Issue
Plume Libre #04
- Title
- Plume Libre #04
- Type
- Périodique islamique
- Publisher
-
Plume Libre
- Date
- January 1992
- issue
- 4
- Abstract
- Mensuel ivoirien d’informations générales
- number of pages
- 8
- Language
- Français
- Has Part
- Tolérance !
- Contributor
-
Frédérick Madore
- Identifier
- iwac-issue-0001326
- content
-
Janv. 1992
Prix : 200F
N° : 004
PLUME Libre
MENSUEL IVOIRIEN D'INFORMATIONS GÉNÉRALES
FRANCIS WODIE
"IL Y A EU COMPLICITE ENTRE LE POUVOIR ET LA HIERARCHIE RELIGIEUSE"
PELERINAGE A LA MECQUE :
L'ORGANISATION EST A REVOIR
L'EMANCIPATION DE LA FEMME EN QUESTION
Edito-Plume:
ON POUVAIT TOUT DE MÊME RÊVER!
Au matin du Jeudi 12 Décembre dernier, alors que les dernières délégations commençaient à quitter la capitale sénégalaise, les commentaires allaient bon train à propos de la réussite ou de l'échec du 6è sommet de l'organisation de la conférence islamique. "Dakar a rassemblé 46 pays (y compris l'Albanie en tant qu'observateur ; l'Arabie Saoudite y a annulé près de 100 milliards de francs cfa de dette des pays démunis membres de l'OCI; les participants ont «juré» de faire de la libération de Al Quods (Jérusalem) la plus importante cause islamique; on a solennellement promis d'instaurer un marché commun islamique... la générosité en somme n'a pas manqué au cérémonial de cet autre rendez-vous de la «Umma». Et pourtant, le plus du milliard de musulmans qui avaient les yeux tournés vers Dakar sont demeurés une fois de plus dans ce spleen général où les ont plongés depuis belle lurette les sommets de ce genre. La grande pompe et le faste de l'organisation inversement proportionnels à l'intérêt accordé aux sujets qui concernent la vie quotidienne de la plupart des musulmans. Tenez-vous bien! A Dakar, on s'est cru obligé de reprendre la quasi-totalité des résolutions de l'ONU sur la guerre du Golfe (condamnation de l'Irak, demande de destruction de ses armes chimiques, bactériologiques et... nucléaires), de soutenir le processus de paix (pas américains bien sûr) enclenché à Madrid sans daigner évoquer le triste sort des enfants irakiens qui meurent de malnutrition (ce n'est en tout cas pas islamique de s'empiffrer et de regarder les autres surtout les enfants trépasser) ni le calvaire des palestiniens qui continuent de souffrir la haine vengeresse des koweïtiens.
Le sommet de Dakar faut-il le rappeler était placé sous le thème de la concorde et de l'unité mais, les fractures issues de la guerre du golfe n'ont pas eu un simple début de pansement, et les violentes attaques contre l'Irak à l'initiative du Cheick Jaber semblent cristalliser les positions respectives. Peut-on parler de concorde et d'unité si les problèmes d'alimentation, de santé et d'éducation de la population musulmane ne font pas l'objet d'attention soutenue et de mesures concrètes? Les grandes résolutions comme celle relative à la libération d'Al Quods sonnent aujourd'hui comme de simples litanies destinées à flatter l'orgueil des populations et à donner bonne conscience aux leaders des pays musulmans.
Dembélé Al Séni
Le véritable drame de la «Umma» aujourd'hui, au delà de la mauvaise «valse dansée» à Dakar, c'est que son sort se décide sans ses véritables défenseurs (les pieux imams et les militants sincères) et que son avenir est aux mains des laïcs (le mot lâché étant trop fort). Que peut-on en effet attendre des Abdou Diouf, Lassana Conté, Ben Ali et consorts concernant l'Islam? Ils sont trop bons élèves du monde occidental pour aider à la progression de cette religion. C'est d'ailleurs trop leur demander que de leur confier cette tâche. On notera tout de même qu'ils «ont souffert» à Dakar la lecture du Coran à l'ouverture et à la clôture du sommet. Heureusement que l'hypocrisie ne tue pas.
C'est vrai que le contexte dans lequel s'est tenu ce sommet était délicat, c'est vrai que les frictions au sein du monde arabe et les querelles de leadership ont toujours été une hypothèque sérieuse sur les sommets de l'OCI mais, au moment où le monde se reconstitue pour amorcer l'important virage du 21è siècle, les musulmans attendaient de leurs dirigeants qu'ils prennent des décisions qui positionnent l'Islam dans ce grand mouvement d'ensemble et qui en fassent un point de mire pour le monde qui en a besoin.
Les conditions étaient réunies pour cela. Et... on pouvait tout de même rêver! Mais une fois de plus les leaders (politiques) du monde musulman ont creusé le fossé qui sépare le rêve de la réalité.
Pauvre Islam !
--- Page 2 ---
PL
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SOMMAIRE
EDITO-PLUME
On pouvait tout de même rêver.........................Page 1
PLUME EN LIBERTE
l'Emancipation de la femme en question..................3
PLUME DANS LE QUOTIDIEN
Tenue vestimentaire : un retour vers l'animalité ?.....5
Pèlerinage à la Mecque : l'organisation est à revoir..4
V I H 92 ....................................................................5
PLUME POLITIQUE
Exclusif-FRANCIS WODIE : "Il y a eu complicité entre le Pouvoir et la hiérarchie religieuse".........6-7
INFOS-PLUME...............8
TOLERANCE !
Ivoir soir N° 1159 du Mardi 31 Décembre 1991 rapporte en page que le tout nouveau Président Zambien, Frederic Chiluba, a déclaré, au nom du peuple Zambien, que la Zambie est un pays chrétien ; pourtant la Zambie n'est chrétienne qu'à 25%, précise Ivoir Soir.
Imaginons que le Président Diouf du Sénégal, Touré du Mali ou Cheibou du Niger aient déclaré leur pays respectif musulman (ils auraient plus de raison de le faire puisque ces pays le sont à plus de 80%), la presse occidentale et ses valets prompts à donner des leçons de vertu aux autres, auraient crié à l'intolérance à l'obscurantisme etc... et auraient sans doute proposé des sanctions économiques contre ces pays. A l'inverse, et dans le cas de la Zambie, le Président Chiluba, bien inspiré, tirera les marrons du feu.
Moralité : ceux qui prêchent le plus la tolérance en ont une conception sélective ; selon que vous serez riches ou pauvres
[Texte dans le cercle]
Avec 25% de chrétiens, le Président Chiluba souhaite la Zambie chrétienne. Madani avec 99% de musulmans est "un intégriste intolérant en Algérie". AINSI VA LE MONDE !
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PLUME Libre / Janvier 1992 / Page 2
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PLUME EN LIBERTE
L'EMANCIPATION DE LA FEMME EN QUESTION
Ces femmes, comme toutes les autres, participent à la vie économique
La femme, comme l'homme, constitue le noyau, le tableau de bord de la société : la famille. La réalité de la vie nous amène à constater que la femme en est la «Clef de sécurité». Celle qui, par son comportement peut conduire la société vers l'épanouissement ou la décadence sous toutes ses formes. Et pourtant, à travers les siècles, dans toutes les sociétés, et même celles dites aujourd'hui civilisées ou évoluées, la femme n'a jamais occupé la place que nécessite son rang. Elle a toujours été l'objet de bassesses dont la description n'honore pas l'espèce humaine : dans certaines sociétés, la naissance d'une fille constituait une humiliation pour la famille ; les plus affectés par ce genre de naissance, allaient jusqu'à enterrer leurs bébés. Dans d'autres, la femme n'avait aucun droit ; elle était épousée et divorcée selon l'humeur du mari. Son dos était devenu un véritable dos d'âne au service de la famille bref ! La femme était une chose. C'est pourquoi on a vu apparaître les mouvements réclamant une émancipation, voire une libération de la femme.
Jamais les femmes ne sont allées si loin dans la conquête de leurs droits. Trop de choses ont été dites et faites à ce sujet à telle enseigne qu'aujourd'hui, on se demande que retenir de toutes ces années le combat féministe
DE QUELLE EMANCIPATION DE LA FEMME S'EST-IL AGIT ?
Pour répondre à toutes ces interrogations, nous allons analyser tous les efforts accomplis.
Les Douze mois de l'année 1975, année décrétée année internationale de la femme, ont été consacrés entièrement à la femme dans le monde. L'année a été courte :
Décembre nous a surpris en plein élan. «Comment, c'est déjà la fin ? Qu'avons nous fait ?» Pouvait-on s'interroger.
L'on s'était habitué à mettre toutes les manifestations sous l'égide des associations de femme, à broder le sigle colombe-symbole des mouvements de femmes sur tous les fanions déployés, à le porter au dessus du sein gauche, comme marque de reconnaissance. Chaque journal, chaque revue réservait des pages à l'événement ; la radio, la télévision lui consacrèrent des émissions particulières ! Toutes les revendications s'appuyaient sur ce prétexte : «Comme c'est l'année internationale de la femme...» tous les projets aussi et peut-être... tous les espoirs défilaient !
Dans nos antiques civilisations, les femmes étaient «les servantes» des hommes, mais dans nos civilisations dites modernes, elles ont les mêmes droits que l'homme.
Les hommes croyaient qu'ils ne verraient jamais la fin de cette année.
Douze mois de palabres, de paroles, de discussions et autre verbiages pour dire à la face du monde que la femme, tout en assumant les besognes les plus humbles nécessaires à la vie quotidienne est aussi capable de signer de grandes réalisation bénéfiques à toute l'humanité.
Après toutes ces revendications et au vue des résultats obtenus, on est amené à se poser des questions :
1) L'émancipation de la femme signifie-t-elle avoir les mêmes droits que l'homme de telle sorte qu'on ait une égalité absolue ?
Si tel est le cas, c'est chose acquise. En effet, l'égalité de la femme avec l'homme est un des plus importants principes constitutionnels du monde. La constitution de la plupart des nations déclare en effet que la femme jouit des mêmes droits économique, publique, culturelle, sociale et politique que l'homme.
Cela est dû non seulement aux choix idéologiques des pays mais aussi au fait que dans beaucoup de cas, les femmes sont plus nombreuses que les hommes et qu'elles doivent donc être incluses complètement à la population active.
2) L'émancipation signifie-t-elle que la femme ait un emploi salarié, qu'elle occupe de hauts postes de responsabilité, qu'elle dispose de ses biens comme elle l'entend ?
Dans ce cas, émancipée, la femme d'aujourd'hui l'est puisqu'il est remarquable de voir que la république d'Irlande (pays d'ailleurs très Catholique) est allé jusqu'à élire à sa tête une femme favorable à l'avortement (sic) : Mary Robinson. Evolution ou révolution ? Peu importe ! Ce qui est sûr, c'est qu'au Sri-Lanka, un groupe de jeunes filles, constituées en commando, a tué onze soldats et quinze rebelles lors de l'attaque, le quatre novembre d'un camp militaire à Jaffna.
La gestion des mairies par une femme est chose de plus en plus fréquente : à Washington (Etats-Unis), avec Sharon Pratt-Dixon, à Bingerville et Port-Bouët (Côte d'Ivoire) avec respectivement Mme Bathlo et Mme Hortense Aka Anghui. Tout récemment, une femme a été nommée au poste de premier ministre en France : Edith Cresson. Avant elles, des femmes ont occupé de hauts postes de responsabilité : on a vu Mme Indira Ghandi (en Inde) Mme Margaret Thacher (Angleterre). En Afrique, depuis 1975, on a vu des femmes, chefs d'entreprise, agrégées, diplômées, lauréates décorées etc...
Les lois sur le mariage des pays laissent la liberté au couple de choisir entre la communauté de bien et la séparation.
L'EMANCIPATION DE LA FEMME SIGNIFIE-T-ELLE, LA PROTECTION DE LA FEMME DANS LE MARIAGE ET LE DROIT AU REFUS DE LA POLYGAMIE ?
Que de précautions prises et de lois votées afin de mettre la femme en sécurité ? Beaucoup de pays interdisent la polygamie.
Si c'est cela l'émancipation, eh bien, la femme d'aujourd'hui est émancipée. Mais, malgré tous ces acquis, combien de femmes aujourd'hui ne vivent de difficiles ménages ? Ce sont toujours leurs maris qui sont en «missions» pour ne pas dire chez des maîtresses, qui la plupart du temps, vivent mieux matériellement que celle qui est à la maison. Ce sont elles toujours qui doivent refaire leur vie après deux ou cinq enfants sous les bras parce que divorcées. Que de divorces ! Ces femmes victimes de ce mal, ajoutées un grand nombre qui déjà attendaient ne font que compliquer la situation de nos mères. Aujourd'hui, elles sont nombreuses celle qui veulent se marier, mais elle attendent les hommes qui ne les voient pas. La polygamie du Sénégal a-t-elle fait des femmes de ce pays des non émancipées ?
L'émancipation de la femme signifie-t-elle, le droit de disposer de son corps comme bon lui semble ?
Si c'est cela l'émancipation, les femmes de notre temps sont émancipées puisqu'elles sont libres de subir (bêtement) les modes vestimentaires qui frisent le ridicule ; ces grands créateurs de modes cachés derrière un écran, se plaisent évidemment à voir les femmes dans ces états comme pour dire : «Elles veulent être émancipées ! Poussons les à perdre leur personnalités» à telle enseigne qu'au lieu que l'habillement soit une manière pour la femme d'être honorée, il devient plutôt une vulgarisation de la femme ; ainsi vulgarisée, l'homme ne peut qu'en faire une femme de joie pas plus, d'où les problèmes de mariage qu'elles connaissent aujourd'hui.
A Riga (en ex URSS) des sociologues ont sondé des filles de 15 ans pour savoir quelle était à leur yeux le profession la plus prestigieuse. La prostitution ont elles répondu. C'est la seule voie d'accès connue aux délices du capitalisme. Fringues, parfums et pour les plus chanceuses, mariages avec un occidental. Certaines rues des pays industrialisés comme la rue Saint Denis à Paris, connaissent des scènes horribles : des femmes toutes nues en plein air émancipation oblige. Cela se passe de commentaires.
Après l'examen de ces différentes formes d'émancipation que nous connaissons, force nous est de constater que, bien qu'«émancipée» comme elle le voulut, la femme vit de plus en plus mal. Si elle est libérée de la femme de bassesse dont elle se plaignait hier, elle subit aujourd'hui, de son propre gré, des traitements avilissants. Elle a perdu l'essentiel de sa raison d'être : la conduite de la société vers l'épanouissement ; c'est d'ailleurs la principale cause de la dégradation de nos sociétés actuelles.
Mah Abou
Une démarche sûre, une tenue correcte, un engagement certain;
Ces jeunes filles sont résolues à s'affirmer
PLUME Libre / Janvier 1992 / Page 3
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
PELERINAGE À LA MECQUE
L'ORGANISATION EST A REVOIR
Le pèlerinage, cinquième pilier de l'Islam, est une prescription divine dont l'obligation résulte de la Sourate la Vache verset 97 : « Dieu a prescrit aux hommes, par déférence envers lui, de se rendre au pèlerinage pour quiconque en a les moyens ».
Pour respecter cette obligation divine, c'est par milliers que les Ivoiriens, à l'instar de leurs frères des autres continents, participent chaque année au Hadj à la Mecque, en Arabie Saoudite. Mais à la différence de nombre de leurs coreligionnaires de la sous région, les musulmans ivoiriens connaissent des infortunes ; ce, de l'obtention du passeport aux déplacements à la Mecque en passant par la programmation des dates des vols.
DES PROPOS QUI SONT UNE CAGOULE POUR DES MOTIVATIONS D'ORDRE POLITIQUE ET PECUNIAIRE
En effet, c'est le ministre de l'Intérieur par l'intermédiaire de la Direction Générale de l'Administration territoriale (DGAT) qui détient le monopole de l'organisation du pèlerinage à la Mecque, à l'exclusion de toutes les structures islamiques existant dans notre pays et pourtant Dieu seul sait combien elles sont nombreuses. Cela au grand dam des musulmans ivoiriens. A la D.G.A.T, on explique cette mise à l'écart des musulmans par « leur manque d'organisation ». Des propos non seulement ressassés mais qui sont une cagoule pour des motivations d'ordre pécuniaire et politique.
Il y a certes des musulmans dans le comité d'organisation du ministère de l'Intérieur, mais ils n'y représentent aucune structure Islamique par conséquent incompétents à parler au nom de la Communauté musulmane ivoirienne. Cela nous conduit à nous interroger sur le rôle de l'AMOP (Association musulmane pour l'organisation du Pèlerinage à la Mecque) ; cette structure de par sa dénomination, dévait permettre aux musulmans d'accomplir leur Hadj dans de bonnes conditions en leur facilitant l'obtention des pièces administratives d'une part et de l'autre en veillant aux conditions d'hébergement et de déplacement des pèlerins ivoiriens en Arabie. Mais contre toute attente cette organisation a déçu l'espoir de la communauté puisque les intérêts personnels égoïstes ont pris le pas sur l'idéal commun. Cela est d'autant plus vrai que depuis la suppression des « intermédiaires » par le gouvernement, l'AMOP par coïncidence a cessé d'être présente sur le terrain.
Est-ce donc l'échec de l'AMOP qui a conduit la DGAT à prendre en charge l'organisation du pèlerinage à la Mecque par le biais d'un comité dont la composition laisse à désirer ?
En effet il faut souligner le nombre pléthorique des « officiels » outre le corps médical accompagnant les pèlerins. Ces personnes dont le voyage ne se justifie d'ailleurs pas, pour la plupart, sont celles qui ont toujours maille à partir avec le corps médical à qui elles veulent toujours en imposer.
« DONNER À ABOU CE QUI APPARTIENT À ABOU »
Dans une telle atmosphère, les innocentes victimes sont les pèlerins qui ont « assuré le transport » des officiels grâce aux « ristournes » prélevées sur leurs frais de transport.
Le plus déplorable dans cette situation c'est l'absence de représentation diplomatique de la Côte d'Ivoire en Arabie Saoudite et vice versa, bien que la Côte d'Ivoire soit « un pays de verre », « Ami de tout le monde et ennemi de personne » et pourtant d'autres communautés religieuses sont dignement représentées en Côte d'Ivoire avec l'effet de réciprocité ; une telle politique n'a d'autres conséquences que d'accroître le sentiment de frustration des musulmans, considérés commes des citoyens de seconde zone.
Au regard de notre loi fondamentale qui se réfère à la D.U.D.H il serait souhaitable qu'en Côte d'Ivoire toutes les réligions bénéficient du même traitement de la part des autorités politiques et administratives en échappant à toutes les tracasseries susceptibles d'entraver l'accomplissement d'un quelconque rite de leur culte.
Ainsi serait-il juste qu'il y ait des échanges diplomatiques entre la Côte d'Ivoire et l'Arabie Saoudite. Cela serait le début de la résolution des difficultés dans l'organisation du pèlerinage à la Mecque. Pendant ce temps les structures islamiques devraient s'organiser et donner la preuve de leur serieux afin de bénéficier de la confiance de la DGAT qui devra « donner à... Abou ce qui appartient a Abou »
Dans nos prochaines éditions, nous évoqueront « la chereté des billets d'avion et l'organisation des compagnies aériennes ».
Abou Sidick Ryrakas
* Déclaration universelle des droit de l'hommes.
LE TRAVAIL ISLAMIQUE
Il faut que le travail islamique évolue au niveau des mouvements, des institutions et des individus, afin qu'il s'élève au niveau de sa mission et au niveau de son époque... Sinon, il perdra sa cause et sera voué à l'échec.
Parmi les plus grands dangers qui menacent le travail islamique notons :
1- Glisser dans le passéisme au lieu de s'orienter vers le future ! se contenter de ruminer les souvenirs de ce qui fut, au lieu de penser, préparer et lutter pour ce qui doit être.
2- Glisser dans l'auto-justification systématique des lacunes et des erreurs au lieu de les reconnaître et s'efforcer sincèrement et sérieusement de les dépasser et de s'en libérer.
Il ne suffit pas, certes, que le travail islamique ait pu, quelquefois, prouver son existence ou qu'il ait pu assez bien s'agrandir pendant une certaine période pour qu'il se dispense de le prouver chaque fois, de maintenir continue sa croissance et de s'élever chaque jour au niveau de sa fonction et se son devoir.
La bataille de l'Islam, dans toutes ses dimensions, n'a jamais été, et ne le sera pas non plus, une bataille limitée à un moment précis, après quoi ceux qui ont œuvré vivent sur les souvenirs, ivres et fiers du très peu qu'ils ont pu réaliser pour l'Islam ou que d'autres on pu gagner, alors qu'ils perdent chaque jour une bataille... Isolés de la ronde des évènements, ils vivent en marge de l'actualité et des évolutions sans aucune influence notoire de leur part.
Le combat de l'Islam est un combat continu dans tous les domaines et sur les différents fronts. Et c'est aux musulmans actifs de mener cette lutte sans relâche et avec tout ce qu'ils possèdent.
Il faut qu'ils s'efforcent de gagner la bataille chaque jour. Il faut qu'ils regardent le présent et vers l'avenir et comprennent à temps leurs devoirs et obligations. Que le passé soit pour eux un stimulant et non une chaîne, un réveil et non un anesthésique, un voyant et non une occupation. Le combat d'hier ne dispense pas du combat d'aujourd'hui et de demain. Tous nos chers buts ne sont pas encore atteints. La victoire promise est encore devant nous... Nous ne l'avons pas encore réalisée et nous n'avons même pas rempli les conditions nécessaires à sa réalisation.
Quant au glissement dans l'auto-justification continue, il ne risque pas moins de devenir l'essentiel des activités islamiques à l'échelle des mouvements, des institutions et des individus.
On justifie les lacunes et les erreurs. On justifie les faiblesses et les incapacités. On justifie les échecs et les défaites... rejetant toute la responsabilité sur les circonstances et les forces extérieures.
Certainement, les forces étrangères à nous et les circonstances qui nous entourent ont leur forte influence... Mais nous sommes les premiers responsables de notre situation actuelle, de la situation de l'Islam et des musulmans...
Ne sommes-nous pas, bien souvent, sous l'emprise de nos passions et non de notre foi et sincérité, dans notre savoir restreint et dans notre insouciance, dans la faiblesse de nos moyens et de nos capacités et dans l'insuffisance de notre travail et la petitesse de nos sacrifices ?...
Il est à craindre que le travail islamique devienne, chez la plupart des mouvements, institutions et des individus, si cet état de chose continue, une entrave au lieu d'être un élan, un contrepoids retenant vers l'arrière au lieu d'être une force motrice vers l'avant, un facteur de perdition au lieu d'être un élément de guidée, un instrument de séparation des rangs et d'émiettement des efforts au lieu d'être un facteur d'unité et de cohésion sur la voie et vers les buts agréés...
Afin que cette évolution se réalise au niveau des mouvements, des institutions et des individus et sur la base de l'Islam pour lequel ces mouvements, ces institutions se sont constitués et les individus œuvrent...
Afin que cette évolution se réalise embrassant toutes les circonstances, dans l'espace et dans le temps, et des diverses forces et influences locales et internationales...
Pour cette évolution que l'Islam demande et que les conditions des musulmans ainsi que la nature de notre époque exigent... nous tendons nos bras pour tous ceux qui œuvrent dans la voie de l'Islam, qu'ils soient des individus, des mouvements ou des institutions.
Nous ne faisons aucune distinction entre un mouvement et un autre, une institution et une autre, un individu et un autre. Notre seul critère et référence est l'Islam et le bien de l'Islam. Chacun de nous aura la seule place que lui accorde l'Islam.
extrait du
« LE MUSULMAN N° 15 »
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
COMPORTEMENT VESTIMENTAIRE :
UNE REGRESSION VERS L’ANIMALITÉ?
Tout au long de son itinéraire, l'humanité est passée des temps les plus reculés de l'utilisation des écorces et des feuillages (produit de l'industrie archaïque) aux protège-sexes en cuir ou en étoffe. A la suite des progrès des sciences et des techniques, l'invention du métier à tisser va ouvrir l'ère de la grande industrie textile, offrant ainsi des possibilités vestimentaires à une grande échelle. Il nous est impossible en ces quelques lignes de faire l'inventaire de tout le processus qui a abouti aujourd'hui à la rationalisation et à l'esthétisation de l'habillement.
Ce qu'on retient, c'est que ce long cheminement a consacré la séparation radicale de l'humanité et de l'animalité.
Et pourtant ! La prétendue «civilisation» (civilisation qui procède d'un comportement philistin) est en train de saper devant nos yeux complices cet acquis historique de l'humanité à telle enseigne qu'on peut se demander s'il n'y a pas régression vers l'animalité. La preuve ? Suivez plutôt cette scène à la fois rigolo et dramatique. Nous sommes à Port-Bouët, près du CEG. Il est 14 h 30 mn environ. Un car de transport de banque stationne. Une dame, la trentaine à peu près s'approche, sac à l'épaule. Elle lutte désespérément contre sa jupe pour prendre le car. Elle tire, ajuste, réajuste, se ramasse sur elle-même. En vain. De l'intérieur du car, quelqu'un lui tend la main, elle s'agrippe. Enfin. Que de souffrances et de temps gâchés ! Le mythe de la rationalité et de la modernité a-t-il été institué pour nous libérer ou nous faire endurer tant de souffrances ? Nul ne peut redire que la toge du juge le distingue du médecin. Il en va de même du treillis du militaire ou de la soutane du prêtre.
UNE EVOLUTION RETROGRADE
En dehors du caractère spécifique de chacun de ces vêtements, ils concourent tous au même but : revêtir les parties intimes de l'homme et le protéger contre les intempéries. Que dire alors des «demies-culottes», des mini-jupes, des robes aux tailles asphyxiantes, des jeans perforés...
Si le premier rôle assigné au vêtement a été et demeure la décence de l'homme, il en résulte que les formes indiquées ci-dessus sont anachroniques et ne peuvent pas jouer ce rôle. Tout au contraire, ils ne peuvent que favoriser le harcèlement sexuel et la promiscuité, autant de comportements dont le monde animal n'a pas encore pu se départir. Admettre ces accoutrements, c'est s'ôter la possibilité de condamner le viol et les débordements sexuels et par conséquent admettre la chute vertigineuse de l'espèce humaine au delà des époques les plus reculées du cro-magnon et de l'homo-sapien.
S.O.S COMPORTEMENT
Attention ! A partir d'aujourd'hui, si vous prenez le bus, évitez surtout d'occuper l'un des sièges à trois places; car si l'un de ceux qui vous font face est une dame ou une demoiselle et de surcroît si elle porte «une demi-culotte» ou «une moitié jupe», alors vous risquerez un désagrément certain. Les choses se compliquent davantage lorsqu'il s'agit d'une salle de classe ou de réunion. A moins que vous ayez laissé la pudeur à la porte comme vos sandales. L'exemple de l'école est le plus alarmant, lorsqu'on sait qu'après l'éclatement de la cellule familiale, elle devait rester le lieu d'éducation par excellence. Malheureusement toutes les mesures qui régissaient le port des uniformes ont volé en éclat si bien qu'il n'existe presque plus de différence entre la cour de récréation et un bal masqué; tant les accoutrements sont bizarres. La situation est pire dans l'enseignement privé où les élèves rétorquent qu'ils sont là pour leurs sous ; on atteint le comble de l'immoralité lorsque ce sont des dames septuagénaires qui se mettent en mini pour défiler entre leurs enfants ou petits enfants.
On voit venir les objections des «modernes» et autres «civilisés». On les passe sous silence car civilisation et modernisation ne sont pas synonymes de refus d'être soi-même. C'est plutôt une réadaptation consciente et positive de son identité morale et éthique dans un environnement ambiant. Dès lors, il ne sera plus question d'aller copier servilement des modèles sclérosés qui ont déjà avili leurs inspirateurs. Pour mémoire, retenons que les sociétés asiatiques (qui sont aujourd'hui bien pénétrées des vertus de la civilisation technicienne) ont su conserver dans l'ensemble, une éthique vestimentaire digne et respectable. A propos d'éthique vestimentaire, le modèle islamique (sans aucune prétention) demeure de loin un des plus rationnel.
ENCORE LES MEDIAS !
Une tâche de rééducation s'impose pour notre société. Les médias y ont un rôle prépondérant à jouer. Cela, Monsieur le Ministre de l'Intérieur l'a si bien compris qu'il n'a pas manqué de fustiger dans Frat-Mat. N°8.078 l'influence néfaste des médias dans la perte fulgurante de notre identité sous toutes ses formes. C'est là, une des causes du grand banditisme a-t-il déclaré. Le paradoxe ici c'est qu'il y a une rupture radicale entre le discours politique et la pratique. A qui appartient la grande majorité des mass-médias ? Pourquoi s'acharner contre le banditisme et en même temps laisser diffuser sur nos antennes des films qui frisent la pornographie ?
En évoquant cette situation alarmante, on ne peut pas ne pas faire allusion aux émissions comme «Ivoire clip-clip», «vidéo-stars plus» et consort qui ne sont ni plus, ni moins, que des ramassis d'archétypes sclérosés contre lesquels la société américaine tente de lutter mais en vain. On peut sans risque de se tromper dire que, les égarements vestimentaires et comportementaux, les coiffures bizarres y tirent leurs origines pour la plupart. Nous avons déjà évoqué nos inquiétudes dans « Plume Libre» N°2 quant à l'inadaptation et au caractère pervers de nos programmes de télévision, mais nous ne cesserons jamais de le répéter.
Ah! Les médias et encore les médias.... surtout l'audio-visuel. A quand la sonnerie d'alarme sera-t-elle suffisamment tirée?
PLUME LIBRE VOUS PRÉSENTE SES MEILLEURS VŒUX 1992.
VIH * 92 SIDA !
Les 24 et 31 Décembre et le 1er Janvier ont été l'occasion en Côte d'Ivoire comme ailleurs, de grandes réjouissances populaires. Ces jours là le monde s'est «arrêté».
Le sérieux a fait place à l'amusement, voire au ridicule. Des parents qui ne sont pas encore très doués en analyses prévisionnelles ont englouti ces jours là tout le budget familial dans les dépenses futiles au grand dam du 1er ministre qui s'évertue depuis, à faire des ivoiriens « des âmes éclairées» sur les mécanismes de la micro et de la macroéconomie.
Ces jours là en effet, l'on a chanté, dansé partout. L'on a pu voir des salons transformés en véritables boîtes de nuit. Les amateurs de sensations fortes se sont retrouvées dans les locaux plus appropriés (Cinéma, dancing...) Mais on est allé plus loin. Malgré les cris lancés à travers le monde entier, malgré tous les efforts entrepris tant par les personnes physiques que par les organismes nationaux ou internationaux pour un changement radical du comportement, bon nombre d'Ivoiriens continuent encore d'en faire fi et de persévérer dans le désordre sexuel. Ces personnes osent encore défier l'un des plus grands dangers de notre siècle.
En effet ces nuits là, un visiteur plus discret s'est ajouté à ceux qui prennent le malin plaisir à dépasser les limites de la licité. Celui-là, c'est le VIH ou virus du Sida.
-Sa mission : transférer dans l'au-delà les âmes perverties, incapables de contrôler leurs ardeurs ;
-Ses moyens : la maladie, l'avilissement le bannissement, la mort.
-Sa capacité de transfert : des centaines de personnes par jour.
-Son programme ; une planification à court, moyen et long terme.
C'est le cas de signaler qu'en cette nouvelle année 92, plusieurs projets arrivent à terme. Des êtres jusque là insoupçonnés seront mis au grand jour. Ceux qui ont peut être oublié aujourd'hui cette brusque escapade faite chez « sista confort» il y'a de cela quelques années, ou les hommes et femmes frivoles qui n'ont pas hésité un instant à aller avec l'inconnu (e) d'un soir. Cette fois ci le virus à la coque dure est décidé à frapper plus fort. Depuis d'ailleurs quelques années, ses programmes à court terme constituent le lot quotidien.
Le rééchelonnement qu'il avait accordé à certains en espérant un éventuel retour à la raison est depuis banni de son langage, tant les hommes ont tenu à le défier par leurs inconduites. On se rappelle encore le décès brusque de John l'immortel. Celui qui avait crier à la face du monde que le Sida était encore une de ces machineries pour décourager les amoureux et qui était reconnu dans les rues de Marcory pour ses innombrables compagnes. Il a été immortalisé dans l'au-delà l'autre soir par le VIH, entraînant dans son village Rita, Jeanne et surtout Fanta Témalola*.
A tous les hommes et femmes soucieux de l'équilibre moral et spirituel, le VIH vous souhaite une année pleine de santé. A tous (tes) ces irresponsables désordonnés (es) sexuels (les) le VIH est heureux de nous adresser ses joyeuses menaces. Il vous demande d'attacher vos ceintures car en 1992 il multipliera sa capacité d'acheminement.
Hamza
* VIH : Virus du Sida
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PLUME POLITIQUE
FRANCIS WODIÉ :
EXCLUSIF !
Tout démocrate qui exclurait un individu pour ses convictions politiques ou religieuses n'est pas un vrai démocrate
PROFESSEUR DE DROIT ÉMÉRITE, 1ER SECRÉTAIRE NATIONAL DU PIT (PARTI IVOIRIEN DES TRAVAILLEURS), DÉPUTÉ À L'ASSEMBLÉE NATIONALE, MR FRANCIS WODIÉ FASCINE ET INQUIÈTE À LA FOIS. POUR CERTAINS, C'EST UN HOMME DÉVORÉ PAR L'AMBITION, LE PROTOTYPE MÊME DE L'INTELLECTUEL INSATIABLE. POUR D'AUTRES AU CONTRAIRE, WODIÉ REPRÉSENTE LE NOUVEAU TYPE DE POLITICIENS DONT L'AFRIQUE A AUJOURD'HUI BESOIN.
DURANT PRÈS D'UNE HEURE, NOUS L'AVONS RENCONTRÉ LES RELATIONS ENTRE LE POLITIQUE ET LE RELIGIEUX, LE CULTE DE LA PERSONNALITÉ, LA SITUATION AU PIT, L'AVENIR DE LA CÔTE D'IVOIRE ET DE L'AFRIQUE, TOUT Y EST PASSÉ.
P.L : M WODIÉ, POUR CERTAINS IVOIRIENS, LE PIT C'EST WODIÉ. QUE PENSEZ-VOUS DE CETTE REMARQUE ?
F. Wodié : Nous avons du parti une conception tout à fait différente. Le parti est né pour réagir contre la politique du PDCI et sa gestion mais également pour proposer aux ivoiriens notre modèle d'organisation d'un parti et de la société ivoirienne. Ce qui caractérise le PDCI, c'est son identification à son chef. Le parti s'absorbe en la personne de son chef et, le PDCI c'est Houphouët Boigny dont, le pouvoir personnel tant au niveau du parti qu'au niveau de l'Etat. Nous sommes absolument opposés à une telle manière de voir et d'organiser la société de sorte que le PIT ne peut pas être considéré comme Wodié. Nous sommes partisans d'une direction collégiale parceque le parti est un tout. Un tout formé des dirigeants, des éléments de la base et de l'union de l'ensemble des hommes du parti.
P.L : Cette question est fondée sur le fait que Wodié est le seul membre de son parti à siéger au parlement et il est le seul à parler au nom du parti dans la presse.
Est-ce que le culte de la personnalité n'aurait pas tendance à resurgir du côté du PIT ?
F.W : Nous n'avons pas du tout l'impression de cultiver le culte de la personnalité au PIT. Mais je suis en tant que 1er Secrétaire National du PIT, le porte parole, de sorte que lorsqu'il s'agit de porter la parole du parti à l'extérieur c'est tout à fait normal que ce soit moi qui parle ; le propos ayant été préparé par la direction du parti. Dans d'autres circonstances, les autres dirigeants du parti interviennent. D'une manière générale, c'est moi qui suis le porte-parole ; c'est la raison pour laquelle j'apparais. Ce n'est pas pour cultiver une idolâtrie quelconque comme je vous l'ai indiqué tout à l'heure.
D'autre part je voudrais compléter ma réponse pour dire que je suis seul à l'Assemblée Nationale par la force des choses et par la manière dont les élections ont été organisées. Le PDCI a contrôlé le jeu et l'a orienté dans son intérêt. C'est la raison pour laquelle nous ne voulions pas aller aux élections.
Nous voulions préparer les conditions nouvelles pour que les élections permettent aux ivoiriens de circuler librement et pour que ceux qui méritent d'être à l'Assemblée Nationale y soient.
Dans ces conditions, nous aurions été beaucoup plus nombreux.
P.L : Dans le projet social et culturel du PIT, quelle place accordez-vous à la religion ?
F.W : Le PIT n'est pas un parti religieux. C'est un parti de masse, qui regroupe en son sein des individus appartenant à diverses confessions, nous ne voudrions pas voir la religion interférer en tant que telle dans l'organisation et le fonctionnement du parti parceque si nous plaçons la religion en avant, nous excluons une partie des ivoiriens parceque nous serons obligés de choisir une des religions. Le PIT voudrait construire une société démocratique et laïque. Il laisse à chaque individu la liberté du choix de sa confession. Mais la religion peut être considérée comme une affaire personnelle : chacun doit vivre sa foi, et librement. Le parti organise la société, les militants, au plan collectif au plan politique. En ce moment on peut parler de la liberté religieuse, la liberté du culte, la liberté de choix mais entendue comme une affaire personnelle regroupant tous ceux qui appartiennent à une confession donnée.
P.L : Alors, est-ce que le PIT au pouvoir, ou le PIT majoritaire à l'Assemblée Nationale accepterait l'existence d'un parti de tendance communiste ou de quelque bord que se soit, s'opposant catégoriquement à la religion ?
F.W : Le PIT en tant que parti démocrate reconnaît toutes les opinions, donc la liberté d'opinion. On peut être catholique, on peut être musulman, on peut être athée, on peut être communiste, c'est une question de choix.
Tout démocrate qui exclurait un individu pour ses convictions politiques ou religieuses n'est pas un vrai démocrate et c'est la porte ouverte à l'inquisition à la répression. Nous ne pourrons pas faire obstacle à ce que des groupes s'organisent.
Le communisme est une doctrine politique et n'est pas religieux alors si des ivoiriens veulent être communistes, c'est leur droit. Ils doivent pouvoir s'organiser librement mais sans que ceux-là, ni aucun autre d'ailleurs ne s'attribuent le droit d'exclure d'autres personnes.
Maintenant le problème se pose en des termes particuliers, s'agissant de la religion. Est-ce qu'il faut qu'il y ait parti religieux ?
C'est une question qui n'a pas été examinée en tant que telle par le parti. Mais mon sentiment personnel, c'est qu'il ne faudrait pas qu'il y ait de parti religieux parceque le parti religieux comporte toujours un certain exclusivisme ! Si c'est un parti des catholiques, il n'y aura que des Catholiques, si c'est un parti des musulmans il n'y aura que des musulmans. Nous pensons que les problèmes qui se posent aux ivoiriens transcendent les frontières confessionnelles et que les musulmans, les catholiques, les athés éprouvent les mêmes difficultés, sont dans la même situation et doivent pouvoir régler ensemble, les problèmes qui leur sont
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communs. C'est en cela qu'il ne me paraît
pas juste d'avoir à organiser un parti sur la
base de la religion ou de l'ethnie.
P.L: Que pensez-vous donc
de l'existence, en Allemagne,
en Suède ou même au Zaïre,
de partis comme les sociaux-
chrétiens, les chrétiens démo-
crates...?
F.W Ce sont des partis qui sont nés
dans des circonstances particulières et qui se
réclament d'une confession et je crois qu'au
départ cette situation a pu exister réellement
mais après ces partis ce sont assoupis si bien
que je ne pense pas que l'appartenance reli-
gieuse doit être un critère d'adhésion. Mais
dès lors qu'un parti, quel qu'il soit en Europe
ou ailleurs repose sur une base religieuse et
oblige à avoir une confession pour adhérer,
pour moi il se pose des problèmes particu-
liers qui sont de nature à nuire à l'unité et à
la cohésion nationale. Parcequ'un parti doit
avoir une vocation globale, générale devant
pouvoir recevoir tous ceux qui se reconnais-
sent dans le programme du parti parceque
tous ces gens doivent pouvoir construire
ensemble la nation.
P.L. De 1960 à 1990, quel
regard portez-vous sur les
relations qui ont existé entre
le pouvoir et la religion en
Côte d'Ivoire?
F.W : Je ne crois pas me souvenir de
conflits majeurs entre la religion et le pou-
voir.
Je pourrais même dire que par bien de
côtés, il y a eu accord ou complicité entre le
pouvoir et la hiérarchie religieuse à tous les
niveaux. Mais ce n'est pas un fait propre à la
Côte d'Ivoire ; on se rend compte que dans
bien des Etats, le pouvoir cherche à conquérir
les religions parceque la religion lui apparaît
comme un instrument de conquête des cons-
ciences pouvant amener les populations à
adhérer à sa politique. Dès que la hiérarchie
religieuse épouse cette politique ce sont tous
les fidèles qui suivent.
Mais nous ne voudrions pas voir le
pouvoir utiliser les religions quelles qu'elles
soient, et nous voudrions également voir les
religions observer leur position de neutra-
lité.
P.L Cette politique (de 1960 à
1990) pour certains musul-
mans, vu l'inexistence par
exemple de représentation
diplomatique entre la Côte
d'Ivoire et l'Arabie Saoudite
est perçue comme une
marginalisation ?
Quel regard, l'homme politi-
que que vous êtes, portez sur
la question?
F.W Les rapports entre la Côte d'Ivoire
et l'Arabie Saoudite, sont des rapports d'Etat
à l'Etat. Le choix de la Côte d'Ivoire est donc
guidé par des considérations politiques, à
priori. En ce sens, nous sommes partisans de
l'ouverture et nous voudrions voir la Côte
d'Ivoire entretenir des relations avec tous
les Etats. Bien sûr, des considérations finan-
cières, peuvent s'opposer à cette volonté.
Mais nous ne voudrions pas voir ces
positions dictées par des préférences
idéologiques particulières. Il est vrai que la
Côte d'Ivoire pendant longtemps a eu des
choix politiques bien carrés. Mais depuis
quelques temps la politique Ivoirienne s'est
quelque peu assouplie.
S'agissant de l'Arabie Saoudite, il y a ,
à l'arrière plan la question religieuse et con-
cernant le pèlerinages je crois savoir que des
dispositions particulières sont prises pour
faciliter le voyage et le séjour des musul-
mans à la Mecque. La situation des écoles
confessionnelles est plus difficile en ce
sens que si l'on veut un Etat laïc (comme je
l'ai indiqué), la conséquence est que l'Etat ne
se mêle pas des écoles confessionnelles ; ce
sont des écoles privées qui appartiennent à
ceux qui les ont fondées et à ceux qui y sont
dès lors que l'Etat doit intervenir, cela pose
des problèmes. Mais il arrive que souvent les
écoles privées demandent à l'Etat de les
subventionner et si l'Etat subventionne il est
bien normal que l'état ait un regard sur la
manière dont ses fonds sont utilisés. D'autre
part l'éducation est un moyen de formation
des individus, de la société. Et en ce domaine
là, il est très difficile à un Etat de se désin-
téresser de la formation qui est donnée dans
les établissements privés laïcs ou privés con-
fessionnels. Le problème est de savoir com-
ment ces rapports doivent être organisés et
aménagés entre l'Etat et ces écoles de manière
à permettre à ces écoles de fonctionner libre-
ment et à l'Etat d'exercer une espèce de
contrôle de tutelle, d'harmoniser la forma-
tion au plan national pour que nous ayons
une action unique dans ces modulations et
dans ces objectifs.
P.L : Mais ces écoles, sous la
tutelle du ministère de l'inté-
rieur comme des associations
au lieu du ministère de l'édu-
cation...?
F.W : Si ces écoles sont placées sous
la tutelle du ministère de l'intérieur, cela ne
me paraît pas justifié.
Ces écoles assurant une formation, il
faut leur donner le statut qui est reconnu aux
autres écoles confessionnelles. Il faut qu'il y
ait des rapports entre ces écoles et le minis-
tère de l'éducation représentant l'Etat et non
le ministère de l'intérieur. Cela apparaîtrait
comme justice rendue à ces écoles.
P.L : On parle aujourd'hui de
l'Afrique comme un conti-
nent en perdition (guerre,
famine, dette, réfugiés.... )
Quelle est selon vous la voie
pour sortir de ces situations
catastrophiques.
F.W : L'Afrique a toujours été un
continent dominée et qui n'a pas pu se pren-
dre en charge elle même ; quand nous pen-
sons à l'esclavage, à la colonisation. Et même
avec l'indépendance, les structures écono-
miques et politiques sont telles que l'indé-
pendance de l'Afrique n'existe pas réelle-
ment. On s'en est rendu compte dernière-
ment avec les événements du Togo par
exemple. Et je crois que la solution, il faut
que les africains prennent conscience de ce
qu'ils sont et commencent à se prendre en
charge véritablement. Ce qui signifie que
l'Afrique soit dirigée par des hommes qui ne
soient pas préoccupés par leurs intérêts per-
sonnels, particuliers mais par l'intérêt des
populations, des africains. Cela signifie éga-
lement que les africains doivent mettre en-
semble leurs efforts pour imaginer les solu-
tions pour développer la création nationale
de manière à répondre aux problèmes des
africains par les africains et je pense que c'est
de cette manière et par une gestion saine,
rigoureuse et honnête que nous pourrons
progressivement sortir l'Afrique dans cette
situation de misère dans laquelle elle se trouve
enfoncée actuellement. Cette situation a été
créée par la manière dont l'Afrique a été
organisée et gérée.
P.L : Pensez-vous que les
pays africains peuvent s'en
sortir de façon isolée ?
F.W : Nous pensons que le salut se
trouve dans l'union.
Au plan national le salut se trouve dans
l'union des forces qui proposent le change-
ment démocratique et la gestion collective.
Au plan africain, des considérations à la
fois économiques, politiques, historiques,
culturelles commandent aux Etats africains
de se regrouper. Les Etats africains isolés
sont fragiles, vulnérables ; les structures
économiques sont extraverties et subissent
les effets de la domination exercée par
l'extérieur.
Le marché national est trop étroit pour
satisfaire les exigences de développement
réel. Pour créer un marché rentable il faut
l'intégration africaine. Cette intégration doit
se réaliser à la fois au plan économique et au
plan politique c'est de cette manière là qu'on
pourra se frayer la voie vers la prise en
charge de l'Afrique par elle-même.
P.L : Quels sont selon vous,
les actes concrets posés par
les dirigeants africains pour
réaliser cette intégration?
F.W : Il y a les organisations régiona-
les qui existent, et qui sont données comme
la manifestation de la volonté d'unité afri-
caine. Ces organisations sont tributaires du
contexte politique et économique qui, à mon
avis, n'est pas favorable à la constitution
d'une véritable intégration africaine. L'inté-
gration telle qu'elle est conçue maintenant
prend pour modèle, l'intégration européenne,
une intégration d'échange de biens bruts, de
marchandises, de capitaux. Or comme vous
le savez du fait de la dépendance coloniale et
son prolongement, l'Afrique produit peu
pour elle même ; elle produit pour l'exté-
rieur de sorte que entre Etats africains il y a
souvent peu à échanger. Je crois donc qu'il
faut reconvertir ces structures économiques,
politiques, de manière à pouvoir créer les
courants réels d'échange entre Etats afri-
cains, en produisant des biens qui répondent
aux besoins des africains, ainsi il pourrait
exister un marché régional qui absorbera les
productions venant des Etats africains.
P.L Le salut de l'opposition
au plan national se trouve
dans l'union avez-vous dit
plus haut, d'ailleurs, comme
tous les leaders de la gauche,
et pourtant vos militants de
base semblent ne rien perce-
voir concrètement sur le
terrain.
F.W : C'est vrai qu'une union ne se
construit pas du jour au lendemain ; elle se
heurte à de nombreuses embûches et c'est à
nous d'avoir l'intelligence pour les deviner,
pour les percevoir et les transcender.
La volonté existe le problème concerne
la manière dont cette union sera conçue et
réalisée. Et comme chaque formation est
autonome avec une conception particulière
de la situation, il importe donc que nous
puissions en discuter pour nous mettre
d'accord sur la conception de l'union et sur
son mode de réalisation. C'est à cela que
nous travaillons et nous prenons les contacts
avec les uns et les autres pour qu'ensemble
nous puissions constituer cette unité durable
avec un objectif qui nous sera commun à
savoir le changement démocratique.
P.L : Pour revenir à la logi-
que d'intégration dont vous
avez parlé, la Côte d'Ivoire
vient d'introduire la carte de
séjour.
Que pensez-vous de cette
mesure?
Ne craignez-vous pas que
certains pays suivent la voie
ivoirienne ou appliquent la
réciprocité? Dans ce cas
qu'elles peuvent en être les
conséquences?
F.W : Bien sûr, nous parlons d'inté-
gration. Mais les Etats existent, il y a des
frontières, il me paraît donc légitime qu'un
Etat contrôle les mouvement de population
ou le flux migratoire. Cela est normal sans
être interprété comme une manifestation de
xénophobie, ou fermeture.
Mais dans le cas particulier de la Côte
d'Ivoire, les raisons sont ailleurs ; elles sont
économiques et financières, cela peut se
vérifier. Ce sont donc ces raisons qui ont
poussé le gouvernement à prendre une telle
disposition. Pour construire l'unité africaine
il faut prendre les dispositions et il faut que
les Etats en discutent, se mettent d'accord
sur les mesures à prendre, et ces mesures
doivent être appliquées à égalité à l'ensem-
ble des Etats. Il faut donc éviter les mesures
unilatérales. C'est parceque cette organisa-
tion, cette mesure commune, cette réflexion
commune n'existent pas qu'on assiste de
temps en temps à des mouvements d'ex-
pulsion collective et arbitraire de certaines
populations dans certains Etats. Il faut donc
organiser le tout de manière à ce que l'inté-
gration profite non pas à un ou deux Etats
mais à l'ensemble des Etats en présence.
P.L : Comment selon vous,
des populations ayant sé-
journé pendant une trentaine
d'année voire plus en Côte
d'Ivoire, peuvent-elle ac-
cueillir une telle décision?
F.W : Sur ce plan, nous sommes par-
tisans de l'intégration des populations afri-
caines qui viennent de l'extérieur ; ces po-
pulations exerçant des activités régulières et
étant installées en Côte d'Ivoire depuis très
longtemps. Mais ces populations doivent
pouvoir demander et obtenir la nationalité
ivoirienne. C'est un choix à faire. Un choix : être
un étranger, être un ivoirien avec les con-
séquences dans chaque cas. Il faut ajouter
qu'un Etat ne peut pas recevoir indéfiniment
les populations venant de l'extérieur. Il en
va de l'Etat comme de l'individu : vous avez
une maison pouvant recevoir un nombre
limité d'étrangers si vous excédez ce nom-
bre, vous vous posez des problèmes, et vous
en posez aux étrangers que vous recevez. Il
faut donc organiser le tout de manière à ce
que l'accueil soit profitable, et à l'étranger,
et à ceux qui reçoivent. Tout cela demande
donc que des dispositions soient prises même
par l'Etat d'origine de ces populations. Il ne
faudra pas non plus que ces Etats voisins ou
d'autres Etats rejettent leurs problèmes sur
d'autres Etats. S'il y a de tels mouvements,
cela vient peut-être, des problèmes qui se
posent à nos Etat voisins. Si on ne prend
donc pas le problème dans sa globalité, on
risque de voir un ou deux Etats supporter les
conséquences de la politique des autres Etats.
---------- à suivre...
Interview réalisée par
DEMBELE Al Seni
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INFOS-PLUME
ETATS-UNIS
*JIMMY
SWAGGART L'IN-
CORRIGIBLE
Qui ne se rappelle encore le visage angélique du bouillant télévangéliste américain Jimmy Swaggart ? Celui dont l'image et la voix avaient fini par s'imposer au monde entier à travers la magie de la télévision a un péché mignon . Il ne résiste pas (alors pas du tout) à la chaire..... surtout celle des prostituées. «L'ange» a été surpris une première fois en compagnie de ses compagnes préférées mais pour beaucoup, il fallait lui pardonner (surtout après son repentir) la chaire étant faible. Mais depuis quelque temps, la presse américaine se passionne pour « une autre visite» du célèbre pasteur chez «ses amies». L'affaire est dit-on devant les juges américains. Il faudra peut-être lui pardonner une deuxième fois. Certains disent par ici qu'il n'y a jamais deux sans trois alors...
*BUSH VEUT
KADDAFI
Georges Bush sera -t-il le dernier président américain qu'affrontera le Colonel Kaddafi ? En tout cas bien d'observateurs le pensent aujourd 'hui. En effet après avoir (en collaboration avec la Grande-Bretagne) exigé du président libyen qu'il livre à la justice américaine ses deux compatriotes (Fhimah et El Meghan) mis en cause par les américains dans les attentats de Lokerbie et du Ténéré, le président américain étudie toute une série de mesures de représailles actuellement. On parle même d'un embargo sur le pétrole libyen avec blocus des ports du pays et d'une opération militaire aéroterrestre.
Le yankee Bush aime décidément «bouffer» de l'arabe.
FRANCE
ARABES, ISLAM:
LA PHOBIE
Les chiffres sont terribles: pour 43% des français de moins de 24 ans (contre 39%), le mot «arabe» évoque quelque chose qu'ils n'aiment pas. Or cette phobie, qui relève en grande partie du fanatisme, est particulièrement forte chez ceux qui ne sont pas confrontés au problème de l'immigration. Deux seules catégories sociales se font une idée «positive» de ce qu'exprime le mot «arabe»: les cadres et les professions libérales. Les plus hostiles sont les gens du Nord et de l'Est, les électeurs lepenistes et RPR (62%).
Notons que chez les catholiques, les moins anti-arabes sont aussi les plus pratiquants. Derrière l'arabe, il y a évidemment l'Islam qui fait peur à 51% des français y compris aux cadres et aux professions libérales, et surtout à partir de 50 ans et dans le Sud. Ce ne sont pas les électeurs lepenistes qui ont le plus peur de l'Islam mais ceux du RPR (66%) et de l'UDF (65%). ça se passe de commentaire.
- LES FRANÇAIS
ET DIEU:
Une grande majorité de français estiment que c'est Dieu qui a créé l'homme. Malgré l'école laïque gratuite et obligatoire pour tous, malgré Darwin et Lamarck ( et leur théorie de l'évolutionnisme ), Dieu reste l'explication de la vie pour les français. Dans ce pays qui se veut le plus laïque du monde, c'est un constat important.
Néanmoins, on reste perplexe quand une majorité de ces mêmes français rejettent l'existence du paradis (49%) et plus encore de l'enfer (57%) et estiment que la pensée laïque doit s'exprimer à la télévision au même titre que la pensée religieuse.
* Source Evénement du Jeudi 04 au 10 Juillet 1991. Sondage CSA «Evénement du Jeudi».
L'INSTITUT EUROPÉEN
DE THÉOLOGIE MUSUL-
MANE OUVRE SES PORTES
C'est le 02 Décembre dernier que l'institut européen de théologie musulmane a ouvert ses portes. Situé près de Château-Chinon, au cœur du Morvan, cet institut selon son Directeur Mr Zubair Mohamed (un ingénieur irakien) servira à mieux expliquer l'islam et former les cadres qui animeront les mosquées et les associations islamiques.
Comme il fallait s'y attendre, les amis de Jean-Marie Le Pen ont manifesté contre ce qu'ils appellent «la maison de colonisation de la France».
Cela n'a pas empêché 50 étudiants venus pour la plupart de France, de Yougoslavie, de Roumanie, de Bulgarie et d'Italie de s'inscrire pour devenir les premiers islamologues de cet institut a près quatre (4) années d'études.
* Jean- Claude Barreau: l'ex-Abbé qui a osé
L'islam est la religion la plus «réactionnaire, la plus antidémocratique et la plus fermée aux droits de l'homme...». C'est là une des violentes diatribes de Jean Claude Barreau contre l'Islam dans son livre intitulé «De l'Islam en général et du monde moderne en particulier». Pas étonnant de la part de cet homme. Sous-lieutenant en Algérie (1956-1957) ), ordonné prêtre en 1960, il abandonne la soutane en 1971 et se marie. Il n'hésite pas à déclarer «même quand j'étais prêtre, j'étais anticlérical».
Certainement que Mr Barreau est dépité de ne pouvoir domestiquer l'Islam car avoue-t-il, «les immigrés d'origine musulmane n'empruntent guère le chemin d'un islam renouvelé». Ceci explique très bien cela.
PROPOS DE
LECTEURS
Bien cher frère
Assalamou aleikoum
C'est avec beaucoup d'intérêt que j'ai lu votre article «qui craint le silence des Musulmans» dans Plume Libre N°2. Je vous remercie d'ouvrir cet important débat dont dépend, pour une grande mesure, l'avenir de notre communauté musulmane.
Aucun parti anti-Islamique ne peut mener la Côte d'Ivoire. Mais ceux qui se jouent des musulmans ont la part belle face à notre communauté sans tête. C'est donc de notre devoir à tous de rester très vigilants comme vous le soulignez si bien...
Grâce à vous, j'ai eu la joie d'apprendre que le FPI prone l'ouverture d'une Ambassade de Côte d'Ivoire en Arabie-Saoudite. C'est un grand pas. Mais c'est à nous musulmans d'enfoncer ce clou dans l'esprit et dans la conscience nationale ivoirienne.
Grâce à vous aussi, j'ai l'angoisse de la «bassesse» légendaire de certains de nos Imams. Ces dirigeants de notre communauté qui sont prêts à vendre leur verbe et leur conscience islamiques pour quelques mirobolantes promesses........... encore vigilance.
Sachez cher Tal Emil que le sujet qui vous a interessé concerne des milliers de frères et sœurs.
Merci de vous gratifier d'article reguliers sur cette question.
Puisse Dieu très Haut nous assister dans nos actions.
Assalam
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