Article · L'Observateur Paalga · July 26, 2016
Newton à l'épreuve du poids de la CENI
- Type
- Article de presse
- Creator
- Alain Saint Robespierre
- Publisher
-
L'Observateur Paalga
- Date
- July 26, 2016
- Description
-
Newton Ahmed Barry’s election as president of the CENI, announced in the 25 July issue of L’Evénement, marks his departure as editor-in-chief of the bimonthly newspaper. His appointment sparked controversy between the Sunni movement, which challenged his religious representativeness, and AEEMB and CERFI, which endorsed him, reviving debate over confessional criteria in an institution of a secular state. A former journalist at Télé nationale and L’Indépendant and co-founder of L’Evénement, he must now apply to the CENI the good-governance standards he defended in his editorials.
Value Annotations
- AI Model - Summary
- GPT-5.6 Luna
- Subject
- Commission Électorale Nationale Indépendante
- Laïcité
- Newton Ahmed Barry
- Norbert Zongo
- Assassinat de Norbert Zongo
-
Association des Élèves et Étudiants Musulmans au Burkina
-
Cercle d'Études, de Recherches et de Formation Islamiques
- Mouvement Sunnite du Burkina Faso
- Élections
- Gouvernance
- Démocratie
- Médias
- Language
- Français
- Source
-
L'Observateur Paalga
- Contributor
-
Frédérick Madore
- Identifier
- iwac-article-0000464
- content
-
Oui, « il arrive un temps pour tout ». Il a beau être un représentant de la communauté musulmane au sein de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), c'est par ces paroles de l'Ecclésiaste que Newton Ahmed Barry a titré son « Façon de voir » dans l'édition du 25 juillet de L'Evénement, bimensuel dont il était jusque-là le rédacteur en chef. Oui dont il était le red-chef, puisque cet éditorial du jour est en fait un adieu du journaliste à ses lecteurs.
Pour la bien-pensance islamique, ce titre, inspiré des Ecritures saintes catholiques, constitue un « péché » supplémentaire commis par le mandataire de la Umma auprès de la CENI.
C'est que ce choix a d'abord donné lieu, ces derniers jours, à une espèce de polémique pour ne pas dire de querelles de minarets entre le mouvement sunnite, si ce n'est une partie de cette chapelle, récusant l'intéressé, et d'autres courants religieux musulmans, tels l'AEEMB et le CERFI qui lui ont apporté leur blanc-seing.
Pour certaines ouailles de Mohamed, Newton Ahmed Barry, élu hier président de la CENI (lire page 4), n'a ni le pantalon suffisamment court ni la barbe (qu'il ne porte jamais) assez fournie pour être le représentant de la Umma dans l'institution en charge de l'organisation des élections. Il n'est pas jusqu'à son surnom, Newton, qui ne soit jugé peu catholique pour un musulman.
C'est dommage que pour un poste d'une telle haute responsabilité on en soit encore là à tenir compte de critères confessionnels, occasionnant des débats inter et intra-religieux.
Cette sorte de présidence tournante entre protestants, catholiques et musulmans dans un Etat pourtant laïc n'est-elle pas la preuve de balbutiements dans la marche vers l'érection d'une véritable nation ?
On espère qu'un jour viendra où on ne tiendra compte que de critères objectifs, comme la compétence, le savoir-faire et les capacités managériales, et non plus l'appartenance religieuse pour tenir les rênes d'une institution hautement républicaine telle la CENI.
De ce point de vue, on ne voit pas en quoi notre confrère Newton est moins méritant qu'un autre pour occuper ce strapontin.
N'avait-il pas caressé le rêve, fort légitime, d'assumer la charge, combien délicate, de la présidence de la Transition avant que le collège électoral n'en dispose autrement ?
Ce désappointement, vécu comme une blessure narcissique, serait le ressort de l'acharnement du journaliste contre les autorités d'alors. Vrai ou faux ?
Pour sûr, ce n'est ni le bagage intellectuel ni l'expérience qui lui feront défaut dans sa nouvelle fonction.
Il faut reconnaître qu'il fait partie de ceux, nombreux, qui ont contribué au processus de maturation démocratique de notre pays.
On se rappelle que quand il était journaliste présentateur à la Télé nationale, Newton n'a pas hésité à claquer la porte après l'assassinat de Norbert Zongo pour aller tenter de sauver L'Indépendant ou ce qui en restait, avant de créer L'Evénement avec son alter ego, Germain Bitiou Nama.
Du reste, la CENI n'est pas une maison étrangère à celui qui vient d'y poser ses pénates. Il y a une vingtaine d'années, avant que la structure ne devienne indépendante, il a fait partie de sa Commission médias.
C'est vrai qu'aujourd'hui, l'ingénierie électorale a beaucoup évolué, pour autant NAB ne met pas les pieds en terres inconnues.
Pour le reste, ce n'est peut-être qu'une question d'opportunité, d'ambition personnelle ou de calculs politiques. Mais peut-on raisonnablement lui en tenir grief?
Cependant comme tant d'autres de nos confrères qui sont passés de l'autre côté du micro, entre pontifier à la tête d'une rédaction, sur un plateau de télévision ou à travers les réseaux sociaux, donnant des leçons à tout vent comme nous autres journalistes savons si bien le faire, et savoir participer directement à la gestion de la chose publique, il y a un grand fossé que le talent ne suffit pas à combler.
Maintenant qu'il a abandonné la plume du livre de bord pour le compas de la navigation, le nouveau capitaine de la CENI doit savoir que le tracé du fleuve est parsemé de nombreux écueils.
Le moindre écart sur la voie de la bonne gouvernance qu'il n'a cessé de défendre hier dans ses éditos ne lui sera pas pardonné. Il est bien payé pour savoir ce que c'est que le devoir d'ingratitude des journalistes.
How to cite this item
Robespierre, Alain Saint. “Newton à l'épreuve du poids de la CENI.” L'Observateur Paalga, July 26, 2016. https://islam.zmo.de/s/westafrica/item/2694.
Robespierre, A. S. (2016, July 26). Newton à l'épreuve du poids de la CENI. L'Observateur Paalga. https://islam.zmo.de/s/westafrica/item/2694.
Robespierre, Alain Saint. “Newton à l'épreuve du poids de la CENI.” L'Observateur Paalga, 26 July 2016. https://islam.zmo.de/s/westafrica/item/2694.
Visualizations
AI sentiment
Polarity, centrality to Islam and Muslim communities, and subjectivity ratings for this article, produced by three AI models (GPT-5.6 Luna, Mistral Small 4, DeepSeek V4 Flash). Read directly from the Omeka item metadata.
Polarity
Models disagree
-
GPT-5.6 Luna Negative
-
Mistral Small 4 Very positive
-
DeepSeek V4 Flash Negative
Show reasoning
La représentation de certains courants musulmans est dépréciative, avec des expressions comme « querelles de minarets », « péché » et une critique de leur attachement aux critères vestimentaires et religieux.
L'article prend clairement parti pour Newton Ahmed Barry et, par extension, pour la représentation des musulmans dans les institutions, avec un ton élogieux et une défense passionnée de sa légitimité.
L'article dénonce les querelles de chapelle et la "bien-pensance islamique" qui juge l'apparence physique de Newton, critiquant des pratiques religieuses jugées rétrogrades, mais il ne tombe pas dans un réquisitoire virulent envers l'islam, tout en prenant la défense d'un musulman progressiste.
Centrality
Models nearly agree
-
GPT-5.6 Luna Central
-
Mistral Small 4 Very central
-
DeepSeek V4 Flash Central
Show reasoning
L’article traite largement de la représentation de la communauté musulmane à la CENI, des critères religieux et des querelles entre courants musulmans.
L'article consacre une grande partie de son contenu à la représentation de l'islam et des musulmans à travers la nomination de Newton Ahmed Barry à la CENI, avec des débats sur son appartenance religieuse et la légitimité de sa représentation de la Umma.
L'article aborde explicitement la polémique sur la désignation de Newton Ahmed Barry comme représentant de la communauté musulmane au sein de la CENI, avec des débats entre courants ("mouvement sunnite", "AEEMB et CERFI"), et critique le fait qu'on juge des critères confessionnels pour un poste d'État, ce qui fait de la religion un thème majeur partagé avec le sujet principal (sa nomination).
Subjectivity
Models nearly agree
-
GPT-5.6 Luna Rather subjective
-
Mistral Small 4 Very subjective
-
DeepSeek V4 Flash Rather subjective
Show reasoning
Le texte mêle des faits à des jugements explicites, notamment lorsqu’il critique la « bien-pensance islamique » et défend l’idée de critères non confessionnels.
L'article est un éditorial qui défend ouvertement la légitimité de Newton Ahmed Barry face aux critiques religieuses, avec des jugements de valeur explicites sur la gestion des institutions et l'importance des critères objectifs.
Il s'agit d'un éditorial personnel avec des jugements explicites : "C'est dommage que pour un poste d'une telle haute responsabilité on en soit encore là" et "On espère qu'un jour viendra où on ne tiendra compte que de critères objectifs", mais le texte reste argumenté et appuyé sur des faits relatifs au parcours du journaliste.