Issue
Plume Libre #20
- Title
- Plume Libre #20
- Type
- Périodique islamique
- Publisher
-
Plume Libre
- Date
- October 1993
- issue
- 20
- Abstract
- Mensuel islamique ivoirien d’informations générales
- number of pages
- 8
- Subject
- Séminaire International de Formation des Responsables d'Associations Musulmanes
- Aboubacar Samassi
-
Bénin
- Sinan Ali Ouattara
-
Togo
-
Association des Élèves et Étudiants Musulmans de Côte d'Ivoire
- Communauté Musulmane de la Riviera
- Islamisme
- Extrémisme
- Language
- Français
- Contributor
-
Frédérick Madore
- Identifier
- iwac-issue-0001342
- content
-
PLUME Libre
Oct. 1993
Du 14 Rabi'al Sani au 15 Joumadil Awal 14 14
125 F
N° 020
MENSUEL ISLAMIQUE IVOIRIEN D'INFORMATIONS GÉNÉRALES
"Vous voyez bien cette nuit qui est la votre; or donc, d'ici cent ans, il ne restera pas un seul être de ceux qui vivent maintenant à la surface de la terre".
Parole du Prophète Mouhammad (Paix et Bénédictions de Dieu sur lui)
ISRAEL-OLP
Les raisons secrètes d'un processus de paix
Plume Libre a deux ans: La fête en image
Communauté musulmane de Côte d'Ivoire
Après deux ans d'éveil et de marche: quel bilan?
L'école ivoirienne:
La fin de la tourmente ?
Carnet de voyage:
Madinani, isolement et abandon
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EDITO-PLUME : Hier et aujourd'hui
Par Dembélé Al Séni
C'était il y a deux ans que nous tracions notre ligne éditoriale.
D'hier à aujourd'hui qu'est-ce qui a changé?
"Un journal n'est jamais de trop"
Un des faits marquants de l'instauration du multipartisme en Côte d'Ivoire a été sans cesse la naissance massive de journaux, donnant du coup à la presse écrite une nouvelle dynamique. Pas moins de quarante titres allant des quotidiens aux mensuels en passant par les hebdomadaires et bimensuels, se partagent aujourd'hui le marché ivoirien des journaux. Les différents titres comme des sources longtemps scellées ont fait irruption sur la scène nationale et prennent une part importante dans les débats actuels plus question d'une vision monolithique de la vie socio-politique nationale; finis la complaisance et les «à peu près» que pouvaient permettre la situation de monopole. Désormais, seuls la rigueur, le sérieux et l'objectivité permettent aux différentes publications de se maintenir et de signer un long bail avec le lecteur ivoirien devenu entre temps plus exigeant.
Certains titres disparus ou en voie de disparition sont là comme pour corroborer cette affirmation. Le paysage quotidien est copieusement servi en journaux disons-nous tantôt. Mais, pourquoi alors «Plume Libre» ? Pour répondre à cette question, nous dirons simplement que l'information quelle que soit l'abondance avec laquelle elle est traitée n'est pas totalement épuisée. Il y a toujours un angle de vision à explorer, des «nœuds à aplanir», des zones d'ombres à éclairer. De plus, le couple «subjectivité-objectivité» de qui dépend la fiabilité de toute information a généralement tendance à basculer du côté du premier cité. De ce fait toute situation quelque soit sa clarté, est perçue, vécue et relatée selon une préoccupation en fonction d'une subjectivité.
Le politique par exemple entrevoit tout problème en fonction de sa préoccupation majeure : acquérir le pouvoir et gérer la société. Le syndicaliste l'analysera par rapport à la préservation des intérêts de sa corporation. Du coup, il apparaît que la mise à la disposition du lecteur de plusieurs subjectivités est le moyen le plus sûr pour le rapprocher de la vérité qui demeure la quête essentielle.
La religion quant à elle, a sa vision sur les problèmes en fonction de son éthique et de sa morale. Aussi l'analyse du croyant peut-elle aider à mieux comprendre les problème et à mieux les résoudre. A ce niveau, l'on a pu apprécier les différentes contributions des autres religions notamment celle de l'Eglise Catholique, à travers la presse écrite et les lettres pastorales.
«Plume Libre» se veut entre autre «le regard» du jeune musulman sur notre société en mutation et sur les problèmes du moment. Il n'est pas superflu de rappeler également que la presse en générale et la presse écrite en particulier donne volontier dans les faits immédiats, ceux qui collent à l'actualité et sont de nature à susciter l'intérêt du public. Bref ce qu'on appelle ici «l'événement».
Ce faisant, la sélection au niveau de l'information devient la règle. Or qui parle de sélection parle d'abandonner (du moins pour un temps) certains éléments. Il n'est donc pas rare de voir qu'à cause de l'euphorie pour «l'événement», certains sujets d'intérêt réel sont occultés ou laconiquement traités. Il est donc nécessaire qu'il y ait des tribunes qui abordent les «questions abandonnées» avec le même intérêt que les autres questions permettant ainsi au lecteur d'avoir à sa portée l'information la plus complète possible.
Pour toutes ces raisons et pour bien d'autres, un journal n'est jamais de trop.
Dembélé Al Séni
EDITO PLUME LIBRE N° 1
OCTOBRE 1991
SOMMAIRE
Edito-Plume
Un journal n'est jamais de trop
Fidélité à la ligne P.2
Plume en fête P.3
Parcours du combattant
La fête en image P.4 - 5
Plume dans le quotidien
L'école ivoirienne: La fin de la tourmente P.6
Communauté musulmane de Côte d'Ivoire:
Après deux ans d'éveil et de marche, quel bilan? P.7
Plume en libeté
De la question Palestinienne P.8
FIDELITE A LA LIGNE
S'ANCRER dans l'islam; s'intéresser cependant à tous les aspects de la vie nationale et internationale sans pourtant avoir l'échine souple. Voilà le credo de "Plume Libre" à son lancement. Depuis, le temps a passé, les jours s'en sont allés. Que reste-t-il de cette promesse ? La réponse n'est pas facile. Au regard des sujets traités et des prises de position, le constat est assez net. "Plume Libre" s'est voulu le défenseur de l'Islam, le redresseur de clichets réducteurs sur cette religion tout en prenant partie dans la vie de la nation et sur la scène internationale pour les causes de la justice et de l'équité. En témoignent, nos articles sur la carte de séjour, la crise scolaire, la question algérienne pour ne parler que de ces sujets. En ce qui concerne le regard interne, porté sur la vie de notre communauté, les analyses sur les faits et actes des musulmans - individuellement ou collectivement, il y a eu bien de frictions. Le premier couac s'est produit avec le titre "Méga Kadr ou public show"?, le second avec le dossier sur les tendances en islam et le troisième sur l'analyse du passage de Cheick Tall en Côte d'Ivoire: ..."Le mystique et le mystificateur". Pour bien de personnes, le moment n'est pas arrivé pour se donner le «luxe» de s'autocritiquer. C'est de bonne guerre.
En tout état de cause, deux ans après le lancement du titre, il appartient à chacun de faire son bilan, de juger de la fidélité du journal à sa ligne éditoriale et de faire les critiques et suggestions à sa convenance. Pour notre part, convaincus que chacun de nous ne détient au plus qu'une part de vérité - sa part de vérité - aux principes édictés, nous serons toujours attentifs aux interpellations des uns et des autres, sans bien sûr être de la simple pâte à modeler. Le souci constant dans ce qui a été fait jusque là était d'être au mieux collé à la ligne. Les écarts - et il y en a eu certainement - ont été le reflet de la liberté individuelle à gérer à l'intérieur des préoccupations communes. L'équilibre n'est pas toujours facile à trouver. La sincérité et la bonne foi sont tout de même un minimum de garantie pour la fidélité à la ligne. Puissions-nous avoir cela toujours à l'esprit.***
Dembélé Al Séni
Plume Libre
le porte-voix
des
musulmans
PLUME LIBRE / Octobre 1993 / Du 14 Rabi'al Sani au 15 Joumadil Awal 1414 / Page 2
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PLUME EN FETE
PARCOURS DU COMBATTANT
Un premier Octobre 1991, paru dans l'univers encore nébuleuse-mais déjà implacable de la presse ivoirienne un nouveau né habillé de vert et de noir:Plume Libre. Encore un sursitaire, a-t-on dit, surtout que celui-ci se veut le porte-voix de l'Islam, un monde de "pagaille".
Mais depuis, deux années se sont écoulées et avec elles beaucoup d'encre et une littérature sans cesse abondante.
A la base de cette téméraire épopée, une équipe de compagnons d'aventure dont le seul dessein est de porter le plus haut possible l'étendard de l'Islam.
A la faveur de l'événement, découvrons ensemble-hors des pseudonymes les pionniers de cette aventure à travers les configurations de l'équipe en fonction de son évolution.
L'équipe de départ
Directeur de publication: Touré Aliou
Rédacteur en chef: Dembélé Fausseni
Comité de rédaction
Dembélé Fausséni
Bintou Samaké
Gbané Bakary
Touré Aliou
Cissé Kader
Dembélé Lassana
Doumbia Ibrahim
Koné Zakaria
Sangaré moussa
Yacouba Sylla
Koné Issa
Secrétaire de rédaction
Mme Diakité Salimatou
Dembélé Fausséni
Gbané Bakary
Directeur Technique
Doumbia Ibrahim
Photos:
Fofana Adama
Odjekalé Mahamoud
Commentaire
La comparaison de ces deux équipes laisse entrevoir des changements à la fois humaines et organisationnels, signes patents d'une dynamique réelle.
Les changements humains :
L'équipe actuelle
Directeur de publication
Dembélé fausseni
Rédacteur en chef
Koné Zacharia
Secrétaire général de rédaction
Koné Seydou
Responsable de la distribution
Doumbia Ibrahim
Responsable des finances
Gbané Anzoumana
Comité de rédaction
Cissé Kader
Dembélé Fausseni
Dembélé Lassana
Diallo M.Yaya
Doumbia Nouho
Gbané Bakary.
Au total Plume Libre a enregistré six départs dont cinq définitifs et un temporaire. Parmi les partants définitifs figure une tête d'affiche: l'ex-directeur de publication, Touré Aliou. Outre Touré Aliou, sont également partis les frères Yacouba Sylla (rédaction), Fofana Adama (Photo) ainsi que les sœurs Diakité Salimatou Diallo (Secrétariat) et Bintou Samaké (rédaction). Quant au frère Cissé Kader en stage à Dakar, il réintégrera l'équipe inchallah en Novembre prochain. Ces départs ne se sont pas faits sans douleur mais ils s'avéraient indispensables car les frères et sœurs ont quitté le journal soit pour des raisons professionnelles soit parce que le travail islamique leur faisait appel dans ses autres compartiments.
Avec la grâce de Allah, il n'y a pas eu que des départs. Plume Libre a aussi enregistré l'arrivée de deux Moudjahidines en l'occurrence les frères Doumbia Nouho et Diallo M. Yaya. Leur apport a donné un nouveau souffle au journal. Enfin, signalons en passant, qu'au chapitre des changements humains c'est le frère Dembélé Fausséni qui a remplacé le frère Touré Aliou à la Direction de publication. Quant au poste de rédacteur en chef, il es occupé par le frère Koné Zacharia.
Les changements organisationnels:
Les mutations au sein de Plume Libre n'ont pas affecté que les hommes. Elles ont touché également ses structures. En lieu et place de l'ancien organigramme ,un nouvel organigramme a vu le jour, ne conservant de l'ancien que la Direction de publication, la Direction de la rédaction, le comité de rédaction et le service photo, les nouveaux nés étant le département de la Distribution (travaillant en étroite collaboration depuis deux mois avec Edipress) et le département des finances. L'ancien secrétariat de rédaction a été rebaptisé secrétariat général de rédaction. Quant à la direction technique, elle a été purement et simplement supprimée. Au regard des deux équipes, un constat s'impose. C'est l'absence quasi totale de sœur dans la seconde équipe. Est-cc un signe de phalocratie ? Evidemment non. C'est l'occasion de rappeler une fois de plus aux frères et sœurs que la rédaction reste ouverte à tous.
D.H.L.
Le Mot du président du CE de l'AEEMCI
Bismillahi Rahmani Rahimi
AU moment où le groupe Plume Libre fête son deuxième anniversaire, nous lançons un appel solennel à la grande famille de l'AEEMCI en particulier et à toute la communauté musulmane de Côte d'Ivoire en général, afin que tout le monde se donne la main pour faire du slogan "un journal fort pour une communauté musulmane plus forte" une réalité.
En 1990, année d'éveil des consciences dans notre pays, la machine de la démocratie s'est mise en marche. Les revendications se sont multipliées, de nombreux partis politiques ont vu le jour, les communautés se sont organisées, et le marché de la presse s'est étoffé. C'est ainsi que la communauté musulmane, à travers l'AEEMCI, a sorti de ses entrailles le journal Plume Libre en Octobre 1991.
Aujourd'hui, cela fait déjà 24 mois, c'est-à-dire 2 ans que ce journal existe, et nous ne cesserons pas de lui renouveler nos souhaits de longévité. Chers frères et sœurs, la nature parait-il a horreur du vide. Il fallait donc combler le vide laissé par la presse islamique, c'est pourquoi nous avons créé ce journal. Plume Libre a pour vocation essentielle d'informer la communauté musulmane de Côte d'Ivoire et d'ailleurs sur les évènements de cette fin de XXè siècle avec l'œil du musulmans et surtout selon les enseignementsdu Saint Coran et de la sunna du Prophète Mouhammad (Paix et Bénédictions de Dieu sur lui).
Al'endroit de la communauté toute entière, nous appelons une fois encore au sens du sacrifice. Car le meilleur investissement que l'on puisse faire dans ce monde, c'est celui que l'on fait dans le sentier de Allah-Soubhana wata'ala. Nous pensons aujourd'hui que le journal Plume Libre est l'affaire de tous. Soutenez-le car il a besoin de vous, où que vous soyiez. Plume Libre a "faim", c'est-à-dire, besoin de vous car les moyens nous manquent pour faire encore mieux.
Nous ne saurions terminer sans rendre hommage au Conseil National Islamique qui fait la fierté de toute la communauté. L'organisation était devenue un impératif pour les musulmans que nous sommes. Nous remercions enfin toutes les bonnes volontés qui, dans l'ombre ou au grand jour ont eu à apporter un soutien quelconque à Plume Libre. Que Allah (Exalté Soit Son Nom) leur permette de faire encore mieux. A la Direction du Journal et à tout son personnel le comitéexécutif rend un hommage mérité pour le jihad qu'ils mènent sans grands moyens pour faire entendre la voix des musulmans.
Assalam Aleykoum wa Rahmatoulahi wa barakatouh.
Ouattara Sinan Ali
Président du CE de l'AEEMCI.
Elève, Etudiant, dans ton collège, ton lycée, ta grande école, ta faculté, ou ta résidence universitaire existe une section de l'AEEMCI (Association des Elèves et Etudiants Musulmans de Côte d'Ivoire).
Prends contact avec-là. C'est le cadre idéal pour ta formation religieuse.
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PLUME EN FETE - PLUME EN FETE -
2e anniversaire de Plume Libre:
La fête fut belle
Octobre 91 - octobre 93 cela fait deux ans de parcours pour Plume Libre, le journal des musulmans. Le samedi 02 octobre 1993 a été l'occasion pour cet organe d'information de fêter ses deux ans d'existence. Au menu de ce deuxième anniversaire, il y avait une table ronde, une rencontre de foot-ball, une rencontre des rédacteurs du journal avec leurs lecteurs et un déjeuner-débat.
Samedi 02 Octobre: Matin
L'hôtel Ibis du plateau a servi de cadre pour abriter la cérémonie d'ouverture et la table ronde qui étaient placées sous la co-présidence du C.S.I. (Conseil Supérieur des Imams) et du C.N.I. (Conseil National Islamique). Outre la présence de ces deux institutions, on notait la présence de plusieurs organes d'information de la presse ivoirienne.
La table ronde a été l'occasion pour ses animateurs de faire des critiques et des suggestions aux rédacteurs de Plume Libre. Notons que tous ont reconnu leurs mérites et les ont encouragés.
Après-midi
Un match explosif de foot-ball a opposé l'équipe Plume Libre à celle de nos confrères du groupe Nouvel Horizon à 16h.
La vaillante équipe de "Plume Libre" à laquelle rien ne résiste. Mais pour rendre la fête belle à nos confrères il fallait...
Ici nous avons une vue des animateurs: de droite à gauche Kaba Taifour, Cissé Djiguiba, Fausseni Dembélé et le modérateur Gbané Bakary.
Une phase du match Plume Libre-Nouvel Horizon. Ici les guerriers de "Plume Libre" ont failli écraser leur adversaire mais courtoisie oblige ... Ils ont déserré l'éteau pour permettre au groupe Nouvel Horizon de l'emporter avec un maigre score de 3 à 2.
C'était tout simplement la confraternité en action.
Les musulmans sont venus qualitativement nombreux pour soutenir leur organe d'information. Ils n'ont pas manqué de faire des suggestions.
La sœur Khady Ouattara remettant le trophée à la sympathique équipe du groupe Nouvel Horizon vainqueur de la 1ère édition de la coupe "Plume Libre" sous le regard satisfait de notre Directeur de publication.
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PLUME EN FETE - PLUME EN FETE
Par Cauney Issa
03 Octobre
Ce dimanche matin, les rédacteurs de "Plume Libre" ont rencontré leurs lecteurs pour des discussions franches. Là aussi plusieurs propositions intéressantes ont été enregistrées.
Et l'après-midi vint; c'est l'apothéose, la fête, la véritable. C'est en fait la somme de trois fêtes dont chacune mérite d'être faite avec éclat.
En préambule un débat a été engagé autour du thème "Presse et morale". Ce thème a été développé par le frère Ladji Sidibé journaliste à Frat-Mat.
Et enfin les voilà ceux qu'on célébrait (il est alors 17h.), ils sont là tous beaux tous resplendissants. Ceux là c'est le double couple Koné et Sangaré. Encore une fois de plus le monde des "misquines" vient de se retrécir comme une peau de chagrin au grand plaisir de "Plume Libre" qui s'agrandit ainsi de deux collaboratrices extérieures.
Moussa Sangaré ex président du comité exécutif de l'AEEMCI, président actuel (le 1er) de l'association internationale de la jeunesse musulmane de l'Afrique de l'ouest, journaliste talentueux à Plume Libre en compagnie de celle qui refuse désormais de répondre à un autre nom que Madame Sangaré.
Elle n'a même pas osé rappeler son ancien nom pour être sûre de l'avoir abandonné définitivement.
La cérémonie de mariage a été suivi avec beaucoup d'enthousiasme.
Notre rédacteur en chef Koné Zakaria abd'Allah et Konaté Aïcha qui a perdu ce nom au cours de la cérémonie. Voulez-vous qu'elle rougisse de colère? Continuez de l'appeler par ce nom. Comme vous aimez la paix alors appelez-la par son vrai nom: Madame Koné... et elle vous sourira.
Bon appetit chères sœurs
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
SIFRAM 93:
LA QUESTION ÉDUCATIVE EN AFRIQUE À L'ORDRE DU JOUR
"L'Éducation islamique qui combine les dimensions religieuses et académiques et qui permet à l'individu et à la société de s'épanouir ici bas et de se garantir l'au-delà est la seule alternative crédible pour sortir l'éducation du marasme actuel". C'est l'une des conclusions auxquelles ont abouti les participants au 3e séminaire international de formation des responsables d'associations musulmanes. Réunis du 02 au 05 septembre dernier à l'académie des sciences et techniques de la mer à Yopougon à l'initiative de la CMR (Communauté Musulmane de la Riviera) et l'IIFSO (Fédération Internationale des organisations islamiques d'étudiants USA), les participants à la 3e édition du SIFRAM ont eu à plancher sur le thème central "Crise de l'éducation en Afrique: les solutions de l'islam". Les travaux se sont déroulés autour de sous-thèmes dont "Finalité de l'éducation en islam", "La crise de l'éducation: causes, conséquences et perspectives islamiques", "L'enseignement confessionnel islamique et enseignement islamique dans les écoles"...
D'éminentes personnalités du monde intellectuel et religieux ont animé les conférences, tables rondes et ateliers de ce séminaire, parmi lesquelles le Pr. Djibo Amani (Ex-recteur de l'Université islamique de Say au Niger), le Pr. Kanvally Fadiga (chef du département des sciences de l'éducation à l'ENS d'Abidjan), l'Imam Aboubacar Samassi de la Riviera III et l'ambassadeur Kassim (Imam au Togo).
La centaine de délégués à ce SIFRAM 93 qui était parrainé par le professeur Alassane Salif N'diaye, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, qui avait à ses côtés à la cérémonie d'ouverture son collègue de l'éducation nationale le Pr. Saliou Touré, provenait du Burkina-Fasso, du Mali, du Togo, du Niger, de la Guinée, de la Mauritanie, du Benin, du Sénégal et bien sûr du pays organisateur la Côte d'ivoire.
Avant de se séparer, ils ont tenu à mettre sur pied un comité de suivi pour (certainement) éviter que les conclusions de cette rencontre ne moisissent dans les tiroirs. Bonne initiative. Rendez-vous donc au SIFRAM 94.
Dembélé Al Séni
ECOLE IVOIRIENNE
La fin de la tourmente ?
DEPUIS trois ans l'école ivoirienne est dans la tourmente et pourtant chaque année scolaire est toujours porteuse d'espoir.
En effet les maux qui minent le système éducatif ivoirien sont connus; insuffisance de locaux, effectifs pléthoriques, inadéquation formation-emploi, tricherie aux examens etc. Face à ces difficultés les autorités de l'éducation nationale opposent les effets pervers de la crise économique. Sans toutefois nier cela, disons plutôt qu'il s'agit d'une crise de confiance résultant du mode de gestion de ce département. Sinon comment comprendre qu'à une semaine de la rentrée les parents ne sachent pas les résultats des orientations en 6e de leurs progénitures ou bien que ce soit à deux semaines de cette même rentrée que des enseignants se voient "redéployés".
Ces derniers, dans ces conditions prendront le temps qu'il faut pour rejoindre leurs nouveaux postes d'affectation pendant que leurs élèves trainent. Certains de ces élèves se sont retrouvés dans les classes supérieures grâce à leurs mérites tandisque d'autres y sont après avoir bénéficié des opérations "HIBOU" diligentées par leurs parents. Ainsi, la maîtrise du savoir, gage de la survie de tout système éducatif, se trouve t-elle sacrifiée avec la jeunesse qui la porte. C'est en cela que nous saluons à notre tour l'avènement de la concertation Nationale sur l'éducation qui devra trouver une solution globale et durable à la crise du système éducatif que la Côte d'Ivoire compte avec la scolarisation brute sans une orientation prédéterminée précisement. Cela nous osons le croire, diminuera les déperditions qui multiplient l'ignorance. Ainsi aura t-on une école plus démocratique qui apprendra à "savoir faire" pour gagner sa vie voire à "savoir être". Pour y parvenir les résolutions de la concertation Nationale sur l'éducation doivent être appliquées comme l'ont exigé les commissaires de cette Nième rencontre sur l'école. Si non c'est la société ivoirienne dans son ensemble qui en patira. L'école reste un ferment, un levain immergé et investi dans la masse pour agir.
Ryabak Nagbé
C.N.I:
Koumassi a sa coordination communale
C.N.I: Assurer sa présence dans tous les coins et recoins du pays.
DEPUIS le 1er Août 1993, le C.N.I a entrepris l'installation de ses bureaux de coordination dans les communes d'Abidjan.
Ainsi, après Cocody, la commune de Koumassi a eu l'honneur le dimanche 19 septembre 1993 d'abriter le 7e bureau de coordination du Conseil National Islamique.
La grande mosquée de Koumassi, en réfection, a servi de cadre à cette cérémonie présidée par El hadj Idriss Koné président du C.N.I qui était pour la circonstance soutenu par le Conseil Supérieur des Imams représenté par El hadj Boikary Fofana. Ce dernier dans son allocution n'est pas passé par des détours pour appeler les fidèles de Koumassi à l'unité et à la fraternité car, dira-t-il, «il n'existe pas d'islam sans un monde, il n'existe pas un monde (des fidèles) sans un chef (Imam), il n'existe non plus pas un Imam sans un culte».
Cette maxime était d'autant plus nécessaire que depuis plus d'un an, un conflit de génération (?) opposerait certains responsables musulmans. Aussi ajouterait-il
«n'est pas des nôtres qui ne respecte pas les aînés; n'est pas des nôtres qui n'a pas pitié des enfants».
Le président Koudouss Koné ne disait pas autre chose quand, précédemment il déclarait:
«Dieu a créé les hommes différemment, non pour qu'ils soient divisés mais pour qu'ils se connaissent davantage dans la voie, la voie de l'Islam».
El hadj Boikary Fofana et Koné Idriss, ont unanimement demandé aux imams d'observer une neutralité au plan politique afin d'éviter les amalgames sources de division et de discorde entre les fidèles. Il est à rappeler que, outre les imams des différentes mosquées de Koumassi, le conseil municipal a honoré de sa présence. Cet événement a vu le jour grâce au dynamisme des 20 associations de Koumassi qui ont pris, par la voix du président du comité d'organisation Touré Vakaba, l'engagement de travailler dans l'union et la concorde, règles d'or de l'islam. C'est pourquoi ils ont choisi le frère EL Hadj Mahama Cissé pour présider aux destinées de la coordination communale C.N.I de Koumassi.
En marge de l'installation de cette coordination communale, les fidèles ont également eu l'honneur de faire connaissance avec le représentant du Conseil Supérieur des Imams de Koumassi, Daouda Konaté, Iman de la grande mosquée.
Le frère Mahama Cissé, sur qui le choix de la vingtaine d'association s'est porté est un pur produit du militantisme islamique en Côte d'Ivoire; né le 18 septembre 1949, El hadj Mahama CISSE est père de trois enfants. En quête du savoir islamique, M. Cissé sejournera à Lakota après avoir passé 3 ans au Burkina-Fasso pour terminer ses études en Arabie-Saoudite sanctionner par une licence d'enseignement. Revenu au pays, il participe à la création du scoutisme musulman, deuxième adjoint à l'Imam de la grande mosquée. Cissé est également le représentant de la LIPCI à Koumassi. Néanmoins il reste serein et c'est pourquoi après avoir remercié la communauté pour le choix porté sur sa personne, il lui demandera son soutien et ses conseils dans l'intérêt de la Ummah islamique à Koumassi.
Nous prions le Seigneur que cet événement majeur mette fin pour toujours aux incessantes querelles qui minent la communauté musulmane de Koumassi !
Ryabak NAGBÉ
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
Communauté musulmane de Côte d'Ivoire
Après deux ans d'éveil et de marche:
Quel bilan ?
PEUT-ON parler à l'état actuel des choses de bilan ? Ça sera peut-être prétentieux et maladroit car l'œuvre ne fait que commencer. Mais pour toute marche la nécessité se pose toujours de porter un regard rétrospectif sur la distance déjà parcourue. Ce mouvement de retour de notre esprit sur les actions que nous avons posées jusque là est d'autant plus important qu'il peut irriguer notre détermination à poursuivre ou non dans la trajectoire et l'élan qui nous caractérisent.
Est-il nécessaire de signifier qu'à travers cette analyse nous n'avons nullement la prétention de revendiquer la paternité de quelque action que ce soit. Seulement montrer qu'à travers nos productions nous ne prêchons pas dans le désert dans un monologue stérile.
D'emblée le constat est édifiant, la communauté musulmane a parcouru en deux ans, la distance qu'elle n'avait pas réussi à parcourir en 31 ans. Rappelez-vous chers lecteurs, nous avons fait dans le tout premier numéro de Plume Libre une analyse intitulée: La place de l'Islam en Côte d'Ivoire. Si nous reposions aujourd'hui la même question, la réponse serait autre car une transmutation fondamentale s'est opérée. De la force aveugle, la force en soi qu'elle était la communauté musulmane de Côte d'Ivoire est devenue une force pour soi. C'est à dire une force consciente d'elle-même qui cesse du coût de servir les causes extraverties, conscience qui trouve son expression la plus pertinente à travers la structure fédérative de coordination dénommée C.N.I. (Conseil National Islamique). Cela au grand désespoir de ceux qui tiraient un certain profit de l'inorganisation des musulmans.
Par la manifestation de son éveil, les musulmans ont réussi entre autres à sortir des griffes du ministère de l'intérieur, leur système d'éducation, pour lui donner la place qui lui revient de droit: c'est à dire le ministère de l'éducation. Elle est en droit maintenant d'attendre des subventions pour les établissements confessionnels qui ne tarderont pas à sortir sous-terre, ce qui a déjà commencé à Gagnoa. Le drapeau ivoirien flotte désormais sur la terre sainte faisant du pèlerinage des ivoiriens une aventure rêvée et non un cauchemar à vivre chaque année.
Un équilibre significatif vient également d'être instauré au niveau des jours fériés avec la prise en compte des aspirations légitimes de la communauté de Muhammad (PBDSL), pour ne citer que ça.
En tant que porte-voix de la communauté musulmane, nous avons repris en écho en temps opportuns, ces différentes injustices qui ont aujourd'hui trouvé pour certaines des solutions positives et définitives pour d'autres des débuts prometteurs de réparation.
Pour dire tout simplement qu'après les semailles s'est la moisson. Mais ces premières cueillettes ne doivent nous conduire qu'à plus de vigilance et plus de détermination dans notre marche vers le triomphe ultime dans l'enceinte scellée du Maître de l'Univers. Et seulement là nous aurons été lieutenant.
Koné Zakaria
abd'Allah
Madinani:
Isolement et abandon
PLUS de 900 km d'Abidjan à Odienné. De la capitale du Kabadougou, vous débouchez dans celle du Nonwôlô après 80 km sur une piste chaoteuse et boueuse traversée par des rivières et parsemée de flaques d'eau en ce mois de septembre pluvieux dans la région. La ville elle-même s'étend des deux côtés de la voie principale qui la traverse et qui la relie d'une part à Odienné et de l'autre à Boundiali. Madinani présente à ses visiteurs l'allure d'une ville qui cherche désespérément à se développer. De nombreuses maisons modernes poussent de terre. La plupart des services sont présents: sous-préfecture, poste et télécommunications, perception, centre de santé, un collège municipal. La sûreté le côté jardin. Côté cour, la ville donne l'impression d'une jachère avec les rues transversales envahies par la broussaille. Toute la durée de notre séjour du 07 au 16 septembre, aucun lampadaire dans les rues n'a donné signe de vie et Dieu sait que la ville en est pourvu qui lui donne le jour l'image d'une ville très bien fournie en éclairage public. La télévision, la radio, on en reçoit que très rarement Nous en avons été sevré durant notre visite. La population et les fonctionnaires en service dans la ville se sentent oubliés et abandonnés. D'autant qu'aucun titre de la presse écrite n'est vendu sur place. Pour s'informer, il faut se contenter des chaînes de radios étrangères et des nouvelles fournies par les voyageurs des courriers postaux et des quelques rares cars passant par là. Le téléphone (on attend toujours l'automatique) est le plus souvent en panne. L'hôpital manque de tout y compris les séringues pour les vaccinations d'enfants; les infirmiers sont obligés soit de vacciner plusieurs enfants avec la même séringue (avec tous les risques que cela comporte) soit de choisir les premiers arrivés. Douloureux dilemme. Vous voulez consulter un médecin ? Il faut se rendre à Odienné ou Boundiali ou attendre une tournée du député maire le Dr Ahmadou Koné, médecin de son état.
Madinani, malheureusement dans le nord de la Côte d'Ivoire ne constitue pas une exception. Vivement que cadres, commerçants, travailleurs de la région et autorités compétentes se donnent la main pour sortir Madinani, ville au nom et au passé glorieux, de cette léthargie.
Dembélé Al Séni
BOSNIE-HERZEGOVINE:
Ils tuent même les mosquées...
AU cœur de Banja Luka, bastion du revanchisme serbe, se dressait il y a huit jours la mosquée Ferhad-Pacha-Sokolovic, construite en 1579 et classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Le 7 mai, à 3h 05 du matin, une énorme explosion a réduit en poussière ses 414 ans d'histoire.
Pas un mur n'a résisté aux 400 kilos de dynamite placés à l'intérieur du majestueux édifice, qui pouvait accueillir jusqu'à 500 fidèles. Du haut de ses 41,50 m, le minaret dominait toute la ville ; il a volé en éclats, englouti dans les décombres de colonnes et de dômes cuivrés. Seuls la porte d'entrée et le mausolée de Ferhad Pacha, extérieurs au bâtiment, ont été épargnés.
Tiré de son sommeil par «le coup de tonnerre», l'imam Hadzi Ibrahim Halilovic, 47 ans, mufti de la Krajina bosnique, n'a même pas pu venir sur les lieux. Cantonné chez lui par le couvre-feu, il a contemplé le désastre depuis son balcon. Deux minutes plus tard, à 3 h 07 exactement, il pouvait entendre une seconde explosion : à quelques centaines de mètres, la mosquée Arnaudijia, édifiée en 1584, venait à son tour d'être pulvérisée par un attentat. L'imam Ibrahim n'a même pas pleuré. «J'ai été à peine surpris, dit-il. Ceux qui ont fait ça sont les mêmes qui ont détruit 800 mosquée en Bosnie-Herzégovine, sans religion et sans culture.» [...]
Il y a deux semaines, une petite mosquée avait déjà été brûlée à Banja Luka. Il y a cinq jours, une autre a sauté à Vrbanja, dans la banlieue de la ville. «On veut nous effrayer pour nous faire fuir, estime le mufti.» Selon Bedrudin Gusic, il ne reste que 20 000 musulmans dans tout le district, soit un tiers de la communauté d'avant-guerre.
Mardi matin, les bulldozers municipaux ont commencé à déblayer le terrain, malgré les protestations de l'imam Ibrahim : «Nous voulions rebâtir la mosquée, mais la municipalité nous l'a interdit.» Une noria de camions emporte les gravats? Vers la décharge publique...
Extrait de
Le Figaro quotidien français
Prochainement:
La mosquée de Magagnana-Coura; une merveille.
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PLUME LIBRE / Octobre 1993 / Du 14 Rabi'al Sani au 15 Joumadil Awal 1414 / Page 7
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PLUME EN LIBERTE
De la question palestinienne
GAZA-JERICHO : Espoirs et inquiétudes
Les causes secrètes d'un processus de paix
Ne serait-il pas exagéré de prétendre que la montagne a accouché d'une souris ? L'événement semble de taille. Un jour nouveau se lève dans le désert proche oriental. L'Horizon s'éclaircit et l'actualité s'accélère. Après 45 ans de haine viscérale, de violences d'une bestialité inouïe, et de négation totale, les irréductibles ennemis d'hier, ceux-là même qui malgré la situation de fait, se sont refusés jusqu'à l'existence, se réconcilient par la voie de la négociation. La terre de Palestine, ce morceau de désert compris entre la rive occidentale du jourdain et la méditerranée va espérer pour la première fois contenir un jour deux Etats. L'un Palestinien et l'autre Israélien.
En paraphant l'accord d'autonomie limitée de GAZA et JERICHO, YASSER ARAFAT principal artisan de cet accord historique, vient au prix de sa vie, d'accomplir un acte réaliste, qui lui accorde de facto l'établissement d'un embryon d'Etat.
En effet, l'accord sur l'autonomie, conduit à un retrait militaire Israélien de GAZA et JERICHO. L'évacuation des deux enclaves et le transfert de l'autorité du gouvernement militaire Israélien aux Palestiniens, par la mise en place d'un conseil national Palestinien. Mais, car il y a un mais, cet accord est plein de risques pour les palestiniens et pour le monde Arabe, alors que les enjeux sont de tailles et que l'extrême prudence est de mise.
D'abord, il ne pose même pas les bases de discussions concernant certains aspects du problème palestinien, qui selon toute vraisemblance seront des points de discordes.
L'immense risque est que cet accord provoquerait une fracture profonde au sein du monde Arabe, le souci de ceux-ci depuis la conférence de Madrid étant d'éviter de tomber dans l'erreur de signer des accords séparés avec Israël. Quant aux Palestiniens eux-mêmes, une lutte pour le pouvoir à brève échéance entre Hamas, les mouvements extrémistes palestiniens et l'OLP, ayant autorité sur le fatah révolutionnaire, sa principale composante. Cette situation pourrait jeter une impasse totale sur les autres aspects de la question Palestinienne, ou mieux, faire accepter par la centrale, des solutions étriquées.
L'OLP avait-elle le choix, avec une situation financière désastreuse, qui l'emmène à réduire de façon significative ses prestations. Le traitement des fonctionnaires n'est payé qu'avec retard, en dépit d'une réduction sensible. Certaines représentations diplomatiques ouvertes au prix de tant d'efforts pour la reconnaissance officielle, sont aujourd'hui fermées. Les conséquences de son soutien à SADAM HUSSEIN, lors de la guerre du Golf, l'ont fortement ébranlé, en raison de ce que les monarchies du Golf persique lui ont suspendu toute forme d'aide. En somme, les résultats sont divers et malgré toutes ces incertitudes, l'option GAZA-JERICHO est bon à prendre à maints égards. Elle accrédite L'OLP d'une reconnaissance Internationale, octroie une assise territoriale à l'organisation, dont les effets immédiats seraient de garantir la sécurité des palestiniens des territoires occupés et du sud Liban, chaque jour victimes de répression et de raids Israéliens.
En substance, il s'agit pour Arafat et ses amis de capitaliser les minces acquis de cet accord, en bénéficiant des égards dignes d'une nation, ouvrant ainsi la perspective de sortir de l'assistance et de l'impuissance. C'est cela le réalisme d'aujourd'hui, au risque de payer le prix de l'intransigeance, car si Israël militairement et politiquement vainqueur de cette confrontation veut la paix, c'est ce qu'il y a de plus noble, mais l'histoire nous situera exactement sur ses motivations réelles. Quoiqu'on dise la part du lion, lui revient, car sans avoir fait de concession véritable, Israël se voit aujourd'hui récompenser de façon solennelle.
Pour l'ONU, on constate son incapacité à faire respecter ses décisions, sa résolution 242 n'est-elle d'ailleurs pas en train d'être mise aux calandres grecs. Alors qu'un nouvel ordre mondial passe par une autorité véritable de cet instrument de paix, garant de l'égalité et de la justice, pour que vive la paix... Assalam Aleikum ***
Nouh Doumbia
Un jour, Rabin, exécédé a grommelé : «Je voudrais que Gaza sombre dans la Méditerranée». Effectivement les territoires occupées causent beaucoup de soucis aux dirigeants israéliens.
Depuis 1988 où Arafat pris la décision de reconnaître Israël et d'appeler à la négociation, s'est installée dans les rangs de l'OLP la division. C'est à ces moments que Hamas va récupérer peu à peu tous les opposants d'Arafat et assumer à Gaza le rôle de branche armée qui a été longtemps celui du Fatha de Yasser A. D'où les islamistes vont occuper tous les secteurs stratégiques de Gaza : éducation ; santé ; services sociaux etc... y compris l'université. Ils reçoivent les moyens financiers des Iraniens et des Saoudiens. Ces moyens étaient au paravant destinés à l'OLP qui n'en bénéficie plus à cause de ses nouvelles lignes politiques en faveur d'Israël.
Alors craignant la disparition de l'OLP (que veut déstabiliser les monarchies pétrolières) en lui privant des aides financières) au profit des Islamistes soutenus par Téhéran et Ryad d'une part et vue son incapacité à endiguer l'Intifada déclenché depuis 1987 d'autre part, Israël s'empresse de négocier avec l'OLP qui n'en demeure pas moins enchanté.
Nous reconnaissons tous que l'accord Gaza Jericho représente un accord très important pour le peuple palestinien dans la mesure où il lui confère une appartenance territoriale.
Mais le plus décevant c'est ce que veut en faire les dirigeants Israéliens. En clair, ces derniers veulent asseoir dans les territoires occupées (en commençant par Gaza et Jericho) une autorité palestinienne acquise à leur cause. Disons que c'est le schéma néo-colonialiste appliqué en Egypte et en Algérie qu'on veut instaurer dans les territoires occupés.
Puisque dans les textes de l'accord Gaza Jericho, les Israéliens seront présents tant militairement que diplomatiquement dans tout processus démocratique qui sera entamé à Gaza et à Jericho par les palestiniens.
Ce qui nous tenterait à penser à un debut de complot orchestré par les dirigeants de Tel Aviv avec la complicité de l'OLP, contre le peuple palestinien.
***
Diallo M. Yaya
Solution des jeux précédents
LE MOT CACHE N°9: Mouhammad
MOT CROISES N°11 :
Horizontalement : I- Croyance. II- Red- Guermo. III- El- Neir- Ou. IV- Dieu- Tidum. V- Oses- Semi. VI- It- Encos. VII- Foi- Rcerus. VIII- Inmem- Rini. IX- Emu- Rao. X- Sérénité.
Verticalement : 1- Crédo- Fils. 2- Religion. 3- Od- Estimer. 4- Nue- Eté. 5- Age- Sermon. 6- Nuit- Rc- Ni. 7- Cérisier. 8- Er- Décrire. 9- Moumini. 10- Soumission.
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PLUME LIBRE / Octobre 1993 / Du 14 Rabi'al Sani au 15 Joumadil Awal 1414 / Page 8