Issue
Plume Libre #31
- Title
- Plume Libre #31
- Type
- Périodique islamique
- Publisher
-
Plume Libre
- Date
- September 1994
- issue
- 31
- Abstract
- Mensuel islamique ivoirien d’informations générales
- number of pages
- 8
- Subject
- Idriss Koudouss Koné
- Séminaire International de Formation des Responsables d'Associations Musulmanes
-
Bénin
- Henri Konan Bédié
- Laïcité
-
Association des Élèves et Étudiants Musulmans de Côte d'Ivoire
- Conseil National Islamique
-
Conseil Supérieur des Imams, des Mosquées et des Affaires islamiques
- Intégrisme
- Islamisme
- Language
- Français
- Contributor
-
Frédérick Madore
- Identifier
- iwac-issue-0001352
- content
-
La PLUME libre
Septembre 1994
Du 25 Rabial-Awal au 25 Rabial-Sani 1415
125 F
N° 031
MENSUEL ISLAMIQUE IVOIRIEN D'INFORMATIONS GÉNÉRALES
"Combats donc dans le sentier de Allah, tu n'es responsable que de toi-même, et incite les croyants. Allah arrêtera certes la violence des mécréants. Allah est plus redoutable en force et plus sévère en punition"
(Coran. S.4 — V. 84)
Le CNI à Daloa
Mobilisation totale
Une mosquée à Akouédo
Le soleil d'Allah brille sur l'armée
Bédié et les musulmans
Pas de conclusion hâtive !
Algérie
A la limite de l'impensable
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PLUME SERVICE
* Mariages
Veuillez à marier ceux d'entre vous n'ayant pas de conjoint, ainsi que vos serviteurs des deux sexes".
(S. 24 - V. 3)
[Photo: Monsieur et Madame Koné Bafo posent pour l'éternité]
Monsieur et Madame Koné Bafo posent pour l'éternité
LA rédaction de Plume Libre a élu domicile à la mairie depuis quelques temps. En effet, Koné Bafo Abdel Alim vient d'épouser devant Allah (Exalté soit-Il) la sœur Sarah Karamoko. Le mariage a eu lieu à Bouaké, et le Walima à Yopougon.
L'honneur est ensuite revenu à Koné Issa de lui emboiter le pas. Lui aussi a choisi l'intérieur du pays, plus précisément Yamoussoukro pour lier son destin devant Allah (Exalté soit-Il) avec l'élue de son cœur. Une belle cérémonie a marqué l'événement; elle portait l'empreinte inégalable de l'amour, de la paix et du bonheur que seul procure l'Islam.
Puisse le Très Haut (Glorifé soit Son Nom) prendre sous Sa protection les nouveaux couples et leur garantir Sa grâce. Amine.
[Photo: Monsieur et Madame Koné Issa. Le bonheur en Allah.]
Monsieur et Madame Koné Issa. Le bonheur en Allah.
* Baptême
Le frère Sanogo Salahoddine et la sœur Konaté Aminata ont le plaisir de vous convier au baptême de leur fils Mouhammad Elamine, né le 16 Août à 16H, à la PMI d'Abobo. La cérémonie aura lieu, inch'Allah, le Dimanche 18 Septembre à 7 H 30 au domicile familial sis à Abobo Avocatier près de la nouvelle mosquée.
Une sélection de Koné Seydou
EDITO - PLUME
Les "contre-leçons de Yorobodi"
Par Dembélé Al Séni
C'EST à Yorobodi (...) que des musulmans, quoi que très rigoureux, et plus que d'autres, très respectueux des interdits de leur religion, n'ont cependant pas hésité à garnir la table de leurs hôtes chrétiens de bon vin et de "fin champagne". (cf éditorial Frat. Mat. du 27/08/94). Sans le vouloir, sans doute, le quotidien gouvernemental nous renforce davantage dans le combat qui est le nôtre: celui de la communauté musulmane ivoirienne. Ce qu'on veut d'elle, c'est d'être un Jésus de Nazareth du XXe siècle. Tendre la joue gauche après avoir reçu une gifle sur la joue droite. Ce qu'on veut d'elle également, c'est d'être une masse informe, sourd-muet et aveugle. C'est vrai que ceux qui, comme pris dans une spirale de tragédie, ont creusé la tombe de leur propre mort politique peuvent et doivent se réjouir de voir des personnes appartenant au groupe qu'ils ont martyrisé leur servir "le vin et le champagne". Mais, tout adepte de Bacchus qu'on soit, on doit avoir la lucidité nécessaire pour comprendre que la liqueur n'a jamais servi de boisson de réconciliation des croyants. En tout cas pas pour les musulmans.
Au demeurant l'argument désormais désuet d'intolérance moult fois ressassé pour étiqueter ceux qui expriment leur ras-le-bol est un signe de plus de mauvaise foi.
pourquoi vouloir à tout prix que "l'acceptation de toutes les différences" notamment "religieuses" amènent les musulmans à se nier ? D'ailleurs, tout bon croyant, tolérant, quelle que soit sa religion doit savoir que la plus petite grandeur d'âme qui puissent exister, c'est d'aider son prochain à être en harmonie avec sa foi. A côté de ce principe général, existe cet Hadith: "point d'obéissance à une créature dans la désobéissance au créateur".."
En tout cas les "leçons de Yorobodi" nous montrent au grand jour ses contre-leçons. Le musulman "rigoureux", c'est celui qui les foulent aux pieds. Cherchons donc à être des musulmans "souples" en respectant à la lettre les prescriptions d'Allah et les enseignements de son prophète (SAW).
Dieu d'ailleurs avait prévenu: "ils (les mécréants) ne seront satisfaits de toi que si tu suis leur volonté". La sauvegarde de l'identité actuelle islamique, pierre angulaire de toute politique d'épanouissement de cette religion, passe nécessairement par le sujet des "baisers de Satan". Toutes les célébrations de musulmans comme des "leçons de Yorobodi" sont des fleurs suspectes jetées en notre jardin. Il ne faut pas manger de ces plats là. Quant au "professionnel de la communication" (véritable sofa en mission), il faut lui rappeler simplement que la rose au canon d'un fusil n'a jamais transformé le destin de cette arme; elle ne sert qu'à dissuader et au besoin à "refroidir" l'adversaire. La leçon, cette leçon-là, nous la connaissons. C'est pourquoi les musulmans garderont toujours devant les "leçons" comme celles de "Yorobodi" le calme et la sérénité de ceux qui n'ignorent pas leur destin. *
SOMMAIRE
Edito-Plume
Les "contre-leçons de Yorobodi" P.2
Plume Service
Mariages & Baptême P. 2
Plume dans le quotidien
SIFRAM 94 P. 3
Ouassena blanchit ses flics P. 3
Bédié et les musulmans P. 4
Le CNI à Daloa P. 5
Une mosquée à Akoüédo: P. 6
Séminaire AEEMCI P. 7
Plume Politique
Algérie / Paris paye tribut P. 8
Détente P. 8
[Photo: Le Soleil d'Allah brille sur l'armée.]
Le Soleil d'Allah brille sur l'armée.
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
SIFRAM 94
Le nouvel ordre mondial en question
Du 21 Août au 4 septembre 1994, s'est tenu à l'Académie Régionale des Sciences et Techniques de la Mer, située à Yopougon-Niangon, le quatrième séminaire international de formation des responsables d'associations musulmanes, sous le thème central "les communautés musulmanes au XXe siècle".
Ce séminaire parrainé par le Conseil Supérieur des Imams en Côte d'Ivoire, regroupait plusieurs pays dont le Burkina-Faso, le Bénin, la Mauritanie, le Sénégal, le Congo et la République Centrafricaine.
Elle a vu se dérouler trois conférences, quatre tables rondes et deux ateliers, animés par d'éminents professeurs et autres spécialistes. Ainsi, Moamar Kane, éminent universitaire sénégalais est intervenu sur "L'équation de l'Islam dans le nouvel ordre mondial". Olivier Carré, islamologue français a choisi "Islam et laïcité". Quant au professeur nigérien Djibo Amani, il a abordé le problème de l'Islam et des minorités. Les conférenciers ivoiriens étaient le professeur Mohammed Lamine Camara, le frère Traoré Mamadou de la SIB, la sœur Hadja Cissé Makoni et les imams El Hadj Ahmed Tidiane Ba, Fofana Boikary et Aboubacar Samassi.
Ce SIFRAM a été l'occasion de relever l'agression dont est victime l'Islam de la part de l'Occident qui voit en lui un concurrent depuis la chute de l'Union Soviétique. Ainsi les séminaristes ont-ils appelé à l'union de tous les musulmans du monde entier. Plusieurs recommandations ont été faites, en outre, concernant l'élargissement du SIFRAM à toute l'Afrique, en un mot, l'intégration de tous les musulmans africains à travers cet outil. C'est ce qui a amené le représentant du Niger à déclarer: "Nous assistons au lever du soleil à l'Ouest. Le lumière de l'Islam vient de Côte d'Ivoire. Votre pays a changé de cap et joue le rôle de leader."
Nous reviendrons, inch'Allah, sur cet important événement dans nos prochaines éditions.
K. B.
Commission d'enquête sur les événements de la mosquée d'Abobo:
Ouassena blanchit ses flics
Au lieu de laisser la commission d'enquête donner les résultats de ses investigations, le ministre de la sécurité a pris la défense de ses agents comme pour dire que ce sont musulmans qui sont allés contrôler les cartes de séjour des policiers. Et puis une bombe lacrymogène devant la mosquée, ce n'est pas une bombe dans la mosquée. Enfin quelque chose comme ça...
POUR rendre publiques les conclusions de la commission d'enquête instituée pour situer les responsabilités sur l'intervention musclée des forces de l'ordre à la Mosquée de Banco II du 10 Juin 1994, le Ministre Gaston Ouassena Koné a convié la presse nationale et internationale à une conférence de presse le lundi 22 Août dernier à son cabinet. De l'exposé liminaire du Ministre, on retient que les policiers stationnant à 120 mètres environ de la mosquée en question ont été priés par un groupe de fidèles musulmans de quitter les lieux. Malgré l'acceptation de cette injonction par les forces de l'ordre, ils ont été pris à partie par une foule qui les a conspués, a poursuivi le Ministre Ouassena. Le second au commissaire du 14e arrondissement arrivé sur les lieux a subi le même sort et a fait appel aux renforts de la fameuse CRS... Dans sa foulée, le Ministre de la sécurité intérieure a martelé, s'appuyant essentiellement sur le témoignage des policiers: "aucun policier n'a pénétré dans la mosquée Banco II... et aucune grenade n'a été lancée dans l'enceinte de la mosquée. Si cela avait été le cas, la prière ne se serait pas déroulée quelques temps après"... En définitive, que dire de cette conférence de presse?
D'abord sur la forme. Le Ministre Ouassena Koné en choisissant de faire une présentation commentée par lui-même de la synthèse du rapport de la commission d'enquête et en ne mettant pas le rapport en question à la disposition de la presse a biaisé le débat. Une telle présentation en effet lui offrait l'occasion de s'appesantir sur les flous des témoignages et de mettre l'accent sur l'innocence de la police. Ce qu'il ne s'est d'ailleurs pas peiné de faire.
- Sur le fond, deux thèses se sont confrontées selon les enquêteurs. La première soutenant que les policiers n'ont pas pénétré dans la mosquée et n'ont pas lancé de gaz lacrymogène sur les fidèles et la seconde soutenant le contraire. La commission en ne tranchant pas sur cette question fondamentale (en tout cas le Ministre ne l'a pas fait savoir) a laissé tout le monde sur sa faim. Au demeurant, la commission d'enquête du Ministre de la sécurité comprenant 5 officiers et sous-officiers de la police contre deux représentants de la communauté musulmane avait-elle la possibilité de faire mieux que ce qui nous a été rapporté par le Ministre? En tout cas, profitant de cette situation, le conférencier du jour a asséné: "ce sont les policiers qui ont été l'objet d'outrage et de violence". En d'autres termes, se sont les fidèles allant à la mosquée ce Vendredi 10 Juin qui ont provoqué les flics pour ensuite montrer à la presse leurs blessures! Sacré Ouassena Koné!
Dembélé Al Séni
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
Bédié et les musulmans
Pas de conclusion hâtive !
Kèmé Brahma
Le samedi 19 août 1994, le président Bédié a rehaussé de sa présence l'inauguration de la mosquée du camp militaire d'Akouédo. Quelques jours auparavant, il était à la commémoration de l'anniversaire de la mort de Feu El Hadj Lanciné Cissé, ex-président de l'Assemblée Nationale. Dans cette même tentative de rapprochement avec la communauté musulmane qui lui semble si chère, il s'est également fait représenter à Djékanou lors de l'inauguration de la mosquée de cette localité par son chef de cabinet ayant rang de ministre, monsieur Maurice Némin. Que d'attentions !
Il y a peu, le président Bédié offrait le pèlerinage à vingt imams. Bien avant, il y a eu la distribution du sucre aux musulmans lors du mois de Ramadan. De même, la construction de la mosquée d'Akouédo a vu cet homme "généreux" accorder 10 millions pour l'édification de cet édifice religieux. Les musulmans de Treichville quant à eux, ont bénéficié d'une enveloppe de 20 millions pour la réfaction de leur mosquée. Fantastique !
La marre de ce président, homme de foi, selon le ministre Essi Amara, ne s'est pas arrêtée en si bon chemin. Il contribuera dans un avenir proche à la construction de la mosquée du plateau, et à la construction du siège du CNI à qui l'Etat a octroyé un terrain de 25 hectares. Prodigieux tout ça ! N'est-ce pas ? Mais en plus, il n'y a qu'à lire entre les lignes de ce passage du discours du Ministre Essi Amara selon lequel : «le président de la république a donné les instructions afin que les voies et moyens soient recherchés d'ici le pèlerinage prochain pour améliorer les conditions d'organisation de cet événement dans les années à venir» pour savoir que la glas semble avoir sonné pour certain individu qui continue de défrayer la chronique. Beaucoup d'actions, avouons-le, en direction de cette communauté.
Mais, que veut Bédié ? Que cachent toutes ces actions ? Avons-nous affaire à un acte de foi sincère ou de véritables manœuvres politiciennes ?
Deux points de vue peuvent se dégager à partir de cette analyse.
La première selon laquelle les actes du président sont uniquement guidés par une foi profonde, comme l'affirme le Ministre Essi Amara, dans la mesure où tous les actes de cet homme dont le cousin germain est l'imam de Daoukro et qui avait été élevé par le vieux Sékou Diaby à une époque de sa vie à Bocanda, s'inscrivent dans ce sens.
La seconde selon laquelle ces gestes à l'endroit de cette communauté seraient guidés par des motifs purement politiques. 1995 n'est pas loin, et le président Bédié, ayant conscience de l'importance des musulmans sur le plan numérique, tente de se rattacher, de redorer son blason auprès d'elle quand on sait toutes les frustrations qu'a subie cette communauté par l'affaire ADO, en passant par la purge orchestrée au niveau de ses fils dans l'Administration et tout comme à la CAA (nous y reviendrons), le tout couronné par les événements tragiques de la mosquée d'Abobo Banco II.
Le "forcing" du président de la république auprès de la communauté musulmane ne serait donc pas gratuit. Dans tous les cas, ce que le président Bédié a fait jusque-là pour les musulmans a amené l'Imam Aboubacar Fofana à déclarer : «Comment voulez-vous donc, chers frères et sœurs, devant une telle générosité que nous musulmans dont la religion enseigne la gratitude, la reconnaissance, la loyauté et la fidélité, que nous ne soyons pas sensibles, hautement sensibles à ce geste».
Ce discours peut être interprété de différentes manières selon l'entendement de chacun, en tenant compte de l'atmosphère qui entoure le genre de cérémonie telle l'inauguration de la mosquée d'Akouédo, avec toute la pression psychologique qui prévaut en ces moments précis. Mais il ne faut pas que l'arbre cache la forêt. Car comme l'ont dit certains, les actes de Bédié ne rentrent que dans la droite ligne des attributions d'un président de la république. Dans tous les cas, la mosquée d'Akouédo est située à 400 mètres de la chapelle St André qui a bénéficié également de ses faveurs et à l'inauguration de laquelle il était présent pour dire donc que la Côte d'ivoire étant un Etat laïque comme le stipule l'Article 6 de notre Constitution, cela va de soi.
On sait également qu'à côté de la mosquée de Treichville, qu'il a aidé à rénover, se dressent la cathédrale St Paul et la basilique notre dame de la paix de yamoussoukro qui a coûté beaucoup plus cher et qui comme on commence à la chuchoter a été construite par des fonds de l'Etat et non par celui d'un individu, ce qui nous pousse à nous interroger sur les origines de tous ces fonds que les hommes d'Etat offrent à leurs administrés dans le but de se faire aimer.
De même, l'éviction du sieur Diaby Koweït dont la mise au "garage" semble se profiler à travers le discours d'Essi Amara, et qui a brillé par son absence lors de la manifestation d'Akouédo, semble être logique car tout politicien averti, en moins qu'il ne soit aveugle sait qu'il faut se pencher du côté de ceux qui sont les plus forts et les plus nombreux. Ce n'est un secret pour personne dans l'échiquier politique ivoirien, aujourd'hui le CNI et toute la population musulmane qui le suit sont devenus incontournables.
Par ailleurs, cette mise en hibernation du sieur Diaby Koweït en Suisse n'est que stratégique. Si d'aventure la politique de séduction de Bédié échoue, il pourrait faire ressortir cet individu pour brouiller les cartes. Houphouët l'avait "enterré" en un moment où il devenait gênant. On l'a ressuscité par la suite pour qu'il sème la zizanie; aujourd'hui encore on l'envoie aux oubliettes pour voir à quoi il peut servir après.
De même si on s'en tient à certains journaux de la place, les marches de soutien au président Bédié par-ci et par-là auraient déjà coûté à l'Etat la bagatelle de 3 milliards de francs cfa, toute chose qui ne peut être démentie puisque notre télévision nationale ne présente que ces images qui deviennent envahissantes et gênantes à la limite. 10 millions par-ci, 20 millions par-là, ce n'est pas rien. Mais ce n'est rien devant 3 milliards.
Devant toutes ces données, il faut donc se garder de tirer les conclusions hâtives quand on connaît les pratiques des hommes politiques qui savent tout de même (cela fait partie des B.A.B.A de la politique) discerner la direction du vent. La fin justifiant les moyens, l'on peut délier la bourse ou faire des faveurs à certaines personnes, pourvu que cela serve l'objectif qu'on s'est fixé. Attendons donc pour voir; ainsi donc pas de conclusions hâtives. *
Kèmé Brama
Le CNI en justice (suite)
Merci Maître, mais...
DEPUIS près de sept mois, les ivoiriens suivent avec intérêt un "conflit" opposant le Conseil National Islamique, la plus importante coordination d'associations musulmanes de Côte d'Ivoire, à un individu répondant au nom de Diaby Moustapha (Koweït de son nom de jeunesse). Ce conflit pas du tout... musulman a atteint son summum le 27 Juillet 1994 avec l'assignation du CNI en justice. Suite à notre dernière publication, nous avons reçu de Maître Kadidia Touré une lettre d'Information dans laquelle elle dit entre autres que «la procédure initiée à l'encontre du Conseil National Islamique (CNI) l'a été sur (son) initiative personnelle, en (sa) qualité de secrétaire chargée des Associations et des Questions Juridiques au Conseil Supérieur Islamique (CSI), en l'absence du président du CSI»
Nous remercions Maître Kadidia Touré pour l'intérêt qu'elle porte à notre journal. Mais qu'elle sache que la préoccupation de la communauté dans cette affaire n'était pas de savoir qui a initié la procédure contre le C.N.I.; c'est plutôt l'action elle-même que les musulmans, voire les ivoiriens dans leur majorité déplorent. Maître Touré aurait-elle initié la procédure si elle était présidente de l'association des vendeuses de charbon?*
Ryabak Nagbé
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
La ville de Daloa avait fait sa toilette des grands jours, tentes dressées carrefours habillés de banderoles sur lesquelles on pouvait lire entre autre "une nouvelle bénédiction pour la cité des antilopes". En effet de quoi s'agit-il? de la double cérémonie d'investitures des représentants régionaux du CNI et du COSIM.
Par Koné Z. abd'Allah
Le CNI à Daloa
Mobilisation totale
DALOA ce matin du 27 Août 94. Une effervescence particulière se lit dans le paysage, les taxis sont subitement l'objet d'une sollicitation au dessus de la morosité habituelle. La ville s'apprêtait à accueillir un événement exceptionnel.
Il est 15 h 30 GMT, Sapia village situé a environ 3 kilomètres de la ville sur la route d'Abidjan, est pris d'assaut par une foule immense, qui se dresse le long de la chaussée en une double haie à perte de vue. D'un côté les femmes, de l'autre, les hommes tous de blanc vêtus.
16 h 30 la sirène retentit au milieu d'une file de plus de 200 véhicules une véritable procession digne des grands hommes et des grandes sorties. Le rêve tant caressé par l'impressionnante communauté musulmane du centre-ouest, est devenu une merveilleuse réalité.
Il est là celui que tous attendait le CNI avec a sa tête son président Koné Idriss Koudouss, tout resplendissant. Il foule le sol de Daloa avec le salut universel : Assalam aleikoum...
Koudouss et la délégation qui l'accompagne essaient de serrer toutes les mains frémissantes qui se tendent devant eux mais... impossible ils réintègrent respectivement leur véhicule en continuant de saluer la foule en liesse. Cette fièvre va dégénérer en hystérie collective, devant la grande mosquée de la ville où une foule folle attendait les hôtes de marque chacun voulant les toucher (mettant ainsi en difficulté le service de sécurité).
Après cette chaleureuse réception à la mosquée les hôtes iront présenter leurs civilités aux autorités administratives et politiques, périple au bout duquel un diner copieux sera servi par le maire Bahi Zahiri.
La foule qui s'est entre temps disloquée a rendez-vous pour le lendemain dimanche 28 août.
Dès 8 heures, la place publique supplantée par la haute stature du minaret de la grande mosquée est envahie par une foule compacte qu'on pouvait estimer à plus de 10 mille âmes. Elle est venue de tous les coins et recoins du centre-ouest d'Issia à Vavoua en passant par Gagnoa, Oumé, Sinfra, Bouaflé et Zuénoula.
A 10h 45, le président fait son entrée dans le carré géant bâti en son honneur a bord d'un véhicule ouvert du haut lui permettant de saluer tous le monde et d'être vu de tous.
En fond sonore on pouvait entendre la chanson suave avec laquelle le prophète (PBDL), à la tête des croyants, a été accueilli à Médine pendant l'hégire. L'ardente et pacifique ferveur était à son comble.
Après les allocutions du président du comité d'organisation et du maire, ce sera le 1er clou de la manifestation qui va consister en la présentation de l'imam choisi pour présider aux destinées du Conseil Supérieur des Imams, en la personne de son éminence El Hadj Vatchengué Diaby, l'imam central de la mosquée de Daloa.
Le porte-parole des imams, oustaz Fofana Boikary, profitera de cette occasion pour marquer le refus - oh combien catégorique - de la communauté musulmane, de se laisser désormais diriger par des fantoches, frauduleusement fabriqués, embourgeoisés et propulsés de la basse-cour royale - car, dira-t-il "Que les uns et les autres comprennent une fois pour toute que nos associations sont apolitiques. Le Conseil National Islamique et le Conseil Supérieur des Imams ne sauraient être des bureaux électoraux pour qui que ce soit. Pour la politique les spécialistes sont là, c'est leur travail, nous n'allons pas nous y mêler. Notre souhait est qu'on nous aide à rester dans notre espace religieux, qu'on ne veuille pas nous en sortir et qu'on ne fasse pas intrusion également dans ce cadre réservé".
C'est cela la volonté de la communauté musulmane, ce souhait est grand, cette grandeur a été démontrée par l'envergure de la mobilisation du peuple qui a financé de sa poche, qui s'est déplacé et a enduré la rigueur du soleil sans attendre un franc ni en cfa ni en dollar de la part de koudouss et sa distinguée délégation.
«Aller au delà ou contre cette volonté pourrait être une erreur...»
Après cette intervention vivement apprécié, il est 12h 15, c'est un des moments les plus espérés, celui de l'intronisation du président de la coordination régionale du centre-ouest du CNI. Le choix de la région est portée sur maitre Fofana Issouf, huissier de Justice de profession.
Le nouveau président s'est immédiatement engagé à l'œuvre afin que la lumière vivifiante de l'Islam, source d'énergie triomphe et inonde la région de Daloa.
Il a aussi tenu à faire comprendre à l'assemblée et à toute la Côte d'ivoire que la dynamique qui commande la devenir glorieux de l'Islam dans notre pays est irréversible. Ainsi dira-t-il «Tout naturellement la communauté musulmane prend conscience d'elle-même et elle évolue par la grâce du Très Haut vers son destin lumineux». Dans le même mouvement, Adama Soumahoro de Bouaflé et Aboubacar Coulibaly d'Issia ont été choisi comme commissaire aux comptes.
En apothéose à ce meeting géant on aura droit à un discours tant attendu du président Koudouss. Il fut essentiellement un message d'apaisement d'appel à l'unité des musulmans en Côte d'Ivoire. Mais aussi un message de détermination des musulmans dans la marche exaltante de l'Islam dans notre Etat laic.
Tout y est passé de l'acte de sabotage du pèlerinage 94 jusqu'à l'assignation en justice du CNI en passant par les événements d'Abobo.
Le président ne manquera pas de fustiger ceux qui crient au loup de façon injustifiée, en politisant excessivement les faits et gestes des musulmans. Enfin, il a tenu à rassurer tous ceux qui grelottent dans leur fauteuil, que l'organisation des musulmans n'est dirigée contre personne. K. Z. A.
Le sous-préfet menace
K. Z. abd'Allah
«... Il ne saurait être question que des déviationnistes utilisent la religion et ses lieux de culte surtout à des moments de rassemblement des fidèles pour y mener des campagnes politiques au nom d'une quelconque organisation.» Ainsi parlait le sous-préfet central de Daloa le dimanche 28 août lors de la cérémonie d'investiture des représentants régionaux du CNI et du Conseil Supérieur des Imams. Le moins qu'on puisse dire c'est que ce discours est un véritable conglomérat d'ambiguïtés qui voile mal la menace dont le représentant du sous-préfet s'est fait porteur. Que veut dire Monsieur le commandant ? Qui sont ces déviationnistes? Des campagnes politiques seraient-elles menées au nom de quelle organisation ? contre qui ? En nous tenant à la lettre, ce discours est tellement aérien qu'il est inaccessible à l'intelligence de l'auditeur ou du lecteur. Par contre en nous intéressant à l'esprit, on y voit le vieux réflexe du colon qui tente d'intimider ses sujets. On y souscrirait volontiers si la misère intellectuelle et l'inconséquence n'était au bout. En effet qu'avait-il, après juste avoir prononcé ce discours, à convoquer la direction du CNI chez lui sur ordre en réalité du secrétaire général du PDCI c'est-à-dire qui devait par la suite faire la cour à koudouss et son staff? Le déviationnisme se définirait-il par rapport aux intérêts du PDCI? On serait obligé de répondre, par l'affirmative, tant il est vrai que d'autres n'ont de "sermon" que de "louer le PDCI et son chef" dans les mosquées, ils n'ont jamais été inquiétés, ni traités de déviationnistes pour cela. Il y a donc là, une volonté partisane du pouvoir par "commandant" interposé de substituer à des religieux purs (CNI) des politico-religieux (CSI) acquis à sa cause. Mais tout le monde le sait, le CNI ne veut être mêlé ni de près ni de loin à tout ce qui est action politique. Alors arrêtons de crier au loup, sinon le jour où le loup apparaîtra, ce sera au zénith et on aura plus de voix pour crier.
Donc Monsieur le commandant, remettez vous à l'ouvrage car votre calcul politicien est faux et ne peut par conséquent vous faire bénéficier d'aucune promotion. ... aucun, Monsieur le commandant.
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
Le Président de la république et le Chef d'Etat-Major des FANCI ont joint leurs efforts à ceux de la communauté musulmane pour concevoir un lieu de culte au camp militaire d'Akouédo. Des photos pour immortaliser l'événement.
Un reportage de Kèmè Brahma
Une mosquée à Akouédo
Le Soleil d'Allah brille sur l'armée
[Photo: L'Imam Cissé Djiguiba ... et son collègue d'Akouédo]
fleuron architectural, se situe à un point stratégique du camp sur un terrain d'une superficie de 450 m2. Elle a été construite selon une structure évolutive sur 8 mètres de long et 4 mètres de large entièrement géobéton par la "cellule infrastructure de la FANCI" dirigée par le commandant Traoré. La fondation a été faite en sorte qu'elle puisse être transformée en un bâtiment de 3 étages. La structure actuelle permet d'accueillir 300 fidèles. Cette capacité peut être accrue par des terrasses construites tout autour de cet édifice, et comme toute mosquée, elle comprend une place réservée aux femmes.
Le maître d'œuvre de cette mosquée qui a coûté 30 millions, le général Gueï Robert, s'est investi aussi bien financièrement que physiquement; le Président quant à lui a offert 10 millions.
Plusieurs discours ont été prononcés lors de cette inauguration.
La première par le Colonel Koné Mamadou, commandant délégué de la place d'arme d'Abidjan, doyen et chef de la communauté musulmane d'Akouédo, qui a remercié les autorités pour la réalisation de la mosquée. Ensuite ce fut l'imam Djiguiba Cissé, porte-parole du Conseil Supérieur des Imams, suivi du chef d'Etat Major des FANCI, le Général Gueï Robert. Et enfin le Ministre Essy Amara, porte-parole du gouvernement.
Cette inauguration a été l'occasion pour tous de réaffirmer la laïcité de l'Etat ivoirien, car à côté de cette mosquée se situe la chapelle St André placé à 400 mètres. Ainsi donc à Akouédo se côtoient musulmans et chrétiens, ce qui donne l'assurance que la rigueur militaire, doublée de la sensibilité religieuse, permettra à la Côte d'ivoire d'avoir des soldats accomplis au service de la Nation ivoirienne, car comme l'a souligné l'imam Boikary Fofana; «c'est cela aujourd'hui le problème du monde moderne. L'absence de la spiritualité, l'absence de la religiosité, tout étant devenu matériel, tout étant rationnel, l'être humain est un être incomplet». Cette mosquée donc, comme le souhaite le Ministre Essy Amara, et avec qui tous les musulmans partagent le même espoir, élèvera la spiritualité, et la foi de nos troupes et contribuera à raffermir leur armature morale, condition sine qua non de la réussite de leur mission.
Enfin, l'organisation de cette manifestation a permis de mettre en exergue le dynamisme de la communauté musulmane d'Akouédo qui, avec l'aide de la coordination CNI-Cocody, s'est pliée en quatre pour que tout se passe bien.★
K B
L'INAUGURATION d'une Mosquée a toujours constitué pour la communauté musulmane un événement important, mais lorsque cela se déroule dans un camp militaire, cela revêt un caractère particulier. C'est effectivement une manifestation de ce genre qu'il nous a été donné d'assister au camp militaire d'Akouédo ce vendredi 19 Août, jour béni de l'anniversaire du Prophète Mouhammad (P B D L).
Cette inauguration a été rehaussée par la présence du Chef de l'Etat, le Président Henri Konan Bédié, qu'accompagnaient les chefs de toutes les institutions du pays et les membres du gouvernement. Etaient également présents, le Conseil Supérieur des Imams, les responsables du CNI et une forte communauté musulmane.
Cette mosquée, joyeux Bédié, il a fourni la grande majorité des vingt millions restants. Sa contribution pouvait s'arrêter là, mais le général a participé de manière effective à la construction de la mosquée, en prenant pelle et truelle comme il l'avait fait auparavant au camp galliéni où non seulement il a attribué un bâtiment à la communauté mais en plus il a apporté une aide financière assez importante. Et dans ces deux opérations, il a imprimé un rythme militaire aux travaux de telle sorte que l'imam Cissé Djiguiba a affirmé qu'il ne pouvait suivre son rythme.
Au delà même de ces aspects qui peuvent relever de sa fonction, le général nous est apparu un homme affable, très disponible, malgré le protocole, il était à notre disposition, voulant même nous accorder une interview. Mais là Patatrac, le colonel Ariko, avec des méthodes vraiment militaires, il faut le dire, s'est interposé. Nous voulions insister, mais quand nous avons vu le regard courroucé des deux gardes de corps du général, deux véritables colosses, nous nous sommes rétractés.
Dans tous les cas, comme le signale le colonel Koné Mamadou, chef de la communauté musulmane d'Akouédo «Quand on est général, on porte des étoiles, les étoiles c'est la lumière, donc tous les généraux sont éclairés!». Si cela s'avère une vérité inéluctable, cela l'ait encore plus, pour le général Gueï Robert. Vous nous avez séduit ... Chapeau mon général.★.
Kèmè Brama
Coup de cœur!
DANS l'entendement général, le militaire, c'est celui qui réprime, qui brime; c'est celui qui, d'une manière générale emploie la force comme arme de persuasion prenant ainsi à contre-pied, cet adage qui dit qu'«il vaut mieux utiliser la force de l'argument, que l'argument de la force». Beaucoup d'exemples malheureusement ont montré que les militaires utilisent souvent l'argument de la force.
L'idée que nous nous faisions de nos soldats a été battue en brèche par un homme exceptionnel en la personne du chef d'Etat major des FANCI, le général Gueï Robert.
Des généraux qui mettent en place des stratégies de guerre, on en a vu et on en voit tous les jours. Des généraux qui font des coups d'Etats, cela est légion dans l'histoire. Mais des généraux qui construisent des Mosquées, cela ne se voit pas souvent. Le général Gueï Robert est de ceux-là. Il a été le maître d'œuvre de la construction de la mosquée d'Akouédo. Il a non seulement octroyé un terrain à une place stratégique du camp aux musulmans, alors que cet endroit était convoité aussi bien par les catholiques, les protestants, les assemblées de Dieu et autres, mais en plus, selon le colonel, Koné Mamadou, doyen de cette communauté, à part la contribution du président
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
★ De notre envoyé spécial
Ryabak Nagbé
AEEMCI
"Pèlerinage" à San-Pédro
Placé sous le parrainage du Conseil National Islamique (CNI), le 12e séminaire de l'Association des Elèves et Etudiants Musulman de Côte d'Ivoire (AEEMCI) s'est tenu au Lycée Professionnel de San-Pédro avec comme thème : "L'Islam et la construction de la Nation Ivoirienne".
Le rassemblement de la jeunesse musulmane représentée par 520 séminaristes venus des quatre coins de la Côte d'Ivoire et de la sous-région (Burkina-Faso, Guinée, Mali, Sénégal) leur a permis d'approfondir leurs connaissances sur les dogmes et la morale islamiques pour une meilleure pratique ; d'apprendre, d'autre part, les idéologies modernes afin de mieux comprendre certains enjeux du monde contemporain, enfin ils ont fait connaissance avec le système des medias pour mieux appréhender l'actualité.
Le thème central, Islam et la Construction de la Nation Ivoirienne a été l'objet d'une conférence débat par le professeur Watta N'dri Abdoul Wahab.
Selon le professeur Watta, l'Islam est un creuset où les théories de barrières et d'exclusionnisme n'ont pas droit de cité et la oumma islamique est le symbole par excellence de la fraternité.
Les musulmans de Côte d'Ivoire, ajoutera-t-il, faisant leur ce principe, ont contribué à la préservation de la paix et de la consolidation de l'unité nationale. Le professeur demandera enfin que chaque fille et fils de la Côte d'Ivoire, pour la construction de la nation ivoirienne, puise dans les richesses spirituelle, culturelle et intellectuelle de l'Islam (dans notre prochaine édition le compte rendu complet de cette conférence).
En marge de la formation destinée au grand public des leaders des associations musulmanes de la sous-région (Burkina-Faso, Côte d'Ivoire, Mali, Guinée et Sénégal) ont participé à plusieurs forums où il a été question entre autres de l'unité des associations de jeunesses islamiques de l'Afrique occidentale, de la valeur scientifique du Coran et de l'AEEMCI face aux nouvelles réalités de l'école ivoirienne.
Au terme de leur 12e séminaire, les Elèves et Etudiants Musulmans de Côte d'Ivoire, convaincus que l'Islam est un puissant moyen de la moralisation de la vie scolaire ont lancé un appel, demandant au ministre de l'éducation nationale de faciliter le fonctionnement des associations religieuses dans les établissements scolaires.
Enfin à l'endroit des associations confessionnelles les séminaristes ont demandé un dialogue franc entre jeunes dans un esprit de tolérance et de cohésion en vue de bâtir une société harmonieuse et paisible.
La cérémonie qui a eu lieu le Mardi 30 Août était présidée par l'imam Cissé Djiguiba Abdallah vice Président du CNI représentant le Président El Hadj Koudouss Koné, a été rehaussée par la présence du secrétaire Général de la préfecture de San-Pédro.
Cette séance a été l'occasion pour plusieurs associations (Burkina-Faso, Guinée, Mali, Sénégal, l'AEEMCI, la FNMAJCI) d'apporter leur soutien et d'adresser leurs félicitations à l'AEEMCI pour l'œuvre d'éducation et d'unité non seulement de la jeunesse ivoirienne mais aussi de celle de la sous-région qu'elle a entreprise depuis 20 ans.
Pour se séparer les séminaristes ont adressé une motion de soutien au Conseil National Islamique (CNI). ★
Malgré d'énormes difficultés d'encadrement et de transport, on peut dire Al-hamdoullilahi San-Pédro 94 et vive ... 95
Ni pouponnière, ni centre de rééducation
Il est temps, grand temps de rappeler à certains parents que le séminaire de l'AEEMCI ne saurait se substituer à eux dans l'éducation de leurs enfants. Il ne saurait donc être ni une pouponnière, ni un centre de rééducation.
Depuis bientôt quatre ans une race d'enfant rend invivable l'atmosphère sur le camp du séminaire. Issus pour la plupart de familles aisées; ces enfants ont pour particularité une éducation hybride et extravertie. De ce fait ils n'ont d'égard pour personne. Ni les organisateurs, ni les encadreurs, ni les autres séminaristes n'échappent à leurs caprices, leurs sarcasmes et leurs arrogances. Ils boudent les repas et les couchettes, changent de dortoir à leur guise en fonction de leurs affinités. Ils s'habillent de façon extravagante, refusent même de prier, font planer des menaces sur les séminaristes et les encadreurs. Ils, se sont les Gies, les John Bri, les gros bras etc. On se croirait au Camp Boiro à Adjamé, avec des séminaristes surexcités. Ils s'échappent du camp pour se rendre aux boites de nuit et autres lieux de jouissance parce que leurs parents ont pris soin de leur donner 50 à 60.000 pour se rendre au séminaire.
Il ne pouvait en être autrement quand on sait qu'ils sont là, uniquement pour décongestionner l'atmosphère familiale. Ecoutons à cet effet ces propos d'un parent venu inscrire son enfant «... je veux l'envoyer au séminaire parce qu'il agace tout le monde à la maison.» Quelle fuite de responsabilité ! Cet autre enfant nous a laissé entendre qu'il est sur le camp par punition si non il devait être en France ou... pour y passer ses vacances. Y-a-t-il au séminaire une baguette magique pour transformer en une semaine ces adolescents à l'éducation de base ratée? La réponse est non. Ce que les parents n'ont pas réussi en 10 ou 20 ans, ce n'est pas le séminaire qui peut le réussir. Ce qui est décevant c'est que ces mêmes parents, à la moindre erreur du comité d'organisation, sont prêts à crier haro comme si leurs enfants étaient les seuls à souffrir. Quelle suffisance?
Il est donc temps que les organisateurs du séminaire mettent hors circuit cette "pègre" presque irrécupérable qui risque fort bien de vicier et de polluer par leur comportement avilissant grâce à l'effet de groupe l'atmosphère du séminaire et contaminer ainsi les bons séminaristes O
D. H. L.
Motion au CNI
Considérant les efforts incessants que cette structure déploie pour restaurer l'image de marque de l'Islam en Côte d'Ivoire
Considérant le travail de regroupement de tous les musulmans auquel le Conseil National Islamique s'attelle depuis sa création.
Considérant la justesse avec laquelle il a su réagir face multiples provocations dont la communauté musulmane a été l'objet.
Enfin considérant l'œuvre de conscientisation qu'il mène dans la communauté musulmane de notre pays.
L'Association des élèves et Etudiants musulmans de Cote d'Ivoire (AEEMCI) réunie à son séminaire annuel de formation islamique au Lycée professionnel de San-Pédro du 24 au 30 Août 1994, réaffirme son indéfectible attachement au Conseil National Islamique (CNI) et s'engage à le soutenir dans tous ses actions; consciente du fait que cette structure demeure le seul organe représentatif de la communauté Musulmane en Cote d'Ivoire ★
Le séminaire
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PLUME POLITIQUE
Algérie
A la limite de l'impensable
Par Koné Z. abd'Allah
DECIDEMENT le régime illégitime d'Alger ressemble à une tique qui s'enkyste de jour en jour et s'engouffre dans un jusqu'auboutisme pernicieux et déconcertant, à la limite de l'impensable.
Il vient de décréter l'interdiction dans les services publics du port du hidjab et de la barbe, "manifestation" ostentatoire de l'intégrisme. Pire, tous les espaces de prière dans les services publics sont supprimés.
En outre tout fonctionnaire surpris en train de faire sa prière sur son lieu de travail est passible de licenciement immédiat.
Le recteur de la mosquée du 19e Arrdt de Paris a été assigné à résidence à cause de sa sympathie pour le FIS. Mais il a le soutien de tous les musulmans français.
soupçonné d'avoir de la sympathie pour le FIS sera radié purement et simplement. Pour dire que la liberté d'opinion ne fait pas partie des éléments organiques de la démocratie des croisés.
Dans le même mouvement on procédera à un contrôle systématique des cours dans chaque établissement.
Enfin toutes les mosquées seront désormais sous contrôle et dirigées par des imams de préférence athées ou laïcs nommés par le régime lui-même.
Il vient donc par ces mesures d'achever d'édifier tout observateur lucide et honnête sur le fait que ce qu'on combat en fait dans ce pays, ce n'est pas le FIS en tant que parti politique mais c'est plutôt l'Islam en tant que mode de pensée, d'action et de vie.
C'est dire que le trouble que nous constatons sur l'échiquier politique n'est que la manifestation phénoménologique d'une confrontation antagonique beaucoup plus profonde sur les plans culturel et idéologique. Si non comment expliquer que d'honnêtes citoyens musulmans ne puissent pas faire leur prière sur leur lieu de service alors que celle-ci est prescrite pour des heures précises dont deux au moins trouvent le travailleur en service ? En prenant de telle mesure contre ce qui constitue la pratique identificatoire du musulman, que vise-t-on ?
Rien moins que de faire de l'Algérien un musulman laïc à défaut de pouvoir faire de lui un mécréant. Cette pratique démoniaque dite politique de laïcisation du monde a été élaborée à l'issu de la conférence de Lausane en 1922 par 9 pays non musulmans qui décidèrent de "régler" le sort des musulmans. La Turquie de Kamal en a été le premier terrain d'expérimentation.
Dans tous les cas, les musulmans ont été avertis par Allah (soubhana wa taala) depuis plus de 1400 ans que les autres ne leur laisseront la paix que s'ils renoncent à leur foi pure prônée par Mouhammad (SAW) "ces hommes de foi qui ont déjà choisi leur camp sauront toujours à qui donner leur biens et leur vie afin de sauver leur âme".
Que Dieu les y aide. *
MERCREDI 03 Août 1994 sortie sud-ouest d'Alger, à la cité Aïn Allah. Attentat contre des intérêts Français. Bilan : trois gendarmes et deux agents consulaires tués.
Paris le même jour. Réunion d'urgence du conseil de sécurité intérieur (1er ministre, ministres des affaires étrangères, de la défense, et de l'intérieur). Le moins qu'on puisse dire c'est que les intérêts français sont de plus en plus visés en Algérie : Depuis le début de la chasse aux étrangers, Paris comptabilise à elle seule aujourd'hui 15 tués loin devant les russes (8 tués) les italiens (7 morts).
Cela n'est pas un effet du hasard : Paris est l'un des principaux partenaires économiques de l'Algérie et elle est soupçonnée à juste raison d'avoir été l'un des instigateurs du "putsch" contre les islamistes en 1992.
Et aujourd'hui ses enfants payent de leur vie cette immixtion de leur gouvernants dans la politique intérieur des autres.
Si l'on admet avec Mr Edouard Balladur, le 1er Ministre français qu'on n'impose pas une idéologie par la violence, il faut admettre aussi que la France et d'autres pays occidentaux sont responsables de cette violence endémique en Algérie. Ils ont cautionné, soutenu les militaires algériens qu'ils ont téléguidés dans leur basse besogne.
Aujourd'hui contre la volonté populaire la France égoïste, pour protéger ses intérêts, continue d'apporter son concours aux "putschistes" :
La preuve : Paris vient d'accorder un prêt de 6 milliards de francs à Alger. Elle a aussi usé de son influence auprès du club de Paris pour le rééchelonnement de la dette extérieur de l'Algérie, permettant ainsi a ce pays un différé de payement de 5 milliards de Dollar sur neuf (9) qu'elle devait payer en 1994.
Il faut ajouter a cela l'arsenal militaro-repressif offert en don à l'Alger par Paris.
Il faut aussi rappeler aux officiels français que le FIS n'a jamais imposé l'islam à l'Algérie. L'islam est partie intégrante de la culture algérienne.
Aujourd'hui l'algérien veut renaître, vivre et survivre dans l'Islam.
Hier, la France, dans les négociations du GATT, criait à tout bout de champ pour préserver son "exception culturelle" face au géant américain. Aujourd'hui elle se bat pour refuser à l'Algérie cette même "exception culturelle".
Jeux dangereux, car à vouloir toujours regenter la vie des autres, on finit par créer en eux un instinct de répulsion. C'est aujourd'hui ce qui se passe partout en Afrique vis a vis de la France. Plutôt que d'avoir ses intérêts préservés, la France, avec ses méthodes "coloniales" rétrogrades risque de tout perdre sur le continent à commencer par l'Algérie où elle veut seule affronter les islamistes.
Elle ferait mieux de prendre conseil auprès de l'Oncle Sam qui semble avoir retenu la leçon iranienne.
Pour l'heure, les branches armées islamistes menacent de porter le combat sur le sol français. Un véritable défi à Balladur et à Pasqua. Attendons pour voir. *
Paris paye tribut
Par Koné Bafo Abdel Alim
DETENTE
Le Mot Caché N°19
Station spirituelle marquant la mort du Satan.
Pureté - Allahou - Annihiler - Cœur - Danse - Divinité - Exalté - Exercer - Extase - Foi - Luxe - Majestueux - Partisan - Pécher - Piété - Rang - Sainteté - Villes
E A G P E R I D M F
E S N A D O I E A C
S N A N F V L U J E
A A R T I U O T E T
I S V N X H R P S E
N I I E A E I C T R
T T L L H E O L U U
E R L C T E A I E P
T A E E U X O N U R
E P S R E C R E X E
Par Koné Seydou
Mots Croisés N° 21
HORIZONTALEMENT :
I- Dans un combattant - Oubli. II- Yankee - Pays - S'est moqué. III- Prière - Remarque dans un sens. IV- Dans la fenêtre - Ordonné, c'est une armure naturelle. V- Fatigué - Grec. VI- Masdjid. VII- Suivra presque dans un sens - Ville. VIII- C'est du vent ! - Dans un ermitage. IX- Transformer en administration. X- Située - Lettres d'étapes.
VERTICALEMENT :
1- Elles ont donné leurs cœurs à Allah. 2- Pays - Dans une artère. 3- Complètement épuisés. 4- Capitule Hachémite - Collecte. 5- Rapidement - Habitudes. 6- Pronom - Obtenu dans un sens - Saison. 7- Le Créateur (Exalté soit-Il) - Marque. 8- Unité de mesure - Ordonnés ils sont très liés. 9- Emissions de la Parole. 10- Moussa (PL) y parla avec le Très-Haut - Le plus grand voile.
SOLUTION DES JEUX PRECEDENTS
Le Mot Caché N°18 : Ali Ibn Abi Taleb (Paix sur lui)
Mots Croisés N°20 :
Horizontalement :
I- Tasawwuf. II- Achoura - Pi. III- Agneau. IV- Hayy - Ira. V- Irk (Kri) - Lits. VI- Doho (Ohod) - Se. VII- Mosquée. VIII- Khalwa - Esr. IX-Huile - Snas (Sans). X- Tabaski.
Verticalement :
1- Tawhid - Kht. 2- Ac (Ça) - Arojhua. 3- Shaykh - Aib (Bia). 4- Aogy (Yoga) - Omlla. 5- Wun - Owes. 6- Wre - Issa. 7- Uaa - Toq - Si. 8- Uis - Uen (Nue). 9- Eesac (Casée). 10- Jihad - Erse.
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