Issue
Plume Libre #19
- Title
- Plume Libre #19
- Type
- Périodique islamique
- Publisher
-
Plume Libre
- Date
- September 1993
- issue
- 19
- Abstract
- Mensuel islamique ivoirien d’informations générales
- number of pages
- 8
- Subject
- Association des Femmes Musulmanes de Côte d'Ivoire
-
Association des Élèves et Étudiants Musulmans de Côte d'Ivoire
- Intégrisme
- Conseil National Islamique
- Language
- Français
- Contributor
-
Frédérick Madore
- Identifier
- iwac-issue-0001341
- content
-
LA PLUME libre
MENSUEL ISLAMIQUE IVOIRIEN D'INFORMATIONS GÉNÉRALES
Sept. 1993
Du 14 Rabi'al Awwal au 15 Rabi'al Sani 14 14
125 F
N° 019
Cheick Amadou Tall : le mystique et le mystificateur
"Adorez Allah comme si vous Le voyiez, car si vous ne Le voyez pas, Lui vous voit".
Parole du Prophète Mouhammad (Paix et Bénédictions de Dieu sur lui)
L'Islam aujourd'hui
Renaissance ou Intégrisme
Education
Le premier Lycée Islamique est là
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LA TRIBUNE VERTE
Une rubrique de Koné Seydou
N.B : Ces propos n'engagent que leur auteur.
* On a parfois l'impression que le monde musulman est allergique à l'auto-critique. Qu'en est il exactement ?
"C'est vrai dans la mesure où l'auto-critique est perçue dans le monde islamique comme une dépréciation de soi-même face à l'hégémonie occidentale. S'auto-critiquer, c'est apporter de l'eau au moulin de nos ennemis, de ceux qui nous exploitent, nous oppriment. Mais il y a toujours eu des poussées d'auto-critique quand les conditions sociales le permettaient. Il est vrai que les conditions sociales inclinent plutôt dans le mauvais sens aujourd'hui en terre d'Islam, car pour des raisons historiques, il y a dans les pays musulmans un sentiment d'oppression, de domination. Les choses sont décidées ailleurs, la culture est semble-t-il supérieure sur un certain nombre de points à celle du monde islamique; elle domine et pénètre la oumma. Ainsi naît un sentiment de frustration, d'humiliation, de désespoir qui rend effectivement réfractaire à l'auto-critique. Pour le musulman de base, se livrer à de telles introspections, c'est donner raison au président américain, au pape, les "grands satans" de notre époque. Cette pénétration en force du reste du monde est perçue comme un affaiblissement de l'Islam par les musulmans." *
Oustaz Mohammad Lamine Kaba, imam-adjoint de la Grande Mosquée de la riviera (Abidjan), dans une interview publiée par "Le Message de l'Islam" N°98 Décembre 1992 P. 36
PLUME SERVICE
* Mariage
"Veuillez à marier ceux d'entre vous n'ayant pas de conjoint ainsi que vos serviteurs des deux sexes"
(S. 24 — V. 3)
NOUS l'avions annoncé dans le N° 14 de Plume Libre une certaine vice-présidente de l'AEEMCI devait tomber sous le charme d'un certain grand frère... et elle tomba le 5 Août. Il s'agissait de la sœur Mahoua Soumahoro, et l'heureux élu est notre collaborateur-extérieur Dogoba Bakayoko. Nous demandons à toute la communauté de prier pour que Allah (Exalté soit Son Nom) bénisse cette union. Petite indiscrétion avant de refermer ce dossier : on mange de plus en plus de colas du côté de l'AEEMCI, notamment de la cola zeynabique. A croire que c'est une épidémie ***
K.S.
APPEL A L'AIDE
Les travaux de la mosquée du CHU de Treichville sont arrêtés.
Musulmans et musulmanes en Côte d'Ivoire, le devoir vous appelle.
Nous attendons vos contributions au siège de l'AEEMCI à la petite mosquée de la Riviera.
Assalamoualéikoum
EDITO-PLUME
Pour quel bien-être familial ?
Par Dembélé Al Séni
D'ÉMINENTES personnes s'excitent à nouveau après la campagne pour la libération des mœurs et celle pour l'allaitement au biberon qui ont donné les résultats que l'on sait. Aujourd'hui, on nous invite à limiter notre progéniture.
Le raisonnement est simple : puisque l'enfant coûte cher et que nos moyens sont limités, il faut faire le moins d'enfants possible afin de pouvoir leur offrir le paradis sur terre. On peut qualifier l'intention de noble. La logique qui la soutient semble s'imposer à tous. Mais voilà, lorsqu'on se penche sur la nouvelle trouvaille de ces âmes généreuses si soucieuses de notre bonheur, on ne peut qu'être inquiet. Dans un pays comme le Côte d'Ivoire où le paludisme fait des milliers de morts par an, le cachet de nivaquine est de plus en plus hors de portée de la plus grande partie de la population. Nulle part, on ne peut trouver le moindre bailleur de fonds pour subventionner ce médicament. Aux urgences des CHU - pour ne parler que de ces hôpitaux - le spectacle des malades abandonnés sans même avoir reçu les premiers soins est banal. Tout cela, par manque de moyens. Divine surprise cependant, les vannes s'ouvrent abondamment pour financer à près de 90% - on affirme même que si le gouvernement donne son accord ce financement pourra passer à 100%-les frais quand il s'agit de contraception. Oui! Pour nous aider à ne pas enfanter, l'argent coule à flot. Notre salut, dit-on, passe par là. Cette politique de sabotage de notre avenir savamment habillée sous le vocable "bien-être familial" est un péril bien plus dangereux pour nos pays que le fléau du SIDA. En quoi nos pays sous-peuplés ont-ils intérêt à limiter leur population alors que de grands pays comme la France encouragent le contraire ?
En quoi la limitation du nombre d'enfants peut-elle être un facteur favorisant le développement dans nos pays à marché intérieur presque nul? La misère, qu'on la vive à dix, à cinq ou à deux reste la misère! On nous dira qu'il faut maintenir la croissance démographique en harmonie avec la croissance économique! Le faire, c'est choisir la médiocrité et le chemin de la démission. Nous avons à développer notre économie, notre capacité de production et à les hisser au niveau de la croissance démographique. Ainsi, nous nous imposerons l'effort, nous chercherons constamment les solutions aux problèmes posés, nous opterons donc pour le pari du développement
Ceux qui ont initié et qui financent cette campagne anti-nataliste savent ce qu'ils cherchent. On ne peut leur en tenir rigueur. Quant à nos gouvernants qui soutiennent à cor et à cri ce projet, et qui semblent n'avoir jamais tiré de leçons des expériences malheureuses du passé, leur attitude est condamnable! Le bien-être familial ne peut se limiter et s'obtenir par une simple politique de natalité. En cœur avec cette sociologue sénégalaise au dernier sommet de Rio sur la population et l'environnement, répétons ceci : "la politique de limitation des naissances est un complot contre l'Afrique". Le bien-être familial qui doit obligatoirement passer par un avenir hypothéqué, nous n'en voulons pas. *
D.A.S
SOMMAIRE
Edito-Plume
Pour quel bien-être familial ? P.2
Plume Religieuse
Séminaire AEEMCI : Gagnoa'93 P.3
Plume dans le Quotidien
Cheick Amadou Tall : le mystique et le mystificateur P.4
Ces enfants musulmans sans avenir P.5
Plume en Liberté
Bosnie : Viol au quotidien P.7
Plume Politique
Pouvoir militaire : Nezzar - Babangida : quelle différence? P.8
PLUME LIBRE / Septembre 1993 / Du 14 Rabi'al Awwal au 15 Rabi'al Sani 1414 / Page 2
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PLUME RELIGIEUSE
**Séminaire AEEMCI Gagnoa'93**
# L'Islam aujourd'hui : Renaissance ou Intégrisme
**Du 22 au 29 Août dernier, s'est tenu à Gagnoa le 11è séminaire de formation islamique de l'AEEMCI. C'est le Lycée Technique, sis à l'entrée de la ville qui a accueilli les séminaristes. Il faut noter que ce séminaire était placé sous la présidence du CNI, et que son parrain était le ministre Salif N'diaye, maire de la ville.**
**Pendant une semaine, des centaines de jeunes élèves et étudiants musulmans venus de tous les coins de Côte d'Ivoire et même des pays voisins, ont suivi des cours sur leur religion. Signalons que la Oumma s'était mobilisée pour venir en aide à l'AEEMCI, en témoigne le car gracieusement mis à la disposition des séminaristes par un frère que Dieu saura récompenser. Les temps forts qui ont marqués cette rencontre annuelle ont été la visite du Lycée islamique, le premier du genre dans notre pays, et les différentes conférences. Ainsi, alors que oustaze Sékou Sylla définissait "la contribution de l'AEEMCI à la construction de la oumma islamique en Côte d'Ivoire", le doyen Bakayoko, de la Faculté des Sciences Economiques réfléchissait sur "l'intégration économique sous-régionale". Mais à la cérémonie d'ouverture déjà, l'imam Aboubacar Samassi de la Riviera III avait traité un sujet d'actualité: "L'Islam aujourd'hui: renaissance ou intégrisme".**
Si Dieu le veut, nous allons aborder le Thème "Islam aujourd'hui : renaissance ou intégrisme ?". Pour ce faire nous allons procéder de la façon suivante :
Dans un premier temps "Islam et musulmans", ensuite "Adversité culturelle", "Attitude à adopter", et enfin "Islam, renaissance ou intégrisme".
**Islam et musulmans**
POUR le premier point, il est nécessaire de faire une différence entre l'Islam en tant que tel et le musulman en tant qu'être humain.
L'Islam est la soumission totale et absolue tant sur le plan interne qu'externe, librement consentie à l'unique maître de l'univers qui transcende le temps et l'espace des humains. L'Islam en tant que religion est la synthèse finale des révélations authentiques émanant de Dieu. Il est à l'image du seigneur lui même infaillible. L'Islam bien compris libère l'être humain réellement de l'esclavage de toutes les idoles morales soient-elles ou matérielles, le purifiant à rester serviteur de l'unique Maître qui n'a point d'associé ni en sa qualité de seigneurie et de Maître, ni en sa qualité de Divinité. C'est ça l'Islam, une religion parfaite. Comme Dieu même le dit : «A partir d'aujourd'hui je vous ai parfait ma religion, je vous comble de grâce, je vous agrée l'Islam en tant que religion». Il dit autrement ailleurs dans le coran la vraie religion aux regards de Dieu (désormais) est l'Islam. Quiconque prendra d'autre voie que l'Islam, elle ne lui sera point acceptée et le jour du jugement dernier, il se trouvera perdant».
Quant au musulman en tant être humain il doit se situer par rapport à l'Islam. Les musulmans sont des êtres humains par conséquent relatifs, ils le restent. Ils sont faillibles aussi bien dans le domaine de la pensée que dans le domaine de l'acte. Nous ne disons pas qu'ils sont fautifs mais faillibles, ils peuvent se tromper.
Si l'on ne fait pas la différence entre l'Islam religion parfaite et infaillible et le musulman que nous sommes vous savez ce qui arriverait ? Par orgueil, nous allons nous assimiler à l'Islam, nous allons substituer nos propres pensées et actes qui ne sont qu'œuvre humaine à Dieu et à sa science. Nous allons alors sacraliser nos erreurs les erreurs humaines, au nom de l'Islam. Et Cela est grave.
L'Islam en tant que religion, transcende toutes les écoles spirituelles et juridiques; il transcende toutes les personnalités humaines quelque soit leur niveau culturel. Pourquoi faire cette différence ? En faisant cette différence nous pouvons rester objectifs face aux critiques qui nous sont adressées venant d'ailleurs. Car nous distinguerons les critiques destinées à l'Islam et celles destinées aux musulmans.
Les critiques destinées à l'Islam en tant que tel, l'Islam a suffisamment de puissance argumentative pour les diluer. Mais celles dirigées contre les musulmans que nous sommes, alors là attention : car celles-ci peuvent être vraies. Si tel était le cas nous devons nous rectifier selon les principes même de l'islam sans orgueil. Cette rectification éventuelle sera faite au nom de l'Islam. Et ceci chers frères et sœurs sera bénéfique pour la communauté musulmane pour sa promotion spirituelle morale et matérielle.
*Le deuxième point de notre entretien c'est l'adversité culturelle logique et méthodologique. Il y a une logique chez l'adversaire culturel qui consiste à dire que le but justifie les moyens. Pour lui l'essentiel c'est de dominer autrui c'est de triompher de l'autre et peu importe les moyens.* ★
**Par Koné Zakaria abd'Allah**
**A Suivre**
***
**Marcory**
# Le CNI s'installe
AMBIANCE de fête ce Dimanche 8 Août à la grande mosquée ou deux grands hangars avaient été dressés pour abriter les fidèles venus prendre part à la cérémonie d'installation de la coordination communale du CNI de Marcory.
Outre la forte délégation du CNI, le Conseil Supérieur des Imams, le représentant du maire de Marcory et les imams de Marcory ont honoré de leur présence la cérémonie.
Prenant le premier la parole, le frère El Hadj Diallo Mamadou, président du comité d'organisation, a situé l'événement. Selon lui, l'Islam qui présente un projet de société idéal se doit de s'organiser afin de garantir aux fidèles la félicité terrestre et céleste dans l'union et la concorde. El Hadj Ali Sako, représentant le maire adressera ensuite les encouragements du conseil municipal de Marcory à la structure naissante. Puis les imams de Marcory ont rassuré la coordination communale, par la voix de l'imam Diallo (zone 4) de leur soutien total. Le frère Bakayoko Metogba aura l'honneur de conduire le premier mandat de la coordination communale. Il est ingénieur agronome et chef de service à la DCGTx,il est âgé de 41 ans et père de cinq enfants. Les deux commissaires aux comptes sont le frère Bila Abassi, comptable, et la sœur Kady Diabaté, secrétaire de direction à la Chambre d'Industrie.
El Hadj Koné Idriss, après avoir présenté les objectifs du CNI a invité les musulmans de Marcory à soutenir la coordination avant de lancer un appel spécial à l'endroit des associations féminines de Marcory pour les inviter à adhérer à l'AFMCI.
Dernier intervenant, le porte-parole du Conseil Supérieur des Imams, El Hadj Boikary Fofana a rappellé l'esprit pacifique de la communauté musulmane ivoirienne depuis l'indépendance. C'est pourquoi il demandera qu'on arrête le sentiment de culpabilité à l'égard du musulman.
L'honneur est revenu à l'imam El Hadj Seydou Touré de clore la cérémonie par des bénédictions. ★
**Ryabak Nagbé**
***
**Al hamdouli'llah !**
*(Louanges à Allah, Seigneur des mondes)*
**Le Maouloud Nabi, anniversaire de la naissance du Saint-Prophète a été célébré dans la ferveur la nuit du dimanche 29 au lundi 30 Août**
***
PLUME LIBRE / Septembre 1993 / Du 14 Rabi'al Awwal au 15 Rabi'al Sani 1414 / Page 3
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
Cheikh Amadou Tall :
Le mystique
et
le mystificateur
Le passage de Cheikh Tall (encadré ici par le Pdt du CNI et le Directeur de la TV 1ère chaîne, M. Aly Coulibaly) a été diversement apprécié dans la communauté.
Par D.H.I.
SAMEDI 24 Juillet 1994. Il est 9 h 30 mn. La salle des fêtes de l'Hôtel Ivoire refuse du monde. Because, là se tient l'une des manifestations islamiques les plus médiatisées de ces derniers mois. L'événement est couvert par la première chaîne de la télévision dont les plus illustres représentants ont fait le déplacement. L'animateur est Ali Yoda, présentateur de l'émission islamique "Allahou Akbar". Introduction classique : lecture du Saint-Coran par l'Imam Tidjane Bâh, présentation de la table de séance puis allocutions prononcées par M. Aly Coulibaly et par le Président du Conseil National Islamique, El Hadj Koudouss Idriss Koné.
De la conférence elle-même, on retiendra deux volets. L'un profane, l'autre ésotérique. Pour l'auteur des «Dimensions de l'Islam», l'Islam et une religion où alternent l'exotérisme et l'ésotérisme. Ainsi, la Volonté de Dieu soutient toute création et toute créativité. Le Prophète Mouhammad (PBDL) est le plus parfait de la Création car Dieu est la Vérité, Mouhammad est le Vrai, sa parole est parfaite, il ne se trompe pas. C'est pourquoi il a répondu à toute sorte de questions depuis plus de 1400 ans.
Après cette exégèse féconde, Cheikh Amadou Tall achèvera la première partie de son exposé par un réquisitoire sévère contre l'occident et ses valeurs assorti d'une mise en garde aux musulmans : «Le Prophète (PBDL) a certes prédit l'apport des non-musulmans à l'Islam, mais méfions-nous des occidentaux, de leur presse et de leur littérature sur l'Islam car il viennent à l'Islam avec les yeux de Marx.
La seconde partie de l'œuvre, relative au Zikr est aux dires du Cheikh, originale sous plusieurs aspects. Il y définit le Zikr, ses modalités, son objet et sa place dans l'Islam en tant que moyen de fortification de l'âme, de réalisation de la personnalité conformément au Coran et à la Sunna. Il ne saurait exister ni contradiction, ni opposition entre zikr et charia car aucune pratique surérogatoire ne saurait se concevoir en dehors de la charia. Le zikr peut gratifier de pouvoirs dits surnaturels mais sa fin ne saurait être la recherche de ceux-ci. «Recherchez le royaume de Dieu et le reste vous sera donné de surcroît.» Tel fut l'engagement de tous les prophètes. Le Cheikh Tall consacrera le reste de son exposé à l'arithmosophie ou sagesse des nombres et à la théophanie dont on retiendra qu'elle est l'investissement de Dieu en l'homme dans le but de purifier son cœur. Ainsi la "lumière" qui provient d'un saint est une "lumière" théophanique. Elle ne s'use jamais. En grand pourfendeur du charlatanisme et du "charisme", Cheikh Tall condamnera le tartufisme des premiers et l'aveuglement des seconds.
La soirée s'achèvera avec une série de questions au conférencier. On retrouvera Cheikh Tall dans d'autres manifestations, notamment au Centre de Commerce International d'Abidjan (CCIA) et lors des journées de l'AJMCI à Yopougon. *
D.H.I.
Esotérisme
*Attention aux
déviations
LA tendance au zikr commence à occulter certaines valeurs de l'Islam telles le travail et la vie en groupe. Dans nos milieux, certains frères et sœurs se sont particularisés par une conduite qui ne fait honneur à l'Islam. Au nom d'une certaine appartenance à certain groupe de Tariqa, ces frères et sœurs dédaignent complètement leurs études au profit du zikr. Ainsi, ils doivent se rendre tous les soirs. Chez un maître qui les déplace à sa guise. Ces frères n'ont presque plus le temps d'étudier. Par ailleurs, tous ceux qui fréquentent ce milieu, sont perdus pour le militantisme au sein des associations islamiques.
Plus effrayant encore, certains de ces frères se promènent avec la photo de leur maître dans leurs porte-clefs. Ce geste rappelle certaines confréries : une soumission aveugle aux maîtres qui aboutit inéluctablement à l'esclavage. C'est des champs qu'on cultive pour le maître, de l'argent qu'on amasse pour lui. C'est l'eau issue de ses ablutions qu'on utilise ce qui n'est pas loin de l'adoration. Les M'baye Fall, eux, ont choisi de se déguiser en fou parce que leur maître se serait habillé de cette manière. Toutes ces attitudes vont contre la doctrine islamique qui exclut tout autre Dieu à part Allah l'unique (Tahwid).
Selon Cheick Tall, le Calife Oumar avait demandé au Prophète (PBDL) de l'informer sur le vrai Nom de Dieu.
Le Prophète aurait répondu "Tu es le grand nom de Dieu. Lorsque Dieu s'imbrique dans un homme, Il le purifie, regarder un saint, c'est regarder Dieu, la lumière de Dieu ne s'use jamais!"
Un saint peut être assimilé à Dieu, ce qui expliquerait l'attitude de certains Mourides vis-à-vis de Cheick Amadou Bamba, ou l'attitude de nos frères vis à vis de leurs maîtres. De même faire le zikr en s'imaginant la face du Prophète ou du Cheick nous rapproche encore de l'idolâtrie.
Devant tout ce constat, il faut savoir raison garder. Le zikr ne doit pas nous éloigner des préoccupations de ce monde d'ici-bas car il n'y a pas de renonciation au monde dans l'Islam : "Tu prieras comme si tu allais mourir bientôt, et tu travailleras comme si tu allais vivre éternellement". En d'autres termes le musulman ne doit pas se retirer en marge de la société. Il doit participer à la dynamique sociale mais non s'enfermer dans un certain ascétisme aveuglant. Il doit être un soldat le jour et un moine la nuit. *
Kèmè Brahma
Suite P. 5
*Balle perdue
LE prophète Moïse, paix sur lui a demandé un jour à Dieu s'il y avait sur terre quelqu'un qui était plus proche du Seigneur que lui. Il y en avait, et Dieu (Exalté soit-Il) décida de le lui faire rencontrer en la personne de Khezr (ou Khadir), l'homme-vert :
"Alors, ils trouvèrent tous deux un esclave d'entre Nos esclaves, à qui Nous avions apporté, de Notre part, quelque miséricorde, et à qui Nous avions enseigné, de Notre part, quelque science. Moïse lui dit : "Puis-je te suivre à condition que tu m'apprennes de ce qu'on t'a appris en fait de bonne direction?" Et l'autre : "Vraiment, jamais tu ne pourras être constant en ma compagnie!
Comment endurerais-tu avec constance ce que tu n'as pas cerné d'information !" Mais Moïse : "Si Dieu veut, tu me trouveras constant; et quant au commandement, je ne te désobéirai pas". "Eh bien, dit l'autre, si tu me suis, ne m'interroge sur rien tant que je ne t'en aurai pas fait mention."
(S. 18- V. 65 à 70)
Le prophète Moïse a rencontré quelqu'un qui n'était pas prophète mais qui détenait une connaissance de Dieu qu'il avait reçu directement de Dieu. Pour pouvoir le suivre dans la tariqa, Moïse a pris l'engagement de ne jamais lui demander "pourquoi" ou "comment". Enfin, Moïse n'a jamais pris son maître mystique pour Dieu.
Pour certains, le Prophète (PBDL) était le proto-type de l'Homme-Parfait; pour d'autres, la perfection n'est pas de ce monde. Pour certains, le cerveau humain n'a pas été conçu pour imaginer Dieu; pour d'autres, c'est un vieillard à barbe blanche assis sur un trône, une canne à la main et une couronne sur la tête. Le fond du fleuve paraît sombre pour l'oiseau mais pas pour le capitaine. Le fond de la mer semble opaque pour le capitaine mais pas pour la baleine. Ô Seigneur, ne comptabilise pas la cécité dans mon livre *
Kond Seydou
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
Education:
Ces enfants musulmans sans avenir
- Par Moussa Sangaré -
La communauté doit se mobiliser pour construire des établissements islamiques. Les promoteurs privés sont donc invités à s'organiser le plus rapidement possible; l'avenir de nos enfants en dépend.
JADIS formés à l'école coranique où ils recevaient une éducation purement spirituelle, les enfants musulmans sont désormais formés dans les medersas où ils sont en plus préparés à la communication.
L'histoire nous enseigne que la cohabitation Islam-Occident n'a pas été toujours amicale. Et l'animosité entretenue aujourd'hui encore par les Etats héritiers du colonisateur à l'égard de l'Islam est sans doute le prolongement des querelles de l'histoire. On peut donc comprendre aisément pourquoi les écoles musulmanes sont tenues en respect par les autorités sous la tutelle du ministère de l'intérieur et régies par des textes qui datent de 1922.
Les écoles islamiques doivent se doter de structures fonctionnelles.
L'ETAT n'est pas le seul responsable de ce dommage, sont aussi à condamner les parents d'élèves et les promoteurs de ces écoles. En effet, l'on ne soulignera jamais assez le mal dont souffre cet enseignement tant au niveau pédagogique qu'au niveau didactique : manque de formation des enseignants, d'évaluation des élèves, de cohérence dans les programmes et absence de matériels didactiques, insuffisance et irrégularité dans le paiement des salaires, locaux délabrés, manque d'hygiène, promiscuité dans les classes, inadéquation formation-emploi et taux de scolarisation insignifiant. On remarque que tout ceci relève de l'inorganisation, et de la cupidité qui mine les fondateurs de ces écoles. Or s'ils dépassaient les sentiments égoïstes, ils auraient pu de façon solidaire créer des structures solides et fiables, et une chaîne d'établissements medersas. Pareil projet n'est que chimère, raison pour laquelle, bon nombre de parents n'y inscrivent leur enfants que lorsqu'après l'école française, ils ne savent que faire d'eux ou lorsque ceux-ci sont frappés d'un handicap. Mais l'attitude des uns est justifiée par l'indifférence de l'Etat. Il serait aberrant de dire que ceux qui étudient dans ces écoles sont justes bon pour être des marabouts (encore que là ils demeurent utiles à bon nombre de personnalités politiques et administratives).
Les difficultés des nouvelles écoles
DANS les nouvelles écoles, à côté du programme officiel seront enseignés l'Islam et l'arabe. Doit-on pour autant appeler ces écoles: franco-arabes? Accepter cette dénomination, c'est frapper d'ostracisme ces écoles et les reléguer au second plan. On ne comprend pas pourquoi l'administration évite le mot islamique: en a-t-elle peur? Il est tout de même étonnant qu'on soit bourré de préjugés et de méfiance à l'égard d'une religion aussi ouverte que l'Islam.
Suite P. 8
ABOBO:
L'Islam face au modernisme
LE Dimanche 1er Août, s'est tenu à l'EPP Banco II, une conférence sur le thème "Islam et modernisme". Cette conférence, animée par Ustaze Samassi Abou de la Riviera III était organisée par le sous-comité communal AJMCI, parrainée par le député-maire M. Adama Sanogo et présidée par M. Ben Ouattara président du comité communal AJMCI d'Abobo. Le conférencier est entré en scène avec une interrogation: modernisme est-il synonyme de perversion, d'alcoolisme, de drogue ou de nudité? Pour l'Islam, la réponse est évidemment non.
Dieu invite les musulmans à la recherche du savoir, de la science et de la technique pour le bien-être de l'humanité et non pour sa destruction. Le Coran prescrit l'utile et proscrit le nuisible fut-il moderne. Il prescrit l'usage de la raison et incite à la recherche du savoir et au discernement. Le savant et l'ignorant sont différents chez Dieu, c'est pourquoi, il récompensera le premier *
D.H.L.
La suite du dossier
La femme, l'Islam et le modernisme
dans notre prochain numéro, Inch'Allah
Suite de la Page 4
* Un péril pour notre communauté
L'assurance avec laquelle le Cheick offrait ses "recettes" à l'auditoire nous a inquiété à plus d'un titre. Parmi ces recettes, l'on a pu retenir que la Fatiha guérit de tous les maux: il suffit de regarder le malade, de réciter la Fatiha, de se concentrer sur lui, sur le mal, de lui demander de le toucher, de souffler et il guérit aussitôt! On se croirait à l'époque de Jésus (Paix sur Lui).
Ensuite "Lahawla wala kwata" récité 100 fois guérit de 99 formes de maux dont le moindre est le souci... Toutes ces recettes étaient données dans un discours plein d'assurance et ponctué de "Je le jure". Propos de maître. La démonstration numérologique de près 30 minutes a fini par convaincre ceux qui étaient venus chercher des remèdes à leurs maux. C'est pourquoi plus d'un ont voulu que leur nom soit "déchiffré" afin qu'ils accèdent au mystère qui y est enfoui. Nos sœurs étaient les plus excitées. Elles ont étalé la volonté de dominer leur époux, au CCIA, où tout le débat a tourné autour de la question "Comment maîtriser son époux", alors que le thème de l'exposé était "Les droits et les devoirs des conjoints".
Au vu de tout ceci, on a l'impression que Cheick Tall était venu en véritable croisade mystique. Il a tenu à épater, à émerveiller, à acquérir l'adhésion à une cause. En plus nous disons que son discours et ses attitudes trahissent sa volonté de détruire le maraboutage. Plutôt il veut substituer à celui-ci le culte du mystique et du maître. A cet égard son passage constitue quelque part un péril pour notre communauté hétérogène. Si les mises en garde du Prophète Mouhammad (PBDL) n'ont pu empêcher les abus en Islam, nous ne pensons certainement pas que celles du Cheick Tall y parviennent. Alors nous affirmons haut et fort que son passage était inopportun. Peut-on construire une mosquée en commençant par le minaret? Non. Il faut d'abord le soubassement, un mur et une dalle avant le minaret.*
D.H.L.
PLUME LIBRE / Septembre 1993 / Du 14 Rabi'al Awwal au 15 Rabi'al Sani 1414 / Page 5
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Le premier
Lycée Islamique
ouvre ses portes à
Gagnoa
Dès la rentrée scolaire 93 - 94
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Premier établissement ivoirien dispensant la formation officielle complète avec en plus :
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Situé dans un cadre vaste et enchanteur, le lycée Islamique offrira à terme 46 salles de classes. Ouvert à tous, musulmans et non-musulmans dès la rentrée prochaine 9 classes dont 2 spécialisées de Science Physiques et Sciences Naturelles. Chacune de ces classes a une capacité de 40 places. Ce lycée bénéficie en amont d'une école primaire dont la première promotion a fait 60% d'admis au CEPE cette année.
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PLUME LIBRE / Septembre 1993 / Du Rabi'al Awwal au 15 Rabi'al Sani 1414 / Page 6
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PLUME EN LIBERTE
Bosnie
Viol au quotidien
Extrait du Novog Njesnika -été 1992
(quotidien paraissant à Zaghreb).
Quatre soldats serbes sont entrés dans une maison à Kozarak, un petit village. X les connaissait: c'étaient des voisins. Ils l'ont violée, chacun son tour. Dans un camp de réfugiés à Zagreb, elle témoigne. Cette histoire devenue banale sur ces terres de larmes, en vaut une autre.
MON nom, voulez-vous que je le dise? Je suis musulmane et j'ai trente-cinq ans. Mon deuxième fils qui vient à peine de voir le jour, je l'ai prénommé Jihad, pour qu'il n'oublie pas le serment maternel. Quand je l'ai allaité pour la première fois, je lui ai dit: "Si tu oublies, je maudirai ce lait avec lequel je te nourris."
Vous vous trompez si vous pensez que la haine m'est proche. Ce sont les serbes qui m'ont appris à haïr. Ces derniers mois, je ne ressens que du vide, ni douleur, ni amertume, uniquement de la haine. Je suis professeur de littérature, née et de peu morte à Iyas. Mon élève Zoran, le fils unique de mon voisin a uriné dans ma bouche, alors que des assassins au visage sans âme et amers ricanaient. Il m'a dit: «Tu n'es rien d'autre qu'une sale Musulmane!» Mon collègue, professeur de physique, a commencé à me battre en me donnant des coups dans le ventre. Aux enfants, j'enseignais l'amour pendant que leurs parents leur apprenaient à haïr tout ce qui n'est pas serbe, tout ce qui n'est pas orthodoxe. Mes amis étaient serbes. Le témoin à mon mariage était serbe. Pourrai-je un jour pardonner? Vous vous demandez ce que les serbes m'ont fait ? Ils ont violé ma mère sous mes propres yeux. Cette brave vieille femme qui avait commis le crime de prier Allah! Le viol a été commis par notre voisin Savo Pejic qui, après l'avoir violée, l'a égorgée. A ce moment-là, je me suis évanouie. Ils m'ont réveillée en me ruant de coups et ils m'ont obligée à me déshabiller en faisant le strip-tease. Près de moi, il y avait une fillette qui n'avait pas plus de dix ans. Mon malheur comparé au sien était moindre...
Je pense tout le temps à ma mère. Je sens constamment sa présence autour de moi, et je me fais des reproches car, justement ce matin-là, nous nous sommes querellées à cause de mon père. Elle se faisait trop de soucis pour lui. Il était parti rendre visite à notre famille, ce qui lui a sauvé la vie, mais pas pour longtemps. Au retour, quand il a appris ce qui s'était passé, il n'a pas prononcé un seul mot de toute la journée. Le lendemain, on l'a retrouvé pendu dans la chambre, près de la fenêtre par laquelle il pouvait voir le champs où il avait rencontré ma mère pour la première fois.
Mon mari? Je ne sais où il est ni ce qu'il fait. On m'a dit qu'il était en Macédoine avec notre fils. Je ne pense pas qu'il soit au courant de la naissance de notre deuxième fils.
Je fais tout pour garder mes esprits à cause de cet enfant qui vient d'arriver dans ce monde tourmenté. A chaque fois qu'il tourne la tête, je veux qu'il voit la cicatrice de mon éventration et qu'il n'oublie pas. J'ai du mal à vous raconter tout cela. Ils m'ont battue et, en me traînant par les cheveux, ils m'ont séparée du corps de ma mère. Jusqu'au quartier général, ils ne m'ont pas beaucoup frappée, quelques coups de pieds seulement. Ils m'ont dit: "Ce n'est que le début. Si tu ne dis pas où se cache le reste de ta famille..." Ils ont recommencé à une battre en m'arrosant avec de l'alcool. Ils étaient ivres. ***
Quand la bêtise humaine est exaltée, cela donne des cadavres, des ruines, la désolation, le viol et toutes sortes d'exactions...
Comprendre le bourbier Yougoslave
Une bonne partie des Oustachis Croates qui massacrèrent les Serbes pendant la seconde Guerre Mondiale avaient été recrutés parmi les musulmans de la province bosniaque. Les chrétiens orthodoxes serbes n'ont jamais applaudis leur appartenance au même pays que les catholiques Slovènes ou Croates. A l'ombre de l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie assurait la tutelle de la Bosnie-Herzégovine depuis le Congrès de Berlin de 1878. La Macédoine était Bulgare quand l'Italie occupait la Slovénie et que l'Albanie visait le Kosova. Voyage dans l'histoire pour comprendre l'imbroglio Yougoslave.
LE seul Etat commun au Slaves du sud" ou encore "Yougoslavie" est né sur le cendre de l'empire Austro-Hongrois à la faveur des traités de Saint-Germain et du Trianon de 1919, mais c'est en 1908 que l'empire annexa la Bosnie-Herzégovine peuplée de Serbes, de Croates et de Serbo-Croates musulmans encore appelés "musulmans".
Frontières mobiles
PENDANT la seconde Guerre Mondiale, l'Allemagne envahit le pays du roi Pierre II et créa un Etat Croate avec les province Civiles de Hongrie et la Bosnie-Herzégovine. La Macédoine "retourna" en Bulgarie, et la Slovénie fut confiée à l'Italie puis à l'Allemagne. Les séparatistes Croates opposés à l'idée d'une fédération Yougoslave avaient formé le mouvement dit des Oustachis, et c'est leur chef, Ante Pavelitch qui dirigea le nouvel Etat Croate. Les Oustachis procédèrent alors au massacre de la population Serbe, et le chef de la résistance nationaliste Serbe, le général Mikhailovitch repliqua par de sévère représailles. Le maréchal Josip Broz Tito (qui était Croate, soit-dit en passant) essaya alors de construire la grande nation Yougoslave, en organisant le découpage interne de la fédération. Ainsi la superficie de la Serbie fut réduite avec le détachement de la Macédoine et malgré le rattachement de la Voïvodine, et de nouvelles républiques furent créées : la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Montenegro et la Macédoine. Ceci devait permettre d'équilibrer les nationalités, mais la Serbie n'avait pas seulement perdu une partie de son territoire, elle abritait deux régions autonomes, la Voïvodine hongroise et la Kosovo albanais. Quant à l'armée fédérale, elle avait été créée pour éliminer les risques de dislocation interne et bien sûr d'agression externe. Mais elle fut paralysée par la sécession de la Slovénie il y a quelques mois, avant de voler en éclats avec le départ de la Croatie.
Conflit de religions
LES Serbes sont des chrétiens orthodoxes tandis que les Slovenes et les Croates sont catholiques. C'est peu dire que de souligner qu'ils ne se portent pas mutuellement dans le cœur. La plupart des Oustachis Croates qui massacrèrent les Serbes pendant la guerre avaient été recrutés dans la province musulmane de Bosnie-Herzégovine. Tout est clair quand on sait que la Bosnie aujourd'hui(?) est composée de 40% de musulmans, de 30% de Serbes et de 18% de Croates, et que le rêve de Tito a eu le mérite de créer un melting-pot très dense dans les grandes agglomérations urbaines. On le voit que tous les pays musulmans soutiennent la Bosnie n'a aucune incidence sur la configuration du terrain.
Nationalisme et tueries
AU XIXè siècle déjà, des intellectuels Croates et Slovènes avaient mis en chantier l'idée de la création du "Royaume des Serbes, des Croates et des Slovenes", le 28 Juin 1914, c'est un Serbe de Bosnie, Grabrilo Prinzip qui assassina l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo, donnant le coup d'envoi de la première Guerre Mondiale. Quand le roi Alexandre Ier s'installe sur le trône de la Yougoslavie en 1926, il devient la cible des séparatistes croates qui finissent par l'assassiner à Marseille en France, en 1934. Avec le vent de la liberté qui a soufflé sur le monde entier en 1990, des mercenaires issus d'organisations racistes hongroises, autrichiennes, allemandes et françaises furent recrutés pour aller combattre en Croatie. Depuis, le sang ne cesse de couler en Bosnie. Toute cette haine finira-t-elle un jour ? Inch'Allah *
Par Koné Seydou
K. S.
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PLUME LIBRE / Septembre 1993 / Du 14 Rabi'al Awwal au 15 Rabi'al Sani 1414 / Page 7
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PLUME POLITIQUE
Pouvoir militaire
Khaled Nezzar-Babangida : quelle différence ?
Dembélé Al Seni
QUELQUES jours après les élections du 12 Juin 1993, au Nigeria, les plaintes fusent de partout. Les tribunaux, saisis par les différents antagonistes, donnent des verdicts officieux. Pour éviter que les institutions ne soient "discréditées" et la justice "déshonorée", le gouvernement militaire du général Ibrahim Babangida décide d'annuler purement et simplement ces élections. Le retour à une vie constitutionnelle normale, dans le plus grand pays d'Afrique, côté population, est remis à plus tard car il vient de "démissionner" pour céder sa place à un gouvernement de "transition".
Il fallait s'y attendre, l'action des militaires au pouvoir à Lagos a mis en branle la machine des défenseurs des droits de l'Homme. De Washington à Londres, de Paris à Tokyo, les condamnations furent unanimes.
Obliger les militaires à respecter la volonté du peuple
DES sanctions immédiates ont été prises. Londres a gelé toute aide directe, quand le pays de la bannière étoilée décrétait un embargo sur les livraisons d'armes au géant africain. Il y a de quoi applaudir cette initiative des grands de ce monde. En effet quoi de plus louable qu'une action en vue de contraindre des hommes au pouvoir, de surcroît des généraux putschistes, à se plier à la volonté populaire ?
Mais (car il y a un mais), on ne peut que garder une attitude prudente devant cet acharnement occidental contre le régime de Babangida. Et pour cause ! En matière d'annulation d'élection libre, les autorités militaires nigerianes n'innovent pas. En Décembre 1991, les militaires algériens sous la conduite du général Khaled Nezzar bloquent le processus démocratique dans ce pays et pis, arrêtent et incarcèrent les principaux dirigeants du parti qui avait raflé plus de 80% des sièges aux législatives et qui donc partait pour remporter les élections présidentielles.
Algérie-Nigeria : kif-kif !
DEVANT ce "hold-up" politique unique en son genre les chantres du monde libre ont choisi de donner une prime aux soldats algériens pour "le beau travail accompli pour la liberté". Avec ce satisfecit international, les usurpateurs au pouvoir en Algérie se sont mis à opérer un "nettoyage religieux" avec le résultat que l'on sait.
Le traitement à "géométrie variable" de l'action des généraux algériens et nigerians laisse planer une "suspicion légitime" sur les occidentaux. Les américains et leurs alliés occidentaux auront beau "se lamenter" sur le cas nigerian. ils ne pourront convaincre personne de leur philanthropie et de leur honnêteté. L'axe I.T.T.-Abiola est bien connu de tous. Même si cela n'excuse pas les militaires de Lagos.
*
Suite de la P. 5
Afin de dégager le cadre de coopération entre l'Etat et les fondateurs des écoles confessionnelles islamiques, il a été signé une convention.
Le premier problème posé est celui relatif à l'organisme habileté à signer la convention. Pour l'instant compétence a été reconnue au Conseil Supérieur des Imams.
La convention évoque également la création d'une direction privée de l'enseignement islamique. Les fondateurs doivent donc s'unir au sein d'une structure organisée. Mais ce qui parait illusoire, c'est la subvention que le gouvernement pourrait accorder aux fondateurs. Cette inquiétude relève du fait que l'Etat n'affecte plus ses enseignants dans les écoles privées et de plus, il retire ceux qui y étaient déjà affectés. C'est seulement par l'orientation des élèves que les école peuvent recevoir une subvention de l'Etat. Les fondateurs doivent donc se préparer à voler de leurs propres ailes or matériellement, rares sont les fondateurs qui peuvent faire face. Même si nombre d'entre eux ont reçu des aides substantielles de pays arabes pour la construction de leurs écoles, et qu'ils ont plutôt investi dans d'autres secteurs d'activités.
Le sort des écoles franco-arabe.
AU stade actuel des choses les écoles franco-Arabes sont vouées à une mort certaine. En effet en les ayant cloisonnées sous la tutelle du ministère de l'Intérieur, ils deviennent des parias du système éducatif. Ces écoles ne doivent pas disparaître pour autant. De nombreux parents, faute de moyens continuent d'y inscrire leurs enfants. Une voie de solution peut être trouvée. Elle consisterait à créer d'une part des centres de formation technique pour initier les enfants à des métiers. Pour faciliter cette intégration, il serait souhaitable de préparer les enfants pendant un certains temps au français. D'autre part, les intégrer au système d'enseignement général, car l'expérience a montré que la plupart de ceux qui ont fréquenté l'école franco-arabe et on présenté l'entrée en sixième comme candidat libre ont réussi.
Cela illustre bien qu'on peut tirer quelque chose de positif de ces établissements. Seulement tout est lié à la volonté politique.
*
Moussa Sangaré
Le Mot Caché N°9
L'Esprit de Vérité dont la venue est annoncée dans la Bible.
Aïcha - Ali - Ami - Azan - Chérif - Coran - Don - Foi - Hadj - Hassan - Ibrahim - Islam - Issa - Miraj - Moussa - Nid - Nouh - Perse - Quibla - Rahman - Salat - Sols - Sunna.
[Grille de mots cachés]
Par Koné Seydou
Mots Croisés N° 11
[Grille de mots croisés]
Horizontalement
I- Foi. II- Rouge anglais - Morgue épars. III- Article arabe - Néant dans un sens - Alternative. IV- Le Transcendant - Lettres de maudit. V- Gosse brouillon - A moitié. VI- Ça aussi c'est anglais - Scorie épars. VII- Confiance - Lettres de creuser. VIII- Dans un sens c'est une petite ville - Finir sans tête. IX- Appréciation inversée - Ville brésilienne. X- Calme, absence d'agitation.
Verticalement
1- Ensemble de principes directifs - Descendant. 2- Culte. 3- Note inversée - Juger. 4- Deshabillée - Saison des vacances en Europe. 5- Mesure temporelle - Exhortation. 6- Après ou avant le jour - Registre marchand - Négation. 7- Fruitier européen. 8- Infinitif - Peindre. 9- Prénom très croyant. 10- Abandon de soi.
Solution des jeux précédents
Le Mot Caché N° 8 : Ignorance
Mots Croisés N° 10 :
Horizontalement : I- Idriss Koné. II- Noé - Tir - Il. III- Tidjane Ba. IV- Tu - Naji. V- Dn - Nef. VI- Las - Salat. VII- Un - Lutte. VIII- Makoni - EEG. IX- Emirs. X- Bondoukou.
Verticalement : 1- Int - Plume. 2- Doit - Anamb. 3- Reduos - Kio. 4- Born. 5- Stands - Nsd. 6- Sinan A5. 7- Krej - Lu - Cu. 8- Binaté. 9- Nia - Etté. 10- El - If - Egou.
PLUME LIBRE / Septembre 1993 / Du 14 Rabi'al Awwal au 15 Rabi'al Sani 1414 / Page 8