Issue
Plume Libre #55
- Title
- Plume Libre #55
- Type
- Périodique islamique
- Publisher
-
Plume Libre
- Date
- March 2, 2001
- issue
- 55
- Abstract
- Hebdomadaire ivoirien d’informations générales
- number of pages
- 8
- Language
- Français
- Contributor
-
Frédérick Madore
- Identifier
- iwac-issue-0001365
- content
-
Plume Libre N° 55
Hebdomadaire Ivoirien d'Informations générales
du 02 au 08 Mars 2001 - Prix = 300 F.CFA
Rappel
Nous vous avons désigné les chameaux bien portants pour certains rites établis par ALLAH. Il y a en eux pour vous un bien. Prononcez donc sur eux le nom d'ALLAH, quand ils ont eu la patte attachée. Puis lorsqu'ils gisent sur le flanc, mangez-en et nourrissez-en le besogneux discret et le mendiant. Ainsi, nous vous les avons assujettis afin que vous soyez reconnaissants. Ni leurs chairs, ni leurs sangs n'atteindront ALLAH, mais ce qui l'atteint de votre part c'est la piété. Ainsi vous les a-t-ils assujettis afin que vous proclamiez la grandeur d'ALLAH pour vous avoir mis sur le droit chemin. Et annonce la bonne nouvelle aux bienfaisants.
Sourate 22 Versets 36 - 37
ENTRETIEN AVEC AMBI AMPOH, IMAM DE BONOUA
"L'ISLAM APPARTIENT A TOUS LES PEUPLES"
L'Imam Aboubacar Fofana (Mosquée d'Aghien)
"LE GUIDE RELIGIEUX DOIT EVEILLER LA CONSCIENCE DE SES FIDELES"
Aïd-El-Idha (La Tabaski)
COMMENT REUSSIR SA FETE
Enquête
DANS L'UNIVERS DES CIREURS
POUR S'IMPREGNER DE LA VÉRITÉ
ACTION MONDIALE DES PARLEMENTAIRES À LA RENCONTRE DU CNI
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La Vie de la Communauté
HADJ 2001
Les nouvelles de la Mecque
AW (COLL DOCTEUR ABBAS KEITA DEPUIS MAKKAH)
Après leur séjour de Médine, les pèlerins sont arrivés à Mekkah. Les pèlerins de côte d'Ivoire partis avec le CNOPM ont fini le séjour de 8 jours à Médine. Au nombre de 681, ils ont été logés dans deux bâtiments mitoyens avec tout le confort nécessaire pour permettre un séjour agréable.
A ce premier groupe de pèlerins, il faut ajouter les 26 pèlerins de l'option A qui ne sont arrivés à Médine que le lundi 19 février. Ils ont été logés dans un hôtel neuf situé à 50 m environ de la sainte mosquée du Prophète (SAW).
Cet hôtel, avant l'arrivée de nos pèlerins a abrité durant 3 jours le ministre indonésien des affaires religieuses. Leur restauration est servie sur un buffet dans l'enceinte même de l'hôtel.
Durant ce séjour médinois, l'équipe médicale a été très sollicitée car ayant enregistré 545 consultations. Ces cas ont nécessité deux (2) hospitalisations à l'infirmerie SEMI et trois (3) autres dans les hôpitaux saoudiens. Tous les malades ont heureusement regagné leur place parmi leurs frères et aucun décès n'a été déploré. La délégation du CNOPM comprend 337 femmes et 354 hommes dont la doyenne KEITA Sokona a 99 ans et la benjamine 23 ans.
Les pèlerins attendent avec sérénité les rites du Hadj qui commenceront le dimanche 04 mars.
ENTRETIEN DES LIEUX DE CULTE
Les Mosquées de Bonoumin et de Bingerville font peau neuve
ISSAH
Les maisons de Dieu de Bonoumin et de Bingerville ont reçu ces temps-ci de nouvelles couches de peinture à la grande joie de leurs fidèles respectifs. A Bonoumin, c'est un fidèle qui a financé les travaux. «Il l'a fait pour l'amour de Dieu. Et l'Imam de la mosquée, Oustaz Diakité a saisi cette occasion pour remercier et féliciter le donateur.
Quant à la mosquée de Bingerville, elle resplendit aujourd'hui grâce à la générosité d'une sœur de ladite commune. Celle-ci n'est d'ailleurs pas à son premier geste à l'endroit de la communauté.
Ces deux bienfaiteurs ont reçu les bénédictions des Imams et des autres fidèles. Des exemples à suivre.
INSECURITE
L'Imam Cissé Mamadou victime d'un braquage
AW ABDOUL LATIF
Le dimanche 04 février dernier, alors qu'il revenait d'une visite à Grand-Bassam, la famille de l'Imam Cissé Mamadou de la mosquée de l'avenue 03 à Treichville a été victime d'une agression armée.
En effet, sur le trajet du retour, l'Imam au volant de son véhicule, une Mercedes 190 a fait une escale à l'abattoir de Port-Bouët juste le temps de payer un mouton. Au moment où il remontait dans le véhicule, l'Imam Cissé a été accosté par deux individus armés de pistolets, un troisième bousculait l'épouse de l'Imam Hadja Fatimat. Les délinquants au nombre de quatre prennent le couple en otage ainsi que leurs cinq enfants qu'ils vont relâcher un peu après, à Biétry.
Avec le véhicule de l'Imam, les bandits ont attaqué une station avant de l'abandonner au boulevard de Marseille. Ils ont tout de même emporté toutes les pièces de l'épouse de l'Imam qui est de nationalité marocaine.
NOMS ET ADRESSES DES MOSQUEES DES COMMUNES D'ABIDJAN
ADJAME
● Grande Mosquée d'Adjamé
Tél : 20-37-90-13 / 09BP : 1759 Abj 09
Imam : Kramoko MOUSSA
WIMLIAMSVILLE
Imam : Coulibaly Ismaël
20-37-74-16 / 02 BP 268 ABJ 02
ATTIECOUBE
Imam : Bakari Chérif
07-89-84-22
COCODY
● Mosquée Aghien
Imam : Iofana Boikari
22-42-67-79 / 22-427-18-89
● Grande Mosquée de la Riviera Golf
Imam : Traoré Mamadou
22-43-11-18 / 22-44-10-03
KOUMASSI
● Mosquée Aklomiabla
Imam : Ousmane Touré
21-36-38-74
● Mosquée SOGEFIA
Imam : Omar Sanogo
07-83-69-77 / 21-36-03-43
MARCORY
● Mosquée 17, Rue D. Blanchard
05 BP 186 Abj 05
Imam : El Hadj Diallo A.
● Mosquée Alioban II
21-26-30-96
11 BP 1360 ABJ 11
Imam : Yanogo Abdoul
PLATEAU
● Mosquée de l'Hôtel de ville du Plateau
IMAM : Cissé Djiguiba
21-26-36-13 / 05-95-43-75
PORT BOUET
● Mosquée Abattoir
Imam : Labas Camara
TREICHEVILLE
● Mosquée André Kouassi
Imam : Diarra Daouda
21-25-10-74 / 07-01-51-77
● Mosquée AL HODA
Avenue 20 Rue 17
Imam : Cissé ABBA
21-24-12-18 / 05-00-53-24
YOPOUGON
● Grande Mosquée
Imam : Kramoko Mamadou
23-46-78-23
● Mosquée BILAL
Imam : Koné Idriss Koudouss
23-46-76-76 / 23-46-66-37
ABOBO
● Mosquée Marché
Imam : Diaby Moustapha
● Abobo Centre Gd Marché
Imam : Bamba Ouattara
24-39-38-43
Reportage
L'Islam au pays de la Basilique
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, compte tenu de la présence de la basilique, Yamoussoukro est une ville où l'Islam est en pleine expansion.
KEME BRAMA
Yamoussoukro, c'est la capitale politique de la Côte d'Ivoire. Yamoussoukro, c'est également Houphouët Boigny dont le nom est intimement lié à cette cité qu'il a rêvé grande, belle et politique. Et pour relever ce prestige, il a érigé la basilique, une œuvre gigantesque qui s'impose à tous, lorsqu'on pénètre dans la ville. La Basilique Notre dame de la paix, c'est le rêve d'Houphouët Boigny, c'est également la présence du christianisme.
Mais ce qu'on ne sait pas, c'est que Yamoussoukro, c'est aussi l'Islam, un Islam dynamique qui cohabite avec toutes les autres religions. A Yamoussoukro en effet, l'Islam est dynamique. On y compte 44 Mosquées de dimensions diverses parmi lesquelles, cinq abritent la prière du Vendredi : notamment la Grande Mosquée, la Mosquée Sunnite, la Mosquée Sénégalaise et celles des gares UTD et Diékanou Transport. Yamoussoukro, c'est aussi une série d'associations qui se battent pour l'expansion et la sauvegarde de l'Islam dans la cité. On peut citer parmi elle, la LIPCI, l'AEEMCI, l'AJMCI. Le COSIM, l'Association MISRA et enfin l'Union Fraternelle des Musulmans (UFRAM) regroupant tous les fonctionnaires musulmans. Ces associations, bien que touchant des corps sociaux différents, ont des actions convergentes, dans ce sens, le responsable de la LIPCI, le frère Mamady Cissé abat un travail titanesque. Il s'occupe de la formation des frères du secondaire comme des grandes écoles, de même que des fonctionnaires. A cet sujet, il affirme : « Nous nous chargeons de la formation des élèves et des étudiants, en les faisant prier chaque vendredi et en leur dispensant les cours les dimanches. Par ailleurs, nous intervenons auprès des différentes administrations lorsqu'il y a un problème qui influe sur le champ religieux ». Au sujet des fonctionnaires, il organise avec eux des conférences, des causeries et des séances de formation. Il existe dans la ville un centre islamique qui tient lieu de salle de réunion et de salle de cours et de lieu d'activités. Chaque samedi, une trentaine de femmes y reçoivent des cours. Yamoussoukro, a en son sein une grande mosquée. Cette mosquée imposante a été construite en son temps par Feu Houphouët Boigny, premier Président de la Côte d'Ivoire. Pendant de nombreuses années, elle fut considérée comme l'une des plus belles mosquées du pays.
Non loin de la mosquée, se dresse la Basilique. De loin, les deux édifices se font face. Interrogé sur l'influence de cette basilique sur l'Islam, Sylla Seydou répond : « La Basilique n'influence en rien la pratique de l'Islam. Chacun pratique sa religion, d'ailleurs il n'y a aucun problème entre Chrétiens et Musulmans à Yamoussoukro ». Yamoussoukro, c'est également une Communauté Musulmane estudiantine et scolaire dynamique. En effet, partout dans les établissements, les élèves sont organisés. Cela se voit tant à l'Institut National Polytechnique Félix Houphouët Boigny que dans les Lycées. Ce qui frappe surtout dans les établissements secondaires c'est la tenue des jeunes filles. A midi et après les cours, on remarque beaucoup de filles voilées en dehors des établissements. Une fois arrivées dans les cours d'écoles ou à l'internat, elles ôtent ce voile, interdiction oblige.
A Yamoussoukro, se pose un problème au niveau des écoles secondaires. Les manifestations religieuses de toutes sortes y sont interdites pour dit-on des raisons « d'équité et d'efficacité au niveau des rendements ». Cela n'est pas sans répercussion sur les activités des associations confessionnelles et notamment sur celles de l'AEEMCI malgré tout, la foi est plus vivace dans le milieu scolaire. C'est ça aussi l'Islam.
ANNONCE
LE PLAN EPARGNE PELERINAGE DU CNOPM EN PARTENARIAT AVEC LA SOCIETE IVOIRIENNE DE BANQUE
Comment préparer le pèlerinage à la MECQUE de l'année prochaine (2002) selon votre propre rythme selon vos moyens financiers dès aujourd'hui même ?
● Contacter le CNOPM pour obtenir un dossier d'inscription au PLAN EPARGNE PELERINAGE
● Commencer immédiatement à épargner à la SIB sur le compte numéro 32 302 725 R
● le minimum à verser est de 25 000 FCFA
Dès que votre épargne est suffisante, le CNOPM engage après votre avis, immédiatement toutes les formalités.
A savoir :
● l'établissement de votre passeport l'obtention de votre visa pèlerinage
● l'acquisition des billets et les réservations sur les compagnies aériennes et
● les réservations pour les logements à Médine, la Mecque, Mouzdalifa, et Arafat
CNOPM SITUE A L'IMMEUBLE DELAFOSSE 2EME ETAGE PORTE 26 ESCALIER A AU PLATEAU
Plume Libre n° 55 du 2 au 8 Mars 2001
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Plume Religieuse
LA SOURATE DE LA SEMAINE
AL KAWTAR (l'abondance)
TRANSCRIPTION :
Bismi-llahi-r-rahmani-r-rahim
▼1- Inna a'ataynaka-l-kawtar
▼2- Façalli lirabbika wa-n-har
▼3- Inna chaniaka huwa-l-abtar
TRADUCTION
Au Nom de Dieu le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux.
▼1- Certes nous t'avons accordé la profusion
▼2- Prie donc pour ton Seigneur et sacrifie
▼3- C'est celui qui te hait, le voilà
sans (descendance) postérité.
Révélation de cette sourate
La sourate « Al Kawtar » est la 108ème sourate du Coran mais la 15ème révélée. Elle comporte trois versets et a été révélée à la Mecque.
Elle fut révélée, d'après Ibn Abbas, au sujet d'Al-As. Celui-ci, en sortant de la Mosquée, vit le messager de Dieu (SAW) qui y entrait. Il se croisèrent près de la porte des Beni Sahm où ils échangèrent quelques paroles au moment même où quelques Seigneurs Quraïchites virent la scène. A son entrée, Al-As se vit interroger par ces derniers : « Avec qui parlais-tu ?
▼ C'était al-Abtar (1), répondit AL-AS en faisant allusion au Prophète (SAW) qui venait dans cette période de perdre son fils Abdallah qu'il avait eu avec Khadidja. C'est pour cela que Dieu, le Très Haut révéla cette sourate.
▼ De même, Muhammad ben Mûsa ben Al-Fadl a rapporté (...) que Yazid ben Ruman avait dit : « Al-As Ben Wâ-il-as-sahmi disait en entendant parler du Messager de Dieu (SAW) : « laissez-le ! ce n'est qu'un homme dépourvu de descendance (masculine), il n'a pas de postérité. S'il meurt, on l'oubliera et vous vous débarrasserez de lui ». Sur ce Dieu le Très haut, révéla cette sourate.
Source : Asbab An-nuzul
La fête de l'immolation
AW ABDOUL LATIF
L'Aïd-el-Adha ou la fête de l'immolation constitue avec la fête de la rupture du jeûne (Ramadan) les deux fêtes que Dieu a accordées à la communauté Musulmane. Ces fêtes doivent être célébrées conformément aux recommandations divines et à la pratique du Prophète Mohamad (SAW).
La fête de l'immolation célébrée le jour de Zhoul Hija est faite en souvenir de l'acte posé par Ibrahim Kalilou lah (PSL). En effet Allah pour mettre à l'épreuve son prophète Ibrahim lui a suggéré en songe d'immoler son unique fils Ismaël (PSL) alors adolescent. Ibrahim informa son épouse Hadjarat et son fils qui tous deux se mirent à sa disposition pour accomplir la volonté d'Allah. Et lorsque Ibrahim et son fils se retirèrent sur la montagne pour accomplir le sacrifice, Allah envoya son Ange Djibril (PSL) pour leur annoncer que leur Seigneur est satisfait d'eux et qu'il échange le sacrifice en un autre sacrifice... un bélier. C'est pour perpétrer à jamais l'acte abrahamique que l'Islam demande aux fidèles (hommes et femmes) qui ont les moyens d'immoler une bête.
La bête sacrifiée peut être un bélier, un boeuf, un chameau ou un bouc.
Le prophète (SAW) aimait immoler un bélier pour Allah dont les sabots sont entourés de poils noirs de même que la queue et les yeux.
L'immolation doit se faire obligatoirement après la prière ; le délai accordé pour le faire est de trois jours après le jour de la fête.
L'obligation du sacrifice n'incombe qu'à ceux qui ont les moyens de le faire. Il n'est pas permis de s'endetter pour le faire sauf si nous avons la garantie de recevoir de l'argent après la fête. C'est notamment le cas des salariés. A ceux là il est permis de contracter une dette à courte durée pour s'acheter un mouton.
Allah nous informe dans le Coran ni, la viande, ni le sang des bêtes immolées ne l'atteignent. Seules la piété, la crainte avec lesquelles sont faites le réveil l'intéressent. La chair du mouton est divisée en trois parties dont une pour la famille et les deux autres distribuées à ceux qui n'en ont pas immolé et aux amis.
LE HADITH DE LA SEMAINE
Les vertus de s'aimer à cause de Dieu
ABOU ISMAËL
Anas rapporte ces propos du Prophète (saw) : « celui qui possède ces trois qualités goûtera la douceur de la foi : avoir pour Dieu et son envoyé un amour qui surpasse l'amour de tous les autres êtres ; aimer les gens et ne les aimer que pour plaire à Dieu ; répugner à retourner à la mécréance après que Dieu vous en ait soustraits de la même manière que l'on craint d'être jeté au feu ».
La fête de la Tabaski (Aïd El Kebir)
La fête de la Tabaski aura lieu le 05 mars prochain. A cet important événement, plume libre se propose de vous donner les détails de cette fête.
ASPECT HISTORIQUE
La fête de la Tabaski est la commémoration du sacrifice d'Ibrahim (Aleyhi Salamoulam).
Un jour Abraham vit en songe qu'il était en train d'immoler son fils Ismaël. En sa qualité d'homme de Dieu, il comprit que songe était un message divin (qu'il se devait d'exécuter cette recommandation de Dieu. Alors Abraham en informa son fils unique. Alors (...) ô mon père, fais ce qui t'est commandé, tu me trouveras si Dieu veut, du nombre des endurants » (S37 V102). C'est ainsi qu'Abraham quitta la Mecque avec Ismaël pour Mina où devait avoir lieu l'immolation, lui devant, l'enfant derrière. En chemin Satan apparut à l'enfant d'abord sous la forme d'un enfant, puis d'une vieille et enfin d'un vieux. Et à chaque fois il disait à Ismaël de ne pas suivre son père car il ne lui voulait pas de bien. Et à chaque fois l'enfant prenait une pierre et le lapidait. Satan partait et revenait chaque fois sous une autre physionomie. Arrivés à Mina, Abraham installa son fils sur une pierre, lui banda les yeux et était prêt à l'immoler quand Dieu lui dépêcha l'ange Gabriel avec un bélier qu'il lui offrit à immoler en lieu et place d'Ismaël. Dieu dit à Abraham : « ... ô Abraham ! tu as bien réalisé la vision. Oui, c'est ainsi que nous payons les bienfaisants. » (S37 V104 - 105).
PRATIQUES A OBSERVER :
Le jour de la Tabaski le fidèle observe ce qui suit :
▼ Se laver (grande ablution), se parfumer et porter ses plus beaux habits.
▼ Il est souhaitable (pas obligatoire) de ne manger qu'au retour de la mosquée, après la prière. On mange du foie de la bête sacrifiée.
▼ Glorifier Dieu la veille de l'Aïd, le jour du sacrifice et les trois jours qui suivent appelés « jour du Tachrik ».
▼ Glorifier Dieu dès qu'on quitte sa maison pour se rendre à la prière : « Allahou Akbar, 3 fois. Lahila Ilalahou - 1 fois ; Allahou Akbar 3 fois. Wa lilahi hamdou 1 fois. Alahou Akbar Kabira 1 fois. Wal hamdou lilahi Kassira 1 fois ; Wa soubana lahi boukratane wa assila 1 fois ; Wa laillaha ilallahou 1 fois ; Alahou Akbar 3 fois. Wa lilahou hamdou 1 fois + salat ala nabiyi.
▼ Se rendre à la prière par un chemin et retourner par un autre (différent).
▼ Eviter de tuer sa bête avant celle de l'imam.
A.I.
La flambée des prix de mouton
Avec la fête de l'immolation, la demande du mouton est très élevée car ; c'est cet animal qui est le plus sollicité par les fidèles Le prix du mouton est soumis au principe de l'offre et de la demande. Moins l'offre est abondante, plus le prix est important. 80% au moins de la demande en Côte d'Ivoire sont satisfaits par l'exportation du mouton. Les pays qui ravitaillent le marché ivoirien sont tous sahéliens (Mali, Burkina, Niger). Cette année, la situation socio-politique du pays avec les dernières agressions des étrangers (notamment issus de ces pays) a fait monté le risque commercial.
Exporter les moutons vers la Côte d'Ivoire par la route ou par la voie ferrée est devenu un véritable parcours vers la ruine car, les rackets policiers et douaniers sont quasi systématiques, augmentant inutilement le coût de l'exportation alors que la bourse de l'ivoirien subit de plein fouet la crise qui s'est accentuée d'avantage ces derniers mois. Un tour sur les principaux marchés du mouton à Abidjan (Port Bouët, Abobo, Anador, Agban) confirme la morosité du marché. Les quelques vendeurs qui ont pu arriver avec des moutons proposent des prix avec une augmentation dans l'ordre de 50% par rapport à l'année dernière. L'augmentation, selon eux est due aux rackets. Ils répercutent sur le prix du mouton tout ce qu'ils ont dû payer aux différents barrages routiers (si l'on sait qu'ils sont nombreux). A Port Bouët le prix moyen du mouton jusqu'au 20 Février était de 55000 pour un mouton d'à peine 20 Kg. Le mouton n'est pas le seul sacrifice que l'on peut offrir à Allah. Les familles peuvent s'associer pour acheter et immoler un bœuf. Mais là encore, le prix a subi une augmentation dans une proportion tout de même moindre que celui du mouton.
AW
Le sens d'une fête
Les croyants du monde entier célébreront inch Allah le lundi 05 mars la fête de l'immolation. Cette fête au cours de laquelle les fidèles qui ont les moyens offriront un animal à ALLAH, tire son origine de l'acte de piété, de soumission que notre père ABRAHAM a posé.
En effet, Allah en réponse à l'invocation d'Abraham lui accorda un enfant : Ismaël ; mais lorsque celui-ci atteint l'âge de l'adolescence, au moment où son père pense à tous les projets pour lui, Allah lui demanda d'offrir en sacrifice ce fils unique. Après une concertation avec son épouse Hadjarat et son fils Ismaël ; Ibrahim décida d'exécuter l'ordre de Allah. Allah le Miséricordieux racheta le sacrifice d'ISMAËL par une immolation généreuse, celle d'un bélier. C'est pour revivifier cet acte d'Ibrahim que les musulmans immolent pour Allah un animal.
Dans le choix de l'animal à immoler, il faut accorder la priorité au bélier. En effet, c'est cet animal que Allah a choisi pour racheter Ismaël alors qu'il avait la possibilité d'envoyer d'autres animaux. Et le prophète Mohamed (saw) malgré la présence des chameaux, a immolé pour le sacrifice deux béliers. Ce choix n'est pas fortuit. Remplacer le bélier par un bœuf n'est pas mauvais en soi. Cependant, cela n'est permis que pour ceux qui n'ayant pas les moyens de s'acheter individuellement un bélier, s'associent à 7 ou 10 pour immoler un bœuf. Pour le sacrifice, le bélier est mieux indiqué.
Allah dans le Coran nous rappelle que ni la chair, ni le sang des bêtes immolées ne l'atteignent. Seule la piété du fidèle atteint Allah. Mais en tant que sacrifice, le partage de la viande doit obéir aux dires du Seigneur qui dit : « lorsque les bêtes sont immolées, mangez-en et nourrissez-en le besogneux discret et le mendiant ». Le croyant doit donc partager la viande du mouton, les voisins ont un droit sur cette viande de même que les besogneux.
Le Prophète ne dit-il pas d'ailleurs : « N'est point croyant, celui qui mange à satiété alors que son voisin a faim ».
AW
ANNONCE
AIR AFRIQUE, la compagnie multinationale africaine est le premier transporteur des pèlerins du CNOPM.
CNOPM ET AIR AFRIQUE, UN PARTENARIAT SOLIDE AU SERVICE DES PELERINS DEPUIS DES ANNEES.
Plume Libre N° 55 du 2 au 8 Mars 2001 3
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Plume Evènement
ENTRETIEN AVEC AMBI AMPOH
L'Imam de la Mosquée de Bonoua
"L'Islam est la religion de tous les peuples"
Dans le cadre de notre reportage à Bonoua, nous avons rencontré l'Imam de la localité qui a bien voulu se prêter à nos questions.
K. SYLLA
Plume Libre : Comment vous appelez-vous ?
Ambi Ampoh : Je m'appelle Ambi Ampoh Adama. Je suis né en 1933. Je suis marié à trois femmes Abouré, toutes musulmanes et j'ai 21 enfants également tous musulmans.
Je suis né musulman. C'est mon père qui s'est converti à l'Islam quand il avait 20 ans. Il nous a mis au monde et nous a inscrits à l'école coranique. Moi particulièrement, j'ai commencé l'école coranique à 13 ans. J'y ai passé 8 ans. J'ai quitté l'école coranique en 1952. C'est après cette formation coranique que j'ai commencé à travailler.
P.L : Avez-vous effectué le pèlerinage ?
R : Oui j'ai effectué le pèlerinage à deux reprises.
P.L : Que pensez-vous du fait que certains assimilent l'Islam à une religion de Dioula ?
A.A. : Cela relève d'une méconnaissance des faits. C'est ce que j'ai toujours expliqué à tout le monde y compris mes frères Abouré et les gens des autres ethnies. L'Islam n'est le propre d'aucune ethnie. Il appartient à tous les peuples. Sachez qu'à part nos noms de famille, les noms Idrissa, Yacouba, Muhammad ne sont l'apanage d'aucune ethnie. Ce sont des noms des saints, des prophètes etc.
P.L : Quelle a été la réaction de vos proches quand votre père s'est converti ?
A.A. : Selon les dires de mon père, il y a eu beaucoup de soubresauts, vous savez les peuples lagunaires sont généralement chrétiens. Mais rien n'y fit. Mon père a persisté dans sa croyance en Islam. Même nous ses descendants avons été pris à partie à certains moments, cela n'a entamé en rien ma foi. Sachez une chose, celui qui a vu clair et celui qui est encore dans l'obscurité ne peuvent avoir la même attitude. Aujourd'hui, c'est à nous de les ramener sur la bonne voie et non le contraire.
L'Imam Ambi Ampoh de la Mosquée de Bonoua.
P.L : Quels sont les sentiments qui vous animent après les problèmes qui viennent d'avoir lieu entre Abouré et étrangers ?
A.A. : C'est regrettable. Les gens ne réfléchissent pas de la même manière. Il est de l'intérêt de tous, qu'il y ait une cohabitation pacifique entre étrangers et autochtones. Nous ne pouvons vivre les uns sans les autres. A preuve, nos plantations n'auraient pas prospéré n'eût été la présence de nos frères étrangers. C'est grâce à eux que nous avons pu obtenir de bonnes récoltes.
P.L : Quel appel pouvez-vous lancer à vos frères ?
A.A. : Je les invite à faire la paix avec nos frères étrangers. Il y va du bonheur de tous.
P.L : Avec quelles paroles élevez-vous vos enfants ?
A.A. : Je les élève dans la voie de l'Islam. Ils passent tous par l'école coranique avant d'aller à l'école occidentale.
P.L : comment gérez-vous les problèmes ethniques dans la mosquée ?
A.A. : Sachez qu'il n'y a pas de problème ethnique dans une mosquée. Comme il est dit dans le Coran, les musulmans ne peuvent être que des frères. A preuve, le vice Imam est mon grand frère. Il est Abouré. Celui qui le suit est Haoussa et ensuite le frère Dramé est Daffing (Burkinabé). C'est cela la fraternité musulmane.
P.L : Comment gérez-vous le quotidien dans votre mosquée?
A.A. : La mosquée vit grâce aux dons et aux sacrifices. Notamment les vendredis où les gens sont plus nombreux.
Si Dieu avait voulu
KÉMÉ BRAMA
«Si Dieu avait voulu, il aurait fait de vous une seule communauté». Cette phrase est un extrait du saint Coran ou de manière plus détaillée, Allah le tout puissant dit : « Si Allah avait voulu, certes il aurait fait de vous tous une seule communauté. Mais il veut vous éprouver en ce qu'il vous donne. Concurrencez donc dans les bonnes œuvres ».
A partir de ce qu'il nous a été donné de voir à Bonoua on peut dire que cette vérité Divine se vérifie. Dans tous les cas, il ne pouvait en être autrement, car Allah est Omnipotent, Omniscient et plénipotentiaire. Il n'a qu'à dire " sois" et sa volonté est exaucée ; comme il est dit dans le saint Coran: «quand il veut une chose, son commandement consiste à dire "sois" et c'est » S. Yassin (36) V 82.
Ainsi donc, c'est Dieu qui a voulu qu'il y ait des Blancs, des Noirs, des Jaunes. C'est le même Dieu qui a voulu qu'il y ait des Dioula, des Bété, des Baoulé, des Abourés etc. Il a voulu également qu'il y ait des Burkinabés, des Ivoiriens, des Nigériens etc.
Dieu a voulu cela, pour que de la diversité, naisse son adoration qui n'est la propriété exclusive d'aucune race, d'aucun Etat, d'aucune Nation encore moins d'aucune tribu ou ethnie. Ce qui compte chez Dieu c'est la manière de l'adorer quelle que soit son origine. Dieu nous jugera par rapport aux actes que nous aurons posés. C'est dans ce sens que l'Islam ne saurait être la propriété d'un groupe quelconque, elle est la propriété de tous ceux qui ont prononcé la "chaada" et qui respectent les prescriptions Divines et du Hadith du Prophète Muhamad (SAW).
Par conséquent, un Bété, un Baoulé, un Gouro, un Abouré etc est aussi musulman qu'un Arabe, un Dioula ou un Indonésien. Et le meilleur parmi ceux-ci est le plus pieux comme Allah l'a signalé dans son saint Coran, à la sourate 49, verset 13 : «Ô homme ! nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre connaissiez. Le plus noble d'entre vous auprès d'Allah est le plus pieux. Allah est certes Omniscient et grand connaisseur ». Ce verset, en plus du fait qu'il corrobore a été dit sur la diversité des peuples voulue par Dieu, nous montre que c'est la foi qui prime et non la race, la tribu ou l'ethnie.
Cela nous permet de dire aujourd'hui, qu'il faut relativiser les choses. Il n'y a pas de privilège en Islam. Certains peuples ont adhéré avant d'autres. C'est tout !
Si Dieu avait voulu, nous serions devenus musulmans au même moment et au même endroit. Il a seulement voulu que certains se convertissent avant d'autres.
RENCONTRE CNI-ACTION MONDIALE DES PARLEMENTAIRES
Les Députés du monde à l'écoute de la communauté musulmane
K.S RAMADAN
En vue de s'informer sur la situation socio-politique de la Côte d'Ivoire et dans le cadre de la recherche des solutions pour réconcilier les Ivoiriens, une délégation de l'Action Mondiale des Parlementaires a entamé une série de rencontres avec les institutions politiques, religieuses et organisations de droits de l'homme de notre pays. C'est dans ce cadre que le dimanche 25 février 2001, quelques membres de l'Action Mondiale des Parlementaires ont tenu à rencontrer le CNI pour l'écouter afin d'avoir sa version sur cette situation socio-politique. Cette rencontre a eu lieu au siège du CNI sis à la Mosquée d'Aghien.
La délégation de l'action Mondiale des Parlementaires était composée du Vice président de l'Assemblée nationale du Sénégal Moustapha Ka, de Mme Thérésa Amély, Députée du parlement Ghanéen, de Martin Gilbert, de Chris Blannerburgh, de Mme Sangaré Oumou Ba, députée malienne, de Bert Koenders député du Pays-Bas, de Yves Rocheleau député du Canada, et de Lisa Von Trapp Responsable du programme de l'Action Mondiale des Parlementaires.
Dans le cadre de cette rencontre, le porte-parole du CNI a livré un discours dans lequel il a exposé l'ensemble des actions menées par le CNI depuis Bédié jusqu'à Gbagbo pour le maintien de la paix sociale dans notre pays et pour renforcer la solidarité et la fraternité entre les Ivoiriens.
Suite à ce discours qui a permis à la délégation d'avoir la version du CNI sur la situation socio-politique relative au pays et à la communauté Musulmane, une projection de film sur les Mosquées brûlées, détruites et profanées a été faite pour montrer l'état des injustices subies par cette communauté. Mme Thérésa Amély T., porte parole de la délégation des parlementaires a souligné que leur mission est d'intervenir partout dans le monde où il y a des problèmes afin de trouver des solutions et permettre aux citoyens de vivre dans la paix. Dans son intervention elle a fait remarquer qu'elle n'est pas Musulmane, mais qu'elle suit le chemin du Prophète Mohammad (S.A.W.). Elle a indiqué que la seule solution pour éviter et réparer ces malentendus est la prière. Elle a ainsi demandé à la communauté de faire appel à l'esprit du Prophète (S.A.W) qui a toujours œuvré pour la paix, la liberté et la justice. Enfin, elle a demandé aux responsables du CNI de prier pour la paix et la stabilité de ce pays.
La rencontre a pris fin dans une ambiance de joie, de confiance et surtout d'espoir.
La photo de famille entre les délégations du CNI et de l'Action Mondiale des Parlementaires.
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Plume Evénement
L'importance de "Arafat"
ABOU ISMAËL
L'on entend souvent parler de Arafat.. mais très peu de gens savent son importance. Plume Libre tente de vous en parler.
Définition :
Arafat c'est à la fois un espace qui a été témoin de plusieurs événements, c'est aussi un jour, une date importante dans la vie islamique.
Importance historique :
C'est l'endroit où quand il y a eu la chute d'Adam et Eve, c'est à Arafat que les deux se sont rencontrés. L'immolation d'Ismaël (fils d'Abraham) devait avoir lieu à Arafat (en principe) mais compte tenu des tentatives de Satan pour les distraire c'est à Mina que cette tentative d'immolation eut lieu.
Le Prophète lui-même (SAW) a livré son dernier sermon à Arafat.
Importance culturelle d'Arafat :
Selon les Oulémas (Dieu le Très Haut) pardonne divers degrés de remise des fautes (péchés).
▼ D'une prière à une autre les péchés mineurs sont pardonnés
▼ D'un vendredi à un autre les péchés sont pardonnés
▼ D'un pèlerinage à un autre les péchés sont pardonnés
Au niveau du pèlerinage, il faut dire que « Arafat » en est le quatrième pilier et en même temps le pilier le plus important. Ainsi selon un hadith du Prophète « Le pèlerinage c'est Arafat » (Ahmed et Thirmidy).
Il s'agit pour les pèlerins, de s'arrêter un moment si court, soit-il de l'après midi du 9 Dhoul-Hidja à la nuit du 10 jusqu'à l'aube à l'endroit appelé « Arafat ».
Cette présence comporte des actes obligatoires et d'autres sunna ainsi qu'une condition qu'il sied d'observer.
Ce que les non pèlerins doivent faire :
Ceux qui ne sont pas au pèlerinage peuvent jeûner le jour de « Arafat », c'est à dire le 9 Dhoul-Hidja (le 04 mars ). Ils pourront ainsi tirer profit de ce grand jour de pardon que le Très-Haut a mis à notre portée.
QUESTIONS-REPONSES
● QUESTION 1.
Lors de la Tabaski, est- il possible de se regrouper pour acheter un animal ?
● REPONSE 1
Oui, il est possible de se regrouper pour acheter un animal recommandé pour la Tabaski et en faire le sacrifice.
► Aïd El Kébir
● QUESTION 2
Doit- on s'endetter pour pouvoir acheter son mouton et faire la fête de la Tabaski ?
● REPONSE 2
Non, si vous n'avez pas les moyens ne vous endettez pas pour acheter le mouton. Vous n'y êtes pas obligés.
● QUESTION 3
Je n'ai pas acheté de mouton l'an dernier. Est- ce que cela devient une dette à payer ?
● REPONSE 3
Non, cela ne constitue aucune dette l'année où vous n'avez pas la possibilité de tuer un mouton en sacrifice. N'ayez aucune crainte. Vous n'avez rien à rembourser.
● QUESTION 4
En combien de parties doit- on diviser le mouton ou le bœuf de la Tabaski ?
RÉPONSE 4
Le sacrifice de Tabaski est à diviser en trois parties : une première partie pour la famille, une deuxième partie à distribuer aux amis et une troisième partie pour les nécessiteux.
QUESTION 5
Combien de personnes peuvent-elles se regrouper pour acheter un animal ? Et quel animal acheter ?
RÉPONSE 5
Selon les écoles, cinq ou sept personnes peuvent se regrouper pour acheter soit un bœuf soit un chameau. Le mouton doit être acheté individuellement.
A.I.
Plume Libre
B.P. 174 CIDEX 03 ABIDJAN 08
TÉL : 22-42-67-79
Site Internet : http://www.cni-ci
DÉPÔT LÉGAL
N° 2732 du 07/09/1991
EDITEUR : CEID
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION
Koné Issa
RÉDACTEUR EN CHEF
Doumbia Ibrahim
Secrétaire général de la rédaction
Koné Seydou
DIRECTEUR COMMERCIAL
Aw Abdulatif
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Distribution
CEID - Communication
Tél : 05-60-00-40
DECLARATION DU CNI LORS DE SA RENCONTRE AVEC ACTION MONDIALE DES PARLEMENTAIRES
Dans le cadre de ses tournées en vue de s'informer sur la situation socio-politique de notre pays, la délégation de l'Action Mondiale des Parlementaires a rencontré le BEN du CNI.
Plume Libre vous livre la déclaration du CNI à l'occasion de cette rencontre.
PRESENTATION DU CNI
Le Conseil National Islamique (CNI ) est une association religieuse créée le 09 janvier 1993. C'est une fédération d'associations et communautés musulmanes réparties sur toute l'étendue de la Côte d'Ivoire.
Placé sous l'autorité morale et spirituelle des Imams rassemblés au sein d'un Conseil appelé le Conseil Supérieur des Imams ( COSIM ), le CNI a été mis en place pour contribuer à la promotion socio-économique des populations de notre pays.
C'est pourquoi, le CNI s'est toujours vivement préoccupé de toutes les questions d'intérêt national :
● Lutte contre la drogue
● Lutte contre le SIDA
● Lutte contre la délinquance sous toutes ses formes
Protection des populations en détresse (expulsion des Bozôs maliens, conflits Bété-Baoulé, conflits Kroumen - Burkinabé etc...)
Diverses actions pour l'avènement d'une société de justice, de tolérance, d'équité et de solidarité.
RAPPORTS CNI - POUVOIRS PUBLICS
L'attachement à des positions de principes n'a pas bien toujours rencontré l'assentiment des pouvoirs publics. A preuve, les nombreuses intimidations et menaces (la répression le 28 novembre 1992 par les forces de l'ordre, date initiale de l'assemblée générale constitutive du CNI).
Après le décès de Félix Houphouët Boigny, premier Président de la République de Côte d'Ivoire, la communauté musulmane a eu des rapports très tumultueux avec le régime BEDIE, le nouveau Président.
● Déclarations du CNI mal perçues
● Violations des mosquées par les forces de l'ordre
● Epuration ethno-religieuse aux postes de responsabilités publics, para-publics et militaires.
● Prises de positions du CNI contre l'ivoirité, ses dérives exclusionnistes et ses conséquences sur la cohésion nationale.
Sous la transition Militaire à partir du 24/12/1999, les difficultés de la communauté Musulmane se sont accrues, malheureusement :
● Diabolisation de la communauté musulmane
● Intimidations, arrestations arbitraires des Imams, des responsables religieux et de leurs fidèles 2
● Exécutions extra judiciaires de militaires
● Délit de patronyme et de faciès
● Perquisitions intempestives et illégales des mosquées et domiciles d'Imams et de fidèles
● Exactions répétées des forces de l'ordre (police, gendarmerie, militaires) contre les populations
● Accentuation de la dérive exclusionniste (Ivoirité)
La dénonciation de ce qui précède et les prises de position du CNI dans le débat sur les nouveaux textes (constitution et code électoral) ont valu à la communauté musulmane d'être considérée comme adversaire politique.
Avec l'arrivée de l'actuel Président de la République (Laurent GBAGBO), la Côte d'Ivoire a atteint le paroxysme de la violence ethno-religieuse :
● Exacerbation du sentiment ultra-nationaliste
● Arrestations arbitraires massives
● Naissance pour la première fois dans le pays d'un fort sentiment de sécession des régions Nord
● Destruction planifiée des lieux de culte par les forces de l'ordre (24-25-26-27 octobre 2000)
● Tortures, viols (4-5 décembre 2000)
● Assassinats, meurtres collectifs (charnier de Yopougon).
RAPPORTS CNI - AUTRES CONFESSIONS RELIGIEUSES
Depuis son avènement, le CNI s'est investi pleinement dans le rapprochement inter-confessionnel et à la promotion d'un Etat véritablement laïc.
Avec l'appui du GERDDES-CI 3, le CNI a participé de façon effective à la création du Forum des Confessions religieuses.
Il faut cependant regretter les divergences de vue profondes entre le CNI et certaines confessions religieuses, notamment sur la participation aux consultations électorales, les rapports entre l'Etat et les communautés religieuses (traitement inégal des confessions religieuses).
RAPPORTS CNI - SOCIETE CIVILE
Conformément à ses objectifs et fidèle à ses principes, le CNI entretient des relations franches avec les acteurs de la société civile.
Au regard des signes précurseurs de la dégradation du climat social, le CNI a rencontré des ONG, des syndicats, des partis politiques (dont le FPI au pouvoir aujourd'hui). Il s'agissait de prévenir la situation difficile que vit notre pays aujourd'hui.
Si certains ont pleinement adhéré à cette démarche pour pouvoir apaiser la situation et sauvegarder l'unité nationale, d'autres, en revanche, ont traité malheureusement le CNI avec mépris en l'assimilant à tort au Rassemblement des Républicains (RDR) et en affirmant solennellement qu'il est un instrument au service de l'ex-premier ministre, M. Alassane Dramane Ouattara, président du RDR.
CONCLUSION
A la lumière de tous ces faits, il convient d'observer qu'avant leur accession au pouvoir, tous ces hommes politiques ont entretenu de bonnes relations avec le CNI et la communauté musulmane. Il ont partagé une vision commune des problèmes nationaux. C'est le cas de l'actuel président Koudou Laurent Gbagbo qui appelait affectueusement le président du CNI Idriss Koudouss Koné « mon homonyme ». Les deux hommes menaient le même combat, celui de l'avènement d'un Etat de droit fondé sur la justice et l'équité.
Pour affaiblir le CNI qui a montré qu'il représente effectivement la communauté musulmane de Côte d'Ivoire, le régime de Bédié hier, celui de Guéi sous la transition et celui de Gbagbo aujourd'hui utilisent les mêmes méthodes :
● Diabolisation du CNI, campagne de désinformation
● Intimidations et exactions diverses à l'encontre des fidèles allant jusqu'à la marginalisation et à l'exclusion de tous ceux qui ont des noms à consonance Islamique ou Nordique
● Suscitent la création d'organisation fantoches, non représentatives à des fins de déstabilisation, ce qui constitue une ingérence notoire et flagrante du politique dans la sphère religieuse.
L'une des conséquences graves de cette gestion politiques est le malaise identitaire d'une frange importante de la population Ivoirienne.
Conscient de cette rupture sociale et la méfiance mutuelle généralisée qu'elle a engendrée, le CNI estime que tout processus de réconciliation passe nécessairement par la réparation des injustices. La réhabilitation de tous les citoyens dans leurs droits, tous leurs droits.
Pour finir, le CNI demeure confiant en la diplomatie et l'humanisme d'institutions comme la vôtre, l'Action Mondiale des Parlementaires qu'il soutient par ses prières.
Dieu bénisse les hommes épris de paix pour un monde de justice et de solidarité vraie.
POUR LE CONSEIL NATIONAL ISLAMIQUE
LE PORTE-PAROLE
1 (voir allocution du président du CNI, le 09 janvier 1993)
2 voir documents : Rapports de synthèse sur les violations des lieux de culte musulman ; communiqué de presse du 06 décembre 2000, adresse du CNI et du COSIM aux chancelleries (18 octobre 2000 )
3 Groupe d'Etudes, de Recherches pour la Démocratie et le Développement Economique et Social
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Plume SOCIÉTÉ
Reportage DANS L'UNIVERS DES CIREURS
On y gagne sa vie honnêtement
De plus en plus, on remarque un grand nombre de cireurs dans la ville d'Abidjan. Plume Libre a décidé de s'intéresser à ce phénomène.
YAHAYA IBN HOUSSEINE
Un groupe de petit cireurs : gagner honnêtement sa vie.
Notre enquête sur les cireurs nous a conduit dans les quartiers de Yopougon d'Adjamé et du Plateau. On les trouve dans les principaux carrefours les arrêts, devant les bureaux fortement fréquentés, devant les tours et les banques etc. S'il y a une occupation informelle, qui est banalisée dans notre pays, c'est celle des cireurs. Au cours de nos différentes visites, nous avons rencontré des jeunes de 11 à 12 ans, mais aussi des personnes âgées parmi lesquelles des femmes qui sont des responsables de familles.
Qu'est-ce qui a conduit ce beau monde à cirer dans les rues ou devant les bureaux ?
Fabrice 19 ans environ installé dans la rue (Longchamp), l'explique par son désir d'indépendance financière quotidienne. « Avec ce que je gagne dans la journée, je fais face à mes besoins ; j'économise pour ne pas avoir à tendre la main » dit-il. Un peu plus loin, aux abords du boulevard de la République, nous avons rencontré des cireurs parmi lesquels se trouve C.L. Marié et père de deux enfants, il a donné à l'adage qui dit qu'il n'y a pas de sot métier tout son sens : « Je cire, je nourris ma famille, j'honore mes engagements, car je suis musulman et en tant que tel, je dois nourrir ma famille et honorer mes engagements honnêtement ».
Cependant le métier de cireur expose parfois à certains désagréments dans nos tâches quotidiennes, dira C.L. Nous rencontrons tout le monde. Certaines personnes refusent de nous payer après le service, sous prétexte que le travail n'a a pas été bien fait. D'autres portent même la main à nos jeunes frères pour des raisons bénignes. Malgré tout, il y a des instants de gaieté. Par exemple, selon Hamidou, un autre cireur, ils sont en de bons termes avec beaucoup de travailleurs dont ils cirent les chaussures. Ces derniers leur offrent parfois de la nourriture à midi et même parfois de l'argent. Le métier de cireur nourrit son homme malgré tout. Du Plateau à Yopougon en passant par Adjamé, tous les cireurs clament leur indépendance financière vis-à-vis de leurs aînés. Comme un seul homme, ils disent qu'ils ne vivent pas en parasites, ce qui les fait respecter de tous. En effet, les recettes journalières varient entre 1000F et 2000F CFA ; parfois même plus.
On distingue deux catégories de cireurs : ceux qui sont assis à des endroits fixes et les cireurs ambulants. Les cireurs assis à des endroits fixes sont les plus grands ; leurs recettes sont les plus élevées car, ils ont une clientèle fidèle. Les cireurs ambulants sont les enfants de 11 à 15 ans issus pour la plupart de familles pauvres.
Olivier, cireur ambulant de 11 ans rencontré devant une banque, nous dit à cet effet : « je suis cireur parce que je ne vais pas à l'école. Mes parents, n'ont pas les moyens pour me scolariser. Je trouve du plaisir à cirer parce que le soir, je rentre à la maison soit avec 1000F ou 1500F. Ils sont très contents de moi ».
A Yopougon, Mamadou, cireur à l'angle d'une Pharmacie, est la providence de sa famille. Il aide par le cirage, à nourrir ses parents invalides. Souleymane et Aboubakar deux frères non scolarisés cirent à Yopougon dans les kiosques à café en attendant un âge raisonnable pour apprendre un métier.
Le cas de Georges est plus pathétique. Il est cireur à la gare d'Adjamé ; il a obtenu le BEPC pendant l'année scolaire 1999-2000 ; cependant il n'a pas été orienté en seconde. Il cire pour assurer sa scolarité l'année prochaine. Il a même ouvert un compte à la COOPEC.
Il faut tout de même signaler que nombreux sont les enfants qui sont scolarisés, mais qui cirent les Mercredis après midi ou pendant les vacances scolaires. Cela leur permet de préparer la rentrée scolaire. Certains parmi ceux que nous avons rencontrés dans ce cas affirment qu'ils peuvent économiser entre 30 000 et 40 000F CFA pendant les grandes vacances.
Par ailleurs, tous les petits cireurs ne sont pas seulement des enfants de démunis. Le jeune Y.D. que nous avons rencontré est élève en 4ème au Lycée Moderne d'Abobo ; son père est gendarme, mais pour lui venir en aide, il cire. Il en est de même pour D.S dont le père est instituteur, mais qui cire les Mercredis après midi et pendant les vacances pour se « former » à la vie active dit-il. Ce qu'on ne sait pas, c'est qu'il y a également des cireuses. Nous en avons rencontré deux, au marché du Plateau, du côté des cordonniers face à la BICICT. Ce sont des dames. Elles sont en tenue et disent exercer ce métier par manque de travail : « Cela nous permet de nourrir nos enfants en manque d'argent ». C'est difficile, cependant c'est mieux que rien ». On a également des handicapés qui cirent pour ne pas tendre la main. Pour cela, ils disposent de matériel approprié. Le métier de cireur peut être parfois un tremplin. Selon Fabrice jeune cireur : « Ici, s'asseyait N'Dah Kouadio aujourd'hui célèbre footballeur du stade d'Abidjan et des éléphants de Côte d'Ivoire. Il venait cirer le matin jusqu'à l'heure de l'entraînement de son équipe ». Un autre cas encore plus intéressant est celui d'un cireur qui était étudiant en licence d'Anglais, à l'Université d'Abidjan. Il est orphelin et s'appelle Michel alias Mike. Un jour il a ciré les chaussures d'un couple de touristes américains. Ces derniers qui conversaient en anglais avaient apparemment des problèmes de guide. Mike est intervenu dans leur conversation. Le couple Américain a été ébahi par son anglais limpide pour un jeune dans un pays francophone. De leur causerie qui est devenue très amicale, Mike leur a expliqué pourquoi il cirait avant ou après ces cours en faculté d'Anglais. Le couple a pris ses coordonnées et pendant les vacances scolaires, Mike a/m a été convoqué par l'Ambassade des USA pour affaire le concernant. Aujourd'hui Mike, poursuit ses études aux USA.
De manière générale le métier de cireur est apprécié par l'ensemble de la population. La majeure partie de ceux que nous avons rencontrés jugent que ces enfants et même ces personnes âgées qui cirent, font œuvre utile. Elles estiment cependant que le métier de cireur doit être pratique en attendant de trouver mieux.
Malgré tout, on peut dire que cirer n'est pas un « sot métier ». Il permet, non seulement de subvenir à ses besoins, mais il peut ouvrir d'autres perspectives. Il faudrait songer tout même à organiser ce secteur pour mieux le rentabiliser.
L'IMAM DE LA GRANDE MOSQUEE DE YAMOUSSOUKRO
Un cas d'école
KÉMÉ BRAMA
Souvent dans nos villes ou villages ou même dans nos communautés, l'accession au poste d'Imam pose problème. Les origines de ces querelles qui naissent sont d'ordre divers. Elles entraînent parfois des divisions au sein des communautés.
A Yamoussoukro, capitale politique de notre pays. Cette situation n'a pas eu lieu au décès du grand Imam de la ville, rappelée à Dieu en 1999. Son successeur, Seydou Sylla, est très jeune et pourtant il est Imam. Dans certaines mosquées d'Abidjan fréquentées par des intellectuels formés dans les écoles occidentales ou arabe, cela ne pose pas problème. Cependant dans une ville comme Yamoussoukro, où la, majeure partie de ceux qui fréquent la mosquée sont personnes âgées cela paraît surprenant... On sait qu'en Afrique, l'âge intervient pour beaucoup l'occupation des postes de responsabilité... Le choix de Seydou Sylla sort donc de l'ordinaire et cela s'explique. En effet, Sylla Seydou a les compétences nécessaires pour être Imam. Il a obtenu la formation et les diplômes nécessaires à l'occupation de sa fonction. Depuis son enfance à Tiémou. Il a commencé par l'école coranique, jusqu'AL Saquafat AL Islamiya De Bouaké, il a eu un parcours honorable sanctionné par le BAC, version arabe. Mais ce qui est intervenu en sa faveur, c'est que c'est un « enfant » de la mosquée... Depuis l'âge de huit ans, il fréquente cette mosquée où il colonné tous les Imams de Fofana... jusqu'à son prédécesseurs Baladji Sanogo dont il a été adjoint pendant longtemps. Ce qui sort encore de l'ordinaire, c'est que Seydou Sylla a décidé de renoncer à sa fonction d'Imam Adjoint une semaine après le décès de son prédécesseur. Interroger à ce sujet il dit : « J'ai estimé que j'avais accompli ma tâche puisque celui que je servais en tant qu'adjoint n'était plus là ». Seydou Sylla n'a pas été suivi dans son choix. La population de Yamoussoukro, avec les anciens en tête l'a imposé à son poste.
La leçon à tirer de tout cela : la patience et la persévérance peuvent aider pour beaucoup de choses par ailleurs, les problèmes d'Imamat doivent se régler sans querelle pour peu qu'on sache faire les choses comme il se doit.
ANNONCE
PLUME LIBRE mène une enquête sur l'entretien de nos lieux de culte. Des équipes sont à pied d'oeuvre à travers les dix communes d'Abidjan. Très bientôt nous publierons la liste des toilettes les plus propres et des toilettes les plus mal entretenues par ordre de mérite.
ANNONCE
PLUME LIBRE et la Communauté musulmane d'Aghien ( COMUDA ) organisent le Samedi 3 Mars 2001 à la Mosquée d'Aghien de 22 h à 24 h une séance de prières et de bénédictions.
VOUS ÊTES CORDIALEMENT INVITÉS À CETTE CÉRÉMONIE RELIGIEUSE
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Plume Communiqué
AVIS & COMMUNIQUES
[Illegible text block]
DATES A RETENIR
LES PRINCIPALES FETES MUSUULMANES
1/ Fête de Tabaski (Aïd El Kébir) 5 Mars 2001
2/ Premier jour de l'an Hégire (Moharam) : 26 Mars 2001
3/ Achoura : 4 Avril 2001
4/ Nuit du Mawloud : 03 juin 2001
5/ Voyage nocturne : 12 Octobre 2001
N.B : Ces dates seront confirmées par le COSIM.
ANNONCE
Plume Libre offre des stages aux étudiants en journalisme, sténographie et en bureautique.
CONTACTER LE SERVICE DU PERSONNEL, AMI MEITE AU 22 42 67 79
COMMUNIQUÉ
A l'occasion de la fête d'Arafat la COMUDA organise la rupture collective du jeûne le Dimanche 04 Mars à la Mosquée d'Aghien.
POUR OBTENIR LES ŒUVRES :
● Guide du soutien à l'Islam de Traoré Aboubacar
● Les épreuves de la vie de El Hadj Guissé
Téléphoner au 22-42-67-79 ou au 03-09-26-17
REMERCIEMENTS DU CNOPM
Le CNOPM, remercie tous ses partenaires de l'organisation du pèlerinage 2001. A savoir la CITIBANK, ECOBANK, SUISSE AIR, ETHIOPIAN, EGYPT AIR, MEA le Secours Médical Islamique, l'INSP, la Police et la Gendarmerie des aéroports d'Abidjan et de Bouaké les services Passeports du Ministère de la sécurité Intérieur, de la décentralisation, du Ministère des Affaires Etrangères et le Ministère de la Santé.
AVIS DE VENTE
Vente de livres islamiques, de vêtements et de cassettes de prêches chez Houstaz Cissé Chams à la Mosquée Bilal de Port-Bouët II à Yopougon
CENTRE HIRA
Lire, écrire, comprendre, et parler l'arabe en quelques semaines
Contact : 07 80 58 78
ANNONCE
Plume Libre
ayant la plus large diffusion auprès des musulmans, ci reste l'espace indiqué pour vos communiqués
Contactez-nous aux numéros suivants :
Mariétou : 03-09-26-17 / Sounkalo : 03-09-19-13
ANNONCE
Pour préparer le pèlerinage de vos parents à votre rythme, la foi d'une organisation (le CNOPM) Set le professionnalisme d'une banque (la SIB) sont à votre disposition.
La CITIBANK et ECOBANK sont des partenaires privilégiés du CNOPM et des pèlerins elles contribuent à faciliter les transactions financières vers l'arabie saoudite le CNOPM leur présente ses félicitations pour l'organisation du PELERINAGE 2001
COMUWA
COMMUNAUTE MUSULAMANE DE WILLIAMSVILLE
A l'occasion de la fête de la TABASKI
La COMUWA a le plaisir de vous informer de la tenue d'une journée socio-culturelle islamique qui aura lieu le samedi 10 mars 2001 à la Grande Mosquée de Williamsville.
VOTRE PARTICIPATION EST TRÈS SOUHAITÉE.
Offrez-vous des Tee-Shirts qui seront disponibles à partir du 1er mars 2001.
Le Président de la coordination
Plume Libre
OPÉRATION 2500 ABONNES
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ou contactez la MOSQUEE PRINCIPALE de votre quartier ou des fiches d'abonnement sont disponibles
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ou contactez la mosquée principale de votre quartier.
Plume Libre
En vente tous les Vendredis
LA SOLIDARITÉ MUSULMANE N'EST PAS UN VAIN MOT, C'EST UN COMPORTEMENT
SOLIDARITE POUR KONG
L'éducation, un droit universel
Les enfants de Kong en sont pourtant privés
L'ONG «ACTION JUSTICE» remercie toutes les bonnes volontés qui ont participées à l'opération «SOLIDARITÉ POUR KONG» et s'excuse auprès de tous ceux qui n'ont pu effectuer leur versement sur le compte ouvert à cet effet. Elle les informe que tout est rentré dans l'ordre.
Vous pouvez déposer vos dons sur le compte
N°09550 078913 00017 à la BICICI.
POUR TOUT RENSEIGNEMENT, S'ADRESSER À :
- Mme Touré Mariam (en dehors des heures de travail)
Tél : 22 42 02 29
- Monsieur Soumahoro Moustapha
Tél : 21 23 75 47 Cel : 07 85 28 20
- E-mail : SOOMCO@Yahoo.frLe Président du Bureau Exécutif
SOUMAHORO MOUSTAPHA
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Plume Féminine
LE SERMON DE L'IMAM
LES IMAMS ET LA POLITIQUE
Le guide religieux doit dennoncer l'injustice et l'arbitraire
Depuis un moment le débat sur la participation des Imams à la vie politique bat son plein. Dans ce numéro, nous vous publions des extraits du sermon de l'Imam Fofana (fait à Aghien le 1er Septembre 2000) où il nous donne son point de vue sur ce sujet.
PROPOS RECUEILLIS KÉMÈ BRAMA
Chers frères et sœurs, nous posons aujourd'hui, le rôle des Imams et des savants dans la Communauté Musulmane. On dit que les Imams font la politique, mais on ne dit pas ce qu'est la politique. On ne dit pas non plus ce qu'est le rôle d'un guide religieux dans la Communauté et ce, dans toutes les religions. Pour répondre à cela, interrogeons l'histoire et plus précisément l'histoire de Moïse auprès de pharaon.
Tous les prophètes qui dénonçaient l'ordre établi ont été persécutés
Dieu a dit à Moïse : « Va, Moïse toi et ton frère, allez voir pharaon. Il est devenu dictateur, allez-y, sauver les israélites et les retirer de l'arbitraire et de l'injustice ».
Qu'est-ce cela veut dire ? Cela veut dire que le guide religieux doit lutter contre tout ce qui est injustice. Il doit pouvoir intervenir pour lutter contre l'arbitraire. C'est pourquoi Dieu a envoyé Moïse combattre contre l'arbitraire. C'est pourquoi Dieu a envoyé Moïse combattre pharaon.
Et pourquoi Jésus a failli être tué par des Juifs de l'époque ? Parce qu'il a posé des problèmes par rapport à l'ordre établi. S'il s'était tu contre cet ordre, Jésus n'aurait pas eu de problèmes. Il a lutté contre tout ce qui transgressait l'ordre divin, tant aux plans matériel, économique que social.
C'est pour cela que Dieu envoie les Prophètes, et tous les prophètes ont eu des problèmes avec leurs peuples et les dirigeants de leurs peuples. Tous les prophètes qui sont venus avec la parole de Dieu, et qui changent les mentalités de leurs peuples ont toujours eu des problèmes avec les dirigeants de leur époque. Tous ceux qui ont lutté contre l'ignorance et l'obscurantisme de leur peuples, se sont retrouvés opposés à leurs dirigeants. C'était le cas entre pharaon et Moïse. C'était également le cas entre Jésus et les rois d'alors.
Cela nous permet d'affirmer que, quelle que soit la nature des propos qu'un religieux va tenir, lorsque ces propos vont changer l'ordre établi, les autorités vont toujours s'opposer.
Chers frères et sœurs, c'est en cela que les gens doivent connaître le rôle des guides religieux. A cet effet, Dieu a dit dans le Coran : « Nous avons assigné à Moïse de sortir son peuple des ténèbres vers la lumière ».
L'Imam Fofana de la Mosquée d'Aghien.
L'Imam doit donner son point de vue sur les problèmes de sa société
L'un des rôles des Imams, en dehors des éveils de conscience, c'est de pouvoir canaliser et gérer quelques fois la passion, la colère et les sentiments de sa communauté pour qu'elle ne déborde pas. Cette mosquée enregistre la présence de fidèles qui viennent de divers horizons. Ils veulent entendre les points de vue de l'Imam par rapport à leurs inquiétudes. Les hommes politiques eux-mêmes viennent écouter l'Imam, entendre la parole de Dieu sur la situation qui prévaut. Et c'est à l'Imam de leur dire « patientez ! ».
Prenons le cas de Moïse avec les Israélites. Ces derniers avaient souffert. A un moment donné, ils ont dit : « Vraiment Moïse, nous sommes fatigués ! Avant ta venue, pharaon nous a fatigués, ta venue a empiré la situation. Qu'allons-nous devenir ? » Qu'est-ce que Moïse a dit : « Ne vous en faites pas. Il se pourrait que Dieu fasse périr notre ennemi. Patientez ! ». Dieu a réalisé ce qu'il avait promis par la suite. Tout guide religieux doit calmer ses fidèles. De même, l'Imam doit toujours donner le point de vue de l'Islam sur les différents problèmes de la société, sur les problèmes que vivent les musulmans. Il doit essayer de calmer le cœur des croyants. Et cela, nous l'avons fait à tout moment, mais on ne peut le faire qu'avec le langage qui convient à cette situation. Et nous ne mentons pas, nous disons toujours la vérité à la communauté.
C'est notre rôle que nous jouons. Et lorsque la communauté oublie son devoir vis à vis d'elle-même, et vis-à-vis des autres, nous attirons son attention sur ce qui se passe. Nous disons « Ne dormez pas, réveillez-vous ! ». Quand elle se réveille trop, on leur dit : « calmez-vous ! ».
C'est notre rôle pour qu'on soit dans le juste milieu. Et cette période de mouvements politiques concerne tout le monde dans le pays : Hommes, femmes, enfants ; tout le monde en est préoccupé. Il serait malheureux pour nous musulmans si nous ne nous en préoccupions pas. Aujourd'hui, les musulmans ont leur mot à dire sur la gestion du pays, sur les problèmes sociaux, culturels, politiques etc.
Il faut qu'ils se battent pour que le pays aille bien. La politique est faite ainsi ; si vous ne la faites pas, vous en subissez les conséquences.
Les Imams ont été mêlés aux négociations politiques de 1990 à 1995
Au temps d'Houphouët, quand il avait des problèmes, avec les partis politiques de l'époque, il nous a appelés. J'étais dans la délégation avec Tidjane Bâ. Il nous a demandé d'aller parler et de donner des Conseils sages aux opposants. Et quand ça chauffait sur ces derniers, ils venaient nous voir pour que nous parlions à Houphouët. J'étais chaque fois dans la délégation. En 1995, au moment du boycott actif, j'étais dans le collectif suscité par les partis d'opposition ; nous sommes allés chez Bédié pour lui parler et pour lui dire de laisser tout le monde se présenter aux élections. On ne nous a non reproché en ce temps. Et nous sommes allés nous-mêmes musulmans en délégation, voir le Président Bédié, pour lui dire de s'asseoir et discuter avec l'opposition. Comme à cette époque, nos démarches étaient favorables à certaines personnes, on ne nous a pas critiqués de faire de la politique. Mais aujourd'hui, les choses ont changé. Et quand on prend part au débat politique, on nous traite de tous les noms et on veut faire une connexion entre nous et certains partis. On nous traite même d'être les porte-parole de ces derniers. La question que je me pose est la suivante : pourquoi on a accepté que nous demandions la paix et la justice avec Houphouët au profit des opposants d'hier et on refuse qu'on en fasse de même aujourd'hui ?
L'Imam doit dire la vérité :
Nous ne nous reprochons rien. Nous ne faisons que défendre ce qui est juste, ce qui est vrai, ce qui est droit et ce qui mène vers la paix et la réconciliation nationale. On ne peut et on a rien à nous reprocher. Il faut que les musulmans sachent que l'Imam a un rôle important à jouer. Il y a des centaines de personnes qui l'écoutent lors de son sermon. Il ne doit pas leur mentir, il doit leur dire la vérité. Il doit leur dire ce que Dieu a dit et il ne doit pas agir comme si de rien n'était, alors qu'il y a des problèmes. Si l'Imam voit les problèmes et qu'il n'avertit pas sa communauté, il aura failli à sa tâche. C'est cela le rôle de l'Imam : sauver sa communauté, l'aider. Et dire que les Imams font de la politique, nous disons non ! Nous sommes fiers de ce que nous faisons.
L'Imam doit connaître les préoccupations de son peuple
Un Imam doit connaître les préoccupations de ceux qui l'écoutent. C'est ce que Moïse a fait, c'est ce que Jésus a fait, c'est ce que Mohammad a fait. Il en est de même pour Abraham.
Les hommes politiques et nous travaillons sur les mêmes objets, les hommes. Les hommes politiques, travaillent sur les hommes pour avoir le pouvoir et pour l'exercer. Nous travaillons pour moraliser le discours politique, le comportement politique, le comportement de nos fidèles.
Soyez vigilants et ne vous laissez pas distraire. Ne vous laissez pas intoxiquer. Vos Imams font leur travail. Ils ont le droit de vous guider sur le droit chemin, et ils le feront.
Que Dieu nous aide tous, qu'ils nous mette sur le droit chemin. Qu'il permette à la communauté musulmane d'aller de l'avant.
COMMUNIQUE DU COSIM
REMERCIEMENT DU CONSEIL SUPÉRIEUR DES IMAMS (COSIM)
Le COSIM remercie les communautés musulmanes de Côte d'Ivoire, d'Israël, d'Afrique du Sud, et de Ryad, de Londres et d'Italie pour leurs contributions au Fonds de Solidarité.
Plume Libre
LE JOURNAL DES IMAMS DE COTE D'IVOIRE
ICI L'IMAM KOUDOUSS
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souhaite une bonne fête de l'immolation (TABASKI) à tous ses fidèles lecteurs et les remercie pour leur soutien.
Plume Libre N° 55 du 2 au 8 Mars 2001
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