Issue
Plume Libre #17
- Title
- Plume Libre #17
- Type
- Périodique islamique
- Publisher
-
Plume Libre
- Date
- July 1993
- issue
- 17
- Abstract
- Mensuel islamique ivoirien d’informations générales
- number of pages
- 8
- Subject
- Comité National pour l'Organisation du Pèlerinage à la Mecque (CI)
- Maconi Cissé
- Hadj
- Extrémisme
- Language
- Français
- Contributor
-
Frédérick Madore
- Identifier
- iwac-issue-0001339
- content
-
CHU de Treichville : lentement une mosquée sort de terre.
PLUME libre
Juillet
1993
Prix :
125
N° 017
MENSUEL ISLAMIQUE IVOIRIEN D'INFORMATIONS GÉNÉRALES
"Paix sur celui qui apprend le Coran et l'enseigne aux autres"
Parole du Prophète Mouhammad (Paix et Bénédictions de Dieu sur lui)
PELERINAGE 93
Le Pdt du CNI intronisé en terre sainte
La Côte d'Ivoire Honorée
La Grande Famille de l'Islam «les sunnites
les lecteurs réagissent»
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BRIGITE BARDOT
UN HUMANISME SUR MESURE
A L'OCCASION de l'Aïd el adha (Tabaski) 1993, l'ancienne sex-symbole française Brigite Bardot n'a pas trouvé mieux pour se mettre en vedette que de déclarer que «le sacrifice des milliers de moutons par les musulmans est un acte barbare auquel il faut mettre un terme». On ne peut pas manquer de tirer son chapeau devant "tant de sensibilité et d'humanisme" pour... les moutons. Bravo Bardot ! Mais dites-moi chère âme sensible, savez-vous où se trouve la Bosnie-Herzegovine ? A quelques heures seulement de votre pays. Là-bas, ce sont des femmes, des enfants, des vieillards, aussi blancs et européens que vous, qu'on égorge, qu'on mutile, qu'on viole. Le son de leur voix emprisonnée, le regard des enfants en détresse ne vous sont-ils pas parvenus ? Certainement pas ! Car je suis convaincu que vous ne sauriez rester indifférente devant tant d'honneurs qui nous ramènent aux temps les plus obscurs, du fascisme et du nazisme.
Chère Bardot, c'est bien de verser des larmes pour des moutons mais c'est encore mieux de s'apitoyer sur les atrocités que subissent ces enfants au cœur même de l'Europe. A moins que une fois de plus cet humanisme ne soit sur mesure *
Dembélé Al Séni
EDITO-PLUME
1414 "Année nouvelle dans l'incognito"
par Dembélé Al Séni
ON ne demandait ni la frénésie annonçant la Saint Sylvestre, ni le frétillement précédant la Noël ! Mais pour l'année nouvelle islamique, on était (au moins) en droit d'attendre de chacun et de tous "ces petits quelques choses" qui font la différence entre les jours importants et les jours ordinaires. L'indifférence, dans laquelle s'est effectuée l'avènement de l'an 1414 du calendrier islamique pose un problème de fond, celui de l'identité de la Oummah. En effet, pour être, il faut avoir des repères, des références, une histoire, un avenir (en terme de dessein pour le cas d'une civilisation). C'est cet ensemble et la force d'adhésion à cet ensemble qui donnent sa spécificité à tout groupe et lui confère une identité propre. Certes, il ne faut pas être réfractaire à tout apport extérieur, mais valoriser ses symboles est un signe de la conscience qu'on a de soi et de la volonté de s'assumer. Un dialogue de civilisation ne peut réellement exister que si les parties en présence viennent chacune avec sa contribution à verser dans la besace commune. Il s'en trouvera des esprits pour dire que l'Islam n'a pas besoin d'une fête de plus. Soit ! Mais adopter une telle attitude à l'égard d'un événement aussi important que l'avènement de l'année nouvelle d'une civilisation, c'est volontairement mettre à l'écart un pan de l'histoire de cette civilisation et mieux, c'est dans ce cas express s'exclure du processus de compréhension et de maîtrise du temps. Quand on sait également que la plupart du temps, ce sont les évènements non-islamiques qui sont choisis par nombre de musulmans pour rendre la famille heureuse et raffermir les liens sociaux (cadeaux, visites...). On comprend davantage la nécessité à valoriser le nouvel an islamique. Le prophète Mouhamed (SAW) a dit dans un hadith "faites-vous des cadeaux et vous vous aimerez davantage". Bien entendu, si on s'aime davantage pour les cadeaux, les occasions de ces cadeaux font eux aussi l'objet d'une attention particulière. Ce n'est pas un hasard si la Noël est chaque année impatiemment attendue par les enfants ! Ils se crée une sympathie et une affection entre eux et cette fête.
Ce n'est pas faire du mimétisme que de vouloir redonner à un évènement d'importance la place qu'il mérite dans notre histoire et dans notre devenir. Toute tentative de banalisation de cet événement entrera dans la logique qui consiste à faire de nous nos propres fossoyeurs. Sans encrage sociologique ou Historique nous serons ballottés au gré des humeurs et des évènements (avec ou sans fondement) des autres. En somme,nous deviendrons bon gré malgré des auxiliaires pour relancer les évènements des autres et piétiner les nôtres. Loin d'êtres un banal plaidoyer pour une fête, l'enjeu ici,on le voit englobe la lutte idéologique entre civilisations, lutte tentaculaire, complexe et multi-dimensionnelle. La force de la banalisation est très usitée dans ce domaine. C'est elle par exemple qui nous amène à être évasifs devant les événement en Algérie,en Egypte, en Somalie, à ne pas nous sentir concerné par la tragédie des bosniaques ou à penser que la Djihad du Cachemire à lieu sur une autres planète.
«14 14» est là et notre journal "Plume Libre" en profite pour vous adresser ses meilleurs vœux ! Qu, Allah nous aide à faire avancer l'Islam avec une communauté unie et fraternelle *
PLUME SERVICE
NAISSANCES
* Le frère Soumaïla Diallo,professeur au CEG de Guitry et madame ont la grande joie d'informer la Communauté musulmane de la naissance de leur fils, Diallo Cheick Abdrahmane Ben, le 13 mars 1993. La rédaction de Plume Libre adresse ses félicitations au couple Diallo et formule des bénédictions pour le nouvau-né. Que Allah en fasse un de Ses fervents serviteurs. Amine.
* Le frère Gbané Bakary rédacteur à Plume Libre et Madame ont la joie d'annoncer à la communauté musulmane qu'ils viennent d'être élus heureux parents d'un Garçons. L'enfant est né le 24/06/93 à la maternité du CHU de Yopougon. Toute les félicitation de la rédaction Plume Libre à la mère et au père, ses bénédictions au nouveau né et sa gratitude à Allah pour cette marque de confiance.
Décès
Bamba Vamoussa s'en est allé
Il s'en est allé, mort à la tâche, laissant dans l'emoi toute la communauté musulmane, qu'il a si souvent préférée par ses présences remarquées, ses actes combien discrets et efficaces. La Côte d'ivoire entière est sensible à la perte de fervent musulman. Mais que faire ? pleurer ?
Non, Bamba Vamoussa ne mérite pas des larmes, il mérite prières et bénédictions. Dans ces prières, nous nous souvenons opportunément, nous, musulmans de Niangon, que nous devrions bâtir avec toi, une mosquée. Tu ne seras donc pas à l'inauguration de cette preuve testimoniale de ta foi. Bamba Vamoussa est allé pour le voyage sans retour. C'est à juste titre d'ailleurs, que sentant la fin, tu as dans un dernier soupir, manifesté le désir de subir l'ultime lavage rituel avec l'imam Aly Ouattara. Tu as vraiment tenu le pari, en servant la cause de l'Islam triomphateur.
Que Allah t'accorde Sa miséricorde.Adieu Bamba Vamoussa.Adieu *
Doumbia Nouh
Repose en paix frère Bamba Vamoussa
Plume Libre
La qualité fait la différence
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PLUME RELIGIEUSE
La Grande Famille de l'Islam
Les lecteurs réagissent
★ La théologie : une affaire de spécialiste
Une seule prière en Islam
Quelques remarques sur l'article du frère Koné Seydou à propos de son article "La grande famille de l'Islam : 1ère partie : Les sunnites. Cet article bien que riche en informations historiques mérite de notre part quelques remarques importantes. D'abord à la lecture de l'article l'on ne doute point des sources d'informations de notre frère Koné Seydou. D'abord en affirmant qu'Oumar est le père de nombreuses innovations. Cette affirmation peut être dangereuse si l'auteur vise les innovations en matière de culte car ceci est un péché et a notre connaissance cela ne peut être qu'une affirmation gratuite.
Oumar (R) a vecu avec le prophète et il a pratiqué un Islam conforme à celui pratiqué par le Prophète Mouhammad (S.A.W). L'aversion de certains groupes musulmans pour Oumar (R), Abou Bakr et Ousmane ne doit pas nous pousser à dire des énormités des compagnons du Prophète (S.A.W). A propos de la barbe il est bon de savoir qu'il s'agit de plusieurs hadiths authentiques qui incitent les hommes à la garder c'est pour cela que des milliers de musulmans ont la barbe par respect pour la tradition du Prophète Mouhammad (S.A.W) qui est la référence.
Que l'auteur de l'article retourne aux sources de l'Islam.
Quant à la prière dite sunnite nous devons dire que contrairement à ce qu'il affirme, on ne prie pas toujours vers l'est mais on prie toujours dans la direction de la Mecque si en C.I cette direction est l'est elle n'est pas l'est dans tous les pays. C'est un problème d'orientation par rapport à la Mecque et tous les musulmans toutes tendances confondues prient vers la qibla (direction de la Mecque). Si le wahabisme est un courant reformiste il n'est cependant pas une école juridique ou une autre religion jusqu'à avoir sa
Omission
Une erreur de manipulation survenue à l'imprimerie a rendu certaines parties du texte sur les sunnites incompréhensibles. Les voici :
1ère Colonne : il menait une existence d'une austérité extrême et quand ses troupes obtinrent la reddition de Jérusalem, c'est un homme modestement habillé et tenant en laisse un chameau sur lequel était assis son serviteur (ils montaient à tour de rôle !) qui vint prendre les clés de la ville à la stupéfaction générale.
2e colonne : Avec lui, le "califat bien guidé" (al-khilafa al-Râchida) qui s'efforçait de maintenir et poursuivre la Tradition du Prophète disparaissait pour faire place aux stratèges politiques et autres militaires. Ce sont ces quatre califes qui ont pu faire l'unanimité dans la oumma.
Toutes nos excuses.
prière spécifique c'est pour dire que nous nous portons en faux contre cette affirmation où le frère Koné dit : "ici finit la prière wahhabite." Dans le groupe sunnite il y a une seule prière reconnue par tous. C'est celle qui commence par le Takbirat Al Ihram et finit par le salam. Là où frère Koné Seydou a debordé le seuil de tolérance, c'est lorsqu'il affirme avec force que le Prophète Mouhammad (S.A.W) n'a jamais croisé les bras et que cela est une innovation d'Oumar (R) et pire une coutume. Cela est une affirmation grave car lire quelques livres sur l'Islam ne fait pas de quelqu'un un théologien. Il est bien qu'il sache que ce sont des dizaines et dizaines d'hadiths de sources authentiques qui le soutiennent et l'écrasante majorité des sunnites prie de cette façon. Donc c'est bel et bien une tradition de notre saint Prophète (S.A.W). Nous invitons le frère à faire attention à ce qu'il dit et surtout lorsqu'il s'agit des honorables compagnons du Prophète (S.A.W). Nous l'invitons donc à revoir ses sources d'informations et d'avoir beaucoup de retenue lorsqu'on parle des choses importantes comme dans le cadre de la religion.
Que Dieu nous guide sur le droit chemin *
L'imam Sékou Sylla.
Il n'existe point de prière "sunnite" ni de prière "chiite", mais celle musulmane enseignée par Muhammad (S). Tout ce qui est contraire à sa tradition est autre chose. Allah ne nous dit. Il pas «Vous avez très certainement dans le Messager d'Allah un meilleur modèle à suivre pour ceux qui espèrent rencontrer leur seigneur et voir le jour ultime.» 5.33 A 21.
La prière musulmane commence par le Takbiratul Ihram (Allaahu Akbar) et se termine par le taslim ou salaam.
Selon Aishah (R) «L'Envoyé d'Allah (S) commençait la salaat par le takbiir (...) Il terminait la salaat par les salutations.»
Il est donc faux de dire que c'est la prière des "Wahhabites" qui prend fin avec la salam. Rien de tout ce que vous avez cité après la salaam ne fait partie de la prière. Vous le comprendrez mieux avec ce hadith.
Abu Hureira (R) a dit «Quelques personnes pauvres vinrent chez le Prophète (S) et dirent "Les riches seront en degrés plus élevés et auront le
bien être permanent. Ils accomplissent la salaat et jeûnent comme nous. Ils ont plus de richesses avec les quelles ils accomplissent le pèlerinage et la Umra et combattent dans le chemin d'Allah, et ils font l'aumône.
Le Prophète dit : "Ne voulez vous pas que je vous dise quelque chose que si vous la faites vous serez avec ceux qui vous ont dépassés? Après cela personne ne vous surpassera et sera meilleur que vous sauf ceux qui font, de même. Récitez après chaque salaat:
Sub'haanallaah 33 fois
Al Hamdulillaah 33 fois
Allaahu Akbar 3 3 fois
Nous avons différé et certains d'entre nous disaient que nous devons réciter.
Sub'haanallaah 33 fois
Al Hamdulillaah 3 3 fois
Allaahu Akbar 3 4 fois
Je suis allé chez le Prophète (S) pour l'en informer et il dit : récitez soub'haanallaah, Al Mamdulillaah et Allaahu Akbar 33 fois»
Ce hadith nous informe également que la formule "Allaahu Akbar" ne se récite que 33 fois et nullement 34 fois comme Le Frère Koné Seydou le dit. Ni les bénédictions (du'a'v ni la récitation de la Fatiha après ces du'a'v ne font partie de la prière musulmane.
La Position des bras dans la prière
Le fait de mettre la main droite sur l'avant bras gauche dans la prière est une pratique du Messager Muhammad (S) lui-même et non une innovation de quelque personne que ce soit. Comment Umar (R) pourrait-il ordonner aux croyants ce que le messager (S) n'a pas enseigné ?
L'acte de poser la main de la droite sur l'avant-bras gauche est pratiqué dans toutes les maazahib (écoles juridico-théologiques) et non uniquement dans celle hambalite. Même l'Imam Maalik ibn Anas dans son livre Al Muwatta atteste que le Messager (S) l'a fait.
En outre les hommes et les femmes étant égaux dans l'adoration la position des bras est la même aussi bien pour les hommes que pour les femmes.
Nous avons pour preuve, entre autres, ces hadith.
1- Sahl bnu Sa'd (R) a dit "Les gens furent ordonnés de mette la main droite sur l'avant-bras gauche.
Abu Hazem ajoute "Je savais que cet ordre venait du Prophète (S)."
2- Ibn Mas'ud (R) accomplit la salaat et plaça la main gauche sur la droite. Quand le Prophète (S) le vit, il prit sa main droite sur la gauche.
3- Tawous et Wael bnu Hujr (R) ont dit :"Pendant la salaat, l'Envoyé d'Allah (S) posait sa main droite sur la gauche et puis il les pressait contre sa poitrine."
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PLUME RELIGIEUSE
Hadj 93 on est sur la bonne voie mais...
Le pèlerinage de cette année a connu une participation ivoirienne de plus de mille personnes. Son organisation était placée sous la haute responsabilité du CNOPM (Comité National d'Organisation du Pèlerinage à la Mecque). Avant le départ des pèlerins nous avons fait état de toutes les promesses faites par ce comité. Au retour des pèlerins nous en étions sur les lieux, reportage.
CE qui nous a frappé le plus, c'est le nombre important de jeunes personnes qui ont effectué cette année le pèlerinage. Pour El Hadj Koné Lanciné Journaliste à la T.V. lui-même jeune «le pèlerinage n'est pas un diner gala. Il requiert une certaine vigueur physique». Car dit-il j'ai vu des vieillards souffrir sous le soleil notamment au cours du Tawaf et du parcours de Safa et Marwa. Sur tous les visages on lisait la gaieté et la joie. Selon El Hadj Démbélé Yahaya cela est dû au fait que les pèlerins ont été mis en confiance durant tout le trajet. A tel point, ajoute t-il qu'un équipage a avoué que c'est la première fois qu'ils voient des pèlerins partir sereins et confiants. Il estime que c'est l'ambiance entretenue dans l'avion qui a permis cette décrispation.
Ce travail de préparation psychologique a été l'œuvre de la sous-commission encadrement dont nous avons rencontré un des membres en la personne de El hadj Ladji Camara. Il nous relate ici ce qu'ils ont fait dans ce sens. Nous avions assuré la prédication partout où cela était possible. Excepté toute fois dans les cars transportant les pèlerins de Djaddah à Médine. En effet ces cars étaient seulement destinés aux pèlerins or nous n'étions pas considérés comme tel. Le rôle des encadreurs ne s'est pas limité à la prédication, il a aussi consisté à celui de guide c'est-a-dire indiquer aux pélerins les lieux saints et historiques de l'Islam. Sans oublier que très souvent ils se sont promener à la recherche de malades qu'ils se chargeaient de conduire au dispensaire.
Nous avons rencontré El hadj Hamidou Sawadogo qui nous livre ses impressions sur le travail de l'équipe médical : Je souffrais de la toux, mais grâce aux médicaments qui m'ont été prescrits j'ai été soulagé. Cela m'a d'ailleurs permis d'accomplir tous les rites sans difficulté. A présent je souffre seulement de Rhume (c'était général).
Selon les témoignages les deux sous commissions, encadrement et médicale ont pleinement rempli leur mission. L'impression générale qui se dégage nous laisse dire que pour un coup d'essai le CNOPM a fait un coup de maître. Jugez-en par ces propos : D'abord ceux d'El Hadj Koné Lanciné.
"Je pu vous dire sans démagogie aucune que le comité a réussi sa mission. En effet il y a trois choses essentielles que le pèlerin redoute.
1- L'arrivée à Djeddah pour les formalités; elles ont été faciles.
2- Le logement : les années passées ceux qui s'occupaient du logement prenaient le même vol que les pèlerins. Cette année les responsables sont allés bien avant le premier vol des pèlerins. Alors le pèlerin à son arrivée avait déjà son logement.
3- L'arrivée à Arafat. : Je pu affirmer que cette année le dernier groupe de pèlerins ivoiriens est arrivé à 10 heures or les choses sérieuses débutent à partir de 12 heures."
El hadj ladji Camara nous a informé que cela a été possible à Arafat et pour d'autres endroits tels que Mina, Muzdalifa, car les pèlerins se sont toujours levés le plus tôt possible, quelque fois même depuis minuit.
Dans toute cette organisation on est en droit de se demander quel a été le rôle de l'Ambassade. Pour El hadj Koné Lanciné : cela a été d'un atout psychologique très appreciable. Et d'ailleurs le personnel de l'Ambassade était constamment à leur côté. Ils ont même quelque fois partagé les mêmes chambres qu'eux.
Faut-il conclure au terme de ce pèlerinage que tout a été parfait ? Il faut reconnaître que non. Mais le CNOPM, comme le dit El hadj Koné Lanciné, a des circonstances atténuantes Car dit-il c'est après le départ du premier convoi
La délégation officielle honorée
LOUANGE au Seigneur pour tous les bienfaits auxquels il ne cesse de faire acceder les musulmans de Côte d'Ivoire. En effet ayant pris la relève du Comité interministériel, le comité National pour l'organisation du pèlerinage à la Mecque qui était à sa première expérience cette année n'est pas passé inaperçus en Arabie et a bénéficié d'une très grande marque d'attention de la part des saoudiens comme le témoignent les échos qui nous sont parvenus :
- Les autorités politique et religieuses (dont un descendant du Prophète Mohamed PBDL) ont accordé plusieurs audiences aux officiels ivoiriens.
- El Hadj Idriss Koné, président du CNI a été élévé au rang de haut dignitaire religieux.
- L'honneur est revenu au président Idriss Koné d'être le porte parole des délégations africaines au Hadj 93.
- Les officiels ivoiriens ont été les seuls délégués autorisés à assister au lavage de la Kaaba.
- L'équipe médicale dirigée par le Docteur Kader Kéïte qui était composée de 4 médecins et de 12 infirmiers a travaillé sans répit à cause des 3000 consultations qu'elle a enregistrées.
- Les pèlerins ivoiriens étaient au nombre de 1865; seul un cas de décès a été signalé Plume Libre présente ses condoléances à la famille éplorée *
Une sélection de Ryabak Nagbe
Du 8 au 16 Août 93
Séminaire culturelle de l'AJMCI comité communal Cocody
Thème : Jeunesse Musulmans
Quelle contribution à la lutte contre le SIDA
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PLUME RELIGIEUSE
Un premier bilan satisfaisant
DES propos recueillis, il ressort que l'organisation du pèlerinage a été satisfaisante dans son ensemble. Toute fois un point d'ombre a existé. C'est au niveau de l'accueil à l'aéroport d'Abidjan. Et avant tout il faut reconnaître que c'est la première fois que les pèlerins réussissent dès leur débarquement à partir avec tous leurs bagages le même jour. C'est grâce à la collaboration de la douane que cela a été possible; Mais là où ça n'a pas marché c'est au niveau de l'accès dans la salle pour les formalités de fouille. Si dès les premiers jours le manque d'expérience a joué contre les organisateurs, raison pour laquelle ils n'ont pas pu maîtriser les choses, les autres jours c'est "l'interventionnisme" et le trafic d'influence qui leur ont nuit. En effet toutes les dispositions au niveau de la sécurité ont été prises pour que n'accèdent à la cour de l'aéroport que les membres du comité d'organisation. Hélas force a été de constater la salle était toujours emplie de quelques personnes venues accueillir leurs parents au grand dam de la majorité restée sur la rue. Les individus pour la plupart des "corps habillés" ou leurs parents n'ont pas facilité la tâche de l'organisation. Au moment où des pèlerins attendaient sagement leur tour, d'autres grâce à leurs parents abusaient de leur patience en se faisant servir avant les autres. Que l'on voit cela dans d'autres cadres : C'est une vertu là-bas, mais que cela se rencontre dans une organisation musulmane et de surcroit avec des gens venus pèlerinage c'est-à-dire venus de la purification cela est un péché. "Les corps habillés" ou ceux qui ont une fonction influente quelconque doivent savoir que tous les musulmans sont égaux et que c'est la raison pour laquelle nous finirons tous mangés par la terre. C'est le lieu de dire que l'on doit se débarrasser de vieilles habitudes et mentalités rétrogrades. Ceux qui voudraient faciliter les formalités douanières de leurs parents doivent nécessairement attendre que le tour de ces derniers arrive. A cause de ces interventions des pèlerins frustrés ont voulu forcer l'accès à la salle de fouille lorsque la douane voulait arrêter le travail. Ils se sont faits rudoyer par les douaniers qui en faisant usage du cross de leur fusil ont blessé une hajja à l'œil les membres du comité d'accueil doivent être vigilants, ils doivent user d'astuce et d'intelligence pour que leur travail soit efficace. En outre il serait souhaitable que l'on interdise l'accès de la zone de l'aéroport aux cars transportant des personnes venues accueillir des pèlerins. Cela limiterait l'affluence dans cette zone. Par ailleurs les "corps habillés" musulmans doivent faire preuve d'humilité en restant loin de certaines choses. Ils doivent éduquer leurs parents, leur permettre de comprendre que pour le progrès de l'Islam et dans l'intérêt de leur adoration ils ne doivent pas se mêler des interventions. Cela ne risque t-il pas de ternir leur image ? *
Sangaré Moussa
qu'a eu lieu la passation de service entre l'ex-comité interministériel et le CNOPM.
Le pèlerinage 1993 restera en tout état de cause à jamais gravé dans les esprits des hadj. En effet pour El Hadj Hamidou Sawadogo qui était à son premier voyage, si tous les pèlerinages pouvaient être à l'image de celui de cette année, je suis prêt à renouveler l'expérience. En ce qui concerne notre confrère Koné Lanciné, trois sentiments l'ont animés. La fierté, la gratitude et l'enthousiasme.
La fierté relève du fait qu'il a vu des hommes et des femmes de toutes les nationalités et de toutes les couches sociales confondues en un seul devant Allah. Il s'est alors dit avec fierté ma religion a conquis l'univers.
La gratitude ensuite tient au fait que Allah lui a donné l'occasion d'accomplir le cinquième pilier de l'Islam. Il doit donc lui en être reconnaissant.
Enfin l'enthousiasme suscité par le fait qu'il a pu prier dans la mosquée du Prophète (SAW), qu'il a pu s'incliner sur son tombeau et celui d'autres saints. Et parce qu'il a pu visiter la Mosquée des "deux orientations et celle de Quba.»
(première Mosquée de l'Islam).
Madame Cissé Makoni que nous avons rencontré nous a confié que le pèlerinage est une expérience individuelle à laquelle elle invite chaque musulman qui en a les moyens. Comme on peut le constater ce hadj a été un succès. En attendant l'arrivée de tous les organisateurs pour tirer les leçons de cette expérience; prions Allah afin qu'il fasse se réaliser chaque année un pèlerinage d'un succès éclatant.
Mais justement le CNOPM doit considérer cette mission comme un défi permanent à relever. C'est à ce seul prix qu'il maintiendra la confiance de la communauté. Ce qui doit prévaloir c'est la rigueur dans l'organisation, le désintéressement dans le service et la satisfaction de l'intérêt général *
Interview
Vassiriki Touré (commissaire Général du CNOPM) "La communauté sera largement informée de notre travail"
Interview réalisée par Moussa Sangaré et Ryabok Nagnon
P.L. : M. commissaire du CNOPM, vos premiers mots au moment où vous revenez du premier pèlerinage organisé par le CNOPM. Etes-vous satisfait du travail que vous avez accompli ?
C.G. : Je vous remercie pour l'occasion que vous m'offrez de poursuivre le débat entamé avant notre départ. Il est vrai que nous avons fait beaucoup de promesses, mais il faut reconnaître que nous avons pris le pèlerinage dans des conditions assez difficiles. Il y a donc beaucoup de choses que nous avons souhaité faire mais que nous n'avons pu réaliser. Mais le peu que nous avons accompli a été apprécié apparemment par les pèlerins. L'innovation cette année c'était l'institution de l'encadrement religieux. Les jeunes commis à cette tâche s'en sont donnés à cœur joie. Ils ont non seulement enseigné les rites mais ils ont aussi répondu aux questions. Sur ce plan nous avons beaucoup de satisfaction.
Au niveau financier : dans une dizaine de jours, avec notre agent comptable nous pouvons faire le point de cette opération. D'ores et déjà nous pouvons dire que cela a été une autre grande satisfaction.
Au plan médical : Nous avons déploré un seul décès. Cette année l'équipe médical a été sollicité plus que par le passé. Cela veut dire soit qu'elle était plus disponible, soit qu'il y avait plus d'affections. En tout état de cause nous, avons constaté qu'elle a accompli sa tâche avec beaucoup d'abnégation. Hormis tout ceci nous avons pris des contacts avec l'ambassade, avec les autorités du hajj, tout ceci est un début rassurant pour l'avenir.
P.L. : Est-ce que le public aura droit à votre compte rendu financier ?
C.G. : L'Islam est transparent. Il va sans dire qu'au terme de notre travail le rapport sera mis à la disposition de la communauté.
Reste à savoir sous quelle forme. Nous allons convoquer une assemblée générale pour faire ce rapport et c'est cette AG qui décidera la forme à choisir pour l'information de la communauté.
P.L. : Q'en est-il de l'affaire des 30 millions que le comité interministériel doit. ?
C.G. : Nous avons épaulé le commissaire du gouvernement d'alors qui était chargé de liquider l'affaire. Avant notre départ seuls 12 millions étaient reconnus sur les 30 millions. Nous avons constaté que les arabes travaillent sur la base de la confiance. Ils disent qu'ils laissent cette somme à Dieu si nous ne la reconnaissons pas Ici c'est l'image du pays qui est en cause.
Dans tous les cas Nous avons pris contact avec le président de la république et celui-ci soucieux de l'image de marque de la Côte d'Ivoire a mis les moyens à la disposition de l'ambassade pour faire face aux dettes. Sur ce plan nous n'aurons pas d'inquiétudes car en tout état de cause si le montant des 30 millions est prouvé le gouvernement prendra ses responsabilités.
Pour le cas particulier de Médine, le logeur nous a dit que les envoyés du comité interministériel de l'époque sont venus le voir pour qu'il reduise le montant du loyer. Il leur aurait dit:"si vous venez avant telle date je vous fais le logement à 350 réaux mais au-delà ce serait la période du hajj je vous le fais à 400 réaux" Or les envoyés sont arrivés après la date convenue. Alors le comité interministériel a travaillé sur la base de 350 réaux au lieu de 400 réaux. Nous devons payer 40.000 réaux mais le logeur a accepte un abattement de 50%, plus ce qui avait été reconnu nous restons devoir 60.000 réaux. Sur ce plan il n'y a plus de problème.
En ce qui nous concerne avant notre retour, chacun de nos logeurs nous a signé un quitus
Suite P. 8
L'équipe médicale a été très solicitée au cours de ce pèlerinage.
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
Treichville
Construction de la mosquée du CHU :
Mettons tous la main... à la poche
Annoncés depuis quelques semaines, les travaux de construction de la future mosquée de CHU de Treichville ont effectivement commencé. L'importance de cet édifice dans un espace comme le CHU n'est pas à démontrer. Les musulmans qui l'ont compris se sont déjà manifestés. Selon M. Ouattara Abdoulaye, chargé de l'information au sujet de cet important projet, les apports des fidèles s'élèvent à ce jour à 5.181.850 F dont 3.231.865 en espèce et 469.500 F en nature. Les travaux du bâtiment qui sont présentement au niveau du chaînage ont déjà coûté la somme de 4.884.737 F. Comme on le voit, c'est un effort soutenu et conséquent qui est demandé à chacun pour terminer cette belle œuvre qui rendra d'énormes services à la communauté musulmane de Côte d'Ivoire. Les contributions sont reçues au siège de l'AJMT (Association des Jeunes Musulmans de Treichville Tél. : 24-69-12), au siège de la LIPCI et à la C.M.R (Communauté Musulmane de la Riviéra à la petite mosquée de Riviera route d'Anono Tél. : 43-47-58). Rappelons que la réalisation de la mosquée du CHU de Treichville se fait sous l'égide du CNI (Conseil National Islamique). *
Bientôt, les musulmans à l'instar de ceux de cette photo n'auront plus de soucis pour leur prière au CHU de Treichville
Suite de la P.3
L'ACTE DE LEVER LA MAIN
Cela ne se fait pas qu'au moment du Takbiratul ihram: «Quand l'Envoyé d'Allah (S) se mettait debout pour la salalat il levait la main à la hauteur des épaules puis récitait la Takbir. Quand il voulait s'incliner il faisait de même. Quand il se redressait, il faisait de même... Il ne le faisait pas entre deux prosternations. Il les levait à chaque fois qu'il s'inclinait jusqu'à ce que la Salaat fut achevée.» cf sunnan Abu Dawûd.
Le Prophète nous ordonne de la suivre dans la prière en ces termes: «Faites la salaat exactement comme vous me l'avez vu accomplir.»
Le Qu'raan et les hadiths
Le qur'aan a été écrit entièrement et appris par cœur du vivant du Prophète et sous sa direction. Parmi ceux qui ont participé à ce travail on peut citer Zeid ibn Thaabit, Muadh bnu Jabal, Aly et Ablullaak bnu mas'ud c'est la compilation (rassemblement de tous les fragments en un seul livre) qui s'est faite après la Bataille de yamaah. Et ce avec le plus de rigueur possible.
Quant aux hadith ils ont été également collectionnés avec rigueur. A titre d'illustration cette histoire de Bukhariy est éloquente. Lorque Bukhariy rassemblait les hadith il est allé trouvé un homme qui en connaissent beaucoup. Comme il a vu celui ci en train d'attirer une bête avec un étoffe vide, Bukhariy est retourné sans rien lui demander (des hadith) car pour lui celui qui trompe un animal peut également tromper les hommes-les hadiths sont classés en Sahiih (authentiques) Hassan (bon), Daiif faibles selon la chaîne de transmission la conformité d'avec le Qur'aan,etc.Les hadiths ne souffrent pas de contestations comme vous le faites croire .
Les Khulaphah Abu Bakf,Umar,Umar Uthaman et Aly) ne suivaient que les enseignements de Muhammad (S)-Aucun d'eux n'a été injuste,raciste....Ceux que vous croyez avoir favorisé certaines personnes ont appliqué seulement la hiérarchie des récompenses qu'implique la hiérarchie des tâches et fonctions sociales-car Allah a dit «Ne sont pas égaux ceux d'entre vous qui font largesse avant la victoire et qui combattent, ceux-ci sont plus grands en grade que ceux qui font largesse après tout en combattant...» 557 Aayah 10.Ainsi le salaire de Bilal était des plus élèves.
Le" Wahhabisme" Muhammad ibn Wahhab n'était qu' un restaurateur de l'orthodoxie islamique (Sunnah du prophète ).Il ne suivait que les enseignements d'Allah et de son Messager dont les textes suivants.
«Ce que le Messager vous donne, prenez le et ce qu'ils vous interdit, interdisez le à vous même »559 A 7.
«Vous avez très certainement dans le Messager d'Allah un meilleur modèle...»
«Je vous ai legué deux choses si vous y tenez fidellement, vous ne vous égarerez jamais.Le livre d'Allah (al Qur'aan) et les Hadith Il s'agit bien du Quraan et de la Sunnah et non du Qur'aan et de sa famille car cela n'est conforme à aucun aayah du Qur'aan
Mise au point.
Le devoire d'informer, s'il est une tâche noble, constitue surtoût une tâche lourde. Car informer c'est non seulement former, informer (mettre de l'idée dans ) mais aussi transformer. N'affirmez pas ce que vous ne savez pas de science certaines. N'importe qui ne doit pas parler de n'importe quoi. Au lieu de courir après le mysticisme apprenez la Sharia, le figh. "Tout ce qui brille n'est pas de l'or" *
Très islamiquement,
Un serviteur d'Allah
* Suite de la réaction de nos lecteurs Page 7
Chapelet
Nous marcherons
Oui nous marcherons, quoique cela nous coûte; avec le consentement des seigneurs de ce monde ou malgré leur révolte car notre résignation n'a cours qu'auprès du souverain juge, Maître absolu de l'univers.
Nous défendrons en guerriers responsables les lopins de peuple à nous confiés. Nous poserons des pas en prenant soin de tenir gagner chacun d'eux. Nous évoluerons ainsi et chaque minute davantage vers l'embouchure du fleuve de la misère humaine et l'océan de la miséricorde divine. Et seulement dans cet espace de rencontre ultime, la vérité sera au rendez-vous. Elle assumera très certainement sa mission de purification. Mais pour l'instant nous répondrons en bonne et due forme à l'appel d'Allah : Labaïk ! au lieu indiqué. Nous nous joignons donc aux soumis du monde et ensemble nous écrirons notre histoire, l'histoire du peuple de Mohamed, elle sera à l'Est et à l'Ouest de la Kaaba une histoire de gloire et de responsabilité.
Et la communauté musulmane de Côte d'Ivoire sous la houlette du CNI est déjà comme Dieu le veut une pièce maîtresse dans cette entreprise d'envergure transcendante.
Que Dieu nous soutienne.
Koné Zakaria abdAllah
PLUME LIBRE / Juillet 1993 / Page 6
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PLUME POLITIQUE
Les ivoiriens ont ils un prénom ?
Par Sangaré Moussa
Le prénom, c'est le nom particulier qui sert à identifier chaque individu dans sa famille. Littéralement, il se défini comme le nom qui vient avant le patronyme c'est à dire le nom de famille. C'est la raison pour laquelle dans la "mère patrie" ; la France, on cite toujours le prénom avant le nom. Ainsi on dira toujours François Mitterand, Jean Amadou Tigana, et jamais le contraire, ce qui serait insultant d'ailleurs.
Par contre chez nous on dit toujours CISSE Alassane, KOUADIO Raymond. On remarque que ce qui devait être le PRENOM devient le POST-NOM car se trouvant placé après le nom. Mais la logique aurait voulu que nous nous approchions de nos traditions, et la majorité d'entre elles admettent la transcription prénom nom. La manière actuelle de transcrire nos noms crée beaucoup de désagréments.
Par ailleurs un autre problème vient s'ajouter à celui ci. En effet contrairement à ce qui est admis, l'officier d'état-civil a souvent gardé l'ordre prénom - nom, mais il a toujours pris soin d'écrire le nom patronymique en capitale d'imprimerie. Malgré cela, lorsque vous remplissez des documents suivant l'ordre admis ici, vous aurez par exemple comme Nom MOHAMED et post-nom Diallo. Cela ne correspond à aucune réalité. En tout cas si Mohamed est le "Togo" et DIALLO le "dyamu", les deux ne sauraient nullement être confondus chez un Malinké. Même chez les Baoulés où la confusion est possible, car il n'existe que le "duman", c'est à dire le prénom; il n y a pas de problème puisque c'est le "duman" du père qui sera le nom patronymique alors que le "duman" du fils sera son post-nom.
C'est donc le lieu d'interpeller l'administration afin qu'elle tienne compte de nos réalités traditionnelles dans l'ordre de transcription de nos
Etre arabe
Quantara, la revue de l'Institut du monde arabe, à Paris, publie un dossier intitulé: «Etre arabe, regards croisés.» Nous reproduisons ici la contribution d'un poète et universitaire algérien.
Etre arabe, avoir 20 ans et ne pas laisser dire que c'est le plus bel âge de la vie. Voir Beyrouth détruit, Bagdad et Tripoli assiégées, Le Caire et Alger en guerre civile, la Palestine niée dans son existence, et ne tirer aucune leçon du désespoir sinon celle de sa reproduction. Avoir 20 ans, errer sans formation ni logement dans des rues surpeuplées, dévastées, et ne plus croire à un seul discours de régimes selon les cas totalitaires, corrompus, incompétents ou impuissants; savoir qu'en 2025, le Maroc et l'Algérie auront chacun 35 millions d'habitants, que l'Egypte en comptera 105; que le Produit Intérieur Brut du Maghreb est de 1 252 dollars par habitant contre 12 533 dans les pays de la CEE et 20 908 au Japon.
Avoir 20 ans, être privé de culture et de plaisir et penser les découvrir dans une Europe qui joue pourtant cyniquement de sa puissance, établit le profil comme idéologie et l'agression armée comme mode d'expression. Rêver d'un Occident qui jette sur le monde le filet de ses multinationales, pille les matières premières, multiplie les ventes d'armes et écrase des continents entiers, moralise en Somalie et au Togo, mais laisse, à une heure de chez lui, massacrer les musulmans bosniaques et violer leurs femmes dans une région balkanisée où les droits de la femme et du travailleur sont bafoués sous prétexte de nationalisme, où renaît l'extrémisme chrétien tandis que la peste noire du nazisme se propage et que les mafias organisent leurs trafics en toute impunité.
Avoir 20 ans, être un beur parqué aux Minguettes ou à Vaulx-en-Velin, livré au chômage, à la drogue et à la prostitution, fils d'ouvriers et de mineurs ayant contribué à l'essor français, qui se sont fait massacrer pour la France à Verdun, sur la Marne et à Cassino, qui ont libéré Mulhouse et dont les tombes sont profanées par de bons Français, collaborateurs durant les guerres, pieux catholiques entre elles
Extrait de Jeune Afrique N° 1692 P.68
Eviter la confusion entre musulmans
Louange à Dieu, le Miséricordieux, le Clément.
Je voudrais donner la clé du paradis à tous mes frères musulmans mais puisque cette clé est à Allah (Pureté à Lui, le Très-Haut), je prie pour qu'il nous guide sur le droit chemin pour pouvoir l'atteindre (le paradis) et pour l'atteindre il faut s'appliquer à la prière comme le Prophète (SAW) l'a dit : le garde-fou qui évite à l'homme de tomber dans l'hérésie est la prière, quiconque les accomplit sans rien négliger, Dieu lui promet le paradis, mais celui qui les néglige, Dieu ne lui promet rien, Il peut le punir ou lui pardonner. C'est pour vous dire combien la prière est importante en Islam.
Et comme il n'y a pas plusieurs Islam ni plusieurs façons de faire la prière, je vous demanderais au nom de Dieu (Pureté à Lui) d'arrêter ce que vous avez commencé (concernant la Grande Famille de l'Islam) et de prendre conseil auprès du CNI et de publier le plus objectivement possible comment s'appliquer à la prière selon la sunna.
Je n'ai nullement la prétention de vous enseigner quoi que ce soit mais je pense que tous les oulamas (imam Mâlik, Châfi, Abdoul Wahâb, Ahmed ibn Hambal etc) avaient un seul objectif : celui de permettre au millions de musulmans sur un tiers du globe habité de mieux pratiquer leur religion selon le Coran et la sunna et préserver l'unité de la Oumma.
Je pense que Plume Libre doit se fixer le même objectif pour qu'il n'y ait pas de confusion entre les musulmans et surtout les convertis. Entendons nous sur l'essentiel et tolérons-nous pour qu'il n'y ait pas de polémique. Préservons l'unité de la Oumma.
Que Dieu nous guide sur le droit chemin, qu'il nous ajoute de la science et qu'il nous accorde le paradis. Amine.
Diallo Oumar
01 BP 3251 Bouaké 01
Nous remercions tous ceux qui ont bien voulu apporter leur contribution pour éclairer les lecteur sur sujet aussi important que celui de la religion. Fasse Allah le tout puissant que nous contribuions tous au maintien de sa religion dans la plus pure tradition de son envoyé le Prophète Mohamed (SAW).
La rédaction
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Rép. de Côte d'Ivoire
PLUME LIBRE / Juin 1993 / Page 7
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PLUME EN LIBERTE
Ah ces fanatiques !
Par Cauney Issan
Carte Postale
Inde... 6 Décembre 1992. Deux cents mille fanatiques prennent d'assaut la mosquée d'Ayodha, l'une des sept villes saintes de l'hindouisme. Les vingt-mille policiers qui protégeaient l'édifice ne font rien pour les repousser, et à la fin de la journée, il ne reste plus qu'un amas de pierres. Le lendemain le sang coule à flot, dans l'Etat d'Uttar Pradesh, bien sûr, mais aussi à Dacca, Karachi, Bombay, Bénarès et même hors de l'Inde, au Pakistan, au Bangladesh et en Angleterre... Plus de 1.500 mort en quelques jours.
Le panthéon hindou compte près d'un million de "dieux" dont les plus importants sont Brahma, Vishnou et Shiva. Au VIIè siècle, un "dieu" du nom de Ram fait son apparition : fils du roi d'Ayodhya, il est d'abord chassé du Palais par sa belle-mère, puis un démon appelé Ravana lui ravit son épouse Sita qu'il parviendra néanmoins à récupérer, mais celle-ci obligée de prouver sa vertu se jettera dans le feu. Depuis Ayodhya est devenue "sa" ville : tous le monde jure que son temple a été construit à l'endroit exact où Ram naquit. Babour, un empereur musulman envahit le nord de l'Inde au XVIè siècle édifia une mosquée dans cette ville, la "Babri Masjid". Dans les années 1950, des prêtres hindous installèrent dans les ruines de cette mosquée un lieu de culte dédié à Ram. Les musulmans laissèrent faire et tout se passa sans incident jusqu'en 1986, quand on décida de restaurer le vieux bâtiment : au fait c'était quoi déjà, une mosquée ou un temple ? En 1990, Lal krishna Advani, leader du Bharatya Janata Party, Parti hindou du peuple entreprend de soulever l'Inde en appelant les hindous à laver l'affront fait par les musulmans. Résultat : les fanatiques s'armèrent de haches et de tridents sacrés et foncèrent sur Ayodhya, rasant tous les villages musulmans sur leur route et c'est ainsi qu'ils abattront à coup de hache et l'un après l'autre 400 musulmans dans le village de Chanderi. La justice fut débordée et les politiques s'emparèrent de l'affaire. Les historiens démontrèrent que la mosquée n'avait pas été construite sur un temple et les anthropologues qu'un "dieu" n'a pas de lieu de naissance. Bref, l'Inde était sens dessus, dessous.
La police de l'Etat d'Uttar Pradesh attendait de pied ferme les pèlerins hindous devant la mosquée et ouvrit le feu tuant 200 d'entre eux. Mais sur le plan politique, c'est le Parti Congrès, laïque qui était au Pouvoir à l'époque et qui paya la note avec la chute, du premier ministre V.P Singh. En 1991, c'est la B.J.P qui détenait le pouvoir et c'est donc logiquement que la police ne leva pas le petit doigt quand 200.000 vandales armés de haches de pioches, de pics et de cordes encerclèrent de nouveau "Babri Masjid". A leur tête se trouvait une femme, député de son état, Uma Bharati, crâne rasé mais maquillée comme une femme de petite vertu. A 11 h 15 ils montèrent sur les dômes de la vieille mosquée, et à 17 h il n'en restait plus que des décombres. En criant victoire ils ne cachèrent plus leurs intentions; détruire la mosquée d'Aurangzeb qui domine le Gange à Bénarès, cette autre ville sainte, détruire également le trop célèbre Taj Mahal et finalement exterminer les 110 millions de musulmans que compte l'Inde. Le 7 Décembre, la riposte fut immédiate et sanglante, partout à Dacca, à Karachi, Bombay, Bénarès, Calcutta, Ahmedabad, Jaïpur, Delhi et même au Pakistan et en Angleterre. Partout il y eut des morts et des temple hindous détruits. La catastrophe menaça l'Inde a tel point que le Premier ministre, Narasimha Rao démit le gouvernement d'Uttar Pradesh, interdit tous les partis extrémistes hindous, arrêter 3000 fanatiques, acheta le terrain litigieux et promit y reconstruire la mosquée, mais aussi un petit temple à côté, et envoya tous les députés auprès de leurs électeurs pour calmer les esprits. Quand un fanatique hindou tira sur le Mahatma Gandhi le 30 Janvier 1948, le saint homme s'écroula en murmurant "O Ram" c'est-à-dire "O mon Dieu !". Il semblerait donc paradoxal de prime abord que ces même extrémistes adorent Allah en l'appelant Ram. Mais le fanatique ne sait pas que "laa illaha illa'llah" c'est-à-dire qu'il n'y a de Dieu que Dieu-Lui même. C'est la seul explication de l'intolérance. A l'heure où l'Inde panse ses plaies prions Allah (Exalté Soit-Il) afin qu'il mette un peut plus de foi dans nos cœurs à tous. Louange à Dieu, Seigneur des Mondes *
Suite de la P. 5
P.L. : Ils nous a été rapporté quelque difficultés au niveau du logement.
C.G. : C'est un point que nous avons eu à déplorer nous même et que nous avons souligné dans notre rapport. Le problème de l'arrivée des pèlerins. Mais les gens veulent être logés par affinité, ce qui cause énormément de problème. Donc il y a une éducation préalable à faire. Notre souhait est de loger les plus fragiles aux étages les plus bas en montant progressivement pour retrouver les jeunes en haut. Ce que nous avons réussi et qui n'avait jamais été réalisé auparavant c'est que les femmes et les hommes ont été logés de façon séparée. Mais il reste beaucoup à faire.
P.L. : Comment s'est opéré la collaboration avec les démarcheurs ?
C.G. : C'est un problème sensible. Si certains ont collaboré franchement avec le CNOPM, d'autres par contre ont essayé de mettre les bâtons dans nos roues. L'année prochaine nous saurons dans quelle direction aller.
P.L. : Nous avons remarqué que l'organisation de l'accueil à Abidjan n'a pas été maitrisée.
C.G. : Je viens d'arriver, il faut alors attendre la réunion d'évaluation pour faire le point afin que nous sachions ce qui n'a pas marché. Cependant même si l'accueil n'est pas parfait, il est loin d'être ce qu'il a été les années précédentes. Parce qu'il faut reconnaitre que les pèlerins sortent avec leurs bagages. Il faut reconnaitre aussi que la douane a su distinguer les simples pèlerins des "pèlerins commerçants".
P.L. : Comment avez-vous collaboré avec l'ambassade ?
C.G. : N'oublions pas que l'ambassade n'est pas allée que pour le pèlerinage, bien que ce soit son activité principale. C'est plus avec le conseil que nous avons travaillé. Ceci étant, l'ambassade n'a néanmoins ménagé aucun effort pour être à nos côtés. Elle a constaté notre détermination à la tâche, elle nous l'a dit. Elle compte à l'avenir nous accorder un soutien plus important. Cette année était pour elle un test.
P.L. : Comment s'est réglé le problème des visas ?
C.G. : nous avons avec la grâce de Dieu, maitrisé la situation dans la mesure où 75 à 80% des pèlerins ont obtenu leur visas ici avant de partir. Cela va s'améliorer grâce à notre collaboration avec les compagnies aériennes. Nous avons aussi de l'espoir car d'ici le pèlerinage prochain l'ambassade du Royaume d'Arabie Saoudite va s'installer en Côte d'Ivoire.
P.L. : Quelles sont les mesures prises pour le suivi des pèlerins.
C.G. : C'est le rôle de la LIPCI d'informer avant et après les pèlerins. C'est une innovation importante car dans tous les avions, nous avons eu le droit de prêcher. Cela a rassuré les pèlerins.
P.L. : Certaines compagnies aériennes pratiquent-elles des tarifs prohibitifs?
C.G. : Ce pèlerinage était une expérience pour nous. Il s'agissait d'analyser les problèmes pour voir les solutions futures. Quand nous avons pris contacte avec Air Afrique, nous avons constaté qu'elle a des raisons mais qui ne sont pas suffisantes. Nous allons continuer les discussions pour faire pencher la balance. Air Afrique nous apprend que sur chaque pèlerin il paie des royalties. De plus il va dans un sens à vide chercher les pèlerins. Quant à Egypt Air il faut des escales qui entraînent également des dépenses supplémentaires.
P.L. : Votre dernier mot
C.G. : Nous remercions Dieu car l'organisation a été satisfaisante. Mais pour l'amélioration des choses je souhaiterais que l'on ne considère pas ce poste comme une fonction. Il y a à notre sens beaucoup d'hommes de qualité dans notre communauté qui peuvent remplir ce rôle *
Résultat du Jeu-Concours
Mots Croisés N°8
Horizontalement :
1- Palestines; Nonce; II- Amer - Eremite - As; III- Ra - Khomeiny; IV- Intros - Nier - RR; V- Athée - PTT - Acel; VI- Et - Mécréant; VII- Ar - Bon; VIII- Adoration - Moher; IX- Sol - Sel - Aube; X- Puéril - Subsides; XI- Sil; Pi - Ru - Rio; XII- RC - Ici - Yul - Alu; XIII- Arnaqué - Malo; XIV- Nid - Yé - Igname; XV- Temper - Points
Verticalement :
1- Parias - Aspirant; 2- Amant - Adou - Cris; 3- La - Tberoes - Nem; 4- Errect - RI; 5- Se - Basilique; 6- Teks - Hôtel - Cuir; 7- It - Nil - Pie; 8- Noce - Mic; 9- Ip - Ermite - Yage; 10- Née - Ci - Abru - Ni; 11- Nul - Musulman; 12- Oen - Aérobi - Amt; 13- Cathédrales; 14- Ça - Renie - Elle; 15- Esprit - Résoudre.
Question : l'auteur de la phrase est Ali Ibn Abi Taleb, cousin et gendre du Prophète et 4e calife "bien guidé"
Gagnant : Néant.
PLUME LIBRE / Juin 1993 / Page 8