Issue
Plume Libre #58
- Title
- Plume Libre #58
- Type
- Périodique islamique
- Publisher
-
Plume Libre
- Date
- April 6, 2001
- issue
- 58
- Abstract
- Hebdomadaire ivoirien d’informations générales
- number of pages
- 9
- Language
- Français
- Contributor
-
Frédérick Madore
- Identifier
- iwac-issue-0001366
- content
-
Plume Libre
N° 58
Hebdomadaire Ivoirien d'Informations générales
du 6 au 12 Avril 2001 - Prix = 300 F.CFA
Rappel
« O vous qui avez cru ! Qu'un groupe ne se raille pas d'un autre groupe : ceux-ci sont peut-être meilleurs qu'eux. Et que des femmes ne se raillent pas d'autres femmes : celles-ci sont peut-être meilleures qu'elles. Ne vous dénigrez pas et ne vous lancez pas mutuellement des sobriquets (injurieux). Quel vilain mot que « perversion » lorsqu'on a déjà la foi. Et quiconque ne se repent pas... Ceux-là sont les injustes »
S49 V11.
GRANDE CONFERENCE Dr Ténin Touré, enseignante sociologue :
"LA SOCIÉTÉ IVOIRIENNE EST PRISONNIÈRE DU MODE DE PENSER DES POLITICIENS"
ENTRETIEN AVEC L'IMAM FALIKOU DIABY DE LA MOSQUÉE CENTRALE D'ABOBO
"Notre Mosquée est en chantier depuis 21 ans"
Les Droits de l'Homme en Islam
LES EXPLICATIONS DE L'IMAM KONÉ HAROUN DU CHU DE TREICHVILLE
14ème journée de la Femme Musulmane à Agboville
TOURÉ MAÏMOUNA (VICE AMIRATE DE L'AEEMCI) :
"NOUS ATTENDONS LE MAXIMUM DE SŒURS POUR CETTE PRÉSENTE ÉDITION"
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La Vie de la Communauté
Edito Plume
ISSAH KONE
LEÇONS D'ELECTIONS
Le processus électoral en Côte d'Ivoire a connu son épilogue avec les élections municipales du dimanche 25/03/2001. Contrairement aux élections résidentielles, et législatives, elles ont été ouvertes à tous les partis et ont donné leur verdict. Que peut-on en retenir ?
Le putsch du 24 décembre 1999 avait fait rêver le monde entier en général et les ivoiriens en particulier d'un lendemain radieux pour la Côte d'Ivoire. Tout était bien parti. Le CNSP, avec à sa tête Guéi Robert, avait promis le vrai changement aux Ivoiriens. Ce changement devait commencer par le referendum pour doter le pays d'une nouvelle constitution, de nouveaux textes réconciliateurs.
La préparation de ce premier grand rendez-vous va faire couler beaucoup d'encre et de salive : l'arbitre de la rencontre voulait lui aussi être de la partie. Cela va s'illustrer par la guerre des conjonctions ; guerre qui va influer négativement sur la population. L'amour entre ivoiriens qui prône va se muer en haine les uns pour les autres. L'après référendum sera très douloureux.
Pour les présidentielles ce sont des adversaires de taille qui vont se voir refuser la course à la magistrature suprême.
Avec les législatives, c'est au même scénario que l'on assiste. Tous ces actes posés vont susciter des réactions aux conséquences incalculables : destruction de domiciles, de lieux de culte, blessés graves et même des morts, avec au bout le charnier de Yopougon.
Mais les municipales ont vu la participation de tous. Tous les partis ont été autorisés à compétir sans exclusive. La campagne fut belle dans son ensemble, les ivoiriens se sont amusés, ils se sont régalés, ils en avaient soif. Les élections en tant que telles se sont bien déroulées et les résultats sont connus. A part quelques communes (où il y a eu des problèmes et pour lesquelles des recours ont été introduits), tout le monde a accepté le verdict des urnes et la vie en Côte d'Ivoire ne s'est pas arrêtée. C'est de cela que les ivoiriens avaient besoin.
Tous ces actes de barbarie, tous ces blessés et morts des mois d'octobre et de décembre 2000 (année de tristesse par excellence) ont eu lieu, parce que certains l'ont voulu. Ils étaient mus par une volonté manifeste de nuire. Tout simplement. Que nous enseignent les élections municipales.
● C'est la première fois qu'un parti remporte des élections, bien que n'étant pas au pouvoir. Elles démontrent ainsi que nous pouvons vivre ensemble, nous aimer, malgré nos différences. C'est ce que Dieu (le Très Haut) nous rappelle dans le saint Coran : « O hommes ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. Le noble d'entre vous, auprès d'Allah, est le plus pieux. Allah est certes Omniscient et Grand Connaisseur » S49.V13 ;
● Les tenants du pouvoir se doivent d'en profiter pour enclencher le processus de la réconciliation dont on a tant parlé tout en acceptant humblement toutes ses implications. Pour ce faire, faire appel à tous ceux qui peuvent favoriser le dialogue entre fils et filles de ce pays.
● Ces élections ont ainsi déjoué les plans de tous ceux qui voulaient en profiter pour endeuiller une fois de plus le pays.
● Toute politique d'ostracisme n'est que source de frustration qui a pour conséquences des conflits inutiles qui ne profiteront à personne. La sourate le butin nous le rappelle : « Et craignez une calamité qui n'affligera pas exclusivement les injustes d'entre vous. Et sachez qu'Allah est dur en punition » S8.V25.
● Ceux qui sont élus aujourd'hui ne se maintiendront que s'ils convainquent leurs administrés par des actes concrets. Autrement les électeurs accorderont leurs voix à d'autres prétendants. Pour dire que c'est le travail des uns et des autres qui sera jugé et non l'appartenance à telle ethnie, telle région ou religion. C'est cela que les tenants du pouvoir doivent s'atteler à faire comprendre à tous.
● ceux qui sont élus aujourd'hui sont tous des Ivoiriens et sont connus de tous. C'est cela que les tenants du pouvoir doivent s'atteler à faire comprendre à tous et laisser les nouveaux maires faire leurs preuves.
INALILAH WA INA ILEHI RADJIOUN
Plume Libre a appris avec tristesse le décès du père de
HADJA AMI FOFANA,
survenu dans la nuit du Jeudi au Vendredi 02 Mars 2001.
Le journal présente ses condoléances les plus attristées à la famille éplorée. Que notre père repose en paix et que Dieu l'agrée dans son Paradis.
JOURNEES DE LA FEMME MUSULMANE DU 13 AU 17 AVRIL 2001 A AGBOVILLE
Les femmes de l'AEEMCI se mobilisent pour contribuer à l'édification de la Nation
L'Association des Elèves et Etudiants Musulmans de Côte d'Ivoire (AEEMCI) regroupera d'ici peu, les sœurs membres au CEntre d'Enseignement TEchnique Féminin d'Agboville dans le cadre d'une activité dénommée Journée de la Femme Musulmane. Pour en savoir plus, nous avons rencontré la sœur Touré Maïmouna, Vice Amirate (vice présidente) de l'AEEMCI, chargée des Affaires féminines.
PROPOS RECUELLIS PAR GUINDO IBRAHIM
Plume Libre : Assalam Aleykoum ! Voudriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Touré Maïmouna : Je suis Touré Maïmouna, vice Amirate de l'AEEMCI, chargée des affaires féminines. Je suis également étudiante en Licence de Droit Privé.
P.L. : Bientôt toutes les sœurs membres de l'AEEMCI seront rassemblées à Agboville dans le cadre de la 14e dition des JFM. Pourriez-vous nous instruire sur les motivations de cette activité ?
T.M. : Il faut dire qu'il a été constaté au niveau du militantisme des sœurs, qu'il y avait un blocage psychologique. Pour elles, la prise de parole, les réflexions étaient l'affaire des hommes. Elles se contentaient de confectionner des mets, des jus lors des activités. C'est ainsi que les bureaux précédents ont pensé à mettre sur pied cette activité qui permettra aux sœurs de l'AEEMCI venant des quatre coins du pays et même des militantes de la sous-région d'échanger, de discuter des problèmes qui sont les leurs et d'y apporter des solutions adéquates. Ainsi, elles sont arrivées à se convaincre qu'elles peuvent et qu'elles doivent participer activement à la vie et à l'évolution de l'Islam dans leur environnement. Ces journées permettent à la musulmane étudiante ou élève de mieux apprendre sa religion et de se créer un champ relationnel dense.
P.M. : Etant aujourd'hui à la 14e édition, quel bilan pourriez-vous dresser des 13 éditions précédentes ?
T.M. : Ce que nous pouvons retenir des éditions précédentes, c'est la prise de conscience de la jeune femme musulmane étudiante ou élève de la responsabilité qui est la sienne dans la valorisation de l'Islam. Ces journées ont permis de dépasser le complexe du voile et surtout, de créer les cellules féminines qui sont aujourd'hui opérationnelle et font la fierté de l'AEEMCI et partant de la communauté musulmane toute entière.
P.L. : Pour revenir aux JFM, quel est le thème choisi cette année et quelles sont les raisons de ce choix ?
T.M. : Le thème central cette année est "Quelle participation de la femme musulmane dans le processus d'édification d'une nation". Nous avons choisi ce thème pour montrer l'appartenance de la femme musulmane à une nation. Elle vit donc dans une société qui a ses règles, ses lois. Elle n'a pas le droit de vivre en marge de celle-ci. Elle doit marquer positivement cette nation par des actions concrètes imprégnées de bon sens et d'une bonne dose de foi. C'est en fait pour motiver tout le monde entier que la femme musulmane peut servir à tout les postes, dans tous les secteurs d'activités de sa société, de sa nation.
P.L. : Quelles seront les activités de cette 14e édition ?
T.M. : En marge du thème central, il y a des sous-thèmes tels que :
● femme musulmane et société laïque : quelle responsabilité dans la valorisation de l'identité islamique ?
● quelles stratégies d'intégration sous-régionale des cellules féminines des associations musulmanes
● cellules féminines nationale : problèmes et perspectives.
Des cours, des sketchs, des jeux du sport et concours de connaissances islamiques.
P.L. : Pour parler de stratégie d'intégration sous-régionale des cellules féminines ?
T.M. : Oui, Effectivement, la création des cellules féminines en Côte d'Ivoire a servi d'exemples aux pays de la sous-région. Nous verrons donc ensemble lors des assises d'Agboville 2001, comment poser des actions concrètes pour l'épanouissement des sœurs et de la communauté musulmane. Ces cellules doivent ainsi contribuer au rapprochement des sœurs en la foi, en franchissant les barrières de nationalités géographiques, sociales, culturelles et j'en passe.
P.L. : Quels sont donc les pays attendus à Agboville ?
T.M. : Ces journées sont d'abord pour la formation, l'instruction et l'éducation de la femme musulmane, elles constituent des moments de retrouvailles. Nous attendons donc les représentants du Mali, du Burkina, de la Guinée, du Sénégal et du Niger.
P.L. : Quel appel avez-vous à lancer à vos invitées et à vos sœurs militantes ?
T.M. : Dans un premier temps, je voudrais m'adresser aux parents. Il faudrait qu'ils permettent à nos sœurs de participer massivement à ces journées. Ils ne doivent surtout pas poser d'obstacle. En laissant la possibilité aux sœurs de participer, ils leur apprendront à savoir concilier études et militantisme religieux. Quand aux sœurs, je leur demande de se mobiliser, car la recherche de la connaissance est un devoir pour tout musulman.
L'Islam est loin de la fausse image qu'on veut lui prêter
BAMBA MAMADOU
Le combat pour la justice, l'équité, les droits de l'homme est un combat de mémoire car "toute tragédie occultée, non assumée, peut se reproduire sous d'autres formes". Sinon comment fonder et considérer la paix, la réconciliation, la refonte quand on subit quotidiennement la persistance de l'injustice dans les représentations ?
Dans son émission du samedi 03 Mars 2001, "Faut pas Fâcher" a présenté une image sommaire du voile islamique en particulier du Foulah en général. Tour à tour elle présente d'abord comme dyharmonique à travers ces couleurs, ensuite comme une religion violente où la femme n'a aucun droit et enfin comme une religion appartenant à une seule et unique ethnie : le dioula.
Le voile islamique ou "masque" d'aliénation pour la femme ?
D'abord les couleurs utilisées sont le bleu foncé, le marron, le rouge. Toutes des couleurs sombres, agressives, blafardes. Elles traduisent la vision négative que les concepteurs et acteurs ont du voile. En effet le voile est synonyme de perversité, de débauche, d'hypocrisie des femmes qui se cachent derrière ce rideau, cette image, ce masque pour commettre les actes les plus ignobles. Aliénation le voile l'est, mais il est aussi perversité, car en réalité, le voile enlève à la femme l'épanouissement tant souhaité. Le voile est synonyme de la mainmise de l'homme sur la femme en Islam. C'est pourquoi il la bat quand il veut et comme il peut.
La femme : esclave de l'homme ?
- Pour les responsables de cette émission, la femme vit dans un enclos. La femme se voit du coup couper du reste du monde. Elle mène une vie marginale, recluse repliée. N'ayant aucun droit, elle est le tam-tam à battre de l'homme. L'homme la bat, l'insulte selon son vouloir, selon ses humeurs au vu et au su de tous. Pour tout dire cette représentation témoigne de la méchanceté et de la violence de l'homme envers la femme dans cette religion "Dioula".
L'Islam : Une religion de dioula ?
Tout au long de leur film, à part le français, la langue officielle, l'on entendait que le dioula parmi les plus de 60 ethnies que compte le pays. Alors, que veut-on insinuer par là ? N'y a-t-il pas d'Imams appartenant à une ethnie autre que le dioula ? Voilà le nœud de l'exclusion, de l'injustice. Car en réalité, l'Islam n'est la propriété privée d'aucun peuple, d'aucune race, d'aucun pays ou groupe ethnique. C'est une religion révélée et universelle. Il faut faire en sorte que chacun se sente bien dans sa peau. En ce sens que ces représentations jouent sur le moral d'être insulté, humilié, méprisé comme nous le sommes en Côte d'Ivoire : la longueur de notre conscience, à longueur de feuilles de chou pisseuses, à longueur de films on représente une communauté dans de caricatures grotesques et viles... Et il n'est pas inintéressant de rappeler au moment où l'on parle à longueur de journée de réconciliation, de trêve... et que sais-je... qu'il y a peut-être un malentendu entre d'une part les discours officiels qui combattent l'injustice et prônent la fraternité, et de l'autre, la représentation grotesque du musulman distillée goutte par goutte dans la mémoire collective.
Plume Libre n° 58 du 6 au 12 Avril 2001 2
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Plume Religieuse
La sourate de la semaine
LA SOURATE N°93 : SOURATE AD-DUHA (LE JOUR MONTANT)
Transcription :
Bismi-lahi-rahmani-ra-him.
1. Wa-d-duhâ
2. wa-l-layli idâ sajâ
3. mâ wadda'aka rabbuka wamâ qalâ
4. wala-l-âkhiratu khayru-l-laka mina-l-ûlâ
5. walasawfa y'utîka rabbuka fatardâ
6. alam yajidka yatîman fa'âwâ
7. wa wajadaka dâllan fahadâ
8. wa wajadaka 'âilan fa'aghnâ
9. fa'amma-l-yatîma fala taqhar
10. wa'amma-s-sâ ila falâ tanhar
11. wa'ammâ bini'mati rabbika fahaddith
Traduction :
Au nom de Dieu le très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux.
1. par le jour montant
2. et par la nuit quand elle s'ouvre
3. Ton Seigneur ne t'a pas abandonné et il n'a pas non plus détesté
4. et certes l'au-delà est meilleur, pour toi, que le présent
5. et certes, ton Seigneur va t'accorder, puis tu seras content
6. quoi ! Ne t'a-t-il pas trouvé orphelin ? Puis il t'a donné l'asile
7. et ne t'a-t-il pas trouvé égaré ? Puis il y a guidé !
8. et ne t'a-t-il pas trouvé à charge ? Puis il t'a mis à l'abri !
9. quant à l'orphelin, donc, n'opprime pas
10. et quant au mendiant ne repousse pas.
11. et quant au bien fait de Ton Seigneur raconte.
Sa révélation :
Cette sourate est la 93è dans la classification coranique mais elle est la 11è dans l'ordre de la révélation. Elle a été révélée à la Mecque dans les circonstances suivantes : Abu Mansur al-Baghdâdi a rapporté (...) que Jundub avait dit : «Une fois une Qureichite doit au Prophète (SAW) : "Je crois que ton démon t'a abandonné". D'où fût révélé : «Par le matin, et la nuit quand elle s'épaissit (couvre). Ton Seigneur ne t'a ni abandonné, ni pris en aversion»...»
(...)
D'autre part, Abu Abder-Rahmân ben Abi Hamid a rapporté que Hafs ben Saïd al Qurachi avait dit : «Ma mère m'a rapporté d'après sa mère qui était une des épouses du messager de Dieu (SAW) qu'un chiot était entré une fois à l'intérieur de la maison (du Prophète (SAW)). Il se cacha sous un lit où il mourut. Après cela, le Prophète (SAW) ne reçut aucune révélation.
Il demanda : «Ô Khawla ! que s'est-il passé dans ma maison ? Gabriel (que le salut, lui soit accordé) ne vient plus me voir".
Est-ce que je peux arranger et balayer la maison ?» (dit Khawla)
Directement après, je tendis le balai sous le lit où je sentis quelque chose de lourd. En le faisant sortir, je remarquai que c'était un chiot mort. Je le pris et le jetai derrière le mur. Et le Prophète (SAW) de venir après cela menton tremblant (il tremblait après avoir reçu la révélation) pour me dire : "Ô Khaula, drape-moi !"
C'est après cela que Dieu le Très Haut révéla : «Par le matin et la nuit quand elle couvre, Ton Seigneur ne t'a pas abandonné et Il ne t'a pas non plus détesté."
Concernant le verset 4 : «Et certes l'au-delà est meilleur pour toi, que le présent», selon Ibn Abbas, le Messager de Dieu (SAW) fut pris de joie, une fois, après avoir vu (en songe) que sa "Ummah" gagnera plus tard. C'est alors que Dieu, le Puissant et Majestueux lui révéla le verset 4.
Enfin à propos du verset 6, "Ne t'a-il pas trouvé orphelin ? Puis il t'a donné l'Asile..", Ibn Abbas dit : «le Messager de Dieu (SAW) a dit : j'ai tant voulu ne pas demander une certaine chose à mon Seigneur... Mais je l'ai fait. Je lui ai dit : "Ô Seigneur ! parmi les Prophètes qui étaient avant moi, il y a celui à qui Tu avais soumis le vent et qui Tu avais fait (...), celui qui faisait revivre les morts et il osa Jésus, fils de Marie etc... (et Dieu répondit)
● ne t'ai je pas trouvé Orphelin ?
Je t'abritai
● Sous la clef-je
● Ne t'ai je pas trouvé égaré ?
Je te guidai
● Mais oui Seigneur
● Ne t'ai je pas trouvé nécessiteux ?
Je t'enrichis
● Mais si Seigneur
● Ne t'ai je pas épanoui la poitrine
● ne t'ai je pas déchargé du fardeau
● Mais si Seigneur
Hadith de la semaine : DE LA PATIENCE
Abu Hurayra rapport ces paroles du Prophète (SAW) : «La force véritable ne se révèle pas dans le combat mais dans la maîtrise de soi sous l'emprise de la colère...»
(Boukhari et Muslim) source : les jardins de la piété.
La douâ de la semaine
À RÉCITER AVANT DE MANGER :
Transcription :
Allahomma barik lana fimâ razaqtanâ, waqinâ adhâbannar, bismillah.
Traduction :
O mon Seigneur répands la plénitude dans ce que tu nous a accordé comme portion et garde nous du châtiment de l'enfer. Au nom d'Allah.
CHAQUE VENDREDI RESERVEZ VOTRE HEBDOMADAIRE
Plume Libre
L'Ablution (LA PETITE ABLUTION)
La petite ablution est très importante chez le musulman. Dieu l'institue en effet dans le Coran (à la sourate 5 verset 6) : «Croyants ! pour vous mettre en état de prière, lavez-vous le visage et les mains jusqu'aux coudes, passez-vous les mains sur la tête et lavez-vous les pieds jusqu'aux chevilles» (S.5 - V.6)
Importance de l'ablution :
L'importance de l'ablution avant de prier apparaît d'abord dans le verset ci-dessus cité. Elle est renforcée ensuite par cet hadith du Prophète :
La prière de l'un de vous en état d'impureté ne sera admise que si ses ablutions sont faites (Boukhari).
Le mérite de l'ablution
L'ablution fait partie des éléments qui effacent les péchés et élures en degrés.
Ainsi : «Quand le musulman fait ses ablutions et se lave le visage, tous les péchés commis par ses yeux tombent avec l'eau (ou avec la dernière goutte d'eau). Quand il se lave les mains, tous les péchés commis par elles, tombent avec l'eau (ou avec la dernière goutte d'eau). Il sort ainsi de tout péché !» (Malik)
Les différents sortes d'actes de l'ablution :
Les actes obligatoires, ce sont :
● L'intention de faire ses ablutions
● Le lavage du visage
● Le lavage des mains et des bras jusqu'aux coudes
● Essuyer la tête avec les mains mouillées du front jusqu'à derrière la tête
● Le lavage des pieds jusqu'à la cheville
● Observer l'ordre prescrit de ces actes c'est à dire commencer par le visage, puis les mains, puis essuyer la tête et enfin laver les pieds.
Les actes semi obligatoires (sunna), ce sont :
● Dire bismillah au début de l'ablution
● Se frotter les dents avec une buchette d'Arak
● Se rincer la bouche
● Se nettoyer le nez (les narines)
● Démêler sa barbe
● Laver trois fois chaque membre : une fois obligatoire et deux fois complémentaires.
● Essuyer ses oreilles extérieurement et intérieurement
● Avoir un soin particulier pour les doigts et les orteils, les laver et les entrelacer
● Essuyer la tête en commençant par devant
● Après les ablutions réciter la "douâ" (voir PL N°54)
Les actes reprochables de l'ablution
● Faire ses ablutions dans un endroit impur, de peur des éclaboussures
● Laver le membre plus de trois fois
● Gaspiller de l'eau (en grande quantité)
● Omettre un ou plusieurs actes semi obligatoires de l'ablution
Ce qui annule l'ablution
En plus des quatres cités dans ce cadre dans Plume Libre N°54 il faut ajouter les actes suivants :
● Le fait de toucher une femme avec jouissance charnelle ou avec la secrète intention d'en jouir
● Par abjuration de la foi telle que blasphème contre la religion
QUESTIONS-REPONSES
COULIBALY ABOUBACAR
Question : Je voudrais savoir dans quelles circonstances les contraceptifs sont autorisés en Islam ?
Réponse : Le problème de la contraception a attiré l'attention de la communauté musulmane depuis son origine. Les théologiens se sont efforcés de proposer des solutions à partir de certains principes fondamentaux.
1. Le premier principe est le respect de la vie humaine à tous les stades. C'est ainsi que les Ulemas depuis toujours, condamnent sans équivoque l'avortement. Ils ne l'autorisent que si la poursuite de la grossesse jusqu'à son terme met en danger la vie de la femme enceinte ; dans ce cas, la sauvegarde de la mère l'emporte sur l'enfant.»
2. Le deuxième est le respect de la nature. Ainsi, il y a unanimité des Ulemas pour condamner :
a/ la stérilisation de la femme ou de l'homme car cela est une mutilation de la création de Dieu
b/ l'adoption d'une loi imposant la limitation des naissances dans tous les foyers d'une communauté, car cela revient à priver l'être humain de l'un de ses buts naturels, qui est la procréation.
3. Le troisième principe concerne le droit de la communauté sur chaque enfant. Il faut savoir qu'à ce niveau les Ulemas ont des positions divergentes :
● a/ Des compagnons du Prophète (Que Dieu le bénisse et le sauve)tels que les Califes Abu Bakr, Omar Ibn Khattâb et Ali Ibn Hazm, soutiennent que le droit de la communauté sur un enfant est plus important que celui de ses parents sur lui. Partant, ils interdisent la limitation volontaire des naissances.
● b/ Cependant certains théologiens soutiennent que le droit du père et de la mère d'un enfant vient après celui de la communauté. Pour eux donc un couple, peut décider de limiter le nombre de sa progéniture, s'il a des raisons valables pour cela. L'Imam Ghazâli, qui est de cet avis, fait remarquer :
● qu'il n'existe aucun verset du Coran faisant obligation au musulman d'avoir des enfants !
● que le droit que chacun a de ne pas se marier (droit reconnu par tous les Ulemas pour le musulman qui est en mesure de rester chaste) milite pour le droit de ne pas procréer ! Le même Imam Ghazâli indique parmi les motifs valables pour la limitation des naissances : la crainte du couple de tomber dans une gêne économique en raison d'un trop grand nombre d'enfants qu'il ne pourrait peut-être pas élever dans de bonnes conditions.
● Le souci de préserver la santé de l'épouse.
Il faut préciser cependant que ceux des Ulemas qui autorisent la contraception, y mettent des conditions telle que :
b/ la prise de la décision de non procréation de commun accord entre deux époux.
Question : Est-il permis à un musulman d'ouvrir un débit de boissons alcoolisées ?
Réponse : Dans le saint Coran est dit : «Croyant ! Les boissons fermentées, le jeu de hasard, les idoles ; les flèches divinatoires ne sont qu'ordure, œuvre du diable, évitez-les ! Peut-être serez-vous heureux.» chapitre 5 verset 90.
Le prophète Muhammad (Dieu le bénisse et la sauve) a dit : «...Dieu a maudit le vin, celui qui le vend ou l'achète, celui qui le prépare ou pour qui il est préparé, celui qui le transporte, celui qui en touche le prix.»
D'après ces textes, il est illicite pour un musulman d'ouvrir un débit de boissons alcoolisées. Le commerce de tout ce qui peut troubler l'esprit, jeter dans la torpeur ou l'inconscience (exception faite de substances médicamenteuses) est également prohibée.
Question : On dit que l'homme a marché sur la lune. Quel est le point de vue de l'Islam sur cette affirmation ?
Réponse : Allah exhorte l'homme à chercher à toujours, mieux connaître l'univers. Cette connaissance lui permettra :
● 1. de maîtriser au mieux son environnement et ainsi de profiter davantage de la générosité de Dieu qui déclare «lui avoir soumis la terre et le ciel peut-être sera t-il reconnaissant ?»
● 2. d'apprécier la grandeur du créateur — à travers les merveilles de la création (desquelles sera t-il humble ?...». L'éventualité des voyageurs spatiaux est évoquée dans le Saint Coran en ces termes : «Ô peuple des djinns et des hommes, traversez si vous pouvez les espaces célestes et terrestres. Mais vous ne les traverserez qu'avec un pouvoir (émanant de Dieu).
Lequel est bienfaits de votre Seigneur nierez-vous Chapitre 55 versets (33-34) !
De nombreux versets font ainsi appel à l'intelligence et à la capacité de raisonnement de l'homme pour aller à l'assaut des équations de la nature. Seule l'ignorance, hélas trop longtemps entretenue, explique le refus de certaines personnes ; et pas seulement des musulmans, à reconnaître que l'homme a marché sur la lune. Ce «petit pas de l'homme sur la lune, qui est un pas de géant pour l'humanité» est un événement qui ne contredit nullement les principes de l'Islam, bien au contraire. Neil Armstrong lui-même n'a t-il pas évoqué Dieu en regardant la terre de la lune ? Il a dit en substance : «Quand je considère la grandeur, je me demande qu'est l'homme pour que tu t'intéresses à lui ?»
BISMILLAHI-RAHAMANI-RAHIM
Sous l'autorité spirituelle du COSIM et le Patronage du CNI le secrétariat régional sud de l'AJMCI organise les Journées régionales SUD
● THÈME : "Quelle stratégie de mobilisation de la jeunesse musulmane dans l'épreuve ?"
● DATE : 12 au 16 avril 2001 à Divo les inscriptions sont reçues au siège de l'AJMCI , sis à Treichville Avenue 13 Rue 38, au dessus de la pharmacie Nanan Yamoussou.
VOUS Y ÊTES CORDIALEMENT INVITÉS ?
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PLUME ÉVÈNEMENT
ENTRETIEN AVEC L'IMAM CENTRAL D'ABOBO
Falikou Diaby à propos du chantier inachevé depuis 21 ans
"Nous sollicitons de l'aide pour achever la construction de notre mosquée"
La mosquée d'Abobo, près du grand marché de la commune, est un des plus vieux chantiers d'Abidjan, sinon du pays. Mais comment est-on arrivé à cette situation ? Qui construit la mosquée actuellement ? Pour répondre à ces interrogations et à bien d'autres nous avons rencontré l'Imam Falikou Diaby.
PROPOS RECUEILLIS PAR ABOU ISMAËL
Plume Libre : Oustaz, présentez-vous à nos lecteurs.
Imam Falikou Diaby : Je suis l'Imam Falikou Diaby. Je viens de Samatiguila (NDLR : Département d'Odienné). J'ai été Adjoint à l'Imam de cette mosquée en 1972 à quatre mois de la célébration de la fête de l'indépendance à Odienné. Je crois que j'ai fait trois ans comme adjoint à l'Imam. Puis je suis devenu l'Imam principal.
P.L : Depuis quand la construction de la mosquée a t-elle commencé ?
I.F.D. : la 21ème année depuis le début de la construction de cette mosquée. Et nous sommes attristé par rapport à ce qui se passe. L'argent qu'on gagnait dans cette mosquée était beaucoup. On a vu que le travail qui était fait était en deçà de l'argent que les gens donnaient pour la mosquée. Et cela a découragé les fidèles à donner de l'argent.
P.L : Qui était chargé de superviser la construction de la mosquée ?
I.F.D : La gestion du chantier était confiée à un comité. Il y avait un maçon qui venait prêcher à la mosquée ici du nom de Mamadou Salifou Koulibaly. Il est à Anyama actuellement. Ce dernier prêchait ici à tel point qu'il a eu 400 000F - Il savait faire -. Donc ce dernier a dit, quand il eu 400 000F que si on ne commence pas les travaux, on n'aura pas d'aide. Tout le monde était d'accord avec lui.
P.L : Donc la construction de la mosquée a commencé avec 400 000F ?
I.F.D : Oui c'est avec ça qu'on a commencé (...). Donc on a dit aux membres du comité : « Bon comme le monsieur a fait don de 400 000F, alors amenez l'argent que vous avez dans la caisse. Ils ont répondu qu'il n'en est pas question. Gaoussou Karamoko et Amani Fofana ont répondu qu'il n'en est pas question.
P.L : Combien avaient-ils ? A votre avis.
I.F.D : Je ne sais pas (...). Ils ont refusé. Les fidèles ont cotisé et obtenu de l'argent. C'est ce qu'on a mis ajouté aux 400 000F du Monsieur pour démarrer les travaux. Ils n'ont donc pas donné l'argent de la caisse.
P.L : Ces 400 000F et plus ont permis de construire la mosquée jusqu'à quel niveau ?
I.F.D : Au début, les gens ont commencé à nous aider. Mais cela n'est pas allé loin (...) Mais avant le début des travaux, il n'y avait plus de comité. Toutes les briques qui ont été faites ont servi à entourer la cour de la mosquée. En ce moment il n'y avait pas de comité. Et l'année où on m'a installé, ils ont fomenté deux complots : il y a un qui a marché : c'était la suppression définitive du comité de gestion. Depuis lors la mosquée ne s'est plus bien portée (...) Mais les travaux ont été menés malgré l'absence de ce comité de gestion qui s'est autodissout (...) et cela jusqu'au chaînage.
P.L : Quels contacts avez-vous pris au niveau des cadres musulmans pour vous aider ?
I.F.D : Nous avons contacté feu le président Yacé Philippe à l'époque, mais on n'a pas reçu d'aide de sa part se son côté. Houphouët en a été chez également lui, mais il est décédé peu de temps après. (...) Ici au niveau de la zakat El Fitr, on pouvait obtenir plus de 300 sacs de céréale. Une année moi-même ma part a avoisiné les 50 sacs et tout le monde, adjoints et autres en ont reçu.
P.L : Il y avait donc beaucoup de fidèles dans cette mosquée ?
I.F.D : Il y avait beaucoup de monde oui. L'année où je suis allé à la Mecque pour le Hadj, il y a eu des palabres et plus personnes sont parties de la mosquée ici (...) et ça a vidé la mosquée. Ces derniers ont alors érigé des lieux de culte tout autour de la commune. Comme je vous le disais, on pouvait avoir plus de 300 sacs de céréale comme zakat El fitr. Mais au niveau de la caisse, ce que la mosquée a eu comme zakat El fitr n'atteignait même pas 30 sacs de céréale. Donc les lieux se sont vider, notamment. Bably (NDLR : le président de la confédération islamique de développement) est venu continuer les travaux de la mosquée et a fait ce qu'il peut (...) toutes ces dalles qui ont été faites sont son œuvre, l'élévation des piliers également. L'homme ne peut faire que ce qu'il peut.
"NOUS AVONS CONTACTÉ DE HAUTES PERSONNALITÉS DE CE PAYS MAIS SANS SUITE"
P.L : A part Bably avez-vous contacté d'autres personnes ?
I.F.D : Non, non.
P.L : Il y a beaucoup de structures islamiques sur la place : CNI, CSI etc... sur la place. N'avez-vous contacté aucune autre de ces structures ?
I.F.D : Diaby Kowane nous a offert il y a quelques années 7 treize tonnes de ciment.
P.L : Avez-vous contacté Koudouss, le Président du CNI ?
I.F.D : Non. Aucune aide ne nous est venue de sa part (...)
P.L : Maintenant comment la mosquée évolue t-elle ?
I.F.D : Nous nous sommes débrouillés pour faire quinze tonnes de briques... Pour ce qui est des travaux de maçonnerie, cela a un peu stoppé (...) Là où nous sommes aujourd'hui, nous attendons l'aide de Dieu. Nous n'avons aucun moyen actuellement. Ce tas de sable qui est là c'est Bably qui vient de le livrer cela, il y a moins de deux semaines (...)
P.L : Avez-vous essayé de faire un devis estimatif du coût des travaux ?
I.F.D : Moi je ne connais pas ce coût.
P.L : Il y a personne d'autre qui peut donner ces informations ?
I.F.D : On ne peut pas trouver cette personne actuellement, parce qu'il faut qu'on fasse des estimations. J'ai été maçon mais je n'ai pas eu à étudier ces aspects des choses.
P.L : Il faut tout de même estimer ces coûts, comme ça au cas où il y aurait volonté de vous aider, on saura quoi donner.
I.F.D : C'est vrai (...)
P.L : Quelles sont les dimensions de la mosquée ?
I.F.D : La longueur est de 90 mètres et la largeur 41 mètres.
P.L : Cela fait 21 ans que la mosquée est en chantier. Avez-vous demandé si on peut continuer à construire ainsi sans risque ? Les briques n'ont elles pas été fragilisées par les intempéries ?
I.F.D : Moi-même je suis un ancien maçon. Et telle que les choses ont été faites, au départ, on peut continuer les travaux et il y aura rien.
P.L : Les briques sont donc fortes ?
I.F.D : Oui les briques sont fortes. Il n'y a pas de problèmes. Même si on veut faire un étage, cela est possible. On peut faire tous les travaux.
P.L : Quel est le plan initial de la mosquée. Mosquée simple ou en étage ?
I.F.D : Nous avions prévu de construire un étage du côté Ouest pour les femmes et laisser le bas aux hommes. C'était le plan initial.
P.L : Si quelqu'un veut vous aider, quel contact lui donner ?
I.F.D : Le 24.39.04.94. C'est mon numéro personnel (...).
P.L : Acceptez-vous l'aide d'où qu'elle vienne ?
I.F.D : D'où que l'aide vienne nous l'acceptons. D'où qu'elle vienne. L'essentiel est que la mosquée soit construite. Si c'est mon avis, d'où que l'aide vienne je la veux.
Plume Libre
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N° 2732 du 07/05/1991
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Pour une solidarité islamique agissante
ABOU ISMAËL
Cela fait 21 ans que la mosquée centrale d'Abobo est en construction. Cette maison de Dieu est un ouvrage à l'architecture recherchée. Mais depuis vingt et un ans que ses fondations ont été posées, elle cherche désespérément à être achevée. Il y a vingt et une ans dans l'enthousiasme générale, les fidèles d'Abobo-centre ont posé les jalons d'une œuvre gigantesque, qui aujourd'hui dépasse leur capacité d'intervention. D'où la nécessité pour toute la communauté musulmane d'aider à l'achèvement de cette mosquée. Sinon ce sera une œuvre de perdue tant elle subit depuis toutes ces années les effets des intempéries. Il faut craindre alors à l'avenir un effritement des briques, des murs. Aujourd'hui il est encore temps de sauver la mosquée centrale d'Abobo, avant qu'il ne soit trop tard. Il serait louable qu'ensemble, la main dans la main, l'on sauve cet édifice, sans sectarisme, sans une quelconque arrière pensée. Si cela est fait, c'est l'Islam et la communauté musulmane qui en sortiront grandis. Au nom donc de la solidarité islamique aidons Abobo à avoir enfin sa mosquée centrale. « L'aide, d'où qu'elle vient, est la bienvenue ». Pour tout renseignement, veuillez contacter le 24.39.04.94.
Plume Libre n° 58 du 6 au 12 Avril 2001
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Plume Evènement
CONFERENCE DU Dr TÉNIN TOURE
sociologue - enseignante à l'Université Nationale d'Abidjan et Consultante internationale
L'impact du discours des hommes politiques sur la société
La Côte d'Ivoire n'est plus le havre de paix et de quiétude qu'elle a été pendant plus de 30 ans. AUJOURD'HUI LES IVOIRIENS s'entre-déchirent. On dénombre de morts en grand nombre et l'ont n'est pas loin de la fracture sociale. Cette situation on s'en doute est liée intimement à la politique et aux politiciens. Plume Libre a décidé de s'intéresser l'occurrence Hadja Tenin Touré.
D'emblée, je ferai remarquer que si l'homme est toujours conditionné par son environnement social, sa structure mentale est aussi façonnée par les institutions, les idéologies, les doctrines et les croyances religieuses de son milieu culturel qui lui propose une conception du monde et des modèles de comportement, l'impact actuel des événements politiques sur l'opinion publique et sur l'information en est, parmi d'autres, un indice convaincant. Traiter donc de l'impact du discours des hommes politiques sur la société dont ils ont conditionnée l'émancipation, permettra de mesurer le rôle de la politique dans le changement social actuel et dans certaines déviances aujourd'hui.
Qu'est qu'un discours ?
Le mot Discours vient du latin discursus, se discurrere- courir ça et là. Il signifie :
1- Propos que l'on tient en conversation
2- Développement didactique
3- Ensemble de la pensée logique
Ce qui revient à dire que le discours est un morceau oratoire propre à persuader. Par exemple, le discours de la méthode (1637) de Descartes marque l'avènement de la méthode scientifique et rationnelle propre à la pensée moderne.
Le discours se traduit par une identité, c'est à dire qu'il véhicule la personnalité de celui qui le tient.
Il a donc des aspects physiques, moraux et intellectuels, parce que l'individu est jugé à travers le discours qu'il tient. De ce point de vue, le discours est subjectif.
Aussi, le discours tiré de la politique relève en général, de l'œuvre des « paris » qui se chargent d'élaborer cette doctrine idéale (qui devait être formulé non par des « praticiens », mais par des spécialistes du droit, de l'histoire, de la sociologie et de l'économie, dirigés par un technocrate). Nous pouvons donc dire que l'univers entier est politique, car comme l'écrit Georges Burdeau « La réalité est neutre, c'est la conscience qui est partisane. » La conscience étant la difficulté humaine de connaître sa propre réalité et de la juger, nous pouvons dire s'agissant du thème à développer, qu'il s'agit du récit des actions de ce qu'il est convenu d'appeler les « hommes politiques ». En effet, toutes les sociétés humaines sont caractérisées par une volonté, celle d'assurer leur survie, et cette volonté se trouve matérialisée par un instrument : le pouvoir.
Docteur Ténin Touré, sociologue, enseignante à l'Université nationale d'Abidjan et Consultante internationale.
Parler donc de l'impact des discours des hommes politiques, c'est analyser et mesurer la série d'influences et de conséquences qui découlent d'un discours. Ces conséquences peuvent être positives ou négatives. Par conséquent, elles peuvent contribuer à consolider la paix sociale ou à la compromettre définitivement. Si bien que l'adage populaire demande que toute personne qui tient un discours doit remuer sept fois la langue dans la bouche avant de parler. En d'autres termes, qu'elle tienne compte de l'impact et de la cible de son discours.
Les hommes politiques ont une grande responsabilité dans le dérèglement de la société.
Situation politique : Constat
LA SOCIÉTÉ IVOIRIENNE EST DEVENUE PRISONNIÈRE DU MODE DE PENSER DES POLITICIENS
On distingue trois périodes dans l'évolution politique de la cote d'Ivoire :
• La période 1944 – 1959 constitue en fait un prolongement outre-mer des luttes politiques de la métropole française.
• La Période 1960 -1990 est celle du parti unique représenté par le PDCI-RDA, l'unicité de cette représentation politique a été envisagée comme propice à la construction d'une véritable nation (face à la diversité ethnique et culturelle) et comme condition et moyen d'impulsion du développement.
• La période à partir de 1990 est celle de l'avènement du multipartisme. En d'autres termes, la restauration de la pensée plurielle inscrite dans la constitution ivoirienne. Le multipartisme ouvre la voie à la mise en œuvre des conditions d'une plus large participation de la population à la vie nationale, avec la démocratisation des médias, la décentralisation et la régionalisation administratives, la mise en place d'une société civile et d'une opinion plurielle. Cette période est illustrée par la présence d'une centaine de partis politiques dont quatre sont les plus actifs aujourd'hui : le FPI, le PIT, le RDR, l'USD. En décembre 1993, le premier président décédait après 33 ans de règne. L'application des dispositions de la constitution a permis l'accession au pouvoir de Monsieur HENRI KONAN BEDIE à la magistrature suprême jusqu'au 24 décembre 1999, date à laquelle, son gouvernement fut renversé par un coup d'état militaire dirigé par un Comité National de Salut Public.
Ces périodes seront illustrées par des discours politiques qui vont s'adapter à l'environnement socio-économique. Toutefois, il faut noter que les quatre décennies de l'indépendance consacrèrent l'entrée de la société ivoirienne dans la controverse sur la civilisation moderne peut-être même la singularité de notre époque réside-t-elle dans cette prestation du discours des politiciens à nourrir le débat public de ses diagnostics et de ses formulations. A croire que la société ivoirienne devient peu à peu le prisonnier du mode de penser des politiciens qui font et défont l'opinion publique. Or la culture du parti unique et l'expression plurielle ont entretenu respectivement l'unicité et la propension du discours créant ainsi un climat d'incertitudes et de méfiances dans la société. Ce constat relève du contenu du langage et des discours que tiennent les hommes politiques.
Structures économiques et pouvoirs
Aujourd'hui, les sociétés se construisent à partir d'impératifs de production et de consommation où entrent en jeu le profit, la concurrence, la publicité et toutes les techniques de production, de commercialisation et de gestion, où l'éthique religieuse n'intervient pas. La décision appartient à ceux qui détiennent les pouvoirs économiques ou politiques dans la mesure où ils sont capables de maîtriser une évolution difficilement contrôlable ; et les options se prennent selon les différentes conceptions de l'homme et de ses besoins fondamentaux ou notamment, niveau de vie et bonheur sont fréquemment identifiés.
Cette dynamique sociale n'est plus commentée par des valeurs prônées par les religions, telles que celles de gratuité, de renoncement, de pauvreté, de bonheur extra-terrestre. L'impact du discours religieux n'est plus institutionnel ; la privatisation progressive le limite à un rôle de critique sociale par l'intermédiaire de leurs leaders, de leurs associations, de leurs membres engagés individuellement dans la construction de la société.
Dans tous les pays, dans toutes les civilisations, la famille est, avec des structures différentes, l'instrument privilégié de transmission de coutumes, modes de vie et hiérarchie de valeurs, jusqu'au moment où y apparaît la civilisation individuelle avec ses conséquences :
• C'est-à-dire entre autres la restriction de la famille étendue à la famille conjugale ; la mobilité sociale et la pénétration dans le groupe familial de modèles venant d'autres milieux, d'autres groupes, d'autres civilisations que les siens, particulièrement par le canal des mass-media.
La Société ainsi articulée n'a pas les mêmes sujets d'inquiétude que naguère. La Société Ivoirienne qui est un produit de la rencontre entre l'Afrique et l'Occident, n'échappe pas à cette réalité. A peine sortie du contexte de la colonisation, elle défie de nouveaux enjeux. D'abord obsédée par le problème de son organisation apaisée ensuite par l'acquisition de son indépendance politique et la recherche de la croissance forte, soutenue par l'option libérale de l'économie. La Société Ivoirienne cessa soudain de se reconnaître aujourd'hui, parce qu'elle est entrain de perdre ses repères culturels. La richesse culturelle, facteur d'un équilibre moral se retourne parce qu'elle a subi le choc des comportements par la faute des intellectuels qui n'incarnent plus une « rectitude morale ».
Il en résulte pour le citoyen Ivoirien une perte de confiance en certains de ses intellectuels le conduisant à une sorte de découragement partisan qui l'empêche désormais d'être objectif et d'assumer dignement ses choix politiques. C'est alors la rupture entre l'individu et sa Société dont les règles ne sont pas respectées, et celle entre la société et l'Etat, caractérisé par une corruption institutionnalisée et un népotisme généralisé causant le dérèglement de la Société.
Les hommes politiques ont une grande responsabilité dans le dérèglement de la société et la menace constante de la paix sociale, à cause des effets nocifs de leurs discours dont les commerciants sont souvent suicidaires, et les analyses osaillées par une certaine presse qui s'abreuve à la source de la haine viscérale.
La presse entre les mains des hommes politiques devient une bombe à retardement.
De la responsabilité des intellectuels et des hommes politiques
L'analyse de la situation actuelle de notre pays, fait apparaître très nettement la responsabilité des hommes politiques dans la recrudescence des déviances morales. Or, dans la constitution des œuvres morales, les intellectuels ont été de tout temps des modèles de courants de pensées les plus divers pour la liberté de leur peuple parce qu'il sont les catalyseurs de l'émancipation des peuples. Les intellectuels tirent ce pouvoir de valeurs issues de la rencontre de civilisations diverses. Bien qu'il possédassent avant tout une conscience, les intellectuels ne doivent pas en faire une force aveugle à l'état de menace pour entretenir des intérêts égoïstes et bornés. Aussi, ne doivent-ils pas être les leviers de commande qui ne peuvent être manœuvrés selon le bon plaisir des hommes politiques, qui ont réussi à s'en emparer.
Nous sommes à l'époque des hommes à verbes, sauf de paroles ; c'est-à-dire des hommes sans conviction qui sont guidés par les hommes politiques comme des individus qui ne règlent sur leurs humeurs et dont le seul but est l'obtention personnelle de pouvoir. Il n'est aisé de comprendre à priori comment, d'une multitude d'individus mus par leurs intérêts particuliers, peut se dégager un consensus, une volonté générale, comment les hommes acceptent de se plier à la volonté d'autres hommes semblables à eux pour faire prévaloir une utilité collective sur leurs motivations personnelles.
Supports des discours politiques
Le discours politique est amplifié et déformé au détriment du peuple
Les hommes parlent. La sphère sociale
(suite à la page 6)
PLUME LIBRE n° 58 du 6 au 12 Avril 2001
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Plume Evènement
est bruissante de mots. Les discours s'y croisent et se recoupent, et chacun par le seul fait de son art de séduire, cherche à détenir le pouvoir ou une parcelle de celui-ci. Avec le foisonnement de la presse, le discours politique est amplifié et déformé au détriment du peuple.
Ces langages (discours et mass-media) et plus particulièrement le langage politique, le sens commun les désigne souvent par la seule fonction qu'il leur attribue : celle de la dissimulation et de la tromperie. Derrière les mots, il ne veut voir que les conflits d'intérêts, distinguant ainsi, un ordre de la réalité, muet et efficace (l'ordre de la violence), et un ordre de l'apparence (l'ordre symbolique, l'ordre des mots). De cette façon de voir nous disons : « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les hommes politiques. »
Les discours ne sont pas le simple vêtement des conflits qui opposent les hommes entre eux, il y a un effet propre aux langages. La vie, la pratique d'une société ou d'une communauté quelconques restent incompréhensibles tant qu'on ne saisit pas comment la logique intime des discours qu'elles tiennent, organise leur réel et leur pratique.
Ainsi donc, étudier le discours d'un homme politique, c'est étudier une idéologie, c'est détecter dans la société, des groupes qui se reconnaissent mutuellement dans une même « vision du monde », en d'autre termes, il s'agit de découvrir les repères identificatoires d'un milieu qui, grâce à eux, se distingue des autres milieux, de repérer l'usage systématique de certains mots, de certaines formules qui donnent les moyens à des individus séparés de se représenter leur commune identité en fonctionnant comme de véritables « mots de passe ».
Les lieux publics
Ils sont de plus en plus devenus de véritables réseaux d'amplification des discours politiques, notamment les maquis, les bars, les transports publics ou en commun. Ces lieux de rencontre et de débats d'idées, ont emprunté leur nom à la Sorbonne : la célèbre université française.
Les mass média, en particulier la presse écrite
Dans notre contexte actuel, la presse joue tristement bien son rôle de mots de passe... et devient par ce fait même le plus grand diviseur commun de la NATION. En règle générale, la presse fait une exploitation orientée et tronquée du discours politique. Par cette conduite, la déontologie est foulée au pied. En un mot, elle devient une bombe entre les mains des hommes politiques, occasionnant leurs changements d'attitudes avec l'air du temps et l'aliénation de leurs partisans désorientés. Enfin, le côté partisan est accentué par le contexte général de la société à majorité analphabète. Il n'y a pas une idéologie, ni un langage clair, ce qui fait que la population est désarçonnée. Par conséquent elle se range dans une position partisane.
Les kiosques à journaux
Certains individus se sont spécialisés dans les commentaires cisaillés des titres sans lire les articles s'y rapportant. Ils sont ironiquement appelés « titrologues ». Ce sont généralement les sources de fausses rumeurs tirées de l'interprétation des discours politiques.
Les sectes
Ce sont des communautés volontaires, qui visent à répondre à des besoins individuels ou de groupes sociaux, besoins sentis comme privations imposées par la société. On comprend dès lors leur floraison à une époque de changement social accéléré, générateur de frustrations sociales les plus diverses. En conséquence, les sectes rendent le discours religieux le plus contradictoire et le plus divers possible. Pour ce faire, elle fournit à ses membres les moyens de surmonter leurs sentiments de frustration en les remplaçant par le sentiment de perfectionnement religieux et le privilège du salut dans le monde à venir.
De ce point de vue, elles sont de véritables menaces pour la société entière. Car sous le couvert de la religion, elles impliquent diverses formes d'escroqueries et d'aliénation à certains discours politiques (achat de conscience, culte de la personnalité, culte du gain facile, malversations multiples, viols intimes).
Ainsi, des sectes non contrôlées deviennent de véritables instruments aux mains de certains hommes politiques (cas de l'Ouganda : suicide collectif à relents politiques) donc des dangers pour les populations. Elles exploitent pour la plupart non seulement la crédulité de leurs adeptes pour les asservir, mais aussi récupèrent les populations vulnérables, en particulier la jeunesse angoissée et sans repères aux abords des établissements scolaires et universitaires. Ces sectes contribuent ainsi à l'ambiguïté du discours des religieux.
Le chômage et la pauvreté
Ce sont des fléaux qui favorisent les conditions d'amplification des discours politiques. Ces derniers deviennent par la même occasion l'opium de cette catégorie de groupes sociaux. Ne dit - on pas qu'on vit d'espoir ? Aussi les hommes politiques les nourrissent de mots et de paroles juteux en attendant les lendemains meilleurs. En règle générale, ces groupes sociaux deviennent de véritables tremplins émotifs d'où viennent les rancœurs, toutes les occasions sont bonnes pour créer des situations conflictuelles déguisées en affrontements entre communautés (difficile cohabitation entre communautés dans les cours communes, altercation entre enfants et affrontements par familles interposées...).
Cet impact sournois des discours politiques est un feu de paille qui couve et prêt à s'embraser à tout moment pour déstabiliser la paix sociale. A travers son discours, l'homme politique joue à l'équilibriste et sur les cordes sensibles des populations. Le sens commun dit aujourd'hui que : « les hommes se font la guerre parce qu'ils tiennent sur eux - mêmes des discours faux, ils sont victimes de leur aveuglement. Ils parlent mais et ne savent pas ce qu'ils disent et n'arrivent pas à s'entendre. Ce qu'il faut, c'est établir une communication, trouver un langage qui rende possible l'accord des esprits. »
Les vérités que nous disons aujourd'hui, nous les contredisons le lendemain matin. De sorte que le discours politique sur la société devient peu crédible sinon nul, avec des effets pervers sur la société à majorité analphabète. On ne sait plus qui croire et c'est à ce niveau que le religieux d'aujourd'hui doit relever le défi et être la lumière qui dissipe tous les mensonges pour faire éclater la vérité au grand jour même au risque de sa vie. Autrement, il sera le complice de la tragédie des peuples. Par exemple : le Burundi, le Rwanda où les religieux furent impliqués et certains ont même été traduits devant les tribunaux internationaux pour avoir cautionné des discours xénophobes, tribalistes d'hommes politiques qui débouchèrent sur le génocide.
Les religieux et les intellectuels doivent moraliser le discours politique
Pour relever ce défi, nous exhortons les religieux à rappeler sans cesse l'éthique et la morale à la société. Sinon témoin de l'histoire, ils seront rattrapés par l'histoire et seront jugés par le peuple. C'est le cas aujourd'hui du Rwanda où des religieux sont condamnés par un tribunal international, pour avoir cautionné en son temps les discours politiques ayant conduit au génocide. Le cas de dernière guerre mondiale reste encore vivant dans nos esprits. Bref, partout où la cohésion sociale a été mise à mal, les religieux ont été toujours interpellés. Parce que les hommes politiques qui mettent le feu passent, mais la religion, ce lien des peuples résiste toujours.
Il s'agit donc de moraliser les discours politiques dans la perspective de recherche d'une paix durable en Côte d'Ivoire, pays laïc et terre légendaire d'accueil de tous les autres Africains. La religion, forme de vie, nous permet de réfléchir à notre vie et au sens que nous voulons lui donner.
L'évolution des croyances à une époque de changement social comme la nôtre n'est pas systématique : des attitudes religieuses de la société traditionnelle coexistent avec des attitudes nouvelles. Sans réduire les religions aux fonctions qu'elles remplissent, il demeure que leurs adeptes attendent toujours d'elles une réponse à leurs besoins religieux ou sociaux, et cette attente peut varier selon les types de personnalités plus ou moins désintégrées de leur environnement social. Les institutions qui défendent les droits des peuples aussi changent de langage selon leur sphère d'intérêt ; si bien que les religieux sont doublement impliqués dans le réarmement moral des sociétés par l'éducation morale et spirituelle, en tant qu'institutions mais aussi en tant que société civile comme conscience de la société.
Apprendre l'éducation civique à travers les institutions comme l'Etat et l'école, doivent permettre aux citoyens de pratiquer les vertus républicaines faites de probité, de courage et du sens du devoir civique. Les hommes politiques issus de ces citoyens, ont donc un devoir de propagateurs de modèles d'intégrité. L'éducation du citoyen ivoirien doit se concevoir dans sa globalité. En effet, l'éducation devra être, plus que jamais non seulement instructive et formatrice, mais également civique, morale et spirituelle. Elle devra ainsi solliciter l'apport de tous les composantes de la Société. Aussi une synergie dans le processus de l'éducation et de moralisation de la société par la famille et l'école, incluant les valeurs morales et spirituelles, contribuera t - elle à son équilibre.
Aussi, convient-il d'imposer aux hommes politiques, un code de conduite les contraignant à respecter les principes de l'éthique et de la bonne gouvernance, à savoir :
● Mettre leur pouvoir au service du peuple en restant des repères à travers des comportements nouveaux de rassembleurs d'hommes, d'unificateurs en apportant leur aide à la promotion humaine et matérielle du peuple.
● Contribuer à la construction nationale en privilégiant l'intérêt général par l'abnégation.
● Bannir de leurs relations interpersonnelles les attitudes et propos condescendants.
● S'engager à respecter la dignité du peuple Ivoirien dans leurs diversités culturelles et à œuvrer à dépasser les passions.
● Promouvoir la culture démocratique dans son parti ;
● Proscrire de leur démarche, toutes forme d'exclusion et de division, armes fréquemment utilisées.
● Bannir le culte de la personnalité ;
● Utiliser tous les moyens loyaux favorables au rapprochement des citoyens ;
● Etre guidé par la volonté, le soucis de servir le pays et d'œuvrer pour l'intérêt général ;
● Etre un bon leader politique en vue d'établir entre l'Etat et les citoyens, des rapports de confiance par l'avènement d'une opinion publique forte et responsable.
En tant qu'acteur de la vie publique le politicien se doit d'être un modèle pour la société parce qu'il draine des foules. Quant au religieux, en tant qu'animateur d'une institution, il se doit de conscientiser le citoyen dans un Etat laïc.
Tout est là devoir de contribuer au redressement de la pente regrettable de déchéance morale sur laquelle notre pays a été conduit. Enfin, nous n'aurons pas assez d'insister sur la nécessité impérieuse et impérative des religieux de transcender leur différence dans le cadre d'un conseil qui aura pour rôle d'interpeller les hommes politiques et certains citoyens égarés de la vie publique, sans distinction de leur fortune, de leur origine ethnique, de leurs appartenance sociale, à plus forte raison religieuse ou politique. C'est à cette condition que la nouvelle société Ivoirienne pourra se construire sur le fondement de la cohésion entre toutes les composantes de la nation, dans la solidarité, la fraternité et la sécurité. ●
SANTÉ Les cancers féminins et leur dépistage
AMY MÉITÉ
Les cancers des organes génitaux sont très fréquents dans nos pays en voie de développement et sont très souvent mortels parce que les consultations sont trop souvent tardives.
Les femmes ayant honte d'exposer leurs problèmes intimes nous avons décider de rencontrer le Docteur Kéita Abbas pour en parler.
Selon le Docteur Kéita Abbas, les organes concernés par les cancers féminins sont : l'utérus (col et le corps), le seins, les ovaires et la vulve. Dans nos pays en voie de développement, les cancers les plus fréquents sont ceux du col de l'utérus et du sein. Le traitement des cancers au stade clinique selon de Docteur Kéita est très lourd financièrement, éprouvant moralement et se termine par la mort à brève échéance.
Le dépistage du cancer présente donc à ce niveau de nombreux avantages car la maladie cancéreuse ayant sa manifestation visible évolue pendant de longues années sous formes de lésions dites précancéreuse qui se guérissent dans 100% des cas. Il n'est donc pas raisonnable d'avoir peur du dépistage car s'il est vite dépisté, les lésions précancéreuse se guérissent dans 100% des cas. Il existant plusieurs formes de cancers, les plus répandus dans nos pays sont : le cancer du col, le cancer du sein, de l'ovaire et de l'endomètre.
A/ Le cancer du col :
Ce cancer est dû selon le Docteur à plusieurs facteurs qui sont :
● les rapports sexuels précoces
● la multiplicité des partenaires sexuels
● contracter une grossesse avant l'âge de 18 ans
● les grossesses rapprochées
● les accouchements multiples (risque au delà de six enfants)
● les mauvaises conditions d'hygiène et de nutritions
Le cancer du col atteint généralement les femmes âgées de 35 à 40 ans. Son dépistage se fait par la pratique d'un examen très simple chez toutes les femmes en période d'activité génitale surtout si elle est exposée à l'un des facteurs cités.
Le spécialiste pratiquera le « frottis cervico vaginal »pour le dépistage.
Pour les femmes qui n'ont jamais fait de frottis de dépistage, les signes d'alarmes du cancer du col sont :
* les saignements anarchiques en dehors des règles chez une femmes jusque là bien réglée.
* Saignements provoqués à la suite des rapports sexuels et des toilettes intimes profondes.
* Ecoulement génitaux de couleurs et d'odeurs anormales.
Lorsqu'une femme constate l'un de ces signes, elle doit très rapidement consulter un spécialiste.
B/ Le cancer du sein
Ce cancer survient à un âge un peu plus avancé théoriquement après 40 ans. Actuellement, on le retrouve chez des femmes de plus en plus jeunes parfois âgées de moins de 30 ans. Les facteurs favorisant le cancer du sein sont théoriques ; ce sont notamment :
● l'antécédent de ce cancer dans la famille
● les grossesses tardives
● l'absence d'allaitement maternel
● l'obésité
● tension artérielle (H.T.A)
● les traitement hormonaux à base d'œstrogène
Ce cancer est très grave car son évolution est très rapide. Une tumeur de 1 cm correspond déjà à des milliards de cellules cancéreuses dans l'organisme. Le traitement du cancer du sein est très coûteux et difficile en Afrique.
Le dépistage de ce cancers se fait par la palpation des seins. Cette palpation peut être faite par la femme elle même c'est l'autopalpation, elle peut aussi se faire par un spécialiste. Cette palpation a pour but de rechercher la présence d'une « boule »ou « module » au niveau des seins. La mammographie permet un dépistage rapide. Les cancers de l'ovaire et de l'endomètre quant à eux sont moins fréquents et surviennent généralement chez des femmes plus âgées. Ces cancers sont plus faciles à traiter à condition d'être dépistés précocement.
Le Docteur Kéita Abbas a pour conclure conseillé aux femmes en période d'activité génitale de pratiquer au moins une consultation gynécologique par an même si elles sont en très bonne santé.
Seules les consultations gynécologiques permettent un dépistage rapide des différents cancers cités.
Plume Libre n° 58 du 6 au 12 Avril 2001 6
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Plume Communiqué
AVIS & COMMUNIQUES
LA DIRECTION COMMERCIALE DE PLUME LIBRE RECRUTE DES DISTRIBUTEURS À ABIDJAN ET À L'INTÉRIEUR DU PAYS
CONTACT :
22426779 - 03092617 - 0569004
9 OU BP 174 CIDEX 03 ABIDJAN 08
DATES A RETENIR
LES PRINCIPALES FETES MUSULMANES
1/ Nuit du Mawloud : 03 juin 2001
2/ Voyage nocturne : 12 Octobre 2001
N.B : Ces dates seront confirmées par le COSIM.
ANNONCE
Pour préparer le pèlerinage de vos parents à votre rythme, la foi d'une organisation(le CNOPM) et le professionnalisme d'une banque(la SIB) sont à votre disposition. CNOPM situé à l'immeuble DELAFOSSE 2ème étage porte 26 au Plateau
REMERCIEMENTS DU CNOPM
Le CNOPM, remercie tous ses partenaires de l'organisation du pèlerinage 2001. A savoir, la CITIBANK, ECOBANK, SUISSE AIR, ETHIOPIAN, EGYPT AIR, MEA, le Secours Médical Islamique , l'INSP, la Police et la Gendarmerie des aéroports d'Abidjan et de Bouaké, les services Passeports du Ministère de la sécurité intérieur, de la décentralisation, du Ministère des Affaires Etrangères et le Ministère de la Santé.
LA CITIBANK et ECOBANK sont des partenaires priviligiés du CNOPM et des pelerins. elles contribuent a faciliter les transactions financipres vers l'arabie saoudite. le CNOPM leur presente ses felicitations pour l'organisation du PELERINAGE 2001
LE PLAN EPARGNE PELERINAGE DU CNOPM
EN PARTENARIAT AVEC LA SOCIETE IVOIRIENNE DE BANQUE
Comment préparer le pèlerinage à la MECQUE de l'année prochaine (2002) selon votre propre rythme, selon vos moyens financiers dès aujourd'hui même ?
• Contacter le CNOPM pour obtenir un dossier d'inscription au PLAN EPARGNE PELERINAGE
• Commencer immediatement à épargner à la SIB sur le compte numéro 32 302 725 R
• le minimum à verser est de 25 000 FCFA
Dès que votre épargne est suffisante, le CNOPM engage après votre avis, immédiatement toutes les formalités. A savoir :
• l'établissement de votre passeport
• l'obtention de votre visa pèlerinage
• l'acquisition des billets et les réservations sur les compagnies aériennes et
• les réservations pour les logements à Médine, la Mecque, Mouzdalifa, et Arafat
CNOPM SITUÉ À L'IMMEUBLE DELAFOSSE 2ÈME ÉTAGE, PORTE 26 ESCALIER AU PLATEAU
Plume Libre
OPERATION 2500 ABONNES
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05-95-43-75
22-42-67-79 / 21-26-36-13
ou contactez la MOSQUEE PRINCIPALE de votre quartier où des fiches d'abonnement sont disponibles
ELITE PRESSING
Le pressing chez vous
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Cell: 05-60-48-99
11Bp 104 Abidjan 11
Le Directeur général
BAKAYOKO Mamadou
A.E.E.M.C.I
( Association des Élèves et Étudiants Musulmans de Côte d'Ivoire)
CELLULE FÉMININE NATIONALE ORGANISE LES J. F.M 2001 :
LES JOURNEES DE LA FEMME MUSULMANE AGBOVILLE 2001
THÈME : Quelles responsabilités de la femme-musulmane dans le processus d'édification d'une nation ?
LIEU : Centre d'Enseignement Technique Féminin d'Agboville
DATE : Du 13 au 17 Avril 2001
PARTICIPATION : 4 000F (sans le transport)
RENSEIGNEMENT :
• Siège de l'AEEMCI
Tél : 22-43-47-58
(Mosquée An-Nour)
• Touré Maïmouna
Cel : 05-09-64-64
• Konaté Faty
• Traoré Gaoussou
Cel : 07-95-39-98
ANNONCE
Plume Libre offre des stages aux etudiants en journalisme, sténographie et en bureautique.
CONTACTER LE SERVICE DU PERSONNEL, AMI MEITE AU
22 42 67 79
ANNONCE
Pour la converture des cérémonies d'accueil des pèlerins,
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03-09-19-13 Ou 05-75-00-94 ou 22-42-67-79
POUR OBTENIR LES ŒUVRES :
• Guide du soutien à l'Islam de Traorè Aboubacar
• Les épreuves de la vie de El Hadj Guissé
Téléphoner au 22-42-67-79 ou au 03-09-26-17
NOMS ET ADRESSES DES MOSQUEES DES COMMUNES D'ABIDJAN
ADJAME
• Grande Mosquée d'Adjamé
Tél : 20-37-90-13 / 09BP :1759 Abj 09
Imam : Kramoko MOUSSA
WIMLLIAMSVILLE
Imamm : Coulibaly Ismael
20-37-74-16 / 02
BP 268 ABJ 02
ATTIECOUBE
Imam : Bakari Cherif
07-89-84-22
COCODY
• Mosquée Aghien
Imam : Fofana Boikari
22-42-67-79 / 22-427-18-89
• Grande Mosquée de la Riviéra Golf
Imam : Traoré Mamadou
22-43-11-18 / 22-44-10-03
KOUMASSI
• Mosquée Aklomiabla
Imam : Ousmane Touré
21-36-38-74
• Mosquée SOGEFIA
Imam : Omar Sanogo
07-83-69-77 / 21-36-03-43
MARCORY
• Mosquée 17 Rue D. Blanchard
05 BP 186 Abj 05
Imam : El Hadj Diallo A
• Mosquée Alioban II
21-26-30-96
11 BP 1360 ABJ 11
Imam : Yanogo Abdoul
PLATEAU
• Mosquée de l'Hotel de ville du Plateau
IMAM : Cissé Djiguiba
21-26-36-13 / 05-95-43-75
PORT BOUET
• Mosquée Abattoir
Imam : Labas Camara
TREICHEVILLE
• Mosquée André Kouassi
Imam : Diarra Daouda
21-25-10-74 / 07-01-51-77
• Mosquée AL HODA
Avenue 20 Rue 17
Imam : Cissé ABBA
21-24-12-18 / 05-00-53-24
YOPOUGON
• Grande Mosquée
Imam : Kramoko Mamadou
23-46-78-23
• Mosquée BILAL
Imam : Koné Idriss Koudouss
23-46-76-76 / 23-46-66-37
ABOBO
• Mosquée Marché
Imam : Diaby Moustapha
• Abobo Centre Gd Marche
Imam : Bamba Ouattara
24-39-38-43
NOS REMERCIEMENTS AUX ENTREPRISES SUIVANTES :
LES JOURNALISTES DE PLUME LIBRE COMMUNIQUENT GRÂCE À :
- SEDEMCI, "Le Bâtisseur du Futur" (08 bp 615 Abidjan 08 - Tél : 21-38-11-48 / 21-38-11-66
PLUME LIBRE EST DISTRIBUÉE GRÂCE AUX ÉTABLISSEMENTS KONATÉ
22-42-33-63 / 05-63-03-09
- CANON HOUSE DE L'AV 16 RUE 12
Plume Libre n° 58 du 6 au 12 Avril 2001
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PLUME Document
GRANDE CONFERENCE
KONE HAROUN, Imam de la Mosquée du Chu de Treichville
Deuxième partie
"La dignité est inhérente à la personne humaine"
La démocratie et le respect des droits de l'homme font la une de l'actualité depuis quelques années et surtout ces derniers temps. Nous vous donnons ici le point de vue de l'Islam sur ces sujets brûlants de l'actualité. Ces propos sont extraits d'une conférence prononcée en Septembre 2000 par l'Imam Koné Haroun du CHU de Treichville à Bonoumin sur le thème :
"Démocratie et Droits de l'Homme du point de vue du Coran et des Hadiths".
II - LES DROITS DE L'HOMME EN ISLAM
A-Les sources occidentales des droits de l'homme
1 - La déclaration des droits de l'homme et du citoyen
L'Assemblée Nationale Constituante proclame le 27 août 1789 des principes sur lesquels elle allait se fonder pour établir les institutions de la France.
2 - La déclaration universelle des droits de l'homme
Ce principe a été adopté par l'Organisation des Nations Unies (ONU) le 10 décembre 1948 relative aux droits individuels, économiques, sociaux et culturels, et aux libertés publiques, fixant les rapports des individus et de la société.
B - Islam, religion des droits de l'homme
Les droits de l'homme en Islam se voit à travers le Coran et les hadith du Prophète Mohammad (SAW).
1 - Les droits de l'homme à travers le coran
a) La dignité est inhérente à la personne humaine et Allah le dit dans le saint Coran :
« Certes, Nous avons honoré les fils d'Adam » ( S17 V 70 )
b) L'Islam appelle à une meilleure connaissance mutuelle, à la coopération dans le bien et à une entraide dans tous les domaines parmi les hommes, sans considération aucune pour la race et la religion. Cela se voit à travers plusieurs passages coraniques notamment :
« Ô hommes ! Nous vous avons crées d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entreconnaissiez » (S49 V13)
« Allah ne vous défend pas d'être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion, et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Car Allah aime les équitables » (S60 V8)
c) L'Islam prône la liberté de conscience et l'interdiction de toute contrainte en matière de religion.
« Nulle contrainte en la religion ! Car le bon chemin s'est distingué de l'égarement... » (S2 V256)
« Si ton Seigneur l'avait voulu, tous ceux qui sont sur la terre auraient cru. Est-ce à toi de contraindre les gens à devenir croyants ? » (S 10 V 99)
d) L'Islam prône l'inviolabilité du domicile en vue de la sauvegarde de la liberté de l'homme.
« Ô vous qui croyez ! N'entrez pas dans des maisons autres que les vôtres avant de demander la permission [d'une façon délicate] et de saluer leurs habitants. Cela est meilleur pour vous. Peut-être vous souviendrez-vous » (S24 V27)
e) L'Islam invite tous les membres du corps social à assurer à chaque individu une existence digne et à libérer l'homme du besoin et de la pauvreté. Pour cela, elle préconise des fonds spéciaux prélevés sur les ressources de tous ceux qui possèdent quelque richesse. « Et dans leurs biens, il y a un droit au mendiant et au déshérité » (S51 V19).
L'Islam prône également :
f) L'obligation d'assurer l'instruction à tout musulman et cela en vue d'abolir définitivement l'ignorance.
2) Les droits de l'homme à travers les hadith
Les hadiths mettent l'accent sur :
a) La non discrimination en ce qui concerne la dignité et les droits fondamentaux entre un homme et un autre.
« L'Arabe n'a aucun mérite sur le non arabe, ni le Blanc sur le Noir, si ce n'est par la piété » (Hadith)
« Les femmes sont les sœurs des hommes » (Hadith)
b) L'unité de la famille humaine et la proclamation faite par l'Islam que le meilleur des hommes est celui qui se rend le plus utile à cette famille.
« Dieu embrasse dans sa sollicitude la création toute entière, et le plus aimé des hommes est celui qui assure les meilleurs services à la famille humaine, don dieu a la charge » ( Hadith )
c) L'interdiction de toute atteinte aux biens d'autrui et à la vie humaine.
« Les biens et le sang des autres sont sacrés » ( Hadith)
d) L'obligation d'assurer l'instruction
« La quête du savoir est un devoir pour chaque musulman et chaque musulmane » ( Hadith )
e) La sanction imposée à tous ceux qui refusent de s'instruire ou d'enseigner
« Certains doivent s'instruire auprès de leurs voisins et d'autres doivent donner l'instruction à leurs voisins, faute de quoi, leur châtiment sera proche » ( Hadith)
f) La préservation de la santé publique
« Si une épidémie se déclare dans un territoire où vous vous trouvez, gardez-vous d'en sortir, si à la même époque, vous vous en trouvez éloigné, gardez-vous d'y entrer » ( Hadith )
C- Le droit des minorités dans l'Etat islamique
1 - Les non-musulmans dans l'Etat islamique
Le Saint Coran codifie les rapports entre les musulmans et les non-musulmans en affirmant l'égalité primordiale des hommes et affirmant l'origine divine de leur hétérogénéité.
« Ô hommes !Nous vous avons crées d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. Le plus noble d'entre vous, auprès d'Allah, est le plus pieux. Allah est certes Omniscient et Grand-Connaisseur » (S 49 V13)
« ...A chacun de vous Nous avons assigné une législation et un plan à suivre. Si Allah avait voulu, certes Il aurait fait de vous tous une seule communauté. Mais Il veut vous éprouver en ce qu'Il vous donne » (S5 V48)
« Nulle contrainte en religion ! Car le bon chemin s'est distingué de l'égarement. Donc, quiconque mécroit au Rebelle tandis qu'il croit en Allah saisit l'anse la plus solide, qui ne peut se briser. Et Allah est Audient et Omniscient » (S2 V256)
« En vérité, Allah n'est injuste à l'égard des gens, mais ce sont les gens qui font du tort à eux-mêmes » (S10 V44)
« Et si ton Seigneur avait voulu, Il aurait fait des gens une seule communauté. Or, ils ne cessent d'être en désaccord (entre eux) » (S11V118)
« Et Dis : la vérité émane de votre Seigneur. Quiconque le veut, qu'il croie, et quiconque le veut qu'il mécroie. Nous avons préparé pour les injustes un Feu dont les flammes les cernent » (S 18 V29).
Les non musulmans doivent être traités avec justice et humanité
« Et ne discutez que de la meilleure façon avec les gens du Livre, sauf ceux d'entre eux qui sont injustes. Et dites : Nous croyons en ce qu'on a fait descendre vers vous, tandis que notre Dieu et votre Dieu est le même, et c'est à Lui que nous nous soumettons » (S29 V46).
« Allah ne vous défend pas d'être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Car Allah aime les équitables. Allah vous défend seulement de prendre pour alliés ceux qui vous ont combattus pour la religion, chassés de vos demeures et ont aidé à votre expulsion. Et ceux qui les prennent pour alliés sont les injustes » (S 60 V 8 - 9)
« Et si l'un des associateurs te demande asile, accorde-le lui, afin qu'il entende la parole d'Allah, puis fais-le parvenir à son lieu de sécurité. Car ce sont des gens qui ne savent pas » (S9 V6).
Le prophète Mohammed ( saw ) a dit : « Si quelqu'un opprime un sujet non-musulman, je serai son avocat. Je réclamerai son droit le jour de la résurrection » ( Hadith )
Et sur son lit de mort le Saint prophète ( saw ) recommanda : « Observez scrupuleusement la protection donnée par moi aux sujets non-musulmans » ( Hadith )
2 - Les déclarations des droits de l'homme en Islam
La déclaration universelle islamique des droits de l'homme du 12 Avril 1980 proclame que « Les droits civils et religieux des minorités doivent être reconnus et protégés ».
La déclaration islamique des droits de l'homme du 19 septembre 1981 promulguée par l'UNESCO déclare : « Le respect des sentiments religieux des autres est obligatoire pour tous les musulmans ».
( art XII paragraphe c )
Dans l'Etat islamique les non-musulmans sont protégés contre toute menace extérieure, au même titre que les musulmans. Ils sont également protégés contre toute pression ou persuasion.
D - L'Islam et l'esclavage
L'Islam a toujours recommandé de bien traiter les esclaves et les prisonniers de guerre et mieux il a encouragé à travers le Coran à les affranchir :
« Il n'appartient pas à un croyant de tuer un autre croyant, si ce n'est par erreur. Quiconque tue par erreur un croyant, qu'il affranchisse alors un esclave croyant et remette à sa famille le prix du sang, à moins que celle-ci n'y renonce par charité. Mais si [le tué] appartenait à un peuple ennemi à vous et qu'il soit croyant, qu'on affranchisse alors un esclave croyant. S'il appartenait à un peuple auquel vous êtes liés par un pacte, qu'on verse alors à sa famille le prix du sang et qu'on affranchisse un esclave croyant. Celui qui n'en trouve pas les moyens, qu'il jeûne deux mois d'affilé pour être pardonné Allah. Allah est Omniscient et Sage » (S4 V92).
Ainsi la zakat peut permettre d'affranchir certaines catégories de personnes à savoir les esclaves et les gens faits prisonniers de guerres par l'ennemi. Le saint prophète Muhammed ( saw ) a dit à ce sujet :
« Quiconque possède une esclave, lui donne un enseignement et un bon enseignement, lui procure une éducation et une bonne éducation, et ensuite la libère pour l'épouser comme une femme libre, un tel homme aura double récompense de la part de Dieu » ( Bukhari )
« Quiconque frappe son esclave ou le gifle devra, comme expiation, le libérer »
( Hadith ). A un homme qui se présenta à lui pour dire « O prophète de Dieu designez-moi un acte qui me rapproche du ciel et qui m'éloigne de l'enfer ». Le Saint Prophète ( saw) lui répondit :
« Affranchis le souffle et délie le cou » ( Hadith)
C'est à dire laisse l'homme sans liens, comme son souffle s'en aller librement là où il veut et quand il veut. Ne lui lie pas le cou et tu auras une belle récompense de Dieu.
L'Islam a ordonné que tout esclave voulant s'émanciper ait le droit de le faire en payant ce qu'il doit à son maître qui ne peut refuser cette demande. L'esclave obtient auparavant la permission de travailler à son propre compte pour gagner l'argent nécessaire. De plus il est exempt de toute zakat pendant ce temps là.
Non seulement il est recommandé par le Coran aux pieux musulmans d'émanciper leurs esclaves et d'aider les esclaves des autres à s'affranchir, mais en plus l'Islam impose au gouvernement islamique de réserver une partie de son budget annuel pour la libération des esclaves hommes et femmes compris.
Un exemple de justice envers les esclaves :
Le jour ou Oumar Ibn Khattab fit son entrée dans Jérusalem pour négocier les conditions de paix avec le patriarche Sophronie, sur la demande de celui-ci, il vint à pieds lui le Calife, tandis que son esclave montait une chamelle. Abou Obaida Ibn AL-Jarrah ne réussit pas à le convaincre de monter lui-même cette chamelle, car c'était le tour de l'esclave de la monter.
Chers frères et sœurs voici exposé le point de vue de l'Islam sur la démocratie et les droits de l'homme. Les informations que nous vous avons fournies ne sont pas exhaustives. Elles ne font qu'ouvrir la voie à de nouveaux débats, qui , nous l'espérons ne ferons qu'enrichir ce thème. Que Dieu nous aide.
Assalam Alékoum Waramatoulah
ERRATUM
Dans le N° 57 de PLUME LIBRE, il a été écrit que le MERCREDI 04 AVRIL correspond au NEUVIEME JOUR DE MOUHARAM. Il fallait plutôt lire que MERCREDI 04 AVRIL correspond au 10e JOUR DE MOUHARAM. Nous présentons nos excuses à tous ceux et toutes celles qui ont été perturbés pour le JEUNE DE ACHOURA
Koné Haroun, Imam de la mosquée du Chu de Treichville
n° 57 du 30 Mars au 5 Avril 2001
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sieurs passages coraniques notamment :
« Ô hommes ! Nous vous avons crées d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entreconnaissiez » (S49 V13).
« Allah ne vous défend pas d'être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion, et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Car Allah aime les équitables » (S60 V8)
c) L'Islam prône la liberté de conscience et l'interdiction de toute contrainte en matière de religion.
« Nulle contrainte en la religion ! Car le bon chemin s'est distingué de l'égarement... » (S2 V256)
« Si ton Seigneur l'avait voulu, tous ceux qui sont sur la terre auraient cru. Est-ce à toi de contraindre les gens à devenir croyants ? » (S 10 V 99)
d) L'Islam prône l'inviolabilité du domicile en vue de la sauvegarde de la liberté de l'homme.
« O vous qui croyez ! N'entrez pas dans des maisons autres que les vôtres avant de demander la permission [d'une façon délicate]et de saluer leurs habitants. Cela est meilleur pour vous. Peut-être vous souviendrez-vous » (S24 V27).
e) L'Islam invite tous les membres du corps social à assurer à chaque individu une existence digne et à libérer l'homme du besoin et de la pauvreté. Pour cela, elle préconise des fonds spéciaux prélevés sur les ressources de tous ceux qui possèdent quelque richesse. « Et dans leurs biens, il y a un droit au mendiant et au déshérité » (S51 V19).
L'Islam prône également :
f) L'obligation d'assurer l'instruction à tout musulman et cela en vue d'abolir définitivement l'ignorance.
2) Les droits de l'homme à travers les hadith
Les hadiths mettent l'accent sur :
a) La non discrimination en ce qui concerne la dignité et les droits fondamentaux entre un homme et un autre.
« L'Arabe n'a aucun mérite sur le non arabe, ni le Blanc sur le Noir, si ce n'est par la piété » (Hadith)
« Les femmes sont les sœurs des hommes » (Hadith)
b) L'unité de la famille humaine et la proclamation faite par l'Islam que le meilleur des hommes est celui qui se rend le plus utile à cette famille.
« Dieu embrasse dans sa sollicitude la création toute entière, et le plus aimé des hommes est celui qui assure les meilleurs services à la famille humaine, don dieu a la charge » (Hadith)
c) L'interdiction de toute atteinte aux biens d'autrui et à la vie humaine.
« Les biens et le sang des autres sont sacrés » (Hadith)
d) L'obligation d'assurer l'instruction
« La quête du savoir est un devoir pour chaque musulman et chaque musulmane » (Hadith)
e) La sanction imposée à tous ceux qui refusent de s'instruire ou d'enseigner
« Certains doivent s'instruire auprès de leurs et humanité
« Et ne discutez que de la meilleure façon avec les gens du Livre, sauf ceux d'entre eux qui sont injustes. Et dites : Nous croyons en ce qu'on a fait descendre vers vous, tandis que notre Dieu et votre Dieu est le même, et c'est à Lui que nous nous soumettons » (S29 V46).
« Allah ne vous défend pas d'être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Car Allah aime les équitables. Allah vous défend seulement de prendre pour alliés ceux qui vous ont combattus pour la religion, chassés de vos demeures et ont aidé à votre expulsion. Et ceux qui les prennent pour alliés sont les injustes » (S 60 V 8 - 9).
« Et si l'un des associateurs te demande asile, accorde-le lui, afin qu'il entende la parole d'Allah, puis fais-le parvenir à son lieu de sécurité. Car ce sont des gens qui ne savent pas » (S9 V6)
Le prophète Mohammad (saw) a dit : « Si quelqu'un opprime un sujet non-musulman Je serai son avocat, Je réclamerai son droit le jour de la résurrection » (Hadith)
Et sur son lit de mort le Saint prophète (saw) recommanda : « Observez scrupuleusement la protection donnée par moi aux sujets non-musulmans » (Hadith)
2 - Les déclarations des droits de l'homme en Islam
La déclaration universelle islamique des droits de l'homme du 12 Avril 1980 proclame que « Les droits civils et religieux des minorités doivent être reconnus et protégés ».
La déclaration islamique des droits de l'homme du 19 septembre 1981 promulguée par quand il veut. Ne lui lie pas le cou et tu auras une belle récompense de Dieu.
L'Islam a ordonné que tout esclave voulant s'émanciper ait le droit de le faire en payant ce qu'il doit à son maître qui ne peut refuser cette demande. L'esclave obtient auparavant la permission de travailler à son propre compte pour gagner l'argent nécessaire. De plus il est exempt de toute zakat pendant ce temps-là.
Non seulement il est recommandé par le Coran aux pieux musulmans d'émanciper leurs esclaves et d'aider les esclaves des autres à s'affranchir, mais en plus l'Islam impose au gouvernement islamique de réserver une partie de son budget annuel pour la libération des esclaves hommes et femmes compris.
Un exemple de justice envers les esclaves :
Le jour ou Oumar Ibn Khattab fit son entrée dans Jérusalem pour négocier les conditions de paix avec le patriarche Sephrome, sur la demande de celui-ci, il vint à pieds lui le Calife, tandis que son esclave montait une chamelle. Abou Obaida Ibn AL-Jarrah ne réussit pas à le convaincre de monter lui-même cette chamelle, car c'était le tour de l'esclave de le monter.
Chers frères et sœurs voici exposé le point de vue de l'Islam sur la démocratie et les droits de l'homme. Les informations que nous vous avons fournies ne sont pas exhaustives. Elles ne font qu'ouvrir la voie à de nouveaux débats, qui, nous l'espérons ne ferons qu'enrichir ce thème. Que Dieu nous aide.
Assalam Aléikoum Waramatoulah
Koné Haroun, Imam de la mosquée du CHU de Treichville
ERRATUM
Dans le N° 57 de PLUME LIBRE, il a été écrit que le MERCREDI 04 AVRIL correspond au NEUVIEME JOUR DE MOUHARAM. Il fallait plutôt lire que MERCREDI 04 AVRIL correspond au 10e JOUR DE MOUHARAM. Nous présentons nos excuses à tous ceux et toutes celles qui ont été perturbés pour le JEÛNE DE ACHOURA
re n° 57 du 30 Mars au 5 Avril 2001
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