Issue
Plume Libre hors-série #1
- Title
- Plume Libre hors-série #1
- Type
- Périodique islamique
- Publisher
-
Plume Libre
- Date
- December 1992
- issue
- 1
- Abstract
- Mensuel islamique ivoirien d’informations générales
- number of pages
- 8
- Subject
- Congrès CNI (1993)
- Conseil National Islamique
- Émile Constant Bombet
- Moustapha Diaby
- Intégrisme
- Language
- Français
- Has Part
-
Cheb Khaled : un Algérien cuit à la sauce occidentale
-
Fête de l'Indépendance : 32 ans de suspicion ... illégitime
- Contributor
-
Frédérick Madore
- Identifier
- iwac-issue-0001369
- content
-
P. 457
PLUME libre HORS SERIE
Déc. 1992
Prix : 125
N° 001
MENSUEL ISLAMIQUE IVOIRIEN D'INFORMATIONS GÉNÉRALES
"Le combat le plus aimé de Dieu est la parole juste prononcée devant un gouvernement injuste".
Parole du Prophète Mouhammad (Paix et bénédictions de Dieu sur lui)
Sacrilège !
En envoyant la police à la mosquée
Bombet déclare la guerre aux musulmans !
Mais le Conseil National Islamique verra le jour inch'Allah !
Musique
Cheb Khaled : Le type d'Algérien dont les européens rafolent !
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LES DROITS EN ISLAM
Les droits en Islam sont enseignés avec les devoirs. Cette rubrique vous aidera à les connaître pour mieux les appliquer inch'Allah.
★ Le chef
Le droit de ton gouverneur, c'est que tu saches que tu es pour lui un examen, et qu'il est embarrassé par le pouvoir que Dieu lui a donné sur toi, que tu le conseilles avec dévouement et que tu ne lui cherches pas querelle car il a pouvoir sur toi, et ainsi tu serais la cause de ta perte et de la sienne. Sois humble et bon avec lui pour qu'il soit content de toi, tant que cela ne met pas en danger ta religion, et demande pour cela l'aide de Dieu. Ne sois ni en lutte ni hostile contre lui car si tu fais cela, tu te fais du mal à toi-même en lui faisant du mal, tu t'exposes à son mal et à ta perte et tu mérites d'être reconnu comme son aide et son associé dans le mal qui t'est arrivé.
★ Les subordonnés
Le droit de tes sujets, c'est que tu saches que tu les a pris sous ta protection du fait de ta plus grande force sur eux : c'est leur faiblesse et leur condition inférieure qui les a entraînés sous ta protection. Donc, celui que la faiblesse et la bassesse ont rendu à ta merci, et placé sous ta protection et sur qui tes ordres sont influents à tel point qu'il n'a ni grandeur, ni de force contre toi, et qui n'a rien pour se défendre contre toi en dehors de Dieu, il est préférable que tu agisses envers lui avec bonté, modestie et douceur. Si tu savais combien Dieu t'a accordé de faveur par cet honneur et ce pouvoir qui t'a rendu fort ! Tu n'as pas mieux à faire que de remercier Dieu, et celui qui remercie Dieu, Dieu lui accorde plus de bienfaits.
Il n'y a de puissance qu'en Dieu ★
Imam Ali ibn al Hossein Zain al Abedine
in "Epître sur les droits en Islam"
EDITO-PLUME
Faut-il en rire
MUSULMANS de Côte d'Ivoire, nous voici pris dans un tourbillon. Nous y avons été entraînés de force et cela provoque un état de forte fièvre, une fébrilité intense. Et comme toute émotion, elle doit en principe s'extérioriser soit en rires soit en pleurs.
Rire ! Mais comment pourrait-on en rire ? Nous étions allés de bonne foi à la cour du Roi, le seul qui Existe et le seul qui justifie notre existence : Allah. (Exalté soit-Il). Mais les mécréants effrayés par l'ampleur du mouvement ont transformé cette noble cour en une zone militaire interdite aux civils. Le goût amer d'une telle surprise ne pouvait pas nous faire rire. Alors, peut-être devrions-nous pleurer ?
Oui, pleurer ! répondrait l'esprit simple. Mais à quoi cela nous servirait-il ? Le jour et la nuit arrêteraient-ils de se poursuivre ? Et les oiseaux nocturnes mettraient-ils fin à leurs entreprises ténébreuses ? Non, certainement pas.
Ni rire, ni pleurnicherie donc. Mais de l'action. De l'action à l'image de celles menées par le Prophète et ses nobles compagnons. La première condition est de se mettre debout et de se maintenir dans cette position, la conscience en alerte maximale pour ne pas que des manipulateurs détruisent une partie de la Côte d'Ivoire en notre nom ou avec nos mains. Ensuite il faut réveiller la foi, la détermination et la patience qui caractérisent notre communauté. Dans la foulée, nous enseignerons à ceux qui pensent pouvoir disposer de la conscience du peuple que nous sommes d'abord et avant tout musulmans. C'est cela notre première nationalité. Le reste vient après.
Alors musulmans de Côte d'Ivoire, notre responsabilité est engagée et Dieu nous regarde. Nous savons dans quel sens agir, alors réagissons ★
Koné Zakaria. abd'Allah
SOMMAIRE
EDITO-PLUME
Faut-il en rire ?................................................................................................................P. 2
PLUME RELIGIEUSE
Le sermon de l'imam ........................................................................................................P. 3
PLUME DANS LE QUOTIDIEN
La goutte d'eau qui reclame ... la Jihad ...........................................................................P. 4
Trop, c'est trop ! ...............................................................................................................P. 4
Lettre ouverte à mon père ................................................................................................P. 5
Le 28 novembre, un 18 février manqué ...........................................................................P. 6
Que fait-on des libertés collectives ...................................................................................P. 6
PLUME DU SPORT & DE LA DETENTE
Cheb Khaled : Un Algérien cuit à la sauce occidentale ....................................................P. 7
Issa Ben Mariam : A la recherche d'un producteur ..........................................................P. 7
PLUME EN LIBERTE
Indépendance : 32 ans de suspicion... illégitime ..............................................................P. 8
Bientôt dans nos colonnes
inch'Allah
Ces étrangers qui
ont fait la Côte
d'Ivoire
Un dossier explosif !
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de la Plume"
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Ibrahim
Les musulmans ont
leur tribune : c'est
PLUME LIBRE
PLUME LIBRE / HS N° 1 / P. 2
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PLUME RELIGIEUSE
Le sermon de l'imam
Sékou Sylla
Vendredi 4 décembre 1992, petite mosquée de la Riviéra II est 13 h. Succédant à deux frères de l'AEEMCI qui ont entretenu l'assistance pendant une heure d'horloge, l'imam Sékou Sylla fait son entrée dans la mosquée pour le sermon qui précède la prière commune du Zouhr. Après avoir salué la foule des fidèles qui ont fait le déplacement il monte sur les marches du mih'rab et s'adresse à eux. (Pour simplifier ce sermon que nous avons transcris, nous avons directement traduit les invocations et autres citations du Saint Coran qu'il a faite en arabe. NDLR)
Je demande la protection de Dieu contre Satan le lapidé, au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux (bénédictions). Chers fidèles, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur vous. (Les fidèles répondent en chœur : "Que la paix soit sur toi, ainsi que la bénédiction divine"). Que Dieu accepte nos prières, que Dieu nous guide sur le droit chemin, fasse Dieu que nous trouvions solution à nos différents problèmes.
La semaine dernière, chers frères et chères sœurs, nous étions toujours sur la vie du Dernier des Messagers, celui-là même qui a clos la prophétie, et que Dieu appelle dans le Saint Coran "Le Sceau des prophètes", c'est-à-dire Mouhammad, paix et bénédictions de Dieu sur lui. Et nous avons dit que lorsqu'il est arrivé à Médine, il a posé un acte historique à savoir la fraternisation entre les mecquois et les médinois et nous avons parlé de batailles où certains ont accepté de mourir pour les autres, ce que Dieu a rappelé dans le Coran en disant qu'"ils préfèrent le bonheur des autres même si c'est à leur propre détriment".
C'est ainsi que le Prophète, paix et bénédictions de Dieu sur lui, va commencer à installer l'Islam réellement, et l'Islam va prendre sa vraie dimension à partir de l'étape de Médine. En effet, en plus de la prière, l'Islam deviendra désormais le jeûne du ramadan, la zakat et le pèlerinage. Mais à Médine, le Prophète va être inquiété à plusieurs reprises par les provocations des mécréants et c'est ainsi qu'il aura à livrer cette fameuse bataille où les musulmans au nombre de trois cents vont mettre en déroute une armée trois fois supérieure. Là donc beaucoup de mécréants vont trouver la mort.
L'année suivante, les mécréants chercheront à se venger et cela va entraîner la bataille de Oh'od. Le Prophète, paix et bénédictions de Dieu sur lui, donnera les instructions et aura le dessus lors de cette bataille mais ceux de ses hommes qui étaient chargés de surveiller les musulmans vont abandonner leurs positions, ce qui va renverser la situation et semer la déroute dans les rangs de musulmans. Ce sera une expérience dure car les compagnons n'ont pas suivi les prescriptions du Prophète, paix et bénédictions de Dieu sur lui, mais ils en tireront beaucoup de leçons.
Une autre bataille fut celle des tranchées. Là encore, par la grâce de Dieu, les musulmans en sortiront vainqueurs sans même fournir d'effort.
"Vous avez dans le Messager de Dieu un exemple à suivre".
En l'an 6 de l'hégire, le Prophète, paix et bénédictions de Dieu sur lui, décide d'aller accomplir la 'Omra à la Mecque avec ses compagnons, c'est-à-dire le Petit Pèlerinage. C'est ainsi que accompagné d'au moins mille sept cent croyants, le Prophète, paix et bénédictions de Dieu sur lui, va partir de Médine en direction de la Mecque, en tenue de pèlerin. Les bêtes qui devaient être immolées là-bas avaient également été choisies. Quand les mécréants apprirent la nouvelle, ils s'apprêtèrent à recevoir le Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui, pensant qu'il venait les attaquer. Ils se sont alors mobilisés pour affronter le Prophète, lequel, ayant été informé, changera de route afin de ne pas les rencontrer. Ainsi, lui et tous ceux qui le suivaient purent-ils arriver dans la banlieue de la Mecque, dans une zone appelée Odaybiyya où le Prophète fera le point sur les intentions des mecquois. Il enverra un émissaire leur dire qu'il ne vient pas leur livrer bataille mais plutôt pour accomplir la 'Omra. Les mécréants resteront sur leur position, ce qui obligera le Prophète à signer un pacte, pacte qui est toujours d'actualité car Dieu dit dans le Coran "Vous avez dans le Messager de Dieu un exemple à suivre". Et c'est cet exemple qui doit nous inspirer dans notre conduite de chaque jour afin que nous puissions porter toujours plus haut le drapeau de l'Islam, et que Dieu nous aide dans ce sens.
(L'imam marque une pause pour se recueillir avant de continuer.)
Louange à Dieu, Seigneur des mondes. (Invocations). Chers frères, chères sœurs, le traité de Odaybiyya est d'actualité. En effet, le Prophète va envoyer Ousmane pour confirmer aux mecquois qu'ils vient seulement accomplir le pèlerinage car imaginez-vous le Prophète et ses compagnons avaient été presque chassés de la Mecque, sa ville natale, là où se trouve la Kaaba vers laquelle prient les musulmans. Alors quelle joie pour les musulmans d'apprendre que le Prophète vient faire la 'Omra !
C'est ainsi qu'il était arrivé avec un grand nombre de fidèle. Mais pour en revenir aux négociations qu'il avait engagées avec les mécréants, non seulement ceux-ci campaient sur leurs positions mais en plus des rumeurs lui parvinrent selon lesquelles, Ousmane avait été assassiné. Là le Prophète fit prêter serment par ses hommes de se battre si cela s'avérait exact. Heureusement ce n'était que de fausses rumeurs et Ousmane était bel et bien vivant. Les mécréants envoyèrent Chouaib pour signer le pacte avec le Prophète, Paix et bénédiction de Dieu sur lui. Le Prophète fit venir Ali, l'un des rares compagnons qui savaient écrire et lui dit : "Ecris ! Au nom de Dieu, Clément et Miséricordieux". "Non !, s'oppose Chouaib, écris "au nom de Dieu seulement". Car lui avait plusieurs dieux. Le Prophète acquiesça avant de poursuivre "Ce pacte qui va être conclu entre Mouhammad, Messager de Dieu..." Nouveau refus de Chouaib : "Si tu étais Messager de Dieu, je ne serais pas là pour de faire la guerre, efface donc ce mot". Le Prophète là encore demanda à Ali de s'exécuter. Ensuite les mécréants exigèrent que les musulmans s'en retournent ce jour là sans avoir accompli leur pèlerinage. Le Prophète dit encore "nous acceptons". Les mécréants exigèrent qu'aucun mecquois ne quitte la Mecque pour aller à Médine, en demandant au Prophète de décourager tous ceux qui seraient tentés de le faire, le contraire pouvant se faire normalement. Nouvelle approbation du Prophète. Et ainsi de suite, à tel point que les croyants contenaient de moins en moins leur colère. Ils croyaient tellement que le Prophète s'était affaibli que Omar lui demanda : "Ne sommes nous pas sur la vérité, ô Prophète de Dieu ?" Le Prophète lui répondit : "Certes oui, nous sommes sur la vérité".
La stratégie utilisée par le Prophète doit nous inspirer
Ici souvenons-nous de ce passage du Coran qui dit du Prophète qu'il ne fait rien de lui-même et que tout ce qu'il fait est de la part de Dieu. Cette apparente soumission du Prophète qui semblait humiliante était en fait une stratégie car le Prophète avait rêvé la veille qu'il entrait pacifiquement à la Mecque et qu'il prenait la ville. Et ce n'est qu'après qu'il se rendra compte que ce n'était pas dans ce voyage mais que cela se passera deux ans plus tard. Le pacte stipulait encore qu'aucune des deux parties ne devrait aider l'autre au cas où un troisième partie l'attaquait. Le Prophète accepta là aussi car il y avait des poches des résistances juives dans les environs de Médine et en signant, cela lui permettait de les éliminer. Chers frères, chères sœurs, nous nous arrêterons sur l'histoire de ce traité pour faire le parallèle avec l'actualité brûlante, c'est-à-dire ce qui s'est passé la semaine dernière. La communauté musulmane avait décidé de se doter d'un organe représentatif et avait lancé les invitations à tous les imams et à tous les fidèles de ce pays. Tous ont répondu effectivement à l'appel Samedi matin pour poser cet acte historique. Mais la veille nous avions été joints par téléphone par Emile Bombet à 16 H, il nous a alors demandé de surseoir à cette réunion. Donc vendredi à 16 H, ce coup de fil tombe alors que nos invités sont déjà sur la route...
Chers frères, chères sœurs, imaginez l'embarras dans lequel les organisateurs se sont retrouvés plongés ce jour-là. La difficulté pour faire comprendre aux uns et aux autres pourquoi il fallait obtempérer nous avait placé dans la même situation que celle qu'a vécu le Prophète à Odaybiyya où il fallut accepter cette apparente humiliation pour sauver la communauté musulmane. Car ce qu'il faut dire c'est que dans nos propres rangs, certains soi-disants musulmans mais qui sont en fait des hypocrites avaient écrit la veille pour dire qu'ils étaient prêts à perturber cette réunion parce que l'association qui devait être mise sur pied ne faisait pas leur affaire. Et nous avons dit ici la semaine dernière qu'il y a des énergumènes qui s'évertuent à s'ériger en président des musulmans de ce pays pour des objectifs matériels et surtout à cause du pèlerinage. (et c'est là où le problème se pose. Pour certains, le pèlerinage est un gagne-pain or pour nous c'est un pilier. La communauté qui connaîtra des problèmes qui se posent aujourd'hui doit-elle laisser l'organisation du pèlerinage entre leurs mains, ce qui nous ferait connaître d'autres pèlerinage ratés comme celui de l'année dernière ? Que Dieu nous en garde. Et chers frères, chères sœurs, jusqu'à l'heure où je vous parle, nous n'avons pas eu d'explication sur ce "report" que nous concevons comme une provocation. Car Dieu seul sait ce qui se serait passé ce samedi si nous avions voulu tenir cette réunion coûte que coûte car nous avons été chassés de la mosquée par les CRS... ! Pour la première fois dans un lieu de culte, on envoie la police pour chasser des croyants. Qu'est-ce que la communauté musulmane a commis comme désordre dans ce pays jusqu'à ce jour ?
Que Dieu se charge de ces mécréants.
Après 32 ans d'indépendance, peut-on accuser la communauté musulmane de vouloir semer le trouble dans ce pays ? Nous posons la question à M. Bombet, afin qu'il nous éclaire sur les noms de ceux qui tirent les ficelles dans cette affaire. Car il faut le dire, certains, de par leur force politique veulent utiliser la communauté musulmane pour atteindre leurs objectifs. Nous disons à ceux-là que si les hommes ne règlent pas ce problème, Dieu le règlera, et c'est ce qui est important. Et c'est pourquoi chers fidèles, en votre nom à tous nous demandons à Dieu de se changer de tous ceux qui ont été impliqués directement ou indirectement à cet acte de sabotage, car tous les imams de ce pays dont certains n'avaient pas revu Abidjan depuis une quarantaine d'années étaient là. Qu'Il se charge de tous ces hypocrites ! Et c'est pourquoi nous faisons la fatiha encore une fois pour que Dieu se charge de tous ceux qui ont été à la base de cela : (Toute l'assistance récite en chœur). "Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux ! Louange à Dieu, Seigneur des mondes ! Le Clément, le Miséricordieux ! Maître du jour de la Rétribution ! C'est toi que nous adorons, et c'est à Toi que nous implorons secours ! Guide-nous le chemin droit ! Le chemin de ceux que Tu as comblés de bienfaits ! Non pas celui de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés. Ainsi soit-il"
Suite en Page 4 ->
COMMUNIQUÉ
Du 28 au 31 Décembre
inch'Allah
7ème CONGRES ORDINAIRE DE L'AEEMCI
Thème : Une AEEMCI plus dynamique au service d'une jeunesse musulmane plus forte
Quatre commissions de travail seront formées :
- Statut et Règlement Intérieur
- Politique Générale
- Education et Formation
- Finances et Recherche de Fonds
* Les sections qui n'auraient pas encore reçu de convocation sont priées de prendre contact avec le Comité Exécutif dès lecture de ce communiqué.
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
La goutte d'eau qui réclame... la Jihad
Raisonnons par l'absurde. Deux curés et quelques fidèles se réunissent dans une chapelle pour débattre des problèmes de leur communauté. Survient la police qui leur intime l'ordre de se disperser. Le lendemain, partout dans la ville, dans les journaux, dans le bus, l'indignation sera à son comble. On demandera un châtiment exemplaire pour ceux qui ont violé un lieu sacré et qui ont porté atteinte à la liberté de culte et d'association.
Par Dembélé Al Séni
Incroyable ! Ces policiers sont bel et bien dans la cour d'une mosquée.
REVENONS à la réalité. Le 28 novembre dernier, tout ce que l'Islam compte d'honorabilités, de leaders, de cadres et de militants se donne rendez-vous à la mosquée d'Adjamé. Objectif : rassembler sous forme fédérative toutes les associations et communautés musulmanes de Côte d'Ivoire. Des vénérables imams d'Abidjan et de l'intérieur étaient aux premières loges. Des octogénaires parmi eux ont parcouru plusieurs centaines de kilomètre pour être à ce rendez-vous historique dans la capitale économique du pays. Ce qui devait être des retrouvailles, la rencontre de la fraternité et le sceau de la maturité a failli tourner au drame par la seule volonté d'un homme : le ministre de l'Intérieur Emile Constant Bombet. Comme de vulgaires indésirables, les augustes responsables de la communauté musulmane ont été, disons-le, contraints de vider les lieux par une présence policière musclée.
Des pantins acquis à la cause de ces mécréants.
A y regarder de près, certains membres du gouvernement jouent avec les musulmans. L'apparent désordre qui règne dans cette communauté et dont il est d'ailleurs le principal instigateur ne perdure que par la faute des responsables du ministère de l'Intérieur. Avant M. Bombet, le tout-puissant directeur de l'Administration Territoriale et des Affaires Politiques M. Michel Ipaud Lago s'était évertué à maintenir à la tête de sa structure fantoche, le conseil supérieur islamique, des pantins acquis à sa cause. Lorsque les musulmans outrés par les agissements dudit conseil se sont adressés au ministre de l'Intérieur, M. Bombet avec un art consommé de la dérision a fait tourner tout le monde en rond.
Un jour, il reçoit les associations musulmanes pour leur demander de convoquer une Assemblée Générale. En attendant, eux signent une pétition demandant la destitution du fanfaron Moustaphe Diaby. A la remise de cette pétition, il s'arrangera pour que quelques sbires de ce dernier soient là pour protester. Alors prétextant qu'il n'y a pas de consensus sur la question, M. le ministre exigera que l'on convoque une assemblée générale pour décider du sort du conseil supérieur et de son président. Continuant ses manœuvres souterraines, M. Bombet s'arrangera toujours à torpiller toute possibilité de tenue d'une telle assemblée générale.
Pendant plus de six mois, la bonne volonté et la disposition des musulmans à trouver une issue heureuse à ce faux problème du CSI ne portera pas de fruit. En réalité, personne ne se faisait d'illusions quant à la volonté du pouvoir de lâcher "son fantassin en mission". Mais toujours était-il qu'il fallait amener même les plus timorés à constater de visu le jeu des autorités.
La confrontation : une option dangereuse.
EN fin de compte, ce qui devait se faire fut décidé : la mise sur pied d'une structure représentative à partir des associations de base, et qui reflétera la volonté de tous les musulmans. Comme à leur habitude, les allergiques à toute initiative libre se sont dressés. Surtout qu'ici, il s'agit de l'Islam, la cible favorite de la "djahilia" nationale et internationale.
Mais en optant pour la confrontation, le ministre Bombet et ses alliés ont choisi une option dangereuse. Le 28 novembre a démontré aux yeux de tous que seule la lutte paie. Il ne s'agira plus jamais de crier, de se lamenter et de pleurnicher. Quand on a vu ce "Ponce-Pilate" de Moustapha Diaby plastronner aux abords de la grande mosquée d'Adjamé pour dire à qui voulait l'entendre que c'est lui qui a fait annuler la rencontre, on ne peut que se renforcer dans cette conviction.
Beaucoup de participants n'ont pas manqué de montrer que si certains partis ont réussi à avoir droit de cité, c'est parce qu'ils ont engagé une lutte frontale avec les autorités. Il appartient donc à la communauté musulmane et particulièrement à sa jeunesse militante de tirer toutes les leçons de ce coup de pied de Bombet, de se mobiliser et d'engager la lutte sur tous les plans.
Ceux qui pensent pouvoir avec des cartons de sucre, de lait et des sacs de riz racheter la conscience des musulmans doivent se détromper. Les vieux qui ont été si traitreusement humiliés ont une haute conscience de l'honneur et de la dignité. Ces choses là ne se marchandent pas. Assurément plus rien ne sera comme avant dans cette Côte d'Ivoire qui nous appartient à tous. Alors, en avant ! *
PLUME LIBRE
1 an déjà avec la grâce de Allah
Et nous répétons avec force et énergie, certes nous n'avons pas la force mais Dieu a cette force là, si les hommes ne règlent pas ce problème, Dieu s'en chargera. Méditons cette sourate du Coran qui dit : "Par le Temps! ! Certes oui l'homme est en perdition! ! sauf ceux qui croient, et font œuvres bonnes et se recommandent mutuellement la vérité, et se recommandent mutuellement la patience" ! Ceci pour dire que nous devons être patients. Car Dieu nous dit également : "Si vous êtes patients et croyants, leurs manigances n'auront aucun effet contre vous". Et Dieu nous dit encore : "Ils stratégiant et Dieu stratégie. Dieu est le meilleur des stratèges". Ceux qui ont fait ce complot doivent savoir que Dieu est le meilleur de ceux qui peuvent concevoir un plan. Et que Dieu se charge d'eux. Dieu dit qu'Il est avec ceux qui sont endurants. Et nous devons être sereins et garder le calme car malgré les humiliations que nous avons subies dans ce pays, nous avons tout à gagner en faisant la paix. S'il y a la paix dans ce pays nous en serons les premiers bénéficiaires les cars qui circulent ici nous appartiennent, les maisons où les autres logent, les commerces, les marchés et autres, tout ceci est à nous. S'il y a un problème nous serons les premiers perdants et c'est pourquoi nous n'avons pas intérêt à ce qu'il y ait du désordre. Restons calmes et sereins car Dieu nous dit : "Mais la fin appartient à ceux qui craignent Dieu". Que Dieu se charge de tous ces mécréants et autres hypocrites sur cette terre avant même le Jugement Dernier. Ainsi soit-il *
Trop, c'est trop !
Par Kèmè Ibrahima
Le Dimanche 28 novembre 1992, la frustration était à son comble à la grande mosquée d'Adjamé. Il a fallu l'intervention de nos responsables religieux pour que la situation créée par le ministre de l'Intérieur ne dégénère par en une bataille rangée entre forces de l'ordre et musulmans, ce qui aurait débouché inéluctablement sur des troubles dont on ne saurait limiter les conséquences.
APRES avoir tenté de mettre sous éteignoir les partis d'opposition par des lois votées par la circonstance et par l'emprisonnement de leurs leaders, après avoir essayé de plier l'échine aux étudiants, le tout-puissant ministère de l'Intérieur a décidé de s'attaquer à une nouvelle cible qui présente pour elle un danger potentiel : la communauté musulmane.
En effet, alors que tout était prévu sur le plan administratif pour la naissance du Conseil National Islamique qui serait l'émanation de toutes les associations islamiques, le ministre de l'intérieur a fait vider la salle par les forces de l'ordre ! Pourquoi ?
Mystère. Mais cette affaire "sent" de loin la machination.
Moustapha Diaby, un bouffon comme on en voyait dans la cour des rois.
QUE veut le Pouvoir? A cette question, une réponse très évidente : maintenir la communauté musulmane sous bonne garde afin de la manipuler à sa guise. Il veut mettre à sa tête des hommes de paille, des dirigeants fantoches, sans personnalité, en un mot des marionnettes, d'où cette obsession à vouloir placer notre communauté sous la coupe d'un prétendu conseil supérieur islamique monté, récupéré et confié à des guignols, avec à leur tête un homme sans foi ni loi, le sieur Diaby Moustapha alias Diaby "Koweit". Un homme qui n'a de musulman que le nom, et dont les agissements ne cessent de ternir l'image de la communauté musulmane. Ce bouffon qui ne comprend ni français, ni anglais, ni arabe. Qui est tel ce batelier qu'on place à la tête d'un paquebot et qui mange à tous les râteliers s'érige en "chef" des musulmans.
Le ministre de l'Intérieur s'en sert pour salir la communauté musulmane qu'il taxe d'inorganisée, d'avide d'argent, de grands enfants etc. D'où la réaction logique des musulmans qui par le biais de l'assemblée du 28 Novembre voulaient une fois pour toutes lever le discrédit dont ils sont l'objet. Sentant le danger venir Bombet intervient en violant les principes les plus élémentaires des droits de l'Homme, à savoir la liberté de réunion et d'association. En plus de ces violation des droit, c'est un lieu de culte qui a été violé. Sacrilège ! Mais que Bombet sache, que rien ne peut arrêter l'avancée de l'Islam, et que la communauté musulmane s'organisera. Fini, le temps des bénis-oui-oui et des prières à l'intention de quelque personne que ce soit! Les musulmans ne se laisseront plus faire.
Il a fallu que le FPI reclame une ambassade en Arabie Saoudite
IL ne laisseront plus l'organisation du pèlerinage à d'autres personnes. Ils se choisiront eux-mêmes leurs portes-paroles. Nous estimons que cette action est la goutte d'eau qui a fait déborder la vase. Jusque là, les musulmans ont été pacifiques et le PDCI leur doit beaucoup ; cependant, que nos dirigeants sachent que quand un peuple se sent frustré il réagit violemment : c'est le cas de la communauté musulmane actuellement. Cette communauté qui constitue 43 % de la population ivoirienne est une eau dormante très dangereuse. Par ailleurs, que les dirigeants sachent que comme les pays qui n'ont pas d'amis mais seulement des intérêts, les communautés également (et surtout la communauté musulmane) peuvent n'avoir que des intérêts. Depuis plus de trente ans que notre pays a acquis son indépendance, le problème d'ambassadeur en Arabie Saoudite n'avait jamais été évoqué. Il a fallu que l'opposition, le FPI en l'occurrence s'en mêle pour que cela soit fait. Ainsi donc l'opposition pourra faire l'affaire des musulmans. On nous rappelle que le président Houphouët, homme de droite convaincu s'est lié aux communistes pour l'aboutissement de sa lutte. Les musulmans pourraient en faire autant.
Pour l'heure, qu'on laisse les musulmans s'organiser sinon *
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
Lettre ouverte à mon père
A toi, cher père
Assalam aleykoum
Il y a une semaine, je t'ai téléphoné pour t'annoncer qu'avec la grâce d'Allah (Exalté soit-Il), les responsables de notre communauté allaient tenir enfin l'assemblée générale constitutive du Conseil National Islamique le Samedi 28 Novembre 1992 à 8H. à la grande mosquée d'Adjamé. Tu m'as sur le champ assuré de ta disponibilité à informer tous les imams et responsables d'associations islamiques de là-bas. Ce qui m'a le plus touché, c'est que malgré votre âge assez avancé et la modicité de vos moyens vous avez fait le déplacement. Mais hélas comme tu as eu à le constater, pour rien. Je sais que toi et ta délégation n'étiez pas contents. Je l'ai senti sur vos visages ruisselants de sueur et vos yeux rouges. Je t'ai promis sur le champ une lettre dans laquelle je m'efforcerais de t'expliquer les vraies raisons de cette annulation. Et je crois que tu as compris ma démarche lorsque tu as vu débarquer les policiers armés jusqu'aux dents.
Mon père, je ne pouvais pas te laisser battre par ces machines humaines prêtes à tuer leur propre père. Non ! je n'aurais pas pu supporter un tel spectacle. Te rappelles-tu de ce qui s'est passé à Man pour une banale affaire de corbillard ? Nos dignitaires religieux et nos parents ont été battus, déshabillés, honnis devant leurs enfants et leurs femmes. On les a fait nager dans des caniveaux, il y en a qui ont été obligé de boire leur urine sous la menace des armes et des fouets. D'ailleurs, tu me disais tout récemment que certains d'entre eux en ont été marqués à jamais. Le plus curieux, c'est que tout récemment on a exhumé des morts et des événements pour en faire un cheval de bataille politique sur le plan national. Mais l'on a oublié ces atrocités et cette barbarie de Man. Cela ne fait peut être pas partie de l'histoire de notre pays ! Je ne te ferai pas cas des événements de Séguélon où nos parents ont encore été emprisonnés après avoir été chargés par cette même armée qui, au lieu de nous protéger cherche à nous tuer.
MON père, nous ne pouvions pas accepter que ces événements se répètent pour rien au monde. Cependant, je peux te rassurer que la récréation silencieuse de notre communauté est terminée.
J'espère que nos dirigeants vont se rendre compte que les musulmans d'aujourd'hui sont différents de ceux d'hier. Dans tous les cas nous n'avons rien à perdre. S'ils nous tuent, ils nous auront tué sur la voie de notre Seigneur, (Exalté Soit-Il). Nous rirons au paradis, notre désir et objectif ultime. S'ils nous emprisonnent, d'autres continueront la lutte de manière encore plus déterminée que nous, dans nos prisons ou dans nos tombes, nous prierons pour le succès de l'Islam. Dans tous les cas, la mort n'est qu'une question de temps. Eux aussi mourront tôt ou tard !
Vénérable père, tu auras donc enduré toute cette fatigue pour rien
NOUS espérons que nos gouvernants ne commettront pas l'erreur de faire basculer notre pays dans l'enfer d'un conflit religieux. Car pas loin de nous, au Libéria, les populations se déchirent pour des raisons d'appartenance selon les médias. Mais les uns et les autres oublient que nous savons que la seconde raison de cette guerre est la religion. Les rebelles de Taylor massacraient tous ceux qui parlent Dioula ou qui a obligé la Guinée où l'ULIMO s'était réfugié, à s'impliquer officieusement comme ceux qui aiment Taylor. Notre pays a jusqu'à présent été épargné par cela et je crois que cette bénédiction de Dieu devrait emmener nos dirigeants à réfléchir dans la conduite du pays.
Qu'est-ce qui n'a pas été dit ces derniers temps et que certains craignent encore qu'on ne dise ?
Nos institutions et leurs représentants ont été insultés, humiliés, salis, alors que cherche t-on encore à taire ou à éviter ?
Dans tous les cas, il faudra profiter de cet événement pour demander à nos autorités de nous laisser tranquillement gérer notre foi. Depuis plus de trente ans la communauté musulmane a été frustrée, et insultée sans que nous ne réagissions. On a fait croire à la nation que nous sommes toujours divisés, inorganisés. On a refusé aux organisations islamiques internationales de nous envoyer des fonds pour financer l'organisation de l'Islam en Côte d'Ivoire pendant que les autres communautés religieuses étaient financées à coups de milliards de francs de subvention et d'aide par l'Etat.
Pendant trente ans on a foulé l'organisation du cinquième pilier de notre religion au pied, le confiant à des marionnettes. Des individus et des barrons se sont ainsi enrichis sur le dos des pauvres paysans qui s'étaient sacrifiés pour avoir les moyens de réaliser cet acte de foi !
Il faudra un jour qu'ils en rendent compte à toute la nation et aux musulmans !
Que fait-on des libertés collectives ?
LE 8 Novembre 1960, la Côte d'Ivoire s'est dotée d'une Constitution, matérialisant ainsi son indépendance. Dans le préambule de cette Constitution, la République de Côte d'Ivoire proclame son attachement aux principes de la démocratie, des droits de l'homme et du citoyen de 1789 repris dans la déclaration universelle de l'O.N.U en 1948. Parmi les libertés collectives reconnues par le législateur ivoirien, il y a le droit de réunion et le droit d'association. Ces libertés figurent, rappelons-le, dans le Préambule. Elles sont donc au dessus de toute loi et de tout règlement. S'appuyant sur ces dispositions constitutionnelles, la communauté musulmane à travers les associations et communautés qui la composent, veut se doter d'un organe fédéral représentatif : le Conseil National Islamique. (C.N.I). Pour mieux vivre sa foi elle a besoin d'une organisation solide. Les dispositions précitées et prévues dans le préambule de la constitution sont des notions élémentaires que tout responsable de ce pays digne de ce nom doit pouvoir maîtriser. Ce n'est vraiment pas le cas de monsieur le ministre de l'Intérieur Emile constant Bombet, ou alors c'est tout simplement de la mauvaise foi. Sinon comment comprendre le fait qu'il fasse annuler une assemblée générale de toute une communauté à quelques heures de sa tenue, alors que toutes les dispositions administratives avaient été prises au préalable pour son bon déroulement ?
Cela démontre le mépris qu'on a non seulement pour la Constitution mais aussi et surtout pour la communauté musulmane. En empêchant la tenue de la réunion, monsieur Bombet croit bloquer la naissance du Conseil National Islamique (C.N.I.) qui, il faut le dire avec force et conviction porte en lui l'espoir de la communauté musulmane, vue sa totale mobilisation ce samedi-là. Ensuite, monsieur le ministre n'a pas hésité à faire venir des éléments du C.R.S à la mosquée pour disperser les fidèles. Où se trouve donc la liberté de culte ? Que monsieur Bombet nous réponde.
Les imams et quantité de fidèles s'étaient déplacés depuis les confins de notre pays pour prendre part aux travaux de cette assemblée générale constitutive.
Les fidèles serviteurs de Allah avaient fait le déplacement en grand nombre pour manifester tout l'intérêt qu'ils portent aux conseil fédéral en gestation. Ce n'est que partie remise.
Quelle ne fut pas leur surprise d'apprendre que la réunion avait été "reportée à une date ultérieure" ! Certains n'ont pas pu retenir leurs larmes. Enfin, il est bon de rappeler à monsieur le ministre de l'Intérieur et à ses acolytes que l'acte qu'ils viennent de poser peut avoir des conséquences insoupçonnables. Si nous voulons former la nation ivoirienne faisons transcender les ressemblances sur les spécificités.
Sais-tu père que pendant trente ans notre pays était représenté à la fois au Vatican et à Rome alors qu'on fuyait l'Arabie Saoudite ?
Aujourd'hui on le fait pour des raisons économiques et de stratégie politique.
Et pendant tout ce temps nous sommes restés calmes et patients. Dire qu'après cela on vienne nous chasser de notre mosquée ! Père, il y a encore quelques années vous nous demandiez de rester calmes, de ne pas nous attaquer aux autorités. Par respect pour vous nous l'avons fait. Mais aujourd'hui je crois que tu comprends mieux notre position.
Pour la désignation d'un simple curé ou d'un simple pasteur dans le hameau le plus reculé de notre pays, tu verras deux à trois ministres représentent le gouvernement ou le Chef de l'Etat. Mais nos cadres et hommes politiques et les autres ne viennent vers nous que pour récolter nos voix pendant les périodes électorales. Certes nous ne disons rien, mais cela ne signifient pas que nous ne voyions rien ou que nous étions inconscients de la situation Mais chaque geste, chaque parole à son temps, son lieu de manifestation. Les temps ont changé et tout le monde doit en prendre acte dans ses actes. L. Notre objectif est loin de leur manigances politiques. L'Islam est une réalité vivante dans ce pays. Nous ne cachons pas que nous tenons à exprimer désormais nos désirs et notre volonté. Mais dans le strict respect des lois de la République.
ENFIN sache que c'est le Ministre Bombet qui a exigé l'annulation de la rencontre. Tous les policiers qui étaient dans la mosquée avaient reçu l'ordre de sa part de nous disperser à coups de matraques et de bombes lacrymogènes si nous résistions.
Cela fait plusieurs semaines qu'il tente de faire croire à la nation que notre communauté est divisée. Au fond c'est lui le diviseur de notre Oumma. Il s'évertue depuis à imposer ses marionnettes qui se nomment Diaby Moustapha et Chérif. Des individus qui ignorent tout de l'Islam. Ils ne savent ni lire ni écrire en français ou en arabe. Ce sont de tels ignorants que veut nous imposer le sieur Bombet. Vendredi dernier, nous avons demandé à toutes les mosquées de faire la fatiha afin que Dieu se charge d'eux, les maudisse et les humilie comme ils voulaient humilier notre communauté. Il faudra demander à toutes les mosquées et autres associations islamiques de là-bas et de la région d'en faire autant. Bombet a ses têtes pensantes, ses militaires, ses policiers et ses marionnettes. Nous, nous avons Dieu, Unique Omnipotent et Omniscient.
Il faudra veiller à ce que cette prière soit respectée afin que Dieu les maudisse à jamais.
Tu voudras transmettre nos salutations filiales à tous. Et n'oublie surtout pas de faire lire cette lettre par l'imam afin que de façon solennelle chacun prenne note et passe à l'action.
Je ne manquerai pas de vous informer de la suite des événements. Pour l'instant nous attendons le retour de Bombet de la balade qu'il a improvisée à travers le pays.
Assalam Aleykoum.
Ton fils militant
Yacouba de Sylla.
PLUME LIBRE / HS N° 1 /. P. 5
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
Le 28 novembre : un 18 février manqué.
Par Dembélé Al Séni
Comparaison n'est pas raison! Mais à rapprocher ce qui s'est passé le 28 novembre dernier à la grande mosquée d'Adjamé des événements du 18 février, on serait tenté de dire que l'histoire récente de la Côte d'Ivoire était sur le point de se répéter.
En effet, en arrivant ce jour au plus grand lieu de prière musulmane de Côte d'Ivoire pour l'Assemblée Générale constitutive du Conseil National Islamique, les responsables des associations islamiques nationales, des communautés musulmanes et l'ensemble des imams de ce pays ont été stupéfaits par le dispositif policier aux abords de la mosquée et surtout sur les voies et bretelles avoisinantes. Tous ceux qui observent de près la scène politico-sociale en Côte d'Ivoire avaient déviné le guet-apens. Bombet en finir une fois pour toute avec l'Islam. Son affaire, il l'a savamment ficelée. Rien n'a été laissé au hasard. Tout au long de la semaine précédent le jour de assemblée générale, le ministre de l'intérieur a, à grand renfort de communiqués battu le rappel de ses marionnettes (notamment Bakary Chérif, Gaoussou Diaby et l'iconoclaste Diaby Moustapha). Le jeudi 26 novembre au cours d'une réunion M. Bombet se livra à une attaque en règle contre les désintéressés serviteurs de la communauté. En réalité, cette mise en scène visait à préparer l'opinion nationale et internationale à applaudir "l'assaut final" du samedi.
Le vendredi, aux environs de 16 heures, alors que les délégations de l'intérieur du pays affluaient déjà sur Abidjan, le ministre de l'Intérieur demande tout bonnement aux organisateurs d'annuler la rencontre. Pour le motif, repassez demain ! Stupeur ! Comment celui qui, quelques heures auparavant à la télévision nationale vilipendait l'inorganisation des musulmans peut il agir ainsi à la veille d'un si important rendez-vous ? Le samedi 28, à 9 heures, la cour de la grande mosquée était noire de monde. Une certaine tension cependant était perceptible dans l'air. Les rumeurs de l'annulation circulaient mais personne ne voulait y croire. Trente minutes plus tard, il fallait se rendre à l'évidence. "La réunion est reportée à une date ultérieure à la demande du ministre de l'Intérieur" lance d'une voix brisée le porte parole du Conseil Supérieur des Imams. Malgré la grande frustration et quelques excitations légitimes, la foule se répandre dans la ville contenant sa colère. Somme toutes elle venait par son comportement digne de faire avorter le complot Bombet. En effet, le scénario du ministre de l'Intérieur et sans nul doute celui du lobby anti-musulman national aidés par par locataire de la Cour Suprême, prévoyaient une vive réaction et des manifestations. Ainsi, le prétexte aurait été tout trouvé pour emprisonner les principaux dirigeants musulmans et dissoudre toutes les associations islamiques.
Le vide ainsi crée, leur conseil supérieur islamique, régenterait la vie de la communauté pour le plus grand malheur de l'Islam. Heureusement pour nous et pour la Côte d'Ivoire car le pays aurait pu plonger dans un drame san fin, le piège a été déjoué. Pouvait-il en être autrement quand le Coran nous dit : «Ils stratégient, Dieu stratégie, Dieu est le meilleur des stratèges»
La lutte cependant est loin d'être terminée Tant que nous chercherons à nous organiser de façon libre et autonome (ce qui au demeurant ne signifie être contre qui que se soit), à nous doter de structures fiables et à avoir des dirigeants crédibles, ses tentatives de sabotage se multiplieront. A chacun d'en être conscient, d'être vigilant et de faire barrière au diable d'où qu'il vienne *
La triste Diaby Moustapha, l'énergumène par lequel le scandale arrive.
Peut-on comprimer la vérité ?
Par DHL
L'Islam, par définition, est la soumission à Allah, le Pur, l'Exalté et l'Inégalable. Il est la religion de la pureté et de la vérité, la religion éternelle. A la lumière de ce verset du Saint Coran, il est incontestable que les manigances de quelque ordre que ce soit ne peuvent empêcher la vérité de triompher.
Ceux qui pensent qu'il est encore possible d'empêcher les légitimes représentants de la communauté musulmane de s'exprimer exposent notre pays à de graves dangers dont ils ne mesurent pas la portée réelle. A cet effet, méditons ces réflexions de Spinoza* : «Aucun appareil de répression ne peut étouffer l'idée vraie car les honnêtes gens ne reculent devant aucun obstacle pour confirmer leur bonne foi.» En effet, la restriction excessive des libertés fondamentales dont la liberté de culte ne peut avoir pour corollaire que la putréfaction des relations sociales. Et toujours d'après Spinoza, ceux qui en profitent ne «sont que les hommes faibles de caractère et sans foi, les perfides, les corrompus, les avides et autres flatteurs, les courtisans...» Cet état de fait ne peut aboutir qu'à des irritations et à des frustrations. C'est vers une telle situation que nous tendons dans notre pays si certains prédateurs ne mettent pas fin à leurs agissements. La liberté de s'organiser a-t-elle un impact sur l'Etat qui ne puisse être atténuée ? En tout état de cause, elle ne représente aucune menace ni pour l'Etat, ni pour les citoyens. C'est bien au contraire sa suppression qui peut être à l'origine des schismes et des rébellions car les musulmans sincères ne peuvent renoncer à leurs nobles idéaux quoi qu'il advienne. Ce ne sont pas les exhibitions de quelques fanfarons qui les en empêcheront. Nous ne pouvons terminer cette réflexion sans encore paraphraser Spinoza afin de soumettre à l'attention des fossoyeurs de notre communauté les réalités suivantes. Loin d'être un obstacle pour la sécurité de l'Etat, la tolérance à l'égard des libertés morales, intellectuelles et religieuses doit être un acquis dans tout Etat de droit. La conviction des hommes vis-à-vis de leurs idées et opinions est telle que ni les tyrannies les plus sanglantes, ni les appareils de répression les plus barbares ne peuvent en venir à bout. Même en écrasant ceux qui disent la vérité en ce moment, d'autres hommes viendront reprendre et redire les mêmes choses et souvent faire pire que leurs prédécesseurs Tout Etat qui prétend supprimer la vérité s'engage inévitablement dans un processus autodestructeur car il purge indéfiniment le pays des honnêtes gens pour ne faire place qu'aux perfides profiteurs qui ne peuvent supporter à armes égales la responsabilité de leurs semblables *
*cf Spinoza, œuvre II, Le Traité théologico-politique, Ed. Flammarion. Ch. XX P. 231 à 281.
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PLUME DU SPORT & DE LA DETENTE
Musique
Cheb Khaled : Un Algérien cuit à la sauce occidentale.
Didi, l'une de ses chansons avait été retenue à Variétoscope, cette émission télévisée dont les animateurs considèrent l'immoralité comme un signe d'évolution sociale. Il s'agit bien sûr de Cheb Khaled, 32 ans, se présentant volontiers comme fils de musulmans, histoire d'apporter la "preuve" qu'il est, lui, "civilisé". Mais laissons notre confrère Yann Plougastel le présenter: "Plus proche d'Elvis que du FIS avec son perfecto, son catogan et ses goûts prononcés pour le J&B (boisson alcoolisée, NDLR), il représente une Algérie moderne, frondeuse, avide de modernisme, de sensation, de démocratie". L'interview qu'il lui a accordée vous permettra de voir l'étendue du désastre. Que Allah (Exalté soit-Il) nous en protège.
La France préférerait des millions de Cheb Khaled à un seul Abassi Madani en Algérie, et pour cause !
Question : D'où vient cette réputation de mauvais garçon ?
C.K : Parce qu'on m'a trop fait de promesses. J'avais confiance et on me traitait comme un esclave. Mon éditeur me demandait d'aller chanter gratuitement chez des commandants ou des lieutenants colonels, parce que, comme ça, ils me donneraient la carte militaire me dispensant des deux ans de service militaire. Tu parles! Ensuite, ils me laissaient tomber. Alors, je fuguais, je disparaissais, je ne venais pas aux rendez-vous. Les gens n'étaient pas contents, moi non plus. L'éditeur m'apportait une bouteille ou deux de vin, un poulet, et allez hop! on entrait dans le studio sans avoir rien écrit ou composé : le soir, tout était fini. C'était n'importe quoi ! Quand même, j'ai souffert. J'ai 32 ans. Cela fait belle lurette que je chante : mon premier disque, je l'ai enregistré à l'âge de 14 ans. J'ai fait ma vie tout seul. A l'école de la rue je suis passé par les escrocs. Ni plus ni moins que les grands chanteurs européens qui ont démarré dans le métro en se faisant arnaquer et aujourd'hui sont des professionnels. Il ne suffit pas de claquer les doigts pour devenir un artiste. Faut souffrir, voir, apprendre... C'est dommage, mais il est nécessaire d'en passer par ce milieu de vicieux, de pourris. Chez nous, lorsque tu demandes de l'oseille à ton éditeur, il se met à pleurer en t'expliquant qu'il n'a rien vendu. Pourtant il roule en BMW et habite une superbe villa...
Question: Les gens aujourd'hui au pouvoir en Algérie appartiennent ils à cette jeune génération d'officiers et d'intellectuels qui apprécient vos chansons ?
C.K : Oui... Ils boivent, ils se saoulent la gueule, ils écoutent Michaël Jackson. Ce sont des gens vivants. Des branchés. Il fallait faire ce coup d'Etat. Si jamais les intégristes arrivent au pouvoir, l'Algérie va foire. Ce sera comme l'Iran de Khomeiny. Il y aura un bain de sang. Surtout, moi, je plains les femmes : les pauvres seront enfermées.
Question: Vous avez des amis qui appartiennent au FIS ?
C.K : Non. J'ai des amis pratiquants. Je bois de l'alcool devant eux. Ils m'embrassent. On est heureux de se voir... Mes parents aussi pratiquent, ce sont des musulmans. Le FIS n'a rien à avoir avec ça: ce sont des intégristes, des fanatiques. Moi, Madani, Bel Hadj, tout ça, je les mets dans une grande marmite et je les fais cuire... On ne mélange pas la politique et la religion! Les curés doivent être dans les églises, les imams dans les mosquées et les rabbins dans les synagogues ! Ceux qui gouvernent, ce sont des intellectuels... Ne mélangeons pas les torchons avec les serviettes!
Question : Comment l'Algérie peut-elle s'en sortir ?
C.K : En s'ouvrant au monde extérieur... Pourquoi ne permettons-nous pas aux touristes de venir librement, aux capitaux étrangers de s'installer pour créer des usines? Pourquoi ne vendons-nous pas notre pétrole? Pourquoi notre terre s'assèche-t-elle? Pourquoi, en 1982, avons-nous décrété que désormais l'enseignement ne s'effectuerait plus qu'en arabe, empêchant nos diplômes d'être reconnus en Europe? On est un pays musulman, OK, mais, à l'aube de l'an 2000, ne regardons pas en arrière. On a quand même été l'Algérie française. On a vécu à l'européenne. On ne va pas fermer les portes...
Question : Pourquoi, d'après vous, les membres du FIS n'aiment pas le raï?
C.K : Le raï n'est pas le problème. Ils n'aiment rien, si ce n'est chanter le Coran dans la rue. Quand ils passent en criant, ça vous donne la chair de poule. Ce sont des fous.
Question: Vos paroles sont osées. Est-ce que ce disque va choquer les algériens ?
C.K : Oui, parce qu'il parle d'amour... Là-bas, tout le monde est amoureux, mais vous ne pouvez pas amener une fille à l'hôtel, vous devez vous débrouiller (...) si vous vous faites prendre, c'est grave... Les mots ne sont pas grossiers. Ils disent la beauté des femmes. Mais en Algérie, vous n'avez toujours pas le droit de dire je t'aime dans une chanson.
Extrait de "L'événement du Jeudi" N°383 du 5 au 11 Mars 1992
DETENTE
SCRABBLE
ABOUBAKR - ABRAHAM - AICHA - ALI - BILAL - DJIBRIL - FATIMA - GHAZALI - KAABA - KHADIDJA - LAMINE - MEDINE - MOUHAMMAD - MOUSTAPHA - OMAR - OTHMAN - RABIA - SIDIK - TAJMAHAL.
A la recherche d'un producteur
Issa Ben Mariam
Un jeune ivoirien a parcouru l'Afrique à la recherche d'inspiration pour s'adonner à ce qu'il a choisi de faire : la musique. De retour au bercail, ce sont les rues de la capitale qu'il sillonne depuis... à la recherche d'un producteur. Son nom : Issa Ben Mariam... Tout un programme.
De son vrai nom Issa Traoré, ce talentueux artiste a traîné sa bosse un peu partout, au Burkina Faso, en Guinée, en Sierra Léone, etc. Il en est revenu avec un nom d'artiste qu'il traduit par "Jésus, fils de Marie" (Paix sur le prophète Jésus, et que Allah soit satisfait de Mariam!)
C'est tout jeune que Issa dut affronter seul la vie après la disparition de son père. Une première rencontre avec Adama Camara (Camus) ex-guitariste d'Alpha Blondy lui transmet le virus de la musique. Puis c'est l'aventure, notamment en Sierra Léone où il découvre que le Maouloud est jour férié au même titre que Noël. Rentré depuis quelques années, il passe un peu partout, à l'INA, mais aussi dans des orchestres comme celui de l'ex-EECI ou encore le groupe OMT-séquence à Podium, etc. Son genre de prédilection? le Zoblazo. Comme Meiway, il trouve cela accrocheur. Son objectif? Entrer en studio dès qu'il trouvera un producteur. Il espère le faire car il croit en son art.
Face à une telle détermination, nous ne pouvons que lui citer l'exemple de Cat Stevens cette superstar de la chanson qui a fini par découvrir l'Islam et surtout pourquoi l'Islam est la solution. En attendant qu'il réalise ses rêves, nous lui souhaitons donc bonne chance et beaucoup de courage afin qu'il puisse rester lui-même dans la jungle de show-business.
C'est ça aussi le jihad!
Kond Seydou
Bientôt dans nos colonnes
inch'Allah
Ces étrangers qui ont fait la Côte d'Ivoire
Un dossier explosif !
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PLUME EN LIBERTÉ
Fête de l'Indépendance
32 ans de suspicion ... illégitime.
Par Koné Seydou
C'est apparemment faux de dire qu'une convention secrète signée à l'indépendance nous oblige à n'avoir que des Présidents de la République chrétiens. Parce qu'il n'y a pas de preuve. C'est apparemment faux également de dire qu'un certain lobby se soit plaint de la nomination de musulmans comme Premier-ministre ou comme ministre des Affaires Etrangères. Non seulement, le premier a, de toutes les façons, calmé les esprits en épousant une non-musulmane, mais en ce qui concerne le second, Jeune Afrique n'a rien trouvé à l'époque en divulguant l'information. Il ne faut pas prendre des choses qu'on ne peut pas prouver pour provoquer des conflits religieux, la pire des choses qui puissent arriver à un pays. Que Dieu nous en garde ! Le fait est que ceux qui en veulent tant à l'Islam et aux musulmans ne sont même pas de l'autre bord : ce ne sont rien d'autres que des mécréants.
Joyeux Noël, M. le Président ... même si le maouloud n'a pas droit aux mêmes attentions dans notre laïque République.
Nous ne dirons pas de lapalissade en affirmant que les musulmans n'ont jamais eu bonne presse dans ce pays. Car, il faut le dire, les cadres musulmans étaient traqués. Il suffisait qu'un acte soit posé au nom de l'Islam pour qu'on voit derrière le spectre de Khadafi. Souvenons-nous de cette année-là où on avait affirmé à la télévision que Khadafi avait projeté de marcher sur les ruines de Yamoussoukro. Même si ce sont les enseignants en général et M. Laurent Gbagbo en particulier qu'on visait, qui devait éviter d'éternuer ? ... Passons. Après Khadafi, ce fut l'ère de l'imam Khomeiny. Ce sont alors les flics (toujours) en civil de la très secrète DST du sieur Ipaud Lago, Diaby Moustapha et ses collègues, qu'on fera partir à la Mecque pour surveiller tout contact avec les Iraniens et aussi veiller à ce que des "bénédictions" soient dites en terre sainte et sous l'œil de la camera pour qui-vous savez... Aujourd'hui, c'est le mot "intégriste" qui est à la mode. Meilleur produit d'exportation de l'Occident agonisant, il sert à humilier les cadres musulmans de ce pays. Un confrère de la place n'a en tout cas pas hésité à dire que c'est parce que la Bosnie a voulu devenir une république islamique que la guerre a éclaté en ex-Yougoslavie. Et de faire le rapprochement avec la fameuse "charte du Nord". On a écrit de "bonne foi" dans un journal de la place les phrases suivantes : "Ras-le bol. Voilà qui traduit bien les sentiments du ministre de l'Intérieur (...) après avoir vu (...) défiler à son ministère des membres du Conseil Supérieur Islamique plus divisés que jamais". C'est avec ce même scénario qu'on a tenté de tuer le multipartisme il y a encore quelques mois ... car il aurait été plus honnête de dire que ce sont les musulmans qui en ont marre des pitreries de M. Bombet et de ses pantins. Dans tous les cas ce régime de suspicion ... illégitime a marqué les esprits. Ainsi a-t-on vu des musulmans craindre ou même avoir peur de faire leurs prières au bureau. En effet, combien d'entre nous peuvent supporter le fait d'être traités d'ingégristes ? Certains allaient même jusqu'à boire de l'alcool ou manger du porc avec leurs collègues pour leur prouver qu'ils ne sont pas "sauvages".
Ce sont les musulmans qui en ont ras-le-bol !
Un vibrant hommage doit être rendu aux organisations musulmanes libres telles l'AEEMCI ou encore la LIPCI qui ont depuis leur naissance combattu ce complexe de toute la force de leur foi en Allah (Exalté soit-Il). Le résultat aujourd'hui est probant : de plus en plus de cadres ont leur natte de prière dans leur bureau. Alors, que M. Bombet monte une petite mise en scène avec des clowns pour pouvoir se permettre de dire : "Le désordre qui caractérisait votre association demeure". Cela ne nous dérange pas car : "Dis : "Rien ne nous atteint jamais, que ce que Dieu a prescrit sur nous. Il est notre patron. A Dieu doivent se confier les croyants". (S. 8 — V. 22)
M. Bombet se trahit lorsqu'il dit : "Certains d'entre vous contactent des ambassadeurs des pays arabes pour des motifs pas sains (sic !). Je suis au regret de constater que vous êtes portés vers des intérêts matériels : l'argent". Il se trahit parce que ce faisant, il sous-entend que le problème se situe au niveau des intérêts plutôt qu'à celui de l'organisation. Personne ne veut de son "Conseil Supérieur Islamique" c'est pourquoi personne n'a répondu à son invitation. Alors quel est le rapport entre sa "chose" et le Conseil National Islamique que les musulmans s'apprêtent à mettre sur pied ? Pourquoi envoyer la CRS à la mosquée si ce n'est pour réaliser une sale besogne ?
"Les pires des bêtes, auprès de Dieu, sont, en vérité, ces sourds muets qui ne comprennent rien". (S. 8 — V. 22) A méditer ce verset, on voit à quel point le ministre de l'Intérieur se couvre de ridicule en concluant : "Il faut que les musulmans sachent qu'ils sont Ivoiriens avant d'être musulmans". N'importe quoi ! En tout cas on mesure aisément le degré de foi de quelqu'un qui compare religion et nationalité ... Car le Coran nous dit bien : "Et quiconque est aveugle ici-bas, alors il sera aveugle dans l'au-delà, et en chemin plus égaré" (S. 17 — V. 72). Le fait que le tout nouvel ambassadeur en Arabie Saoudite ait soutenu M. Bombet en parlant "d'enfantillages", nous surprend car il est sur la liste, avec Balla Keita et Lamine Fadika, de ceux que ces gens soupçonnent de vouloir créer un Parti Islamique. Le mot est lâché. Parti Islamique : voici ce qui empêche aujourd'hui certains de dormir.
Les cadres musulmans volontiers taxés d'intégristes se démarquent pourtant par leur compétence et leur probité
Appelons les choses par leurs noms. Il ne s'agit pas de créer une République Islamique ! Il s'agit plutôt de rappeler à chaque musulman qu'il est musulman avant d'être Ivoirien (contrairement à l'hérésie de sieur Bombet), c'est-à-dire qu'il est musulman avant d'être ministre, directeur ou cadre, etc, et que par conséquent, avant de poser quelque acte que ce soit, il doit se demander si cela est juste devant Dieu. S'il est conscient de commettre une injustice, qu'il refuse de la poser et rien ne lui arrivera sauf si Dieu l'autorise. A l'inverse, on se souvient de tous ces fanfarons qui rôtaient à la télévision il y a quelques années; où sont-ils, tous ces barons ? Encore un signe pour ceux qui sont dotés d'intelligence, dit le Saint-Coran. "Ceux qui mangent de l'intérêt ne font que se lever comme se lève celui que le toucher du Diable accable" (S. 2 — V. 275).
L'Islam ne s'oppose pas au modernisme. Car on peut rouler en Mercedes et être musulman, on peut chanter, faire du sport ... et être musulman. Mais au nom du modernisme, un musulman ne peut pas commettre d'adultère, boire de l'alcool, manger du porc, voler, se prostituer ... Que ceux qui sont tombés dans une fosse septique aient l'honnêteté de ne pas chercher à en maculer les passants. S'il y a sur cette terre des hommes qui ont la paix de l'esprit, ce sont bien les musulmans car ils s'en remettent à Dieu pour tout ce qui les concerne.
Le traitement fait par les confrères du groupe Fraternité-Matin aux événements du 28 novembre va dans le même sens que le reportage qui est passé à la télévision ce jour-là au journal de 13 h. Dans un premier temps le commentateur a laissé entendre que les musulmans sont incapables de s'organiser, puis il a donné la parole à deux responsables qui paradoxalement demandaient des comptes ... au ministre de l'Intérieur. Un court élément de transition est ensuite passé à l'écran. Puis un second reportage a suivi. Cette fois, il s'agissait de chrétiens qui se recueillaient religieusement dans une petite ville. Musique religieuse, un commentaire propre ... bref, l'opposé de ce qu'on avait montré des musulmans. Est-ce le fait du hasard ? Que non ! C'est comme ça que se présente le paysage audiovisuel de la laïque République de Côte d'Ivoire depuis l'indépendance. On ne parle bien des musulmans que lorsqu'un groupuscule de comédiens liés par les liens du ventre et de la peur fait des bénédictions pour donner l'impression à un égard qu'il aura la vie éternelle, ou lorsqu'on qualifie des mécréants de "bâtisseurs de mosquées". Même si ceux qui organisent ces farces burlesques pensent que les musulmans sont dupes, cela fait déjà 32 ans que ça dure ... 32 ans de partialité.
Dire que tout ceci ne nous dérange pas parce que malgré tout le nombre de musulmans n'a pas cessé de croître, c'est bien, mais dire qu'on sait même si on ne parle pas c'est encore mieux. Notre souhait le plus ardent est que 32 ans après, on commence à nous rendre la politesse. Ça suffit comme ça avec les suspicions fallacieuses car, qu'on se le dise, rien ne sera plus comme avant dans ce pays, inch'Allah !
Que Dieu (Exalté soit Son nom) nous guide sur le chemin de ceux qu'Il a comblé de bienfaits, non pas sur celui de ceux qui ont mérité sa colère. Amine ★
PLUME LIBRE / HS N° 1 / P. 8