous ceux qui l'ont trahi. Et voilà que l'on crie à la violence en Algérie.
Et l'on veut effacer du revers de la main ce que les autorités algériennes avec l'aide de l'occident ont fait. La violence est la reponse à une forme d'injustice. Et c'est à Malraux qui a bien compris les comportements des gens qui utilisent la violence comme une forme de lutte : << La loi, Faute de pouvoir être appliquée engendre la révolte et cette révolte est légitime. >>
OCTOBRE 1993
(1) ALIF N° 1
( La Côte d'Ivoire est - elle un Etat laïc ? )
ISSOUF Ibn Ouattara.
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RAPPEL RAPPEL
es parts. Ainsi l'on n'hésite pas à se faire passer devient du coup spécialiste en la matière. Mais HEBDO N° 2 est révélateur de cette situation. Il aux musulmans de Côte d'Ivoire. (Revoir notre N° 1)
DISCRIMINATION ?
LA COTE D'IVOIRE EST-ELLE UN ETAT LAIC ?
La loi fondamentale de l'Etat de Côte d'Ivoire stipule en son article 2, titre 1er : "La République de Côte d'Ivoire est une et indivisible, LAÏQUE, démocratique et sociale...". Voilà pour la lettre.
DISCRIMINATION ?
CONCLUSION :
ET MAINTENANT ?
Le pari doit être acquis définitivement de notre communauté. C'est que l'Etat de manière générale, l'actuel gouvernement de transition républicaine (Alassane Ouattara) doit être responsable.
- L'un de ce fait, est pointé devant l'affirmation suivante :
- Eh bien elle consacre une tradition : les écoles de l'Enseignement laïc d'un pays laïc, qui devront dorénavant, appeler les différents et de toutes parts les siens au perfectionnement pour les grands défis, qui se pointent à l'horizon, à savoir l'UNITE, la JUSTICE et la CONCORDE. Cette situation a certainement ému plus d'un pour appeler de toutes les couches de l'information nationale à une déclaration sincère. C'est une question de justice sociale, les usages et leurs oublis.
Le pari en second lieu, consiste à les corriger dans un souci d'apaisement et d'élargissement de compréhension vis-à-vis d'une composante importante de la population ivoirienne (environ 50%). Il y a quelque maladresse à ne pas prendre en compte les préoccupations de ceux qui forment un maillon de conscience nationale. Pour ainsi dire, c'est une faute grave, même si on tente de minimiser ou d'ignorer le problème. Il y va de l'intérêt de l'harmonie générale de la nation.
KHNET Drissa
CIRA
LE STATUT DES CENTRES DE FORMATION ISLAMIQUES
- Le cadre général de l'enseignement en Côte d'Ivoire régit par la convention du 18 Août 1977, recense trois catégories de structures de l'Education Nationale. Dans ce triptyque, il n'y a pas de place officiellement pour les écoles franco-arabes (français-arabe de 1952-1958).
On a songé à tout sauf à l'enseignement privé islamique ou des Ecoles coraniques. Un oubli ? Une négligence ? Ou une volonté délibérée ?
LES MEDIAS D'ETAT ET LE CULTE ISLAMIQUE
La place qu'occupe la retransmission des émissions et événements religieux à la télévision et à la radio nationales, est révélatrice d'une discrimination que nous avons du mal à comprendre pour un Etat dit laïc.
En comparaison avec la place qu'occupent les autres cultes, pourtant le temps de parole et d'antenne à la télévision et à la radio nationales, est sans commune mesure.
Les grandes fêtes musulmanes (Ramadan, Tabaski, Maouloud) sont couvertes par les médias d'Etat, certes. Mais que dire des vendredis, jours de prière pour les musulmans ? Rien ou presque. Alors que le dimanche, jour du Seigneur pour les chrétiens, la télévision et la radio nationales diffusent la messe en direct ou en différé. Sans compter les émissions religieuses chrétiennes en semaine.
L'OBSERVATION DES JOURS SAINTS
S'il y a également une disproportion, c'est l'absence de férié les jours saints de l'Islam en dehors de la fête de Ramadan et de Tabaski. Le vendredi est un jour ouvrable comme les autres.
Alors que le dimanche est chômé et payé. Le calendrier grégorien, héritage de la colonisation, rythme la vie de la nation. Le Monde moderne s'aligne sur le temps de l'Occident chrétien. Les jours fériés chrétiens (Noël, Pâques, Ascension, Assomption, Toussaint) sont chômés et payés.
Cette situation crée un déséquilibre flagrant entre les citoyens d'un même pays. Les musulmans se sentent lésés par rapport aux Chrétiens. Les premiers comme des citoyens de seconde zone. Les seconds comme des citoyens à part entière.
L'OSTRACISME FRAPPANT LES ETATS ISLAMIQUES
- Une autre question de fond : la diplomatie ivoirienne. Elle brille par son absence dans les pays arabes et islamiques. La méfiance et l'ignorance semblent être la règle.
Il est vrai que la Côte d'Ivoire a des relations diplomatiques avec certains pays arabes (Egypte, Maroc, Tunisie, Arabie Saoudite, Liban...). Mais ces relations sont souvent timides et protocolaires.
Une des conséquences de cette politique est l'absence de la Côte d'Ivoire au sein de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI). Alors que de nombreux pays africains, même à majorité chrétienne, y sont membres ou observateurs.
Cette absence prive la Côte d'Ivoire des avantages économiques et culturels qu'offre cette organisation. Elle prive aussi les musulmans ivoiriens d'une ouverture sur le monde islamique.
D'ABORD LE REGIME "JURIDIQUE" DES ORGANISATIONS MUSULMANES
- Paradoxalement, nombre d'affaires musulmanes relèvent du ministère de l'Intérieur, alors que dans les autres confessions de la "juridiction" publique ou privée, elles relèvent du ministère de la Justice. L'enseignement confessionnel dépend depuis toujours pour ceux de l'Education Nationale (catholique et protestant etc...).
Mais des domaines de l'Islam appelés à rester demeurent encore soumis aux règles empiriques les plus incongrues : Comment croyez-vous qu'une mosquée sollicitant un terrain ait un tel "statut", une "décision", un financement extérieur, peut-elle rentrer dans les fonds ? C'est la grave question que nombre de communautés musulmanes n'ont jamais réussi à résoudre. Car l'on n'imagine pas dans les têtes pensantes de l'administration, qu'il puisse exister des citoyens qui s'organisent en tant que tels financiers ! On est amené à se demander si les lois qui permettent au Vatican d'intervenir à tous les niveaux, permettent à des organisations des Affaires du Golfe d'intervenir dans cette même situation. Et l'on serait donc tenté de voir dans notre application une injuste interprétation des libertés publiques. Mais il y a le panier de près : que découvre-t-on ? Eh bien, que 4 briques sont nécessaires et de l'argent, les terrains fussent réservés aux autres. Le pays laïc consacre le fait par l'Eglise Catholique et la construction de ses édifices religieux.
L'Etat National d'Edification des Monuments Religieux
La destination fameuse des fonds publics a servi à la construction de la Basilique de Yamoussoukro (nous y reviendrons). Singulièrement à Abidjan. En apparence le financement des différents cultes paraît mis en cause dans cette situation.
Une Cathédrale d'Abidjan a coûté des dizaines d'hectares en plein Plateau (centre des affaires) pour une mosquée il a fallu batailler ferme. Il a fallu une volonté politique affichée et le concours de différentes chapelles dans l'ombre.
Terminons par une question grave :
Que dispose la Constitution de la République ? Certes, une personne privée est libre de donner, aux prêtres et aux lieux de culte, un terrain ou tout ou quiconque, la simple levée d'une puissance extérieure est elle soumise à l'impôt ? Si tout se passe et qui se passe en faveur de "bien" !
HISTOIRE DE LA LAÏCITE
On l'oublie trop souvent, Jésus-Christ le premier fonda une religion : une église distincte de l'Etat comme en attestera plus tard la parole célèbre de l'Evangile de Mathieu : "Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu". Tandis que le culte de l'Empereur des persécutions chrétiennes, prêchant ainsi la soumission de la terre, préparait l'Etat de Constantin qui fit triompher en matière d'Etat laïc.
Quelle définition donc pour la laïcité ?
Une des meilleures propositions est la thèse de 1905. La séparation de l'Eglise et de l'Etat. Elle est le refus de reconnaître tel que le principe même à tout Etat, d'un culte ou, au contraire, comme une révolution de contradictions entre deux structures (l'Etat et l'Eglise) ayant pour seul point d'exercer une influence commune sur les hommes (communauté humaine : l'une par un ministère public et la vie de ce gouvernement, de responsabilité du destin national et indépendance, tandis que l'autre mettra en avant la transcendance divine au cœur d'une administration des esprits des âmes).
En Europe et plus particulièrement en France, les grands mouvements sociaux et religieux tels que l'Inquisition et les "Lumières de la tolérance" ont amené vers un travail du laïcisme populaire depuis le moyen âge jusqu'aux siècles précédant la Révolution populaire de 1789. Y contribuèrent de manière décisive, les philosophes du "siècle des lumières". Ainsi peu à peu allait s'achever en Europe des longs siècles marqués d'une part, du sceau des régimes de Royauté (droit de tous les Droits Divins et de l'autre, par la suprématie de la lignée de Papes investis de l'autorité publique sur la Cité.
1905 en France, est une date importante à cet égard car elle marque la rupture des relations diplomatiques entre Paris et le Vatican. Elle apparaît à l'heure d'aujourd'hui (se réfère à 4 décembre 1905 pour définitivement dire ce qu'il y a à dire). L'Etat ne reconnaît, aucuns statuts privilégiés, aucun culte, il ne salarie aucun, pour l'essentiel. S'il assure la liberté de conscience, il ne garantit ni n'empêche le culte.
L'ETAT DE CÔTE D'IVOIRE FACE A LA LAÏCITE
Comme en bien d'autres aspects de notre organisation et gestion socio-politique, la Constitution ivoirienne a consacré l'Etat laïc. Il a suffi de copier "copier-coller" servilement le texte de l'Etat au travers de la constitution de la 5ème République française. D'un point de vue, les lois d'aujourd'hui sont celles que nous dicte le colonisateur, induisant une toute autre surveillance à ce beau concept.
Comme nous l'avons vu plus haut, la laïcité sera entendue et définie à travers trois principes linguistiques mais complémentaires :
- la liberté de conscience
- la liberté de culte
- la non-investiture
Partant, c'est la mesure de ces principes avec une réalité donnée, historique et politique qui nous édifiera sur leur portée véritable.
- D'abord la liberté de conscience (religieuse) :
Elle est garantie de manière objective. Pourtant dans les comportements équivoques de nombre de nos coreligionnaires, on note régression depuis peu. Il faut le reconnaître, on serait tenté de penser le contraire, tant il leur semble difficile d'avouer socialement l'acceptation, la manifestation de leur condition de musulmans, bourrés qu'ils sont de complexes de toutes natures. Et il n'y a pas pour être musulmans que ces attitudes sont risibles. Si la conscience, elle, dicte la vie quotidienne de l'individu, force reste qu'il induit la permanence en règle de conduite.
- La liberté de culte :
Celle-ci est corrélative à la première mais beaucoup plus. Il suffit de considérer la prolifération de lieux de culte, même par les plus insolites, appelés bien des fois sous le couvert de la religion, pour des desseins inavouables. Cette garantie de la liberté de culte et de la coexistence pacifique des différentes confessions, est due à la vision d'avenir du premier de Marahoué (Houphouët-Boigny), qu'il faut louer.
- La Non-investiture d'un culte donné :
Nous touchons là au cœur du problème qui, chacun le sent, est tabou. Il faut observer même courtoisement sous le rapport, de la vie de la nation, du retour nombreux de points d'achoppement avec cet article 2 (évoqué par ailleurs).
Cela est lié, naturellement, à l'histoire coloniale de la Côte d'Ivoire et à ses structures. Il y a un accord avec les pratiques habituelles, administratives, sociales, politiques et culturelles de notre pays (CI).
L'école confessionnelle catholique, subventionnée par l'Etat, est un exemple patent. Alors que l'école coranique est ignorée. Le déséquilibre est flagrant. L'Etat se dit laïc mais dans la pratique, il privilégie une religion au détriment des autres. C'est là que le bât blesse.
LE CARDINAL YAGO PARLANT AU NOM DES CATHOLIQUES DES MUSULMANS...
LA COUPE D'AFRIQUE DES NATIONS 92 A LA BASILIQUE DE YAMOUSSOUKRO
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CISSE KHALIL IBRAHIM.
Fondateur du LYCEE CONFESSIONNEL ISLAMIQUE CISSE KAMOUROU
1er établissement Secondaire musulman de Côte d'Ivoire.
Le Séminaire de l'Association des élèves et étudiants Musulmans de Côte d'Ivoire qui s'est tenu à Gagnoa a révélé à la communauté musulmane toute entière, une initiative heureuse et de grande importance : le 1er Lycée confessionnel Islamique.
Notre reporter qui se trouvait parmi les séminaristes nous a ramené une Interview du fondateur Monsieur CISSE KHALIL IBRAHIM.
ALIF : Présentez-nous votre établissement.
CISSE KHALIL IBRAHIM : Ce Lycée est la suite d'une école primaire de 9 classes qui a été construite depuis 1986. la première promotion de cette école qui va de la maternelle au CM2 a passé le CEPE cette année. Avec un effectif de 17 élèves, nous avons eu 10 admis. Le Lycée confessionnel Islamique CISSE KAMOUROU occupe une superficie de 6300 m2. Il fera au Total 46 classes avec 4 spécialisées en sciences naturelles et sciences physiques Cette année, c'est-à-dire, au 1er octobre 1993, nous n'ouvrirons que la 6e. Nous avons actuellement 5 classes banalisées qui sont prêtes et 2 salles de laboratoire Le projet prévoit aussi 15 logements pour les enseignants dont 3 seront livrés, inch'allah, à la rentrée et le reste SUIVRA AVEC LA SUITE DES TRAVAUX. Il est également prévu un terrain de sport et un foyer pour les élèves dont les parents ne sont pas à Gagnoa l'école a une mosquée de 220 m2 soit une capacité de 500 fidèles, et est dirigée par l'un de nos professeurs en la personne du frère YACOUBA DIARRASSOUBA.
ALIF : Pouvez-vous indiquer l'emplacement du Lycée à Gagnoa ?
C.K.I : L'établissement est situé au quartier DAR-ES-SALAM, un nouveau quartier pour l'extension de la ville. Il faut signaler que ce quartier n'est pas encore viabilisé : il n'ya ni adduction d'eau, ni électricité pour les habitants.
Voyez-vous, je n'aime pas parler chiffre concernant cet établissement.
ALIF : Pourquoi ?
C.K.I : Parce que j'ai foi en Dieu et tout est fait sur fonds propres. C'est pourquoi je n'aime pas parler chiffre. Pour le moment, nous avons l'eau avec nos fonds propres et il reste l'électricité dont la facture est très élevée. Je demande donc à tous de nous faire des bénédictions afin que cette lourde tâche soit allégée par la grâce d'Allah.
ALIF : Qui est CISSE KAMOUROU de qui l'établissement tient son nom ?
C.K.I : CISSE KAMOUROU, c'est notre père qui est le fondateur de l'établissement.
ALIF : Il se trouve ici à Gagnoa
C.K.I : paix à son âme. Il a rendu l'âme le 26 Septembre 1992, à une semaine des premières inscriptions de ce lycée. Voilà pourquoi nous avons ajourné l'ouverture l'année dernière et inch'Allah, nous commencerons au 1er Octobre de cette année.
ALIF : Est-ce que vous bénéficiez d'aides ou subventions d'ici ou d'ailleurs ?
C.K.I : Non... sur ce plan, que ce soit localement ou à l'extérieur, il n'ya eu aucun sous, aucune subvention. Cela est dû au fait que notre Pere, Paix à son âme, ne l'a pas voulu Lorsqu'il commençait les travaux, Oustaz Aboubacar FOFANA avait voulu demander de l'aide à l'étranger mais notre père n'a pas voulu Parce que, nous a-t-il dit, il avait fait une promesse à Dieu : s'il lui donnait les moyens, il ferait des oeuvres sociales telles que des mosquées et des écoles. Et que pour l'heure, il disposait d'un fond S'il ne l'utilisait pas mais demandait une aide quelconque, il craignait d'avoir des démêlés avec son créateur Allah Soubhana WATA ALLAH C'est pour cette raison qu'il a refusé les aides. Jusqu'à présent, nous aussi ses enfants, nous restons dans ce créneau Et nous prions Allah qu'Il nous donne la force de continuer dans ce sens-là.
Mais, s'il y a une aide à demander, ce sera, peut-être sur le plan personnel enseignant Parce que, déjà avec la petite école, le salaire des enseignants revient très très cher. C'est un poste budgétaire qui n'est pas facile à gérer : les 30 jours ne sont pas longs. Vraiment, si je pouvais avoir des enseignants, cela m'arrangerait qu'une aide financière.
ALIF : Avec ce caractère confessionnel Islamique, votre école prendra t-elle séparément les garçons et les filles ou sera-t-elle mixte ?
C.K.I : Pour le moment, avec l'école primaire, c'est une école mixte et je crois que c'est ce qui va continuer.
ALIF : Quel sera le programme d'enseignement ?
C.K.I : Puisque nous sommes dans un état laïque, nous tenons compte de tout le programme de l'Education nationale à quoi nous ajoutons l'Education religieuse islamique. Le gros problème que j'ai à ce niveau, c'est l'absence d'un programme pour l'enseignement confessionnel. Il n'en existe pas. Depuis 4 ans, je suis avec la L I P C I ( ligne Islamique des Présidents en Côte d'ivoire ) mais ... étant membre de la L I P C I je vous dis tout de suite que c'est une machine qui est très très lourde à notre niveau. Elle démarre difficilement. Alors j'ai eu de très grands problèmes pour avoir le programme. Mais, inch'Allah, avec les oustazs qui nous encadrent, je crois que cette année, ce programme sera surmonté eu égard aux moyens que oustaz Fofana et les membres de la L I P C.I comptent mettre à notre disposition à la rentrée prochaine. Il ya particulièrement un spécialiste qui travaille sur le programme en Mauritanie où je dois me rendre incessamment. Par ailleurs j'ai des contacts au Mali où j'ai été l'année dernière et au Sénégal avec notamment cheik TALL.
ALIF : Qu'en est -il des enfants qui ne sont pas musulmans ? Catholiques et protestants par exemple ?
C.K.I : Il n'ya pas de problème. Nous les acceptons. D'ailleurs, au niveau du primaire, nous avons déjà 4 enfants qui ne sont pas de la même confession que nous.
ALIF : L'Etat peut-il vous envoyer des élèves orientés ?
C.K.I : Oui bien sûr. Mais là encore j'ai un problème. C'est pourquoi cette année, je n'ai présenté mes enfants qu'en candidat libre au CEPE. En les presentant à l'entrée en 6e, on peut me les enlever et les envoyer dans n'importe quel autre établissement alors que j'ai déjà des structures d'accueil. Il y en a qui ont eu plus de 140 points au dernier examen du CEPE. Autant les garder pour les canaliser C'est une promotion que nous avons il ya 5 ans maintenant. Nous sommes parti ensemble depuis le CP1. C'est la même chose que nous voulons faire, au niveau du sécondaire. C'est pourquoi nous n'ouvrons que la 6e cette année pour pouvoir monter avec ces enfants jusqu'au BAC inch'Allah.
ALIF : Quelles dispositions avez pris pour informer l'ensemble du pays de l'existence de ce Lycée ?
C.K.I : l'année dernière, je n'ai pas pu le faire parce que bouleversé par le décès de mon père, j'avais arrêté la publicité. Inch'Allah, vous verrez que dans les prochains numéros de Plume libre, il y aura la publicité. Il y aura également un paquet sur les médias nationaux : journaux, télévision, Radio. je compte demander un budget spécial à la famille pour cela. Je prie Dieu qu'elle accepte.
ALIF : Vous avez dit que l'établissement sera mixte, les classes aussi ?
C.K.I : Vous m'envoyez sur un terrain que je ne maîtrise pas s'il ne tient qu'à moi, elles seront mixtes.
ALIF : Qui seront les enseignants ?
C.K.I : Il y aura les professeurs des Lycées et colèges. Il importe ici de mentionner le soutien des professeurs musulmans du lycée Moderne. Comme apport, ils n'ont promis donner les cours au tarif de 400 francs l'heure. Quand on sait que les heures normales sont payées à plus 2000 Francs, c'est un grand sacrifice de leur part. Ils ne demandent que le prix de leurs taxis aller et retour car l'école est éloignée et nécessite deux taxis pour y accéder.
ALIF : Et les enseignants réligieux ? Qui seront -ils ?
C.K.I : certainement les frères licenciés arrivé des pays arabes. Mais cette tâche est confiée à la L IP C I qui travaille là-dessus à Abidjan. Vous savez, moi j'ai une formation laïque ... je suis comptable de formation ... c'est donc la L.I.P.C.I qui s'en occupe.
Propos recueillis
par IDRISSA OUED.
OCTOBRE 1993
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REVENDICATION
Emission Dernière Heure ?
L Emission ALLAHOU AKBAR serait-elle devenue "l'EMISSION DERNIERE Heure?"
Comment comprendre qu'une émission qui est faite pour les téléspectateurs musulmans peut-elle commencer à 23 h 30'. Au nom de quoi la direction de la télévision depuis plus de 3 ans a un tel mépris à l'égard des musulmans ? Une télévision est faite pour satisfaire les téléspectateurs et l'on n'a pas le droit d'imposer un programme qui ne plaît pas. Les musulmans ont toujours souhaité la revue de leur programme religieux. Mais des arguments fallacieux tel que le programme est déjà confectionné ou c'est une émission de reflexion qui ne peut venir après un journal télévisé qui est aussi de réflexion. Ce n'est pas juste. Rendez aux musulmans leur émission à une heure d'écoute normale. Que ceux qui veulent suivent et que ceux qui ne veulent pas suivre arrêtent momentanément leur télévision. Ce n'est pas ce qu'on a jamais fait. Un programme est fait et modulé en fonction des besoins du moment ce n'est pas ce que la télévision n'a jamais fait. NOus avons en mémoire des changements de programme parce qu'il ya un match de coupe d'Europe ou parce qu'il ya une édition spéciale. Tous les téléspectateurs doivent être traités sur le même pied d'égalité. Il n'ya pas de raison qu'à chaque fois qu'il ya un changement ce soit l'émission ALLAHOU AKBAR qui en pâtit. Il faut aussi faire partager les désagréments aux autres.
Pourquoi nous ? Sommes-nous des sous-hommes ? Ou bien sommes-nous indésirables à la télévision ? Ou est - ce pour se donner bonne conscience que les responsables de la télévision passent quand même l'émission quelle que soit l'heure tardive ? Que les responsables de la télévision fassent un sondage pour savoir combien de musulmans suivent l'émission à ces heures tardives ? Ils comprendront qu'il est urgent qu'ils changent à l'égard de cette communauté paisible. Les émissions que l'on doit faire à des heures tardives ne le sont jamais. Bien au contraire elles sont bien positionnées pour permettre une plus grande dépravation des moeurs ( DONA BEIJA, SANTA BARBARA, GÉNÉRATION) Et demain l'on dira que notre société est pourrie qu'elle est immorale. Mais nous sommes responsables de cette situation. Nous donnons les armes de cette dépravation à nos enfants, à nos frères, à nos parents. Si l'on peut faire passer des émissions qui permettent une véritable éducation, une reconversion des moeurs. POurquoi ne pas le faire. Que craignent les responsables de la télévision ? Les émissions religieuses chrétiennens passent un jour de repos et à des heures raisonnables. POurquoi pas nous ?
YEO Maraouf
Que pensez - vous de l'heure de diffusion de l'émission ALLAHOU AKBAR ?
KARIM D. : << Nous comprenons difficilement la position des responsables de la télévision.
Pourquoi persistent-ils à vouloir faire passer l'émission ALLAHOU AKBAR à des heures tardives ?
Sommes - nous de ce pays ou d'un autre? Pourquoi cette discrimination. Il faut que le ministre de la communication intervienne pour mettre fin à notre cauchemar. >>
FATOU Sylla ( A.J.M.C.I. Yopougon)
<< Que veulent les gens de la télévision ? Pourquoi est-ce que ce sont toujours les «émissions religieuses ALLAHOU AKBAR que l'on met au second plan ? Nos frères chrétiens ne connaissent pas ce problème, pourquoi nous ? Il faut souhaiter qu'avec le nouveau programme de la télévision les musulmans seront pris en compte, car nous sommes fatigués de suivre les émissions ALLAHOU AKBAR ciné - nuit»
TOURE. B étudiant ( YOP CITY)
<< Je ne voudrais pas paraître extrémiste. Si les dirigeants de la télévision ne peuvent rien faire pour améliorer notre heure de passage, alors qu'ils aient le courage de la supprimer. Ce n'est pas normal qu'une émission qui passe une fois tous les quinze jours et pendant une heure soit sabotée par ceux-là mêmes qui sont sensées travailler pour les téléspectateurs. Si demain les musulmans réagissaient contre ce mépris, il se trouvera des gens malhonnêtes pour les traiter de tous les noms. Je dirai au Premier Ministre de faire en sorte que notre émission débute effectivement après le journal parlé et non après le théâtre chez nous ou autre chose>>.
KONE Abdoulaye enseignant à Abengourou
Je regrette sincèrement ce qui arrive à notre communauté au sujet de l'émission ALLAHOU AKBAR à la télévision.
Je ne comprends que les responsables de la télévision nous traitent avec tant de mépris J'espère qu'avec le nouveau programme, ils penseront à nous donner une meilleure heure d'écoute. Surtout qu'il est fastudueux de rester devant l'écran au - delà de 23 heures quand on sait que le lendemain on doit aller au travail.
ALHASSANE Koffi Yopôugon (nouveau converti)
J'ai un seul voeu à formuler.
Que les responsables de la télévision programme notre émission après le journal télévisé de 20 heures.
Cela ne sera que justice.
Propos recueillis par YEO Marouf.
ACTIVITÉS DU C.N.I
Installation de la coordination d'Adjamé
LE porte Parole des IMAMS
Messieurs les imams, chers frères, le Président du Conseil Islamique de Côte d'ivoire, chères Mamans, chers parents, chers frères et soeurs. Nous n'avons plus rien à ajouter à ce qui vient d'être dit, mais il est devenu désormais une tradition que les Imams à travers leur porte-parole, transmettent un message, ne serait - ce que quelques mots, c'est ce qui nous amène ici. Monsieur le député -Maire, nous sommes profondément heureux, ce matin d'être ici, dans ce lieu béni qui a vu naître le CNI. Notre président et notre jeune frère disponible vous ont souligné votre foi au CNI en vous rendant disponible et disposé à recevoir notre première assemblée constitutive en nous donnant tout ce dont nous avions besoin; et maintenant c'est grâce à votre aide et à votre soutien que notre assemblée a pu se tenir sans problème. Nous aurions dû commencer par Adjamé mais Dieu en a décidé autrement c'est là aussi la chance. Que Dieu vous recompense. Nous savons que votre disponibilité spontanée comporte aussi des sacrifices moraux lorsqu'on entend tout ce qui se dit autour de l'organisation des musulmans. Mais nous vous prions d'accepter tout cela et de continuer dans cette voie, nous remercions surtout notre père El HADJI Affou Sanogo, ce vieux digne et solide, digne dans ses propos et dans ses comportements. C'est grâce également à sa tenacité à sa vigilance et à sa foi en Dieu que nous voyons aujourd'hui cette assemblée se tenir pour la deuxième fois ici ; il a été l'objet de plusieurs tentations et de plusieurs tentatives de détournement et c'est tout le monde qui résiste à cela , mais grâce à sa foi à son caractère d'homme digne il a tenu promesse et il a tenu sa parole et nous a soutenu et il a soutenu l'Islam nous lui disons Merci.
Nous remercions notre jeune frère IDRISSA Koné. Nous remercions ALLAH qui nous a donné un homme comme lui car ce n'était pas facile ; depuis son élection jusqu'aujourd'hui tout le monde sait que nous avons eu un homme de BARAKA et un homme de bénédiction, toutes ces actions entreprises jusqu'à ce jour ont réussi, à commencer par l'organisation du pélérinage qui était le travail le plus sérieux. C'est la première fois que le drapeau de la Côte d'ivoire a été à la Mecque et dignement ; c'était la première fois qu'une personnalité Musulmane Ivoirienne prenait la parole devant une instance mondiale Islamique à la mecque. C'était la première fois qu'une délégation ivoirienne du pélérinage à la mecque était reçue et plusieurs fois, par les autorités saoudiennes.
Et, nous venons avec lui d'assister à la cérémonie d'ouverture de la grande mosquée de CASABLANCA, nous lui faisons confiance. C'est une chance pour les musulmans, je demande à tout un chacun de prier pour lui je m'adresse également au jeune frère Touré Abou qui a été présenté et nous le connaissons depuis longtemps et il a été l'un des meilleurs présidents de l'AEEMCI.
(suite page 12)
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ASSOCIATION
SEMINAIRE DE FORMATION DE L'AJMCI - YOPOUGON.
LUNDI 26 juillet 1993, le refectoire du lycée Professionnel de Yopougon transformé pour l'occasion en salle de conférence. Les occupants, venus de tout le pays et du Burkina Faso, coiffés de bonnets et de voiles indiquent que ce rendez-vous heureux est islamique.
En effet, il s'agit des cérémonies d'ouverture du 3è séminaire de formation islamique de l'AJMCI Yopougon. La table des officiels reflète le niveau de la manifestation. Et Hadj Seydou Touré du Conseil des Imams, Mrs. Doukouré Mustapha et Bedji Joseph respectivement Maire et Député de la commune ; El hadj Dembelé Lacina maire d'Adjamé, El Hadj Idriss Koné président du CNI, le Recteur du Centre BILAL, le représentant des Imams de Yopougon, Hassan Boza le président de l'JMCI Yopougon bien sûr et... Cheikh Amadou TALL. Cheikh TALL a donné une conférence sur le Coran.
Comme à son habitude, style, jeux de mots, vérités, démonstrations arithmologiques, humour, formules et secrets n'ont pas manqué. On apprendra entre autres que la récitation de : << Al hamdouillillah >> 1903 fois par jour augmente nos biens et que pour conserver un poste ou un titre honorifique, il faut réciter << Bismillahir ma cha Allah la qouwata illa billah >> 3 fois et ajouter une prière pour le prophète ; cela, à chaque fois qu'il entre dans son bureau.
C'est sur ces notes que rendez-vous sera pris pour le mercredi 28, avec Mme CISSE Maconi, animatrice d'une conférence sur le rôle de la femme dans l'Islam.
CHEIKH TALL lors du Séminaire
LE SAMEDI 31, UN FORUM SUR LA PRESSE ISLAMIQUE CO-ANIMÉE PAR LES frères Issouf Ouattara (Directeur de Publication d'ALIF), Soumahoro Arouna de ADHAN et Diallo de plume libre.
Des différentes contributions, il est ressorti qu'au niveau du travail se posaient des problèmes de moyens, de distribution et d'acheteurs, alors qu'au niveau de la collaboration, en tentant de montrer ses efforts personnels, chacun a regretté les attaques d'ouverture général. On a aussi regretté les attaques injustifiées et les calomnies faites à l'endroit d'ALIF et ADHAN. Cette campagne de diffamation entreprise par des frères musulmans a été préjudiciable à ADHAN qui est obligé d'observer un repos. ALIF pour le moment vit et vivra inch'Allah, avec l'aide de Dieu et les énormes sacrifices consentis par une poignée de personnes.
A la suite, ce sont les lecteurs qui ont pris la parole, pathétiquement, pour encourager et faire des suggestions aux animateurs.
Dernier bond, dimanche 1er Août ; cérémonies de clôture. Cette fois la dimension et le cadre ont changé. Ce sera devant le Centre BILAL, pour installer en même temps le président de la coordination CNI de Yopougon.
Le scénario est presque le même qu'à l'ouverture : les imams pour les bénédictions, les administratifs et les politiques pour leurs soutiens, les Amirs pour les salutations et satisfactions, l'assistance pour les « TAKBIR » et une conférence programmée pour deux heures ramassée en 15 mn par le frère Cissé Mamadou de Ouagolodougou sur l'éveil Islamique en Côte d'Ivoire.
L'installation du frère Youssouf Abdul Latif à la tête de la coordination nationale a été l'occasion pour le président national de regretter quelques incompréhensions entre son conseil et celui des Imams. Il a fustigé l'attitude de certains Imams sémeurs de discorde. Pour peu, ces cérémonies annexes auraient fait oublier que pendant une semaine, plus de 300 personnes venus de tout le pays, et Banfora au Burkina étaient en formation, qui au niveau I pour la théologie et l'arabe, qui au niveau II pour la gestion associative.
Signalons pour terminer qu'une journée de jumellage entre les associations de Banfora, Niangoloko, Ouangolodougou et Yopougon est prévue pour Avril 1994, inch' Allah.
IDRISSA.
ALIF.
MENSUEL
INDEPENDANT
D'INFORMATIONS
DÉPENDANT
DE DIEU SEUL
OCTOBRE 1993
Activités du C.N.I ( suite )
Lors de l'installation du Président de la coordination du CNI le Président National El Hadj KOné Koudouss a tenu un discours dont nous avons retenu les idées forces :
El Hadj Koudouss a redéfini la mission du CNI qui est la recherche de l'Unité entre tous les musulmans. Unité qui est indispensable au développement. Il faut l'unité car le prophète le recommande et Dieu l'exige dans le saint Coran : << Oui le bon Dieu, le Tout-Puissant nous demande d'être Unis. Ne vous discutez point car votre ardeur s'en ira à jamais. >>
<< Le bon Dieu nous demande de ne pas nous disputer pour des futilités. La communauté d'Adjamé était dispersée, aujourd'hui par la grâce de Dieu toutes les communautés Musulmanes et associations se retrouvent dans un comité de coordination >> devait-il poursuivre.
El Hadj Koudouss a rappelé que l'Islam a banni les frontières, les nationalités. Tous les musulmans sont frères sur cette terre de Dieu. L'Islam en Côte d'ivoire n'est pas pour les odiennekas, les Koyakas, les Sénoufos. Il est un comme Dieu est un.
La Cérémonie a pris fin avec l'élection du Docteur ABOU Touré à la présidence de la coordination du CNI d'Adjamé.
Puisse Dieu nous éclairer afin que nous réussissons tous nos responsabilités.
SOMMAIRE
P [...] 2
Courrier des lecteurs
P [...] 3
Editorial
P [...] 4
Le Sermon d'adieu
du Prophète
Muhammad (PSL)
P [...] 5
Biographie du XXème siècle
P [...] 6-7
Conférence sur le Soufisme
P [...] 8-9
La Laïcité : question
de Justice
P [...] 10
Un Lycée Islamique
à GAGNOA
P [...] 11
ALLAHOU AKBAR:
Emission- Dernière Heure ?
P [...] 12
Séminaire de formation
AJMCI - Yopougon
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