Issue
Plume Libre #63
- Title
- Plume Libre #63
- Type
- Périodique islamique
- Publisher
-
Plume Libre
- Date
- May 18, 2001
- issue
- 63
- Abstract
- Hebdomadaire ivoirien d’informations générales
- number of pages
- 8
- Language
- Français
- Contributor
-
Frédérick Madore
- Identifier
- iwac-issue-0001368
- content
-
N° 63
Plume Libre
Hebdomadaire Ivoirien d'Informations générales
du 18 au 24 Mai 2001 - Prix = 300 F.CFA
Rappel
« Eh quoi ! Ils replient leurs poitrines afin de se cacher de Lui. Même lorsqu'ils se couvrent de leurs vêtements, Il sait ce qu'ils cachent et ce qu'ils divulguent car Il connaît certes le contenu des poitrines »
Sourate 11 Verset 5
RECONCILIATION NATIONALE
ESSY AMARA, ancien ministre des Affaires Etrangères
"Privilégeons l'intérêt de la Nation"
SOCIETE
LES ENFANTS DE LA RUE
Une existence de galère
VIE DE LA COMMUNAUTE
L'AMBASSADEUR DE FRANCE RENCONTRE LE CNI
PUBLI-REPORTAGE
LA COMMUNAUTE MUSULMANE DE LA RESIDENCE LATRILLE
Peu de moyens, beaucoup d'actions
LES ECOLES CONFESSIONNELLES ISLAMIQUES
Espoir à l'horizon !
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La Vie de la Communauté
Edito Plume
ISSAH KONÉ
En 1994, le monde entier fut choqué et révolté par le génocide rwandais. Des habitants d'un même pays se sont mués en ennemis les uns pour les autres ; des frères ont tué d'autres frères sans état d'âme. Tout simplement parce qu'ils n'appartenaient pas à la même ethnie. Des bourreaux ont été arrêtés et d'autres continuent d'être traqués jusque dans leurs derniers retranchements. Ce qu'il faut noter, c'est qu'un aval des crimes crapuleux s'est trouvée la presse. La fameuse (radio des mille collines) qui y a joué un rôle déterminant en braquant les ethnies (seulement deux) l'une contre l'autre.
Pendant ce temps en Côte-d'Ivoire, l'ivoirité se mettait en branle avec toute son artillerie (Presse, intellectuels...). Le ton va être donné par la presse décrite sous la plume d'un journaliste bien connu de la place, qui sans sourciller, va qualifier les militants d'un parti de (sales) (sic) et donner leurs caractéristiques : (on les reconnaît par leurs longs boubous, ni leur longue barbe, leur chapelet... et sont localisés au Nord de la Côte-d'Ivoire...) Ce refrain sera repris par tous les journaux aux ordres du pouvoir. La télévision et la radio ne vont pas demeurer en reste. Toutes auront pour tâche essentielle de vilipender tous ceux qui ne sont pas de leur bord sans éprouver la moindre crainte.
C'est ainsi que des chefs de partis et leurs militants et même des dignitaires religieux vont être passés au vitriol. Des journaux qui naissent un jour naissent ont été bâtis sur des partis ont choisi de perdre définitivement. Les journaux et les média audiovisuels ont réussi à diviser la société Ivoirienne. Ils ont attisé la haine et accentué la division entre ivoiriens.
La presse dans sa globalité est ici a un pouvoir capable du meilleur comme du pire. C'est par elle que les différents scandales à travers le monde ont été révélés (Water-gate Iran-gate...). Les journalistes ont pour rôle essentiel d'être les voix des sans voix. Ils se doivent de d'écrire et de dénoncer les pratiques honteuses et des hommes au pouvoir et des opposants. Malheureusement en Côte-d'Ivoire des gouvernants pour célébrer un manichéisme sans relâche, salir au maximum tous ceux qui ne chantent pas les louanges du pouvoir. L'OLPED, dans sa quête d'un journalisme de qualité, ne cesse de le rappeler, mais ils n'en ont cure, parce que protégés.
Si la presse ivoirienne dans sa globalité prend conscience de son rôle, il y a fort à parier que le pays retrouvera son calme et sa sérénité d'antan. C'est à cela qu'elle doit s'atteler. Ne s'en tenant qu'aux faits avec preuves à l'appui. La presse doit dénoncer tout ce qui peut menacer l'unité nationale, la cohésion, sans exclusive. Si les uns et les autres évoluent dans ce sens, il va sans dire que la presse aura joué son rôle, à savoir que nous serons réconciliés par la presse.
RÉCONCILIER PAR LA PRESSE
Le CNI reçoit le nouvel Ambassadeur de France
AW ABDOUL LATH
L'Ambassadeur de France et la délégation du CNI.
Quelques jours seulement après la présentation de sa lettre de créances au chef de l'Etat, le nouvel Ambassadeur de France en Côte d'Ivoire a entrepris une série de rencontre avec tous les acteurs de la scène politique ivoirienne. C'est ainsi que le Vendredi 11 mai, à la Mezzanine de la mosquée d'Aghien aux Deux-Plateaux, le président du CNI, entouré de quelques uns de ses collaborateurs a reçu durant plus d'une heure son Excellence M. Renaud Vignal. Expliquant les motifs de sa volonté de rencontrer les dignitaires musulmans, SEM Vignal a souhaité savoir leurs avis sur l'éventuelle reprise de la coopération européenne avec notre pays. Dans son discours liminaire, l'ambassadeur a reconnu la précarité de la situation socio-politique.
A la suite de l'ambassadeur, les collaborateurs du Président Koudouss ont pris la parole pour présenter la situation vécue par les musulmans de Côte d'Ivoire. Ainsi, le problème relatif à la citoyenneté à deux vitesses pratiquée en Côte d'Ivoire a été évoqué de même que l'application du principe de la laïcité. Le Président Koudouss dans son intervention a rappelé à SEM Vignal, la vie en bonne intelligence vécue par les ivoiriens de différentes confessions et d'ethnies diverses. Voilà pourquoi la communauté musulmane a du mal à comprendre l'agression dont elle a été victime pendant la transition militaire et après les élections présidentielles. Et dire que jusqu'à ce jour, elle n'a eu droit à aucun geste de réconfort de la part des gouvernants. Le Président Idriss Koudouss pour répondre à l'Ambassadeur de France concernant l'avenir du pays, a insisté sur la nécessité du triomphe de la justice. Sans justice, il n'y aura pas de réconciliation et la communauté musulmane ne saurait souffrir encore des actes d'injustice. SEM Renaud Vignal, pour clore cette rencontre, a remercié la délégation du CNI pour avoir fait preuve de sincérité.
La réconciliation nationale contre l'invincible désespoir des sceptiques
Après les événements récents qui ont endeuillé la Côte d'Ivoire, tout le pays, pour des raisons propres à chacun, veut se réconcilier. Mais dans quel but et par quels moyens ?
1° SE RÉCONCILIER DANS LE STRICT RESPECT DE LA LOI
● Soit pour assurer le destin politique de son adversaire.
● Soit pour rétablir des leaders politiques dans leurs droits civiques et civils.
● Soit pour poursuivre et punir les assassins responsables des tueries, dont le charnier de Yopougon.
2° SE RÉCONCILIER EN FAISANT FI DE LA LOI
● Etre libre de gouverner sans être contraint par la loi.
● Et bénéficier de l'aide internationale.
● En faisant table rase du passé pour éviter de nouveaux malaises à la société ivoirienne.
A cet égard, les partisans du droit, au contraire de ceux qui ne partagent pas leur avis, ne voient l'application de la loi qu'aux autres, sans poser l'épineux problème de l'intime conviction des juges ivoiriens bien de fois contestée par certains de leurs concitoyens.
3° SE RÉCONCILIER MALGRÉ LA COHABITATION CONFLICTINE
Réduire la disparité régionale Nord-Sud.
En plus de cette inquiétude, des ivoiriens font remarquer à tort ou à raison, que les nordistes essentiellement installés au Sud détiennent la presque totalité du secteur économique. Selon ces ivoiriens, il serait mieux et au nom de la réconciliation :
● Que les nordistes acceptent d'accueillir à leur tour les sudistes au Nord.
● Que ces nordistes, économiquement puissants aillent au Nord.
● Que des contrées de mêmes conditions climatiques que le Nord, sont les greniers du Mali.
● En réplique, d'autres ivoiriens répondent que la politique de développement conçue et exécutée par les précédents régimes a laissé le Nord pour compte.
● Qu'on investit pour le profit et non par philanthropie.
● Que les nordistes n'ont pas interdit aux sudistes de venir au Nord.
● Que les « bougou » sont mieux intégrés géographiquement et socialement que les «kro».
● Qu'il est regrettable de voir des populations installées au bord de la mer, l'érection des marres à Marcory, Adjamé, Abobo...
● Qu'il est aberrant de traiter d'allogène ou d'étranger, un ivoirien chez lui en Côte d'Ivoire. La Côte d'Ivoire dont les forces armées à cette occasion ont proposé leur politique si non... la Côte d'Ivoire, dont les hommes de médias ont dénoncé les insuffisances de la presse et identifié leurs raisons.
Cette Côte d'Ivoire, en posant la problématique de la réconciliation de ses filles et fils, sur initiative du CMPN, a eu le mérite de mettre à nu les enjeux de cette réconciliation les 17, 18, 19 Avril à l'IIAO de Grand Bassam. L'obstacle à franchir durant l'étape suivante, la concrétisation des recommandations de l'atelier, sera sans doute contre l'invincible désespoir des ivoiriens sceptiques. Pourquoi désespérerions-nous ? Moussa (SAW) demandait du feu à Dieu quand celui-ci lui fit don de prophétie... Dieu Omnipotent et Omniscient fera vaincre le désespoir.
IMAM MU'ADH DAUCEAU
YOPOUGON
Accueil des pèlerins
YAHAYA IBN HOUSSEINE
Le dimanche 29 avril à la mosquée Selmer sous l'égide du COSIM, a lieu la réception des pèlerins 2001. La cérémonie a été rehaussée de la présence du représentant du Président de l'Assemblée Nationale, du porte-parole du COSIM, l'Imam Aboubacar Fofana, de l'Imam Aboubacar Samassi de la Riviera 3 et de l'Imam Farouk du Banco. Il faut noter que la cérémonie a débuté par une causerie animée par l'Imam Cissé Djiguiba Abdallah sur le pèlerinage et le SIDA. Les pèlerins 2001 de la Selmer et SICOGI Canal sont au nombre de 15. Nous avons dénombré 10 Hadjas et 5 El hadjs. L'Imam Fofana a conseillé beaucoup de sagesse et d'humilité aux musulmans. La cérémonie a pris fin par une bénédiction faite par les Imams.
Une vue des pèlerins de la communauté Selmer - Sicogi Canal.
COIN DU BONHEUR
Félicitations au couple Lingani
Le Jeudi 10 mai 2001, notre dynamique collaboratrice SORO AÏCHA a quitté le cercle des "MISS KINES" en convolant en justes noces avec Lingani Hassan. La cérémonie religieuse a eu lieu à la Mosquée du quartier SODECl-NORD D'ADJAME en présence d'une foule nombreuse de parents et d'amis. Toute l'équipe de Plume Libre, leur souhaite des vœux de bonheur, de réussite et de prospérité. Que le Tout Puissant consolide leur union.
DEE BALLO
Plume Libre N° 63 du 18 au 24 Mai 2001
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Plume Religieuse
La Sourâte de la semaine
"LES FRAUDEURS" SOURATE 83
TRANSCRIPTION
1- Waylul-l-il mutaffifîn
2- 'al-ladîna'ida-k-tâlû'ala-n-nâsi yastawfûn
3- Wa'idâ kâlûhum'aw wazanûhum yuhsirûn
4- 'alâ yazunnu ulâ'ika'annahum mab'ûsûna
5- Liyawmin azim
6- Yawma yaqûmu-n-nâsu lirabbi-l-'âlamîn
7- Kallâ inna Kitâba-l-fujjâri Lafî Sijjîn
8- Wamâ adraka mâ sijjîn.
9- Kitâbu-m-marqûm
10- Waylum yawma'idi-l-li-l-mukddibîn
11- 'al-ladîna yukaddibûna biyawmi-d-dîn
12- Wamâ yukaddibu bihî illa kallumu'tadin atîm
13- 'idâ tutla alayhi âyâtuna qâla asâtîru-l-awwalîn
14- Kallâ bal râna'alâ qulûbihi-m-mâ-kânû yaksibûn
15- Kallâ innahum'a-r-rabbihim yawma'idi-l-lamahjûbûn
16- Tumma innahum lasâlû-l-jahîm
17- Tumma yaqâlu hâda-l-ladî-kuntum bihitukaddibûn
18- Kallâ inna kitâba-l-'abrâri lafî'illiyyîn
TRADUCTION
Au Nom de Dieu le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux.
1- Malheur aux fraudeurs
2- Qui, lorsqu'ils reçoivent exigent que les gens fassent mesure pleine.
3- Et lorsqu'eux-mêmes leur mesurent ou pèsent, trichent !
4- Ne pensent-ils pas qu'ils sont pour être ressuscités
5- (Demain) en un jour énorme
6- Jour où les gens se mettront debout devant le Seigneur des mondes ?
7- Non, non ! Pour les libertins, la prescription est qu'ils seront certes dans l'enfer prison.
8- Et qui te dira ce qu'est l'enfer-prison
9- Prescription écrite
10- Malheur, ce jour là à ceux qui crient au mensonge
11- Qui traitent de mensonge le jour de la rétribution !
12- Or, ne le traite de mensonge que tout transgresseur, pécheur
13- Quand Nos versets sont récités devant lui, il dit : « Des contes d'anciens ! »
14- Non, non ! Ce qu'ils s'acquièrent, plutôt, rouille leurs cœurs
15- Non, non ! Ce jour là, ils seront certes oui, séparés de leur Seigneur par un rideau
16- Ensuite ils tomberont, certes oui, dans l'enfer Jahîm
17- Ensuite on dira : « Voilà ce que vous traitiez de mensonge ! »
18- Non, non ! Pour les charitables, la prescription est qu'ils seront certes oui, dans le haut paradis.
CIRCONSTANCE DE LA RÉVÉLATION :
Cette sourate est la 83ème dans l'ordre rédactionnel du Coran. Mais elle en est la 86ème et constitue la dernière sourate de l'époque mecquoise. Elle comprend 36 versets et a été révélée après la sourate « l'araignée ». Dans cette sourate 83, l'Islam a déjà le grand souci d'épurer la corruption dans la vie économique du pays.
Concernant le verset suivant : « Malheur aux fraudeurs (verset 1) » Ismâ'îl- ibn al-Hassan ben Muhammed ben al-Hu an-Naqib a rapporté (...) que ibn Abbas avait dit : « En arrivant à Médine, le prophète (SAW) trouva que (ses habitants) faisaient les pires des fraudes sur les (poids et ) mesures. Ce n'est qu'après la révélation de : « Malheur aux fraudeurs qu'ils commencèrent à faire de bonnes mesures ».
Par ailleurs al Qurtubî, a dit : « Il y avait à Médine des commerçants qui faisaient des fraudes sur les mesures. En plus leurs transactions ressemblaient au jeu de hasard : vente au jet, au toucher ou par contrat aléatoire. Donc, c'est dans cette atmosphère que Dieu, le Très Haut révéla ce verset que le Messager de Dieu( SAW) récita au milieu du Souk. Enfin, as Seddî a dit : « En arrivant à Médine, le messager de Dieu trouva un homme appelé Abu Juhayna. Il avait deux instruments de mesure. L'un pour qu'on lui mesure et l'autre pour qu'il mesure aux gens.
D'où Dieu, le Très Haut, révéla ce verset ».
Le prophète Mohammad (SAW) sa vie et son œuvre
I- DE LA NAISSANCE AU MARIAGE
Les musulmans du monde entier célébreront Inch Allah le 03 Juin prochain le Maouloud, fête commémorative de la naissance du prophète de l'islam. En prélude à cet important événement, plume libre va essayer de retracer, dans ses colonnes, la vie de notre cher prophète Mohammad (SAW);
L'ARABIE ANTÉISLAMIQUE AU PLAN RELIGIEUX
Du point de vue religieux, l'Arabie était idolâtre. Rares étaient ceux qui avaient embrassé des religions révélées avant l'Islam ; les mecquois avaient la notion d'un Dieu unique, mais ils faisaient intercéder des idoles auprès de lui. Ils ne croyaient cependant pas à la résurrection ni à la vie dans l'au-delà. Ils avaient conservé le pèlerinage à la maison de Dieu, la Kaaba, pèlerinage qui avait dégénéré en foire commerciale.
LA SOCIÉTÉ MECQUOISE
La Mecque, malgré sa pauvreté en ressources naturelles était bien développée. Elle seule constituait une cité-Etat dirigée par un conseil de dix neuf chefs héréditaires, avec division des pouvoirs (...) bons caravaniers, les mecquois avaient su obtenir des empires voisins (Perse, Byzance, Abyssinie...) l'autorisation de se rendre dans ces pays et de s'y occuper d'import-export. Ils fournissaient aussi des escortes aux étrangers pour traverser territoires des tribus alliées, de l'Arabie sans se servir beaucoup de la rédaction par écrit, ils s'intéressaient grandement aux arts et aux lettres : poésie, éloquence, contes et veillées.
LA NAISSANCE DE MOHAMMAD
C'est dans ce milieu que naquit Mohammad en 570 après Jésus christ. Son père, Abdallah était mort quelques semaines auparavant. C'est son grand père Abdel Moutallib qui le prit à sa charge. Selon les coutumes, la mère remit le bébé à une nourrice bédouine, chez laquelle il passa, dans le désert plusieurs années (...). Quand il revint chez sa mère Aminah, celle-ci l'amena chez ses oncles maternels à Médine pour visiter le tombeau d'Abdallah, mais sur le chemin du retour, elle rendit le dernier soupir. Peu de temps après le vieux grand père décéda également. L'âge de huit ans, ayant déjà connu tant de douleurs, il résida avec son oncle Abou Talib qui avait en charge une nombreuse famille avec peu de ressources.
LA VIE PROFESSIONNELLE ET LE MARIAGE
Le jeune Mohammed dû travailler aussitôt pour gagner sa vie : Il faisait paître les troupeaux de certains voisins. Dès l'âge de 10 ans, il accompagna son oncle en Syrie, lorsque celui-ci y mena une caravane.
A 25 ans Mohammad était connu pour son honnêteté. Une riche veuve mecquoise, Khadijah, lui confia alors ses marchandises pour les vendre en Syrie. Enchantée des profits extraordinaires réalisés et séduite par les charmes personnels de Mohammad, elle l'épousa (elle était dit-on âgée alors de 40 ans). Elle eut une vie conjugale heureuse. Il fréquenta quelque foire commerciale et eut divers associés.
SOURCE INITIATION À L'ISLAM
La Doua de la semaine
DOUA À RÉCITER EN VOYANT UNE CHOSE DÉSAGRÉABLE
TRANSCRIPTION :
« Al hamdou lil-lâhi ala koulli hâl »
TRADUCTION
« Louange à Allah en toutes circonstances ».
Le Hadith de la semaine
DE L'INTERDICTION DE PRATIQUER L'INJUSTICE
Abû Mûsâ rapporte ces propos de l'Envoyé de Dieu (sur Lui la Grâce et la Paix) : « Dieu accorde un délai au tyran mais lorsqu'Il le châtie, Il ne le laisse plus s'échapper ». Puis, Il récita ce verset coranique : « C'est ainsi que ton Seigneur riposte lorsqu'il s'empare de la cité unique. Son intervention est violente et douloureuse ». S 11-V102
( Boukhari et Muslim)
Source : les jardins de la piété
QUESTIONS-REPONSES
QUESTION 1
Quel est l'ange qui a fait la première révélation au Prophète Mouhammad (SAW)?
RÉPONSE 1
C'est l'ange Ganel. C'est d'ailleurs lui qui été son compagnon de révélation.
QUESTION 2
Mouhammad (SAW) était-il le seul mecquois à refuser l'adoration des idoles?
RÉPONSE 2
Non : les historiens signalent qu'il y avait d'autres mecquois qui agissaient ainsi comme le Prophète (SAW) par révolte contre paganisme insensé tout en restant fidèle à la Kaaba.
QUESTION 3
De quand date la pierre noire? Est-ce de l'époque du Prophète (SAW) ?
RÉPONSE 3
La pierre noire ne date pas de l'époque du Prophète Mouhammad (SAW). Elle date, selon plusieurs sources, probablement de l'époque d'Abraham lui-même et existe jusqu'à nos jours.
Plume Libre
B.P. 174 CIDEX 03 ABIDJAN 08
TÉL : 22-42-67-79
Site Internet : http://www.oni.ci
DÉPÔT LÉGAL
N° 2732 du 07/09/1991
EDITEUR : CEID
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION
Koné Issa
RÉDACTEUR EN CHEF
Doumbia Ibrahim
SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE LA RÉDACTION
Koné Bakary Ballo
DIRECTEUR COMMERCIAL
Aw Abdulatif
IMPRESSION
NEW PRINT
DISTRIBUTION
CEID - Communication
Tél : 05-68-00-49
NOMS ET ADRESSES DES MOSQUEES DES COMMUNES D'ABIDJAN
ADJAME
• Grande Mosquée d'Adjamé
Tél : 20-37-51-69 / 09BP :1759 Abj 09
Imam : Fofana MOUSSA
- WILLIAMSVILLE
Imamm : Coulibaly Ismael
20-37-74-16 / 02 BP 268 ABJ 02
ATTECOUBE
Imam : Bakari Chérif
07-89-84-22
COCODY
• Mosquée Aghien
Imam : fofana Boikari
22-42-67-79 / 22-427-18-89
• Grande Mosquée de la Riviéra Golf
Imam : Traoré Mamadou
22-43-12-10 / 22-44-10-03
KOUMASSI
• Mosquée Aklomiabla
Imam : Ousmane Touré
21-36-38-74
• Mosquée SOGEFIA
Imam : Omar Sanogo
07-83-69-77 / 21-36-03-43
MARCORY
• Mosquée 17 Rue D. Blanchard
05 BP 186 Abj 05
Imam : El-Hadj Diallo A
• Mosquée Alioban II
21-26-30-96
11 BP 1360 ABJ 11
Imam : Yanogo Abdoul
PLATEAU
• Mosquée de l'Hotel de ville du Plateau
IMAM : Cissé Djiguiba
21-26-36-13 / 05-95-43-75
PORT BOUET
• Mosquée Abattoir
Imam : Labas Camara
TREICHEVILLE
• Mosquée André Kouassi
Imam : Diarra Daouda
21-25-15-74 / 07-01-51-77
• Mosquée AL HODA
Avenue 20 Rue 17
Imam : Cissé ABBA
21-24-12-18 / 05-00-53-24
YOPOUGON
• Grande Mosquée
Imam : Kramoko Mamadou
23-46-78-23
• Mosquée BILAL
Imam : Koné Idriss Koudouss
23-46-76-76 / 23-46-66-37
ABOBO
• Mosquée Marché
Imam : Diaby Moustapha
• Abobo Centre Gd Marché
Imam : Bamba Ouattara
24-39-38-43
Plume Libre n° 63 du 18 au 24 Mai 2001
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Plume Événement
ENTRETIEN AVEC... S.E ESSY AMARA (Ancien ministre des Affaires étrangères)
Privilégeons l'intérêt de la Nation
Dans le cadre des ses grandes interviews, Plume Libre a rencontré le Ministre Essy Amara, diplomate de carrière, ancien Ministre des Affaires Etrangères, représentant de la Côte d'Ivoire à l'ONU, ex président de l'Assemblée générale de l'ONU. Ce dernier s'est prêté à nos questions qui ont porté sur de nombreux points, notamment sa vie en tant que musulman, ses rapports avec la politique, avec Houphouet Boigny, les rapports de la Coted'Ivoire avec les pays arabes, la réconciliation nationale. Dans ce premier document, nous nous intéressons à ses propos sur la réconciliation nationale, sur les relations entre la Côte-d'Ivoire et les pays arabes et sur ses relations avec feu Felix Houphouet Boigny.
PROPOS RAPPORTÉS PAR KÉMÉ BRAMA, DOSSO IBN HOUSSEIN, GUIDO IBRAHIM
P.L : Comment expliquez vous ce qui est arrivé à notre pays aujourd'hui ?
E.A : En fait, ce qui est arrivé aujourd'hui a été provoqué. L'on a l'impression que les tueries qui sont à Gagnoa, Abengourou, Odienné etc. réagissent par rapport à ce qu'ils ont entendu de la part des politiciens guidés par leurs ambitions personnelles. Comme il n'ont pas une force de capacité ou faculté de discernement dans ce monde trop complexe, cela conduit inévitablement à un débordement. On exagère tout, on spécule sur toutes sortes de rumeurs. Ce qui est paradoxale, c'est qu'en réalité, tous ceux qui ont suscité cette situation sont ceux qui ont une capacité de savoir jusqu'où on peut aller, ou, jusqu'où on doit s'arrêter. Si on analyse bien les choses, on voit qu'on a franchi des lignes qu'il ne fallait pas franchir de parts et d'autres pour des ambitions personnelles. Aujourd'hui, par rapport à notre pays, on exagère tout, parce que nous avons été un modèle. Dans une classe, quand vous êtes premier, tout le monde aspire à vous rattraper. La Côte-d'Ivoire avait une telle longueur d'avance sur les autres que tout ce qui lui arrive est exploité à souhait. Tout n'a pas été parfait, bien des erreurs on été commises dans la recherche de l'édification de la nation ivoirienne. Ces erreurs sont imputables bien sûrs à certains de nos responsables mais également à nos anciens colonisateurs dans le cadre des conflits Est- Ouest.
Est-ce que c'est Pinochet seulement qu'il faut culpabiliser pour la violation des droits de l'homme dans son pays ? Pinochet, tout comme Mobutu, Samvibi étaient dans un certain contexte considérés comme des combattants de la liberté pour le monde dit libre. Ce qui arrive à notre pays aujourd'hui fait mal à tous ceux qui nourrissaient une ambition pour lui.
P.L : Quels sont les sentiments qui vous animent devant cette situation ?
E.A : C'est un sentiment de tristesse. Voyez aujourd'hui toutes les souffrances que nous vivons. Voyez la Situation dans les campagnes. Quand vous vous rendez aujourd'hui dans un village, tout le monde vous tend la main et cela fait pitié. Qui en est responsable ? C'est nous. Et nous avons tous des parents dans cette situation. Par ailleurs, quand je vois tous ces jeunes d'Adjamé ou de Treichville qui ne font rien à cause de la situation socio-politique, je me demande ce que sera leur avenir qu'on est en train d'hypothéquer. Quand on voit l'état des bidonvilles, cela fait peur en tant que responsable politique. De même, Regardez le port aujourd'hui, regardez les recettes de l'Etat. Plus les jours passent, plus le fossé tend à s'accumuler. Notre appareil économique est devenu obsolète. Regardez nos routes ! Or pour faire une route, il fallait 100 millions aujourd'hui, avec la dévaluation, il faut au moins 250 millions ; les recettes n'ont pas évolué pour autant.
P.L : Monsieur le Ministre, il est de plus en plus question de réconciliation nationale. Selon vous, que faut-il pour qu'on arrive à se réconcilier ?
E.A : Je crois que la réconciliation est nécessaire et indispensable. Quelles que soient les ambitions personnelles des uns et des autres, quand on est un cadre digne de ce nom, et qu'on est un patriote, les ambitions personnelles ne doivent pas passer devant les ambitions de la nation. Je crois que c'est à ce niveau qu'il faut qu'il y ait un ressaisissement. Aujourd'hui, qui peut tirer fierté ou s'enorgueillir à la tête d'un pays qui a atteint un tel niveau de déstabilisation ? Il faut que les gens soient capables d'appréhender tous les contours qui régissent la place de la Côte-d'Ivoire dans la sous région, en Afrique et dans les relations internationales.
En fin de compte, être chef pour être chef ne veut rien dire ! Il faut chercher à être chef dans un pays qui est envié !
Vous savez, les Européens, quels que soient les conflits qu'il y a chez eux, quand ils s'asseyent ils discutent intelligemment. Les responsables discutent avec objectivité parce qu'ils visent l'intérêt de leur pays et non de leur personne. Donc, ce cas, tous les amalgames de solutions sont possibles. Il faut que les gens se surpassent et ne voient pas les choses de manière passionnelle comme c'est le cas aujourd'hui. Il faut que les responsables à un certain niveau le plus élevé possible, qui ont la capacité d'avoir une lecture objective de tous les paramètres (sociologique, économique etc.) qui concourent au développement de ce pays, à sa place dans la sous-région, en Afrique et dans les relations internationales fassent taire leurs ambitions personnelles et se pencher sur la recherche d'une solution pour le pays uniquement afin de sauver la Côte-d'Ivoire. Dans tous les cas, quel que soit celui qui sera à la tête du pays, il ne pourra résoudre les problèmes de la Côte-d'Ivoire. Dans dix ans, on aura les mêmes problèmes si le tissu social n'est pas colmaté. Chaque responsable politique devra méditer le verset de la sourate Bakara qui dit « Dieu donne-nous les moyens de supporter les charges que tu as laissées sur nos épaules » car le pouvoir est difficile à gérer.
P. L. : Par rapport à l'atelier de Bassam, certains observateurs estiment qu'il fallait que les tuteurs même du conflit viennent à la table de réconciliation. Qu'en pensez vous ?
E. A : Cela me rappelle la situation du Libéria. Pendant un moment, on a tout fait pour négocier la paix, mais on n'avait pas d'interlocuteur. Il n'y avait que les chefs de factions. Et on a dit qu'il fallait gérer un conseil pour pouvoir gérer ce conflit. Moi j'ai demandé que les chefs de factions soient membres de ce conseil. Les chefs d'Etats de la sous région m'ont dit non car il ne voulaient pas d'eux parce qu'ils avaient les mains pleines de sang. Je leur ai dit que les porte-voix ne pourraient rien décider. Les leaders n'ont pas pris part au conseil. Cependant, leurs représentants n'ont fait que véhiculer leurs messages. Lorsqu'on s'est rendu compte qu'on tournait en rond, on a été obligé d'accepter les vrais responsables à la table de négociation. Et le problème a pu trouver une solution.
P.L : Dans le cadre de cette réconciliation nationale, quel appel pouvez-vous lancer à tous ?
E.A : Dans le sens, je m'en réfère au verset 26 de la sourate AL Imram (sourate 3) qui dit «Ô Allah, Maître de l'autorité absolue. Tu donnes l'autorité à qui tu veux, et tu arraches l'autorité à qui tu veux. Et tu donnes la puissance à qui tu veux, et tu humilies qui tu veux. Le bien est en ta main et tu es Omnipotent». En réalité, c'est Dieu qui donne le pouvoir. En fin de compte, il faut qu'on se dépasse. En réalité les conflits se rencontrent partout.
P.L : Monsieur le Ministre , Que pouvez-vous nous dire sur les relation entre la Côte-d'Ivoire et les pays arabes ?
E .A : Je crois que ces relations sont très bonnes. J'ai remarqué une chose quand j'étais ambassadeur aux Nations-Unies. La Côte-d'Ivoire est rentrée au conseil de sécurité en 1964. Et jusqu'en 1992 on n'y est plus retourné alors que certains pays de la sous-Srégion y sont entrés deux à trois fois. Je l'ai signifié au président Felix Houphët Boigny en lui disant que notre position de pays important, ne devrait pas nous permettre de rester en retrait parce que, être au conseil de sécurité prouvait que nous jouions un rôle important.
Il m'a dit :« Attention, on a un problème. Ma politique sud-africaine est mal comprise de même que mes relations avec Israël. Tu risques d'avoir beaucoup d'Etats contre toi ». Je lui ai signifié qu'on pouvait gagner dans la mesure où j'avais déjà passé neuf ans dans cette enceinte. Il m'a dit : « Vas-y mais si tu échoues, je te relève de ton poste ». Quand j'ai posé la candidature de la Côte-d'Ivoire, certains pays qui voulaient se positionner ont commencé à intoxiquer les autres en disant que la Côte-d'Ivoire dialoguait avec les blancs sud-Africains ce qui l'empêcherait de défendre les positions contre l'Apartheid et en plus, elle avait des relations avec Israël, ce qui l'empêcherait également de défendre la cause arabe.
Effectivement, la ligue arabe avait envoyé un message de voter contre la Côte-d'Ivoire lors des élections. C'est en ce moment que j'ai vu la dimension de la foi. Les Ambassadeurs arabes m'ont appelé pour me dire qu'il avaient reçu des instructions pour voter contre mon pays. Cependant ils ont précisé qu'ils ne pouvaient pas voter contre la Côte-d'Ivoire parce que, s'ils le faisaient, ce serait voter contre ma personne, c'est à dire, un frère musulman. De ce fait ils ont décidé de voter pour moi. Et comme c'était un vote secret notre pays est passé dès le premier tour avec le pourcentage le plus élevé. Sachez qu'en ce moment j'étais non seulement musulman, mais vice- président du conseil d'administration de la Mosquée de New-york. J'avais donc de très bons rapports avec le monde musulman mais également avec tous les Ambassadeurs des pays arabes. Les liens de la religion ont donc joué. A travers donc ces liens personnels, on a développé nos relations avec les Etats arabes. Cependant, il faut signaler que les Etats arabes ne comprenaient pas un aspect de notre politique. C'était notre position d'abstention au niveau des votes. Cela s'expliquait par le fait qu'Houphouët était en relation permanente avec Arafat. Voter les résolutions c'est une chose, mais il faut quand même des gens qui puissent établir un pont entre les belligérants. Nous l'avons fait. Cela demandait une certaines prise de position d'abstention de notre part et non de vote pour, qui ne faisait pas avancer les choses. Ce que je souhaite aujourd'hui, c'est que l'Arabie Saoudite ouvre son Ambassade dans notre pays. La promesse avait été faite. J'avais rencontré le roi Fahd dans ce sens, de même que le ministre Faysal. Ce dernier sait que la Côte-d'Ivoire ne peut être vue religieusement mais important. A preuve, la participation de la Fondation Zahed à la construction de la Mosquée du plateau est une reconnaissance du fait que la Côte-d'Ivoire est un pays important où mortier musulman et Animiste où il y a Beaucoup de paix. L'Arabie Saoudite a toujours dit qu'il faut qu'on soit membre de l'O.C.I (l'Organisation de la Conférence Islamique). C'est une enceinte de conférence Islamique, mais en réalité, cela n'a rien de musulman. On n'y parle pas de religion. On y parle que de coopération économique et politique.
Etant donné que la moitié de tous les pays aujourd'hui sont islamiques, on peut vraiment voir dans quelle mesure on peut être membre sans pourtant enfreindre la laïcité de la Côte-d'Ivoire. Des pays comme le Gabon, le Bénin, le Togo, en sont membres, alors que la Côte-d'Ivoire compte plus de musulmans que ces pays qui sont également des pays laïcs. En fin de compte, les gens opposent la laïcité et l'appartenance à la conférence Islamique. Ce qui est une réaction on ne peut plus fausse. Quand j'ai fait cette déclaration, les gens m'ont tapé dessus. On avait acquis le statut d'observateur je crois que maintenant on doit chercher à être membre de cette institution sans que cela puisse nuire à la laïcité de la Côte-d'Ivoire. En plus, nous sortons des problèmes économiques. Dans cette institution, il y a beaucoup de projets dans ce sens, surtout au niveau de la BID (Banque Islamique de Développement) où il y a beaucoup de prêts concessionnels qui sont très importants pour des pays en voie de développement. Je crois que ce sont des opportunités qu'on peut saisir.
P.L : Vos rapports avec Félix Houphouet Boigny ?
E.A : C'était un grand homme et un grand croyant. Il a construit plus de mosquées que d'Eglises, les personnes qu'il a envoyés faire le pèlerinage ne se comptent pas. Vivre à ses côtés m'a permis de savoir combien il avait intégré à la fois les religions chrétiennes et musulmanes. Quelques fois, je lui parlais de certaines sourates. Il me disait de les lire. Une fois, je lui ai dit que les mots de Marie (sourate mariam) étaient identiques dans la bible et dans le Coran. Il m'a fait lire la sourate à trois reprises et il a été convaincu. J'ai vécu une expérience avec lui qui m'a marqué. J'étais avec lui quand les gens se sont promenés avec des pancartes qui portaient les écriteaux « Houphouët voleur ! ». Il m'a dit : « Qu'est ce que j'ai fait à Dieu pour mériter un tel sort ? ». Je n'avais pas de réponse. Quelques jours plus tard, il m'a appelé et m'a dit : « J'ai trouvé la réponse. Dieu nous soumet à des épreuves pour juger notre degré de foi. Mais je sais qu'on va s'en sortir car Dieu aide toujours ceux qui lui font confiance ». C'était un catholique, mais quand je voyais son attitude vis-à-vis des choses, je me disais que sa croyance en Dieu était très forte. Pour dire que, ce sont des individus qui amènent toujours des problèmes avec les religions. Cependant, je crois que ce qui est fondamental, c'est que le musulman soit assez fort aujourd'hui. C'est vrai que notre religion est liée à un contexte économique. Autant les catholiques sont indépendants autant nous les musulmans ne le sommes pas. Le nombre de musulman s'accroît dans le monde. Il faut qu'on comprenne qu'on peut atteindre tous nos objectifs pourvu que nous soyons unis, solidaires et que nous pratiquions une politique de paix, de dialogue. Les difficultés, on va les surmonter.
Plume Libre n° 63 du 18 au 24 Mai 2001
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Plume Evénement
GROS PLAN SUR LA COMUREL
LA COMUREL -
Une petite communauté dans la cour des grands
La Communauté musulmane de la Résidence Latrille (COMUREL) est une modeste communauté qui fait cependant de grandes choses. Plume Libre a décidé de vous la présenter.
KÊMÊ BRAMA
LA COMUREL est la Communauté située entre Angré et le Plateau Dokui (Cocody). Longtemps, seule une cinquantaine de familles est située dans le secteur des mahoukas (une opération immobilière) sis près du Boulevard Latrille. Elle est dirigée par le frère Diarra Aboubacar depuis quatre ans. Il a succédé au frère Savané Kalilou, aujourd'hui un des vices Imams de la mosquée.
Interrogé sur l'« autonomie » de sa communauté, le frère Diarra a répondu : « les musulmans sont de plus en plus nombreux, et le nombre de ceux qui prient dans les mosquées augmente. De ce fait, toutes nos mosquées sont bondées que ce soit à Aghien, Angré, Dokui, etc. C'est ce qui a suscité la politique de rapprochement dans notre secteur, sinon, auparavant, nos membres priaient dans ces quartiers précités ». Au plan organisationnel, en plus du bureau exécutif, dirigé par le frère Diarra, il y a une équipe imamale composée de trois personnes notamment les frères Karamoko Gaoussou (Imam principal), Doumbia Mahamoud (premier vice-Imam) et Sy Savané Kalilou (deuxième vice-Imam). Dans le fonctionnement de la communauté, le bureau exécutif est sous l'autorité de l'équipe imamale. En plus de ce bureau exécutif, se trouve un comité féminin dirigé par hadja Coulibaly Sanata. Leurs actions touchent à la fois les domaines social et religieux. Au plan social, elles participent aux baptêmes, aux funérailles et à l'organisation pratique des manifestations. Au plan religieux, en plus de leur participation aux prières quotidiennes dans la mosquée, elles organisent tous les premiers Dimanches du mois une conférence ou une causerie-débat. Les jeunes ne demeurent pas en reste dans l'organisation de la communauté. Ils aident leurs aînés dans l'organisation des différentes manifestations et à l'entretien de la mosquée.
Au total, la communauté musulmane de la résidence Latrille tire son épingle du jeu par la volonté de ses membres dévoués pour la cause de Dieu.
El Hadj Diarra Aboubacar, Président de la COMUREL.
Enfin une Mosquée de vendredi
Le Vendredi 27 Avril 2001 restera un jour gravé à jamais dans l'esprit des fidèles de la COMUREL. Et pour cause ! Ce jour-là, la mosquée du quartier a été érigée en mosquée de Vendredi. Cette mosquée construite, il y a environ 6 ans n'abritait pas cette office si importante compte tenu de sa modicité en ses débuts. Elle vient de subir une transformation qui lui a la fois agrandie et embellie. Aujourd'hui donc, les fidèles de ce quartier n'auront plus besoin de se rendre dans les quartiers environnants pour la prière du jour saint en Islam. A l'occasion de cette manifestation qui s'est déroulée en présence de nombreux Imams dont El Hadj Abou Coulibaly (1er Vice Imam d'Aghien), El Hadj Bakoroba Bakayoko (Imam de la mosquée de Port-Bouët) et Adam Touré (Imam de la mosquée du Dokui Extension), l'Imam Gaoussou Karamoko a prononcé son premier sermon. Ce sermon a porté essentiellement sur l'importance d'une mosquée dans une communauté. Pour l'Imam, la mosquée est un lieu saint où na doit être adoré qu'Allah. Conformément au verset 18 de la sourate les Djinns. Mais, au-delà de cet aspect de culte, la mosquée est également un lieu de socialisation des fidèles puisqu'elle sert de cadre aux mariages, aux baptêmes et à l'instruction religieuse et spirituelle.
Après la prière de deux rakats qu'impose la Fatihat pour ce jour saint, l'Imam Abou Coulibaly d'Aghien a pris la parole et a prodigué de sages conseils à l'assistance.
Selon lui, l'Imam n'a pas de parti-pris dans une mosquée encore moins de partisans. De ce fait, ce dernier doit éviter de se mêler à une quelconque intrigue. La communauté de son côté doit le respecter et lui obéir selon les recommandations de Dieu car selon l'Imam Abou Coulibaly, Dieu humilie tout ceux qui s'en prennent aux Imams. Pour clore son prêche, il a tenu à remercier l'âme généreuse qui a offert le lieu de culte à la COMUREL. Pour lui, celle-ci s'est déjà achetée une place au paradis. La cérémonie s'est achevée par une bénédiction finale.
K.B.
Une bâtisse offerte à Allah.
L'Imam dans de bonnes mains
KELETIGUI SYLLA
L'Imam est la cheville ouvrière dans l'animation de la vie d'une communauté. En effet, sans Imam, une communauté musulmane se trouve amputée de l'un de ses fondements essentiels. Ce postulat, les frères et sœurs de la COMUREL l'ont compris, en menant une politique volontariste qui mérite d'être portée à l'intention de tous les musulmans de Côte d'Ivoire.
Voici une communauté qui compte à peine cinquante familles constituées à majorité d'enseignants, donc de cadres sans grands moyens. Cependant, elle a décidé de prendre en charge son Imam pour que ce dernier puisse s'occuper de leur éducation religieuse et spirituelle. Pour cela, elle a investi pratiquement la totalité de ses recettes, issues des cotisations et des dons dans la location d'une villa pour l'Imam, en plus de ses émoluments. Pour le président Diarra : « Cela constitue une priorité, car sans un Imam à l'abri des besoins essentiels, une communauté ne peut prospérer. Ce que nous lui donnons comme émoluments ne le met pas à l'abri de tous les besoins certes, mais peut résoudre certains problèmes ». Dans les faits, dès la création de la communauté, ses membres ont demandé à la LIPCI de mettre à leur disposition un Imam. Ce qui fut fait. C'est en cela que le frère Karamoko Gaoussou fut mis à la disposition de la COMUREL. Ce dernier à ses débuts n'officiait que les prières de Tarawi du mois de Ramadan, compte tenu de son lieu d'habitation situé à Yopougon. Par la suite, après l'acquisition d'une mosquée offerte par une âme généreuse, sa présence constante sur les lieux devenait une obligation ; cela, comme il fallait s'y attendre, lui créait beaucoup de désagréments compte tenu de la distance, Angré-Yopougon. Chaque soir, l'Imam parcourait environ quarante Kilomètres pour officier les prières de Maghrib et de Ichââ et cela durant cinq ans. La COMUREL voyant cela a pris ses responsabilités. Mais chaque chose a un prix, et le prix de cette politique volontariste s'élève à... 90% des dépenses de la communauté. Sans commentaire !
El Hadj Karamoko Gaoussou, Imam de la COMUREL.
Ni vue, ni connue
Il y a des présents qu'on aime offrir aux êtres qui nous sont chers : fleurs, portables, voiture, pour avoir une réponse rapide à une demande de mariage, quand on courtise l'âme sœur avec laquelle on veut fonder son foyer. Dans nos contrées lointaines, ce sont les moutons, les cabris ou à un degré moindre des poulets qu'on offre à un sous-préfet pour obtenir ses faveurs. Dans divers domaines les cadeaux sont légions. Mais, il y a cadeau et cadeau. Et il nous a été donné l'occasion de voir un cadeau particulier à la résidence Latrille : il s'agit d'une mosquée. En effet, la coquette mosquée de la COMUREL, une bâtisse peinte en blanc immaculé, a été offerte par une âme généreuse de surcroît une femme ! Lorsque nous l'avons su, nous avons cherché à la rencontrer. Après moult tentatives, nous arrivons à la joindre au téléphone. Mais hélas !
La sœur en question se confond en excuses : « Je vous en prie. J'ai posé cet acte pour plaire à Dieu et je tiens à garder l'anonymat. Je vous en prie. Le meilleur service que vous puissiez me rendre c'est de ne pas chercher à me rencontrer pour une interview ! » Têtu comme une mule nous insistons. Mais choux blanc : refus poli mais catégorique. Ni vue, Ni connue!
K.B.
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Plume Société
LES ENFANTS DE LA RUE
Une existence de galère !
YAHAYA IBN HOUSSEINE
Un groupe d'enfant jouant dans la rue.
Malgré les difficultés et les circonstances imprévues liées à l'éducation des enfants, le phénomène des enfants de la rue reste méconnu de la société traditionnelle. Cependant, en milieu urbain, il est devenu un fléau social qui préoccupe à la fois parents, éducateurs, autorités politiques et religieuses.
Outre les dangers qu'ils encourent, ces enfants qui se retrouvent pour diverses raisons hors de leur famille, constituent une pépinière pour le banditisme de tout genre. Ils sont par voie de conséquence une menace pour la collectivité et l'ordre public.
Dès lors, on peut se poser les questions suivantes :
• Pourquoi sont-ils dans la rue ?
• Quelles en sont les conséquences ?
• Quelles sont les solutions que nous pouvons apporter à la résolution de ce phénomène.
Avant toute analyse de ce fléau, il nous incombe de savoir qui sont les enfants de la rue. Ce sont des adolescents qui vivent en dehors de tout cadre institutionnel, tels que famille ou centres spécialisés. Ils sont livrés à eux-mêmes.
Dans notre enquête nous avons rencontré deux catégories d'enfants. Nous avons jugé opportun pour la bonne compréhension du phénomène, de signaler la présence des enfants dans la rue qui est une autre catégorie d'enfants. Ces derniers vivent régulièrement dans des familles et d'autres formes d'institutions mais passent l'essentiel de leur temps dans la rue. Ils s'y trouvent sur recommandation de parent, de tuteur ou de maître. Ils sont différents des enfants de la rue.
Il y a plusieurs raisons à la désertion des familles par les enfants de la rue. Ce sont :
• La désintégration et le mauvais fonctionnement de la cellule familiale ;
• Les crises du système scolaire (échec scolaire etc) ;
• La dégradation des valeurs culturelles ;
• La diffusion de mauvais modèles par toutes les formes de médias ;
• La mise en veilleuse des valeurs religieuses ;
• L'absence d'une politique sociale ;
• La crise économique (la paupérisation des populations) ;
• Les conflits armés dans les pays comme l'Angola, le Libéria etc.
Cette liste n'est pas exhaustive. Nous allons nous intéresser avec le jeune TRA BI Boniface à la désintégration familiale due au décès de sa mère.
En réponse à la question, que fais-tu dans la rue ? Tra Bi Boniface répond : « Je vivais avec mes deux parents jusqu'au décès de ma mère. Nous sommes deux enfants, mon petit frère et moi. Les parents de ma mère sont venus le chercher. Je vivais alors seul avec mon père. Il ne s'occupait pas de moi. Il est devenu alcoolique. Il ne rentrait pas à la maison et je restais toujours sans manger. Avec l'absence prolongée de mon père, j'ai quitté la maison et j'avais alors 11 ans. Depuis huit ans, je suis dans les rues. De la rue, j'allais vendre des jus pour une dame qui habite à Cocody. Pendant, cette activité, j'ai contracté la tuberculose. Des sœurs chrétiennes m'ont recueilli et m'ont soigné. J'étais devenu chrétien pratiquant. Au cours d'une promenade j'ai rencontré mes anciens camarades de la rue. J'ai été tenté et j'y suis retourné, il y a la liberté ».
Nous avons aussi rencontré des cas insolites comme celui de Coulibaly Dramane 16 ans venu du Mali via Dimbokro. Quand on lui demande comment il est arrivé à Abidjan, en passant par Dimbokro, mystère, il dit seulement je suis à Abidjan et c'est tout.
Un autre cas que nous avons observé et quelque peu lié à la diffusion d'anti-valeurs par les médias notamment la télévision est celui du jeune Ouédraogo Boukary 12 ans qui a quitté la maison depuis l'âge de huit ans. Cet enfant n'incrimine en rien ses géniteurs. Il dit que ses parents sont gentils et socialement enviables. Son père est propriétaire de taxis wôrô-wôrô à Port-Bouët et sa mère est vendeuse au marché. Il dit que ses parents sont très attentifs à leurs besoins. « Pourquoi as-tu quitté la maison alors ? » - « Je veux être seul, me débrouiller pour avoir de l'argent pour passer un permis de conduire et devenir chauffeur. Je veux vivre indépendant ou avec quelqu'un d'autre que mes parents pour apprendre un métier ». Il affirme que ses parents sont venus le chercher dans la rue mais une fois à la maison, il s'est enfui. Le petit Boukary nous dit que s'il demande aujourd'hui un vélo à son père que celui-ci le lui achètera, mais pourquoi tu leur crées donc ? des misères. Je veux vivre sans eux. Je viendrai un jour bien habillé et je pense qu'ils auront des raisons d'être fiers ! »
Le cas du jeune Kouassi Alain 13 ans venu de Bondoukou relève des effets pervers de la déscolarisation : « J'étais au CM2 à Abidjan ici chez mon oncle qui habite à Anono. Mon oncle qui faisait tout pour moi a été licencié. Alors je me suis retrouvé sans appui. Lors d'une promenade, j'ai rencontré Ouédraogo Boukary et depuis ce jour, je suis dans la rue ».
Les enfants une fois dans la rue constituent un groupe distinct. Le fléau présente des symptômes qui n'échappent pas à l'observation.
Au cours de notre enquête, les symptômes les plus récurrents ont été les suivants :
• La présence en bande ou en solitaire des enfants ;
• L'occupation illégale du domaine public ;
• Un langage particulier ;
• Le gardiennage de véhicule, le port des bagages.
A l'avenue du Dr. Crozet au Plateau, il y a une bande de gardiens de véhicules très agressif. Pendant la pause, ils dorment à même le sol sur le gravats de la BICICI (siège). Concernant l'occupation anarchique du domaine public, l'embranchement qui se trouve entre le Boulevard Giscard et le Boulevard de Marseille a retenu notre attention. Toutes les alentours du parc d'attraction un lieu très fréquenté par les enfants de la rue. Ils y ont construit des baraquements qui défient toutes les logiques. On trouve des jeunes d'ao8 à 19 ans qui vivent dans une discipline propre à eux et plus rigoureuse qu'en famille. Par exemple, le visiteur ne parle qu'avec le chef, il détient seul le droit de donner des informations.
Comme tout le monde le sait, la rue à Abidjan a son langage propre à elle. Ce français est différent de la langue de Molière originelle. On y trouve plusieurs variantes dont le Nouchi qui a été véhiculé par des Médias et certains artistes issus eux-mêmes du ghetto... Le phénomène des enfants de la rue engendre des conséquences qui portent préjudice à la société en général.
Comme conséquences de ce phénomène, nous avons :
• la mendicité ;
• la délinquance juvénile ;
• le vol ;
• la complicité de banditisme et de crime ;
• la prostitution (pédophilie) ;
• la drogue et les stupéfiants ;
• la violence de toute nature ;
Les enfants sont tous formels, pour la nourriture, ils se débrouillent temps autant que faire se peut. Toutes les manières leur paraissent utiles pour survivre. Ainsi ils mendient et comme cela ne marche toujours pas ils chapardent. Ils ne sont pas des voleurs encore moins des méchants mais les circonstances les y obligent. Les jeunes nous ont signalé les accointances des plus grands avec des personnes peu recommandables. Certains sont soupçonnés d'implication dans les actes de grand banditisme. D'autres parmi nous a dit K.K sont devenus pédophiles, leur train de vie a changé. A travers ces derniers exemples, nous nous sommes rendu compte que le phénomène des enfants de la rue a des conséquences importantes sur la jeunesse. C'est donc un fléau social que tout le monde devrait s'atteler à combattre. Malheureusement, selon ces enfants, des ONG se servent de leur situation pour se faire une place au soleil.
Pour éviter toutes ces arnaques, nous lançons un appel à tous, société civile, hommes femmes, mais particulièrement les religieux qui représentent la conscience de la société. C'est dans cette optique que nous comptons recueillir l'avis d'un religieux et d'un sociologue sur ce problème préoccupant dans nos prochaines parutions.
Des enfants dans une vidéothèque.
La place des enfants : une salle de classe.
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AVIS & COMMUNIQUES
LA DIRECTION COMMERCIALE DE PLUME LIBRE RECRUTE DES DISTRIBUTEURS A ABIDJAN ET A L'INTERIEUR DU PAYS
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LES PRINCIPALES FETES MUSULMANES
1/ Nuit du Mawloud : 03 juin 2001
2/ Voyage nocturne : 12 Octobre 2001
N.B : Ces dates seront confirmées par le COSIM.
POUR LE BON MIEL DU NORD NE CHERCHEZ PLUS APPELEZ AU :
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03-09-19-13 KONE SOUNKALO
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APPELEZ LE 03-09-19-13 Ou 05-75-00-94 ou 22-42-67-79
POUR LES SOUVENIR
• Guide du soutien à l'islam de Traoré Aboubacar
• Les épreuves de la vie de El Hadj Guissé
Téléphoner au 22-42-67-79 ou au 03-09-26-17
REMERCIEMENTS DU CNOPM
Le CNOPM, remercie tous ses partenaires de l'organisation du pèlerinage 2001. A savoir, la CITIBANK, ECOBANK, AIR-AFRIQUE, SWISSAIR, ETHIOPIAN AIRLINES, EGYPT AIR, MEA, le Secours Médical Islamique , l'INSP, la Police et la Gendarmerie des aéroports d'Abidjan et de Bouaké, les services Passeports du Ministère de la sécurité intérieur, de la décentralisation, du Ministère des Affaires Etrangères et le Ministère de la Santé.
LE PLAN EPARGNE PELERINAGE DU CNOPM
EN PARTENARIAT AVEC LA SOCIETE IVOIRIENNE DE BANQUE
Comment préparer le pèlerinage à la MECQUE de l'année prochaine (2002) selon votre propre rythme, selon vos moyens financiers dès aujourd'hui même ?
• Contacter le CNOPM pour obtenir un dossier d'inscription au PLAN EPARGNE PELERINAGE
• Commencer immédiatement à épargner à la SIB sur le compte numéro 32 302 725 R
• le minimum à verser est de 25 000 FCFA
Dès que votre épargne est suffisante, le CNOPM engage après votre avis, immédiatement toutes les formalités. A savoir :
• l'établissement de votre passeport
• l'obtention de votre visa pèlerinage
• l'acquisition des billets et les réservations sur les compagnies aériennes et
• les réservations pour les logements à Médine, la Mecque, Mouzdalifa, et Arafat
CNOPM SITUÉ À L'IMMEUBLE DELAFOSSE 2ÈME ÉTAGE, PORTE 26 ESCALIER AU PLATEAU
IN MEMORIUM
17 MAI 2000
17 MAI 2001
Voici un an que notre cher bien et aimé
EL HADJ IDRISSA DIABAGATÉ
repose dans la miséricorde divine.
En ce jour anniversaire de son décès, El Hadj Karim Diabagaté Président du SABE sport de Bouna, et la grande famille Diabagaté, le Ministère Essy Amara, El Hadj Cissé Mamadou Imam de la mosquée Hadja Nabintou à Treichville, El Hadj Issouf Diabagaté Imam Adjoint, Monsieur Diané Mamadou Président du comité de gestion, les marabouts, les sages et tous les fidèles de la mosquée Hadja Nabintou vous prie de lire la Fatiha intercessive pour l'âme du défunt ; ils vous informent qu'une séance de Doua aura lieu à ladite mosquée sise à l'avenue 3 rue 21 ; le Samedi 19 mai 2001 de 9h à 13 heures.
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03-09-19-13
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ou contactez la MOSQUEE PRINCIPALE de votre quartier ou des fiches d'abonnement sont disponibles
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Le Directeur général BAKAYOKO Mamadou
JOURNEE CULTURELLE ISLAMIQUE
La Mosquée Hadja Nabitou organise dans le cadre de ses activités islamiques. Un concours de lecture coranique, de Azane et de culture générale islamique, le Samedi 9 mai 2001 dans ladite mosquée sise à l'avenue 3 rue 21 à l'ancienne maternité libanaise de Treichville à 14 heures.
Le concours est ouvert au croyants et croyantes de tout âge et de tout niveau d'étude.
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«Au Nom de Dieu, le Miséricordieux par Essence et par Excellence
CNI
CONSEIL NATIONAL ISLAMIQUE
Centre d'Etudes d'Information et de Documentation (CEID)
«Dis : O Seigneur ! accrois mon savoir » « Dieu atteste qu'il n'y a de Dieu que Lui, ainsi que les anges et ceux qui possèdent la science et qui se dressent pour la justice » S20V114 / S3 V18
LE CENTRE D'ETUDE, D'INFORMATION ET DE DOCUMENTATION (CEID) ORGANISE UN
SEMINAIRE DE REFLEXION
les 19 et 20 Mai 2001 à la Mosquée d'Aghien
THEME : LA PROBLEMATIQUE DE L'ECOLE MUSULMANE
Conférences Magistrales :
• 1. L'Ecole Musulmane en Côte d'Ivoire à l'épreuve des normes universelles de l'éducation formelle
• 2. Les Medersah en Côte d'Ivoire : Bilan et Perspectives
• 3. Enseignement technique professionnel : Quelles perspectives pour les structures de formation islamique ?
• 4. Enseignement coranique : hier, aujourd'hui et demain
TABLE RONDE : CONVENTION ETAT DE CÔTE D'IVOIRE ET L'ENSEIGNEMENT PRIVÉ CONFESSIONNEL ISLAMIQUE
QUELS INVESTISSEMENTS POUR L'ECOLE EN CÔTE D'IVOIRE ?
TROIS ATELIERS PERMETTRONT D'APPROFONDIR LES DÉBATS
PARTICIPATION : 5 000 FRS / PERSONNE
RENSEIGNEMENTS ET INSCRIPTIONS :
Siège du Conseil National Islamique à la Mosquée d'Aghien les deux Plateaux -
Tel. : 22 42 67 79 Cell. : 03 05 37 79
BP 174 Cidex 03 Abidjan-Riviéra
Tél/Fax : 224 267 79 Cell : 030 537 79
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DOSSIER
LES ECOLES CONFESSIONNELLES ISLAMIQUES
De l'espoir à l'horizon
KEME BRAMA
Le Conseil National Islamique (CNI), par le biais du Centre d'Etude d'Informations et de Documentation (CEID) organise du 19 au 20 mai à la mosquée d'Aghien, un séminaire sur la problématique de l'école musulmane. Dans ce présent numéro, nous nous intéressons aux écoles confessionnelles islamiques.
On entend par écoles confessionnelles islamiques, les écoles islamiques qui combinent le programme officiel de l'enseignement et l'éducation islamique. Ces écoles sont les équivalents des écoles catholiques ou protestantes qui existent depuis l'ère coloniale.
Il faut savoir que ces écoles confessionnelles islamiques diffèrent des medersas (écoles Arabes). Et des écoles coraniques traditionnelles.
Une vue des élèves d'une école confessionnelle Islamique.
Aujourd'hui, les écoles confessionnelles islamiques commencent à surgir. On en dénombre au moins cinq :
• Le centre Aboubacar Sidick de la Riviera Bonoumin qui se limite au jardin d'enfants ;
• L'école primaire AL Ansar de Port-Bouët ;
• Les centres islamiques Al Nadjat des Km 17 route de Dabou et du quartier Maroc de Yopougon qui se limite au primaire ;
• Et enfin le groupe scolaire Cissé Kamorou qui est le seul établissement du genre qui s'occupe uniquement de l'enseignement secondaire.
Toutes ces écoles, en plus des disciplines de l'enseignement général, enseignent la religion musulmane et la langue arabe. Cependant le nombre d'heures réservé à ces deux matières varie d'une école à une autre.
Un autre élément caractérise ces écoles. Elles baignent dans un environnement islamique avec des mosquées dans chacune d'elles. L'école primaire Al Ansar de Port-Bouët est située dans l'enceinte de la grande mosquée de cette commune. Dans ce cadre, les enseignants sont des musulmans, et la tenue scolaire, même si elle respecte les indications du ministère de la tutelle, à savoir la tenue Kaki pour les garçons et la tenue à carreaux pour les filles, a quand même quelques spécificités. Ainsi, les culottes des garçons dépassent-elles les genoux pour cause de prière, et le foulard ou le bonnet pour les jeunes filles. Cependant, malgré leur caractère islamique, ces écoles accueillent les enfants des autres confessions.
LE CENTRE ISLAMIQUE AL NADJATE DU KM 17 (Route de Dabou)
Une école à double dimension
Le centre islamique Al Nadjat est situé au kilomètre 17 sur la route de Dabou et fait partie de l'inspection de l'enseignement primaire de Yopougon. Cette école a été fondée par El Hadj Timité Gamoussou grâce à un fonds koweitien. C'est un établissement de six classes qui compte environ trois cents élèves de toutes confessions confondues. Ainsi, même si les musulmans sont nombreux, on y dénombre comme à Port-Bouët des chrétiens et même des animistes. A ce niveau, les filles non musulmanes ne sont pas obligées de porter le foulard imposé aux musulmanes mais elles doivent se coiffer ras. On y dispense une heure de cours religieux islamique par semaine que les non musulmans ne sont pas obligés de suivre. Cependant beaucoup de parents ne s'opposent pas à ce que leurs progénitures suivent ces cours.
Au niveau des résultats scolaires, la première promotion CM2 présentée l'an dernier a connu un taux d'admission de 60% à l'entrée en 6e. Au plan pédagogique, selon M. Konan Yao Didier dit Ibrahim (économe de l'établissement) des problèmes se posent au niveau des programmes et des manuels. Les manuels utilisés ont été confectionnés pour l'ensemble des écoles de Côte d'Ivoire. Ils ne respectent pas toujours l'esprit islamique. C'est pour pallier cet état de fait que le frère Konan Yao Didier dit que : « Aujourd'hui, nous essayons de réfléchir à la confection de manuels qui s'adaptent à l'enseignement islamique. Nous essayons également de déterminer la meilleure combinaison possible qui puisse intégrer l'enseignement confessionnel et laïque prôné par l'Etat. De même nous réfléchissons à la réalisation d'un programme d'enseignement type pour chaque classe du CP1 au CM2 ». Par rapport aux objectifs, M. Konan Yao Didier affirme que la mission de AL Nadjat est de former un citoyen à double dimension à savoir la dimension générale que l'enfant doit avoir pour dounia (le monde ici-bas) et la dimension religieuse qu'il doit avoir pour Yaomalkiyamat (au-delà). Pour lui donc, il s'agit de former un homme parfait qui connaît sa religion et qui est capable d'aider son pays grâce à sa formation.
A Al Nadjat, on nourrit de grandes ambitions et cela se traduit par la construction d'une deuxième école à Yopougon, quartier Maroc. Mais en plus les responsables de l'établissement envisagent d'entamer le cycle secondaire avec des classes allant de la 6e à la terminale. Espérons que ce rêve devienne réalité.
K.B.
L'école Al Nadjate.
L'ÉCOLE PRIMAIRE CONFESSIONNELLE « AL ANSAR » DE PORT-BOUET
Former des hommes et femmes complets
Située dans l'enceinte de la Mosquée de Port-Bouët, cette école fonctionne depuis 1994. Cependant elle a été officiellement reconnue par le Ministère de l'Education Nationale en 1995. Elle compte huit classes dont deux non fonctionnelles. On y compte 173 élèves (dont 73 filles et 100 garçons) répartis donc en 6 classes contrairement à l'Année scolaire 1999-2000 où l'école comptait deux cents élèves. Selon le directeur de cet établissement Monsieur KABA MAMADOU Lamine, la situation sociopolitique qu'a traversé notre pays est pour quelque chose dans cette réduction de l'effectif.
Dans cet établissement, chaque classe compte deux enseignants. Un permanent, ayant effectué un cycle normal de l'enseignement laïc avec au moins le bac pour certains, le Dues et même la licence pour d'autres chargés du programme officiel et un enseignant en arabe qui a trois heures de cours par semaine selon un programme bien défini bien qui prend en compte l'enseignement de l'arabe et du culte. Pour le Directeur de l'enseignement, Monsieur Kaba Mamadou, cela répond à un objectif bien précis : former des hommes complets pouvant s'insérer dans le tissu social et en même temps des hommes moralement bien formés grâce à leur ancrage dans les préceptes religieux islamiques. Dans ce sens on y enseigne, la vie du prophète, les sourates, la morale islamique, du CP1 au CM2. Les résultats sont révélateurs du sérieux qui caractérise l'école. En effet, en deux promotions de CM2, elle a eu des taux d'admission très encourageants ; notamment 72, 22% l'entrée en 6ème (1998-1999) soit 13 élèves admis sur 18 présentés et 53,84% en 1999-2000 soit 14 élèves admis sur 26 inscrits. Ces résultats classent l'école parmi les meilleurs établissements de Port-Bouët.
Malgré son caractère islamique, l'école est ouverte aux enfants des autres confessions. Il y a donc des chrétiens dans l'établissement. Ces enfants ne sont pas obligés de suivre les cours islamiques, cependant les filles doivent porter le bonnet. Au niveau du tarif, il est le plus bas de toute la commune soit 45 000 FCFA, cette somme prend en compte les frais d'inscription. Selon le directeur, c'est un acte social, la priorité est accordée à la formation des enfants. Enfin de compte la population musulmane de Port-Bouët, fonde beaucoup d'espoir en cette école. M. KABA Mamadou Lamine partage cette foi, comme le prouve le nom de l'établissement qui signifie « les victorieux » malgré tout, il lance un message à tous : « Cette école est celui de tous les musulmans. C'est une école qui est d'une importance capitale pour notre société. Nous comblons le vide religieux et nous préparons l'enfant à la vie de demain ». Cet appel, nous l'espérons sera entendu de tous.
K.B.
L'école Confessionnelle Al Ansar de Port-Bouët.
C'est à la mémoire de tous
Ceux qui nous ont précédé
dans l'au-delà !
Et
Spécialement au jeune
TRAORE Moussa Abdallah
des II Plateaux Aghien
né le 08-04-1990
décédé le 25-04-2001.
Les familles TRAORE,
CAMARA et la
Communauté
Musulmane des II
Plateaux Aghien
(COMUDA) vous
adressent leurs sincères
remerciements.
بسم الله الرحمن الرحيم
اللهم صل على
سيدنا محمد و
سلم تسليما
Prions pour
nos morts
« Ils étaient
parmi
nous... »
Plume Libre n° 63 du 18 au 24 Mai 2001
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