Issue
Plume Libre #24
- Title
- Plume Libre #24
- Type
- Périodique islamique
- Publisher
-
Plume Libre
- Date
- February 1994
- issue
- 24
- Abstract
- Mensuel islamique ivoirien d’informations générales
- number of pages
- 8
- Language
- Français
- Has Part
- Édito-Plume : à mon ami journaliste
- Diaby Koweit : peut-il arrêter la marche de l'histoire?
- Théo-politique : voici ce qui attend les musulmans
- Contributor
-
Frédérick Madore
- Identifier
- iwac-issue-0001345
- content
-
PLUME libre
Février 1994
Du 19 Chaaban au 17 Ramadan 1414
125 F
N° 024
MENSUEL ISLAMIQUE IVOIRIEN D'INFORMATIONS GÉNÉRALES
"Que ceux qui ont mécru ne croient surtout pas que lorsque Nous leur allongeons la corde c'est dans leur propre bien. Nous ne leur allongeons la corde que pour que leurs péchés deviennent encore plus grands et ils auront un supplice humiliant".
(Coran. S. 3 — V. 178)
Théo-politique :
Et revoilà le Ramadan !
Voici ce qui attend les musulmans !
* Ces musulmans qu'on achète...
* Prières musulmanes pour non-musulmans :
Attention aux déviations !
* Diaby Koweït : peut-il arrêter la marche de l'histoire ?
Des photos inédites de ses mercedes...
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LA TRIBUNE VERTE
Une rubrique de Koné Seydou
EDITO - PLUME
Le prophète, le fidèle et l'Ange de la mort.
De bon matin, un homme vint se présenter au palais du prophète Salomon le visage blême et les lèvres bleues.
Salomon lui demanda :
"Pourquoi es-tu dans cet état ?"
Et l'homme lui répondit :
«Azrael, l'ange de la mort, m'a jeté un regard impressionnant, plein de colère. Je t'en supplie, commande au vent de m'emporter en Inde pour le salut de mon corps et de mon âme !»
Salomon commanda donc au vent de faire ce que l'homme lui demandait. Et, le lendemain, le prophète demanda à Azrael :
«Pourquoi as-tu jeté un regard si inquiétant à cet homme qui est un fidèle ? Tu lui as fait si peur qu'il a quitté sa patrie.» Azrael répondit :
«Il a mal interprété ce regard. Je ne l'ai pas regardé avec colère, mais avec étonnement. En effet, Dieu m'avait ordonné d'aller prendre sa vie en Inde et je me suis dit : "Comment pourrait-il à moins d'avoir des ailes, se rendre en Inde ?"».
Qui fuis-tu ? Toi-même ? C'est là chose impossible. Il vaut mieux placer sa confiance en la Vérité (Haqq = Dieu).
Djalal al-Din Rumi* in "Mathnawi"
(* Poète mystique persan, maître fondateur de l'Ordre soufi des derviches-tourneurs).
J'achète
Plume Libre
Je lis
Plume Libre
Je soutiens :
l'Islam
SOMMAIRE
Edito-Plume
A mon ami journaliste P.2
Plume Religieuse
Et revoilà le Ramadan P. 3
Plume politique
Dialy Koweït peut-il arrêter la marche de l'histoire ? P.4
Théo-politique : voici ce qui attend les musulmans P. 5
Ces musulmans qu'on achète P. 6
Plume dans le quotidien
Prières musulmanes pour non-musulmans P.7
Littéraire et scientifique
Les rapports du musulman avec le non-musulman P.8
A mon ami journaliste
Par Koné Z. abd'Allah.
Cher collègue,
A quoi servirait-il de disserter sur notre métier ? De la quatrième position que nous occupions nous sommes passés aujourd'hui l'avant-garde sur tous les champs de bataille, malgré le discrédit de plus en plus tenace qui pèse sur nous...
Beaucoup d'"esprits" nous considèrent comme un mal qui, bien que nécessaire, qui n'en demeure pas moins un mal. S'agit-il ici de faire l'autopsie des bavures que commet de plus en plus notre corporation ou d'exhumer les prouesses tragiques que notre siècle paye avec le sang de millions de victimes ? Mais au fait est-il question pour moi de m'ériger en donneur de leçons, en maniaque du soupçon ou en intégriste de l'intégrité ? Toi, collègue, tu sais bien que non.
Tu sais également que je sais un peu ce que tu sais. Je sais que tu es un agent assermenté de la force partisane constituée en police des consciences. A ce titre ton rôle n'est pas de sauvegarder l'éthique, la moralité au détriment de l'"amoralisme". Te commander cela, c'est t'imposer un fardeau que tu ne peux supporter. Non, mon ami, je ne saurais te soumettre à un tel supplice.
En revanche, j'endosse comme fardeau la responsabilité d'attirer ton attention sur certains envers de notre métier à ce visage aussi délicat que dangereux de notre marche nationale. Ce chapitre a pour titre l'attitude qui consiste à ne pas distinguer ce qui est essence (qui relève de l'objectivité) de ce qui n'est qu'alluvions charriées de notre conscience, marquée du sceau d'une subjectivité qui se moque de la raison. Cette confusion risque de faire dévier du chemin le navire ivoire dans sa quête régressive vers ce que les psychiatres ont nommé l'univers fœutal, pour nous placer au cœur d'un monde fatal. Pour être plus explicite je ferai allusion au jeu subtil de l'esprit qui a consisté en son temps à transformer un tract intitulé "appel aux fils du Grand nord" d'un simple citoyen exténué par les traitements de l'administration ivoirienne, en "charte du nord". Plus actuelle, je ferai mention de la "fresque" dithyrambique" à laquelle se livre la presse écrite ivoirienne autour de l'ex-premier ministre et dont le ton vascille depuis les justifications les plus hideuses voire honteuses des uns à la défense sur mesure des autres.
A travers les analyses des uns et des autres on constate que les expressions "partisans d'ADO" et la "communauté musulmane" sont subitement devenues synonymes. J'appelle ceci un amalgame dangereusement réducteur, évidemment et doublement mensonger. Car rien ne justifie dans la pratique la position selon laquelle tous les musulmans sont "alassanistes".
Secundo, Alassane est une personnalité nationale qui a apporté de façon significative sa contribution au maintien de l'équilibre de ce pays à un moment crucial où les hiboux aveuglés par la lumière suffocante de la crise ne pouvaient plus voler. Son séjour bref a permis à plus d'un ivoirien de le connaître et d'apprécier sa manière de gérer les affaires publiques. L'honnêteté intellectuelle voudrait qu'on reconnaisse que toutes ces personnes ne sont pas forcement musulmanes ou nordistes...
Alors, il est temps qu'on se ressaisisse et qu'on arrête de cataloguer une partie du peuple sur la base de préjugés éthnico-religieux. Abandonnons cette zone de transparence opaque pour la paix de notre berceau commun : la Côte d'Ivoire.
K. Z. A.
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PLUME RELIGIEUSE
Et revoilà le Ramadan!
Par Diallo Mamadou Yaya
La mise en pratique des fondements de l'Islam est une imposition pour tout musulman pubère et sain d'esprit. Mais au préalable de toute pratique est la connaissance. Alors il devient un impératif et une nécessité pour tout fidèle musulman d'avoir en mémoire toutes les principales règles de sa religion en vue d'une pratique claire et du bien être de sa propre foi.
PRESCRIPTION du jeûne de ce mois aux croyants par Dieu l'Unique Créateur (Que son Nom soit Exalté) dans le Glorieux Coran: «C'est dans le mois de Ramadan qu'on a fait descendre le Coran, comme guidée pour les gens et en preuves de guidée et de discernement. Donc, quiconque d'entre vous est présent à ce mois, qu'il le jeûne! Et quiconque est malade ou en voyage, alors qu'il compte d'autres jours; - Dieu veut pour vous la facilité. Il ne veut pas pour vous la difficulté, mais que vous en accomplissiez bien le nombre et proclamiez la grandeur de Dieu pour ce qu'Il vous a guidés. Peut-être serez-vous reconnaissants!» (S. 2 - V. 185)
En effet que signifie le jeûne ?
Au sens arabe jeûner veut dire s'abstenir, se retenir de ...
Appliqué à la religion, jeûner c'est renoncer par piété au boire, au manger, aux relations sexuelles et à tout ce qui est susceptible de rompre le jeûne depuis l'apparition de l'aube jusqu'au coucher du soleil.
D'où le jeûne du mois de Ramadan se pratique comme suit:
- la formation de l'intention la nuit avant l'aube qui représente la ferme résolution d'accomplir le jeûne en signe se soumission à Dieu et avec le dessein de demander sa Grâce.
- Et l'abstinence qui est de s'empêcher de boire, de manger, d'avoir des rapports sexuels et tout ce qui rompt le jeûne depuis la point de l'aube jusqu'au coucher du soleil.
Ce qui annule le jeûne
Le jeûne est annulé par:
- Tout ce qui parvient volontairement à l'estomac.
- L'émission de sperme suscité par le regard continu, ou l'imagination, par le baiser ou le toucher.
- Le vomissement provoqué.
- Le fait de manger, de boire ou d'accomplir l'acte sexuel par contrainte.
- Boire et manger pensant que la nuit est tombée alors qu'il fait encore jour.
- Boire et manger par inadvertance, puis continuer à le faire, pensant que le jeûne étant rompu, on est plus obligé de l'observer et on continue ainsi jusqu'à la nuit.
- Avaler un solide même non nourrissant, tel que perle ou ficelle.
- L'intention de rompre son jeûne même sans boire ni manger.
- Renier sa foi annule aussi le jeûne, même si on y retourne.
En outre il faut éviter les actes suivants qui peuvent conduire à l'annulation du jeûne:
- L'exagération du rinçage de la bouche et l'aspiration de l'eau par le nez au moment des ablutions.
- Embrasser (avec désir charnel), car c'est un excitant capable de rompre le jeûne par l'émission du liquide prostatique ou entraîner le rapport sexuel, nécessitant une réparation expiatoire.
- Fixer longuement le regard sur sa femme avec désir.
- Evoquer des images concernant la sexualité.
- Toucher une femme avec la main ou une partie du corps dans le but d'en jouir.
- Mâcher du chewing-gum.
- Goûter une sauce (pour voir si elle est suffisamment assaisonnée).
Il y a aussi en période de jeûne.
Les actes tolérés
- Avaler sa propre salive, même abondante.
- Vomir involontairement (à condition qu'une fois arrivé dans la bouche, l'aliment ne retourne plus à l'estomac).
- Avaler une mouche malgré soi.
- Subir l'effet de la poussière de la rue, des usines, de la fumée des combustibles et de toute vapeur inévitable.
- Se trouver le matin en état de «Janaba» (à la suite d'un rapport sexuel).
- Emettre du sperme pendant le sommeil (sieste).
- Boire et/ou manger par mégarde ou par oubli. (L'Imam Malik juge qu'il est nécessaire de refaire le jeûne quand il es de caractère obligatoire et e ne pas la recommencer quand il est surrérogatoire).
Les actes permis
- Se frotter les dents avec du cure-dent.
- Se rafraîchir avec l'eau froide quand il fait chaud, soit en se baignant, soit en s'aspergeant.
- Boire, manger et avoir des rapports conjugaux pendant les nuits de Ramadan.
- Voyager, pendant le Ramadan, dans un but exempt de péché, même en sachant que le voyage nécessiterait la rupture du jeûne.
- Se faire soigner par toute sorte de médicament licite, à condition qu'il n'atteigne pas l'estomac, tel qu'injection faite pour le soin et non pour la nourriture.
- Mâcher un aliment pour bébé qui ne peut s'en passer et qui ne trouve pas une autre personne pour le servir. Néanmoins, il faut se garder d'en avaler.
- Se parfumer ou encenser ses habits.
Les actes louables
- hâter la rupture du jeûne dès le coucher du soleil.
- Rompre le jeûne, avant la prière du Maghrib par des dattes sinon par de l'eau.
- Invoquer Dieu au moment de la rupture du jeûne.
- Prendre le repas de fin de nuit. (Sahour). Et retarder ce repas jusqu'à la fin de la nuit. Rappelons que toute bonne œuvre accomplie en cette période acquiert une valeur exceptionnelle:
- la charité
- la prière de nuit de Ramadan
- la lecture du Coran
- la retraite spirituelle qui consiste à garder la mosquée dans un esprit de dévotion pour plaire à Dieu.
- effectuer le petit pèlerinage (Omra).
Telles sont les pratiques à observer pour bénéficier des mérites incalculables de ce mois béni par Dieu l'Unique Créateur.
Pour les cas de force majeure
Cas de maladie
S'il est possible et sans trop de peine de poursuivre le jeûne, quand on est malade, on jeûne, sinon on le rompt. Si on espère la guérison, on l'attend pour accomplir le jeûne manqué. Autrement, on fait l'aumône pour chaque jour manqué à raison de 1/2 litre de blé (l'équivalent en nourriture).
Cas de vieillesse
Quand on prend de l'âge, ou qu'on n'a plus de force pour jeûner on donne une aumône d'1/2 litre de blé pour chaque jour manqué.
Cas de voyage
Il est permis au musulman en voyage, parcourt une distance permettant le raccourcissement de la prière (80 Km environ), de rompre le jeûne et de le remettre à plutard.
Femme enceinte et nourrice
Quand la femme enceinte craint pour sa santé ou pour son fœutus, elle est autorisée à rompre le jeûne et l'accomplir ultérieurement quand elle n'aura plus d'empêchement. Dans ce cas, si elle est aisée, elle accompagne son jeûne d'1/2 litre de blé, ce qui consolide mieux son jeûne et augmente sa récompense.
La même règle s'applique à celle qui allaite son enfant et qui craint pour sa santé ou celle de son bébé.
D. M. Y.
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PLUME POLITIQUE
Diaby Koweït
Peut-il arrêter la marche de l'histoire?
Par Calame
Alors que l'atmosphère nationale était mouvementée, suite aux graves problèmes de santé de feu le président Houphouët-Boigny, un homme est réapparu bruyamment sur la scène, qui avait été rejeté publiquement et dépouillé de toute légitimité quelques mois plus tôt. Son nom : Diaby Moustapha alias Diaby Koweït. Il s'auto-proclame "leader" musulman même si "sa" communauté l'a vomi sur la place publique malgré le soutien de ses alliés haut-placés.
QUAND on veut se faire voir ou se faire entendre, on s'exprime soit nom d'un groupuscule d'inconditionnels (qui s'est élargi depuis, certes, et pour cause...) soit au nom de la communauté toute entière. Mais quand on s'exprime au nom des premiers et qu'on bénéficie de l'appui "innocent" mais combien soutenu des médias d'Etat, il y a lieu pour les autres d'être interloqués. Quand, enfin, cet individu et ses sbires prennent plaisir à se faire passer pour les représentants d'une communauté qui ne veut pas entendre parler d'eux, il devient nécessaire d'étudier le problème à fond et d'en tirer les conclusions.
Que veut Diaby Koweït aux musulmans? Pour qui roule-t-il? N'est-ce qu'un de ces nombreux tribuns qui hantent la cour des princes? Ou est-ce, dans le contexte particulier de la Côte d'Ivoire d'aujourd'hui, un "cheval de Troie" chargé d'étouffer dans l'œuf la volonté naissante d'autonomie d'une communauté qui effraie par son importance multiforme?
Le train de vie d'un marabout de Président
DIABY Koweït rappelle étrangement Mohamed Cissé, le marabout-ministre d'Etat de l'ancien Président du Bénin. Il ne serait alors qu'un de ces nombreux "bonimenteurs" qui cherchent une place au soleil auprès des princes; Cette hypothèse est plausible si l'on s'en tient à un certain nombre d'indices se rapportant au personnage. D'abord son train de vie digne d'un marabout de Président: deux suites à l'Hôtel Ivoire servant de domicile.
Une collection de "Mercedes" dernier-cri et d'autres voitures toutes aussi luxueuses garées à l'entrée de la tour principale du même hôtel, une "largesse", et une "générosité" qui interpellent, et cette obstination à vouloir paraître non seulement convenable, mais incontournable :
L'attention qu'il porte particulièrement sur son image personnelle saute aux yeux aussi: toujours bien mis, costard chic ou basin grand luxe, richement brodé. Un look digest en somme. Assortir d'un discours aussi démagogique que soporifique trufé de "ça c'est très fondamental"; saisissant racourci pour meubler le désert du raisonnement.
Il a enfin une approche médiatique assez proche du marketing politique moderne: apparition constante à l'écran, actions "désintéressées" pour le bien de la communauté, prière pour le rétablissement de la santé du chef malade puis pour le repos de l'âme du défunt Président.
On pourrait croire que l'homme est simplement en quête de notoriété et d'assise pour son "organisation" afin d'être remarqué et appelé par le nouveau pouvoir.
Mais même si l'on y croit le mécontentement de la communauté religieuse dont il se veut un "représentant" pourrait se justifier. En effet, le personnage correspond exactement au stéréotype négatif sous lequel, à tort, le musulman a toujours été vu : un homme obnubilé par l'argent, par l'intérêt, prêt à vendre son honneur et à trahir les siens pourvu qu'on lui jette quelques miettes.
Plus le "phénomène" DIABY Koweït a une mission de plus importante, plus sournoise et bassement politique.
Un instrument aux mains des nostalgiques
LE rôle assigné à la nouvelle "coqueluche islamique" des médias d'état, consisterait à servir d'instrument d'infiltration et de (re)prise de contrôle communauté. Pourquoi le CNI du président Drissa Koné Koudouss, fruit de la volonté de cohésion de la oumma, est-il si mal vu?
C'est que certains signes, on ne sait trop pourquoi, sont donnés pour "inquiétants". Le CNI est né de la volonté de soustraire la communauté musulmane et particulièrement ses chefs à toute vassalité, surtout dans ce contexte multipartisan. L'adhésion massive des populations qui ont longtemps souffert d'une image, volontairement entretenue, de peuple indiscipliné, désorganisé et cupide a légitimé cette structure. D'ailleurs le CNI a commencé à obtenir la prise en compte effective de la spécificité socio-religieuse de la communauté dans l'orientation quotidienne de la politique nationale. Ce qui n'est que justice car le devoir de l'Etat, malgré sa laïcité, c'est de satisfaire au mieux les aspirations légitimes de chacune des composantes de sa population.
Cet ensemble de faits n'a réussi malheureusement qu'à dresser une barrière de méfiance. D'où certain nombre de maladresses qui ont un moment, suscité des réactions bruyantes d'exaspération plus que d'autre chose. Mais cela a été suffisant pour servir le dessein de ceux qui, depuis l'ombre, tirent les ficelles. Saisissant la balle au bond, ils essaient d'accréditer l'idée selon laquelle les musulmans ivoiriens, membres ou sympathisants du CNI sont des "intégristes" et des "fanatiques".
Tout est donc fait pour discréditer le CNI. On n'hésite même pas à le présenter comme grenier au sein duquel un des protagonistes de la guerre de succession à Houphouët-boigny puise le gros de ses partisans. La presse de tout bord, sentant l'intérêt qu'il y a à tirer d'un tel amalgame réducteur, ne se prive pas d'entretenir cette thèse. L'important étant d'isoler le CNI et d'éliminer de fait son prétendu "Joker" en les accusant d'entraîner le débat dans une dérive ethnico-religieuse.
C'est à ce niveau qu'apparaît le rôle véritable écrit pour le sieur Diaby-Koweït. Il est un instrument aux mains des nostalgiques des temps des organisations "béni oui oui", ceux-là qui ont la phobie des structures autonomes et souveraines, surtout si elles recèlent d'un potentiel de puissance comme le CNI. De toutes les façons pour eux, ce conseil est suspect, ses membres dirigeants présentent trop d'accointances avec l'adversaire "nordiste" qui pourrait s'en servir. Il est donc plus prudent de prendre des précautions.
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PLUME POLITIQUE
Théo-politique
Voici ce qui attend les musulmans
Par Dembélé Al Séni
Houphouët Boigny, trois décennies durant a façonné et dirigé la Côte d'Ivoire. L'un des facteurs qui expliquent ce long règne, est la subtilité avec laquelle l'homme a su gérer les profondes contradictions, les différentes sensibilités tant idéologiques que religieuses qui se côtoient dans ce pays. Le 7 Février dernier, la nation entière, après des obsèques dignes de son rang, lui a fait ses derniers adieux. La page de l'après-Houphouët qui s'ouvre est lourde d'incertitudes. Une communauté est au centre de tous les enjeux : la communauté musulmane.
DEPUIS quelques temps, Diaby Moustapha Alias Diaby Koweït plastronne sur les antennes de la télévision et de la radio nationales. Nombreux sont les musulmans qui s'indignent des attitudes de cet homme. Ils ne comprennent surtout pas l'attitude des autorités qui lui ouvrent grandement les portes des médias d'État et vont jusqu'à mettre à sa disposition une garde... prétorienne. En fait, Koweït est une créature du pouvoir et d'entre dans un dispositif bien ficelé. Avec lui, il s'agit de démontrer aux yeux de l'opinion que l'organisation et l'unité des musulmans réalisées par le Conseil National Islamique n'est qu'une impression. Les cérémonies de distribution de bœufs et de millions de CFA que Koweït organise sont à cet effet significatives. Elles se terminent toutes et toujours dans la confusion et la bagarre.
Cela n'est pas surprenant quand on sait qu'elles drainent pour la plupart un grand nombre de désespérés (et Dieu sait qu'Abidjan en regorge) et une clique de vautours professionnels. Malgré tout, ces scènes comblent de joie «les propriétaires» de Koweït. Elles leur permettent en effet de dire : «Les musulmans ne sont pas aussi organisés que ça, ils sont toujours au stade de la pagaille, la preuve : regardez ce qui se passe lors des cérémonies qu'ils organisent...»
Un instrument de provocation
Il faut le savoir, Diaby Koweït est un instrument de provocation. D'énormes moyens financiers sont mis à sa disposition, et devant les autorités islamiques légitimes, la préséance lui est accordée. Les caméras et les micros de la télévision et de la radio lui sont ouverts en premier (la réception des leaders d'opinion par le 1er ministre et les obsèques du président sont les derniers exemples en date). Toute cette manœuvre sert à pousser à bout la communauté musulmane. Elle sera accentuée de jours en jours. L'objectif recherché : provoquer une révolte de la communauté musulmane : une marche ou une violence quelconque contre la personne de Diaby Koweït. Alors, le prétexte sera trouvé pour déclencher la répression impitoyable contre les leaders musulmans et les structures islamiques légitimes. Les arrestations et les dissolutions ne seront que la carotte dans cette action. De plusieurs sources concordantes, le dispositif pour cette répression serait déjà en place.
Les musulmans ne céderont pas à la provocation
CASSER l'organisation des musulmans semble hanter l'esprit du pouvoir. Son aile "jusqu'au boutiste" conduite par Fologo et comprenant notamment les ministres Bombet (encore lui) et M. Kouamé Faustin (pas surprenant) se serait attelée à cette triste besogne. La vaste opération d'épuration de l'administration et des services publics des cadres musulmans n'est qu'un volet des pressions tous azimuts qui seront bientôt exercées contre les musulmans. Des rumeurs sont savamment distillées dans la population concernant entre autre la suppression des associations telles le CNI et l'AEEMCI, la suppression des jours fériés pour les fêtes musulmanes, la nomination de Diaby Koweït à un poste de conseiller à la présidence pour les affaires islamiques. Bref, toutes choses de nature à faire craquer les musulmans et à provoquer une réaction nerveuse; ce qui, bien entendu, mettra immédiatement en branle la machine infernale de la répression.
Que ce soit à la suite des actions de provocation de Diaby Koweït ou aux autres pressions, la réaction de la population musulmane donnerait lieu à une répression qui sera présentée par le pouvoir comme la lutte contre "l'intégrisme islamique". Koweït (si la chose devait arriver par lui) serait présenté comme le bon, le musulman normal, le tolérant tandis que la population musulmane sera montrée du doigt comme le méchant, l'intolérant, l'intégriste. De toute évidence, on aurait la bénédiction de la France pour cet "acte héroïque" puisque ce pays se positionne comme le champion du monde toutes catégories de la lutte contre "l'intégrisme islamique". Comme autre dividende on pourrait profiter de cela pour se débarrasser des personnes gênantes préalablement étiquetées comme amies des ennemis de la nation. Pour l'heure, retenons qu'une menace sérieuse plane comme l'épée de Damoclès sur la tête de la communauté musulmane. Les jours et les semaines à venir nous diront si celle-ci donnera l'occasion à ceux qui rêvent de la décapiter de le faire.
...deux suites à l'Hôtel Ivoire, un complexe hôtelier cinq étoiles...
... un parc auto fourni en voitures de luxe...
...dont ce car pour transporter ses fidèles. Tous les moyens ont été mis à sa disposition pour combattre les musulmans.
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PLUME POLITIQUE
Ces musulmans qu'on achète
Par Kè mè Brahma
C'EST un truisme d'affirmer que l'argent est le PGCD, c'est à dire le Plus Grand Commun Diviseur (et non Dénominateur comme le diraient les mathématiciens). Cela est d'autant plus vrai que cette arme a été maintes fois utilisée par les politiciens pour arriver à leurs sombres desseins, à savoir : diviser pour régner. La population musulmane a toujours été victime de cette stratégie. Cela se concrétisait surtout lors des périodes électorales où il n'était pas rare de voir "d'honorables" vieillards se prendre aux collets pour quelques billets de banque. Les musulmans étant les plus nombreux, il fallait tout mettre en œuvre pour les avoir avec soi au risque de perdre les élections. Pris dans cette optique, le problème était grave mais pas dramatique puisque l'enjeu n'avait pas une incidence sur l'Islam. Aujourd'hui, le problème est autre. Il s'agit d'empêcher les musulmans de s'organiser et c'est là que ça devient dramatique. Connaissant la cupidité de certains de nos frères (et ils sont nombreux) la stratégie de l'achat des consciences par l'argent a été mise en branle par ceux qui n'ont aucun intérêt à ce que la communauté musulmane soit structurée. La cible a été vite trouvée. Elle est constituée de musulmans véreux dont le degré de foi ne dépasse pas le ventre. A leur tête un personnage : Diaby Moustapha alias Diaby Koweït. Les commanditaires de cette basse besogne n'ont pas hésité à mettre tous les moyens aussi bien matériels que financiers à sa disposition. Ainsi ne se passe-t-il pas un seul jour où les médias ne nous matraquent avec des images de cet individu plastronnant devant l'écran flanqué d'une cohorte de "soldats" voués à sa cause prêts à tout pour satisfaire ses moindres désirs pourvu qu'il leur assure la pitance, l'eau et l'électricité. Les partisans inconditionnels de ce personnage se recrutent généralement au niveau de soi-disant musulmans pour qui la vertu, la probité et l'honneur n'ont pas de sens. Et malheureusement ces frères sont nombreux. Diaby l'a si bien compris qu'il n'hésite à aucun moment à délier sa bourse de telle sorte que ceux-ci la ferment, faisant ainsi de sa personne le point de départ et d'arrivée du Conseil Supérieur Islamique. Pour paraphraser Napoléon, Diaby pourra dire "le CSI c'est moi" et personne ne pourra en redire. Que des musulmans de petite vertu s'adonnent à ce genre de mendicité, cela se comprend : ils n'ont de musulman que la toge. Que de pauvres pères de familles en profitent pour nourrir leur progéniture, cela est également compréhensible sur le plan humain bien que cela aille contre les principes de l'Islam qui préconise l'effort. Mais là où le bât blesse, c'est que des personnes qui ont toujours été considérées comme des guides de notre communauté s'adonnent à cette pratique. Cela est inconcevable, inadmissible. Et pourtant c'est ce qui se passe. Deux de nos imams et non des moindres au groupe de ceux qui ont vendu leur âme au diable. Nous sommes beaucoup peinés de faire allusion à ces deux frères dans la voie de l'égarement car ils ont rendu d'énormes services à l'Islam en Côte d'Ivoire en participant de manière effective à la formation de cette jeunesse active qui est au devant du combat actuel. Cux qu'on retrouve aujourd'hui à la tête des différentes structures du CERICI, de l'AEEMCI et l'AJMCI. Mais la vérité est cruelle. Ce sont eux les éminents "docteurs d'Etat en théologie" que ne cesse d'évoquer Diaby Koweït comme pour se donner une certaine légitimité. Ces frères ont trahi la cause islamique en s'alliant à ce fossoyeur de l'Islam qu'est Diaby Koweït. Tout le monde sait d'où vient l'argent de ce mégalomane à l'allure de pourriou. Nous savons tous que c'est de l'argent sale dont l'objectif premier est de détruire l'union des musulmans. Diaby n'est qu'un jouet aux mains des ennemis de l'Islam. Quand il ne leur sera plus utile, ils le rejetteront, et ceux qui sont accrochés aux pans de ses gros boubous retourneront à leurs misères morale et matérielle. Et à ce moment, il sera trop tard !
Avant que cette situation fâcheuse ne se produise, nous estimons qu'il est encore temps de faire marche-arrière. Il n'est jamais trop tard pour se racheter. Il arrive à tout homme de traverser à certains moments de sa vie une crise de foi. Et nous pensons honnêtement que c'est ce qui arrive à nos frères. Nous pensons qu'ils peuvent encore revenir sur le droit chemin car ce ne sont pas les miettes qu'on leur donne sur cette terre qui pourront les sauver. Seul Dieu est la voie du salut. C'est Lui qui pourvoit en nourriture ses esclaves et non ces serviteurs de Shaytane. On sait tous que le bien mal acquis ne profite jamais. Chers frères, ressaisissez donc et revenez à la maison - la porte vous est encore grande ouverte.
K. B.
RUMEURS RUMEURS RUMEURS RUMEURS RUMEURS RUMEURS RUMEURS
Si on voulait écouter tout ce que les gens racontent, on pourrait s'énerver facilement. En effet, de plus en plus d'informations parviennent à notre rédaction. Elles vont des plus fantaisistes aux plus alarmantes. Mais, bien sûr, nous restons comme dirait l'autre, "séreins et imperturbables". Voici quelques unes de ces rumeurs :
Il parait que monsieur Diaby Koweït a reçu une délégation de la JPDCI à qui il a fait savoir qu'il voulait aller se faire voir ailleurs, mais que Bombet lui aurait intimé l'ordre de rester car une manœuvre délicate se préparait pour décapiter l'Islam en Côte d'Ivoire. Il leur a dit que Bédié allait le nommer conseiller pour les affaires religieuses islamiques et qu'il ne donnait que quelques mois au CNI. En guise "d'au-revoir", il a remis ensuite 20. 000F à chacun de ses 25 visiteurs... Même si cela s'est passé avant la dévaluation, c'est toujours une rumeur et donc il y a peu de chances que cette histoire soit vraie.
Qui dit que Koweït dispose de deux suites à l'Ivoire ?
Il parait que le même Koweït avait "pris sol" il y a quelques mois. Mais c'est faux parce que selon des sources bien informées il dort actuellement à l'hôtel Ivoire où deux suites ont été mises à sa disposition. Il disposerait également de mercedès et d'autres voitures de luxe pour ses déplacements. Mais les gens mentent sûrement en oubliant de signaler qu'il a des gardes-du-corps. Est-ce qu'un marabout a besoin de vendre son âme au diable ? Il lui suffit de faire "magie-magie" pour avoir tout l'argent qu'il veut. Donc c'est encore une rumeur.
Il paraît que Koweït et ADO se sont rencontrés un jour aux funérailles de l'imam d'Adjamé. Le premier a trouvé le second dans la maison, mais a salué tout le monde sauf lui; et comme ADO est bien élevé, c'est lui qui s'est levé pour aller le saluer.
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
Prières musulmanes pour non-musulmans :
Attention aux déviations
Par Cauney Issah
DEPUIS l'annonce de la mort du Président Houphouët le 7 Décembre 1993, nous avons assisté quotidiennement sur les écrans de la télévision (Chaîne 1 et T.V. 2), au passage de nombreuses chorales. Ceci est tout à fait normal, vu la religion à laquelle appartenait l'illustre disparu : il était chrétien catholique.
Mais sa volonté a-t-elle été vraiment respectée?
LE christiannisme est ce que le défunt président avait choisi. Il n'ignorait pas, loin s'en faut l'existence d'autres voies pouvant mener à Dieu. Il est vrai qu'il a soutenu les autres cultes, dont l'Islam, avec la construction de certaines mosquées et dans bien d'autres domaines. Et c'est par reconnaissance pour cela que les musulmans dans la phase critique de sa maladie, se sont mobilisés pour prier afin qu'il recouvre sa santé. Mais Dieu en a décidé autrement et alors, là devait s'arrêter l'action des Musulmans.
Malheureusement à l'occasion de la présentation des condoléances à la famille Houphouët Boigny, nous avons vu des porte-parole de délégation demander aux Imams qui les avaient accompagnés de faire des prières pour le Défunt. Pire encore, à quelques jours de la douloureuse séparation de celui que nous avons tous aimé, nous avons vu les responsables des établissements et des cadres musulmans à la foi douteuse réquisitionner les élèves musulmans pour faire des prières pour le repos de l'âme de l'illustre disparu. A leur attention, nous disons que ce sont des choses qui ne se font si le défunt n'est pas Musulman, et quel que soit son rang et son titre. En effet, en Islam, le 7e et le 40e jour ne sont pas des dates arbitraires pour que n'importe qui puisse se lever n'importe quand pour faire du cinéma! Alors nous ne comprenons pas la fébrilité de ces "cadres Musulmans" (?) Voulaient-ils profiter de cette situation pour assouvir leurs noirs desseins ? Si Houphouët Boigny a choisi la religion catholique, la politesse voudrait qu'on le respecte, en ne pratiquant que ce qui relève et appartient à cette religion. Il fallait éviter tout cet amalgame, car en tant que chrétien il n'a pas cru au message du Coran, encore moins à celui du Saint Prophète Mouhammad (PBDL). Or à ce propos, Dieu dit : "Si tu demandes pardon pour eux soixante-dix fois, Allah ne pardonnera point. Et ce parce qu'ils n'ont pas cru en Allah et en Son messager Mouhammad (PBDL)..." (S.9 - V. 80)
On a vu des gens s'incliner et même se prosterner devant une photo ou une dépouille mortelle. Même s'il s'agissait de celles de notre président bien-aimé, il faut dire à ceux qui ne le savent pas que cela n'est pas admis en Islam.
Alors pourquoi faire des prières qui n'iront nulle part et ne serviront à rien?
Ces cadres musulmans seraient-ils des serviteurs de l'argent et non de Dieu? Alors ils peuvent aller chercher leur promotion en employant d'autres moyens, mais qu'ils ne profitent pas de la religion pour le faire, car Dieu n'aime pas les pourfendeurs. A eux Dieu dit ceci ! Dis : "Cachez ce qui est dans vos poitrines ou divulguez-le, Dieu le sait. Et il sait tout ce qui est dans les Cieux et tout ce qui est sur la terre. Dieu est capable de tout". (S. 3 - V. 29). On est musulman ou on ne l'est pas. On ne peut pas prétendre croire au message de Dieu si on ne le met pas en application.
Le Très-Haut (Exalté soit Son Nom) s'est toujours adressé à ses créatures et ceux qui ont cru Lui rendent gloire selon leur entendement. Mais de la même manière que chacun sera jugé en fonction de ses actes, Dieu lit dans le cœur de Ses créatures et les classe. A chacun la place qui lui revient.
C. I.
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Malgré tout, Koweït s'est levé quelques minutes après et a donné un million au fils de l'imam en criant en direction d'ADO, "ça c'est petit, on verra qui est qui ici". Malheureusement pour lui, ADO avait donné cinq millions à son arrivée et on a ouvert l'enveloppe avant que Koweït ne sorte. C'est pas la honte ça? Heureusement que ce n'est qu'une rumeur. Il paraît que les journalistes de Plume Libre sont sur la liste noire de ceux qui luttent contre Dieu. Selon les mêmes sources, tout est réuni pour interdire toutes les activités du CNI et de l'AEEMCI, et arrêter leurs responsables. Comme autres aspects du "plan diabolique" des maîtres de Koweït, on s'apprêterait à éjecter l'imam Tidjane Ba de la grande mosquée de la Riviera et à le remplacer par l'un des lieutenants du même Koweït.
Il paraît enfin qu'on veut partager en deux le temps d'antenne à la télé de l'émission "Allahou Akbar" afin de permettre au "Koweïtien" de raconter sa vie au nom des musulmans. Encore une fois, il ne s'agit que de rumeurs...
Il paraît que les gens qui luttent contre Dieu veulent énerver les musulmans et les pousser à "zébier" le Koweïtien. Ainsi ils auront trouvé le prétexte qu'ils attendaient pour sévir en disant que nous voulons faire ici ce qui se passe en Algérie ou en Égypte. Dans cette optique, chaque fois qu'ils envoient leur mercenaire distribuer des millions dans les mosquées t termine en demandant aux gens de soutenir Bédié. Si ce n'était pas une rumeur, on pourrait se demander ce que ce plaisantin cherche. D'une part, les musulmans ne vont pas répondre aux provocations et donner l'occasion à ces mécréants de faire couler le sang. Et d'autre part, ce n'est dans l'intérêt de personne de jouer avec la religion parce qu'un conflit religieux coûte cher, n'arrange personne et ne s'arrête pas facilement.
Conclusion: On peut jouer avec le feu mais pas à côté d'une poudrière.
Une sélection fantaisiste de Koné Seydou
PLUME libre
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PLUME LITTERAIRE & SCIENTIFIQUE
Les rapports du musulman avec le non-musulman
(suite et fin)
A travers son comportement, le musulman doit donner l'exemple et ainsi attirer les autres vers la religion de paix et d'amour de Dieu l'Islam.
Dans la première partie du dossier proposée le mois dernier, Quardhaoui a parlé de la tolérance que nous devons observer envers les non-musulmans dans nos rapports de tous les jours. Mais laissons-le terminer son discours.
Il indique par là qu'ils sont à l'origine les adeptes d'une religion céleste. Il y a entre eux et les musulmans des liens de parenté représentés par les règles de base de la religion unique avec laquelle Dieu a envoyé tous ses prophètes :
«Il a fait pour vous à partir de la religion une législation comportant les recommandations qu'Il a faites à Noé, ainsi que ce qu'Il a recommandé à Abraham, Moïse et Jésus à savoir : "Pratiquez correctement la religion et ne vous désunissez pas à son sujet"» (S 42 - V 13).
Les musulmans sont tenus de croire au Livre de Dieu dans sa totalité ainsi qu'à tous les messagers de Dieu. Leur foi ne s'affirme que de cette façon :
"Dites : Nous avons cru à Dieu, à ce qui nous a été descendu (le Coran), à ce qui a été descendu à Abraham, à Ismaël, à Jacob, aux chefs des douze tribus d'Israël et leur descendance, à ce qui ont reçu Moïse et Jésus et à ce qui ont reçu les prophètes de leur Seigneur.
Nous ne faisons entre eux aucune discrimination et nous lui sommes musulmans (entièrement soumis)" (S 2 - V 136).
Les gens du Livre, quand ils lisent le Coran, y trouvent l'éloge de leurs Livres, de leurs Messagers et de leurs prophéties. Quand les musulmans discutent avec les gens du Livre, qu'ils évitent toute polémique blessante et inspiratrice de haine : "Ne discutez avec les gens du Livre que de la manière la plus douce, sauf ceux d'entre eux qui ont été injustes (ou qui ont associé).
Dites : «Nous avons cru à ce qui nous a été descendu (révélé) et vous a été descendu. Notre Dieu et le vôtre ne sont qu'un seul et même Dieu et nous lui sommes entièrement soumis (musulmans)» (S 29 - V 46).
Nous avons vu comment l'Islam avait permis de manger avec les gens du Livre et de manger ce qu'ils ont égorgé. Il a permis aussi d'avoir avec eux des liens d'alliance, d'épouser leurs femmes avec ce que le mariage implique de cohabitation, d'amour et de tendresse.
Dieu a dit à ce sujet :
"Le manger de ceux qui ont reçu le Livre vous est licite et votre manger leur est licite (ou vous ai permis) les femmes chastes parmi ceux qui ont reçu le Livre avant vous" (S 5 - V 5).
Cela concerne les gens du Livre en général. Quant aux chrétiens en particulier, le Coran les a mis dans une place proche des cœurs des musulmans :
"Tu trouveras que ceux qui ont l'amitié agissante la plus proche de ceux qui ont cru sont ceux qui ont dit : Nous sommes chrétiens ; et ce parce qu'ils ont des prêtres et des moines et qu'ils n'affichent aucune superbe" (Verset 82)
Quardhaoui in "le Licite et l'Illicite"
Suite de la P. 4
Soit prendre le contrôle "officiel" de la communauté après avoir réduit l'audience du CNI à une portion congrue.
Soit, à défaut, diviser sérieusement la communauté pour l'affaiblir. Mais avant, ses membres à réagir "violemment" suite à une politique de harcèlement savamment menée.
Dans un cas comme dans l'autre, il devra obtenir deux résultats très importants : empêcher que sous l'influence du CNI la communauté ne constitue un groupe de pression, un réservoir de votes susceptible de modifier radicalement l'échiquier politique national par son soutien officiel ou officieux mais décidé en fonction de ses intérêts, à une quelconque des parties adverses engagés dans la course au pouvoir. Couper l'herbe sous le pied de tout adepte de cette religion qui voudrait profiter de l'instant de solidarité de ses coreligionnaires pour les avoir avec lui. Cela sera d'autant plus facile que la communauté sera soit "soumise", soit discréditée par l'étiquette de violence et d'intolérance qu'on lui aura collée.
Voilà pourquoi toute une machine de sape, de harcèlement politico-médiatique est mise en branle. Il s'agit de présenter le sieur Diaby aux yeux de l'opinion nationale, comme le musulman moderne (?). Face donc à cette campagne d'intoxication grossièrement menée quelle attitude adopter ?
Faut-il en vouloir à ceux qui, sous prétexte de respecter la liberté d'expression, bombardent les écrans télévisuels avec les images des moindres éternuements du "Koweitien" quand dans le même temps des leaders qui souhaitent s'adresser à l'ensemble des Ivoiriens sur des questions plus nationales sont passés au compte-gouttes ?
Faut-il en avoir après cet homme qui, alors que la Côte-d'Ivoire est à un tournant décisif de son évolution, se laisse manipuler et mène un combat d'arrière-garde pour arrêter le cours de l'histoire ?
Tout bon disciple du prophète Mouhammad (PBDL) doit savoir, malgré son ressentiment, sa rage intérieure, regarder avec hauteur ce qui se passe. Sûr de sa force morale, il doit faire preuve de tolérance, de maîtrise de soi et comprendre que les acrobaties de la "coqueluche islamique" des médias d'Etat sont les derniers soubresauts d'une époque pour laquelle le glas a irrémédiablement sonné.
Il convient même de les considérer comme une épreuve de plus à subir. Car avec les nuages qui certains amoncellent sur la tête des Ivoiriens, il faut savoir rester sereins et imperturbables. Il faut éviter de céder à la provocation et ne pas fournir le casus belli que certains charognards attendent pour bouffer de l'"intégriste". Et comme la vérité finit toujours par triompher...
Calame
DETENTE
Le Mot Caché N°13
Secret coranique
Age - Ames - Azraël - Bien - Bœuf - Bord - Défunt - Deuil - Dons - Encens - Fils - Imam - Legs - Loges - Mérite - Mortelles - Mortuaire - Paix - Pâle - Site - Trot - Veuf - Vizir - Yasin - Zut.
Par Koné Seydou
Mots Croisés N° 15
Horizontalement
I- Ecole supérieure. II- Mal réuni - Possessif. III- A la page - Cérémonie. IV- Le Coran la recommande. V- Voyelles de pied - Chers en économie. VI- A toi - Maître soufi. VII- Exprimée - Lettres du Nil. VIII- Voyelle doublée-Non espagnol - Anglais dans un sens. IX- Mammifère. X- Dans le tard - Nours moqueur.
Verticalement
1- Essence du Tawhid - Une des lettres secrètes du Coran. 2- Petit espagnol - Mène vers Allah (Exalte soit-Il) s'il est désintéressé. 3- Infinitif - Négation - Pronom inversé. 4- Hayaats - A la mode. 5- Amène dans un sens - Possessif sans tête. 6- Pas à l'heure - Dans un sens c'est une ville du Mali. 7- Corde renversée - Couvre le noir. 8- Négation dans un sens - Méfiance. 9- Plat nordiste - Période renversée. 10- Direction - Intimes dans un sens.
SOLUTION DES JEUX PRECEDENTS
Le Mot caché n° 12 : Ali Ibn Abi Taleb
Mots Croisés n° 14 :
Horizontalement :
I- Masjid - Ode. II- Ousmane - Er. III- Lr - Noirci. IV- Lamine - Bob. V- On - Hors. VI- Housseyn. VII- Tsé Tsé - Fu. VIII- Tes - Années. IX- Réal - Aérte. X- As - Nids.
Verticalement :
1- Mollah - Tra. 2- Aura - Otées. 3- SS - Moussa. 4- JM - Inse - Ln. 5- Iann - Sta. 6- Dnoé - Esnad. 7- Ei - Hyènes. 8- Rbon - Er. 9- Décor - Fête. 10- Eribs - Usés.