Issue
Plume Libre #42
- Title
- Plume Libre #42
- Type
- Périodique islamique
- Publisher
-
Plume Libre
- Date
- September 1995
- issue
- 42
- Abstract
- Mensuel islamique ivoirien d’informations générales
- number of pages
- 8
- Subject
- Moustapha Diaby
- Front de la Oumat Islamique
- Ivoirité
- Élection présidentielle ivoirienne de 1995
-
Association des Élèves et Étudiants Musulmans de Côte d'Ivoire
- Intégrisme
- Language
- Français
- Contributor
-
Frédérick Madore
- Identifier
- iwac-issue-0001362
- content
-
★ Religion: la toilette rituelle du mort en Islam
★ Alpha Oumar Konaré: le nouvel homme du refus
★ Xénophobie : au nom de qui parle Pépé Paul?
★ A propos d'intégrisme: les niaiseries de Zadi Zaourou
PLUME Libre
MENSUEL ISLAMIQUE IVOIRIEN D'INFORMATIONS GÉNÉRALES
Septembre 1995 - Du 06 Rabial Sani au 05 Djoumadal Oula 1416 H - 200 F - N° 042
Coran
" En vérité, Dieu ne change rien en un peuple tant qu'ils n'ont rien changé en eux-mêmes."
(S.13 - V.11)
Code électoral
Les imams ont parlé
...les marionnettes s'agitent !
--- Page 2 ---
Dépôt légal : N° 2732 du 07-09-91
est édité par le
Groupe Plume Libre
Petite Mosquée de la Riviera
08 B P 2462 Abidjan 08
Tél. : 43-47-58
Directeur de Publication : Dembélé Fausséni
Rédacteur en Chef : Koné Zakaria
Secrétaire Général de la Rédaction : Koné Seydou
Photos : Ojekalé Mahmoud et Inza Koné
Micro-Composition : ASNI 01 BP 6497 Abidjan 01 Tel. 45-79-24
Flashage : ARRO, Tél. 25 52 52
Impression : Imprimerie Reprographie Tél : 37-03-28
Distribution : Edipresse Tél : 37-17-27 / 18.60
Au sommaire de ce numéro :
Edito-Plume
Vanité P.2
Plume Religieuse
La toilette rituelle du mort P3
Comment sauvegarder l'unité nationale? P3
Plume Politique
Code électoral: les imams ont parlé... P.4
Le message des imams: une grande première P.4
La Lumière de Dieu P.5
Les niaiseries de Zadi Zaourou P.5
Alpha Konaré: Le nouvel homme du refus P.6
Au nom de qui parle Pépé Paul ? P.6
Entendu sur RFI P.6
Comme Pharaon et Moïse P.7
France - Afrique: Chirac et les présidents africains P.7
Plume dans le Quotidien
On ne bâillonne pas la lumière P.8
Allahou Akbar: nouvelle formule P.8
Jumelage de communauté P.8
Edito - Plume
Vanité
Par Koné Zakaria Abd'Allah
La vie n'est pas une réalité toute faite, une réalité donnée. Elle est plutôt cet édifice en construction, cette entreprise toujours en cours qui avance à coup de volonté humaine, de tâtonnements découvreurs, bref d'épreuves de toutes natures. Telle est l'une des plus hautes leçons enseignées par l'Islam.
Nous l'avons réalisée le long de notre histoire certes courte mais déjà combien riche et exaltante. Nous venons de traverser une tempête injustement et artificiellement créée et alimentée.
Nous y avons survécu et nous avons été enrichis. Savourant aujourd'hui l'amer saveur de la liberté. Acquise sans compromission, nous marchons sur la voie lactée avec la même détermination qu'au petit matin de notre éveil et nous nous rions de l'archer ; ce vaniteux qui a eu la naïveté de combattre la conviction objectivement établie par l'épouvantail de la flèche ; et par dessus tout revendique à cor et à cri le titre de magicien promettant un deuxième miracle quand bien même le premier ait été découvert mirage. Mais, bon Dieu, a-t-on besoin de magicien dans le conteste qui est le nôtre?
Non, non et non. Car comme le soutient Roger Garaudy "Il n'est de miracle, de rupture véhémente avec les lois de la nature que pour ceux qui ont une vision étroite de la nature et surtout de la nature humaine et qui font abstraction de la dimension transcendante de l'homme". Nous musulmans saurons-nous donner caution morale à ce deuxième embarquement collectif dont le moteur, n'est que la volonté de puissance d'une minorité en quête de sa pérennité et qui n'a d'argument que le mensonge, la tricherie et la stratification du peuple?
En paraphrasant le savant Mohamed Iqbal nous rappelerons que ce n'est qu'en nous élevant jusqu'à une vision neuve de notre origine et de notre avenir que nous pourrons triompher d'une société mue par une concurence inhumaine et d'une civilisation qui a perdu son unité spirituelle.
Non, les prestidigitateurs et leurs multitudes de marionnettes superstitieuses peuvent s'adonner à leur chicane et leur duperie mutuelle. C'est leur droit, nous le leur concedons. Mais qu'ils prennent garde de detruire ce qu'ils n'ont pas créés: LA COTE D'IVOIRE.*
PLUME SERVICE
*Mariage
«Et cramponnez-vous tous ensemble au câble d'Allah et ne soyez pas divisés: et rappelez-vous le bienfait d'Allah sur vous... Ainsi Allah vous montre Ses signes afin que vous soyez bien guidés.»
(Coran: Sourate Al-Imran- Verset 103)
Le jeudi 31 Août 1995, par la Grâce d'Allah (exalté soit-Il), a été célébré le mariage de la sœur Salimata Dembélé et du frère Seydou Koné. Les cérémonies ont débuté le jeudi à la mosquée dirigée par le père de la mariée, derière le Lycée Moderne d'Abobo (Ex CMA 2), pour s'achever au domicile conjugal situé dans la même commune le Dimanche 03 Septembre 1995.
A cette occasion, la communauté musulmane, sous la houlette de la dynamique AJMA (section AJMCI d'Abobo) et de la rédaction de Plume Libre, a glorifié le Très-Haut de concert avec les derviches de l'Ordre Nématollahi des Soufis.
Il faut signaler deux évènements qui se sont produits simultanément à cette occasion: le décès du jeune frère de la mariée la veille mercredi, et la naissance d'une charmante fillette lundi matin, dont la mère n'est autre que la sœur ainée du marié venue spécialement de Bouaké.
La rédaction de Plume Libre présente ses vœux les meilleurs au nouveau couple, demande à Allah (exalté soit-Il) d'accorder Sa Grâce au nouveau né afin qu'il soit du nombre de ceux qui disent LAA- ILLAHA ILLALAH MOUHAMMADOU RASSOULOULA, et Le prie d'accepter dans Son Royaume le partant.
Amine *
Communiqué
CNI
Assemblée Générale du Conseil National Islamique les 16 et 17 Septembre 1995 à l'ENSTP de Yamoussoukro sous le parrainage du Conseil Supérieur des Imams.
Les associations affiliées peuvent retirer les documents de participation au siège du CNI aux Deux-Plateaux. Tel: 41-82-58 / 41-82-57.
Droit de participation: 15.000 F par délégué.
Le comité d'organisation
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Plume Religieuse
La toilette rituelle du mort
Famaké Sory
APRES la mort d'un musulman, comme le recommande, le prophète Muhammad (S.A.W). Le corps du défunt doit subir une toilette mortuaire avant d'être conduit à sa dernière demeure. Cette toilette doit être établie selon un rituel bien précis.
Il s'agit en fait d'une djanaba. La particularité dans ce cas, provient du fait qu'on a affaire à un corps sans mouvements. Ainsi, pour faciliter la mobilité du corps, on le place en hauteur, ses parties intimes étant cachées. Ensuite on palpe son ventre de manière régulière afin de faire sortir par ses orifices (Anus, nez), les restes de ses excréments ou autres. Le préposé à la toilette doit dans ces moments avoir ses mains dans une paire de gants ou les avoir enroulées dans un chiffon. Il est à noter que la discrétion la plus totale est demandée. La divulgation des images vues lors de cette séance est formellement interdite.
Après cette première étape on passe au lavage rituel proprement dit. Cette opération se déroule comme s'il s'agissait d'un vivant, on lave les parties intimes du défunt. Ensuite on lui fait la petite ablution. A ce niveau, on lui lave l'intérieur de la bouche en y introduisant le doigt dans la mesure où il est incapable de le faire. Après la petite ablution, on lui lave la tête à trois reprises puis c'est tout le corps qu'on lave. Toute cette deuxième phase est reprise au moins trois fois, on peut l'effectuer cinq fois, ou même sept, en un mot en un nombre impair supérieur à trois.
Il est à signaler que le corps peut être lavé au savon avant de passer au lavage rituel: mais cela n'entre pas dans la sunna.
En cas de guerre, les musulmans tombés sur le champ de bataille sont enterrés sans lavage rituel. Ainsi le veut la sunna.*
XIIIè Séminaire national de l'AEEMCI
Comment sauvegarder l'unité nationale?
QUELLE contribution de l'Islam à l'unité nationale? Tel a été le thème de l'édition 95, la treizième du genre, du Séminaire National de Formation Islamique organisée par l'AEEMCI.
L'évènement s'est déroulé du 11 au 19 Août à l'Ecole Normale des Instituteurs de Bouaké et a eu deux points culminants constitués par deux conférences dont la première, animée par Oustaz Boikary Fofana le Dimanche 21 Août à la mosquée de Bouaké, jour de l'ouverture officielle du séminaire portait sur le thème central du séminaire.
Le conférencier, direct comme à son habitude a indiqué que l'unité véritable ne saurait se réaliser sans une discussion franche autour d'intérêt commun tenant compte de la spécificité de chacune des composantes de la nation. La deuxième conférence qui a eu pour cadre l'ENI de Bouaké a été animée par Ali Keita, journaliste, Directeur de publication du "journal de la semaine" avait pour thème: "Le concept d'ivoirité quel réalité". Elle a eu lieu le mardi 15 Août. Le conférencier qui a tenu en haleine le nombreux auditoire à démontrer que l'ivoirité n'était pas un concept mais plutôt une idéologie négative qui stratifie la population ivoirienne en catégorie de citoyens ayant des droit inégaux. Le séminaire a eu ces cours désormais traditionnel avec une note spéciale cependant, les séminaristes ont reçu un enseignement sur la pandémie du siècle (le SIDA) et ont été outillés juridiquement pour connaître les Institutions de la République (Atmosphère politique particulière oblige). L'innovation a été la création d'un niveau 4 pour les séminaristes d'un degré de connaissance religieuse appréciable, qui au lieu de recevoir des enseignement était convié à réfléchir sur des thèmes majeur et d'actualité au cours de forum et table ronde avec des délégations venues du Burkina-Faso, de la Guinée, du Mali et du Niger ainsi que les formateurs et les imams. Ont été examinés des sujets tels que: le concept d'autorité en Islam; Islam et nationalisme, les musulmans face au mouvement d'évangélisation.
Ce treizième séminaire organisé à Bouaké a regroupé plus de 340 séminaristes à clos ces portes le vendredi 19 Août. La cérémonie de clôture de la résolution finale du séminaire et deux motions: une de remerciement et l'autre de soutien au COSIM et au CNI (voir encadré). Cette treizième édition du séminaire était placée sous l'égide du COSIM et sur le présidence du CNI et sous le parrainage du collectif des anciens présidents du comité exécutif de l'AEEMCI. Qui compte aujourd'hui 13 personnes (de 1975 à 1995)*
Une correspondance de notre envoyé spécial à Bouaké Guindo Salif
Plume des lecteurs
Poèmes
Mon amour
Mon amour est un nombre impair.
Elevé à la puissance d'une miséricorde.
Omniprésente, omnisciente et omnipotente.
Mon amour est une tolérance.
Qui nous invite sans cesse au salut.
Mon amour est un réconfort.
Pour les âmes stressées.
Mon amour est CAPITAL.
Pour les dinosaures de WALL STREET.
Consommateurs de feuilles vertes.
Mon amour est le premier des amours.
Le dernier des amours.
Mon amour est amour le seul.
Allah est mon unique amour.*
Mot pour maux
Pour écrire un mot il me faut des lettres j'ai cinq lettres pour un mots.
Cinq lettres pour un mot en cinq couleurs
cinq lettres en Noir
en Blanc
en Rouge
en Jaune
en couleur métisse.
J'ai un mot pour mon frère de la terre
un mot en cinq lettres.
Comme les cinq doigts de la main
un mot en cinq lettres.
Pour les cinq continents.
Peuple de la terre
Voici mon mot pour détruire tes maux
un mot soutenu par cinq pieds.
Voici mon mot pour ton Bonheur
un mot aux couleurs de la Vie.
Frère de la terre
Accepte mon mot
Je te l'offre pour ta traversée de l'histoire,
Ta rencontre avec L'ETERNITE,
Ton Salut.
Frère de la terre
Voici mon mot
Je le dépose près de toi pour toi
En Afrique, en Amérique, en Asie, en Europe, en Océanie.
Ce mot d'Amour et de Paix est pour toi et pour tous:
ISLAM.*
Par Issiaka Kindo
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Plume Politique
Code électoral :
Les imams ont parlé
...les marionnettes s'agitent
Par Leyla Daloufa
C'EST peu dire que d'affirmer que le code électoral constitue un véritable objet de division entre les ivoiriens. Devant la montée des périls avec les positions qui se radicalisent de part et d'autre, la société civile dans son ensemble est montée au créneau pour faire entendre sa voix. Parmi les voix qui se sont élevées qui pour condamner qui pour approuver, celle des chefs religieux s'est voulu conciliante en appelant à la raison les uns et les autres : Les imams à l'instar des évêques ont dans un message plein de sagesse et de bon sens délivré à l'occasion du Mahouloud (jour anniversaire de la naissance du Prophète Mouhammad SAW) interpellé les acteurs politiques ivoiriens demandant à tout le monde entre autre de mettre en avant l'intérêt supérieur du pays en acceptant de s'écouter et de réaliser un minimum de consensus indispensable pour négocier sans heurts le virage politique du dernier trimestre 1995. Devant cet acte de haute portée sociale et de conscience patriotique aigue salué au demeurant par la quasi totalité des croyants, des voix de service ont tenté de faire entendre des notes discordantes. Il y a à noter, fait-on remarquer du côté des milieux proche du Conseil Supérieur des imams, que c'est le journal pro-gouvernemental "Fraternité-Matin" qui a en premier ouvert ses colonnes à des personnes prétendant s'exprimer au noms de cadres musulmans pour donner la charge aux honorables chefs de l'islam. Les deux chaines de la télévision nationale pendant plusieurs jours ont été ensuite ouvertes au "Front de la Oummat Islamique" qui bien que demandant aux imams de ne pas faire de la politique s'en est pris au CNI et au COSIM tout en soutenant de façon ferme le code de tous les litiges. Comme se voyant débordé sur son terrain de prédilection, Diaby Koweït s'est empressé de convoquer une conférence de presse pour se prononcer. Naturellement ce fut le même son de cloche que chez "FOI" (cette associations que quelques mauvaises langues appellent "Fohi" - pour signifier qu'elle ne représente rien sur le terrain. La tournée du Chef de l'Etat à Séguéla et à Mankono a également donner l'occasion à certains cadres et élus du PDCI notamment l'ambassadeur Yssouf Bakayoko de Séguéla de s'en prendre vivement et parfois avec véhémence à leur chefs religieux. Pour nombre d'observateurs des réactions sont naturelles. C'est d'ailleurs le contraire qui étonne. En effet notent-ils s'il est de notoriété politique que Diaby Koweït respire aux rythmes et aux sons du pouvoir en place, le prétendu "Front de la Oummat Islamique" n'est qu'un ramassis de vautours dans le monde islamique par les bons soins du ci-devant ministre de l'Education Nationale Balla Kéïta. On se rappelle que ce dernier en 1990 n'a pas manqué d'adresser au Cardinal Bernard Yago Archevêque à l'époque une lettre injurieuse et sans retenu. La pratique serait donc éprouvée au PDCI. Dès que des religieux s'adresse à la conscience nationale et que le discours ne caresse pas le pouvoir dans le sens du poil, sans que d'aucuns qualifient de mercenaires du monothéisme déchirant sont lancé dans l'arène. Dans bien des cas comme l'article de "Fraternité-Matin", il s'agirait en fait de textes rédigés dans des cabinets proches du palais et signés de noms proches du groupe qu'on veut incriminer. Devant toute cette fébrilité les musulmans restent sereins. Selon Méité Sinan cadre dans une importante société de la place "ces réactions isolés montrent que certains de nos frères, notamment quelques cadres confondent fonctions administrative et responsabilité religieuses, se refuse à comprendre les mutation de la communauté musulmane depuis ces dernières années". Pour Salimata Sanon commerçante " ces réactions témoignent la volonté du pouvoir de montrer qu'à la différence des Chrétiens, les musulmans n'ont pas une voix autorisée à parler à leur nom à tous. Mais le message des imams a été perçu et apprécié par tous les croyants sincères et tous les ivoiriens raisonnables". Quant à Ibrahima Kouadio Etudiant, il s'insurge: "FOI", "Diaby Koweït" "soit disant cadres musulmans" tout cela c'est du vent, des marionnettes. Le seul coupable c'est le pouvoir qui n'a jamais digéré l'émancipation totale de la communauté musulmane. Comment ne pas s'indigner quand la télévision nationale ouvre toutes ces chaines à des quidams pour insulter des dignitaires religieux alors qu'elle n'a même pas daigner faire mention de leur déclaration. C'est tout simplement révoltant". La neutralité de la religion ne lui interdisant nullement l'appréciation saine des réalités que vivent ses fidèles, le pouvoir aurait fait preuve de sagesse en évitant ses manœuvres de nature à ce discréditer davantage aux yeux de la communauté musulmane. Somme toute comme l'affirme ce quinquangenaire au sortir d'une prière de vendredi à la grande mosquée d'Adjamé. "Les imams ont parlé, les marionnettes s'excitent. Le train des croyants continue sa route". C'est tout dire.★
L.D
Le message des imams
Une grande première!
PLUSIEURS fois attendu par certains, particulièrement redoutée par d'autres, la première grande déclaration publique des imams sur la vie nationale n'a laissé personne indifférent.
Dans la grande famille de l'islam, on a poussé le ouf de soulagement. Pour une fois les imams ont rompu le mur du silence dont ils s'étaient entouré toujours. Nombres de personnes même en dehors de l'islam s'expliquaient difficilement que la voix de la plus grande communauté religieuse du pays se fut tu lors des importants débats sur la vie du pays. La déclaration du 07 Août dernier lors de la nuit du Mahouloud marque incontestablement une phase importante dans l'évolution de l'islam en Côte d'Ivoire. Les quelques réactions avant gardistes notées çà et là n'enlève rien à l'aspect historique de la prise de position des imams jusque-là considérés à tort ou à raison comme des forces d'appoint du pouvoir ivoirien. Devant la grande satisfaction notée dans l'ensemble des ivoiriens et particulièrement les fidèles de l'islam avec cet acte de courage et de sagesse, nous ne pouvons que dire bravo à nos dignitaires.
Que Allah soient satisfait d'eux. Aminel!★
N'golo Troubgè
PLUME LIBRE / Juillet 1995 / Du 06 Rabial Sani au 05 Djoumadal Oula 1416 / Page 4
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Plume Politique
La lumière de dieu
"L'Islam est une religion de paix", c'est en substance en ces termes que le président Bédié s'est exprimé dans le Nord-Ouest de la Côte d'Ivoire, lors de la visite officielle qu'il y a effectuée du 06 au 09 Juillet 1995. Reconnaissance ou simple démagogie électoraliste ?"
LORS de sa visite officielle qu'il a effectuée du 06 au 09 Juillet 1955, le Président Bédié a sillonnélés villes d'odienné et de Touba avec une escale dans sa ville adoptive: Samatiguila.
A côté de son programme électoral qu'il a livré aux habitants des villes visitées, le Président Bédié a affirmé que l'Islam est une religion de paix. Comme le dit l'adage. Il n'est jamais trop tard pour bien faire". Nous musulmans de notre part ne sommes pas du tout surpris par cette phrase, car depuis toujours nous le savions et l'appliquions déjà.
Il n'est jamais trop tard pour bien faire, Or il a fallu attendre plus d'un an de pouvoir pour entendre ces paroles.
Qui l'eut cru?
Notons tout de même que cette déclaration reste à compléter. L'Islam prône la paix certes, mais cette paix rime avec plusieurs autres volets telles que la tolérance, la patience, mais surtout la justice. Gage de toute paix durable..
L'Islam est donc une religion de paix et de justice. Justice qui combat toute forme d'injustice. Cette injustice que nos frères Dembélé et Doumbia ont décriée dans l'un de leur article. Ce qui leur valu un emprisonnement de dix (10) mois. Sous prétexte que l'article par eux rédigé était séditieux et d'ordre à troubler la paix sociale, alors qu'ils ne faisaient que constater des faits qui ont effectivement eu lieu. D'autres journalistes écrivent des articles qui puent la poubelle et le tribalisme ne sont même pas inquiétés.
Au nom de la paix qui a pour corollaire la justice une frange de journalistes doivent être arrêtés et jetés en prison.
Au nom de la paix et de la justice nos frères doivent être libérés.
Au nom de cette paix qui a pour corollaire la justice les bouffons du pouvoir (sans dignité, ni vergogne) doivent être jetés en prison pour mauvais conseil donnés au Président.
Ben Nabil
Car la reconnaissance du Président Bédié vis à vis de l'Islam comme religion de paix (si elle est sincère) fait d'eux de vulgaires menteurs qui n'avaient pour seul souci que de "manger". Assez mangé!
Qu'ils soient éloignés du Président que Dieu (Très Haut) de sa Lumière a éclairé. Car leur ombre (ces vautours) fortement sataniséc l'empêchera d'être éclairé d'avantage pour mieux découvrir les vraies valeurs éthiques de l'Islam, religion civilisée et civilisatrice par essence!
Dieu l'a dit dans son saint Coran: "Qu'ils le veuillent ou pas la lumière de l'Islam se répandra sur toute la terre"
Fasse Dieu que nous soyons tous éclairés de la lumière divine en cette période d'élections généralisées!
La Paix, ce n'est pas un mot, c'est un comportement!*
B.N
A propos d'intégrisme:
Les niaiseries de Zadi Zaourou
C'EST une loi de la nature que tout ce qui ne peut vivre peu lui-même se chercher une tutelle. En politique, cela est aussi vrai. Des nombreux partis surgis après 1990, seuls quelques uns ont une vie digne et participe effectivement à l'animation de l'espace politique. Nombre d'entre eux ne sortent de leur hibernation qu'à l'approche des joutes électorales pour le rôle de marionnettes et récolter quelques dividendes. Pas plus. Le cas de l'USD et de son secrétaire général Zadi Zaourou est singulier. A la suite du décès du Président Houphouet Boigny, ce parti, en réalité l'un des moins significatifs de l'échiquier politique ivoirien, a été le seul à accepter d'entrer dans le gouvernement Bédié. Par calcul, Zadi et ses amis se sont sans doute dit qu'à défaut de pouvoir voler dans le ciel politique par leur propres ailes, il était mieux indiqué de s'accrocher aux basques de l'aigle PDCI pour essayer d'atteindre le firmament.
C'est un choix politique. On peut l'approuver ou le condamner. Il est de bon ton de le respecter. Mais là où le bât blesse, c'est la propension depuis quelques temps et de mentor à ce lancer dans des invectives contre les autres partis se permettant même le luxe de jeter le discrédit sur les croyances religieuses particulièrement l'Islam. C'est peut être une stratégie du maître "Didiga" pour se faire entendre parce que lui et son parti se trouve à l'étroit au ministère de la culture, l'obole qui à bien voulu leur faire le PDCI. Mais tout de même que de contradiction chez "le sorcier de l'impensable". En effet, Zadi Zaourou qui s'acoquine avec le PDCI trouve inadmissible toute alliance avec le RDR (cf "la voie" du 28/07/95). Ce n'est pas le choix fait par l'homme qui déroute mais les motifs. Pour Zadi et son USD, le RDR est issu du PDCI donc garde les tares de ce parti. Mieux, il lui reproche de faire le culte de la personnalité en magnifiant une figure emblématique. Certainement, le nouvelle amitié de l'homme de gauche avec le parti au pouvoir a imposé à Zadi d'être volontairement aveugle et sourd. Sinon il s'aurait comme tous les ivoiriens que les grand prêtres du cultes de la personnalité, de l'intolérance politique et les dérapages de tous ordres sont ceux qui actuellement lui offre "gite et couvert". Le ministre qu'il est n'a qu'à s'intéresser à la radio, à la télévision et aux journaux (Fraternité-Matin, Ivoir'-Soir notamment) pour s'en convaincre.
Par ailleurs, pour faire bonne figure et prouver qu'il a bien assimilé les incongruités de son "employeur" PDCI, le secrétaire générale de l'USD fait siens les arguties de ce dernier: "une frange des militants du RDR ont des penchants pour l'intégrisme musulman". Elégante façon d'affirmer que ce parti est celui des musulmans.
A accepter d'être d'accord avec Zadi, on ne peut s'empêcher de lui poser cette question: "D'où sont venu ces intégristes musulmans."
A moins d'être un adepte de la génération spontanée, on est obligé de répondre avec lui: " Du PDCI". Alors, pourquoi l'USD qui a pactisé avec le PDCI encore entier "infesté" qu'il était par ses "indésirables" trouverait seulement maintenant qu'il y a danger? On n'est pas à un paradoxe près. Zadi qui ne veut pas des "hérétiques" du PDCI s'accommode avec les gardiens du temple. Là où il ne souffre pas le «Bravetchè», il est de ceux qui chantent les "évohés" de la "deuxième chances".
Au demeurant, des hommes d'un parti qui se veut de gauche, démocrate, dont le fond de commerce est constitué des disciples d'une religion (!?!)
Les "Dehimas bordeau rouge", peuvent-ils se poser en donneurs de leçons républicaines? Il est loisible à Zadi et à ses amis de vouloir éditer en s'opposant à ce qui compte. Mais de grâce qu'ils évitent de deverser leur inepties sur l'islam. Les musulmans n'accepterons jamais d'être le starting-block de qui que ce soit à fortiori de sans-grade politique. Il est possible que l'nomme de lettres avisé qu'est Zadi veuille appliquer (à retardement) ces propos de A. Gide qui conseillait:" mieux vaut un adversaire intelligent qu'un ami niais"! Dans ce cas, bonne chance professeur!*
Leyla Daloufa
Remerciements
Le comité de soutien aux journalistes de Plume Libre incarcérés à la MACA remercie toute la communauté musulmane et tous ceux qui de près ou de loin l'ont soutenu de quelque manière que ce soit pendant l'épreuve.
Nos frères ont été libérés et ont pu regagner leurs foyers respectifs par la Grâce d'Allah (Exalté soit-Il).
Salam Aleykoum
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Plume Politique
Afrique : Alpha Oumar Konaré
Le nouvel homme du refus
K Bafo Abdel Alim
Il est malien. Il a été démocratiquement élu dans une transparence totale, à la tête de l'Etat malien en 1991 après une transition des plus réussies en Afrique. Il vient depuis le 21 Juillet dernier d'opposer un "niet" déconcertant à Jacque Chirac qui n'a eu pour eux aucune considération lors de sa tournée africaine. Il, c'est le Président Aplha Omar Konaré, le nouvel homme du refus de notre temps, à la puissance tutélaire. Invité comme ses paires des autres pays (Guinée, Mauritanie) à "aller accueillir" le Président Chirac à Dakar (au Sénégal), le Président malien oppose un refus catégorique à la nouvelle "hiérarchisation des relations franco-africaine", politique qui crée 3 pôles de concertation (Côte d'Ivoire, Gabon et Sénégal) en Afrique. Pôle autour desquels se regroupent les autres pays. En fait l'homme n'est pas à sa première condamnation face aux comportements souvent méprisant de l'ancienne métropole. En Janvier 1990, il a été pratiquement l'un des rares au sommet de Dakar à s'opposer jusqu'au bout à la dévaluation du Franc CFA. La plupart des chefs d'Etat et de gouvernement s'étaient "rangés" quand ils ont été menacés par Michel Roussin de voir leurs comptes en suisse complètement dévoilés en cas de refus. Lui, il a refusé jusqu'au bout parce que n'ayant rien à cacher.
Konaré apparaît du coup aux yeux de maints Africains comme une fierté, tout le contraire des chefs d'Etat béni oui - oui à la france.
Konaré est sûr d'une chose : il a juré devant Dieu et le peuple malien de remplir sa mission comme il le faut. Il n'a donc de compte à rendre qu'à "Dieu et au peuple malien", pas à Jacques Chirac, qu'il peut regarder en face et lui dire ses vérités. Seuls "Dieu et le peuple malien" décideront de son sort lors des prochaines présidentielles.*
K B A A
Xénophobie
Au nom de qui parle Pépé Paul ?
Ce soir là, au journal de TV2, devant une poignée de journalistes pendant près de trente minutes pépé a parlé. Il a parlé du code électoral, de l'ivoirité, de la côte d'ivoire, aux Ivoiriens ect et l'on a applaudit parce que satisfait du message. Pépé a dit haut, ce que beaucoup pensent bas mais hélas avec trop de non dit, idéologie oblige.
A défaut de pouvoir réunir partisans ou sympathisants de son parti, M. Pépé Paul (Moniteur d'auto-Ecole de son état leader du parti national ivoirien s'est contenté d'une poignée de journalistes qu'il a harangué pendant près de trente minutes. Il leur a parlé du code électoral, incarnation de l'ivoirité qu'il trouve d'ailleurs très insuffisant parce que les étrangers ont verrouillé le tissu économique de notre pays. A titre d'exemple.
Pépé cite la distribution de certains produits comme le bois le ciment, les tôles... et surtout l'attiéké qui «dénationalisé» est devenu garba (nigérien NDLR).
Ecœuré par cette abatardisation, pépé comme pour convaincre encore plus son auditoire, cite cet autre exemple, le transport (d'ailleurs mal choisi à propos) qui est détenu selon lui à plus de 80% par les mêmes étrangers. Et pépé de conclure que si jadis, les ivoiriens NDLR) détestaient ces boulots, aujourd'hui ils les veulent. Ça y est. Il ne manquait que cela pour que l'édifice argumentatif s'écroule. Notre conférencier reconnait volontiers que c'est sur un terrain vierge que les étrangers se sont engouffrés. Pour lui rafraîchir la mémoire, nous nous faisons son griot en lui rappelant qu'il n'y a pas encore longtemps les "souches" refusaient l'enseignement, les chantiers, le secteur informel ect parce que s'accommodant fort peu à la climatisation et à la cravate. N'allez surtout pas leur demander de devenir planton, vaguemestre ou gardien. C'était la pire injure que vous pouviez leur faire.
Considérés comme dégradants, ces métiers étaient réservés aux seuls métèques qui s'en sont donnés à cœur joie, tirant ainsi le maximum de profit. Alors pépé à qui la faute?
Entre autres faits que pépé ignore ou feint d'ignorer, il y a la connivence entre ces étrangers et les prébendiers ces boss de l'appareil d'Etat qui grâce aux prête noms exercent dans l'immobilier, la distribution (surtout du riz), le transport, l'exploitation forestière, etc. N'ayant aucune confiance en leurs frères ivoiriens réputés dans la gabegie (cf chaînes PAC, Agripac etc) ils préfèrent s'associer aux étrangers plus discrets et moins gourmands. Alors pépé, attention! touche pas aux intouchables si non il y aura désaccord autour de l'ivoirité.
Aussi, sache pépé qu'en côte d'Ivoire notre régime économique est le libéralisme. Donc en lieu et place du discours haineux il faut la force de l'imagination, de la créativité, du combat saint et émulateur afin de nous imposer car à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.
Nous ne pouvons déposer la plume sans attirer l'attention des autorités sur le danger que représente l'usage des médias d'Etat, surtout la télé à des fins nuisibles comme la propagande haineuse. En effet qui pépé nomme étrangers s'agissant des transporteurs? Est-ce Inza Diaby? Yaya Fofana, Kassoum Coulibaly? pour ne citer que ceux là. Non! il faut arrêter la bêtise.
Enfin, à ces journalistes qui applaudissaient, nous disons applaudissez, applaudissez seulement. L'épée de Damoclès plane aussi sur votre tête comme sur celle de pépé et de tous ses commanditaires car le désordre ne profitera à personne.*
D.H.L
Affaire CAISTAB
Entendu sur RFI
Dans l'émission RFI Afrique du jeudi 23 août 1995, à 16h30 une révélation des plus surprenante s'est faite.
En effet, le journaliste commentateur a laissé entendre, en parlant de la fin de la CAISTAB, que cet instrument a permis à la Côte d'Ivoire de financer les infrastructures routières, les grandes écoles. Puis il devait ajouter, de financer en partie la basilique de Yamoussoukro.
Cette révélation, à n'en point douter, est assez éloquente quant à la faveur prépondérante et les privilèges que feu le père de tous les Ivoiriens accordait à certains de ses enfants au détriment d'autres. A quel titre, aurait-on jugé nécessaire, de financer la basilique Notre Dame de la Paix, avec l'argent du pays, alors que des milliers d'Ivoiriens croupissent dans la misère et le dénuement total. Houphouët doit sûrement se retourner dans sa tombe, tant il est vrai qu'il a failli à sa mission de chef de tous les Ivoiriens, sans distinction d'ethnie et de religion. Retenons simplement pour l'histoire, cet enseignement du prophète Muhammad (PBDL) qu'un peuple peut prospérer dans le désordre, mais jamais dans l'injustice.*
Khady Ossamae
PLUME LIBRE / Septembre 1995 / Du 06 Rabial Sani au 05 Djoumadal Oula 1416/ Page 6
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Plume Politique
Comme Pharaon et Moïse
L'HISTOIRE est une suite de répétitions dit-on. Celui ou celle qui a produit cette pensée n'a pas si mal cogité comme on peut le remarquer si on s'en tient aux événements qui se situent à des époques fort lointaines les unes des autres mais qui se ressemblent fort étrangement. Il y a longtemps, longtemps comme dirait le conteur, à des milliers et des milliers d'années avant la naissance du fils de Mariam, sur les bords du Nil, un pharaon, fort d'un pouvoir puissant, régnait sans partage. Ce dernier de surcroît se prenait pour Dieu. Le tout puissant étant immortel, ce puissant monarque s'attribuait ces mêmes attributs. Malheureusement, on lui annonça la venue d'un enfant israélite qui hériterait de son pouvoir. Horrifié et paniqué à la fois, il ordonna aussitôt l'exécution de tout nouveau né ayant un sexe masculin. Il s'ensuivit un véritable "hécatombe". Cependant, Dieu, dans son infinie puissance, conduisit cet enfant prédestiné dans son palais, par le biais des eaux du Nil, alors que sa mère désespérée, l'avait abandonné dans un berceau au gré du courant. L'enfant fut accueilli et adopté par la femme de Pharaon. Ce qui lui sauva la vie. Le vers était donc dans le fruit. Ce miraculé, Moïse, c'est son nom était israélite, c'est à dire issu d'un peuple considéré comme inférieur, qui par conséquent était commis aux travaux d'esclave. Il bénéficia de l'amour du puissant Pharaon de nos jours, sous le cercle des tropiques, aux pays des mille lagunes, une situation analogue nous replonge dans cette époque évoquée auparavant.
un potentat régnant depuis des dizaines d'années usé par le poids des ans et ballotté de toutes parts par les revendications et les holas de ses administrés à la suite d'un vent de changement venu d'une contrée lointaine du pays des Nassaras, commence à perdre le Nord. Il fait appel à un Moïse de temps modernes, laissant sur place "les princes" de la cité jugés incapables face à la situation. Ce dernier, contre vents et marées se livre aux douze travaux d'hercule, réussissant à mettre sur cale un navire désemparé qui prenait eau partout. Bien entendu cela lui attira l'estime du potentat suspendu encore au pouvoir. Ce dernier, atteint par un mal incurable devait rendre L'âme quelque temps après. Aussitôt, branle-bas de combat. L'un des princes héritiers sentant le pouvoir lui échappé par la faute de cet "intrus" adopté par son paternel, s'érigea en roi de manière fort particulière. Et du haut de son tabernacle, il chasse l'ex-bienfaiteur qui a empêché le Navire de sombrer de même, ce dernier est considéré comme "impie" du fait qu'un de ses géniteurs ne serait pas originaire de la république des mille lagunes. Comme Moïse israélite, notre Moïse des temps modernes se voit donc rejeté du fait de ses origines.
Etrange coïncidence que nous livre là l'évolution des temps.
Jusqu'au jour où après quelques ennuis dû à un meurtre accidentel, il est banni de la société. Il part en exil où il entre dans les grâces du seigneur. Il revient quelques années après en Egypte où il dénonce le pouvoir du tout-puissant Pharaon. Il entre en conflit avec lui. Cela débouchera à l'émigration de son peuple maltraité et à la noyade de pharaon.
Si on s'en tient à ce fait, on se dit donc que l'histoire se répétant il est vrai que cette vérité est inéluctable, il faut s'attendre donc à ce qui suit. Moïse, banni des terres d'Egypte est revenu en force et à causé la perte de Pharaon qui s'est noyé dans les eaux du Nil. Aujourd'hui, les données ont changé. Il n'est plus question de noyade dans un quelconque fleuve en crue, mais d'une noyade dans les "eaux de la démocratie" par l'entremise des élections. Les prétendants aux trônes de la république des mille lagunes s'agitent. Le Pharaon nouveau s'agrippe à son trône. Les manigances vont bon train. Le Moïse des temps nouveaux est craint comme la peste. Son seul nom fait trembler. Toute est mis en place pour qu'il ne lui soit pas permit de participer au combat mais... les faits sont têtus..., l'histoire se répète toujours dit-on! alors...?
Kèlètigui Sylla
France - Afrique
Chirac et les présidents africains
Du 20 au 22 Juillet dernier, le président Français René Jacques Chirac effectuait une visité en Afrique. Exception faite du Maroc, les étapes de cette visite en Afrique noire ont clairement montré, à quel point la France considère nos pays sous les tropiques.
Cette visite a permis de voir le nouveau découpage régional avec l'émergence de pays-phares autour desquels gravitent certains autres. Trois zones-régions font leur apparition dans le précarré français d'Afrique noire: La zone du conseil de l'entente (Côte d'Ivoire, Togo, Benin, Burkina-Faso, Niger) avec pour capital la Côte d'Ivoire, la zone Sénégal, Mali, Guinée, Mauritanie avec pour capitale le Sénégal, et la zone Afrique-centrale (Gabon, Congo, Cameroun, Centrafrique, Tchad,): capitale: Gabon.
Pour sa première tournée africaine, Chirac n'a trouvé mieux que de regrouper nos Présidents africains français par région (zone) pour lui réserver un accueil digne de son rang, comme au bon vieux temps. Et aucun d'eux n'a eu à dénoncer cela sauf Konaré du Mali et dans une moindre mesure Eyadéma.
C'est au contraire, avec empressement qu'ils arrivent dans la capitale régionale à l'appel de Chirac, pour se voir accorder chacun 20 (vingt) petites minutes d'entretien.
Nos valeureux présidents préfèrent subir ces humiliations que de se voir soutirer le soutien français.
Ils doivent comprendre que, contrairement à ce qu'ils croient, Paris ne peut les protéger indéfiniment.
Ce qu'ils ont à faire, c'est de cultiver l'esprit démocratique dans leur pays respectifs. Ce qu'ils doivent faire, c'est géré leurs pays avec transparence et mériter par là l'onction populaire.
Qu'ils comprennent que le processus démocratique enclenché en Afrique est irréversible. La France ne peut empêcher que s'accomplisse la volonté populaire.
Qu'on se souvienne de l'Algérie, ou la volonté française à du mal a s'implanter maintenant.
Qu'on se souvienne du Rwanda où Paris a déployé son plus gros dispositif militaire en Afrique (Après celui de l'opération MANTA en 1980 au Tchad), pour protéger ses valets dans ces pays; mais rien n'y fit: On sait aujourd'hui où se trouvent ces valets:
Hors de leur propre pays. Le pouvoir est à Dieu et il le délègue à qui il veut. Et ce n'est pas en faisant les béni-oui-oui avec Chirac que nos chers Présidents pérenniseront leur pouvoir, mais en pratiquant la justice, l'équité (entre autre vertus) ils pourront compter sûr l'estime du peuple qui doit se prononcer pour ou contre eux.
Koné Bafo
PLUME LIBRE / Septembre 1995 / Du 06 Rabial Sani au 05 Djoumadal Oula 1416/ Page 7
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Plume dans le quotidien
Jumelage des communautés musulmanes du Lycée Technique d'Abidjan et des cadres de Divo
Les 19 et 20 Août 1995, la communauté musulmane du lycée technique d'Abidjan (COMULT) et celle de l'Association des cadres Musulmans de Divo (ACMD) ont organisé ensemble une excursion sur le site du complexe Agro-industriel de la palmindustrie à Boubo (Divo). Cette sortie de détente et de spiritualité, à laquelle était associées les dynamiques femmes musulmanes de Divo (Al Noura), s'est achevée par la cérémonie de jumelage entre les deux communautés. Récit d'un voyage de fraternisation.
Partie d'Abidjan à 10h45mn, la délégation de la COMULT à laquelle se sont joint des frères du Groupe Islamique de réflexion de Dabou a été accueillie à l'entrée de la ville de Divo par les frères Doumbia Ousmane et Dosso Mory respectivement conseiller et secrétaire général de l'ACMD. Le convoi d'Abidjan conduit par le frère Bamba Mamadou, président de la COMULT, fut reçu au siège de l'ACMD où il eut droit à un délicieux cocktail. Tout de suite après, le groupe de frères et sœurs de Divo et d'Abidjan alla répondre à l'appel du muezzin de la grande Mosquée par le ZHOR. Ce fût l'occasion pour eux de recevoir les encouragements et bénédictions des dignitaires religieux et traditionnels venus nombreux les saluer.
Soutenus par ces bénédictions et un repas copieux, les excursionnistes de l'ACMD, d'Al Noura et de la COMULT, une soixantaine, ont pris la piste pour la palmindustrie - Boubo, située à une vingtaine de kilomètres de Divo. Après 30 minutes de piste, le car arriva à l'entrée du complexe où un comité d'accueil l'attendait depuis longtemps. Il était 16h30mn. C'est au chant de glorification d'Allah et de salam adressé à la population que le groupe traversa toute la ville en direction de la mosquée. Le grand imam du village et toute la oumma mobilisée autour de lui attendaient les visiteurs annoncés, depuis des heures. Après la prière du ASR et les salutation d'usage, on entame la visite du complexe agro-industriel. Visite guidée par le directeur du complexe lui-même, en la personne du jeune frère Dembélé. Les visiteur ont découvert les plans de palmier et l'usine de production des huiles de palme (250.000 t/au) et d'amende destinées à des usines de savonnerie et de cosmétique principalement. En plus l'usine assure l'autonomie en énergie électrique et en eau potable de tout le village grâce à un système de production d'énergie intégré et à une station de traitement de l'eau de la rivière Boubo, Station qui n'a rien à envier à la société de la place. Voilà pour le côté détente de la sortie.
La suite du programme a été essentiellement occupée par une nuit pleine de spiritualité faite de prières, de SZIKR libre et de prêches. La salat du WITR, dirigée par Oustaz Mahmoud Samassi mit un terme à la veillée d'adoration, qui fut un moment intense de recueillement, de ferveur et de crainte de Dieu comme en ont témoigné des sanglots au cours du witr de clôture.
Après la prière du SOBH, l'instant solennel de la cérémonie de jumelage entre la COMULT et ACMD arriva. La volonté d'union, de solidarité et de collaboration entre les deux associations à été matérialisée par les présidents Bamba Mamadou (COMULT) et Diomandé Yaya (ACMD) qui ont lié leur mains en présence de Dieu, de l'Imam du village et de tous les autres frères et sœurs présents. Ceci pour signifier que la vie de leur association respective était désormais liée l'une à l'autre.
Au petit matin, des frères et sœurs prenant place dans le car, visiblement satisfaits et heureux, témoignent: "c'était dense et bien, surtout l'accueil des frères de Divo puis celui de ceux de Boubo". Il faut saluer la présence à cette sortie du secours Médical Islamique (SEMI) à travers l'assistance médicale du frère Bakayoko Adama.
Ainsi les cadres de Divo et la communauté musulmane de la COMULT ont crée un cadre propice à l'application de la recommandation divine: "tous les musulmans sont frères". Le contact et la connaissance des autres musulmans ne favorisent-ils pas la fraternité? Vivement que d'autres communautés sœur suivent ce bel exemple de fraternisation.★
Ismail Dyal, Divo
On ne bâillonne pas la lumière
EN ce siècle agonisant, l'humanité est plongée dans l'impasse. Chaque jour est un pas nouveau dans le gouffre si bien que malgré ses progrès technoscientifiques, l'homme semble figé dans les ténèbres d'une antiquité. Car, au lieu de subir les mêmes progrès que ses connaissances, il s'enracine dangereusement dans l'abîme. C'est alors qu'il est pour lui-même son premier danger. Dans une telle atmosphère chargée de violence, d'oppression et de répression, il concourt inéluctablement à sa perte. Ainsi, s'il n'est pas un loup pour ses frères Bosniaque et Tchétchène, il est le bourreau de son frère d'Algérie et du Burundi, ou encore il sombre plus prés de nous dans la répression de ses frères.
Cependant, face à ce visage apocalyptique que nous offre ce monde, nous ne pouvons qu'insister sur ces dires: «de toutes les ruines du monde, la ruine de l'homme est assurément la plus triste à contempler». La plus triste à contempler dans les rues d'Alger, triste à contempler dans les faubourgs de Sarajevo, triste à contempler partout ailleurs où le sang coule, où l'on tente d'étouffer des voix. Alors, dans un tel contexte il ne faudrait pas s'étonner que des voix aussi s'élèvent pour trouver leurs voies. Ces voix s'élèvent comme un écho pour vibrer aux portes closes des esprits ankylosés des dictateurs et autres tyrans qui tardent à comprendre qu'ils ne sont d'aucun apport constructif pour l'humanité dans bien de cas. C'est que ces voix se confondent aux flots vagissants de l'espoir des peuples. Malheureusement deux de ces voix ont grondé au fond de la MACA (maison d'arrêt et de correction d'Abidjan). Ces voix sont celles de Fausseni Dembelé et de Ibrahim Doumbia.
En effet pour avoir osé dire haut ce que tout le monde pense bas, ces frères étaient sous les verrous de l'oppression. Ils le sont aussi pour avoir voulu le mérite de parler pour certains qui ne peuvent le faire, pour avoir voulu "s'accomplir au cœur de leurs frères" de leurs frères musulmans.
De nos jours avec l'éclatement de l'URSS il n'y a plus de doute que les puissantes amies de destruction de l'occident aient pour cible principale L'ISLAM. Après la publication des "VERSETS SATANIQUES" d'un satanique SALMAN RUSHDI, les tapages autour de la "Honte" de Taslima Nassim, les tentatives d'extermination des musulmans en Bosnie en Tchecheny et ailleurs encore, la vaste campagne de déstabilisation de l'Islam a frôlé son summum avec la guerre du golf où la fameuse loi de diviser pour mieux régner" a fait ses frais. Cette campagne de déstabilisation de L'islam orchestrée par l'Islamophobie Internationale et ses ramifications de par le monde continue de faire des victimes. Aussi peut-on associer l'incarcération des frères Dembelé et Doumbia comme une manifestation de l'Islamophobie internationale basée sur le territoire ivoirien. Après la profanation de la mosquée du Banco II à Abobo, la tentative d'enlèvement du président du CNI et autres manœuvres dilatoires contre les musulmans, voici une révélation de sa détermination (Islamophobie) à détruire l'Islam et les musulmans: l'incarcération des frères Dembelé et Doumbia. Car au delà des chefs d'accusations retenus contre eux, c'est finalement une manifestation de Islamophobie.
Cependant, l'heure est venue pour les musulmans de faire échec à cette campagne généralisée de la haine de l'Islam. C'est pourquoi l'urgence de l'union s'avère capitale. Et tous ensemble ils pourront faire face à ce défi, celui de tenir en échec les manœuvres dilatoires contre l'Islam et les musulmans.
Cela au regard des enseignements d'Allah et de son prophète. Il ne faudrait pas que des sceptiques aux longs tubes digestifs qu'ils soient parmi eux ou hors de leurs rangs, constituent un obstacle à ce jihad et «Allah aime ceux qui combattent dans son chemin en rang serré pareils à un édifice renforcés» (61/4).
De même les oppresseurs du monde entier, qui s'abreuvent d'Islamophobie apprendront à leurs dépends que «le flambeau rayonne, si on l'éteint, si on l'engloutit dans les ténèbres le flambeau devient une voix, et l'on ne fait pas la nuit sur la parole; si l'on met un bâillon à la bouche qui parle, la parole se charge en lumière, et l'on ne bâillonne pas la lumière.» Dans une telle vision les manœuvres dilatoires de l'Islamophobie internationale et locale sont pareilles à une goutte d'eau dans l'océan car la force de l'Islam est telle que nul ne peut l'arrêter, ce que Allah les avertit «Ils veulent éteindre de leurs bouches la lumière d'Allah, alors qu'Allah parachèvera Sa lumière en dépit de l'aversion des mécréants.»★
Issiaka Kindo
Allahou Akbar nouvelle formule:
Encore des efforts
L'émission religieuse islamique "Allahou Akbar" diffusée le jeudi 25 août dernier a traité du thème du lavage mortuaire en Islam. Au regard de ce qui s'est passé en ce jeudi-là, "Allahou Akbar" dans sa nouvelle conception est bien faite. Nous apprécions avec un vif intérêt, les efforts, visant à améliorer cette émission.
La présentation des sermons du vendredi dans les différentes mosquées de notre capitale économique est une très bonne chose. Mais seulement, il serait souhaitable qu'étant donné les caractères répétitifs des mouvements au cours de la prière, que les gestes étant les mêmes, qu'on fasse fi de cette partie. Au cours de la prière de vendredi, l'essentiel résidant dans le message véhiculé à travers les sermons, l'on pourrait améliorer la qualité du son.
A cela il faut ajouter l'éternel problème du temps de diffusion.
En effet, quand bien même la durée de l'émission a été réduite de 30mn de temps, une grande majorité de musulmans n'arrivent pas à suivre cette émission à causse de l'heure tardive de diffusion.
C'est l'occasion d'interpeller les responsables de la télévision, afin que cette émission puisse passer à une heure d'écoute.★
Khady Ossaman
PLUME LIBRE / Septembre 1995 / Du 06 Rabial Sani au 05 Djoumadal Oula 1416/ Page 8
