Article · L'Observateur Paalga · January 16, 2006 Cite
Islam et langue arabe, deux pratiques dissociables
- Type
- Article de presse
- Creator
- Adama Ouédraogo Damiss
- Publisher
-
L'Observateur Paalga
- Date
- January 16, 2006
- Description
-
Adama Ouédraogo’s article argues that Arabic and Islam, though commonly associated, are not inseparable. It traces Arabic’s expansion with Islam beyond the Arabian Peninsula, emphasizing the central role of the Qur’an and Hadiths in preserving the language and shaping its vocabulary and literary forms, as well as Islam’s influence on poetry, prose, religious speeches, and madrasas from Baghdad to Timbuktu. It concludes that Arabic is also used in commercial, diplomatic, scientific, and business contexts, including in non-Arabophone institutions.
Value Annotations
- AI Model - Summary
- GPT-5.6 Luna
- Subject
- Civilisation occidentale
- Enseignement confessionnel islamique
- Hadith
- Pauvreté
- Adama Ouédraogo
- Mahomet
- Coran
- Éducation
- Mosquée
- Spatial Coverage
-
Arabie saoudite
- Syrie
-
Irak
-
Égypte
-
Maroc
-
Libye
- Bagdad
- Turquie
-
Burkina Faso
- Université al-Azhar
- Language
- Français
- Contributor
-
Frédérick Madore
- Identifier
- iwac-article-0000516
- content
-
Difficile, dans nos contrées et même dans les pays arabes, de penser arabe sans islam. Mais dans l'article ci-après, M. Adama Ouédraogo, attaché de recherche à l'INSS/CNRST, démontre que les deux ne sont pas forcément indissociables.
La langue arabe est une des anciennes langues sémitiques comme l'hébreu. Avant l'islam, elle était parlée uniquement dans la péninsule arabique par les tribus arabes et dans les régions dont les peuples avaient des contacts avec les Arabes. L'arrivé de l'islam au VIIe siècle a favorisé son expansion dans le monde et son emploie dans différents domaines.
Au début de l'islam au VII ème siècle, il y a eu une distinction entre la période préislamique (djaahiliyat[u]) représenté par les Arabes et leurs productions et activités intellectuelles et religieuses et l'époque islamique (islamiyat[u] ) qui regroupe tous ce qui a été produit par les musulmans, arabe ou non arabe, au début de l'islam jusqu'à la fin de règne du dernier calife 'aly, selon certains historiens de la littérature arabe ou jusqu'à la chute du califat ottoman selon d'autres.
Les adeptes de la nouvelle religion « l'islam » ont contribué à la fois à propager la foi islamique et la langue qui la véhicule hors de la péninsule arabique. En quelques années, avant la fin du VII ème siècle, la langue arabe s'est étendue dans différents pays et zones où l'islam existe ; la Syrie, l'Iraq et l'Egypte en 661( André Miquel. La littérature arabe), en Afrique noire par des arabes, des Maures, des Berbères et ensuite par les Africains sub sahariens convertis à l'islam.
Parmi les facteurs qui a aidé à la conservation de la langue arabe et son expansion dans le monde, il y a le Coran et les Hadiths. Ils sont les principaux textes de références de l'islam et aussi des sources importantes de la langue arabe. Dès la révélation du Coran, les arabes, surtout les poètes, considéraient le Coran comme un gros oeuvre littéraire à cause de son style rythmé et rimé (sadj').
A cause de ce style, le Prophète Mohammad fut taxé de devin, parce que dans la tradition littéraire arabe, la prose rythmée et rimée était considérée comme une oeuvre de devin (kaahin). A cause de cette expression coranique, les musulmans : théologiens, linguistes et littéraires, depuis au VII e siècle, ont considéré le Coran comme un texte qui n'a aucune commune mesure avec les autres productions littéraires arabe. Cette considération a fait naître plus tard le terme « i'djaaz(u) l-Quraan », c'est-à-dire l'inimitabilité du Coran, dans sa forme et dans son contenu.
Le Coran et les Hadiths ont facilité, jadis, l'intercompréhension entres les tribus arabes de la péninsule arabique : 'asad, Kinaana, Qurayö etc., et ceux des pays arabes actuels : Arabie Saoudite, Egypte, Maroc, Libye du fait qu'ils contiennent des mots et des expressions de divers dialectes, et ils sont aussi les premiers textes ( prose) arabe écrits. Ces textes religieux ont introduit également un vocabulaire religieux islamique dans la langue arabe afin de répondre aux besoins de l'islam tels :
Au niveau de la littérature(al-'adab en arabe), le Coran n'a pas interdit sa production. Il a distingué « les poètes égarés à cause de leur mauvaises langue » et les « poètes non égarés » (Sourate les poètes, verset 226 et 227). Les musulmans, depuis le temps du Prophète, ont utilisé la poésie et la prose pour défendre l'islam ou expliquer certains versets du Coran. Quant aux poètes, les historiens de la littérature arabe, les ont classés en trois (04) groupes :
1-äu'araa'u l-Djahiliyat(i), les poètes qui ont vécu avant l'islam ou ceux qui ont vu naître l'islam et qui ne l'ont pas embrassé. 2- äu'araa'u l-muxadramiin, ceux qui ont connu la période préislamique et islamique et qui se sont converti à l'islam. 3-äu'araa'u l-islamiyyiin, les poètes musulmans nés au moment de l'apparition de l'islam. 4- äu'araa'u 'aörul hadith : les poètes contemporains qui sont ceux du IXX èmè siècle comme le premier groupe était composé par des arabes de la péninsule arabique.
Leurs oeuvres s'inspiraient de la tradition de l'Arabie préislamique. Ainsi, certains d'entre eux ont employé la poésie pour attaquer l'islam et défendre leur tradition. Le deuxième et le troisième groupes sont des musulmans arabes et non arabe.
Ils ont abandonné certains thèmes anciens tels que la satire, le thrène etc., pour s'inspirer de l'islam. Ils mettaient leurs oeuvres au service de l'islam. Quant au dernier groupe, ce sont des musulmans et des non musulmans. Leurs littératures traitent des thèmes de faits de la société : politique, pauvreté, éducation, la femme, l'enfance.
La prose arabe ( an-Nathru) a été influencée par l'islam. Depuis son apparition, elle est toujours introduite par bismi l-Laahi et al-Hamdu lil-Laahi et se termine par cette dernière expression ou une autre équivalente ayant un sens religieux. De nouveaux thèmes sont introduits tels que les discours religieux prônés dans les mosquées (xutbat[u]), les discours politico religieux et social que les califes et ulémas prononçaient pendant leurs installations dans les localités qu'ils vont administrer.
La littérature arabe a continué à évoluer ainsi avec l'apport considérable des autres peuples voisins : Perse, Kurde, Arménien. Au XVIII ème siècle, les misions scientifiques entre le monde arabe et l'occident ont fait naître des poètes qui s'inspirent des écoles et tendances littéraires européennes tels le surréalisme, le naturalisme, le symbolisme.
Au VII e siècle, au moment de la révélation du Coran, les versets étaient aussitôt écrites sur des morceaux de cuir, des tessons de poteries et mémorisés par des huffaz ( pluriel de haafiz celui qui mémorise le Coran). En 603, suite à la bataille 'aqrabaa , dans laquelle plusieurs haafiz sont morts, le calife Abu bakr, sur conseil de 'Umar Ibn Xattab autorisa les scripteurs à réunir les révélations et à les écrire sur des feuilles (suhuf) sous forme d'un livre « mushaf ».
Cette mesure avait une grande importance à la fois linguistique et politique. L'objectif visé était la cohésion de la communauté musulmane et l'unification du contenu coranique. Des diacritiques ont été inventés ; il s'agissait de mettre des points sur les consonnes par exemple les deux points sur le Ã? /t/.
Des écoles ont été créées, premièrement dans les mosquées, ensuite hors des mosquées, Au VIII e siècle, pendant la période Abbasside. La medersa de la Nizaamiyat(u) à Bagdad, l'une des premières et importantes établissements a été fondée. Des cours d'arabe y étaient dispensés par des professeurs venant de différents pays.
Après, d'autres medersas ont vu le jour comme : al-Azhar en Egypte, Kairouan au Maroc, la Kayseri en Turquie et à Tombouctou. Au XIX ème siècle, des medersas modernes sont apparues dans le monde arabo-islamique. Elles sont structurées en plusieurs cycles comme l'école classique française. Dans les pays arabes et dans certains établissements de pays non arabophones, les cours y sont dispensés en langue arabe comme le Burkina Faso.
Certains pays ont opté la langue arabe comme langue officielle telles que la Syrie, les pays du Maghreb en Afrique. Le nombre des locuteurs en arabe varient d'un pays à l'autre, selon l'importance numérique des musulmans et sa proximité des pays arabes.
Présentement, la langue arabe se distingue des autres domaines d'études, elle peut être étudiée sans l'islam. Ainsi, il y a l'arabe commercial, l'arabe d'affaire, l'arabe diplomatique et scientifique. Toutefois, l'islam est beaucoup diffusé en arabe.
How to cite this item
Damiss, Adama. “Islam et langue arabe, deux pratiques dissociables.” L'Observateur Paalga, January 16, 2006. https://islam.zmo.de/s/westafrica/item/2746.
Damiss, A. (2006, January 16). Islam et langue arabe, deux pratiques dissociables. L'Observateur Paalga. https://islam.zmo.de/s/westafrica/item/2746
Damiss, Adama. “Islam et langue arabe, deux pratiques dissociables.” L'Observateur Paalga, 16 January 2006. https://islam.zmo.de/s/westafrica/item/2746.
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L'article décrit surtout l'influence de l'islam sur la langue et la littérature arabes sans exprimer de jugement global nettement favorable ou défavorable.
Le texte décrit de manière factuelle et équilibrée l'influence de l'islam sur la langue arabe, sans exprimer de sentiment positif ou négatif marqué.
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L'auteur décrit l'influence de l'islam sur la langue et la culture de manière factuelle, sans utiliser de lexique orienté, qu'il soit mélioratif ou dépréciateur.
L'article analyse la relation islam/langue arabe sur un plan historique et linguistique, sans lexique valorisant ni dépréciatif de la part de l'auteur : le Coran est présenté comme un « gros œuvre littéraire », la compilation du mushaf comme une mesure « linguistique et politique », sans commentaire éditorial ni sentiment marqué.
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L'article analyse directement les liens entre l'islam, les musulmans et l'expansion de la langue arabe, en détaillant le rôle du Coran, des hadiths, des mosquées et des medersas.
L'article traite principalement de l'évolution de la langue arabe, avec l'islam comme facteur historique majeur mais non exclusif.
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L'article analyse l'interdépendance historique et culturelle entre la langue arabe et l'islam, s'appuyant largement sur des références au Coran, aux Hadiths et aux institutions comme les medersas.
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Le traitement est principalement historique et explicatif, avec des références aux historiens et des faits linguistiques, même si certaines affirmations valorisent l'importance du Coran et de l'islam.
L'article présente des faits historiques, des dates et des références à des sources avec un ton informatif et neutre, sans jugement de valeur marqué.
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Le ton est purement informatif et académique, s'appuyant sur des faits historiques et des classifications littéraires sans porter de jugement de valeur.
Le texte adopte un ton académique et expositif (citations d'André Miquel, énumération des poètes, faits datés), mais le cadrage introductif et l'angle systématiquement centré sur l'apport de l'islam à la langue arabe introduisent une légère orientation éditoriale sans que des jugements explicites soient formulés.