Issue
Plume Libre hors-série #2
- Title
- Plume Libre hors-série #2
- Type
- Périodique islamique
- Publisher
-
Plume Libre
- Date
- January 1993
- issue
- 2
- Abstract
- Mensuel islamique ivoirien d’informations générales
- number of pages
- 9
- Subject
- Congrès CNI (1993)
- Conseil National Islamique
- Idriss Koudouss Koné
- Intégrisme
- Fondamentalisme islamique
- Language
- Français
- Has Part
- Revue de presse : Frat-Mat se dévoile, la Voie se fourvoie
- Le Conseil National Islamique est né : musulmans, la Nation nous regarde !
- Contributor
-
Frédérick Madore
- Identifier
- iwac-issue-0001370
- content
-
PLUME libre
HORS SERIE
Janv. 1993
Prix : 125
N° 002
MENSUEL ISLAMIQUE IVOIRIEN D'INFORMATIONS GÉNÉRALES
"Celui qui complait à un dirigeant par ce qui déplait à Dieu est sorti de la religion de Dieu".
Parole du Prophète Mouhammad (Paix et Bénédictions de Dieu sur lui) !
GLOIRE À DIEU
Le
Conseil
National
Islamique
est là !
Appel aux musulmans
Tous unis au sein du CNI
La CONAIB
"SHOURA" ou
l'exemple Béninois
CONFERENCE NATIONALE DES ORGANISATIONS ET ASSOCIATIONS ISLAMIQUES DU BENIN
"Attachez vous tous fermement au pacte d'Allah, ne vous divisez pas..."
Le Coran : La famille d'Imran : 3 : 103
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LES DROITS EN ISLAM
Les droits en Islam sont enseignés avec les devoirs. Cette rubrique vous aidera à les connaître pour mieux les appliquer inch'Allah.
* Le bienfaiteur
Le droit de celui par qui Dieu t'a rendu heureux, c'est que si par son action il voulait ton bonheur, tu rendes louange à Dieu en premier, puis tu le remercies pour ce qu'il a fait de la façon qu'il mérite, que tu le récompenses et que tu sois prêt à lui rendre la pareille. Mais si par son action il ne voulait pas ton bonheur, son droit c'est que tu rendes louange à Dieu, que tu le remercies, que tu saches que cela vient de Dieu et que c'est par lui qu'il a été envoyé. Tu dois aimer cette personne car elle a été une cause parmi les causes des bienfaits de Dieu et tu dois lui souhaiter du bien car toutes les causes des bienfaits sont une bénédiction. Il n'y a de puissance qu'en Dieu.
* Le méchant
Le droit de celui par qui la destinée t'a rendu malheureux par une parole ou une action, c'est que s'il l'a fait volontairement, il est préférable que tu lui pardonnes car c'est une sujétion pour lui et cela fait partie des bonnes manières. Car Dieu a dit : "Quant à ceux qui après avoir subi un tort se font justice à eux-mêmes, voilà ceux contre lesquels aucun recours n'est possible. Le recours n'est possible que contre ceux qui sont injustes envers les hommes et qui, sans raison, se montrent violents sur la terre, voilà ceux qui subiront un châtiment douloureux. Mais celui qui est patient et qui pardonne fait montre des meilleures dispositions". (S. 42 — V. 21)
Et Il a dit (qu'Il soit exalté) : "Si vous châtiez, châtiez comme vous l'avez été, mais si vous êtes patient, c'est mieux pour ceux qui sont patient". (S. 16 — V. 21)
S'il ne l'a pas fait volontairement, ne te venge pas de lui injustement, tu lui répondrais ainsi volontairement par un mal pour une erreur. Agis avec lui avec douceur et amitié. Il n'y a de puissance qu'en Dieu.*
Imâm Ali ebn el Hossein Zayn-el-abidine
in "Epître sur Les Droits en Islam"
SOMMAIRE
EDITO-PLUME
Le plus dur commence [...] P. 2
PLUME DANS LE QUOTIDIEN
Musulmans, la nation nous regarde [...] P. 3
La parole aux musulmans [...] P. 4
Contre vents et marées [...] P. 4
Revue de presse [...] P. 6
Heureux le jour où il naquit [...] P. 6
Quelle leçon tirer des événements du 28 novembre ? [...] P. 6
PLUME RELIGIEUSE
Exclusif : le Koudouss à cœur ouvert [...] P. 7
PLUME EN LIBERTE
La CONAIB-SHOURA ou l'exemple Béninois [...] P. 8
Détente [...] P. 8
ADMINISTRATION
- Petite Mosquée de la Riviera
08 B.P 2462 Abidjan 08
Tél. : 43-47-58
DIRECTEUR DE PUBLICATION
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RÉDACTEUR EN CHEF
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Dembelé Fausséni
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Koné Seydou
Koné Zacharia
Sangaré Moussa
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Distribution
"Le Club des Amis de la Plume"
Responsable : Doumbia Ibrahim
PLUME LIBRE / HS N° 2 / P. 2
EDITO-PLUME
Le plus dur commence
La parenthèse des vautours et des bouffons close, tout ne fait que commencer pour les musulmans et en particulier pour les responsables du Conseil National Islamique. Vu l'enthousiasme et la ferveur qui ont accueilli l'avènement de cette association, on peut sans risque de se tromper, affirmer qu'une nouvelle page vient de s'ouvrir pour notre communauté, pleine d'espoir et d'espérance. Cependant, en même temps que l'euphorie collective traduit l'adhésion populaire à cette structure, elle laisse entrevoir les difficultés que le C.N.I aura à affronter. On sera très exigeant à son égard, on voudra tout de lui au même moment et tout de suite. Les besoins en effet sont multiples et variés : structures de formation (presque) inexistantes, condition de vie des dignitaires religieux frôlant l'indigence, absence totale de centres de santé, sans oublier les problèmes du pèlerinage qui d'ailleurs arrive à grands pas ! Bref, le nouvel "élu" Idriss Koné et son équipe ne chômeront pas. A cela, il faut ajouter l'humeur des forces centrifuges encore engluées dans une vision médiévale de l'histoire. Certes malge les gémissements et les vociférations des fantômes, les vivants continuent leur chemin, mais il faudra demeurer vigilants pour annuler les derniers soubresauts des forces agonisantes.
Par Dembélé Al séni.
On ne le dira jamais également assez, bien que apolitique et neutre, le C.N.I aura à faire face à la politique. En effet, avec plus de 50 % de la population, l'Islam intéresse les hommes politiques. Les promesses, les chantages et les menaces ne manqueront pas, 1995, c'est déjà aujourd'hui et les politiciens le savent.
C'est ici qu'il convient de rappeler qu'il est un impératif pour chaque musulman, quel que soit son rang social et son appartenance politique, de transformer l'adhésion effective actuelle en une participation active. Cette participation passe par le respect des directives des leaders que nous nous sommes donnés, par une réelle participation à la vie de la communauté et, dernière supplication, par le paiement de la zakat !. L'argent est le nerf de la guerre dit-on, il est aussi le soutien de la religion.
Si nous voulons maintenir le cap et voler vers de nouvelles victoires, ces quelques recommandations devront être des compagnons permanents pour chacun et pour tous. Pour sûr, le plus dur ne fait que commencer...
Ma-assalam. *
Bientôt dans nos colonnes
inch'Allah
Ces étrangers qui ont fait la Côte d'Ivoire
Un dossier explosif !
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
Le Conseil National Islamique est né. ***
Musulmans, la Nation nous regarde !
Par Koné Seydou
Les personnalités posent pour la postérité. De g. à dr. MM. Abou Doumbia, Sidia Touré, Idriss Koné, Léon Konan Koffi, Lansana Palenfo, Boikary Fofana et Lassina Dembélé.
La fédération tant attendue par les musulmans de Côte d'Ivoire a enfin vu le jour. En effet, après maintes échauffourées, les diverses associations et communautés musulmanes ont finalement pu se regrouper, avec même en prime la bénédiction des autorités politiques et administratives. Les statuts et règlement intérieur du Conseil National Islamique ont été portés à la connaissance de la oumma à la grande mosquée d'Adjamé. Les conditions ayant présidé au choix de son président (et qui constituent une curiosité pour les puristes en matière de démocratie) ont été largement expliquées elles aussi. Dans l'ensemble, ce fut une belle fête, un événement à la dimension de l'Islam : sublime. Notre compte-rendu.
SAMEDI 9 janvier 1993. Il est 8H en ce matin d'harmattan. Les abords de la grande mosquée d'Adjamé grouillent de monde. Un homme d'un certain âge crie aux musulmans qui pénètrent à la queu-leu-leu dans la cour de la mosquée : "Les menteurs là, on n'en veut pas! C'est les vrais musulmans qu'on veut". La police anti-émeutes (très) présente sur les lieux, mais cette fois-ci hors de l'enceinte, le repousse avec les autres badauds vers l'essencerie attenante. L'incident est clos. De toutes façons, des précautions supplémentaires ont même été prises car on remarque la présence de la Croix-Rouge et des scouts. Les sapeurs-pompiers militaires arrivent sur les lieux à 8H35. Deux portails ont été aménagés pour l'accueil des congressistes : l'une pour les imams et l'autre... pour les autres. En tout, ce sont des milliers de personnes qui s'engouffrent dans la cour de la mosquée.
8H 50 : Le Directeur de l'ENS, M. Touré Vacaba arrive sur les lieux en compagnie du Directeur-Général de la RTI, M. Ousmane Sy Savané. Tous deux sont vêtus de superbes boubous brodés.
8H 55 : Arrivée du ministre de la Sécurité Intérieure, le colonel Lansana Palenfo. Il a avec lui le député de Yopougon, M. Doukouré Moustapha.
9H 05 : Un concert de sirènes annonce l'arrivée du ministre de la Défense, M. Léon Konan Koffi, représentant le Chef de l'Etat. Il est accueilli par le porte-parole du Conseil Supérieur des Imams, Oustaz Boikary Fofana.
9H 10 : C'est au tour du député-maire de la commune d'Adjamé, M. Dembélé Lassina de faire son entrée.
La cour grouille de monde. On se met en rang pour accéder à l'intérieur de la mosquée. L'organisation est impeccable. M. Méité Mamadou, représentant des douanes nous confie ses impressions : "Nous sommes libérés et nous voulons le manifester. Nous avons trop fait mais on ne nous a jamais été considérés, vous comprenez ? On n'a pas besoin de politique. Ici, c'est la religion, c'est l'Islam, c'est Mouhammad (PSL)".
9H 12 : Les hauts-parleurs commencent à crépiter. Une voix souhaite la bienvenue à tous dans le style africain : "Si nous avons fait appel à vous ce matin, ce n'est pas pour quelque chose de grave, il s'agit de l'Islam..." Nous interpellons le Chef du Département Gestion-Clientèle à la CI-TELCOM, M. Bah Souleymane pour recueillir ses impressions. "Les raisons qui m'emmènent à prendre part à ce congrès, dit-il, sont éminemment importantes. J'ai toujours eu l'impression que la communauté musulmane était divisée, c'est pourquoi pour moi cette occasion est vraiment désignée pour asseoir son unité. Il faut qu'on scelle à jamais cette unité. La nation doit savoir plus que jamais que nous sommes une communauté importante et que, par conséquent, nous devons être associés à quelques degrés que ce soit à certaines prises de décisions."
A l'intérieur de la mosquée, les centaines d'imams qui ont fait le déplacement sont assis sur des nattes Ils ont à leur gauche les délégués, en face se trouvent les personnalités et tout autour d'eux les invités et les fidèles venus témoigner pour la postérité, et au dessus sur une estrade suspendue, les femmes (le Prophète ayant dit qu'elles représentent la moitié du ciel alors...). Au centre le comité d'organisation est installé autour d'une longue table. Les hauts-parleurs citent la provenance des imams : Anyama, Daoukro, Bondoukou, Korhogo, Divo, Marcory, Daloa, Bouaké Agboville, Saïoua, Abengourou...
Parmi les personnalités on remarque la présence de l'ambassadeur Abou Doumbia, des ambassadeurs d'Algérie et du Niger et de l'ancien ministre Oumar Diarra, représentant le président Konan Bédié. On nous signale également la présence de la communauté Libanaise représentée par le centre islamique arabo-africain de l'imam Jaafar Sayegh, et des égyptiens Cheikh Ibrahim Rezak et Cheikh Ismaïl représentant de Al Azhar en C.I.
9H 35 : Arrivée du ministre Balla Keïta au moment où on invite le président de séance Oustaze Diakité Ousmane d'Odienné à s'installer, il a pour assesseurs les Frères Traoré Mamadou d'Abobo-gare et Cissé AbdoulKarim de Yamoussoukro.
10H : Le ministre Bamba Vamoussa fait son entrée. Il est suivi par le représentant du Premier ministre, M. Sidia Touré. Le président de séance monte à la tribune pour souhaiter la bienvenue à tous. Son mot, tout comme tout ce qui sera dit jusqu'à la fin de la cérémonie est traduit en Dioula par le frère Diabaté Moussa. Après la lecture du Coran qui ouvre toute manifestation islamique, le Dr. Cissé présente le programme de la journée.
L'honneur revient ensuite au président du comité d'organisation, Oustaze Coulibaly Mamadou de prendre la parole. Il rappelle que l'idée de la mise sur pied d'une structure nationale de coordination des activités des associations islamiques est née à San Pédro en 1991 devant les agissements coupables de certains responsables. Il a fustigé le fait que toute tentative de rassemblement de notre communauté provoque immédiatement de la suspicion de la part de nos autorités qui voyaient partout la main de la Libye, de l'Iran... C'est pourquoi l'annulation de la réunion du 28 novembre dernier avait été ressentie comme une humiliation sentiment de frustration vite surmontée grâce à Allah (Exalté soit son nom).
A 10H 15, c'est le président de l'A.J.M.C.I., Oustaze Moustapha Soumahoro qui s'adresse à l'auditoire au nom de toutes les associations et communautés musulmanes du pays. Il regrette les mêmes injustices que son prédécesseur avant de souligner que toutes les associations qu'il représentait, à savoir l'AEEMCI, l'AJMCI, la LIPCI, le CERICI, l'AFMCI, etc. sont apolitiques et qu'il n'était pas question de la création éventuelle d'un parti islamique. Pour terminer, il crie "non" à la manipulation d'où qu'elle vienne.
10H 30 : M. Dembélé Lassina, député-maire de la commune d'Adjamé prend la parole pour manifester la joie de sa commune d'accueillir autant de personnalités, avant de présenter ses vœux de plein succès aux travaux.
A 10H 35, la table explique que c'est le représentant de Président de la République qui devait prendre la parole en dernière position, mais que, exceptionnellement, cet honneur reviendra au Conseil Supérieur des Imams en tant qu'il est le parrain des manifestations.
Le ministre Léon Konan Koffi prend donc la parole pour présenter les excuses de son collègue de l'Intérieur, M. Emile Constant Bombet, souffrant, puis il souligne avec force la nécessité de l'union de tous les fils de ce pays Le représentant du Chef de l'Etat a enfin insisté sur le fait que la Côte d'Ivoire est une république laïque et démocratique qui cultive l'égalité entre toutes les religions.
Suite Page 5
Parmi les personnalités on remarque la présence de leurs excellences les ambassadeurs d'Algérie et du Niger. A l'extr. dr., l'ancien ministre Oumar Diarra.
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
Le Conseil National Islamique est né *** le congrès vu par les participants
Propos recueillis par Ryabak Nagbe et DHL
Après avoir été annulée le 28 Novembre 1992, l'Assemblée Générale constitutive du Conseil National Islamique a enfin vu le jour le samedi 9 Janvier 1993 à la grande mosquée d'Adjamé. Au terme des travaux de ce forum islamique, nous avons recueilli pour vous les propos de quelques participants.
* Balla Keita (Ministre délégué) : D'abord en tant qu'élément ayant contribué au dénouement de la crise du 28 Novembre, ayant participé à la compréhension entre les autorités et la communauté musulmane, je suis heureux que le Conseil National Islamique ait vu le jour
Qui est le Koudouss et qui peut être Koudouss ?
L'IMAM Idriss Koné est né le 13 Mars 1948 à Korhogo. Celui que oustaze Fofana a présenté comme sérieux, travailleur et jouissant de la confiance de tous les imams est diplômé de la section Economique et Financière de l'Ecole Nationale d'Administration Publique (ENAP) du Maroc. Contrôleur budgétaire de son état, cet homme d'ouverture et de dialogue parle couramment le français et l'arabe, il est marié et père de quatre enfants. Il est à noter enfin que l'imam du Centre Islamique Bilal de Port-Bouet II (Yopougon) est le frère aîné du président du CERICI, oustaze Koné Ibrahim.
En ce qui concerne le choix du chef de la communauté, il faut savoir que le saint Prophète (Paix sur lui) demande de rejetter tout prétendant à ce poste : c'est la communauté qui doit désigner les candidats et non eux-mêmes. Ils doivent être proposés par leurs associations ou communautés, avoir une bonne moralité et une connaissance islamique suffisante, et également être capables de s'exprimer correctement en français et en arabe. Toute personne assumant des responsabilités politiques ne peut prétendre à un poste de responsabilités au sein du CNI, donc tout membre du Conseil qui accède à un poste politique doit rendre sa démission. Le mandat dure trois ans et le président ne peut briguer plus de deux mandats.
Toutes les candidatures sont soumises au Conseil Supérieur des Imams qui effectue son choix, lequel choix est ensuite soumis aux délégués pour être entériné ou... rejeté *
K.S
ce jour. Je suis d'autant plus heureux que cela montre que les musulmans de Côte d'Ivoire sont des citoyens sérieux qui demandent qu'on les respecte, qu'on cesse de les humilier, qui savent ce qu'ils veulent, qui croient en ce qu'ils font et disent ce qu'ils pensent. D'autre part, cela démontre qu'il y a une nouvelle race de "Dioula" qui est née, qui ne se laisse pas bafouer et qui est décidée à aller de l'avant en harmonie et en amitié avec les autres peuples de la Côte d'Ivoire, pour construire le pays dans la paix avec les autres religions. C'est également l'occasion pour la Côte d'Ivoire de découvrir que la trilogie Islam Dioula Etranger n'est plus de mise et que maintenant dans l'Islam il y a toutes les ethnies de Côte d'Ivoire dans une communauté de pensée pour la Côte d'Ivoire bénie, solidaire et fraternelle. (...) Je ne m'occupe pas des journaux à sensation. La communauté est venue me voir humiliée et dégradée alors que personne ne voulait les aider puisque les uns et les autres avaient peur des mensonges qu'on avait racontés au Chef de l'Etat et il leur était difficile d'aller les corriger. Et comme je pense qu'on peut utiliser sa position politique ou économique pour aider sa religion et non pas utiliser la religion pour faire de la politique, alors j'ai utilisé mes relations de Ministre Délégué à la Présidence de la République pour aider mes coreligionnaires.
* Colonel L. Palenfo (Ministre de la Sécurité Intérieure) : L'essentiel, le souhait que Allah éclaire et guide ceux qui ont été choisis, pour le bonheur et le développement de l'Islam. Je suis heureux que les cadres musulmans aient pris conscience qu'ils appartiennent à une religion et qu'ils doivent appliquer les devoirs et les obligations de cette religion tout en la soutenant.
* M. Dembele Lassina (Député Maire d'Adjamé) : J'ai été conforté de voir se tenir cette assemblée dans la paix et la sérénité. Cela montre la maturité des musulmans. C'est le lieu de leur adresser toutes nos félicitations et nos encouragements. Je voudrais également, en tant qu'administrateur de cette cité remercier le Chef de l'Etat pour s'être fait représenter à ces assises. Je remercie également les journalistes pour tout le travail fait à l'occasion de cette assemblée car de mémoire d'administrateur et de musulman, c'est la première fois qu'il y a une telle mobilisation de la presse pour une réunion islamique.
* M. Ballo Drissa (Fondateur d'écoles) : Je suis très heureux que ce conseil ait vu le jour. J'espère qu'il réussira à organiser la communauté musulmane afin que l'Islam ne soit plus vu comme une religion désorganisée. Je souhaite que tous les membres travaillent dans la concorde et la paix. Il est temps aussi que les cadres musulmans soient davantage associés aux activités islamiques.
* EL Hadj Ali (Imam à Yopougon) : Nous avons espoir que cette association aidera l'Islam à occuper la place qui lui revient, surtout que la direction a été confiée à quelqu'un qui s'y connait. Nous avons atteint un stade où notre communauté ne doit pas être dirigée par des analphabètes au risque de voir l'Islam régresser. C'est pourquoi nous avons choisi quelqu'un de bonne moralité, ayant eu l'instruction islamique et l'instruction occidentale. Cela a été un choix consensuel. Nous
CONTRE VENTS ET MARÉES
— Par Cauney Issah. —
Des doutes ont plané sur la tenue de l'assemblée générale constitutive du Conseil National Islamique. Certains ont parlé de piège tendu au musulmans, d'autres de boycott. Nonobstant toutes ces surenchères le Conseil National Islamique a vu le jour.
La date du Samedi 09 Janvier 1993 restera à jamais gravée dans la mémoire des musulmans de Côte d'Ivoire à juste titre. Ce jour a vu la naissance du Conseil National Islamique (CNI), une structure fédérative qui se veut la seule digne de représenter toutes les associations musulmanes et partant toute la communauté musulmane de Côte d'Ivoire. Il a à sa tête le frère Koné Idriss, imam de la mosquée Bilal de Port-Bouet II (Yopougon) un cadre supérieur des Finances.
Avec le CNI, les musulmans viennent aussi de faire mentir les mauvaises langues qui arguaient qu'ils étaient incapables de s'unir et de s'entendre. Quelle injure !
Il fallait répondre à cette provocation
LORSQUE le 28 Novembre 1992, on a empêché les musulmans de se réunir au sein de leur lieu de culte, à la grande mosquée d'Adjamé et ce, dans le but d'élire les responsables de leur choix, grande fut leur colère. Tous ont qualifié cet acte de provocation à laquelle il fallait répondre immédiatement. N'eussent été les appels au calme des Imams, peut-être que les Ivoiriens allaient voir pour la première fois des religieux marcher pour revendiquer leurs droits. Ceci aurait été d'autant plus surprenant, que ce serait les musulmans, ces gens pacifiques qui ont toujours œuvré pour la paix dans le pays. Heureusement donc que les Imams ont rappelé à l'ordre tout le monde en évoquant le fameux pacte que le Saint Prophète Mouhamad (PBDL) a dû signer avec les mécréants, le pacte de Odaybbiya (cf Plume Libre Hors série n° 001, Déc. 1992). Dans ce pacte le saint Prophète a accepté de faire de larges concessions aux mécréants sous l'œil de ses compagnons médusés. Ainsi, les musulmans se sont remis à Dieu (Exalté soit-Il) en entreprenant les démarches auprès des autorités compétentes. Là il faut rendre un hommage mérité au ministre Balla Kéita qui a été celui qui a permis aux responsables musulmans de rencontrer le Chef de l'Etat ; notre chef à tous jusqu'à preuve du contraire, pour lui expliquer le bien-fondé du CNI. Que n'avons-nous pas lu dans certains journaux de la place à ce propos ? Pour notre part nous laissons les auteurs de ces articles avec leur conscience. C'est ainsi que la date du 09 Janvier 1993 sera retenue pour l'Assemblée générale constitutive du CNI contre le gré de ceux qui se servent de l'Islam : les hypocrites. Ceux-là même qui avaient entrepris des campagnes de désinformation et d'intoxication auprès de certains Imams et musulmans.
Longue vie au CNI !
EN ce début d'année, nous ne pouvons que souhaiter bonne arrivée et longue vie au CNI qui se veut un mouvement mobilisateur des musulmans dignes de ce nom. Il est apolitique et comme le dit si bien oustaze Boikary Fofana : "Nous ne sommes ni à gauche, ni à droite, nous ne sommes que des serviteurs de Dieu". Bien entendu chaque musulman pouvant militer dans le parti de son choix, mais jamais un musulman ne s'appuiera sur le CNI à des fins politiques ou personnelles, inch'Allah.
Le CNI est né, il appartient aux musulmans de se reconnaître en lui et de respecter ses dirigeants, afin que la communauté musulmane, la Oumma soit forte et qu'elle pose des actes concrets allant dans le sens permettant aux musulmans en particulier et à tous les ivoiriens en général de vivre dans de meilleures conditions, dans la paix et la sérénité. Gloire à Allah, Seigneur des mondes *
Oustaze Cisse Djiguiba
Le CNI est l'affaire de tous ceux qui disent "La Illaha illa Allah"
PLUME LIBRE / HS N° 2 / P. 4
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
Le Koudouss Idriss Koné recevant la bénédiction des imams. La communauté musulmane de Côte d'Ivoire a désormais un porte-parole.
pensons que l'heure a sonné pour l'organisation saine du pèlerinage à la Mecque sous la houlette du C.N.I. Car cela se fera de façon désintéressée. C'est parce que certains individus n'étaient pas droits et sincères que nous avions des problèmes. Sinon comment comprendre que quelqu'un qui a dépensé près de 750.000 F CFA ait des problèmes ?
★ Cissé Djiguiba (membre du comité d'organisation) : Cela n'est que la concrétisation de nos espoirs avec la bénédiction de DIEU. Malgré les difficultés rencontrées dans l'organisation nous avons réussi à mobiliser toutes ces associations islamiques cela nous a démontré que les musulmans sont sérieux. Il a fallu la rationalité des persans, la spiritualité indo-pakistanaise et le réalisme des autres peuples, la foi de tous autour du Prophète Mouhammad (PBDL) pour donner à l'Islam une coloration capable de l'insérer et de lui donner une place dans toutes les sociétés(...) La communauté musulmane aujourd'hui a la foi mais la connaissance du Coran lui manque. Dieu merci, nous avons toutes les forces dans le C.N.I. Ce qui devra nous permettre d'organiser notre communauté dans la paix car l'Islam c'est Dar Es Salam, la demeure de la paix. Ce que nous cherchons tous. Les cadres musulmans sont organisés dans toutes le villes, dans tous les quartiers. Cela est l'aboutissement normal des activités menées par l'AEEMCI depuis une vingtaine d'années. Ce sont les transfuges de cette association, devenus des responsables à tous les niveaux dans la société ivoirienne, qui mobilisent leurs frères, leurs amis, les collègues. L'incident du 28 novembre a davantage mobilisé certains autres. Ils n'hésitent plus à faire savoir qu'ils sont musulmans tant en public qu'en privé. Le fait que cela vienne de personnes de moins de 50 ans pour la plupart est aussi un gage d'espoir.
★ Sidiki Dembele (imam CMA II) : Cette manifestation a vraiment réussi. Ça a été sans faute, tout s'est déroulé dans la paix et la transparence. Rien à reprocher.
★ El Hadj Toure Sidiki : Selon nous tout s'est bien passé. Un proverbe Dioula dit que si les bagages ne se renversent pas, on ne saura pas comment les ranger. Ce n'est pas la première fois qu'on s'organise : On a commencé à Abobo en 1988, mais c'est Boikary Fofana qui a donné le coup de pouce nécessaire. Il est allé vers les vieux pour les aider. Balla Kéita a servi d'intermédiaire entre nous le président pour dénouer la crise. Aujourd'hui, l'assemblée a été une réussite grâce à Allah et à nos dirigeants.
★ Touré Yacouba (Professeur à l'ARSTM) : Nous avons gagné la première bataille : le droit de nous associer comme nous l'entendons. Le plus difficile c'est de définir des objectifs clairs et de les atteindre. Il faut être vigilants pour qu'il n'y ait pas d'exploitation politicienne de cette affaire. Je connais assez bien le président, c'est un homme désintéressé qui travaille beaucoup et qui a du caractère. Mais ce n'est pas suffisant, il faut qu'il ait le concours de nous tous. Comme il l'a dit lui-même, il faut que nous soyons vigilants. Au moindre signe de faiblesse, qu'on le corrige.
★ Abou Doumbia (Ambassadeur) : Vous n'avez pas été tendres avec moi (Rires) Je vous taquinais tout simplement... Je crois que c'était une incompréhension (Cf P.L. HS N°1, NDLR). Ce matin, j'ai vécu un moment exaltant, très émouvant : c'était un moment fort de la vie de l'Islam en Côte d'Ivoire. Je crois que l'avenir de l'Islam est vraiment prometteur, et qu'il pourra s'organiser et faire des choses formidables notamment sur le plan social, ce qui nous fait défaut jusqu'à présent.
★ Léon Konan Koffi (Ministre de la Défense) : C'est un sentiment de satisfaction et de réconfort qui m'anime de voir les musulmans parvenir aujourd'hui à un rassemblement, à la constitution d'une fédération. Je crois que l'assemblée ici est assez représentative pour qu'on n'ait pas à douter de quoi que se soit. Nous sommes une république laïque, nous respectons toutes les croyances et partant, nous respectons le choix des musulmans. Bien sûr, l'Etat Ivoirien ne peut pas ne pas assurer la sécurité de bon déroulement et le fonctionnement mais l'organisation en elle-même doit être le fait des musulmans. Nous avons connu hier en tant que ministre de l'Intérieur la participation de façon désordonnée de certains individus qui voulaient à côté du comité que nous avions constitué organiser leur pèlerinage. C'était toujours l'échec. Désormais, nous pensons qu'il va y avoir une organisation beaucoup plus rationnelle.
CALENDRIER DE POCHE
1413 - 1414
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Prochainement inch'Allah
le compte-rendu du passage du célèbre prédicateur malien
Cherif Ousmane Madani Haidara
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10H 45. L'imam Boikary Fofana monte à la tribune pour livrer le message du Conseil Supérieur des Imams. Il souligne que c'est la première fois que des imams venant des quatre coins du pays se réunissent ainsi, et justifie la nécessaire union de tous les musulmans de ce pays par l'image négative qu'ils ont souvent donnée d'eux-mêmes par la faute de certains membres du Conseil Supérieur Islamique. Il ajoute que lorsque au plus fort des troubles qui ont secoué notre pays, l'on s'interrogeait sur le silence des musulmans, les imams priaient pour la paix, l'entente et la tolérance. Ainsi a-t-il dit, "lorsqu'un non-musulman parle de politique, on dit qu'il est démocrate; mais quand il s'agit d'un musulman, il est taxé d'intégriste". "Si être intègre dans la gestion des biens publics et dans la pratique de sa foi signifie qu'on est intégriste, a-t-il dit, alors tous bons musulmans sont intégristes. Nous pensons qu'il faut éviter d'importer chez nous des positions et des conflits dans lesquels nous ne nous reconnaissons pas. Nous ne sommes ni à droite, ni à gauche. Nous ne sommes pas manipulables et ne sommes à la solde de personne, ni de l'intérieur, ni de l'extérieur". Une pause avait été prévue pour le retrait des officiels, mais personne n'ayant manifesté le désir de s'en aller, les travaux reprennent après qu'on ait porté à l'attention de la Oumma la volonté du Président de la République de voir le Conseil National Islamique et le Conseil Supérieur des Imams représenter désormais les musulmans lors de la présentation des vœux au Palais Présidentiel.
En donnant lecture des dispositions de politique générale, le Dr. Cissé du cercle islamique de Yamoussoukro a mis l'accent sur le fait que le CNI initiera entre autre: "une méthode d'organisation et de gestion des mosquées, ce qui facilitera la prise en charge des imams". Le Conseil devra également insister sur l'importance de la Zakat, créer des commissions permanentes pour l'organisation du pèlerinage à la Mecque et préparer de concert avec le conseil des imams les grands événements religieux. Il devra se prononcer sur tous les problèmes touchant aux intérêts des musulmans, observer la plus stricte neutralité vis-à-vis des partis politiques et s'ouvrir à toute forme de coopération avec les organisations islamiques de l'extérieur. Enfin, le CNI respectera les intérêts de la république tant que les fondements de l'Islam ne seront pas menacés.
A 11H 30 : Oustaze Camara Siaka donne lecture des grandes ligne des Statuts et du Règlement intérieur. On retiendra que le CNI est une organisation nationale de coordination et de coopération à caractère fédératif placée sous l'autorité du Conseil Supérieur des Imams et qu'il a pour moyens d'action l'organisation de séminaires, de conférences de journées de réflexion, de chantiers etc.
11H 45 : On informe l'assistance qu'à l'invitation des imams, les délégués se sont réunis la veille jusque tard dans la nuit à la petite mosquée de la Riviera pour étudier et adopter toutes les dispositions régissant le Conseil, et que le président qu'ils avaient choisi sera présenté à la communauté comme les formalités d'usage l'ont été. Des "Takbir" d'approbation fusent de partout. L'impatience se lit sur tous les visages.
11H 48 : Oustaze Boikary Fofana reprend la parole pour dire que le choix des imams s'est porté sur un homme intègre, un pieux musulman, contrôleur budgétaire de son état, appelé ... Idriss Koné. L'explosion de joie qui accueille cette nouvelle est indescriptible. Des applaudissements à peine étouffés aux "takbir : Allahou Akbar !", la mosquée vibre, le comité d'organisation commence à avoir de sérieux problèmes avec tous ceux qui veulent embrasser le premier Raïs du pays ou tout simplement lui soulever la main.
A 12H, c'est l'intronisation sur fond de chants religieux. On entoure la tête du Raïs d'un tissu immaculé symbolisant la pureté et on lui remet son bâton de berger semblable à ceux des prophètes. Oustaze Fofana présente les Commissaires aux Comptes Fama Touré et Famakan Koné. Alors que la mosquée continue de vibrer sous les "takbir" et les invocations coraniques, on livre le curriculum vitae du koudouss avant d'inviter les imams à venir le bénir. C'est ainsi que les imams de Samatiguila, de Bondoukou, de Treichville et de Mankono se succèdent pour réciter sur lui des versets, des doua's et pour terminer, la fatiha. Le public est en transe.
12H 40 : Le président Koné prend la parole pour adresser à la nation son premier message. L'assistance écoute religieusement et reprend ses "takbir" quand à la fin, il se dirige vers les membres du gouvernement pour les saluer.
À 13H 05 : on lit la motion spéciale adressée au Président de la République comme la coutume l'exige.
13H 07 : Oustaze Binaté Ibrahim, Président de la LIPCI clos la manifestation en lançant un appel aux musulmans. Il demande la tolérance entre les musulmans et envers les non-musulmans afin, de maintenir dans le pays un climat de paix. Oustaze Binaté termine en exhortant toutes les forces vives de la communauté à se mobiliser au sein du Conseil National Islamique. La cérémonie se termine pratiquement dans le brouhaha : les gens ne tiennent plus en place, on s'embrasse ici, on se congratule là, on évoque les meilleurs moments de la cérémonie là-bas. Le comité d'organisation remercie tout le monde les officiels se retirent et la mosquée se vide ... pour refaire le plein quelques minutes plus tard car il est l'heure du Zohr. Allahou Akbar - Allahou Akbar - Allahou Akbar ★
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
Revue de Presse
Frat-Mat se dévoile, la Voie se fourvoie
— Par D.H.L —
Face à ce qu'il convient d'appeler aujourd'hui les événements du 28 Novembre, la presse nationale a réagi. Les réactions vont de la ferme condamnation à un appel à l'apaisement en passant par la complaisance et la banalisation. Jetons un coup d'œil sur ce qui a été écrit.
Dans sa livraison du 16 Décembre 1992 l'hebdomadaire Notre Temps titre : "La colère des musulmans". Après avoir relaté les faits un accent particulier est mis sur l'état de la communauté musulmane dont les traits caractéristiques sont à peu près ceci après 30 ans manipulations, brimades, humiliations, frustrations etc. Notre confrère évoque en outre l'ingérence notoire des pouvoirs publics dans les "affaires musulmanes" et surtout sa partialité entre les diverses communautés religieuses du pays, une partialité qui peut être source de conflit.
Cela a suscité le droit de réponse du cardinal Yago (Notre Temps du 23 Décembre 1992) qui a vigoureusement protesté "contre les allégations mal fondées" (sic !). Parlant par exemple du financement de la cathédrale d'Abidjan, le cardinal a soutenu que les musulmans ont moins cotisé parce qu'à l'époque il y avait très peu de cadres parmi eux. La rédaction de Notre Temps l'a pour sa part, prié de s'adresser à ceux dont elle s'est fait l'écho. Raisonnement politicien ou objectivité professionnelle ? La réaction la plus positivement surprenante est celle du Patriote d'habitude très complaisant avec le pouvoir mais dont le n°79 n'a pas pris de gants pour charger le ministre de l'Intérieur "Affaire des Musulmans, Bombet doit démissionner" lit on à la Une. Plus virulent que tous les journaux de l'opposition il a signalé le risque d'embrasement politique et social que pouvait entraîner la maladresse de Bombet et de conclure par la responsabilité collective du gouvernement P.D.C.I.
Quant au Démocrate il a soufflé du chaud et du froid à la suite de ses événements. L'Hebdomadaire du P.D.C.I. il s'en prend aux manipulateurs surtout aux journaux de l'opposition accusés de profiter de la situation et également aux orthodoxes et aux dogmatiques qui "jettent de l'huile sur le feu" (sic !). Il fait également mention d'une "querelle de leadership" au sein de la communauté. Quant à la responsabilité du ministre Bombet, elle se situerait seulement au niveau de l'incompréhension. Heureusement qu'il a essayé de se racheter (Le Démocrate n° 81) en saluant la naissance du C.N.I et en dénonçant les atermoiements de l'administration. Mieux encore le langage y est plus atténué à l'égard des "intégristes", des fondamentalistes et des orthodoxes.
Du Messager de la Semaine (n° 006) on retiendra que l'Islam est la seule religion victime de l'injustice politico-administrative. Seulement voilà notre confrère pense que cette situation est imputable aux musulmans eux-mêmes surtout aux Imams qui acceptent de "vendre les bénédictions aux plus offrants" (sic !), enlevant ainsi à la religion toute crédibilité.
L'hebdomadaire Téré Express n° 20 du 22 Décembre s'adonne à une double condamnation. Condamnation du ministre Bombet et du P.D.C.I qui ne respectent ni Dieu, ni le diable, mais condamnation aussi du mensuel Plume Libre qui par excès de colère s'en prend invariablement à tous, catholiques et animistes en particulier qui pourtant sont les soutiens potentiels des musulmans en cas de confrontation avec le pouvoir. Entre autre notre confrère évoque l'irruption des forces de l'ordre à la cathédrale en 1990 et les sévices subies par le prêtre qui s'y trouvait. Ce qui nous gêne, c'est que ce journal a attendu un mois après les événements pour entrer dans la danse, lui qui d'habitude est si prompt à réagir aux maladresses du P.D.C.I.
La dernière surprise, désagréable celle-là est venue de la Voie. En effet après avoir objectivement présenté la genèse des événements en situant les responsabilités (la Voie n° 363), elle a fini par devenir, dans sa livraison du vendredi 8 Janvier, la complice de M. Moustapha Diaby. En effet, (sous le charme du CFA ?) la Voie annonce que des Imams (et non des moindres) disaient ne pas être au courant de l'A.G. constitutive du 9 Janvier. Après que le CNI ait reçu la bénédiction de toute la communauté musulmane et des autorités politiques au plus haut niveau représentées par le ministre de la Défense, elle continuera sa campagne d'intoxication en se basant sur des communiqués émanant de sources obscures pour annoncer la présence du Conseil des Imams à une réunion dirigée par Diaby Moustapha.
Frat/Mat qui avait observé un mutisme quasi total sur cette affaire est revenu à de meilleurs sentiments en faisant le compte-rendu de la manifestation du 9 Janvier. Comme quoi Frat/Mat se dévoile au moment où la Voie se fourvoie. Nous ne pouvons que prier pour que Dieu leur donne à tous la foi. Il n'y a pas que M. Diaby qui en manque ***
Ma-assalam
Heureux le jour où il naquit !
Nom : Conseil
Prenom : National
Nationalité : Islamique
C.N.I pour les intimes ! C'est à dire "or" ou de l'or, non en tant que matière mais en tant que valeur précieuse. Il est aujourd'hui là, tout beau, tout resplendissant. Cette naissance n'est pas seulement la naissance d'un conseil mais la renaissance de toute la communauté musulmane de ce pays. Consciente de l'importance de l'acte historique qui se posait, toutes les forces vives musulmanes ont tenu à être représentées. Et les fidèles sont arrivés des quartiers les plus en vue de notre capitale, comme des hameaux les plus reculés du pays profond. Ils étaient venus relever le défi qui leur collait sur la peau depuis longtemps et qui avait atteint son paroxysme le 28 Novembre dernier.
En effet la communauté musulmane avait été déclarée stérile. Et depuis des décennies, on essayait de lui enseigner que cette stérilité lui était congénitale, donc qu'elle était condamnée à rester dans les griffes de l'inorganisation et cela au plaisir de ceux qui pensent pouvoir régler la dose d'oxygène allouée à chacun. Ces derniers, pour subtilement de pitié pour elle, avaient jugé bon de passer par la science politicienne pour lui attribuer un bébé éprouvette. Naturellement cela n'a pu faire la satisfaction de la communauté de Mouhammad qui a horreur des greffes de mauvais goût. Et dans ce labyrinthe ténébreux de la douleur et des frustrations, il circulait dans chacun des cœurs sincères un souffle d'espoir, une calme confiance qu'un jour la communauté musulmane prendra son destin en main. Et elle écrira son histoire qui sera une histoire de justice et de réhabilitation.
La gésine fut bien sûr longue et dure mais aujourd'hui l'enfant est là, plein de santé. Il a besoin du soin et de l'affection de chacun des musulmans croyants du globe. Comme première bénédiction, nous disons tout simplement : heureux le jour où il naquit, heureux le jour où il atteindra son plein épanouissement *
Koné Zakaria abd' Allah
Quelles leçons tirer des événements du 28 Novembre
"A QUELQUE chose malheur est bon" dit-on. En effet l'annulation de la réunion du 28 novembre 1992 a eu des répercussions plus que positives. Cet événement a permis effectivement à notre communauté de s'unir comme un seul homme et de préparer avec beaucoup plus de force et d'enthousiasme l'avènement du conseil. Devant ces faits deux leçons essentielles sont à tirer.
La première se situe surtout au niveau de l'importance des mass-médias. Suite aux frasques du ministre Bombet, Plume Libre entreprend de le dénoncer. Les articles de ce numéro spécial sont aussitôt repris en échos par plusieurs journaux de la place tels que Notre Temps, Téré, Le Démocrate, Le Patriote. Des interventions de nos responsables islamiques sont reprises dans les organes de presse officiels tels que la télévision, le journal et Frat-Mat, répercutant ainsi un problème qui jusqu'ici était ignoré par la plus grande partie de la population et permettant à celle-ci de savoir la vérité. Il ressort de tout ce qui précède que la presse est un élément stratégique d'une importance capitale. A cet effet ne dit-on pas que "qui détient l'information détient le pouvoir ?
C'est l'Occident qui détient les organes d'information les plus puissants.
LA vérité que nous connaissons est celle que la presse nous fait admettre. Et puisque c'est l'Occident qui détient les organes d'informations les plus puissants alors...
L'information aujourd'hui est vue avec des lunettes occidentales comme nous l'avons déjà signalé. On sait que l'information n'est jamais gratuite, elle constitue un support fondamental pour l'idéologie, car les structures qui sont impliquées dans ce problème servent d'abord et avant tout à propager et à reproduire les systèmes de valeurs, les modes de comportement et de consommation de ceux qui s'en servent, et c'est de cette arme terrible que se sont servis les marxistes pour leurrer leurs peuples avec un système qui les a asservi pendant plus d'un demi-siècle et qui a fini par échouer lamentablement.
Insolite ! Le ministre de la défense se déchaussant sous l'œil vigilant du chef du protocole de la mairie d'Adjamé.
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PLUME RELIGIEUSE
EXCLUSIF
le Koudouss à cœur ouvert
Interview réalisée par Touré Aliou
Nous avons rencontré le tout nouveau Président du C.N.I à son domicile. Il nous livre ses premières impressions.
★ Plume Libre : Est-ce que vous pouvez vous présenter à nos lecteurs ?
★ Koné Idriss : Je suis né le 13 Mars 1948 à Korhogo, marié et père de quatre enfants (une fille et trois garçons). Je suis issu d'une famille très grande, celle des Koné, nous sommes parmi les fondateurs de la ville de Korhogo et nous avons un lien avec la famille Coulibaly. Mon père fut le premier Imam de notre mosquée, la deuxième de Korhogo construite par le vieux Gon.
★ P.L.: On dit que vous êtes le frère de Gaoussou Koné, celui qui a fait les beaux jours de l'athlétisme en Côte d'Ivoire.
★ K.I: Effectivement, je suis son petit-frère, mais, on me dit que je suis plus âgé.
★ P.L.: Quel est votre cursus scolaire ?
★ K.I: Mes études ont été essentiellement coraniques jusqu'en 1962. J'étais d'abord à Korhogo, puis en 1956 après son pèlerinage, mon père m'a envoyé à Bouaké ceci jusqu'en 1962, date à laquelle j'ai intégré l'école Médersa. J'y suis resté jusqu'en 1968. Ensuite je suis allé à Ségou (Mali). J'ai obtenu mon Certificat d'Etudes Primaire en 1970 en langue Arabe puis en 1971 j'ai fait la 6e avant de prendre le chemin de la Libye. J'ai obtenu le Bac à l'Université de Benghazi. Ensuite je suis allé à Rabbat, au Maroc. Vers fin 1976, j'ai obtenu une bourse qui m'a permis de m'inscrire à l'Université Mohamed V en faculté de Droit et de Sciences Economiques et à l'ENAP de Rabbat. Finalement j'ai obtenu l'équivalent de la maîtrise en Juin 1980.
★ P.L.: Vous êtes aussi Imam. Quelle est votre formation religieuse?
★ K.I: Jusqu'au Bac, je n'ai fait que de la formation théologique. C'est après le Bac que j'ai fais des études classiques.
★ P.L.: Comment avez-vous fait pour arriver au poste que vous occupez actuellement?
★ K.I: Quand je suis arrivé ici en Juillet 1980, j'ai introduit une demande au ministère des Affaires Etrangères pour aller travailler dans un pays Arabe. Mais j'ai pensé à ma mère qui est vieille et j'ai préféré rester au pays. Donc je me suis adressé au ministère de l'Economie et des Finances et par la grâce de Dieu, j'ai été accepté et j'ai commencé à travailler le 10 Janvier 1981 à la DAAF. En Mai 1982, un arrêté a été signé pour nommer des fonctionnaires dans le poste des contrôleurs budgétaires et j'étais parmi. J'ai la responsabilité de confectionner des budgets à la Direction des Budgets et Comptes de Budgets et du secteur para-public.
★ P.L: Qu'est-ce que la foi vous a apporté dans le travail ?
★ K.I: La foi m'a apporté beaucoup dans mon métier, surtout l'honnêteté dans mon travail. Je ne sais pas ce qu'on appelle "tricherie". Ce que je peux, je le fais avec conscience. Ce que je ne peux pas, je ne le fais pas.
★ P.L.: Vous êtes membre de plusieurs organisations Islamiques. Que recherchez-vous ?
★ K.I: Le développement de l'Islam dans mon pays. La vie pour moi se résume à l'adoration de Dieu. Il nous dit : "Je ne vous ai créé que pour m'adorer". Plus on se rapproche de Dieu, plus on a la baraka.
★ P.L: Votre récent voyage était à Jérusalem pour visiter la mosquée Al Aqsa. Que vous apportent ces voyages ?
★ K.I: Ces voyages renouvellent ma foi. Les dix derniers jours du Ramadan, je les passe entre la Mecque et Médine. Depuis 1989, je fais le petit pèlerinage pendant le Ramadan.
★ P.L.: Vous êtes le 1er président du CNI. Quelles sont vos priorités ?
★ K.I: La première priorité est le culte. Cela passe par la prise en compte des imams qui ne sont pas rémunérés. Ensuite, le pèlerinage. La troisième priorité c'est l'éducation. Vous savez qu'il y a une convention entre les écoles islamiques et le gouvernement. Nous allons construire des établissements confessionnels islamiques.
★ P.L.: Comment comptez-vous gérer les associations islamiques ?
★ K.I: Nous allons mettre un chef à la tête de chaque commune et un chef à la tête de chacune des dix régions du pays. Ces derniers seront en contacte avec le Bureau Exécutif.
★ P.L: Et les musulmans ?
★ K.I: Nous allons organiser des séances de formation dans toutes les mosquées pour les enfants et les adultes.
★ P.L: ... Et avec les autorités ?
★ K.I: Ce seront des rapports purement administratifs. Nous sommes sous la tutelle du ministre de l'Intérieur.
★ P.L: Comment comptez-vous vous occuper des musulmans à l'intérieur ?
★ K.I : D'abord nous allons ramener les associations non membres dans le CNI. Quant à l'extérieur, nous entreprendrons des contacts surtout avec l'Arabie Saoudite qui abrite les lieux saints. Nous avons des rapports avec les Etats-Unis, le Canada et la France. Nous allons profiter de leur expérience.
★ P.L: Quelle place reservez-vous à Plume Libre dans votre lutte ?
★ K.I: Plume Libre a toujours été l'arme de combat des musulmans. Lors de la dernière crise, ce journal a joué un grand rôle. Avant cela, il a publié les résolutions du séminaire de San-Pedro et l'organigramme proposé. Ce qui a amené les gens à adhérer au programme du CNI. Le CNI va travailler en étroit rapport avec Plume Libre. Nous allons nous exprimer à travers cet organe, faire des publications sur les programmes d'action du CNI etc★★★
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Depuis un certain temps des réflexions sont menées sur l'importance de l'information. L'AEEMCI en a fait son thème central au séminaire de Divo.
Il en a été de même pour le CERICI lors de son dernier séminaire qui s'est tenu à Gagnoa.
Cependant les réflexions à elles seules ne suffisent pas. Il faut agir. Le monde de l'audiovisuel avait été ouvert à la concurrence.
Selon les informations, l'une de ces chaînes de radios privées était d'obédience musulmane, mais elle n'a pas été retenue. A qui la faute ? Aux musulmans bien sûr ! Si tous les musulmans avaient présenté un projet solide soutenu par une masse financière importante, peut être que les choses se seraient passées autrement.
Aujourd'hui, le seul organe de presse représentant valablement les musulmans est Plume Libre. Mais à quel sort est-il voué? Loin de vouloir nous installer dans une auto-satisfaction béate, Plume Libre n'est pas une feuille de choux. Toutes les critiques de la place reconnaissent en ce journal la justesse et le sérieux de ses analyses de même que la compétence de ses journalistes. Mais que se passe-t-il ? Les musulmans n'achètent pas leur journal.
Les musulmans sont sortis de leur léthargie.
Les secondes leçons à tirer de cette journée du 28 novembre 1992, c'est que rien ne s'obtient sans lutte. Les musulmans jusque là étaient restés passifs. La situation créée par le ministre de l'Intérieur leur a permis de sortir de leur léthargie et d'obtenir la création du Conseil National Islamique. Que retenir de cela ? Ce qu'on peut retenir, c'est que seule la lutte paie.
Les musulmans ne devront plus abandonner la lutte pour leurs droits, ils sont ivoiriens au même titre que les autres enfants de ce pays. Par conséquent, ils bénéficient des mêmes droits et des mêmes devoirs. De surcroît la Côte d'Ivoire est un pays laïque ce qui signifie liberté de religion. Les embûches ne devraient plus nous arrêter. L'exemple du Prophète Mouhammad (PBDL) doit nous inspirer. Que n'a t-il pas enduré comme souffrance et comme adversité ? De l'ensemble de ses opposants Qouraïchites à la communauté juive de Médine en passant par Abou Lahab le maudit et sa femme. Que les musulmans comprennent que ce qui se passe en Iran, en Algérie, en Afghanistan donne une peur bleue à tous les pouvoirs, par conséquent il n'est du souhait d'aucun d'entre eux de voir les musulmans s'organiser.
Tout le monde, mais les musulmans en particulier, sortirait perdant d'un conflit religieux. Les musulmans sont en effet nombreux dans le commerce, le transport, et l'agriculture. Mais tout de même qu'on arrête de nous taxer de fauteurs de troubles. Nous ne faisons qu'exprimer une série de faits que nous estimons nécessaires à relever ★
Kèmè Brahma
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
La CONAIB-SHOURA ou l'exemple Béninois
Par Koné Seydou
Le Dr. Yacouba Fassassi a été choisi pour présider aux destinées de la puissante fédération islamique du Bénin.
LES 21 et 22 Novembre derniers, les assises du congrès constitutif de la Conférence Nationale des Associations Islamiques du Bénin se sont tenues à Cotonou. Ce sont au total 26 associations qui se donnaient ainsi la main pour relever le défi du développement.
Financièrement autonome, la CONAIB - CHOURA se veut indépendante de toute formation politique et de toute confrérie islamique. Son siège est fixé à Porto-Novo. Selon son coordinateur pour la Côte d'Ivoire, M. Badarou Souley Mouftaou * (citant l'article 4 alinéa 5 des statuts), cette fédération a entre autres pour ambition de "promouvoir l'Islam dans toute sa dimension en organisant des conférences - débats, colloques, séminaires etc, en vue d'une meilleure connaissance de l'Islam et de la mystique Islamique notamment du Soufisme".
C'est le Samedi 21 Novembre à 10h que les manifestations ont débuté au Stade de l'Amitié devant un parterre de personnalités. Ensuite, de 11h jusqu'à après 20 h les travaux en commission se sont déroulés entrecoupés de pauses-café et de séances de prières collectives. Le lendemain dès 8h 30, ils reprenaient de plus belle pour prendre fin à 11h 35 avec les élections. Le choix de la oumma Béninoise s'est alors porté sur le Dr Yacouba Fassassi, président du Groupe Africain pour le Renouveau Islamique (AGIR), pour présider aux destinées de la fédération pendant les trois premières années de son existence.
La cérémonie de clôture débuta aux environs de 17h par la présentation du Bureau Exécutif National dont le 1er vice-président est El Hadj Adam Draman et le second, El Hadj Alidou Yaya (ci-devant président de l'Organisation pour la Culture Islamique du Bénin-OCIB). Le président Fassassi a alors prononcé son premier discours officiel, puis la foule s'est dispersée à 19h dans la liesse, satisfaite d'avoir réussi à poser un aussi important acte de foi. Notons que plusieurs associations de femmes existent au Bénin dont l'APB de El Hadja Mouinathou Ebdel Salam et "Ilè Labo" (La dernière demeure). Notons enfin que la CONAIB-SHOURA a adopté un programme triennal d'action aux niveaux social, économique, spirituel et de la formation *
(*) M Badarou, Service Administration Commerciale, Direction commerciale (AIR AFRIQUE.) Tél : 20-33-64
DETENTE
Jeux Proposés Par Koné Seydou
L'AUTEUR
Testez vos connaissances. Voici une liste de citations et la liste de leurs auteurs. Etablissez la correspondance et vérifiez vos réponses. Amusez-vous bien.
* Citations
1- Quiconque Me cherche, Me trouvera
Quiconque Me trouve, Me connaîtra
Quiconque Me connaît, M'aimera
Quiconque M'aime, aura un grand Amour pour Moi
Quiconque a un grand Amour pour Moi, Je l'aimerai
Quiconque J'aime, Je le tuerai et
Quiconque Je tue, Je paierai pour son sang
Je suis Moi-même le prix pour son sang
2- Et ne dis jamais à propos d'une chose : "Oui, je vais faire cela demain."
3- Sois modeste dans ta démarche, et baisse ta voix : oui, la plus détestée des voix, c'est bien la voix des ânes !
4- Obliger un méchant, c'est ensemencer la mer.
5- Les méchants croient vous faire beaucoup de bien en ne vous faisant pas de mal.
6- Il est bon d'apprendre à être sage à l'école de la douleur.
7- Tout est bruit pour qui a peur.
8- Si l'on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce en serait la salle d'attente.
9- N'écoutant que son courage, qui ne lui disait rien, il se garda d'intervenir.
10- Même si vous êtes une minorité d'un seul homme, la vérité est la vérité.
11- Mieux vaut un plat de légumes là où il y a de l'amour qu'un bœuf gras assaisonné de haine.
12- L'expérience est une lanterne qu'on porte dans le dos. Elle n'éclaire que la route déjà parcourue. Devant demeure l'obscurité.
13- Le courage n'est souvent qu'une vue peu nette du danger.
14- «J'achèterai tout» a dit l'or ; «Je prendrai tout», a dit l'épée.
15- Les hommes, n'ayant su guérir la mort, la misère et l'ignorance, se sont avisés, pour se rendre heureux, de n'y point penser.
16- L'ambition, c'est la richesse des pauvres.
17- Ceux qui sont en bas sont maintenus en bas, pour que restent en haut ceux qui y sont déjà.
18- Il n'est point nécessaire d'espérer pour entreprendre, ou de réussir pour persévérer.
* Auteurs
a) Coran-b) Eschyle-c) Sophocle-d) Hadith -e) Gandhi-f) Théognis
g)JulesRenard-h) Esope-i) Bible,le livre des proverbes)j) Pascal
k) Confucius-l) Guillaume le Taciturne-m) Marcel Pagnol-n) A. Pouchkine
o) Proverbe chinois-p) Bertolt Brecht
CASSES-TETES
Voici quelques tests psychologiques*.
Vous êtes un surdoué, ce sont les autres qui refusent de le reconnaître. Prouvez-le. (A tout hasard, nous avons prévu les réponses au cas où ils ne vous croiraient pas).
*Extraits de "Etes-vous surdoué?" de James Fixx, collection Marabout.
1. Un escargot est au fond d'un puits de 30 mètres de profondeur. Il peut remonter 3 mètres par jour mais redescend 2 mètres la nuit. Combien de temps lui faudra-t-il pour remonter à la surface?
2. Gbané est dans sa chambre, dans le noir, et il cherche à tâtons une paire de chaussettes dans un tiroir. Celui-ci contient une dizaine de chaussettes éparses, et de deux couleurs différentes. Quel est le nombre minimum de chaussettes qu'il doit retirer pour être sûr d'en avoir une paire de même couleur ?
3. Chaque jour Mme Diakité va chercher son mari à la gare et le reconduit chez eux (pour être sûre de ne pas avoir de co-épouse). Un jour, alors qu'il était arrivé une heure plus tôt à la gare, il part à pied à la rencontre de sa femme. Il la croise en chemin, et fait ainsi le reste du parcours en taxi. S'il avait attendu à la gare, elle serait venue le chercher exactement à l'heure. En fait, M. Diakité est arrivé vingt minutes plus tôt chez lui. Combien de temps a-t-il marché à pied?
SOLUTION
3- 50 minutes.
2- Trois
1- 28 jours. Le vingt-huitième jour, l'escargot atteint le bord du puits et bien sûr, ne revient pas en arrière ce jour-là.
* Casses-têtes *
13-p ; 14-n (L'Or et l'Epée) ; 15-j ; 16-m ; 17-o ; 18-l.
6-b (Les Euménides) ; 7-c ; 8-g ; 9-g ; 10-e ; 11-i ; 12-k.
1-d ; 2-a (S.18-V. 23) ; 3-a (S. 31-V. 19) ; 4-f ; 5-h (Le Loup et le Héron, fables) ;
* L'auteur *
PLUME LIBRE
La qualité au service de l'information
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Les Editions PLUME LIBRE
08 BP 2462 Abidjan 08
Tel : 43-47-58
PLUME libre
SONDAGE
I- GENERALITES
a) Lisez-vous les journaux ?
o régulièrement
o occasionnellement
o pas du tout
b) Quel (s) type (s) de journaux lisez-vous ?
o politique
o religieux
o autre (à préciser)
c) Connaissez-vous le journal "Plume-Libre" ?
o oui
o non
d) Pour-vous ce journal concerne-t-il
o uniquement les musulmans
o tout le monde
e) Vous sentez-vous concerné par ce journal ?
o Oui
o Non
f) Comment trouvez-vous le contenu ?
o trop politique
o trop religieux
o general
g) Quelle (s) rubrique (s) préférez-vous ?
h) Donnez en les raisons :
II- PRESENTATION DU JOURNAL
a) Comment trouvez-vous le format actuel du journal ?
o trop grand
o trop petit
o normal
b) Comment jugez-vous le nombre de pages ?
o acceptable
o insuffisant
o trop élevé
c) Comment trouvez-vous la qualité du papier ?
o luxueuse
o mauvaise
o convenable
d) Que pensez-vous de la couleur du journal ?
2) Plume-Libre est mensuel
Préfériez-vous?
o un quotidien
o un hebdomadaire
o un bimensuel
o autre (à préciser)
III- ABONNEMENT
a) Etes vous abonné ?
o oui
o non
b) Si oui, recevez vous régulièrement votre journal ?
o oui
o non
c) Si non comment vous-le procurez vous ?
o achat
o emprunt
d) Où achetez-vous le Journal ?
o kiosque
o mosquée
o à domicile
e) Pensez-vous que le prix actuel (200 F CFA) est
o trop élevé
o acceptable
o trop bas
f) Seriez-vous prêt à l'acheter à un autre prix ?
o oui (lequel ?)
o non
g) Avez-vous des reproches particuliers à faire au journal ? Si oui lesquels ?
h) Avez vous des propositions à faire ?
IV IDENTIFICATION
Nom (facultatif) :
Prénoms (facultatif) :
Profession :
Age :
Seriez-vous à apporter une aide matérielle et/ou financière à "Plume-Libre" ? :