Issue
Plume Libre #16
- Title
- Plume Libre #16
- Type
- Périodique islamique
- Publisher
-
Plume Libre
- Date
- June 1993
- issue
- 16
- Abstract
- Mensuel islamique ivoirien d’informations générales
- number of pages
- 8
- Language
- Français
- Has Part
- Édito-Plume : l'intégrisme laïc
- Contributor
-
Frédérick Madore
- Identifier
- iwac-issue-0001338
- content
-
Le retour des pèlerins * La tabaski célébrée dans la ferveur * La grande famille de l'Islam: les sunnites * Mésentente à Bingerville * La femme célébrée par l'AJMT * Mali: les jeunes musulmans en congrès * Nos convertis et nous * Algérie: la tenue islamique interdite.
PLUME Libre
Juin 1993
Prix : 125
N° 016
MENSUEL ISLAMIQUE IVOIRIEN D'INFORMATIONS GÉNÉRALES
"Toute personne qui joue au hasard, commet un acte de dissidence contre Dieu et son Prophète"
Parole du Prophète Mouhammad (Paix et Bénédictions de Dieu sur lui)
Jeux de hasard
(Poker, loterie, roulette, courses de chevaux, millionnaire, bingo...)
ATTENTION
HARAM !
Il faut résister au démon
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LES DROITS EN ISLAM
EDITO-PLUME
Les droits en Islam sont enseignés avec les devoirs. Cette rubrique vous aidera à les connaître pour mieux les appliquer, Inch'Allah.
★ Dieu et toi
Le droit le plus important de Dieu, c'est que tu L'adores, que tu n'associes rien à Lui. Si tu fais cela avec sincérité, Dieu s'est promis de te suffire dans ce monde et dans l'autre, et de te garder ce qui te plaît de ce monde et de l'autre.
Le droit de ta personne sur toi-même, c'est que tu acceptes d'obéir totalement à Dieu et que tu respectes le droit de ta langue, le droit de tes oreilles, le droit de tes yeux, le droit de tes mains, le droit de tes pieds, le droit de ton ventre et le droit de ton sexe. Demandes à Dieu qu'il t'aide pour cela car il n'y a de puissance qu'en Dieu.
★ Tes mains et tes pieds
Le droit de tes pieds, c'est que tu ne marches pas vers ce qui t'est interdit, et que donc tu ne les entraînes pas sur une voie qui te conduirait à la bassesse car les pieds doivent te porter et t'entraîner vers la religion et te faire avancer.
Le droit de tes mains, c'est que tu ne les tendes pas vers ce qui t'est interdit (car tu ne pourrais obtenir ainsi que le châtiment dans l'autre monde et les reproches des gens dans ce monde), que tu ne les fermes pas lorsque Dieu t'ordonne de les ouvrir, et que tu les respectes en les fermant absolument devant ce qui est interdit et même pour les choses qui ne sont pas obligatoires. Si elles ont été utilisées avec raison et respect en ce monde, elles seront obligatoirement récompensées dans l'autre. Il n'y a de puissance qu'en Dieu.
Imâm Ali ebn el Hossein Zayn-el-abidine en "Epître sur les droits en Islam"
L'Intégrisme laïc
par Dembélé Al Séni
A l'école, nombre de proviseurs, censeurs et autres éducateurs ne veulent voir ni bonnets, ni foulards, encore moins de voiles. Raison évoquée: l'école est "laïque". Dans les administrations, la vue des chapelets, tapis de prière et autres bouilloires fait frémir les "laïcards". Pour ces "bonnes âmes", la religion (presque toujours l'Islam) a tendance à être partout et à s'afficher; ce qu'ils ne peuvent pas, eux, supporter. Si la lutte ici consistait à faire en sorte que la religion ne soit pas imposée à tous, que les non-croyants puissent exister et vivre leur différence, sans partager forcément cette conviction, l'on pourrait la respecter. Mais le drame c'est que de plus en plus, le combat des tenants de la laïcité tant à repousser la religion, à lui interdire tout espace de vie et de mouvement. C'est là où le bât blesse. En effet, comment peut-on à la fois attaquer la religion, dénoncer son mépris pour la liberté et en même temps refuser à ceux qui se reconnaissent en elle le droit de l'adopter, de porter ses symboles et de respecter ses exigences? A y regarder de près, la laïcité telle que se développant actuellement tend à s'implanter comme le "nouveau parti unique" avec ses valeurs et ses principes, et tous ceux qui ne s'y reconnaissent pas devraient se suicider ou s'exiler sur une autre planète.
Cette forme de violence pernicieuse et masquée est l'une des atteintes les plus graves aux droits de l'Homme (s'ils existent). Bien sûr, la principale victime étant l'Islam, on observera partout la conspiration du silence, la banalisation, ou pour les consciences raffinées des condamnations du bout des lèvres. On pourra ainsi, dans un pays rythmé dans toute son existence par l'Islam comme l'Algérie prendre des décrets interdisant le port des tenues islamiques dans l'administration et recolter auprès de la "communauté internationale" magnanimité et même félicitations. C'est dans cette logique infernale qu'il faut inscrire le drame des musulmans bosniaques, des tartares de Crimée et des nationalistes du Cachemire. Oui, avec l'Islam, il n'y a plus de "droits de l'Homme", d'opinion internationale, de droit international ou de droit d'ingérence humanitaire. Tout est permis. C'est donc à juste titre que Claude Cheyson (commissaire européen au développement et ancien ministre français des Affaires Étrangères) déclarait lors d'un récent séjour en Algérie: "Pour l'Algérie, dans les circonstances actuelles, il faut être très tolérant pour les questions des droits de l'Homme". Les victimes dans ce pays étant ceux qui se battent au nom de Allah, il est donc normal que la conscience chrétienne occidentale ne s'émeuve pas. C'est de bonne guerre! En tout état de cause, laïcité et chrétienté revenant dans le cas précis à la même chose (les deux étant en plus liés, et même d'accord et complémentaires dans la lutte contre l'Islam), leur attitude hostile n'est qu'une continuité, une autre version des croisades. Ainsi donc les USA n'enverront des troupes en Bosnie que pour protéger les troupes de l'ONU qui elles sont chargées de veiller au respect des resolutions de la communauté internationale. C'est clair, il ne s'agit pas de protéger les musulmans bosniaques mais plutôt de protéger les protecteurs... C'est ce qui s'appelle "sécurité renforcée". Au fait, même si l'OCI ne faisait pas partie de la communauté mondiale, il y a quand même des musulmans qui en font partie, non? Enfin, ce n'était qu'une question.
L'intégrisme laïc avec ses mille ramifications et ses accointances plus ou moins visibles, se présente aujourd'hui comme l'un des fléaux les plus difficiles à combattre. Il est difficile à percevoir et à démasquer parce que se blottissant le plus souvent derrière les notions de liberté, de démocratie, de droits de l'Homme. Ces notions qui sont si chères à tout être véritablement humain nous amènent parfois à être des défenseurs de ce mal de notre temps. Malgré tout, souhaitons à l'occasion de l'année nouvelle islamique nos meilleurs vœux à tous nos lecteurs, "Akwaba" aux pèlerins qui reviennent de la Terre Sainte, et bravo aux organisateurs du pèlerinage 93 pour le travail qui a été fait. ★
A ma sœur
J'ai fait un rêve extraordinaire, dans lequel j'ai vu que toi et moi nous étions dans un endroit clos à moitié plein d'immondices. Pour nous échapper de ce lieu, il nous fallait retrouver une clé dans ce tas d'ordures. Nous avons cherché en vain l'objet qui serait la solution à notre problème. Toi, en désespoir de cause, tu t'endormis afin de reprendre des forces. Il m'apparut alors une étrange lueur qui me fraya un passage. Dans ma hâte de me libérer, je t'oubliai là bas. Ce n'est qu'arrivé sur une colline que je me souvins de toi. Je fis volte face afin de retourner te chercher, mais la lueur avait disparu.
C'est alors que je te vis parmi des gens implorant, suppliant je ne sais qui afin de te laisser entrer dans le jardin d'où s'échappaient une odeur d'encens et une musique très douce: un homme psalmodiant le Coran. Sur le portail étaient inscrites les conditions d'accès à cet endroit merveilleux sous forme de questionnaire. De mon lieu d'observation je vis une dame drapée dans un jellaba d'un blanc immaculé franchir le portail qui se referma sur sa fille qui tenait pourtant sa main, comme toi aussi tu avais trouvé des portes désespérément closes puisque tu ne savais pas quoi répondre.
Je te criai alors à tue tête: "Ma sœur! ma sœur! Atteste l'unicité de Allah, rejette ton dieu argent, ton dieu idole. Dépouilles toi de ces mèches qui ne peuvent te permettre de te purifier malgré tes innombrables jérémiades, de ces vêtements qui ne cachent rien de tes charmes, lesquels d'ailleurs ont plus d'une fois été la cause de l'échec d'un mariage. En attestant l'unicité de Dieu et en considérant le Prophète Mouhammad (P.S.L) comme Son messager, tu verras les portes s'ouvrir. Tu as besoin de Allah, alors va vers Lui car Sa miséricorde est immense".
Ce matin, quand je me suis réveillé, j'avais encore ces images dans la tête et mon premier réflexe fut de t'écrire pour t'apporter le message plein d'espoir de l'Islam. Il y a de l'espoir pour toi ma sœur. Viens à la religion de Allah, sois une musulmane. Non pas une musulmane non pratiquante comme tu te plais à le dire mais une musulmane, se conformant au Coran et aux lois qui n'ont d'autre objectif que de te conduire vers ta pleine réalisation. Tu verras les portes du Jardin s'ouvrir pour toi, Inch'Allah. ★
Mlle Soumaré Mahawa
A retenir prochainement, Inch'Allah
ACHOURA
L'Imam Al-Hussayn et la bataille de Kerbala
Une page de l'histoire de l'Islam
PLUME LIBRE / Juin 1993 / Page 2
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PLUME RELIGIEUSE
Tabaski
Unité et solidarité
Par Doumbia Nouh
L A communauté musulmane a célébré mardi 1er Juin, la fête de l'Aïd-El-Kébir, communément appelée "fête du sacrifice du mouton", pour commémorer le sacrifice d'Abraham, père du monothéisme. Un milliard de personnes ont ainsi célébré ensemble avec ferveur l'événement à travers le monde.
Les musulmans de Côte d'Ivoire, et ceux d'Abidjan en particulier, ont déferlé sur les mosquées et autres lieux publics choisis pour abriter les différentes prières. En dépit de la pluie battante qui s'est abattue dès l'aube sur Abidjan, les fidèles sont sortis nombreux, démontrant ainsi la force mobilisatrice de l'Islam. L'imam Tidiane Bâ, de la grande mosquée de la Riviera, a saisi cette occasion pour lancer un appel à l'unité et à la solidarité entre musulmans, qui plus que jamais doivent se serrer les coudes pour magnifier Allah (Exalté soit-Il)
Quand à l'imam Diané de la mosquée de Niangon, il a retracé dans les moindres faits, l'historique de cette fête et sa portée dans nos rapports quotidiens avec Dieu. C'est le résultat d'une amitié sincère entre Dieu et le prophète Abraham a-t-il précisé.
Tout musulman doit s'inspirer de cet acte de dévotion, pour progresser dans la difficile acquisition de la foi *
C'est le genre d'occasion qu'il faut saisir pour offrir de beaux cadeaux. La joie qui se lit sur le visage de ces enfants est une récompense supplémentaire pour leurs parents.
Hadj' 93 :
Les pèlerins sont de retour
Par Ryabak Nagbe
Partis le 05 Mai 1993 accomplir le cinquième pilier de l'Islam à la Mecque, les premiers pèlerins ivoiriens sont revenus le Dimanche 06 Juin 1993 la nuit par un vol d'Air Afrique.
Cette prestation divine dont l'obligation résulte de ce verset: "Allah a imposé aux hommes le pèlerinage à ce temple, à quiconque a le moyen de s'y rendre" (S.III-V. 91).
Un millier de musulmans ivoiriens ont fait le déplacement cette année sous la responsabilité du Comité National pour l'Organisation du Pèlerinage à la Mecque (CNOPM), créé par décret et conduit par le CNI.
Pour atteindre ses objectifs, ce comité a fonctionné grâce à plusieurs commissions dont une chargée spécialement de l'accueil des pèlerins à Abidjan.
Cette dernière n'a pas ménagé ses efforts pour mettre les pèlerins dans les conditions les meilleures comme l'atteste son président, le frère Fanny. "Nous avons mis sept sous-commissions au total à la disposition des pèlerins, à chaque étape : de la piste d'atterrissage jusqu' à la manutention". Cela, ajoute-il, était d'autant plus nécessaire que le comité d'organisation voulait relever le défi lancé aux musulmans. Certains pèlerins le crient : "l'Islam en Côte d'Ivoire commence à prendre la place qui lui revient au regard de la bonne organisation dont nous avons été témoins dans le cadre du Hadj' 93".
L'équipe d'encadrement, elle aussi, a répondu à l'attente des pèlerins. "Les accompagnateurs ont été à notre disposition pendant tout le séjour, même dans les avions, nous avons continué de bénéficier des enseignements pouvant contribuer à faciliter notre pèlerinage", ainsi s'exprimait madame Coulibaly, ex-intendante du Lycée des jeunes filles de Bingerville.
Pour une première expérience, le CNOPM mérite donc une note supérieure à la moyenne. Le Hadj' 93 est fini, vive le Hadj' 94 ! *
Prochainement: notre reportage complet, Inch'Allah.
Les premiers mots du Koudouss Idriss Koné
Nous avons arraché quelques mots au président du CNI qui a été au four et au moulin pour la réussite de ce pèlerinage. Voici ce qu'il nous a livré à chaud.
Louange à Dieu qui a permis aux musulmans ivoiriens d'accomplir cette année un pèlerinage complet. Tous les pèlerins qui étaient sous notre responsabilité ont accompli tous les rites. L'étape d'Arafat qui constitue l'un des points majeurs à été observé. Notre dernier car y est arrivé plus d'une heure avant l'heure indiquée. C'est dire à quel point notre équipe sur place a travaillé.
L'argent que nous devons (la dette) sera régler par échéance. Notre ambassadeur en Arabie Saoudite a été d'un apport inestimable. Il a été à nos côtés pendant tout notre séjour, et nous a aidé à débloquer beaucoup de situations *
PLUME LIBRE / Juin 1993 / Page 3
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PLUME RELIGIEUSE
La Grande Famille de l'Islam
LES SUNNITES
Par Koné Seydou
Le Prophète Mouhammad (Sall Allahou aleyhi wa salam : Paix et Bénédictions de Dieu sur lui - PBDL) naît à la Mecque en l'an 571 selon certaines sources (570 selon d'autres), dans la tribu des Coraïchites. Son père, Abdallah, décéda avant sa naissance. Sa mère, Amina, décéda quand il atteint 6 ans. Son grand-père Abdoul Moutalib le récupéra mais décéda à son tour quand il atteint 8 ans. Il est alors confié à son oncle Abi Taleb un notable de la tribu, commerçant de son état. Il épouse une riche commerçante, Khadidja et à l'âge de 40 ans, alors qu'il méditait dans une grotte du Mont Hira, l'ange Djibril apparaît devant lui. C'est le début de la révélation.
La première personne à avoir accepté l'Islam fut Khadidja. La seconde, Ali son cousin (et plus tard son gendre) qui n'avait à l'époque que 10 ans. La troisième fut Zaïd fils de Harithah son serviteur. La quatrième fut Abou Bakr un riche commerçant. Puis il y eut parmi les hommes (Sahaba) Ousmane Ibn Affan, Sa'ad Ibn Abi Waqqas, Zoubeïr Ibn Al Awwam, Abdour Rahman Ibn Awf, Talha Ibn Oubeïdallah, Abou Zarr, Zoubeïr Ibn Awwam et parmi les femmes (Sahabiyat) Fatima Bint Al-Khattab, Asma bint Abou Bakr, Fatima bint Al Moujalil, Fakyaha bint Yassar. Le décès du Prophète (PBDL) survint le 12 Rabi-ul Awwal 11 (632) et provoqua un trouble indescriptible dans la communauté car celui-ci désirait que la Nation n'allait pas s'éteindre, et déjà le chaos et la confusion pointaient à l'horizon. Pendant que la famille du Prophète (Ahl El Beït) préparait ses funérailles, la population se réunit sous un hangar (saqifa) pour désigner son successeur dans la saqifa (galerie couverte) de Bani Saïda, et Abou Bakr est élu à l'unanimité premier calife. Selon certaines sources, le Prophète aurait auparavant donné lui-même l'ordre de sa succession (Abou Bakr, Oumar, Ousmane, Ali). D'autres sources disent que le retour de son dernier pèlerinage à la Mecque (Al Widaa) il se serait arrêté à un endroit appelé Ghadir Khoum pour présenter Ali comme la tutelle générale (walaya ammah) et gouverneur (wali) du peuple après lui. Certains compagnons du Prophète dont Abbas, Zoubeïr, Salman al Farsi et Abou Zarr ainsi qu'une partie de la population protestèrent donc contre le choix d'Abou Bakr et furent désignés sous le nom de chi'ites ou partisans d'Ali. Une troisième partie de la population, les nouveaux convertis, en profita pour faire défection et refuser de payer la zakat. Le meilleur exemple de communauté que la Terre ait jamais portée était en train de s'écrouler.
Chacun des compagnons du Prophète était une Lumière.
BOU BAKR (RA: Rady'allahou 'Anhou : Que Dieu soit satisfait de lui) dirigea la oumma pendant deux ans et demi. Plus grand que le Prophète de deux ans et demi, l'ami le plus intime du Prophète (PBDL) réunissait en lui les deux aspects extérieur (Zahir) et intérieur (Batin) de l'Islam, aspects qui devaient se dissocier par la suite. Surnommé As Siddiq (le véridique ou sincère), il était doué d'un remarquable sens politique et militaire. Il prit les bases de l'état et nomma les premiers Califes et Cadi. A la bataille de yarmouk en 633, beaucoup de personnes furent tuées parmi celles qui connaissaient le Coran par cœur. Oumar (RA) lui suggéra donc de mettre le Coran par écrit afin d'éviter sa disparition, ce qui fut fait. Il fut enfin le premier à recommander la pratique confrérique du Zikr (invocation permanente du Nom de Dieu). Il tomba malade et, avant de mourir le 21 Jamadial Akhir de la 13è année de l'Hégire (soit le 22 Août 634), il consulta les proches compagnons du Prophète (PBDL) et désigna Oumar comme successeur.
Oumar Ibn al-Khattab (RA) surnommé Al-Farouq (qui distingue le bien du mal) dirigea la oumma pendant dix ans, six mois et quatre jours. Il était doué d'une exceptionnelle force de caractère, ce qui lui permit d'être aussi un grand mystique; il menait une existence d'une austérité extrême et quand ses troupes obtinrent la victoire sur l'empire perse, il pleura. Il disait souvent à son serviteur (ils montaient à tour de rôle) que son ventre les clés de la situation générale. Il fit prévaloir dans la Oumma les idéaux de l'Islam à un degré qui ne devait plus jamais être égalé. Il fut poignardé en 644 par un persan à qui il avait répondu que son maître avait raison de lui imposer des taxes. Avant sa mort, il aurait fait établir un comité de six membres pour élire son successeur : Ousmane Ibn Affan, Abdur Rahmane Ibn Awf, Ali Ibn Abi Taleb, Zoubeïr Ibn Awwam, Saâd Ibn Abi waqqas et Talhah Ibn Oubeïdallah. Abdou Rahman Ibn Awf se désista de la candidature et fut choisi comme arbitre. Oumar est non seulement le père de nombreuses innovations, mais on lui reproche aussi d'avoir en format un comité suscité des ambitions politiques chez des dignitaires qui n'y auraient pas pensé normalement. C'est lui en fait qui voyant que les fuqaha abusaient de la métaphore, a demandé de brûler tous les 500 qui avaient été recueillis. L'incendie ne s'est, qu'aujourd'hui, chaque groupe brandit des ahadith que les autres rejettent.
Ousmane Ibn Affan (RA) fut donc élu 3e calife. Né six ans après le Prophète (PBDL), il portait le surnom de Al Ghani (le riche), il épousa l'une des filles du Prophète, Rouqaya. Il commença par équilibrer la rébellion dans l'Azerbaïdjan et en Arménie avec les grands chefs de l'armée musulmane de l'époque Mouawiya, gouverneur de Syrie et Abi Sarah d'Egypte. Mais un bon mystique, Ousmane avait l'âme trop généreuse, trop raffinée et trop douce pour prendre des mesures sévères à l'encontre des rebelles qui semaient le désordre dans la société ce qui eut pour effet de développer l'indiscipline dans l'administration du monde arabe, car le règne de la douceur amène les méchants, et il fit appel à Mouawiya pour mater la rébellion. Celui-ci leva une armée de 12.000 hommes, qu'il campa aux environs de Damas pour venir aide à Ousmane (RA), à Médine qu'il jugea prêt. Il était trop tard et Ousmane fut assassiné le vendredi 17 Zoul Hidja de la 35è année de l'Hégire (656).
Ali Ibn Abi Taleb (RA) accéda au califat après l'assassinat d'Ousmane (RA) à la demande du peuple musulman et hérita donc d'une situation explosive. Ousmane est une parenthèse pour dire que le Prophète (PBDL) avait eu six enfants de son union avec Khadidja, deux garçons (Qassim et Abdallah) et quatre filles (Zaynab, Rokya, Oum Kalsoum et Fatima). Ali (RA) épousa Fatima et eut deux fils, Al Hassan et Al Hussein que le Prophète aimait énormément. Ali (RA) n'était plus seulement l'imam (guide) mais aussi désormais le calife de tous les musulmans. C'est le moment que choisit le gouverneur de la Syrie, Mouawiya pour se proclamer "calife de la région de Syrie" et faire donc scission en protestant venger la mort d'Ousmane (RA). Ali dut donc l'affronter durant la bataille de Siffin qui dura un an et demi et fit près de cent mille morts. Il était sur le point de l'emporter quand Mouawiya lui proposa un étrange arbitrage, Ali (RA) accepta et mit fin aux hostilités. Mouawiya se proclama aussitôt... calife de tous les musulmans! Une partie de l'armée d'Ali se fâcha et fit scission, ce sont les Khawarijs (ou Kharijites : les partants). Pendant son califat, Ali réorganisa l'administration et repartit le trésor équitablement, ce qui déplu à des personnalités telles que Talha et Zoubeïr qui quittèrent alors Médine pour aller retrouver Aïcha (épouse du Prophète et fille d'Abou Bakr (RA) à La Mecque. Dans tous les cas, les adversaires du 4è Calife le trouvèrent courageux et intègre mais dépourvu de souplesse et politique car n'ayant, de l'avis des historiens, la paix pour amadouer ses adversaires avant de les obliger à suivre le droit chemin. Un groupe de Khawarijs élabora un plan pour éliminer Mouawiya, Amr ibn Al As et Ali. C'est ainsi que le 19 Ramadhan de l'an 40 de l'Hégire, alors qu'il faisait la prière de l'aube à la mosquée de Koufa (Irak), Abdoul Rahman Ibn Muljim frappa Ali (RA) à la tête d'un coup d'épée. Il meurt après deux jours d'agonie le 21. Avec lui, le "califat bien guidé" (Al Khilafa al-Rachida) qui s'efforçait de maintenir et sont ces quatre califes qui ont posé l'unanimité dans la oumma.
On déviait des concepts islamiques
Les traditions du Prophète (PBDL) en tant que contenues dans ses propos, sont appelés ahadith (pluriel de hadith), alors que ses actes, faits, mots et tout ce que comporte sa vie qui est devenue un exemple pour tous les musulmans sont appelés Sunna. Et les sunnites, ce sont la majorité qui a choisi par élection le successeur du Saint Prophète. Les problèmes qui avaient fait leur apparition déjà sous Oumar (RA) à qui on a reproché de distribuer les postes en favorisant les compagnons par rapport aux autres, les émigrés coraïchites par rapport aux autres émigrés, les arabes par rapport aux non-arabes, etc, ces problèmes nécessitaient également l'évolution de l'administration, de freiner la convoitise des coraïchites sur les biens et les postes-clés. Il fallait également demander aux émirs d'être plus humbles et surtout limiter leurs pouvoirs et ceux des gouverneurs de disposer des biens publics. Après les quatre premiers califes où prévalait encore plus la pureté et le scrupule à la foi, l'empire s'étendait, les classes se creusaient et on déviait des concepts islamiques. L'Islam continuait certes de progresser sur le plan géographique, et même de façon spectaculaire mais il avait perdu son âme et son unité d'origine. Suite à la disparition tragique d'Ali (RA), Mouawiya accéda au califat et fonda la dynastie Omeyyade au moment où conformément au testament d'Ali, son fils Al Hassan devenait également calife. La situation qui prévalait était celle de la guerre civile. Al Hassan meurt empoisonné et Yazid succède à (son père) Mouawiya sur le trône Omeyyade. La population se soulève et met Al Hussein son frère le calife, mais il est tué à Kerbala avec la une bonne partie des descendants du Prophète est décimée. Après les omeyyades, la dynastie des Abbassides prit les commandes. La chasse à l'chi'a chez les turcs, des ottomans. Après la première Guerre Mondiale, une révolution éclate en Turquie et la Grande Assemblée nationale supprime d'abord le sultanat, puis décrète l'abolition du califat en 1924. L'événement eut un retentissement considérable et provoqua des mouvements de protestation en Inde où les musulmans accusèrent l'Occident d'en être responsable.
Les écoles juridiques et le mouvement réformateur.
A charia est un code détaillé de conduite ou des canons décrivant les modes de culte, les critères de la morale et de la vie, les choses permises ou défendues, les lois tranchant entre le bien et le mal. Elle a deux sources: le Coran et les ahadith. Les ahadith les plus authentiques sont ceux de Malik, Bukhari, Muslim, Tirmidhi, Abou Daoud, Nassaï et Ibn Majah. Le Fiqh chez les sunnites est composé de quatre écoles juridiques ou rites (madhahib en arabe). Il y a le fiqh-al-Hanafi ou fiqh compilé par Abou Hanifa Nouman ibn Thâbit. Le père du rite hanafite est né en 699 et est mort en 767. Ses disciples, près de 375 millions, se retrouvent en Turquie, au Pakistan, en Inde, en Afghanistan, en Jordanie, en Indochine, en Chine et dans l'ex-Union soviétique. Le Fiqh-al-Malik y est compilé par Malik ibn Anas Al Asbahi. Il y a près de 75 millions de malékites au Koweit, au Bahrein, au Maghreb et dans pratiquement toute l'Afrique noire (donc en Côte d'Ivoire). Malik est né en 716 et est décédé en 796. Le fiqh-al-Châfi'i a été fondé par Mouhammad ibn Idriss al-Châfi'i (767-820). Les chaféites sont près de 130 millions au Yémen et en Indonésie. Le fiqh-al-Hanbali, enfin, est l'œuvre de Ahmad ibn Hanbal (780-855). Il y a environ 30 millions de hanbalites répartis entre l'Arabie Saoudite, le Liban et la Syrie. Ces quatre écoles sont reconnues par tous les musulmans. Les différences entre elles ne sont dues qu'au fait que quand deux personnes interprètent un événement, chacun le fait selon sa conception et quel fondement repose le port de la barbe, etc ? La théologie sunnite s'est en tout cas efforcée de rester fidèle à ce passage du Coran : "Nous avons fait de vous une communauté du juste milieu" (S.2 - V. 143). Mais la nostalgie des premiers temps de l'Islam inspira des mouvements réformistes décidés à revenir à sa pureté originelle et à en éliminer les innovations (Bida). Ainsi, les Almoravides (al murabitun ou gens du ribat, le "couvent fortifié") venus du Sénégal, maîtrisèrent toute l'Afrique du Nord et l'Espagne musulmane pour y imposer le rite malékite. Leur chef, Youssouf ibn Tachfine est le fondateur de la ville de Marrakech (1070). Le sunnisme fut également restauré au Machrek par les dynasties turque et kurde. Tout cela a pris un caractère "fondamentaliste" en s'attachant à l'interprétation littérale du Coran et de la Sunna et en cherchant à restaurer un Islam purifié de toutes les innovations non strictement conforme à la Révélation. Au 18è siècle, le wahhabisme voit ainsi le jour.
Mouhammad ibn Abd al-Wahhab né au début du 18è siècle dans le Nejd (un des écoles dans le cadre de l'école hanbalite et est influencé par le "néo-hanbalisme" du grand théologien ibn Taymiyya qui s'était élevé quatre siècles plus tôt contre le culte des saints et la visite de leurs tombeaux, et avait combattu les philosophes (falasifa) et les mystiques (soufis). Abd al-Wahhab prêcha un Islam rigoriste et s'attacha à l'application littérale de la charia. Rejeté par d'aucuns, il trouva chez l'émir Mouhammad ibn Saoud l'asile et son domaine du Nejd le premier Etat wahhabite. Au début du 19è siècle, son fils et successeur Abd al-Aziz part en campagne avec son armée et soumet presque toute l'Arabie, jusqu'au nord, vers Bagdad et Damas. Le calife Ottoman fait alors appel à l'armée du vice-roi d'Egypte qui a raison des wahhabites; leur chef, Abdallah ibn Saoud est exécuté à Istanbul. Au 20è siècle, l'armée wahhabite renaît sous les ordres d'un autre Abd al Aziz appelé Ibn Saoud. En 1924, il devient maître des lieux saints et proclame en 1932 le Royaume d'Arabie Saoudite. Des réformistes apparurent également en Egypte et en Syrie (le courant Salafiyya), et en général, tous les tombeaux des saints au Hedjaz furent détruits, toutes les pratiques jugées superstitieuses interdites, les soufis furent interdits de se manifester dans l'Etat saoudien, et même l'utilisation du chapelet fut prohibé! Certains allèrent jusqu'à déclarer que la mystique (soufisme) est étrangère à l'Islam... Les sunnites qui représentent près de 90% des musulmans ne se différencient donc les uns des autres que par des détails qui se justifient quand on veut trop bien faire.
Prochainement
III Partie : les Chi'ites
Voici leur version du hadith du Thaqalayn :
"Je laisse deux choses de valeur parmi vous dans l'espoir que si vous vous y cramponnez, vous ne vous égarerez jamais, le Coran et les membres de ma Maison : ceux-ci ne seront jamais séparés jusqu'au Jugement Dernier" (Alors que les Sunnites disent que le Prophète a plutôt dit "le Coran et la Sunna").
Bienvenue chez les chiites, dans l'autre des partisans d'Ali ibn Abi Taleb, le "Père de la Cité du Savoir", là où n'importe qui ne peut être imam, là où religion et politique sont toujours liées.
LA PRIERE SUNNITE
Après avoir fait ses ablutions, s'arrêter sur sa natte de prière face à l'est en manifestant l'intention de faire telle ou telle prière.
*1 - Lever les mains, paumes ouvertes, au niveau des oreilles et dire "Allahou Akbar".
*2 - Réciter à voix haute (si c'est la prière de Sobh, Maghrib ou Icha) ou à voix basse (si c'est le Zohr ou le Assr) : Fatiha + une autre sourate (ou un dou'a'a = extrait du Coran).
*3 - Génuflexion en disant "Allahou Akbar", se redresser en disant "Sami'Allahou Liman Hamidahou" et répondre "Rabana walak'al Hamdou".
*4 - Se prosterner en disant "Allahou Akbar", s'asseoir sur les pieds en disant "Allahou Akbar", et se prosterner de nouveau en disant "Allahou Akbar".
Ceci constitue une raka'at.
*Se relever et reprendre le 1 sans lever les mains.
*Reprendre le 2 avec une sourate plus courte.
*Reprendre le 3.
*Reprendre le 4 et rester assis après la seconde prosternation.
*5 - Réciter la première partie du Tachahoude (Attahiyatou Lillah, Azakiyatou lillah, Attayibatou wa salawatou lillah...) si la prière continue, sinon (prière du sobh) réciter également la seconde partie du Tachahoude et tourner la tête à droite puis à gauche en disant "Assalam Aléikoum wa rahmatoulahi".
Voir le (W).
*Se relever et reprendre le 1.
*6 - Réciter à voix basse la Fatiha.
*Reprendre le 3.
*Reprendre le 4 et se relever sinon (prière du Maghrib) rester assis et reprendre le 5 et la suite.
*Se relever et reprendre le 1 sans lever les mains.
*Reprendre le 6.
*Reprendre le 3.
*Reprendre le 4 et rester assis.
*Reprendre le 5 en récitant la seconde partie du Attachahoude après la première (Allahouma soualli alla Mouhamad wa ala ali Mouhamad...) et dire le "Assalam aléikoum wa rahmatoulahi", ce qui met fin à la prière.
(W) Ici finit la prière version malékite.
*Réciter Soubhana'llah (33 fois), Al Hamdoul'llah (33 fois), Allahou Akbar (34 fois), puis des dou'a'as (bénédictions extraites du Coran, ou dans notre langue et selon nos préoccupations) et terminer par la Fatiha.
***Prochainement: quelles différences y a-t-il entre celle-là et la prière telle que pratiquée par les Chi'ites?
A PROPOS DE LA POSITION DES BRAS
le Prophète (PBDL) n'a jamais prié les bras croisés. Cette innovation est due au second calife, Oumar ibn al-Khattab. En effet, il reçut un jour un groupe d'iraniens qui se tinrent dans cette position par respect pour lui. Touché par une telle manifestation d'humilité et de placidité, Oumar (RA) ordonna que désormais tous les musulmans se tiennent ainsi pendant la prière. La tradition ne se perpétuera pas chez les chi'ites ni dans la plupart des écoles sunnites, exception faite des hanbalites qui l'adoptèrent: les hommes prient les mains sur la poitrine, les femmes placent leurs mains sur le cœur. Le wahhabisme qui vient du hanbalisme pratique donc cette coutume.
PLUME LIBRE / Juin 1993 / Page 4
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
Jeux de hasard
Courses de chevaux, loterie, millionnaire...
Attention
HARAM!
Par Koné Zakaria abd'Allah
Grattez, grattez et vous finirez... en enfer!
Malgré l'application des potions magiques, la vie pour la grande majorité du peuple, n'arrête pas de s'endurcir. L'impératif demeure : comment générer des ressources financières ? Pour répondre à cette question le seuil névralgique du tolérable sera franchi et c'est là que certains "mécanocrates" se fourvoieront.
L'OPTION choisie par nos vendeurs de rêve semble reposer sur cette conception redoutable où la fin justifie les moyens. Dès lors aucun sacrifice n'est de trop, pourvu que ce soit le peuple qui le fasse ou qu'on le lui fasse faire. C'est ainsi qu'on en est venu à générer l'une des formes les plus sournoises de violence mais qui n'en demeure pas moins incisive. Cette violence est institutionnelle. Elle est dissimulée dans la loi qui cherche sa caution dans un moralisme aux contours mal définis. Oui cette violence accule et opprime ses victimes jusqu'à leur dernier retranchement et les fait paraître comme les véritables coupables, car ce sont elles, qui les premières, auront recours à la forme ouverte.
Le peuple ivoirien qui se voit depuis quelque temps pilonné et interpellé à grands renforts médiatiques pour s'investir dans les jeux de hasard où on lui promet de s'enrichir ici et maintenant. Mais sans travail préalable, c'est le charlatanisme d'Etat, c'est la vente des illusions et c'est l'entreprise qui gagne malheureusement le plus actuellement en Côte d'Ivoire. Tout ceci est orchestré et assaisonné d'une telle intoxication publicitaire, que le pauvre homme qu'on veut dépouiller passe de la simple exhortation à la contrainte psychologique.
Que dire de ces autorités qui recommandent comme voie légale d'accès au bonheur, celle de l'enrichissement sans effort et sans mérite ? Pense-t-on avoir une société saine et déterminé au labeur après un tel élevage humain ?
Le diable veut jeter parmi vous inimitié et haine
FACE à cette déliquescence morale, l'heure est à la reflexion. Alors, musulmans, Dieu nous interpelle en ces termes: «Ho les croyants ! Oui, le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu'ordure, œuvre du diable. Donc à écarter, peut être serez-vous gagnants ?» (S.5-V.90). Dieu continue sa mise en garde: "Oui le diable ne veut que jeter parmi vous dans le vin le jeu de hasard inimitié et haine et vous empêcher du rappel de Dieu et de l'office. Eh bien vous abstiendrez-Vous ?" ( S.5 - V. 90-91). C'est l'occasion de rappeler que l'Islam c'est la Soumission à la volonté de Dieu et que se soumettre à Dieu, c'est se servir soi-même. Il faut que chaque musulman comprenne que c'est dans cette soumission que Dieu conduit l'homme à son plein épanouissement aussi bien ici bas que dans la vie future. Alors, musulmans de tous pays, le Prophète (PBDL) s'adresse à vous: "Celui qui joue au hasard, désobéit à Dieu. Celui qui joue au hasard est semblable à celui qui souille sa main en prenant la viande de porc ou en la tâchant de son sang".En vérité si tu commences par gratter tu risques de finir en enfer. Que Dieu nous protège. *
La foire aux nigauds
CERTAINS confrères ont voulu faire croire que, concernant le "millionnaire", plus les gens gagnaient et plus on émettait de billets... Comme si la quantité d'argent redistribuée par la LONACI pouvait excéder ses gains. Ou on est naïf, ou on joue le jeu pour appâter encore plus de gens. Une loterie ne peut pas distribuer plus d'argent qu'elle ne gagne. Elle ne peut même pas distribuer le même montant car, comme toute entreprise commerciale, elle doit faire des bénéfices.
En France, il y a 1 chance sur 1.096.876 de trouver les 6 numéros gagnants du Loto, et chaque semaine, ce sont 13 millions de tickets qui sont émis. Au "millionnaire", 500.000 tickets sont émis par la Française des Jeux pour 124. 819 gagnants, soit 25%, encore que, par gagnant il faut entendre tous ceux qui gagnent quelque chose et non pas le nombre de "millionnaires".Là, c'est 1 milliard de tickets qui sont vendus pour un chiffre d'Affaires de 500 milliards! (combien les "millionnaires" ont-ils touché ?) Au Banco 360.000 tickets sont émis pour 79.880 gagnants, soit 22%.Au Sénégal, le "millionnaire" rapporte 900 millions à l'Etat (mais combien au peuple ?). Ici, en Côte d'Ivoire, un vendeur fait en moyenne une recette de 150.000F par jour, Sachant que la LONACI dispose de près de 900 points de vente, c'est un beau pactole qu'on se fait avec les larmes du petit peuple... Pour pousser les gens à délier leur (squelettique) bourse, on raconte sur les ondes que ce sont les maliens et autres burkinabés qui empochent les millions, et que cela doit cesser car maintenant les ivoiriens se sont "réveillés". Dire que tout ceci a permis de créer 600 nouveaux emplois, c'est beau mais combien parmi étaient inscrits à l'OMOCI, et combien le sont maintenant à la CNPS ? Que des gens pour qui Dieu est le cadet des soucis tentent ainsi le démon (et non pas la chance !) passe encore, mais que des musulmans s'y empêtrent, là il faut sonner l'alarme !
L'Islam cherche à inculquer à l'Homme le sens de la responsabilité, le goût de l'effort, la satisfaction du travail bien fait et donc du gain mérité, autant de données avec lesquelles on développe une nation. Car un pays ne se construit pas avec des parasites et autres rêveurs amateurs de gains faciles. Que Dieu pardonne à tous ceux qui se sont laissés prendre à ce piège, qu'Il les en délivre et leur mette un peu plus de foi dans le cœur. Amine *
Koné Seydou
Deux millionnaires et les miséreux
Dembélé Al Séni
Ca gagne ! Tout le monde peut gagner ! De Washington à Sicobois en passant par Derrière rails, tout le monde assemble ses illusions et met ses espoirs dans la magie du grattage. Le risque n'est pas grand : 200 ou 300F seulement et hop la vie se transforme. Le paradis terrestre en somme à portée de main et pour pas cher.
Ici, un homme gratte, là-bas, dix personnes grattent, à cent lieux de là cent mille personnes grattent... Il y aura pour la semaine deux (ou quatre) millionnaires et deux-cent-quatre-vingt-dix-neuf mille neuf-cent-quatre-vingt-dix-huit personnes qui continueront à vivre dans la crasse et dans la promiscuité des immondices, dans les bidonvilles, à gratter et à rêver,à rêver et à gratter. Dans les tours d'ivoire, on ne se trompe pas, on sait que trois cents francs multipliés par trois cent mille ça donne quatre-vingt-dix millions ! On peut donc faire l'aumône de quelques millions à deux élus. Sachant que cette aumône fera de nouveaux rêveurs et que les chiffres d'affaires ne cesseront pas de gonfler, sûr qu'on va mieux se sucrer, augmenter les cylindrées des bolides et se la couler encore plus douce. De la misère des rêveurs, avec l'appât des millionnaires, on se fait des milliards.
Tant pis si quelque part dans une baraque, à la lueur de la lampe tempête, un gueux attend la lueur du jour, pour aller gratter à nouveau... à perte *
PLUME LIBRE / Juin 1993 / Page 5
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
Mali :
Les jeunes musulmans en congrès
- De notre envoyé spécial à Bamako D.H.L. -
Du 25 au 27 Décembre 1992 s'est tenu à Bamako le premier congrès ordinaire de l'Association Malienne des Jeunes Musulmans, sous le haut parrainage d'El Hadj Darhamane Hamidou Touré, Président de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Mali.
Ce congrès qui a choisi de plancher sur la problématique du travail islamique au Mali s'est tenu au Centre Culturel Islamique de Hamdallaye. Les travaux en commission se sont déroulés à la Maison des Jeunes de Bamako et comprenaient : la commission programme d'action, celle des statuts et règlement intérieur et enfin celle de la mobilisation des ressources financières.
Le clou des travaux a été la séance plénière. Il faut souligner la contribution de la délégation ivoirienne avec son expérience et son savoir-faire en matière d'organisation islamique. Le Dr. Sangho a été réélu à l'unanimité afin qu'il poursuive le travail qu'il a difficilement entamé.
La séance de clôture a eu lieu le Dimanche 27. Outre les traditionnelles lectures du Coran et des résolutions, trois interventions ont particulièrement retenu notre attention. La délégation ivoirienne a mis un accent particulier sur la question de l'unification du travail islamique dans le monde et la nécessité du suivi des résolutions du congrès. Enfin, elle a signalé la disponibilité des frères de Côte d'Ivoire à œuvrer de concert avec toutes les associations islamiques.
Puis, ce fut le tour du Président élu qui a résumé l'Islam au Mali en ces termes : «Grande majorité de musulmans mais baisse de la qualité de musulmans.» Quant au parrain, il a invité tous les musulmans du Mali à œuvrer dans le sens de l'instauration d'un Islam plus vivant. Monsieur Touré a enfin insisté sur la nécessité de la coordination des actions islamiques dont les objectifs restent fondamentalement les mêmes.
Notre attention a été enfin retenue par des faits révélateurs : la très faible participation féminine, et l'absence quasi-totale des autorités politiques et administratives. Au niveau des médias, en dehors du Politicien musulman et de l'Essor, la presse non plus n'a pas été très présente à ce rendez-vous *
TREICHVILLE
La femme célébrée par l'AJMT
Du 1er au 9 mai dernier, se sont déroulées les troisièmes journées de retrouvailles des femmes (sœurs et mères) militantes de l'A.J.M.T.
Placées sous l'égide du Conseil Supérieur des Imams et du Conseil National Islamique, lesdites journées dont le thème central était "pour un peu plus de solidarité entre femmes musulmanes", ont eues pour marraine madame Hadja Adjaraba Ouattara, proviseur du Lycée Technique d'Abidjan.
La cérémonie d'ouverture a été suivie d'une conférence prononcée par la sœur Adai Khadidja, Vice-Présidente de l'A.J.M.C.I et de l'A.J.M.T. Le Thème, "la notion de solidarité en Islam", a permis à la sœur de faire des suggestions aux femmes musulmanes de Côte d'Ivoire en vue d'entreprendre des action de solidarité, à travers des visites et dons de médicaments aux malades indigents des C.H.U, des léproseries, des hôpitaux psychiatriques et autres formations sanitaires, et même aux jeunes délinquants de nos prisons civiles.
L'après midi du samedi a vu l'organisation du concours de tadjwid et de connaissance islamique reservé aux enfants (qui sont les grands oubliés de nos manifestations islamiques).
La visite à la maternité de Treichville s'est effectuée le dimanche matin à 10 heures. Après la remise des dons (savons, parfum, poudre) aux mamans et des produits désinfectants au personnel, les sœurs ont prié pour les nouveaux-nés et leurs mères.
Ce même jour de 14 heures à 18 heures, les sœurs de l'A.J.M.T ont eu une rencontre avec les représentantes des autres associations. Cette rencontre a permis aux sœurs de visionner le documentaire intitulé "Le cri silencieux", et d'engager une franche discussion sur le comportement des militantes. La grande innovation au programme des troisièmes journées, aura été sans conteste la séance de vaccination organisée au siège de l'AJMT avec la collaboration du Centre Social de Treichville et de l'Institut d'Hygiène. Femmes et enfants ont répondu nombreux à l'appel.
La prière de vendredi a été faite à la grande mosquée de Treichville où l'imam Konaté Anzoumana a tenu à prodiguer ses encouragements à l'A.J.M.T et à faire des bénédictions pour toute la jeunesse musulmane de notre pays.
Comme chaque année, ces troisièmes journées de retrouvailles ont pris fin par l'exposition vente au cours de laquelle des articles confectionnés par les sœurs ont été proposés au public. Le bilan, aux dires de la sœur Adai Khadidja est largement positif tant sur le plan de la mobilisation des militantes, que sur le plan financier. A l'année prochaine, inch'Allah *
Correspondance de Koné Arouna
BINGERVILLE
Ansaroulaye dénonce la mésentente
Les musulmans de Bingerville ne s'entendent pas. Le torchon brûle même sérieusement entre eux. C'est ce qui transparaît du premier congrès ordinaire du club Islamique "Ansaroulaye", congrès qui s'est tenu le dimanche 16 mai dernier sous le thème : "Islam et solidarité". De nombreuses associations-sœurs avaient tenu à lui apporter leur soutien militant (parmi lesquelles le CERICI, dont le président s'était déplacé en personne), ainsi que le CNI, la mairie et le Conseil Supérieur des Imams (représenté par l'imam Lamine Sakho).
Ansaroulaye a déjà à son actif de nombreuses œuvres sociales, et les moyens matériels dont elle dispose proviennent des cotisations, de la vente des cartes de membre et des dons des membres d'honneurs.
Le parrain de la manifestation, le frère Touré Faman ; Commissaire aux Comptes du CNI a insisté sur les préoccupations de la section locale de la LIPCI. En effet, le quartier Gbagba compte à lui seul cinq associations islamiques et personne à part Ansaroulaye ne veut collaborer avec la LIPCI. La situation est tellement grave qu'il a été fait appel au CNI pour que Bingerville retrouve la paix, l'unité et l'entente. Pour le frère Touré, malgré la participation active de Bingerville à la création du CNI, le secret de cette division a été gardé. Il a promis que le CNI fera tout pour ramener la paix à Bingerville et cela le plus tôt possible. Ansaroulaye qui envisage de construire une bibliothèque islamique, une boutique et des toilettes à la mosquée de Gbagba a franchement intérêt à ce que ses appels à l'unité soient entendus car rien ne peut se faire dans la division. Vivement la paix à Bingerville *
Koné Seydou
PLUME LIBRE / Juin 1993 / Page 6
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PLUME POLITIQUE
ALGERIE :
La tenue islamique interdite !
Par Dembélé Al Séni
Le bras de fer entre le gouvernement et le peuple algérien est entré dans sa phase décisive. La vérité triomphera bientôt, Inch'Allah ! (Photo : Abassi Madani et son staff lors d'un meeting)
Les autorités algériennes viennent, par un décret, d'interdire dans l'administration le port de la tenue islamique. Au delà du choc que ne peut manquer de provoquer une décision aussi dépourvue de sens, que cache en réalité cette fuite en avant ?
E moins qu'on puisse dire aujourd'hui, c'est que l'Algérie s'est installée dans la guerre civile. Malgré le black-out des autorités sur les informations et télex lapidaires des agences d'informations occidentales tendant pourtant à minimiser ce qui se passe dans ce pays, on sait aujourd'hui que les maquis se sont étendus à presque toute l'Algérie et que même la Kabylie (qu'on présente à tort ou à raison comme hostile au mouvement islamiste) est entrée dans la danse. Face aux tournures que prennent les événements (désertions dans l'armée, coup de maître des maquisards qui n'hésitent plus à frapper jusque dans les casernes et les gîtes du Pouvoir), la bande à Ali Cafi, le président du HCE (Haut Comité d'Etat) semble perdre les pédales. Constitution de tribunaux d'exception, mise sous surveillance militaire des mosquées, arrestations massives et déportations de personnes soupçonnées de sympathiser avec les islamistes, etc. Mais malgré tout ce dispositif répressif, la lutte ne fait que s'intensifier contre le Pouvoir. Plongé dans une cécité innommable, celui-ci croit avoir trouvé enfin le remède miracle : couper les algériens de l'Islam ou du moins anéantir l'Islam en Algérie !
On aurait pu en rire si ce n'était pas le destin d'un peuple qui était en jeu. Le Pouvoir algérien ignore-t-il que l'Islam est indissociable de l'histoire et de l'existence même du peuple algérien ? Ali Cafi (ci-devant président des anciens moudjahidines ou combattants de Allah) sait mieux que quiconque que s'attaquer à l'Islam de façon frontale et brutale en Algérie, c'est engager une bataille perdue d'avance. Alors question, pourquoi ce décret interdisant le port de la tenue islamique dans l'administration ? La réponse est toute simple. Le HCE est dans un désarroi total. Il ne peut plus concevoir de stratégie cohérente de gouvernement, ni trouver d'alternative capable d'avoir l'adhésion de la population. Sa récente décision d'organiser un référendum sur le programme de la période transitoire est symptomatique à cet égard. Perdu dans ses propres contradictions, n'ayant rien à proposer au peuple qui puisse lui gagner sa sympathie, navigant à vue dans une mer qu'il a lui même troublée, la bande à Ali Cafi ne sait plus que faire. L'interdiction de la tenue islamique résonne donc en définitive comme le chant du cygne. La fin du HCE, c'est pour bientôt. Inch'Allah *
BOSNIE
La tragédie continue
La plus grande coalition de l'histoire contemporaine qui ait rendu service à l'humanité entière est incontestablement celle qui a mis fin à l'hégémonie nazie et à sa machine de guerre infernale de la Vermacht. Hormis celle là presque tout le reste n'est que chantage et hypocrisie. L'Irak a été presque détruit par la coalition alliée à cause des pétrodollars du Golfe. Pendant plus de 70 ans les Boers d'Afrique du Sud ont spolié et exterminé les noirs au vu et au su de l'humanité. Plus récente encore est la tragédie des musulmans de Bosnie dont le seul crime est de vouloir perpétrer la civilisation islamique dans une Europe xénophobe et égocentrique.
Depuis bientôt deux ans ils meurent : hommes, femmes et enfants ; sans défense, sans médicament, sans vivres. Tout juste quelques parachutages désordonnés et des convois toujours bloqués d'ailleurs par les Serbes. Avec eux quelques casques bleus, des éléments des ONG et des Nations-Unies sacrifiés sur l'autel d'une cause dont la résolution ne dépend que d'un ordre de Washington. Ni les conférences de réconciliation, ni les valses diplomatiques, ni les menaces saugrenues de Washington n'ont ébranlé en rien l'ardeur des serbes convaincus que les USA ne viendront pas s'enfermer dans le bourbier yougoslave.
Entre temps le général français Morine doit regagner la France parce qu'il en sait trop sur ce conflit mais surtout parce qu'il a flirté avec les musulmans. Le Président serbe, lui, joue à la fois au pyromane et au pompier. Et le génocide continue. En fait, les serbes travaillent pour toute la "civilisation" parce que celle-là ne doit pas se salir les mains *
D.H.L
Plume Libre
Mensuel Islamique Ivoirien d'Informations Générales
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Rép. de Côte d'Ivoire
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PLUME EN LIBERTE
Nos convertis et nous
Par Cauney Issah
Cher grand frère
C'est une très grande joie pour moi de te faire cette note à la veille de la Tabaski pour te souhaiter bonne fête ainsi qu'à ta famille et à tous ceux qui te sont proches. Que Allah veille sur vous afin que tout le reste de l'année soit pleine de joie et de réussite.
Je viens également auprès de toi afin que tu m'aides à éclaircir certains points noirs qui hantent mon esprit. Je voudrais savoir quelles sont les structures d'encadrement mises en place par l'AEEMCI pour l'intégration rapide et définitive des convertis ? Car au niveau de Bingerville, à part les réunions et les conférences, je n'ai jusqu'à ce jour jamais participé à un séminaire de formation. Je voudrais aussi parler d'un complexe que j'éprouve vis-à-vis de certaines personnes que j'estime beaucoup. Ma fiancée est musulmane, mais je n'arrive pas à m'acquitter de ma prière chez ses parents. Pourtant je prie n'importe où ailleurs où se trouvent des musulmans. Alors aides-moi à trouver une solution à cet autre problème.
Je te quitte sur ces mots dans l'espoir de te voir bientôt et en pleine forme inch'Allah. Bonne fête de Tabaski.
Ton Petit-frère
Il ne se passe plus de vendredi sans que les musulmans n'accueillent dans leurs rangs de nouveaux frères et sœurs, de nouveaux convertis. Les conversions sont légion dans nos mosquées et ceci sur toute l'étendue du territoire.
Mais après le flot d'encouragements et de félicitations à l'endroit des convertis, après le retentissement des Takbir, que reste-t-il ?
"J'ATTESTE qu'il n'y a de Dieu que Dieu et que Mouhammad (PBDL) est son Prophète". Désormais, je reconnaîtrai Dieu comme mon Maître, l'Islam comme ma religion, Mouhammad (PBDL) comme mon Prophète et le Coran comme mon livre." Tels sont les serments que l'on fait prêter aux convertis devant Dieu, l'imam de la mosquée et les fidèles. L'imam profite pour leur donner des conseils et des informations sur la pratique de la religion. Après quoi, une horde de fidèles se rue vers les convertis pour les féliciter, mais surtout pour bénéficier de leurs bénédictions, car les bénédictions du nouveau converti sont immédiatement exaucées par Dieu, parce qu'il est considéré comme un nouveau-né, donc pur et lavé de tout péché.
L'euphorie des félicitations et des bénédictions terminée, le converti retourne seul chez lui vivre de nouvelles réalités en affrontant notamment toutes sortes de difficultés causées par sa famille.
Le début des malheurs pour certains
APRES sa conversion, le converti devient automatiquement un membre ordinaire de la mosquée. Son "intégration" est ainsi terminée et consommée. L'on n'a plus d'yeux pour lui mais plutôt pour un autre qui vient de se convertir, et c'est la course effrénée vers des bénédictions fraîches. L'on ne se soucie plus de celui qui a été converti le vendredi d'avant, de celui qui est venu grossir notre Oumma en rompant ses liens avec une autre religion. On ne cherche pas à savoir comment il vit sa foi, quels sont les problèmes par lui rencontrés... Il est lâché par ceux qui devaient le soutenir et de l'autre côté, il est accusé de haute trahison et subit toutes sortes de supplices. On le sèvre de tout : nourriture, argent, logis. Aucune structure n'ayant été mise en place pour l'encadrement et le suivi des convertis, les plus courageux d'entre eux sont obligés de lancer des appels afin que leurs coréligionnaires leur viennent en aide. Mais malheureusement très peu sont ceux qui y répondent parce que ne se sentant pas concernés par cet appel. Erreur ! C'est là justement que beaucoup commencent à faire des interprétations saugrenues et déplacées du Saint Coran, tout ceci pour refuser de venir en aide à leurs frères en proie à toutes les difficultés. Et après, on s'étonne de leurs revirements. C'est pour cette raison que Roger Garaudy a dit qu'il ne serait pas musulman s'il avait connu les musulmans avant l'Islam. Cette boutade est pleine de sens, elle montre que les musulmans par la plupart ne donnent pas l'exemple.
La mise en place des structures s'impose
IL est plus qu'impératif de mettre des structures en place qui permettront d'accueillir nos convertis pour mieux les encadrer et leur donner raison d'avoir effectué le bon choix. Et le C.N.I pourrait jouer un rôle déterminant puisqu'il a des sous-sections dans chaque quartier. Il pourrait créer un comité de suivi des convertis dans chaque mosquée, comité qui aura pour tâche la gestion des convertis. Il enregistrerait leurs problèmes et verrait ce qu'il peut faire. Ceci doit se faire avec l'aide et la bénédiction de tous les musulmans priant dans cette mosquée. Ils doivent se mobiliser afin de faciliter l'aide que le comité aura à apporter à chaque converti, ce qui peut se matérialiser par des cotisations mensuelles, des dons en nature...
La situation des convertis interpelle tous les musulmans. Nous avons le devoir d'aider ceux qui viennent nous conforter dans ce que Dieu nous a dit dans son Saint Coran : "Vous êtes la meilleure communauté surgie pour les hommes, vous encouragez le bien et interdisez le blâmable et vous croyez en Dieu." Une des croyances en Dieu consiste à aider son frère, à préférer son frère. Autant nous accourons vers les convertis pour leurs bénédictions, autant nos secours en leur faveur sont encouragés et récompensés par Dieu, car le secours porté à un converti fait partie des actes les plus recommandés par Dieu *
DÉTENTE
LE MOT CACHE N°7
L'un des quatre califes bien guidés
Abdullah - Acte - Ansar - Apte - Awa - Badr - Bis - Bida - Calames - Cas - Compagnons - Coraïch - Coran - Cran - Dattes - Dieu - Djibril - Dot - Emir - Fatima - Guidée - Iran - Jérusalem - Khadidja - Khezr - Madinah - Mecque - Modes - Mosquées - Mouhammad - Moussa - Musulmanes - Nil - Nouh - Pakistan - Pèlerins - Poche - Prophétie - Puce - Rabbiah - Race - Réponse - Sobh - Tek - Terme.
[Grille de mots cachés]
Par Koné Seydou
MOTS CROISES N°9
[Grille de mots croisés]
HORIZONTALEMENT
I- Surnom du Prophète - Dernier calife orthodoxe. II- Laisser tomber. III- Troisième calife orthodoxe. IV- Calife innovateur - Reste de bic. V- A retenir - Lettres de Sogbie. VI- Note - Président du CNI. VII- Peuple du centre - Salut. VIII- Direction - le chien adore - Consonnes de vilain. IX- Avalé - Ici. X- Prophète - Article.
VERTICALEMENT
1- Article - Indéfini - Premier homme. 2- Calife sincère. 3- Lettres de mamelouk - A moitié baba - Avalé. 4- Au dessus de l'iman - Pas eux. 5- Consonnes de Dramane. 6- Voyelles de voyage - Guerre des étoiles - Pronom. 7- Double consonne - Sérieux. 8- Bourrique - Muezzin. 9- Article - Jésus - Négation. 10- Infinitif - Dans l'espace.
Résultat du Jeu-Concours
Mots Croisés N° 8
Horizontalement :
I- Palestine - Nonce. II- Amer - Eternue - As. III- Ra - Khomeiny. IV- Intro - "Nul" - RR. V- "Sana" - PTT - Acei. VI- Et - Mécréant. VII- Si - Bout - RTI. VIII- Adoration - Moher. IX- Soi - Sel - Aube. X- Puéril - Subside - Ail. XI- Es - Ru - Sud. XII- MU - Ici - Yul. XIII- Aïcha - Amadou - Maled. XIV- Nie - VI - Ignamé. XV- Os - Diplomate.
Verticalement :
1- Paria - Aspirant. 2- Amant - Adou - Cne. 3- Le - Doctrines - Sein. 4- Erseri - Ri. 5- Oc - Basilique. 6- Tiare - Iqbal - Cuir. 7- Iln - Nil - Pic. 8- Néoménie - Si - Ip. 9- Ermite - Yago. 10- Née - Ci - Abru - N. 11- Nuit - Musulman. 12- Oen - Aérobi - Amt. 13- Cathédrales. 14- Ca - Reine - Elle. 15- Esprit - Résoudre.
Question : l'auteur de la phrase est Ali Ibn Abi Taleb, cousin et gendre du Prophète et 4e calife "bien guidé".
Gagnant : Néant.
PLUME LIBRE / Juin 1993 / Page 8
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Édito-Plume : l'intégrisme laïc
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