Issue
Plume Libre #32
- Title
- Plume Libre #32
- Type
- Périodique islamique
- Publisher
-
Plume Libre
- Date
- October 1994
- issue
- 32
- Abstract
- Mensuel islamique ivoirien d’informations générales
- number of pages
- 8
- Subject
- Moustapha Diaby
- Conseil Supérieur Islamique
- Henri Konan Bédié
- Enseignement confessionnel islamique
- Islamisme
- Intégrisme
- Laïcité
- Language
- Français
- Has Part
-
Bédié - Diaby Koweït : c'est pas fini !
-
Comité de réconciliation de l'Ambassadeur Abou Doumbia : encore un piège contre l'Islam !
- Contributor
-
Frédérick Madore
- Identifier
- iwac-issue-0001353
- content
-
PLUME Libre
Octobre 1994
Du 26 Rabial-Sani au 26 Djoumadal-Oula 1415
125 F
N° 032
MENSUEL ISLAMIQUE IVOIRIEN D'INFORMATIONS GÉNÉRALES
"Nous guiderons sûrement vers Nous, sur notre Voie, ceux qui se seront efforcés pour venir à Nous."
(Coran. S.29 — V. 69)
Comité de réconciliation de l'Ambassadeur Abou Doumbia
Encore un piège contre l'Islam !
Bédié-Diaby Koweït
C'est pas fini !
Bouaké
Le FPI sonde les musulmans
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PLUME SERVICE
Une sélection de Koné Seydou et Khady Ossama
Naissance
Ce beau bébé de quelques mois est la fille de l'imam Ba Cissé, membre du Bureau Exécutif du CNI et de son épouse Lalah Aïcha. Elle née le 17 Avril 1994 et s'appelle Mariam Cissé. Que le Très-Haut en fasse une militante active de notre communauté. Amine.
Mariage
Le 08 Septembre dernier à Bouaké, le frère Traoré Brahima, ingénieur des T P et professeur de mathématiques de son état, et la sœur Traoré Bintou, tous deux purs produits de l'AEEMCI ont unis leurs destins devant Allah, en présence de nombreux parents et amis. La rédaction de "Plume Libre" leur souhaite beaucoup de bonheur. Puisse le Très-Haut leur accorder Sa félicité et Sa grâce. Amine.
Décès
El hadj Koné Idriss Koudouss, président du CNI, imam Harouna Cissé, président des Imams de Bingerville, Traoré Souleymane, Touré Faman et Ismaël El Khalil, présidents d'honneur du club Ansaroulaye de Bingerville, Bary M. Choutou, président du club Ansaroulaye, Camara Adama, président de la coordination CNI de Bingerville, les familles Lamine Touré et alliées remercient tous ceux qui, de près ou de loin, leur ont apporté soutien moral et matériel lors du rappel à Allah le 23 Septembre dernier du frère Adama Touré, commissaire aux comptes du CNI (Bingerville).
Ils remercient en particulier le frère Yssouf Coulibaly (Doucousse), les responsables des associations ARAFAT (Williamsville), AJMT (Treichville), Nourou Islam (Adjamé-Dallas), Nouroulaye (PK 9), AJMA (Attécoubé), AEEMCI (section Bingerville), CERICI, la rédaction de "Plume Libre" et les directeurs Koné Issa, Ibrahim Sidibé, Yssouf Magassouba et Hamed Diakité des écoles Tarbyatoul El Islamayate et Madrassatoul Idayatoul El Islamiya 1 & 2.
"Assurément nous sommes à Allah et nous retournerons vers Lui".
(S. 2 - V. 156)
EDITO - PLUME
Ces cadres de la honte...
Par Koné Zakaria abd'Allah
CERTES, comparaison n'est pas raison, mais cela permet au moins de s'autodéterminer et de se situer par rapport aux autres. Ainsi en faisant un parallèle entre les cadres de la communauté musulmane de Côte d'Ivoire et ceux d'autres confessions religieuses notamment chrétiennes la différence est nette tant elle crève les yeux.
Chez les chrétiens, il n'existe pas d'antinomie entre engagement politique et détermination religieuse aussi bien individuellement que collectivement. Ce qui a abouti à la formation officielle d'associations telles le groupement des hommes d'affaire chrétiens, et surtout celui des parlementaires chrétiens dans l'hémicycle le plus laïc d'Afrique au sud du sahara.
Quant aux cadres musulmans, à quelques exceptions près, ils brillent par leur absence sur le chantier de la construction de l'Islam ; plus soucieux de leur ascension sociale. Ils préfèrent se consacrer à leur chapelle individuelle dans une attitude d'indifférence.
Et quand ils se décident à faire le pas vers l'Islam, on a des raisons de se poser des questions sur leur bonne foi de le servir. Tant leur démarche est tortueuse et calculée. Leur propension à se servir de cette religion que la force des choses a faite une plate forme très stratégique pour toutes les volontés de puissance, les rend promptes à la dénaturer et l'utiliser comme béquille pour plaire au sommet de la pyramide sociale qu'ils pensent être le Dispensateur Suprême - soubhana'llah !
Ironie de la misère, ils se prennent pour des pompiers pour éteindre un incendie qu'ils ont bel et bien contribué à allumer. Plus de respect pour la hiérarchie islamique, plus d'égard pour les nobles guides de la communauté.
Ils s'autoproclament arbitres et se donnent pour mission de mettre l'équipe au pas pour maîtriser l'issue de la rencontre qui doit nécessairement être au profit de qui on sait... Mais les musulmans sincères demeurent sereins et imperturbables car leur refuge se trouve auprès d'Allah soubhana wa tahala.
Ces cadres de la honte n'ont-ils pas encore compris que l'Islam remportera la victoire avec leur consentement ou malgré leur opposition ? *
K. Z. A.
SOMMAIRE
Edito-Plume
Ces cadres de la honte... P.2
Plume Service P. 2
Plume dans le quotidien
Installation des coordinations du CNI : les étapes de Bondoukou et de Bouna P. 3
Plume Politique
Encore un piège contre l'Islam! P. 4
Bédié-Koweït : c'est pas fini! P. 5
Le FPI sonde les musulmans P. 5
Algérie : le destin va s'accomplir P. 6
Plume en Liberté
Les médias d'Etat P. 8
Ecole : quelle neutralité? P. 8
L'Ambassadeur Abou Doumbia prépare un complot contre les musulmans avec son fameux plan de "réconciliation". Y a-t-il deux communautés en conflit ?
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
Etablissements confessionnels musulmans
Des débuts difficiles
Par Faber
LES musulmans avaient été longtemps frustrés par l'inexistence d'une école confessionnelle islamique. Et bien depuis 1992 grâce à la compréhension des autorités c'est chose faite. Aussitôt l'expérience fut initiée par des bonnes volontés. La première école du genre a ouvert ses portes à l'occasion de l'année 1993 - 1994 à Gagnoa.
A force de l'avoir crier depuis belle lurette l'on était en droit de penser que l'engouement serait sans équivoque.
Hélas il fallait déchanter: car pour l'année scolaire écoulée l'école a enregistré en tout et pour tout l'effectif de 14 élèves en classe de sixième.
Eu égard à ceci on peut dire que les musulmans ont démissionné. Or l'éducation est l'essentiel de la mission du saint Prophète (SAW) "je suis venu pour parfaire les nobles caractères" disait-il. Et il y a entièrement consacré treize ans de sa prophétie.
Aujourd'hui l'actualité est édifiante sur la crise de l'éducation. Le diagnostic montre que le manque de spiritualité, de morale est à la racine du mal.
Croyants, croyantes, à tous ceux qui croient aux valeurs de l'éducation islamique, le Collège Confessionnel Islamique Kamourou Cissé doit être votre affaire: c'est la chose de la communauté.
Afin d'éviter aux enfants musulmans des comportements regrettables. Pour que les générations futures croient en Allah, l'adore conformément au "Coran" et à la "sunna".
Rappelez-vous enfin musulmans et musulmanes de Côte d'Ivoire que de nos enfants d'origine musulmane, parce qu'ayant fréquenté l'Ecole-chrétienne sont devenus chrétiens ou mauvais musulmans. A qui la faute.
On pouvait facilement désigner le gouvernement il y a deux ans. Mais cela n'est plus possible quelque soit le lieu où se situe cette école. En effet le Prophète (SAW) exige de rechercher la science fut-ce en chine. Or le collège Kamourou se trouve à Gagnoa.
C'est le lieu d'appeler ici toute la population musulmane de Gagnoa à accorder un intérêt particulier à cette école pionnière de l'Islam.
Gagnoa doit être fière d'être le berceau de l'école confessionnel Islamique en Côte d'Ivoire. Il est impensable qu'après l'ouverture d'une école islamique des jeunes musulmans foisonnent encore dans les écoles privées laïcs. Les musulmans peuvent-ils encore avoir des arguments contre les dérapages provoqués par l'école laïque?
Les fidèles croyants et croyantes doivent placer leur espoir en cette école et l'aider à faire ses premiers pas.
Le conseil National Islamique en particulier doit se charger de faire la promotion de cet établissement. Il doit particulièrement inciter les musulmans à y inscrire leurs enfants. Au cours de ses différentes tournées. Le CNI doit faire de cette sensibilisation une priorité parmi tant d'autres.
Quant aux responsables du collège ils gagneraient à faciliter l'accès de l'école aux élèves, notamment par la mise en circulation d'un mini-car entre l'établissement et le centre-ville.*
Faber
Bondoukou et Bouna:
Le CNI peut compter sur nous!
Prochainement, Inch'Allah, notre reportage
PLUME DES LECTEURS
Poèmes
Passeport
Papa! Je veux un passeport
Pour la traversée de l'histoire
Pour la rencontre
De la joie éternelle
Papa! Donne -moi un passeport
Comme celui que me donne la vie
Un passeport sans couleur
Pour aller me jeter
Dans les bras du bonheur
Papa!Donne-moi un passeport
Pour la vie
Un passeport nommé Islam
Au large des côtes de l'Espoir
Au large des côtes de l'espoir
La vie lève l'encre pour un périple
Sur les eaux du devenir
Au large des côtes de l'espoir
J'ai pris le bateau de la vie
Pour un voyage au cœur du bonheur
Avec pour chauffeur Islam.
Par Issiaka Kindo
BP 284 Bobo-Dioulasso
(Burkina Faso)
PLUME LIBRE / Octobre 1994 / Du 26 Rabial-Sani au 26 Djoumadal-Oula 1415/ Page 3
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SOUVENIRS 1992. Après les maintes revendications des musulmans et la prise de position d'un leader de l'opposition sur la question, le gouvernement ivoirien ouvre enfin une ambassade en Terre Sainte. Le poste d'ambassadeur dans ce pays échoit au sieur Abou Doumbia, un bon musulman laïc (pour ne pas en dire plus).
07 décembre 1993, décès du "vieux". La Côte d'Ivoire connaît un changement de président et de gouvernement. Comme tout bon politicien des tropiques, notre ambassadeur se met dans la bonne direction du vent. Pour mieux "taper" dans l'œil du pouvoir, il n'a pas chercher loin. La communauté musulmane, celle à laquelle il appartient est secouée par des convulsions. En effet tel un volcan en ébullition, Diaby Koweit, à coup de millions et avec l'appui déclaré du pouvoir, cherche à déstabiliser les musulmans, à les assujettir à ses desseins et à ceux de ses commanditaires. La riposte des musulmans est à la mesure de l'acte. Images, chocs et salive continuent aujourd'hui encore d'en rendre compte. Dans ce que l'on s'ingénie à présenter surtout du côté du pouvoir comme une division des musulmans, plusieurs personnes (quelques naïfs, beaucoup de courtisans et quelques opportunistes) ont cherché à tirer profit. Au premier chef, l'inénarrable Abou Doumbia. Profitant d'un séjour au pays il y a quelques semaines, il se fait recevoir par le président Bédié à qui il explique son projet et remet une liste. Cette liste comporte des noms de cadres musulmans susceptibles d'avoir une certaine influence sur cette communauté. Beaucoup ont d'ailleurs été mis devant le fait accompli. Les principaux animateurs de ce comité aux côtés de l'initiateur sont le député Oumar Diarra et le préfet de Man Abdoulaye Touré (un autre qui est dans tous les coups fumants contre l'Islam).
A regarder de près ce comité qui ambitionne de devenir le tampon entre le pouvoir et les musulmans est formé de personnes qui ont toujours brillé par leur absence sur le terrain de la lutte. Malgré les hauts postes occupés, ils ne se sont préoccupés que de leur promotion et de leur devenir politique. C'est un choix. Tout en le déplorant, il faut le respecter. Mais comme tout choix, il faut que ces cadres musulmans l'assument. Au tant ils ont déserté le terrain de la lutte pour l'épanouissement de l'Islam aux côtés de leurs coreligionnaires, au tant leur irruption sur la scène religieuse pour en faire un tremplin ne sera acceptée par les musulmans. Il faut dès à présent savoir que la logique coloniale qui consistait à faire encadrer les musulmans par des fonctionnaires est bel et bien révolue. Chacun devra avoir le courage de ses ambitions politiques et recourir aux méthodes et moyens adéquats. Entre autre, on peut leur suggérer les partis politiques allant des conservateurs indécrottables au progressistes les plus généreux... Ils sont nombreux ces cadres pour qui la religion n'a qu'une fonction sociale. La foi, ils n'en ont cure. Soit! Mais le minimum pour eux est de respecter leurs frères de foi surtout les chefs religieux : les imams. Ces honorables serviteurs du Tout-Puissant ont pendant longtemps été manipulés, utilisés, travestis à souhait par le pouvoir à l'initiative de ces cadres à la foi de caméléon. Il est temps d'en finir avec ces pratiques.
**Pourquoi la réconciliation maintenant?**
Depuis 1992, Diaby Koweit pollue l'atmosphère islamique en Côte d'Ivoire. Pendant ce temps, que de gâchis! Est-il nécessaire de rappeler ici le sabotage du pèlerinage 94, la tentative de sabotage du congrès des femmes, les actes de vandalisme à la mosquée de l'Avenue 8 à Treichville? Tout ceci s'est fait au vu et au su de nos "réconciliateurs de la 25e heure". Avaient-ils perdu la vue? l'usage de la parole? la faculté d'entendre? Pourquoi sont-ils demeurés silencieux? Pourquoi n'ont-ils pas agit? Assurément, leur attitude les disqualifie pour une quelconque réconciliation et leurs actions actuelles cachent une intention souterraine. Veulent-ils s'insérer dans la dynamique actuelle de l'Islam en Côte d'Ivoire? Ils n'ont qu'à faire amende honorable. Le pardon est islamique; il seront acceptés sans tambour ni trompette!
**La réalité du terrain**
Parler de réconciliation suppose d'ailleurs qu'il y ait deux camps opposés et qu'il existe potentiellement un consensus acceptable par les différentes parties. La réalité au niveau de l'Islam en Côte d'Ivoire est tout autre. Point n'est besoin de porter des lentilles pour voir le corps social islamique dans ce pays formé de bloc. Les imams, les communautés, les associations, les mosquées sont en harmonie et parlent d'une voix à travers le Conseil Supérieur des Imams et le Conseil National Islamique. Ou se trouve donc la division? Le Conseil Supérieur Islamique? Tiens il existe! Mais (car il y a un mais) sa réalité ne dépasse pas les bureaux d'enregistrement du ministère de l'intérieur, les écrans de la télévision nationale et les antennes de radio Côte d'Ivoire. Des regroupements comme ce fameux Conseil Supérieur Islamique, on peut en créer des dizaines au nom de la liberté d'association! D'ailleurs ils sont les bienvenus car ils permettent de séparer les croyants des hypocrites. Mais ce qui compte, c'est la réalité sur le terrain et ici, cette réalité crève les yeux. Lors des sorties d'installation du CNI à travers le pays, se sont des flots humains qui se mobilisent. L'adhésion affective et effective se traduit par la prise en charge de tous les frais de l'organisation par les populations (derniers exemples en date: Daloa et Bondoukou après San-Pedro, Bouaké, Korhogo et bien d'autres villes): la communion est totale entre les musulmans et leurs chefs religieux. En face de cela, les rares tentatives de Koweit et de son conseil en direction de la population n'ont réuni que des dizaines de personnes venues pour la plupart sur convocation expresse du préfet.
**Suite page 7**
**Le comité de réconciliation de l'ambassadeur Abou Doumbia:**
# Encore un piège contre l'Islam
**Par Dembélé Al Séni**
***Depuis quelque temps, un comité dit de "réconciliation" entre les musulmans s'active dans les allées du pouvoir et près des principaux leaders de cette communauté. Il prétend vouloir sceller l'unité des musulmans. Qui en sont les initiateurs, quelles sont les intentions inavouées et que faut-il en attendre? Notre analyse sur cette mascarade qui n'est rien d'autre qu'un piège de plus contre l'Islam.***
**Balla Keita**
# Un honneur en jeu
Le nom du Docteur Balla Keïta a marqué pendant sept ans le paysage de l'éducation de Côte d'Ivoire. Qui ne se souvient du bouillant ministre défenseur de la morale et surtout du civisme à l'école. S'il y a parmi les cadres musulmans digne de ce nom qui ont travaillé en ayant à cœur les problèmes de la communauté, c'est bien l'ex-ministre de l'éducation du gouvernement d'Houphouët Boigny. Peut-on rappeler qu'à un moment où se porter garant des problèmes de musulmans dans ce pays était perçu simplement comme un semi-sacrilège, le Docteur Balla a fait des actions en faveur de l'Islam, malgré les tentatives de diabolisation.
**De ceux qui travaillent**
notamment contre cette religion.
Il a dans son ambition de redonner à l'école sa mission de moralisation, aidé des associations religieuses comme l'AEEMCI a mieux se développer dans toutes les structures scolaires. Le Conseil National Islamique, crédo actuel de toutes les communautés musulmanes de ce pays lui doit son empreinte quant à son agrément auprès des autorités suprêmes. Qui dit mieux?
Ce passé glorieux qui illumine encore cette personnalité politique dans le cœur des musulmans va t-il s'estomper avec les rumeurs qui commencent de plus en plus à se cristalliser?
En effet, des informations toutes concordantes nous font croire qu'un groupe de pression politique voudrait l'utiliser aux fins de rallier les responsables religieux et par ricocher toute la communauté musulmane jugée aujourd'hui comme "l'agneau égaré".
Une communauté religieuse, qu'il nous plaise de le rappeler ne saurait être utilisée à des fins électorales.
Le sérieux des dirigeants des partis politiques militerait à ce que les mosquées, associations ou communautés organisées soient tenues en dehors de toutes les investigations politiques afin de préserver à ce pays le climat de paix tant souhaité.
Pour notre part, nous resterons convaincus que l'intelligence et la sérénité qui ont toujours caractérisé l'ex-ministre pourront l'aider à se mettre au-dessus des ambitions de quelques vus qui opèrent une confusion entre leur désir et ceux d'une nation entière.
L'homme, nous n'en doutons point demeurera attaché à sa volonté d'être au service du grand nombre, fusse-t-il au détriment de ses intérêts personnels immédiats.
L'honneur d'un grand homme est une bataille constante contre les pesanteurs de l'immédiat, et est au contraire projection dans l'avenir de l'humanité.
C'est pourquoi, son honneur est toujours en jeu.*
**Bouka**
PLUME LIBRE / Octobre 1994 / Du 26 Rabial- Sani au 26 Djoumadal- Oula 1415/ Page 4
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PLUME POLITIQUE
Il y a peu, un journal de la place titrait : "Bédié - Diaby Koweït : C'est fini !". De nombreuses personnes aussi bien musulmanes que non-musulmanes ont alors poussé un cri de soulagement : enfin, la série de feuilletons musulmans très populaires venait de prendre fin. Malheureusement, la réalité sur le terrain est toute autre. Regard.
Bédié - Diaby Koweït
C'est pas fini !
Par Kèmè Brahma
A considérer les gestes de Bédié envers les musulmans (cf Plume Libre n° 31) représentés par le Conseil National Islamique (CNI), on donnerait raison à ceux qui pensaient pouvoir se reposer. La pose de la première pierre de la mosquée du Plateau, présidée par le Chef de l'Etat en était une autre illustration : point de Diaby Koweït, mais le CNI présent, et la télévision faisant un gros plan sur Koudouss, (mis ainsi en vedette malgré sa modestie). Mais tout ceci n'est que de la poudre aux yeux.
Ce n'est pas fini. Ça ne pouvait pas finir ainsi. Ce n'est qu'un intermède, une pose pour mieux recharger ses batteries.
Ce serait une naïveté criarde que de croire en la disparition de Diaby Koweït, conséquente "à sa mise au garage" par ses employeurs.
On sait qu'en politique tout est stratégique. Dans ce sens, Diaby Koweït avait été pressenti pour jouer le rôle de cheval de troie au sein de la communauté musulmane : s'introduire en elle et permettre ainsi au pouvoir de mettre fin aux activités de ses chefs.
Le plan était très simple. Il s'agissait de provoquer la communauté musulmane regroupée autour du CNI, de sorte que des éléments incontrôlés s'en prennent à lui, soit en attentant à sa vie comme il le chante partout, soit en incendiant sa voiture par exemple. Cela aurait permis de traiter les musulmans "d'intégristes" "d'islamistes" ou autres sobriquets péjoratifs à la mode, et d'arrêter ses leaders.
Mais la stratégie a échoué. Par ailleurs, Diaby Koweït vole d'échecs en erreurs dont la toute dernière est l'assignation en justice du CNI. La diffusion par la presse de l'acte a jeté l'opprobre sur Diaby Koweït et à travers lui, sur Bédié, étant donné que pour l'opinion publique, les deux de ce feuilleton ne font qu'un.
Cela en était trop pour Bédié qui tient vaille qui vaille à se construire une certaine aura, un certain charisme au sein de la population ivoirienne en général, et de la population musulmane en particulier. Dans ce sens, Diaby Koweït devenait gênant ; il fallait donc le mettre à l'écart et non l'éliminer car il peut toujours servir. En fait, comment un individu qui n'est pas capable de contrôler les propres ouailles c'est-à-dire la poignée d'individus qui le suit, et qu'il accuse d'avoir assigné le CNI en justice, peut-il prétendre diriger une communauté de cinq millions de personnes ? Mais en politique, tout le monde peut servir, même les plus minables. On peut toujours leur faire jouer un rôle même si ce rôle se limite à celui de l'arachide brûlée qui gâche le goût de la poignée qu'on met dans la bouche ou du grain de sable qui enraye tout un engrenage.
Dans cette logique, Diaby Koweït, peut être utilisé soit comme bouclier, soit comme mercenaire et ce rôle lui sied à merveille. Il n'est peut être pas Bob Denard, qui utilise les armes, mais il n'est pas loin de l'être puisqu'il permet a ceux qui l'emploient de ne pas se mouiller. Une arme en vaut une autre même si, Diaby Koweït, ne peut jouer le rôle de joker, parce qu'il n'en a ni les capacités intellectuelles, ni les aptitudes morales.
Il peut toujours servir de trouble-fête étant donné que les vrais musulmans, c'est à dire ceux qui savent qu'on ne peut trahir la cause de Dieu impunément, n'accepteront jamais cette sale besogne qui lui a été confiée.
Diaby Koweït, comme tout être ambitieux doit avoir plusieurs cordes a son arc et la corde la plus importante est l'argent qu'on n'hésite pas à jeter a la fenêtre. En politique, cet élément est d'une importance capitale. Il n'y a qu'a regarder les films américains pour s'en convaincre. Quelque soit la richesse du PDCI et de ses barons, quelques billets de banques en plus ne feront pas de mal. En définitive il faut se garder de tirer une conclusion. Bédié et Diaby Koweït ce n'est pas fini, ça ne peut pas finir ainsi, car quand un navire est en dérive, le marin s'agrippe a tout ce qui lui tombe sous la main et Diaby Koweït, malgré ses tares, constitue tout de même une bouée de sauvetage, même si lui-même n'a conscience de la gravité du rôle qui lui a été assigné. Ça ne pouvait pas finir ainsi *
K.B
PLACE sous le parrainage et la présidence effective de son secrétaire général, Laurent Gbagbo, le FPI vient d'organiser un séminaire sur le thème "Le monde musulman et la politique : le cas de la Côte d'Ivoire."
Organisé du 24 au 25 Septembre au ciné liberté de Bouaké, ce rassemblement, de par sa problématique détonne et suscite beaucoup d'interrogations surtout, il soulève les suspicions les plus légitimes quant aux intentions de ce parti à l'égard des musulmans de Côte d'Ivoire.
Cette préoccupation sera très vite appréhendée par les organisateurs notamment le secrétaire fédéral du Centre-Nord qui déclarera entre autres : « Le thème de notre séminaire peut sembler ne sortir que de préoccupation et de calcul électoralistes, visant à avoir avec soi et, pour soi toute une partie de cette communauté dont l'importance numérique et économique n'est plus à démontrer. Mais au-delà de ce calcul au demeurant légitime dans la perspective des élections 95, il faut bien voir que réalité politique et religieuse ont toujours entretenu des rapports dialectiques d'interaction, pacifiques ou conflictuelles » et Simone Gbagbo responsable de la formation politique d'ajouter "l'ambition du FPI étant de reconstruire la Côte d'Ivoire sur de nouvelles bases, comprendre la communauté musulmane afin de rationaliser sa participation au processus de changement et de transformation démocratique de la Côte d'Ivoire, est d'une importance capitale et d'une haute porté politique".
Voilà qui est bien dit, le but est fixé.
Les moyens pour l'atteindre passent par la compréhension objective de cette communauté incontournable. Pour cela 4 interventions vont être faites. A l'issue desquelles on peut retenir que la Côte d'Ivoire a triché avec la notion de laïcité depuis la colonisation jusqu'au multipartisme. L'islam étant une force revendicative s'est nécessairement opposé au colon et a son projet. Les musulmans combattus et battus, l'islam a été mis au cachot. Et la vie de cette religion et celle de ces adeptes devait alors être soumise a « une trinité répressive faite de méfiance, de surveillance et de contrôle »
A l'orée des années 60, c'est encore eux qui seront les vecteurs et les acteurs principaux des forces du progrès. Mais l'indépendance acquise, les mêmes lois consacrant le confinement de l'islam et des musulmans seront reconduites par les héritiers du colon jusqu'au multipartisme.
Au même moment la Côte d'Ivoire aura le christianisme comme religion d'état (qui refuse de dire son nom) qui va bénéficier de tous les privilèges.
Ce qui est édifiant ici c'est la force avec laquelle la vérité s'impose souveraine et sereine a un public qui s'est occasionnellement mis dans les dispositions de réceptivité (du moins apparente).
Mais est-on entrain de reconnaître et de composer avec la vérité aujourd'hui par simple concours de circonstance ou par objectivité historique et ou volonté de rétablir l'équilibre.
Le FPI dispose t-il de force nécessaire pour réhabiliter l'islam et les musulmans contre toute volonté du maître incontesté de la Côte d'Ivoire qu'est la France, la première fille de l'église ?
Les musulmans sont-ils prêts à réaliser un deuxième embarquement collectif a bord d'un train dont ils n'ont pas certitude de la destination ?
Pour l'instant toutes ces questions demeurent sans réponse comme les Anglais le disent "Wait and see".
Entre temps on peut saluer l'effort de recherche de la vérité.*
Le FPI sonde les musulmans
Par Koné.Z..abd'Allah
PLUME LIBRE / Octobre 1994 / Du 26 Rabial-Sani au 26 Djoumadal- Oula 1415/ Page 5
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PLUME POLITIQUE
★ Algerie
Le destin va s'accomplir
SPOLIES de leur victoire électorale et incarcérés depuis Novembre 1991 à la prison militaire de Blida, les chefs historiques du Front Islamique de salut (FIS), Abbassi Madani et Ali Belhaj ont été mis en résidence surveillée le Mardi 13 septembre dernier, en attendant une mise en liberté totale. Cette semi-libération intervient alors que l'Algérie est secouée par des violences cycliques depuis le putsch de ses militaires.
L'on se rappelle en effet que sur instigation de la France, le processus démocratique avait été interrompu. Ce qui a suscité des frustrations d'une part et des violences que l'on sait, d'autre part.
Le pouvoir algérien depuis lors essaie de régler le problème à sa manière : conférence nationale avortée par-ci, dialogue nationale par là, avec en tout cette tentative de récupération de l'opposition démocratique pour l'aliéner à sa cause. Mais rien n'y fit. De l'avis général et surtout pour les 5 partis de l'opposition participant au dialogue Nationale, le FIS est la pierre angulaire de l'imbroglio sociopolitique qui secoue l'Algérie. Par conséquent vouloir régler les problèmes sans le FIS n'est que leurre.
Le FIS, émanation de la volonté du peuple algérien risque, si on n'y prend garde de ne même plus pouvoir contrôler ses propres militants.
En accédant à cette requête ce 13 Septembre 1994, sous la pression de l'opposition et surtout des bandes armées, le Président Lamine Zéroual saisit là le taureau par les cornes pour extirper la racine du mal Algérien.
Certes, en face, il y a les anti-islamistes notoires à savoir les communistes mais aussi l'état-major de l'armée surtout son chef qui de son piédestal croit pouvoir mettre l'Islam sous l'éteignoir. Mais comme le dit le sage, "L'homme sous le coup de certaines illusions croit pouvoir modifier la voie que Dieu a tracée, mais tout ce qu'il fait entre dans un ordre supérieur qu'il ne comprend guère. C'est pourquoi les efforts" pour détruire l'Islam restent et resteront vains. L'Islam est une religion qui grandit dans les difficultés.
Plus qu'une mise en résidence surveillée, les responsables du FIS doivent recouvrer leur liberté totale pour jouer pleinement le rôle qui est le leur dans l'apaisement des esprits.
Il faut aussi que tous les détenus politiques soient libérés pour une véritable décrispation dans la société algérienne. La paix en Algérie passe par le FIS. Chacun se doit de le comprendre et ce ne serait que justice que de rendre au FIS ce qui est au FIS : lui rendre la place qui est la sienne dans l'univers politique algérien, et lui restituer sa victoire politique comme à jean Bertrand Aristide en Haïti.
Une chose est sûre : avec la libération des responsables du front, l'on s'avance vers un tournant décisif de la société algérienne.
L'Algérie s'oriente inexorablement vers son destin. Et ce ne sont pas les gymnastiques des idéologies impérialiste et colonialistes et de leur thuriféraires qui y chargeront quelques chose. Dieu le Tout-Puissant éclaire de sa lumière qui Il veut et quand Il veut.
Quant à l'Algérie, il deviendra ce que Dieu voudra.
Ni paris, ni personne d'autre n'y pourra rien.★
Koné Bafo Abdel Alim
Conférence du Caire
★ Echec aux avorteurs
LE sommet du Caire sur la population et le développement tenu du 5 au 13 Août 1994 a été un échec cuisant pour les grands de ce monde, les USA en tête. Ils n'ont pas réussi à faire avaler la pilule de l'avortement comme méthode contraceptive. Pour une fois au moins les sans voix ont su dire Niet.
Dans la logique démoniaque malthusienne la notion de développement est l'antinomie d'une croissance rapide de la population. Alors il faut ajuster régulièrement ces deux facteurs par une réduction constante de la population. Et pour y parvenir, tous les moyens sont autorisés : guerres épidémies, famines... (avortement le cas échéant NDLR)
C'est cette logique exécrable que le monde de l'immoralité par sa puissance financière, sous la bannière de la très controversée Nations-Unies a voulu imposer à toute l'humanité au Caire. Eh bien! une fin de non recevoir leur a été opposé par ceux qui pensent que l'humanité malgré sa paupérisation croissante a encore quelques valeurs éthiques à sauvegarder au risque de se denier le statut d'humanité raisonnable. A leur volonté de systématiser l'avortement il leur a été proposé un peu plus de justice sociale, un peu plus de pitié, un peu plus de bon sens...car la vision occidentale de la famille ne saurait être universelle au regard des spécificités culturelles.
Faisant contre mauvaise fortune bon cœur les décideurs impuissants, ont tenu compte de ces spécificités culturelles. Mieux, le non recours à l'avortement comme méthode contraceptive a été porté au point 8-25 du document final du Caire.
Cependant ils ne se sont pas fait tirer les oreilles pour n'accepter de payer que les 25% des 17 milliards de dollar US du programme de développement sur les 20 ans avenir comme le souhaitait les pays en développement.
Un fait à ce sommet a retenu l'attention du monde entier. L'alliance entre les confessions religieuses sans distinction pour bouter loin de la société le piège de l'avortement, acte ignoble et inhumain. ★
DHL
★ La France se dévoile
LES autorités politiques françaises ont de plus en plus du mal à cacher leur anti-islamisme congénital
Après l'expulsion des islamistes algériens vers le Burkina-Faso en Août dernier, c'est aux jeunes musulmanes scolarisées qu'elles s'attaquent maintenant comme pour atteindre l'islam à la base. En effet, la rentrée scolaire cette année en ce début septembre 1994 a été marquée par cette fameuse circulaire du ministre de l'éducation François Bahirou interdisant "les signes ostentatoires de religions" dans les écoles publiques française; sous le fallacieux prétexte que la société française ne doit pas être "dénaturée"
Cette mesure de l'avis des analystes, vise surtout le voile islamique que les jeunes filles musulmanes n'hésitent plus à porter, même lors des cours en classe.
Depuis quelques années maintenant, le débat sur le port du voile islamique à l'école, défraie la chronique. Mais c'est la première fois qu'un ministre, de façon expresse interdise cette "parure" islamique. La mesure a provoqué une grande indignation dans les milieux islamiques français. Pour le recteur de la mosquée de Paris par exemple, la sémanticité du mot "Ostentatoire", employé par le ministre Bahirou, reste à éclaircir.
Qu'est-ce qui est ostentatoire et qu'est ce que qui ne l'est pas?
Le fait le plus grave est le tort fait aux musulmans dans la scolarisation de leurs enfants : En effet, les musulmans de France, officiellement 4 millions, sont les seuls à ne pas avoir d'écoles confessionnelles. Pourquoi cette discrimination dans un état dit laïque comme la France qui se doit de mettre toutes les religions sur le même pied d'égalité?
En France, il existe des écoles confessionnelles chrétiennes, des écoles rabbiniques (Juives). Pourquoi donc marginaliser les musulmans? Pourquoi les obliger à envoyer leurs enfants à l'école laïque et vouloir ensuite les "dénaturer"?
N'est-ce pas cette même France qui se battait bec et ongles, lors des négociations du GATT, pour que les exceptions culturelles' de chacun soit préservées?
A l'analyse, Paris fait à n'en point douter, de l'anti-islamisme son cheval de bataille. D'un combat larvée, elle se trahit et met son visage à découvert. Mais que les autorités françaises sachent que leur combat est perdu d'avance, car nul ne peut éteindre la lumière vivifiante du Tout Puissant!!! Nul ne le peut!!! ★
Koné Bafo Abdel Alim
PLUME LIBRE / Octobre 1994 / Du 26 Rabial-Sani au 26 Djoumadal-Oula 1415 / Page 6
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PLUME EN LIBERTE
Pourquoi les ministres de la jeunesse boudent-ils les associations islamiques ?
Par Dembélé Al Séni
JUILLET 1985, au séminaire de l'association des Elèves et Etudiants Musulmans de Côte d'Ivoire qui se tient à Korhogo, la capitale du pays sénoufo, le ministre de la jeunesse et des sports d'alors doit faire une communication. Au jour indiqué, monsieur le ministre Dona Fologo se fait excuser. Il a un empêchement de dernière minute. Au pied levé, son collègue de l'Education Nationale M. Balla Kéita improvise quelque chose pour combler le vide.
Samedi 13 août 1994, centre culturel islamique de Marcory, la place réservée au ministre de la jeunesse et des sports à l'ouverture du 1er Congrès de l'Association des Jeunes Musulmans de Côte d'Ivoire (AJMCI) est désespérément vide. Pas de ministre, pas le moindre représentant, alors qu'une invitation en bonne et due forme par le biais de la FEMAJECI (Fédération Nationale des Associations et Mouvements de Jeunesses de Côte d'Ivoire) a été transmise au ministère. Ces deux cas ne sont que des exemples parmi des dizaines.
Les relations entre les associations islamiques de jeunesse et leur ministre de tutelle sont révélatrices du malaise entre le pouvoir et la communauté musulmane. En effet, comment expliquer que malgré le dynamisme de ces associations maintes fois relevé à la Direction de la Jeunesse et des Activités Socio-Educatives (DJASE), le ministre ait à leur égard une attitude qui frise... le dédain (le mot n'est pas trop fort) ? De Fologo à Roland Komenan Zapka en passant par Ehui Bernard, Yaya Fofana et Réné Diby, le peu d'intérêt pour les activités des associations islamiques a été une constante du ministère de la jeunesse. Ce n'est pas la présence de Yaya Ouattara au séminaire de l'AEEMCI en 1990 à Bondoukou (beaucoup plus en tant que maire de la commune) qui changera les choses.
L'exception confirme la règle a-t-on coutume dire. Mais au fait pourquoi un tel traitement des associations islamiques par le ministre de la jeunesse ? Du côté des associations islamiques notamment celles des élèves et étudiants, on ne s'explique pas l'attitude "inamicale" du ministère de tutelle d'autant qu'explique un ancien responsable de cette structure "nos relations ont toujours été courtoises avec le ministre qui nous a plusieurs fois cité en exemple". Du côté de l'AJMCI (structure beaucoup plus récente que l'AEEMCI), on espère que l'absence du 13 août dernier n'est qu'un rendez-vous manqué et que le ministère se, rachètera très bientôt.
Indifférence ou méfiance ? En tout cas, pour l'observateur des associations de jeunes du ministère de la jeunesse et des sports, il y a quelque chose qui cloche entre le ministre et les associations islamiques. Bien d'associations qui n'ont d'existence en dehors des fondateurs (pour ne pas dire le fondateur) bénéficient de plus de considération de la part dudit ministre. Aujourd'hui, le ministre Komenan Zapka doit rectifier le tir pour faire en sorte que les associations islamiques ne soient plus marginalisées par son département. Le plus vite sera le mieux. Sinon, la suspicion légitime se transformera en certitude indélébile. *
Dembélé Al Séni
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Il en a été ainsi à Bouaké et à Daoukro. Alors, quelle est cette communauté divisée qu'on veut réconcilier?
Au demeurant, aucun consensus ne peut être obtenus entre les musulmans cherchant à s'organiser, à obtenir plus de justice et d'égalité et des hommes sans foi ni loi cherchant uniquement à faire de l'Islam un char pour porter leurs ambitions politiques. Sur le terrain de l'Islam, les croyants le savent, il faut s'aligner sur les décisions, les orientations et les prescriptions des imams. C'est l'autorité. Le CNI est la manifestation sur terrain par les fidèles, de la volonté unanimement manifestée par tous les imams de Côte d'Ivoire. Celui qui se met contre cette volonté choisit d'avoir les musulmans sur le dos. De plus, sur un plan strictement laïc (même pour les partis politiques) le poids des structures est fonction de leur représentativité! Là encore aucune ambiguïté n'est possible: le CNI, c'est la voix des musulmans, de tous les musulmans.
Les intentions souterraines
Le comité de réconciliation en fait, c'est le constat de l'échec de la politique Diaby Koweit par le pouvoir. L'objectif, c'est de créer un véritable panier à crabes où les musulmans passeraient le clair du temps à se batailler avec les hypocrites. Sachant par ailleurs que les musulmans ne se laisseront pas facilement prendre à ce jeu, un autre objectif sous-jacent est d'arriver à montrer aux yeux de l'opinion que les imams et le CNI sont des "jusqu'auboutistes", refusant toute conciliation et tout dialogue. De là à en faire des intégristes, le pas sera très vite franchi. On pourra alors allègrement mettre en marche la machine des exactions, de la répression, voire des dissolutions dont la première tentative puérile a été engagée par le Conseil Supérieur Islamique contre le CNI.
Non, les musulmans ont choisi. Ils veulent avancer. Ils n'entendent plus se laisser distraire. Même par des cadres qui se réclament d'eux. Il faut tout simplement en prendre acte. *
D A S
FEMAJECI
Le 10ème congrès s'est tenu à Akoupé
Du 16 au 19 Septembre 1994 s'est tenu le 10ème Congrès Ordinaire de la FEMAJECI sous le thème "Une Fédération de Jeunesse Islamique dans un Contexte Multipartisan". La cérémonie d'ouverture a été rehaussée par la présence du Ministre de la Jeunesse et des Sports, Monsieur Komenan Zakpa.
Les assises d' Akoupé (S/P Alépé) ont débuté le Samedi 17 Septembre 1994 par un exposé présenté par Monsieur Niawa Pierre, ancien Président de la Fédération (1971 à 1976).
Au terme des différents travaux, les résolutions suivantes ont été arrêtées au titre de la Politique Générale:
Nouvelle dénomination
Une nouvelle dénomination pour la Fédération des Mouvements et Associations de Jeunesse et d'Enfance de Côte d'Ivoire: FEMAJECI.
Réaffirmation de la neutralité politique
Les nouveaux organes
Au terme des élections, les organes suivants ont été mis en place:
Président: N'Gouan Konin Patrick, administrateur des Services Financiers (reconduit pour un nouveau mandat de 2 ans), conseiller de la Jeunesse Etudiante Catholique (JEC).
Commissaires aux comptes:
- Ouattara Sman Ali, Etudiant en Médecine président de l'Association des Elèves et Etudiants Musulmans de Côte d'Ivoire (AEEMCI),
- Adjon Obrou Félicien, Technicien des Télécommunications Jeunesse Polyvalente de Côte d'Ivoire: JPCI). *
D'après une correspondance de Ryabak Nagbé
PLUME libre
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PLUME EN LIBERTÉ
Médias d'Etat
Au service de l'Etat ou du pouvoir PDCI?
Par D.Bakayoko
Pour de nombreux Ivoiriens et les observateurs de la scène médiatique ivoirienne, la question ne se pose même plus, tant la réponse à cette interrogation apparaît évidente. Les journalistes fonctionnaires, à la tête des médias d'Etat ont pris fait et cause ostensiblement après avoir tenté un moment un jeu d'équilibre. Cette évolution était attendu après les nombreuses nominations intervenues dans les organes. Le critère militant ayant prévalu sur toute autre considération.
Régulièrement, de nombreux journalistes s'illustrent en avocat des actions du nouveau pouvoir parfois avec un zèle mal contenu. Cette situation apparaît dommageable dans la mesure où les médias, propriété de l'Etat de Côte d'Ivoire donc de l'ensemble des Ivoiriens ont par tradition républicaine le devoir de servir l'ensemble de la Nation, et refléter la diversité des opinions étant donné que ce sont les impôts de tous qui contribuent au maintien de ces organes.
Ce ne serait donc que justice que l'on demande une relative objectivité à ces médias. Mais au lieu de cela, que voyons-nous? Les thuriféraires du nouveau pouvoir ont pris en otage les médias d'Etat, tout est vu sous l'angle de la "Bédiémania" ambiante. Les comptes rendus de différentes manifestations sont tronqués. S'il vous est donné l'occasion d'assister à une manifestation dont un compte rendu passe sur nos antennes, vous aurez l'impression qu'il s'agit d'une autre manifestation.
Le Samedi 6 Août 94 à Djekanou lors de l'inauguration de la mosquée de ladite localité, la longue intervention et le sermon de l'imam Koudouss, président du CNI, n'ont pas bénéficié de l'attention du journaliste de la télévision ivoirienne, seuls les propos louangeurs du représentant du chef de l'Etat à l'intention de ce dernier ont mérité plus d'égard. Tout se passe comme si dans leur reportage les journalistes ne cherchent qu'à plaire à leurs chefs du jour. Au demeurant pensent-ils, ces journalistes servir réellement le pouvoir en donnant des comptes rendus peu fidèles, reflets déformés de la réalité que vit le peuple? Cette mission, si tant est qu'elle devrait être celle d'un journaliste, devrait être dévolu à des organes comme "Le Démocrate", "L'Héritage", "Le Grand-Devoir", "Le Réveil Hebdo", enfin tous les titres qui remplissent déjà très bien cette charge. De fait aujourd'hui, on assiste à une confusion des rôles, fâcheuse pour l'établissement de l'état de droit, et la démocratie que tous les Ivoiriens appellent de leurs vœux. Les tenants du pouvoir doivent donner l'exemple en faisant la différence (ou la part des choses) entre leur statut de garant de l'Etat et celui de militant de parti politique, de même les journalistes entre leur statut de fonctionnaires et de propagandistes zélés du parti au pouvoir. A cet égard les journalistes de la RAI (Télévision Italienne) viennent de donner le lundi 8 Août 94, un bel exemple en refusant de diffuser des spots vantant les actions du président du conseil Italien sillon Berlusconi. Il s'agit d'une initiative louable de journalistes qui ont choisi la noble mission de servir les intérêts du peuple italien et refuser de cautionner la propagande d'un pouvoir en mal de publicité. En agissant ainsi, ils ont fait honneur à toute la profession. Nos confrères ivoiriens devraient méditer sur cet exemple pour l'intérêt supérieur de la Côte d'Ivoire.*
B.D.
Ecole
Quelle neutralité?
Par Faber
L'ECOLE est laïc, c'est du déjà entendu; l'école est neutre c'est du nouveau, mais à quoi bon? C'est que la laïcité frappait d'ostracisme rien que les religions.
Etant entendu que celle-ci pose le principe de l'exclusion des religions de la gestion de l'Ecole publique.
La nouvelle trouvaille revêt un sens plus large. En effet elle concerne en plus des religions, les idées philosophiques et politiques. Mais comment compte t-on mettre en œuvre cette neutralité? Ce qui est certain c'est que la philosophie est enseignée à l'Ecole, la politique également (la science politique).
Dans ces conditions peut on clamer la neutralité de l'Ecole? c'est ignorer par la que tout enseignement à une orientation idéologique. Le Maître dispensant le savoir peut il le livrer de façon brute sans influencer ses disciples? Entreprise difficile ! Et c'est à cela qu'ils sont invités par la future loi.
A analyser de près, ce sont les religions qui sont encore concernées par ces nouvelles dispositions. Car figurez-vous les Ecoles n'ont jamais pris position pour un parti politique, encore moins pour un courant de pensée ou pour une quelconque religion.
Pour ces dernières d'ailleurs les écoles confessionnelles ont toujours constitué un rempart certain.
Mais alors où se trouve le problème?
Si malgré la laïcité, la neutralité est affirmée c'est peut être dans le sens d'une atténuation.
La neutralité de l'Ecole serait alors entendue comme le fait pour tous les courants de pensée de la parcourir, de se mouvoir en elle sans toute fois se l'approprier.
Comment est ce possibles? Ou encore voudrait-on que l'Ecole ne se fasse ni emporter, ni influencer par les différents mouvements?
Ce qu'il y a lieu de comprendre au delà de toutes ces interrogations c'est que l'Ecole ne prenne aucune position sur les questions politiques, religieuse ou philosophique.
Cette loi sans doute a un caractère préventif en raison du contexte socio-politique de la Côte d'Ivoire.
La notion de neutralité même semble être une évolution positive certaine de la position du gouvernement vis-à-vis des différentes idéologies.
Si cette dernière acception reflète la vérité du pouvoir, il faut louer son courage. Toutefois il faut s'empresser de signaler que la neutralité est à la fois positive et négative. C'est-à-dire que si on agit pour A, on en fait de même pour B; et si on abstient pour A, on s'abstient pour B.
Et pour marquer cette neutralité le gouvernement devrait s atteler a etendre l'application du décret N° 66-123 du 31 mars 1966, relatif à l'organisation de l'enseignement religieux dans les établissements scolaires, au culte musulman.
Ce décret énonce respectivement en ces articles 1° et 6° que "l'enseignement religieux pourra être dispensé aux élèves des Etablissements scolaires publics et privés, soit à l'intérieur soit à l'extérieur de ces établissements" "Les présentes dispositions ne concernent que les cultes catholiques et protestants".
A moins que le gouvernement permette de croire que la nouvelle loi abroge le décret.
En principe cela va de soi. Mais ...*
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