Article · Le Pays · March 6, 2018 Cite
Newton Ahmed Barry : « Si nous ne sommes pas capables de défendre notre patrie (…) nous méritons que les terroristes nous terrorisent »
- Type
- Article de presse
- Creator
- Newton Ahmed Barry
- Publisher
-
Le Pays
- Date
- March 6, 2018
- Description
-
In a note titled “The Attack Too Far,” Newton Ahmed Barry, chairman of CENI, analyzes the coordinated attacks of 2 March against Burkina Faso’s army headquarters and the French Embassy. He argues that GSIM, led by Iyad Ag Ghali and supported by Amadoun Kouffa and Maalam Dicko, has infiltrated networks and locally recruited fighters in the Soum area. Rejecting a “Somalization” that would confine the country to Ouagadougou, he calls for cutting off the threat at its Sahelian source, strengthening the state and patriotism, resolving the situation of soldiers dismissed since 2011, and not relying solely on the G5 or France.
Value Annotations
- AI Model - Summary
- GPT-5.6 Luna
- Subject
- Attentat de Ouagadougou de 2018
- Forces de Défense et de Sécurité
-
G5 Sahel
- Ibrahim Malam Dicko
- Iyad Ag Ghaly
- Newton Ahmed Barry
- Groupe de Soutien à l'Islam et aux Musulmans
- Terrorisme
- Radicalisation
- Djihadisme
- Thomas Sankara
- Commission Électorale Nationale Indépendante
- Sécurité
- Armée
- Violence
- Language
- Français
- Source
-
Le Pays
- Contributor
-
Frédérick Madore
- Identifier
- iwac-article-0000070
- content
-
Les attaques terroristes de l'Etat-major des armées et de l'Ambassade de France au Burkina ont fait réagir Newton Ahmed Barry, actuel président de la CENI. "L'Attaque de trop!" C'est le titre de la note qu'a publiée notre confrère Newton. Nous vous la proposons en intégralité.
"En ces moments de dévastation, l'impératif c'est de rester lucide, froid et déterminé. Tout observateur averti qui a suivi le début des attaques terroristes dans notre pays, en avril 2015 à Tambao avec l'enlèvement du Roumain, savait que la spirale allait évoluer par paliers des cibles molles aux cibles dures. Ou bien même alterner. Nous y sommes. Quelle est la prochaine étape ? La Somalisation qui consisterait dans l'immédiat à abandonner le Sahel et à se bunkeriser à Ouaga. Le «worse » scénario.
On peut légitimement s'interroger, au regard du peu de temps qu'il aura fallu au GSIM ( Groupe de Soutien à l'Islam et aux Musulmans) pour réagir et nous frapper avec une opération violente et coordonnée. Il a fallu tout au plus 2 semaines à Iyad Ag Ghali, pour monter cette opération et la conduire à son ignoble terme. Pour être aussi réactif, la seule réponse plausible c'est que nous sommes infiltrés et des réseaux coordonnés sont disséminés dans Ouagadougou et dans le pays. Cela est d'autant possible que Iyad a sous-traité certaines de ses prérogatives à deux lieutenants locaux sur l'espace sahélien. Amadoun Kouffa et son disciple Maalam Dicko, principalement dans la zone du Soum. Des jeunes ont été recrutés dans ces zones et transformés en de véritables commandos djihadistes ( avec un véritable lavage de cerveau et un vrai maniement des armes) et ces gens ne demandent ni argent ni matériel sophistiqué pour intervenir.
Les images des assaillants abattus qui ont été, à tort, abondamment diffusées sur les réseaux sociaux, montrent deux choses : le caractère presque rudimentaire d'une partie de l'arsenal utilisé ; des cocktails Molotov et des kalash. A la vérité, ces gens nous terrorisent plus par la «folie de leur détermination» que par la sophistication de leur arsenal. Iyad ne nous envoie plus ses commandos arabes ou touaregs, qui auraient été faciles à détecter dans notre environnement, mais nos propres frères qui ne sont pas faciles à identifier de prime à bord. Nous sommes donc à ce tournant qui complexifie notre tâche, mais pas impossible à adresser.
Tarir la source!
Pourquoi les occidentaux, nos «alliés», ont préféré constituer sur nos territoires lointains, à plusieurs milliers de kilomètres de chez eux, les postes avancés de lutte contre le terrorisme ? Parce qu'ils savent que la meilleure manière de s'en prémunir, c'est de contenir les fronts aussi loin que possible. Nous, qu'avons nous fait depuis avril 2015, à la première attaque terroriste contre pays? Pour l'essentiel, nous avons considéré que le Sahel est trop loin de notre horizon
quotidien et qu'il ne paraît pas essentiel de s'en préoccuper outre mesure. Evidemment des contingents ont été déployés, mais davantage dans un esprit d'expédition militaire avec tout ce que cela sous-entend comme attitude et a priori, qu'une véritable prise de conscience que c'est le devenir de notre quiétude nationale qui s'y jouait. En arrière plan, et pour ne rien arranger, il y avait derrière tout ça la pression forte d'une opinion publique qui enjoignait aux gouvernants de ne surtout pas envoyer «mourir les enfants du pays » pour ces terres qui ne sont pas tout à fait le Burkina. A défaut, il fallait y envoyer des «Rambo», puissamment armés avec un compte en banque bien garni. Mourir pour la patrie n'a encore de sens que si elle est compensée par l'argent.
Alors que nous sommes absorbés par ces questions d'argent et autres contingences, les autres tissaient tranquillement leurs plans sordides. Il faut craindre qu'ils ont eu une longueur d'avance. Avec l'attaque ignoble du 2 mars dernier, ils vont nous contraindre à nous barricader à Ouagadougou et à leur abandonner totalement le Nord. Ils réussiraient alors le plan qu'ils avaient rêvé, sans vraiment y croire, nous encercler dans notre propre pays.
Mais il n'est pas tard. Ce scénario n'est pas fatal. Nous avons encore, Dieu merci, les moyens de le conjurer.
Il faut se convaincre d'une chose : «si nous refusons de mourir au Sahel en patriotes, nous serons tués comme des poulets à Ouaga, à Bobo ou à Tenkodogo ». Autre chose, il y a quelque chose qui est au dessus de l'argent; le patriotisme. Si on parle encore de la bravoure des soldats burkinabè, les devanciers des soldats actuels, en 1974 et en 1984 sur ces mêmes terres du Soum et du Sahel à l'occasion des malheureuses guerres avec le Mali, ce n'est pas parce que les Sankara et autres étaient grassement payés et équipés comme des rambos, mais parce qu'ils avaient compris que l'on vit avant tout pour sa patrie.
Il ne faut rien attendre des autres!
Si nous pensons que le G5 et la France vont nous sortir d'affaire, alors nous nous dévoyons complètement. Aucun peuple n'a été sauvé par un autre. Du reste, nous Burkinabè, qui avons tout sacrifié pour l'insurrection, sommes bien payés pour le savoir. Cette épreuve aussi, nous seront les seuls à la relever. Si nous sous-traitons nos responsabilités, nous acceptons d'avance d'aliéner aussi notre liberté et notre dignité.
Dans notre septentrion, il y a des compatriotes qui n'attendent qu'un vrai signal national pour s'engouffrer sur le chemin de l'honneur. Ils attendent depuis. Certains désespèrent même. Mais tous savent que «la patrie, on meurt pour elle». Avec l'attaque du 2 mars dernier, c'est l'existence même de notre patrie qui est en cause. La réaction héroïque de nos FDS qui ont montré qu'ils savaient répondre avec panache à l'ignominie, constitue un ferment sur lequel nous pouvons bâtir une riposte digne et honorable.
Honorons nos morts, ne les pleurons pas! On ne peut pas se réclamer de Thomas Sankara et pleurer son sort: «si nous ne sommes pas capables de défendre notre patrie et de la maintenir libre, alors nous méritons que les terroristes nous terrorisent ». Cela suppose aussi que l'on résolve les problèmes vraiment et non pas qu'on les élude. Il est quand même incompréhensible que cette affaire de militaires radiées depuis 2011, n'ai toujours pas trouvé une issue. Dans un contexte d'hostilités généralisées, on devrait avoir le souci de ne pas permettre que le rang de nos ennemis grossisse, par notre faute. Surtout que certains d'entre eux ont joué un rôle louable pour l'avènement de l'Insurrection. Néanmoins, chacun de nous est interpellé. La liberté n'a de sens que si l'Etat est solide et peut en garantir la jouissance en toute quiétude à chacun de nous. Les grévistes du MATD qui avaient occupé, en signe de défiance, la devanture de leur ministère, non loin de l'ambassade de France, quand les mitrailleuses des terroristes ont crépité, n'ont pas attendus pour prendre les murs. Sans Etat, il n'y a ni liberté, ni droit. Nous sommes chacun interpellé. Laissons la faute des autres en stand-by. Si nous réinstallons la patrie dans toutes ses plénitudes, le temps des comptes ne sera jamais prescrit. Par contre, si nous y échouons, la justice, la meilleure du monde, nous sera de peu d'utilité. Je voudrais terminer par cette boutade d'un ami chef coutumier qui disait (je transcris exactement en Moore son propos) «Run na neba yeela tib nina puka min. Lab yam nan ka puk ye», littéralement traduit «les gens d'aujourd'hui proclament qu'ils ont l'œil ouvert. Sauf qu'ils ont malheureusement l'esprit fermé ».
Dieu aide ceux qui s'aident !"
NAB
How to cite this item
Barry, Newton Ahmed. “Newton Ahmed Barry : « Si nous ne sommes pas capables de défendre notre patrie (…) nous méritons que les terroristes nous terrorisent ».” Le Pays, March 6, 2018. https://islam.zmo.de/s/westafrica/item/2300.
Barry, N. A. (2018, March 6). Newton Ahmed Barry : « Si nous ne sommes pas capables de défendre notre patrie (…) nous méritons que les terroristes nous terrorisent ». Le Pays. https://islam.zmo.de/s/westafrica/item/2300
Barry, Newton Ahmed. “Newton Ahmed Barry : « Si nous ne sommes pas capables de défendre notre patrie (…) nous méritons que les terroristes nous terrorisent ».” Le Pays, 6 March 2018. https://islam.zmo.de/s/westafrica/item/2300.
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Polarity
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Negative
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Qwen3.8 27B
Negative
Show reasoning
La représentation des acteurs se réclamant de l’islam est très défavorable, avec des expressions comme « commandos djihadistes », « lavage de cerveau » et « folie de leur détermination », même si cette hostilité ne s’étend pas aux musulmans en général.
L'article associe explicitement l'islam aux groupes terroristes (GSIM, Iyad Ag Ghali) et présente une vision critique de leur idéologie et de leurs actions, avec un ton alarmiste et défavorable envers cette association.
Le lexique est extrêmement défavorable et alarmiste envers le GSIM, décrit comme menant des « plans sordides », avec une « folie de leur détermination » et des attaques « ignobles », dressant un portrait hostile et inquiétant de ce groupe se réclamant de l'islam.
La représentation des acteurs se réclamant de l'islam est très critique, évoquant des « commandos djihadistes » ayant subi un « lavage de cerveau ».
L'auteur qualifie l'action du GSIM d'« ignoble », ses plans de « sordides », la détermination des assaillants de « folie », et les recrues de produits d'un « lavage de cerveau », sans toutefois étendre la responsabilité aux musulmans en général mais ciblant explicitement le mouvement djihadiste.
Centrality
Models nearly agree
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GPT-5.6 Luna Central
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Mistral Small 4 Very central
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DeepSeek V4 Flash Very central
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Gemma 4 31B
Central
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Qwen3.8 27B
Central
Show reasoning
Le GSIM, explicitement présenté comme le « Groupe de Soutien à l'Islam et aux Musulmans », ainsi que ses réseaux et recrues djihadistes, occupe une place importante dans l'explication des attaques.
L'article centre son propos sur les attaques du GSIM (Groupe de Soutien à l'Islam et aux Musulmans) et cite longuement des figures djihadistes comme Iyad Ag Ghali, Amadoun Kouffa et Maalam Dicko, liant directement l'islam à la menace terroriste.
L'article est entièrement consacré à la menace terroriste incarnée par le GSIM, une organisation se réclamant de l'islam : il nomme Iyad Ag Ghali, ses lieutenants et décrit le recrutement de « commandos djihadistes », ce qui place le groupe islamique au cœur du sujet.
Le texte analyse les actions et le mode d'opération du « Groupe de Soutien à l'Islam et aux Musulmans (GSIM) » et de ses leaders comme Iyad Ag Ghali.
Le GSIM (Groupe de Soutien à l'Islam et aux Musulmans) et ses « commandos djihadistes » structurent l'analyse de l'auteur, mais cette menace islamique partage la place avec les thèmes du patriotisme, de la responsabilité de l'État et de la relation avec les Occidentaux.
Subjectivity
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GPT-5.6 Luna Very subjective
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Mistral Small 4 Very subjective
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DeepSeek V4 Flash Very subjective
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Gemma 4 31B
Very subjective
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Qwen3.8 27B
Very subjective
Show reasoning
Le texte adopte un ton fortement engagé et exhortatif, qualifiant les attaques d’« ignobles » et les projets adverses de « sordides », tout en appelant au patriotisme et au sacrifice national.
L'article est une tribune engagée de Newton Ahmed Barry, exprimant des opinions fortes, des émotions et des jugements de valeur ('L'Attaque de trop!', 'sordides plans', 'folie de leur détermination'), sans distance ni neutralité.
Il s'agit d'une tribune d'opinion emplie de jugements et d'exhortations (« l'attaque ignoble », « il faut se convaincre », « nous sommes chacun interpellé ») qui prend résolument parti et appelle à l'action, sans distance éditoriale.
S'agissant d'une note d'opinion, l'auteur utilise un ton passionné et un lexique marqué, employant des expressions telles que « plans sordides » ou « ignoble terme ».
Le texte est une tribune personnelle publiée « en intégralité », chargée d'opinions et d'impératifs (« Il faut craindre… », « Nous méritons que les terroristes nous terrorisent »), avec un vocabulaire émotionnel comme « ignoble terme », « plans sordides » et « folie de leur détermination ».


