Issue
L'Appel #41
- Title
- L'Appel #41
- Type
- Périodique islamique
- Publisher
-
L'Appel
- Date
- June 2000
- issue
- 41
- Abstract
- Mensuel Islamique de Formation et d'Information Générale
- number of pages
- 12
- Subject
- Charia
- Formation des imams et des prêcheurs
- Laïcité
- Marboulaye Nombré
- NTIC et islam
-
Association des Élèves et Étudiants Musulmans au Burkina
-
Cercle d'Études, de Recherches et de Formation Islamiques
-
Association Mondiale de l'Appel Islamique
- Extrémisme
- Secte
- Language
- Français
- Has Part
- EDITO. Pour l'image de l'Islam, entrons dans le débat !
- Cheick Boureima Abdou Daouda : auteur d'une traduction du Saint Coran en français
- Contributor
-
Frédérick Madore
- Identifier
- iwac-issue-0000522
- Rights Holder
- Cercle d'Études, de Recherches et de Formation Islamiques
- content
-
L'APPEL
JUIN 2000
RABI 1
1421
N° 041
Mensuel Islamique de Formation et d'Information Générale
Burkina Faso : 200 F CFA - Zone UEMOA : 250 F CFA - Autre Afrique : 400 CFA
Europe, DOM, TOM : 1 Euro - Autres pays : US $ 2
"Que tous ceux qui m'écoutent transmettent le message à d'autres et ceux-là à d'autres encore ; et que les derniers puissent le comprendre mieux que ceux qui m'écoutent directement" (Hadith)
RENCONTRE
Cheick Boureima Abdou Daouda
Traducteur du Saint Coran en français
◆ Le péril des sectes
◆ Abou Haraïra, un savant illettré
◆ Les animaux ont aussi des droits
◆ La médisance
MARIAGE TEMPORAIRE
Concubinage confirmé ou prostitution déguisée ?
En EXCLUSIVITÉ
Dans le prochain numéro (N° 42)
L'interview du Général Aboubacar Sangoulé Lamizana
Président de la République de Haute-Volta de 1966 à 1980
Les Imams du Nord en formation
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EDITO
Pour l'image de l'Islam, entrons dans le débat !
Pendant combien de temps répétera-t-on encore aux musulmans que leur timidité légendaire ne sert que les dessins des ennemis de l'Islam.
Si nous ne sommes pas coupables, nous sommes tous indubitablement responsables de l'image écorchée de l'islam que continuent de véhiculer ses détracteurs intéressés et les ignorants. La défense de la religion et de ses valeurs sacrées est un principe de vie accepté et adopté par bon nombre d'entre nous. Mais que faisons-nous de l'image de cette religion. Et si nous n'avons pas le droit de laisser fouler aux pieds les valeurs universelles de l'islam, c'est que nous avons le devoir de les promouvoir et surtout la responsabilité de leurs défense. Ressasser ou permanence ses valeurs n'est pas la seule façon et certainement pas la meilleure manière de servir la religion. Agir pour empêcher les saboteurs de réussir leur entreprise doit être une préoccupation aussi urgente parce qu'étant un combat d'avant garde. Quel harassant travail que celui qui consisterait à bâtir avec les plus belles briques un édifice sur lequel passeraient immédiatement des ouvriers spécialisés en démolition ? Certes l'Islam ne manque pas de bons architectes pour construire son édifice, mais il laisse malheureusement faire les ouvriers de la démolition sans réagir de peur peut être de créer la polémique. Pas étonnant donc que des apprentis de n'importe quelle sphère s'arrogent le droit de parler au nom de l'islam ou que des ministres de notre gouvernement et donc hauts responsables du Burkina Faso (laïc) choisissent de classer certaines valeurs de l'islam au nombre des fléaux sociaux. Qu'est-ce qui peut inspirer un "petit savant" burkinabè au point de l'encourager à émettre des fatwa sur des questions aussi graves que le mariage si ce n'est la timidité de réaction légendaire des musulmans ? Bien de prêches diffusées actuellement sur les radio FM de Ouagadougou et qui sont supposées enseigner l'islam aux auditeurs ne sont en réalité que de mauvaises publicités pour l'image de la religion. Que dire de ces articles coupés cloués, dont le plus récent public dans un quotidien de la place sous la rubrique Islam n'a rien trouver de mieux à faire que de légaliser la fornication (acte immoral et chemin pernicieux, selon les termes même du Saint Coran) en une union honteusement appelé mariage temporaire. Qu'un ministre de la République en vient à décréter que la polygamie doit être inscrite sur la liste noire des fléaux à combattre par les femmes est une atteinte grave à la dignité des musulmans. Mais s'il a eu l'audace de faire publiquement de telles déclarations dans un pays ou la polygamie est même légalement consacrée par les textes de la République, c'est parce que la coutume établie veut que ce genre de dérapages ne soient jamais suivis de réaction officielle de la communauté musulmane.
La peur des qu'en dira-t-on ou le peu d'intérêt que nous accordons à l'image de l'Islam continue donc de nous marginaliser. Pour l'image de l'Islam osons entrer dans le débat.
L'APPEL
L'APPEL
Bimensuel islamique de formation et d'informations générales
Récépissé
N° : 0355/MIJ/CA-TGI/OUA/P.F.
Directeur de publication
Amadou YOUGBARE
Administration - Rédaction - Abonnement
Siège
01 BP 5716 Ouagadougou 01
Tél.: 36-33-09 / 37 - 07- 40
E-mail : lappel@caramail.com
compte CCP N° 7995
Sis à 100 m de la pharmacie Wend-Kuni
Saisie : L'Appel Photocomposition
Impression :
AICD Tél.: 30-74-93 01 BP 5536
Ouagadougou 01 -
BURKINA FASO
REMERCIEMENTS
Le frère Sacandé Kassoum et la sœur Kobré Fatimatou remercient du fond du cœur tous ceux qui leur ont apporté leurs soutiens moral, matériel et financier lors du baptême de leur fille Amirah. Fawziya. " Celui qui fait le bien du poids d'un atome le verra ". S 98 V8.
Carte d'identité biologique
Le SIDA (troisième partie)
Quand on sait que le VIH provoque une immunodépression, on peut prévoir que le SIDA a beaucoup de chance de frapper non seulement l'organisme, mais de détruire en plus sa défense. Aussi dans le traitement du sida il faudra prévoir la prise en charge des maladies opportunistes. Dans le traitement curatif du SIDA, on utilise essentiellement les antiviraux. On distingue trois groupes d'antiviraux en fonction de leur site d'action :
- Les analogues des nucléosides qui inhibent la transcriptase reverse (enzyme qui permet au VIH de transformer son ARN en ADN). Ce sont : La zidovudine (AZT) ; la didanosine (DDi) ; la zalcitabine (DDC) ; la lamivudine (3TC) ; la stavudine (D4T).
Le VIH développe une résistance à toutes ces molécules d'où la nécessité d'un traitement associant différentes molécules : Ex : AZT puis DDi.
- Les inhibiteurs des protéases qui détruisent les protéines que le VIH utilise pour se fixer sur les cellules. Ce sont : le saquinavir, l'indinavir, le ritonavir.
- Les autres antiviraux dont les " anti-sens ", les " cibles cellulaires "
Aucun traitement à ce jour ne peut finir le VIH dans le corps sinon réduire sa quantité et ce sont les associations de deux ou trois médicaments (dithérapie ou trithérapie) qui semblent ralentir au mieux l'infection.
Il faut des examens dans des laboratoires sophistiqués pour suivre l'évolution de l'infection. Au Burkina, le comptage des CD4 est possible au centre Muraz de Bobo.
Les différentes molécules antivirales ont des effets secondaires non négligeables liées à leur toxicité hématologique, rénale, hépatique et neurologique.
Les problèmes suivants restent posés : Quand commencer le traitement ? Quand associer les antiviraux ? Quand arrêter le traitement ? Qui doit supporter le coût du traitement 150.000/mois ?
Il n'existe pas encore un vaccin du fait de l'extrême variabilité du VIH. On a : VIH1 (A,B,C,D,E,...) et VIH2
La gravité du SIDA nous interpelle à plus d'un titre. Aussi devons nous encore et encore méditer les sagesses divines et prophétiques. C'est certainement là que se trouve la porte de sortie. Le Coran nous dit : " N'approchez pas la fornication, c'est un acte abominable et une voie pernicieuse... " (sourate 17 verset 32) ; " La fornicatrice et le fornicateur, fouettez-les chacun de 100 coups de fouet. Et ne soyez point pris de pitié pour eux dans l'exécution de la loi d'Allah... " (sourate 24 verset 2).
Le prophète (saw) a également dit : " Si un homme vient à votre fille mariez-les sinon vous allez être à la base de la perversion de la société ". Il a aussi dit : " Précipitez trois (3) choses : La conversion de celui qui y aspire si la mort pourrait le prendre mécréant. Le mariage d'un homme et d'une femme qui y aspirent sinon satan peut entrer faire des dégâts. L'enterrement d'un mort car s'il pourrit cela serait fâcheux pour tout le monde".
AminaT.
2 L'Appel N° 041 Juin 2000
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L'Appel au quotidien
SEMINAIRE DE FORMATION DES IMAMS
Une première au nord du Burkina
Les 14, 15 et 16 Mai 2000 s'est ténu à Ouahigouya, un séminaire de formation des Imams organisé par l'Association Mondiale pour l'Appel à l'Islam (AMAI). Cette première a regroupé près de 200 Imams et prédicateurs venus de la province du Yatenga et des régions environnantes. Ce fut une opportunité pour ces leaders aux sommets des mosquées, de bénéficier d'un recyclage sur les principes de la direction en Islam. C'est donc à juste raison que figuraient au programme de nombreux thèmes dont entre autres : L'extrémisme religieux ; l'importance d'une conduite moderne du sermon de vendredi ; les relations entre l'Islam et les autres religions ; les principes de dialogue en Islam ; le rôle de l'Imam dans la société ; la concertation (Shura) et son impact sur les sociétés islamiques.
Au delà de l'importance des thèmes traités, ce fut la qualité même des conférenciers qui insuffla une dynamique particulière à la rencontre des Imams. On notait en effet la présence dans l'équipe d'encadrement, de plusieurs diplômés en théologie tels que le Docteur Omar Al Misri, premier responsable de l'AMAI au Burkina ; le Docteur Doukouré Aboubacar ; Souleymane Konfé consultant à l'AMAI et le cheik Aboubacar Maïga 2 de Ramatoulaye pour ne citer que ceux-là.
L'acte de l'AMAI au delà du devoir accompli
En réunissant les Imams pour parler de leur mission, l'AMAI a sans doute exécuté une obligation ; celle d'organiser et de former les musulmans à travers le monde. Mais la tenue d'une telle rencontre dans une région à majorité musulmane, majorité dans laquelle règne un " alphabétisme " religieux des plus criards et des maux graves tels l'alcoolisme et la prostitution est une œuvre d'utilité certaine. Elle mérite d'être saluée au delà du devoir accompli. Quand on sait que les musulmans constituent 90 % de la population du Yatenga et que la majorité des Imams manque de culture générale, on ne peut que louer cette initiative. Et c'est ce que le Haut commissaire de la province a fait en procédant à l'ouverture du séminaire.
Des imams prêts pour des tâches nouvelles
Même si le séminaire de Ouahigouya n'a pas eu la prétention d'avoir tout appris aux Imams en 3 jours, il les a pourtant convaincu du fait que leur rôle ne saurait se limiter à la conduite de la prière et des cérémonies sociales. Il s'agit désormais pour eux d'actualiser le discours pour l'adapter au contexte de l'heure. L'Imam qui tout en cherchant à accroître le nombre et à former les membres de sa communauté et qui aborde en même temps des thèmes liés au développement, aux maux sociaux au bien être de la société de façon générale dans ses prêches, aura compris le rôle de l'Imam au troisième millénaire.
En attendant qu'autre occasion vienne activer la flamme allumée par ce premier séminaire, les Imams se sont quittés avec l'espoir de se retrouver pour d'autres rendez-vous du donner et du recevoir.
Fawsy Sogsey.
Journée de réflexion du Conseil Général du Kadiogo
Tenue le 23 Avril 2000, cette journée de réflexion a connu la participation d'aeembistes et de cerfistes et a été l'occasion de réfléchir sur les thèmes divers. Des problèmes sociaux au sein de l'association, les relations frères-sœurs, la participation des anciens aeembistes à la vie et au fonctionnement du conseil général du Kadiogo et la connaissance mutuelle entre les membres des différentes structures. Ces thèmes ont tenu en haleine la cinquantaine de participants à cette journée qui s'est réunie pour l'occasion au centre culturel Arabe Libyen.
L'Imam Nombré Marboulaye qui a entretenu l'assistance sur la connaissance mutuelle des membres des différentes organisations a relevé que de façon générale, ces membres ne se connaissent pas et a proposé pour le renforcement des liens de fraternité que des visites de courtoisie soient rendu de temps en temps aux membres des autres structures et que les membres d'une même structures se rendent également visite. Il a aussi suggéré que les différentes associations s'adressent des invitations pour des activités d'envergure, collaborent entre elles et se témoignent une solidarité en période de joie ou de peine.
L'Imam Nombré a, pour terminer recommandé que l'AEEMB institutionnalise la journée de l'unité musulmane et observe davantage de neutralité vis-à-vis des différents courants religieux reconnus afin de susciter l'unité musulmane et de favoriser un meilleur fonctionnement de l'association.
La question des relations frères sœurs a fait l'objet de la communication de l'Imam Yacoub Tiemtoré qui a d'entrée de jeu signalé que les frères et les sœurs ne devraient pas se fuir mutuellement, mais créer plutôt entre eux des rapports privilégiés. " Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres ". Sourate9 verset 71 nous dit le saint Coran.
Selon l'exposant, les frères et sœurs doivent observer une attitude de déférence, de solidarité et de compréhension les uns à l'égard des autres et entretenir entre eux des relations franches. Cela doit toutefois se faire dans le respect des principes de l'Islam. Il a été suggéré qu'il soit organisé à l'intention de nos sœurs, des séances d'éducation à la vie familiale et un séminaire sur la condition de la femme. Cela devra permettre à nos sœurs d'être mieux avisées des enjeux dont les femmes sont l'objet aujourd'hui.
Le 3e thème de la journée a porté sur les problèmes sociaux au sein de l'association. Ce thème a été développé par l'Imam Tiégo Tiemtoré. Ces problèmes sont selon lui de plusieurs ordres : scolarité, santé, alimentation... L'Imam a proposé comme solution que les frères et sœurs adoptent une attitude courageuse et non une attitude défaitiste ou de résignation, car dira-t-il, les difficultés sont inhérentes à la vie du croyant comme cela est mentionné dans le Coran. (sourate 90 verset 4). Il a ensuite suggéré la création de familles spirituelles dans les secteurs et quartiers, la création de cadre de concertation entre acteurs du secteur informel et les frères et sœurs aspirant à s'y investir, la création de cadre de formation scolaire notamment l'alimentation de la bibliothèque en documents scolaires et l'encadrement des frères et sœurs. Pour faire face aux problèmes financiers des membres, l'Imam a suggéré qu'il soit créé un fonds de solidarité.
Une mention spéciale a été réservée aux sœurs qui doivent, de l'avis du conférencier continuer leurs études même après leur mariage.
Pour terminer, l'Imam a conseillé que des critères de compétence soient retenus par la désignation des responsables et qu'un soutien leur soit accordé afin de les aider à accomplir au mieux leur mission. La nécessité d'entreprendre des contacts auprès des institutions spécialisées pour obtenir des bourses d'études pour les aeembistes a été soulignée avec force.
Le 4e thème développé par l'Imam Bakayoko Nouhoun a tourné autour de la démobilisation ou du désintéressement des anciens aux activités du conseils général. Les raisons se trouveraient dans la différence de génération et dans l'absence d'activités à même de mobiliser les anciens. Pour y pallier le frère Bakayoko a proposé qu'un cadre de concertation soit crée à l'attention des anciens. Il a été préconisé que l'opportunité leur soit chaque fois offerte de donner leur appréciation sur le fonctionnement du conseil général et d'assurer la formation de leurs cadets.
C'est sur ces recommandations pertinentes que la journée de réflexion a été clôturée à la grande satisfaction des participants.
Ismaël Tiendrebeogo
L'appel N° 041 Juin 2000
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Société
Mariage Temporaire :
Concubinage confirmé ? Prostitution déguisée ?
Le libéralisme dans le mauvais sens du terme semble vouloir tout emporter sur son passage y compris même des valeurs sacrées. Ce libéralisme est soutenu dans son action de dévastation par un esprit partisan amenant certains, tout en dissimulant leur conviction à vouloir semer la zizanie dans l'esprit des musulmans. Mais heureusement l'Islam est une religion de pleine lumière.
Ainsi après le PACS (Pacte d'assistance civile et sociale : Sous mariage entre deux individus quelque soit leur sexe) en France, les mariages homosexuels, voilà que des " érudits " veulent nous faire croire que le concubinage existe en islam. La nuance avec le concubinage ordinaire bien connu c'est qu'ici on le scelle " officiellement " dans la discrétion. Les deux personnes concernées peuvent se donner l'une à l'autre en l'absence de témoins, moyennant une somme déterminée que l'on remet à la femme pour une période déterminée. Location ? prostitution ? Astaghfiroullah ! Où est donc la différence entre la location d'une prostituée consentante pendant un temps donné et la location dans les mêmes conditions d'une autre femme.
Qu'on soit sérieux ! Qui va louer sa fille ou sa sœur à quelqu'un moyennant une somme dérisoire ? Et de plus, l'homme ayant déjà " payé " la location, n'est pas obligé de prendre en charge les dépenses alimentaires de la femme ?
Voilà une perversion déguisée qu'on nous propose sous forme de mariage temporaire avec comme objectif de permettre la satisfaction du besoin sexuel des étudiants, des voyageurs... En somme une façon de transformer la femme en poupée gonflable que l'on dégonfle quand on a fini avec en attendant que quelqu'un d'autre vienne la gonfler. C'est le " mariage " sans charge, sans responsabilité. Combien de gens vont accepter épouser de façon permanente une femme qui a été déjà mariée temporairement ? Les divorcées et les veuves cherchent des maris sérieux mais souvent il n'y a que des jouisseurs qui se présentent.
Dire que le mariage de jouissance (c'est son véritable nom puisqu'il s'agît pour un homme de jouir paisiblement d'une femme) c'est de l'islam c'est ignorer ou remettre en cause le délit de la fornication, l'appel à la chasteté...
Le mariage dans l'Islam est un garde fou social et pas de façon temporaire mais de façon définitive. Dire que l'on protège la société du Sida en ouvrant la porte à des mariages de jouissance c'est ignorer les modes de propagation du Sida. Le Sida fait des ravages chez les jeunes filles âgées de 15-19 ans actuellement parce que certains hommes expérimentés viennent chercher jouissance chez ces jeunes filles plutôt en bonne santé. C'est la raison pour laquelle dans les pays où cela se pratique, les jeunes garçons de la même tranche d'âges (15-19 ans) ont un taux de prévalence 5 à 6 fois plus faible. Va-t-on permettre à ces vieux chevaux de retour de disséminer le Sida partout en se cachant derrière une union libre moyennant une somme ?
Et la femme dans tout cela ? Tout ce qu'on lui demande c'est son consentement et sa participation dans la fixation de la dot. On lui accorde même le redoutable privilège de prononcer elle même la formule la transformant en objet de jouissance : " Je me suis mariée à toi pour une période déterminée moyennant une somme déterminée ". Quelle femme sensée, lucide va se jeter elle même sous les griffes d'un homme débordant de désir et ne voulant pas assumer la responsabilité du mariage ? Dans quelle famille où il reste un tant soit peu de dignité, du sens de l'honneur va-t-on éduquer les filles en les prédisposant à ce sous-mariage ?
Ne raisonnons pas en homme pauvre économiquement et voulant satisfaire ses désirs sexuels. Et à moins d'être en plus pauvre spirituellement et intellectuellement, comment un homme va-t-il s'engager dans un tel mariage. Et la femme " consentante ", elle le sera avec quelles raisons ? ? ?
Pardon ! Du calme ! Dans l'islam, le mariage n'est pas seulement, ni surtout une affaire de sexe. C'est de la RESPONSABILITE dans tous les sens du terme.
Sur le plan spirituel le Prophète (PSL) nous recommande le mariage en disant qu'il est équivalent à la moitié de la foi. Il conseille aux jeunes en âge de se marier de le faire s'ils en ont les moyens, à défaut il leur conseille d'avoir recours au jeûne qui émousse l'ardeur sexuelle. Dire que le mariage de jouissance a été instauré par le Coran est une fausseté ! ce mariage n'est régi que par la sunna. Le verset 24 de la Sourate 4 qui est considéré comme le verset l'instituant ne s'adresse nullement au mariage temporaire " (De même il vous a été interdit) les femmes dont la chasteté est sous bonne garde sauf ce que vous en possédez d'une façon légitime. Voilà ce que Dieu vous a prescrit. Il vous a été permis ce qui vient après cela (comme le fait) de rechercher les femmes forts de votre argent, dans la chasteté du mariage et non en pur libertinage. En regard des jouissances que vous tirez d'elles, donnez-leur leurs dots comme obligation (qui vous incombe) " Sourate 4 / Verset 24. Ce verset, révélé lors de la bataille de Houneyn s'intéresse au cas des odalisques auxquelles le Coran reconnait des droits bien qu'étant prisonnières de guerre. Parmi ces droits on ne peut pas les chercher par " pur libertinage " et après avoir promis une dot, elle est due. Celui qui a prétendu que ce verset instaure le mariage temporaire n'a pas osé citer la traduction de Moussavi Lari (Islam et civilisation occidentale de Seyyed Mojtaba Moussavi Lari,). Pourtant, sans le citer ce sont surtout ses arguments qu'il présente. Sa traduction est la suivante : " Les femmes que vous prenez en mariage temporaire, payez-leur leurs salaires d'honneur ". Le texte arabe du Coran ne précise nullement mariage temporaire.
Dire que c'est Umar qui a interdit le mariage temporaire est aussi une fausseté. Le Prophète (PSL) l'a interdit dans un hadith rapporté par Muslim. Dans la narration de Sabura Bin jahny, on a cette interdiction de même que dans celle de Ibn Maja : " O vous les gens! je vous avais permis de jouir des femmes mais Dieu l'a interdit jusqu'au jour de la résurrection " (Fiqhi Sunna, p.46)
Ali rapporte que le jour de la bataille de Khayhar le prophète (PSL) l'a interdit tout comme la viande des ânes. Umar donc lors de son sermon durant son califat n'a fait que réitérer l'interdiction du prophète (PSL). Et si cela venait de l'initiative de Umar, cela reste acceptable car le prophète Mouhammad (SAWS) nous avait demandé de suivre sa sunna et celle des califes bien guidés (Fiqhi Sunna, p.4è.). La raison de l'autorisation de ce mariage temporaire est bien élucidée dans le récit de Ibn Massoud : " Nous sortions avec le Prophète (PSL) pour les conquêtes, mais nous n'avions pas nos femmes avec nous. Nous lui demandâmes : devrions-nous pratiquer une castration ? Le Prophète (PSL) nous la refusa et nous permis d'épouser une femme pour une période de temps déterminée " ( Le licite et l'illicite de Youssouf Quardawi, p. 198.)
Ce récit relève le cas de ceux qui avaient la foi et qui venaient de sortir de la Jahiliya auxquels le Prophète a progressivement interdit ce type de mariage de la même manière que le Coran pour le vin.
Seul Ibn Abbas a considéré que l'interdiction n'était pas absolue en la comparant à l'interdiction de la viande du porc. Il laisse une fenêtre pour l'exception. Quand il a appris ce que les gens en ont fait un mariage de jouissance, il a changé d'avis en ces termes : " Nous sommes à Dieu et à Lui est notre retour. Ô par Dieu ce n'est pas ainsi que j'ai donné une fatwa ni ce que j'ai voulu. Je ne l'ai rendu licite que comme Dieu l'a fait avec l'animal crevé, le sang, et la viande du porc " (Fiqhi Sunna, p.47.) .Il est donc clair que même Ibn Abass qui en avait fait une exception par une fatwa a reculé.
Ce mariage ne se retrouve aujourd'hui que chez les chiites, surtout ceux d'Iran. L'unanimité des savants sunnites l'a déclaré illicite, contraire à l'Islam. Est-il nécessaire de rappeler que dans l'islam le mariage se fait obligatoirement devant témoins. Le Coran dit dans la Sourate 65 au Verset 2 : " Assurez-vous du concours de deux témoins de bonne conduite, choisis parmi vous ".
Le Prophète (PSL) précise : " Un mariage n'est jamais conclu sans la présence du tuteur de la femme et de deux témoins de conduite irréprochable "
Il ne faut donc pas confondre le mariage des hommes avec celui des pigeons qu'on isole avec du Zoom-Koom. Ce mariage dissimulé ayant pour but la jouissance n'a par conséquent aucun fondement dans le Coran et le Prophète (PSL) l'a interdit définitivement lors que la conquête de la Mecque
Et pour ceux qui penseraient qu'il y a encore un doute, le Prophète (PSL) indique la voie à suivre. Son petit fils Hassan témoigne que son père Ali a rapporté les propos suivants du Prophète : " laisse ce qui te jette dans le doute (quand à sa licéité) pour ce qui ne t'y jette pas ". Nouman Ben Bachir rapporte du Prophète (PSL) les propos suivants sur l'équivoque : " Certes, ce qui est permis est évident, et ce qui est défendu est évident aussi. Mais entre l'un et l'autre, il y a bien des choses équivoques, que la plupart des gens ne savent pas distinguer. Qui se garde de l'équivoque purifie sa foi et son honneur, mais celui qui y tombe , tombe dans ce qui est défendu.(...) "
Qu'Allah nous guide sur le chemin de ceux qu'Il a comblés de ses faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Sa colère, ni des égarés.
Mamadou Alioune Diouf
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Société
Le péril des sectes
Depuis le 16e siècle, la renaissance s'est effectuée dans certaines civilisations surtout sur le plan matériel. Les survivances spirituelles se verront achevées avec l'instauration d'une sacro-sainte laïcité qui va diviniser la raison. L'homme devient alors matière, pour ne pas dire matière seulement. En cherchant à construire un homme nouveau on a ignoré les enjeux émotionnels et spirituels en s'intéressant au matériel exclusivement. L'homme nouveau, repu de matériel se retrouve fragile, vide sur le plan spirituel. Comme la nature a horreur du vide, les sectes et autres fantaisies spirituelles se sont chargées de combler ce vide qui se manifeste sous la forme d'une angoisse métaphysique. C'est l'existence de ce vide qui explique qu'un universitaire puisse se laisser berner par un gourou qui lui raconte des légendes auxquelles il va porter foi. Le coran avertissait dans une courte sourate mais pleine d'enseignement que si la raison est nécessaire, elle n'est pas suffisante et que sans la foi en un Dieu unique, il n'y a point de salut sur terre ni dans l'au delà. " Par le temps ! l'homme est certes en perdition sauf ceux qui croient et accomplissent de bonnes œuvres s'enjoignent mutuellement la vérité et s'enjoignent mutuellement la patience " Sourate 103 Verset 1-3.
Le vide spirituel est caractéristique de cette perte. Sinon comment comprendre la prolifération de sectes proposant des discours plus que simplistes. D'où viennent les sectes ? que veulent-elles ? Qu'est ce qui attirent les gens ?
La secte était défini anciennement comme un groupe religieux dissident issue d'une religion.
Le Larousse définit la secte comme " un groupe dissident minoritaire à l'intérieur des religions ou des églises constituées ".
La secte (du latin secare c'est à dire séparer) est constituée par un groupe d'individu séparé de la souche mère. Ainsi sont considérées comme des sectes tous les groupes religieux qui se sont séparés de la souche mère, expression normative de la religion. Elles diffèrent par certaines croyances ou par certaines pratiques. C'est le cas des Ahmadiyya et des Bahaïe (autrefois) par rapport à l'Islam ; c'est le cas des témoins de Jéhovah, des assemblés de Dieu, des Mormons, des kibanguistes... par rapport au christianisme.
La secte ici se reconnaît dans une religion tout en exacerbant son particularisme.
Souvent c'est la dérive qui va suivre. La secte s'autoproclame expression normative et reflet de l'authenticité de la religion. Cela se produit souvent par une " révélation " un " rêve " durant lequel Dieu, un prophète ou le "saint-esprit " donne l'ordre à un gourou de " sauver " ses disciples.
Par secte aujourd'hui on peut entendre aussi un groupe indépendant suivant un gourou qui s'est proclamé prophète ou missionnaire et ne se rattachant à aucune religion. C'est le cas des Raëliens, de l'église de la scientologie, de l'église du temple solaire, des Davidiens, du temple du peuple, de la restauration des dix commandements...
D'autres courants mystico-religieux agissant comme des organisations sécrètes (Rose croix, Rotary, Lions, Soroptimist, Ekamkar, la Dianétique) peuvent être classés dans la seconde catégorie des sectes. Les sectes aujourd'hui ne cherchent nullement un salut quelconque ou une vraie foi. Ce sont des instruments entre les mains des gens lucides ou illuminés qui cherchent à exploiter les esprits faibles et les angoisser sur le plan spirituel. C'est pourquoi la question de l'argent occupe une place importante dans les sectes ; soit par des cotisations élevées, soit par une initiation payante, soit par des ponctions sur les revenus des adeptes ou tout simplement l'accaparement de leurs biens. Les sectes sont le résultat de la paranoïa du 20e siècle donnant raison à André Malraux qui disait que le 21è siècle sera religieux ou ne sera pas. Le Summum de cette paranoïa a été atteint avec l'attente de la fin du monde pour le 31 Décembre 1999 (voir article de l'Appel N° 35 de décembre 1999). Les sectes sont professionnelles dans la détermination d'une fin du monde qui leur tourne le dos à chaque fois.
Au delà de cette définition qui ne met pas assez de lumière sur ces organisations lugubres, les sectes ont des traits communs quelques soit leur lieu de naissance :
- Un gourou : C'est lui le chef suprême. La légitimation de son autorité passe par Dieu. Il est porteur d'un message unique, souvent ultime. Au passage il est chargé de " rectifier " les textes sacrés voir même les prophètes comme le prétend le révérends Father Moon.
- On ne naît pas dans une secte on choisit d'y adhérer. Ce choix volontaire est indispensable pour que la manipulation mentale soit possible.
- L'adhérent doit considérer la secte comme la vrai voie. il fait allégeance totale au chef ou au groupe.
- Un mode de vie exigeant passant par l'éloignement du contact avec les autres courants religieux et même de ses parents. C'est pour éviter leur discours moralisateur.
- Dans la secte il y a une hiérarchie et la communication se fait en sens unique, du haut vers le bas.
- Une initiation permet de gravir des échelons.
- Un contrôle stricte des membres et de leurs émotions. (un des adeptes de Joseph Kibwétéré de la secte de la restauration des dix commandements de Dieu témoigne dans libération du 05 Avril 2000 qu'on le bastonnait parce qu'il rentrait trop fréquemment en contact avec "l'esprit saint " ( jalousie du gourou ?)
Les sectes dans la seconde catégorie (mystico-religieuses) font usage de la psychanalyse sauvage accompagnée d'un breuvage qui met l'adepte dans un état euphorique considéré comme un signe et attribué à la secte. (lire DARCONDO (Julia) .... La pieuvre de la scientologie (Ed Fayard).
Les méthodes d'approche sont pratiquement les mêmes. Approcher un individu (avec l'aide d'un intermédiaire le plus souvent) en période de détresse (chômage chronique, maladies, veuf (ve) familles brisées,..) pour lui tendre la "perche" qui va résoudre ses problèmes.
Les sectes aiment aussi ceux qui ont peur du lendemain, ceux qui veulent en finir avec l'inconnu.
Les statistiques montrent qu'en Europe, 40 millions de personnes consultent le devin chaque année et une personne sur deux se déclare sensible aux phénomènes paranormaux. Les rationalistes d'Europe en sont là ne cherchez pas du côté de la vieille Afrique qui est fondamentalement mystérieuse.
Les sectes usent en fond dans ce chapitre en proposant aux gens la "vraie vie", en prétendant les appeler à la réussite, à l'épanouissement, à l'indépendance totale, à la puissance... Ce n'est vraiment pas loin de ce que Satan avait proposé à Adam pour le tenter. Ceux qui n'ont pas retenu la leçon tombent dans le piège et adhèrent à une secte où la manipulation mentale aidant on va les maintenir.
Pour ne pas tomber dans leurs pièges il suffit simplement de veiller à sa santé sur le plan mental et spirituel. Sur le plan mental celui qui n'a pas perdu l'autonomie de sa raison ne peut pas accepter ce bricolage spirituel qu'on présente comme une voie du salut. Sur le plan spirituel les sectes sont de façon générale catastrophiques avec un discours apocalyptique. Celui qui est doté de la sérénité spirituelle (Sakina) est insensible devant ce cataclysme verbal.
Les adeptes de la secte de la restauration des dix commandements de Dieu avaient rendez-vous dans une église sur les tombes des parents d'une prostituée (Crédonia Mwérindé) devenue prêtresse pour échapper à la fin du monde. Dans cette église considérée comme la nouvelle arche de Noé ils devaient rencontrer le christ et la vierge Marie. A la place du sauvetage annoncé les adeptes connurent l'enfer sur terre. Plutôt simple comme discours mais avec une manipulation mentale bien orchestrée ce discours a accroché les adeptes. Résultats : plus de 400 personnes calcinées... pour rien !
L'Ouganda avec 1000 morts (pour le moment) n'est pas une exception. Au contraire l'histoire macabre des sectes est bien connue et les réactions sont encore plus que timides. En Ouganda toujours une autre prophétesse Alice Lakwéna qui se disait visitée par le "saint-esprit" avait déjà soulevé une armée pour "restaurer la loi des dix commandements et transférer la Banque Centrale de l'Ouganda " dans sa ville Goulu. Elle avait fait absorber à ses ouailles un breuvage qui devaient
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Société
les rendre invulnérables. Ils ont été massacrés par les troupes du rebel (Museveni) qui venait d'accéder au pouvoir.
Avant cela en 1978, Zim Zones le gourou du temple du peuple (Guryana) qui se disait être à la fois la réincarnation de jésus christ, de Bouddah et de Lénine avait demandé à ses adeptes d'effectuer " le grand voyage " par un suicide collectif. Résultat, 914 morts...
Au Texas en 1993, David Koresh périt dans un incendie avec 87 de ses disciples.
Toujours aux USA en 1997, 39 membres de la secte Haven's se sont suicidés avec le prétexte que cela devait leur permettre d'embarquer à bord d'un OVNI à destination du paradis.
Le suicide semble aussi être un visa pour le voyage éternel dans la secte de l'ordre du temple solaire. 48 corps calcinés en Suisse et 5 au Québec en 1994, 15 victimes en France en 1995. Et la liste n'est pas exhaustive.
Jusqu'à quand va-t-on laisser des personnages farfelus se réveiller un jour du pied gauche et déclarer avoir prit contact avec Dieu, Jésus, Marie ou saint-esprit. Depuis quand Dieu choisit des minables et obscures personnages pour en faire des missionnaires ?
C'est ici que l'on mesure toute la pertinence de la déclaration du Coran faisant de Mouhamed (PSL) le dernier des prophètes. Il n'y en aura plus. Tous ces prétendus élus de Dieu, prophètes sont des vendeurs d'illusions. C'est le cas de l'Islam de Ghulam Ahmed (gourou des Ahmadiyya qui se dit prophète) et c'était le cas de Baha Ullah (Bahaïe).
C'est le cas du christianisme avec la multitude de sectes qui ont trouvé dans les apparitions de Marie et du saint-esprit une source de légitimation pour leur cinéma spirituel. Joseph Smith des Mormons (protestants) déclare qu'un ange nommé Moroni lui a annoncé à partir d'un buisson la découverte d'un livre mystérieuse écrit en hiéroglyphe ancien qu'il va traduire à l'aide de deux pierres magiques. Smith doit rectifier la Bible (parole de Dieu ?) et y ajouter ses "livres inspirés ". C'est un exemple parmi tant d'autres.
Calfeutré derrière la soit disant liberté de croyance nos Etats laissent faire. Ceux qui ont rarement réagit condamnent les sectes pour extorsion de fonds à leurs adeptes. En vérité on va vers un monde où il sera interdit, d'interdire : " ...au sein de la communauté scientifique, comme la société civile, l'énonciation de l'interdit (largement absente depuis vingt ans dans cette élémentaire formulation) et notamment dans les textes de lois, qui usaient de périphrases pour éviter son emploi et ainsi, je suppose, épargner les consciences d'une génération qui avait interdit d'interdire ". (Monde diplomatique de février 200 tiré de Monette et Vacquin, Main basse sur les vivants).
Nous avons même interdit à Dieu d'interdire. Les résultats sont là. Les gymnastiques intellectuelles des sociologues, des philosophes, des psychologues et autres n'y pourront rien. Tant qu'on ne rendra pas à l'homme sa réelle dimension spirituelle la dérive sectaire actuelle aura de beaux jours devant elle. Allons-nous oser retourner à Dieu par la voie droite (Sirat al Mustaqim) qu'il nous a tracé ? En vérité il n'y a pas lieu de se poser la question car en dehors de cette voie droite, il n'y que des labyrinthes de Satan qui mènent aux situations que nous connaissons.
L'absence d'un nouveau prophète ou d'une nouvelle révélation ne sont pour rien dans les pseudo-religions qu'on nous propose aujourd'hui. Mouhamed (SAW) a été envoyé pour toute la totalité de l'humanité et pour le reste du temps nous séparant du jour du jugement. Il ne nous a pas laissé dans l'obscurité. Au contraire il nous a laissé un message clair. " Je vous laisse avec deux choses : le Coran et ma Sunna ; celui qui s'y accroche ne se perdra jamais " disait-il.
Dieu authentifie et garantit le message de Mouhamed (SAW) : " Mais Allah témoigne de ce qu'il a fait descendre vers toi, Il l'a fait descendre en toute connaissance. Et les anges en témoignent. Et Allah suffit comme témoin. Ceux qui ne croient pas et qui obstruent le sentier d'Allah, s'égarent certes loin dans leur égarement ". S4 V166.
Si la voie est claire pourquoi des musulmans adhèrent à une bizarrerie spirituel ? Le prophète (PSL) répond et cela suffit comme conclusion : " Je vous ai mis sur une voie nette, ne permettant aucune confusion. Elle est aussi claire le jour que la nuit. Seul un homme voué à la perdition, peut s'en écarter après moi ".
Mamadou Alioune Diouf.
LA MÉDISANCE OU LE CANNIBALISME :
Quelle horreur !
Il est un comportement dont on s'est peu préoccupé des conséquences morales et spirituelles dans notre communauté.
Outre son impact sur la cohésion sociale, nul ne peut évaluer le contraste saisissant entre l'ampleur de ce phénomène et les attitudes tolérées par l'Islam. Cette comparaison apparemment exagérée n'est qu'un cri d'alarme qui doit attirer l'attention de chacun de nous sur le hadith du prophète (PSL) qui dit que : " celui qui croit en Dieu et au jour du jugement dernier doit bien parler ou se taire " (Boukhari et Muslim).
Nous interpellons chacun de nous à méditer davantage sur ce phénomène. Découvrons ensemble ce que l'Islam en pense.
La médisance selon l'Islam est un comportement. C'est une pratique qui est en passe d'être légitimée car devenue une pratique courante dans les milieux sociaux. Elle est un problème social aux conséquences graves qui méritent qu'on y prête beaucoup d'attention. Cependant les enseignements du prophète Mohamed (PSL) sont assez formels à ce sujet. La médisance selon l'Islam est un comportement dangereux et une pratique odieuse. La définition que le prophète (PSL) nous donne est pathétique et pleine d'enseignement.
À l'un de ses compagnons qui demanda la nature et la portée de la médisance, Il répondit en ces termes : " La médisance, c'est dire de votre frère quelque chose qu'il trouvera déplaisant ". Le compagnon s'exclama " même si ce que je dis est vrai ". Le prophète répliqua : " Si tu dit quelque de faux, c'est une accusation et un blasphème ". Le coran le confirme en termes : " Ô vous qui avez cru ! éviter de trop conjecturer (sur autrui) car une partie des conjectures est péché. Et n'espionnez pas, et ne vous médisez pas les uns des autres. L'un de vous aimerait-il manger la chair de son frère mort ? (non) vous en aurez l'horreur. Et craignez Allah. Car Il est grand accueillant au repentir, très miséricordieux ". Coran 49 verset 12.
La médisance serait reprouvée par l'Islam quelque soit la personne qui en fait l'objet. L'horreur de la médisance est comme manger la chair de son frère mort. Ce qui non seulement est inimaginable, mais également détestable.
La médisance influence négativement les bonnes relations sociales qui existent entre les membres d'une même communauté. Elle détruit l'honneur sans que la victime ne soit à mesure de protester ou de se défendre. Le croyant qui abhorre la médisance doit trembler à l'idée de manger un cadavre en putréfaction, puisque c'est ce qu'il fait.
L'horreur de la médisance peut aussi être cernée par le sermon édifiant que le prophète (PSL) fit à deux de ses compagnons lors d'un voyage. Il admonesta ses deux compagnons qui s'étaient peut être sans le savoir rendus coupables de ce crime odieux. Le prophète (PSL) voyageaient avec quelques uns de ses compagnons quand ils entendirent deux d'entre eux faire des remarques répugnantes au sujet de Maiz Malik Aslami mort des suites de la sanction de lapidation à mort qu'il avait écopé après un adultère qu'il avait commis. Le prophète (PSL) resta silencieux jusqu'à ce qu'on trouva au bord de la route un âne mort et en décomposition. Il fit injonction à la caravane de s'arrêter et demanda à ces deux personnes de descendre et de manger l'animal mort. Elles étaient décontenancées par l'ordre du prophète et murmurèrent : " Comment pouvons-nous manger un animal mort ? " Le prophète (PSL) furieux dit alors " En tout cas, sachez que ce que vous étiez en train de manger de l'honneur de votre frère mort était même plus ordurier que ce que je vous demande de manger à l'instant ".
Il serait donc important pour chacun de nous de tirer quelques leçons sur l'attitude du prophète (PSL) face à ses compagnons et la pédagogie utilisée pour leur enseigner les conséquences de la médisance. Cela doit nous amener à réfléchir davantage sur ce phénomène qui déchire permanent le tissu social de toute la communauté. Ce n'est pas seulement celui ou ceux qui dénigrent qui sont en faute mais aussi tous ceux qui sont attirés par de telles conversations. Voilà pourquoi, il est souhaitable que si au cours d'un rassemblement quelconque, quelqu'un se met à médire, que ceux qui écoutent protestent avec la demière énergie et si cela est nécessaire quittent les lieux. La gravité et l'ampleur de la médisance dans notre société peuvent être une cause de conflits permanents.
La médisance en tant que maladie spirituelle est donc un obstacle à l'épanouissement moral de la Umma. Nous avons donc tout intérêt à travailler à nous en débarrasser.
Sacandé Kassoum.
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Rencontre
Cheick Boureima Abdou Daouda
Auteur d'une traduction du Saint Coran en français
*Il aurait pu devenir Médecin. Mais il a préféré se spécialiser dans la da'awa pour dit-il être un médecin du cœur. Aujourd'hui président fondateur du Bureau des traductions islamiques du Niger (BUTIN), Imam de la Mosquée de Vendredi de l'Université de Niamey, Directeur du Complexe Islamique privé Daroul Khayriya, Cheick Boureima Abdou Daouda a à son actif plusieurs titres et ouvrages traduits en français. Toujours dans le domaine de la traduction, Cheick Boureima est l'auteur d'une traduction du saint coran en français dénommé "le sens des versets du Saint Qour'an" et édité en 1999. Cette traduction du saint coran fait de lui le premier africain noir à s'être lancé dans cette très noble entreprise. Récemment de passage à Ouagadougou, il a bien voulu nous accorder cette interview.*
**Qui est Cheik Boureima Abdou Daouda ?**
Toutes les louanges sont à Dieu. Que sa paix et son salut soient sur le prophète Mouhamed (saw), sur sa noble famille et sur ses fidèles compagnons. Je tiens d'abord à remercier tous les frères burkinabè, en particulier les frères musulmans qui m'ont permis de visiter ce pays et de séjourner parmi eux. Je remercie également L'APPEL pour cette occasion qu'il m'offre de m'adresser à mes coreligionnaires.
Pour revenir à votre question, je suis ex-étudiant de la faculté de Médecine à l'Université de Niamey et diplômé de l'Université Islamique de Médine (Arabie Saoudite) où je me suis surtout spécialisé dans le domaine de la Da'awa. Je suis également auteur et traducteur de plusieurs ouvrages islamiques dans différents domaines. Parmi les ouvrages dont je suis l'auteur, je citerai : Préceptes du jeûne de Ramadan ; Le concept de la jeunesse en Islam ; La dépravation morale ; Le guide détaillé de la Oumra et du hadj. Tous ces ouvrages sont écrits en français et édité soit aux Editions Essalam à Paris, soit à la maison Darousalam à Ryadh. J'ai également écrit en arabe : Le rôle de la traduction dans l'appel à Allah, édité par la librairie Al Boukhâry à Bouraïdah en Arabie Saoudite. Parmi les ouvrages traduit de l'arabe, il y a : Comment attendrir nos cœurs ? ; La doctrine des croyants ; Le rôle de la femme musulmane, pourquoi ? ; Le sens des versets du saint Qour'an. Ils sont également édité par Essalam à Paris et Darousalam à Ryadh. Je suis actuellement prêcheur, formateur, conférencier islamique en plus des responsabilités que j'occupe.
**Vous auriez pu devenir Médecin, mais vous avez préféré l'université islamique pour devenir spécialiste de la da'awa. Comment expliquez vous ce choix ?**
Vous savez, comme les gens le disent, les peuples ont leurs frontières et les hommes aussi ont les leurs. C'est à dire que comme les frontières sont tracées, pour les hommes aussi les destins sont tracés. L'homme propose et Dieu dispose. J'aurai voulu être médecin, c'était mon choix, c'est quelque chose qui me tenait à cœur. Mais quand je suis arrivé en faculté de médecine pour ma deuxième année, je me suis lancé dans les activités islamiques, notamment dans l'animation d'un journal islamique, le journal Iqra'a dont j'étais le directeur adjoint de publication. Ce journal a fait que beaucoup de gens se sont tournés vers nous, croyant que nous pouvions les délivrer de leur situation d'ignorance de l'Islam. Quand j'ai vu cela, je me suis dis que c'était une lourde responsabilité de se poser en intermédiaire entre le seigneur et ses serviteurs alors qu'en réalité on n'avait pas vraiment l'aptitude requise. C'est pourquoi j'ai décidé d'aller acquérir de la science religieuse pour pouvoir donc apporter mon aide à mes frères francophones. J'ai dans ce sens fait une demande à l'université de Médine et Dieu merci, j'ai été accepté. Voilà comment je suis passé de la faculté de médecine à celle de théologie ou si vous voulez de mon initiative de médecin de corps à celui de Médecin de cœurs.
**C'est chose faite puisque vous êtes aujourd'hui prédicateur. Vous avez fait une traduction du saint Coran qui a été édité en 1999. Après le tunisien Dr Salahedine KESRID, vous êtes l'un des rare africain ou du moins le seul de l'Afrique subsaharienne à s'être lancé dans cette entreprise noble, mais très ardue. En combien d'années avez-vous réalisé cette traduction et à quelle fin ?**
Ma traduction du saint Coran n'a pas débuté de façon spontanée. C'était depuis 1993 où j'avais écrit un livre en arabe sur le rôle de la traduction en Islam. Suite à ce livre, j'ai découvert que beaucoup de traduction ne répondent pas du tout à l'attente des lecteur ; surtout quand on doit faire la comparaison entre le texte original et le texte traduit. Je me suis rendu compte que beaucoup de traducteusr ne répondaient pas aux critères de la traduction religieuse. A partir de ce moment, je me suis mis à réunir toutes les traductions en français qui étaient disponibles et à les décortiquer. C'est suite à cela donc qu'en 1993, j'ai décidé de faire une synthèse de toutes ces traductions. Certes, le travail de l'Islam, c'est une continuité. Ce n'est pas une destruction de ce qui a existé, mais une reforme de ce qui existe déjà. Ma traduction du Coran a donc un caractère beaucoup plus original.
**En quoi cette traduction est-elle originale ?**
L'originalité de cette traduction, c'est d'abord les nombreuses parenthèses que vous trouvez dans les versets ; c'est aussi dans les mots (vocabulaire) arabes que nous avons voulu garder tels qu'ils sont parce qu'on ne pouvait pas les traduire avec un seul sens. Nous avons voulu donner autant que possible, le vrai sens de ces mots entre parenthèse pour ne pas pénaliser les lecteurs. Il y a également comme particularité, des centaines de hadiths tirés du recueil de Bokhari qui sont annexés comme notes explicatives dans cette traduction.
**D'une manière générale, vos ouvrages sont insuffisamment diffusés dans la sous-région. Que compte faire le Président du Bureau des Traductions Islamiques du Niger (BUTIN) que vous êtes pour faire connaitre vos œuvres et celles que vous avez traduites ?**
Faire connaître ses œuvres, ce n'est pas le but de quelqu'un qui écrit en Islam. Quand on écrit en Islam, c'est pour faire connaître la religion. C'est déplorable que ces ouvrages ne soient pas disponibles en Afrique et même au Niger. La raison, c'est qu'il n'y a pas de grandes maisons à ce jour par rapport à l'édition des livres islamiques en français . La preuve est que quand le Coran a été édité en Arabie Saoudite, ce sont les frères de Paris qui en premier m'ont dit qu'ils ont eu le Coran. Cela veut dire qu'il y a des maisons là-bas qui sont à jour par rapport à la parution des livres islamiques, donc qui sont aussi prêts à commander assez rapidement ces livres. Donc si, au Burkina, au Niger comme partout ailleurs en Afrique, il n'y a pas ce genre d'initiative, nous resterons toujours à l'écart du marché du livre islamique.
**En tant qu'intellectuel musulman au service de l'Islam, quelle appréciation faites vous de l'Islam au Niger ?**
Al Hamdoullilah, l'Islam est au Niger depuis l'an 44 de l'hégire. On ne peut pas dire qu'il se porte mal. Mais, il faut faire la nuance entre l'Islam et le comportement des musulmans. L'Islam existe bien au Niger et Dieu merci, aujourd'hui, il y a une prise de conscience, un renouveau islamique sans précédent qui est marqué par l'engagement des jeunes vers la chose islamique. Cet engagement nécessite cependant, un encadrement religieux bien approprié, car la fougue à elle seule ne suffit pas pour arriver au but. Il faut travailler tout en restant vigilant. L'Islam est bien au Niger, mais le défis, c'est d'arriver à le faire vivre quotidiennement. Il y a la nécessité d'un encadrement religieux approprié si nous voulons rester dans la voie droite.
**Le régime Wanké avait eu maille à partir avec les musulmans au sujet de la ratification de la Convention contre toutes discrimination à l'égard de la femme (CEDEF) ? Que reprochait-on à ce texte ?**
Les évènements liés à cette Convention ne m'ont pas trouvé au pays. Mais mon point de vue est que s'il y a quelques chose à combattre avant tout, c'est la laïcité. C'est elle qui a sécrété cette convention. Dans un pays où 98 % de la population est musulmane, je dis et je le répète, on
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Rencontre
ne peut pas admettre cette laïcité. Si on l'admet, il ne faut pas revendiquer ou dire pourquoi vous avez signé ceci ou cela. La laïcité ouvre toutes les portes à ce qui est contraire à l'Islam. C'est pourquoi je n'ai personnellement pas réagit. Ceux qui ont pris la décision savaient bien que c'était contre la volonté du peuple nigérien, mais il l'ont fait. C'est aussi ça le paradoxe de la démocratie en Afrique.
A tors ou à raison, on reproche à la femme musulmane nigérienne de ne pas être très active sur le terrain de la da'awa du fait du refus des hommes. Pouvez-vous nous situer sur le combat des femmes musulmane au Niger ?
Les femmes musulmanes du Niger travaillent en réalité beaucoup pour l'Islam. Dire que les maris refusent que leurs femmes sortent pour la Da'awa, c'est peut-être pas totalement vrai. Vous savez en Islam, la femme n'est pas autorisée à voyager sans être accompagnée par son matri ou quelqu'un qui lui est interdit en mariage. Si c'est de cela qu'on parle, c'est peut-être parce qu'on n'a pas compris le sens du hadith. Au Niger, les femmes participent à la promotion de l'Islam à travers l'enseignement du Coran et des hadiths à leurs sœurs, elles animent des conférences. Il faut être réaliste, il n'y a pas d'empêchement et d'obstacles à ce que les femmes organisent des activités spécifiquement pour leurs sœurs musulmanes.
Il y a actuellement un débat sur le mariage temporaire. Que dit l'Islam de cette pratique controversée qui est légion dans certaines tendances de l'Islam Chiite ? Pensez-vous que ce type de mariage se justifie aujourd'hui ?
Il faut faire la différence entre adopter l'Islam et adapter l'Islam. On adopte l'Islam en tant que dogme, en tant que croyance, en tant que code de vie. Mais, on n'adapte pas l'Islam au contexte dans lequel les hommes vivent. Malheureusement, c'est ce que les gens ont tendance à faire. Le mariage temporaire est interdit en Islam. Comme vous le savez, l'Islam se divise en deux grandes tendances qui ont des doctrines différentes : les sunnites et les chiites. C'est dans la tendance chiite qu'on retrouve ce genre de mariage qui je le répète est interdit. Aujourd'hui même en Iran où certains pratiquent ce genre de mariage, il y a des problèmes. De plus en plus, les gens dénoncent cette pratique injuste à tous point de vues pour la femme. Imaginez-vous une jeune fille que quelqu'un prend pour cinq jours, dix jours, un mois ou deux et qu'il abandonne par la suite après avoir compromis son avenir. Qu'est-ce qu'une telle fille peut devenir ? Elle ne peut être qu'une prostituée parce que personne ne voudra d'elle pour un mariage permanent et légal. Ceux qui appellent à ce genre d'union seront-ils prêts à donner leurs filles et leurs sœurs à des hommes qui en feraient la demande ? Je pense qu'ils ne seront pas prêts à le faire. Il faut donc laisser les gens se marier normalement et tranquillement parce que le mariage, c'est un contrat à vie. Un contrat qui engage deux êtres et par delà, deux familles. Dans le mariage, les conjoints ont des droits et des devoirs. Les enfants en ont aussi lorsqu'ils sont issus de ces alliances. Dans le mariage temporaire, il n'y a pas de droit, pire c'est une forme de prostitution à mon sens, la prostitution étant le fait de donner son argent à une femme pour jouir d'elle pendant un temps donné. En tout cas dans le monde sunnite, le mariage temporaire, cette forme de prostitution déguisée, est strictement interdite.
Mais ce type de mariage a-t-il existé dans l'histoire de la tradition islamique ? Si oui, dans quel contexte ?
A ma connaissance non ! J'ai vu les gens citer des cas qui auraient existés jusqu'au temps de Oumar Ben Khattab qui l'a aboli. C'est une imputation pure et simple à l'Islam et au calife Oumar. Et même si ça été le cas, le prophète (saw) n'a-t-il pas dit : " Je vous recommande ma sunna ainsi que la sunna de mes califes bien dirigés, à savoir Aboubacr, Oumar, Ousmane et Ali ". Donc, ce que ces quatre font, ça fait partie de la sunna. S'ils interdisent quelque chose, c'est bien par rapport à leur connaissance du Coran et de la tradition du prophète. Si Oumar a interdit le mariage temporaire pourquoi revient-on la dessus ?
Nous assistons à une prolifération de sectes, de sociétés sécrètes et de clubs de services. Peut-on imputer cela à l'échec des religions révélées dans leur mission ?
On ne peut pas parler d'échec des religions révélées car une religion révélé par Dieu est toujours vraie, c'est une vérité irréfutable. Aujourd'hui, les sectes existent pour beaucoup de raisons. On peut surtout incriminer le matérialisme, puisque les sectes sont devenues des gagne-pain. Le prophète a mis sa communauté en garde contre l'adhésion à tout mouvement hérétique.
Nous sommes à la veille des examens de fin d'année et comme vous le savez, c'est le moment ou certains ont recours aux marabouts et autres vendeurs de succès. Comment doit-on préparer un examen quand on est musulman ?
On ne prépare pas un examen le jour de l'examen. Au fur et à mesure, un bon élève doit apprendre ses leçons et se préparer ainsi pour ses examens. On apprend d'abord ses leçons, on se confie ensuite à Dieu et on se présente enfin dignement aux examens, c'est ça le processus normal. Le messager a dit que celui qui va voir un devin et croit en ce qu'il dit, il a mécru au prophète et à son message. Dans une version il est dit que celui qui va voir un devin, pendant quarante jours ses prières ne seront pas exaucées. Le musulman doit également savoir que l'on ne peut réussir que lorsque Dieu l'a décrété. Le messager (saw) a dit à Ibn Abbas : " Saches que même si toute la communauté conjuguait ses efforts pour te faire profiter d'une chose, tu ne pourras en profiter que si Dieu l'a décrété tel pour toi et de la même façon si toute la communauté conjuguait ses efforts pour te nuire, elle ne pourra le faire que si Dieu l'a décrété contre toi ". Donc, il faut mettre sa confiance en Dieu et rechercher loyalement son diplôme sans annihiler sa foi. Dieu nous dit : " Celui qui craint Dieu, Dieu lui ménagera une issue et il le pourvoira par des voies insoupçonnées ".
Dans ce même registre, les breuvages faits à base de versets du Coran sont-ils licites pour le musulmans ? Si oui, dans quelle circonstance ?
Si c'est pour chercher une femme, un poste, la réussite à un examen, etc., ça c'est condamné car le Coran n'est pas descendu pour ça. Mais si c'est pour guérir d'une maladie, certains savants l'admettent. Il est permis dans ce sens d'écrire les versets du Coran, de les laver et de boire de cette eau, si c'est pour rechercher la guérison. On peut aussi lire les versets sur de l'eau et le faire boire au malade. Le Coran, comme Dieu l'a dit est un remède aussi bien pour le corps que pour le cœur. Le messager a aussi dit que celui que le Coran n'a pas guérit n'a pas de remède. Si le Coran est donc utilisé pour la guérison, il n'y a pas de problèmes. Mais pour d'autres choses, ce n'est pas dans le domaine de l'Islam.
Quel commentaire faites vous sur la violence inter religieuse au Nigeria. Une violence qui semble-t-il relève de la volonté de certains Etat d'appliquer la chari'a ?
Le problème du Nigeria ne résulte pas seulement de la volonté de certains Etat d'appliquer la Chari'a, mais le problème vient du fait des autres de refuser que d'une manière démocratique, les plus nombreux décident de vivre conformément à la loi de Dieu. Si la constitution du Nigeria dit que tout Etat est indépendant par rapport à sa politique intérieure, je ne vois pas la raison pour laquelle les chrétiens (minoritaires) vont s'opposer à ce que la loi islamique soit instaurée dans un Etat où le gouvernement et le peuple sont musulmans. Sans oublier que la cohabitation est permise et garantie par la charia. Même au temps du prophète, les musulmans ont cohabité avec les juifs et les chrétiens. Je vois donc mal l'opposition de ces chrétiens à l'instauration de la Charia.
Selon vous, de quoi les musulmans ont le plus besoins pour relever les nombreux défis qui des posent à la Oummah ?
Pour relever ces défis, il faut un retour sincère aux sources, donc à Dieu. Malheureusement beaucoup de mouvement veulent faire ce travail sans que la base ne soit renforcée. Or une construction sans fondation est une construction qui ne tardera pas à s'écrouler. C'est quoi la fondation ? C'est d'abord l'enracinement de la foi dans le cœur, la connaissance de Dieu. Dieu a fait descendre le Coran sur le prophète pendant 13 ans à la Mecque, uniquement pour inviter les gens à la connaissance de Dieu, au tawhid. Donc, le prophète a passé 13 ans à la Mecque n'appelant les gens qu'a ce tawhid, c'est à dire à l'enracinement de la foi au point que quand la char'ia, c'est à dire loi est descendue, les compagnons n'ont trouvé aucune peine à l'appliquer. Aujourd'hui, beaucoup de mouvements dans le monde ne reposent pas sur cet élément
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L'Appel Islamique
Abou Houraïra, un savant illettré
Pas de recueil de hadith, ni de Sira (biographie), et de fiqh (lois islamiques) qui ne contiennent la griffe de Abou Houraïra (RA). Pourtant ce grand rapporteur des dires, faits et gestes de Muhammad (SAW) n'a tenu compagnie au messager d'Allah (SAW) qu'à peine quatre (4) ans. Alors, comment ce subordonné de la période antéislamique a-t-il gravi en si peu de temps et sans plume les échelons de l'intelligentsia islamique pour devenir un Imam, voir une référence pour toutes les générations de musulmans ?
Qui est Abou Houraïra ?
Abou Houraïra était orphelin de père alors que sa mère n'était qu'une pauvre idolâtre. Il hérita du nom Abdou-Chams (serviteur du soleil) et vécu dans l'idolâtrie et la servitude. Il était au service de Boussia, la fille de Ghazwane, n'ayant pour salaire que de quoi subsister, jusqu'à ce qu'il découvrit l'Islam en l'an 7 de l'hégire.
Après sa conversion, le messager (saw) lui attribua le nom de Abdou-Rahmane (serviteur du tout miséricordieux). Abdou-Chams devenu Abdou-Rahmane avait un grand amour pour les animaux. Ainsi il possédait une chatte qu'il chérissait beaucoup ; il l'entretenait, la protégeait, la portait partout où il allait. Elle restait collée à lui comme son ombre. C'est pourquoi il fut surnommé Abou Houraïra (père de la chatte).
Si Abdou-Rahmane est resté matériellement misérable après sa conversion à l'Islam, il s'est par contre enrichi intellectuellement.
La fortune de Abou Houraïra
Depuis que Abou Houraïra (RA) a prêté serment d'allégeance au prophète (saw), il ne le quittait que pendant les moments de sommeil. Il ne possédait ni terre de culture, ni capital de commerce ; son unique occupation était la compilation des sages conseils du messager (saw), ses faits et ses gestes. Abou Houraïra (RA) ne faisait pas cela par oisiveté, mais il y voyait une exigence de sa foi en vertu de cette parole divine : " Certes ceux qui cachent ce que nous avons fait descendre en fait de preuves et de guide après l'exposé que nous en avons fait aux gens, dans le livre, voilà ceux qu'Allah maudit et que les maudisseurs maudissent ". S2 V159.
Abou Houraïra (RA) a enduré ainsi la faim et la misère de cette vie pour pouvoir garder la compagnie du prophète (SAW) et compiler le maximum de hadiths. Pourtant, ce passionné du savoir ne savait ni lire, ni écrire ; il était illettré comme le prophète. Il lui restait un seul moyen de conservation des enseignements : la mémoire.
De la fertilité de la mémoire d'Abou Houraïra.
Oui, Abou Houraïra (RA) avait une mémoire d'éléphant. Il mémorisait tous les conseils et recommandations du messager (saw). Et comme pour tester la fidélité de sa mémoire, le prophète (saw) lui demanda un jour de rappeler un hadith qu'il venait d'enseigner. Abou Houraïra (RA) reprit les dires du messager (saw) sans rien omettre, même pas un mot.
Après le prophète (SAW), Abou Houraïra (RA) rapportait tellement de hadiths que ses propos furent l'objet de doute. Alors pour sonder sa faculté de rétention ou la fidélité de sa mémoire, Mawan Bin Alhakan, un noble sahaba (compagnon du prophète (saw), l'invita chez lui et lui demanda de rapporter les hadiths du messager (saw) alors qu'il avait pris soin de placer un scribe derrière le rideau pour rédiger les dires de Abou Houraïra. Un an plus tard, Mawan l'invita une seconde fois et lui demanda de reprendre les mêmes hadiths. Abou Houraïra répéta les mêmes mots sous le contrôle du scribe. Il jouissait vraiment d'une mémoire fertile et d'une intelligence exceptionnelle. Il était aussi reconnu pour sa piété.
De la dévotion de Abou Houraïra (ra)
Abou Houraïra (RA) était un adorateur repentant. A tout moment dans la nuit, il y avait quelqu'un recueilli dans la prière ou dans les supplications du seigneur chez lui.
Son épouse Boussia Bint Ghazwan, son ancienne patronne et leur unique fille se relayaient durant toute la nuit dans la station d'adoration devant Allah. La fille priait le tiers, l'épouse le tiers et lui, le reste de la nuit. La seule chose qui rendait la vie dure à Abou Houraïra, ce n'était ni sa misère, ni son indigence, mais plutôt la mécréance de sa mère. Adoratrice de pierres dressées, elle nourrissait en plus une haine inhumaine à l'égard du prophète de l'Islam. Cela peinait vraiment son fils. Aussi alla-t-il solliciter l'aide du prophète (saw) qui invoqua Dieu en ces termes : " Ô seigneur ! Guide la mère d'Abou Houraïra ". Et Dieu agréa la demande du prophète (saw) qui reçu le serment d'allégeance de cette dame par l'intermédiaire de son fils.
Puis tous allèrent à la rencontre du seigneur après avoir goutté à la saveur de la foi et s'être honorés par l'Islam. Abou Houraïra s'en est allé à l'an 59 de l'hégire, à l'âge de 78 ans.
Puisse Allah agréer son âme ainsi que celle de tous les vertueux promoteurs de l'Islam.
Amin !
Nouhoun Bakayoko.
Suite p 8
essentiel. Il y a un problème de foi et quand il n'y a pas de foi, on est chancelant. Voilà le gros problème qui se pose aux mouvements islamiques un peu partout dans le monde. Pour relever donc le défi, il faut d'abord retourner sincèrement à Dieu et exploiter tout ce qui est positif car ce bas monde nous appartient aussi en tant que musulman.
Vous avez un site INTERNET. Cela veut dire que vous n'êtes pas un profane dans ce domaine. Qu'est-ce que les nouvelles technologies de l'information peuvent apporter à l'Islam ?
Aujourd'hui, nul ne peut nier l'utilité d'Internet. C'est un moyen efficace pour promouvoir l'Islam. Avec Internet par exemple, on peut introduire l'Islam partout. Dans la chambre de quelqu'un par exemple, à condition qu'il soit connecté. En créant un site, j'ai voulu apporter ma modeste contribution dans l'épanouissement de l'Islam.
Que pensez -vous du journal L'APPEL ?
J'ai connu L'APPEL depuis ses premiers moments. J'ai beaucoup apprécié ce journal. Je demande à Dieu de bénir les efforts de ceux qui s'occupent de ce journal. C'est un moyen efficace de la da'awa quand on sait que les médias élèvent et abaissent qui ils veulent. Tout se fait aujourd'hui grâce aux médias. C'est un outil de travail islamique indispensable qui mérite d'être soutenu par tous les musulmans. L'APPEL traite des problèmes islamiques et des thèmes très importants et tout ceci dans un langage et un style impeccable.
Comment voyez-vous l'avenir de l'Islam ?
L'avenir dépend de Dieu. Qui va doucement, va sûrement. Il faut aller doucement, c'est à dire travailler sans être pressé de voir les résultats, car les résultats appartiennent à Dieu. Ce qui nous incombe, c'est l'effort. C'est de connaître notre devoir envers la Oummah et de remplir ce devoir. J'ai su apprécier l'engagement des intellectuels burkinabé dans l'Islam et j'espère un avenir glorieux pour l'Islam dans ce pays. Mais, il faut aller doucement.
Votre mot de fin
C'est des remerciements à tout le monde. Je souhaite également que cette occasion soit renouvelée et que le contact soit maintenu.
Propos recueillis par Sharif Souley.
L'Appel N° 041 Juin 2000
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L'Appel Islamique
Les animaux ont aussi des droits
Les animaux sont des êtres qu'Allah a créé pour une juste raison. Dans le règne animal figure le fils d'Adam que Dieu dit avoir honoré. Il a particulièrement bénéficié de certains avantages tels l'intelligence, le langage articulé et d'autres aptitudes. Ainsi a-t-il accepté dès sa création de porter la responsabilité de ses actes et la lieutenance de Dieu sur terre.
La nature que Dieu a créé n'est pas réservée seulement à l'homme, la liberté que nous avons de jouir. Les plantes de l'eau et de l'air, nous n'avons aucunement le droit d'en priver d'autres animaux.
Le Coran dit à propos "Et quand à la terre, après cela, Il l'a étendue et fait sortir d'elle son eau et son pâturage... pour votre jouissance et celle de vos bestiaux". Coran 79/30 à 33.
Les en priver, c'est enfreindre aux lois divines. Ils ont droit à la survie, à la liberté de procréation, à la nutrition, etc.
Ces bestiaux, Dieu les a créés et assujettis à l'homme afin qu'il les utilise pour se nourrir, s'habiller, se transporter, etc. Ils sont un témoignage de l'existence, de la miséricorde et de la sagesse infinie du créateur. Dieu dit : " Vous avez certes dans les bestiaux un sujet de méditation. Nous vous donnons à boire de ce qu'ils ont dans le ventre, et vous y trouvez également maintes utilités, et vous vous en nourrissez " S 23 V 21 " Et (Il a créé) parmi les bestiaux, certains pour le transport, d'autres pour diverses utilités... et ne suivez pas les pas du diable, car il est pour vous un ennemi déclaré" S6 V6.
Cependant l'usage qu'en font les hommes au Burkina Faso et partout ailleurs est fort déplorable. Les témoignages sont légions dans ce sens :
Au Burkina par exemple, il n'est pas rare de voir des ânes très très surchargés (de bois, de sacs de maïs, de mil, de ciment, de sable...) et battus malgré tout violemment par leurs guides à qui ils procurent pourtant la pitance quotidienne. Généralement très mal nourris, ces animaux à qui l'on est aucunement reconnaissant sont l'objet de traitements cruels. Ils sont souvent même battus à mort.
De retour des marchés de bétails, il n'est pas rare de voir des camions, motos et autres véhicules transporter des poules, moutons, chèvres,...dans des conditions déplorables. Ici encore, la cruauté de l'homme conduit plusieurs de ces animaux à perdent facilement la vie parce que mal attachés ou mal entassés sur les camions.
Quant aux animaux domestiques, beaucoup d'entre eux sont livrés à eux mêmes : ils ne sont ni nourris ni logés, encore moins soignés. Les chats et les chiens enragés errant dans nos villes et campagnes et dangereux pour les citoyens confirment cette règle. Des mesures idoines sont nécessaires pour réglementer le traitement des animaux au Burkina comme ailleurs.
La déclaration universelle des droits de l'animal proclamé le 15/10/1978 par la ligue internationale des droits de l'animal stipule dès son préambule que " l'éducation doit apprendre dès l'enfance à observer, comprendre, respecter et aimer les animaux ".
L'article 3 (1 et 2) de cette déclaration dispose que nul animal ne sera soumis à des mauvais traitements et à des actes cruels et que si la mise à mort d'un animal est nécessaire, elle doit être instantanée, indolore et non génératrice d'angoisse. L'article 7 dit que " Tout animal ouvrier a droit à une limitation raisonnable de la durée et de l'intensité du travail, à une alimentation réparatrice et au repos ".
Quant à l'article 9, il précise : " Quand l'animal est élevé pour l'alimentation, il doit être nourri, logé, transporté et mis à mort sans qu'il en résulte pour lui anxiété et douleur ".
Les musulmans eux doivent savoir que ce n'est pas en 1978, mais depuis le 7ème siècle que l'Islam a donné aux animaux des droits. En effet, le prophète de l'Islam a éduqué son entourage à respecter strictement les droits des bestiaux. La tradition rapporte qu'un jour Ibn Mass'oud et d'autres sahabas (ra) étaient en voyage avec le prophète. Entre temps, le prophète les quitta pour un besoin quelconque. Pendant son absence, les compagnons voyant un nid d'une rouge-gorge, y arrachèrent des oisillons. Quand la mère revint, elle s'est mise à survoler le nid et s'abaissa en déployant ses ailes. Ayant constaté cela, le prophète s'écria " Qui a donc affligé cet oiseau par la perte de ses petits " ? " Rendez-lui ses petits ".
A côté, les sahaba avaient aussi brûlé une fourmilière. Il s'écria encore " Qui a fait cela ? " C'est nous répondirent les sahabas. Il rétorqua " Il ne convient à personne de châtier par le feu si ce n'est le seigneur du feu ".
Le messager de Dieu avait également maudit quiconque prend une bête comme cible pour s'entraîner ou pour s'amuser. (Bokhary et Moslim). Un âne avait été libéré à jamais de son fardeau sur ordre du prophète parce qu'ayant été maltraité et insulté. Lorsqu'un musulman transporte un animal il doit veiller à ce qu'il ne soit ni affamé, ni atteint physiquement. Pour le droit des animaux ouvriers, le traitement des chevaux et chameaux de guerre par les compagnons suffit comme exemple.
La mort d'un animal aux mains du musulman doit être justifiée par une nécessité, une cause quelconque et non par suite d'une négligence ou d'une bavure quelconque. Si un animal doit être mis à mort, l'Islam exige à ce la méthode soit excellente, avec le moins de douleur possible. Ainsi, pour immoler un animal, on le couche sur le côté gauche, face à la Qibla, on prononce des invocations dont la plus simple est "Bismillah allahou akbar " et avec un couteau très tranchant, on coupe l'œsophage et les jugulaires. Pour les animaux qui, de par leur taille ne meurent pas ainsi vite, faut des méthodes plus adéquates après la basmallah. Ce n'est malheureusement pas ce que font nos bouchers et nos grilleurs de viande à Ouagadougou. Après que les poulets les pintades leurs sont livrés nos grilleurs les égorgent à la hâte ou tout simplement les tuent en leur tordant simplement le cou. Au moment où ces bêtes se battent de douleur, ils les jettent dans de grands fûts d'eau bouillante pour les déplumer dans les minutes qui suivent.
La majeur partie de ceux qui agissent ainsi portent des noms musulmans. Pourtant n'est musulman étymologiquement que celui qui se soumet aux injonctions divines.
De tels actes sont incompatibles avec l'éthique musulmane. Rappelons-nous qu'une femme a mérité l'enfer pour avoir maltraité un chat.
Le musulman est cet être auprès duquel les autres êtres sont en sécurité ou doivent trouver la quiétude. La faune et la flore sont crées et assujettis à l'homme pour une juste raison. Nous devons faire miséricorde à tous ceux qui sont sur la terre à partir de l'instant où nous même nous baignons dans celle de Dieu. Le messager a dit : "Faites miséricorde à ceux qui sont sur la terre, celui qui est dans les cieux nous fera miséricorde" Ayons donc pitié des créatures de Dieu, car " les miséricordieux, Dieu leur fera miséricorde " comme le messager nous l'a enseigné.
Guiré Inoussa
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L'Appel Islamique
Mouhammad, le prophète de la miséricorde céleste
Muhammad (saw) a transmit le message a lui confié. Il a eu la lourde mission de porter à l'humanité toute entière le dernier avertissement céleste, mais aussi la dernière bonne nouvelle. Il a transmis avec fidélité son message et a pris les hommes, les anges et Dieu à témoin le vendredi 9 Zhul Hidja de l'an 10 de l'hégire.
Mais quel est donc le contenu de cet appel ?
Islam : Miséricorde
L'essentiel du message universel qu'est l'islam peut se résumer à la miséricorde d'Allah. En effet, c'est par miséricorde qu'Allah a crée l'homme et l'a préféré à toutes les autres créatures. Dieu nomme cela honneur en disant : « Certes, nous avons honoré les fils d'Adam. Nous les avons transporté sur terre et sur mer, leur avons attribué de bonnes choses comme nourriture et nous les avons nettement préféré à plusieurs de nos créateurs ». Sourate 17 verset 70.
C'est par miséricorde qu'Allah envoie ses messagers à travers les contrées et le temps pour guider l'homme dans le chemin droit qu'est l'Islam. L'Islam qui se définit comme la soumission au créateur, harmonise le musulman avec toute la création. De même qu'en obéissant à la notice d'information sur un médicament on arrive à des résultats efficients, l'homme arrivera au succès en se conformant aux recommandations islamiques contenus dans les livres saints. C'est par miséricorde que Dieu fait évoluer son message suivant l'évolution mentale et culturelle de l'humanité et c'est ainsi également qu'Il a clos la révélation par le dernier stade de l'Islam et le plus complet : L'Islam prêché par l'apôtre ultime, Muhammad Ibn Abdallah. Allah dit à ce sujet : « ...Aujourd'hui, J'ai parachevé pour vous votre religion, et J'ai accomplit sur vous mon bienfait. Et J'agrée l'Islam comme religion pour vous » Sourate 5 verset 3.
Cette miséricorde, d'autres l'ont attendu en vain et l'attendent encore ; Quand Jean Baptiste baptisait dans le Jourdain, des juifs lui avaient posé la question : « Es-tu Elie ? » Il dit : « je ne le suis point ». Es-tu le prophète ? et il répondit : Non ». (Jean 1 versets 20-21). Et pourtant c'était lui l'Elie qui devait venir. Car Elie peut être bien la traduction d'un nom commun. Les juifs qui se sont acharnés contre le Christ n'ont pas reçu son message et n'ont rien su du prophète attendu. Les chrétiens non plus n'ont pas accueilli le prophète de la miséricorde divine pourtant annoncée par Jésus (A.S). (Jean 16 verset 5-15). Il est porteur de miséricorde parce qu'il est le consolateur et remarquez que Jésus lie sa venue à son départ : « Car si je ne m'en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous ». Ce n'est donc pas le saint esprit qui est descendu comme une colombe sur lui dans le Jourdain ! Que Dieu ouvre la porte de sa miséricorde à ceux qui désirent y entrer ?
Allah le tout puissant confirme la mission salvatrice de Mouhammad par ce verset on ne plus édifiant : « Nous ne t'avons envoyé que comme une miséricorde pour les mondes ». Le mot « âlamine » traduit par monde, englobe les hommes, les animaux, les végétaux et même les minéraux. C'est ce que nous allons voir dans le quotidien de Mouhammad.
Ainsi naquit la miséricorde
« Nous ne t'avons envoyé que comme une miséricorde pour les mondes ». Le prophète de la miséricorde est sorti pour conduire les hommes des ténèbres vers la lumière. Des ténèbres de l'ignorance, de l'idolâtrie, de la superstition, Mouhammad a conduit le monde vers le monothéisme salvateur et lumineux. Des ténèbres du clanisme, du tribalisme, du racisme, Mouhammad a conduit les hommes vers l'excellence de la Umma. Il a dit : « N'est pas de nous celui qui appel a l'esprit de clan, qui se bat pour l'esprit de clan, qui meurt pour l'esprit de clan ». Le coran l'a appuyé : « Le plus noble d'entre vous aux yeux de Dieu, c'est le plus pieux ».
Par miséricorde Allah lui a permis de civiliser les mœurs rudes d'un peuple des plus barbares qui fut. Alors, de ce peuple qui se plaisait dans la guerre, la rapine, le vin, le sexe, l'oppression du faible, de la femme et de l'esclave sortit une vague de héros qui fut la meilleur des générations que la terre eut l'honneur de porter. Allah témoigne de cela : « Allah a très certainement fait une faveur aux croyants lorsqu'il a envoyé chez eux un messager de parmi eux-mêmes, qui leur récite ses versets, les purifie et leur enseigne le livre et la sagesse, bien qu'ils fussent auparavant dans un égarement évident » S3 V164. « Vous êtes la meilleure communauté surgie d'entre les hommes... » S3 V110. Allah a voulu marquer le caractère singulier du message de Mouhammad en commençant chaque sourate par ses noms qui expriment l'immensité de sa miséricorde : Arrahman et la profondeur de sa compassion : Arrahim.
Le prophète Mouhammad, a plusieurs occasions, a démontré le caractère excellent de miséricordieux qu'il porte. On connaît sa patience et son endurance pendant la persécution à la Mecque et les provocations à Médine. On chante toujours Mouhammad le vainqueur affable envers ses ennemis à Badr et Mouhammad le vaincu espérant à Ouhoud. Au retour de Taïf où il avait connu la pire des humiliations Mouhammad pria Dieu pour son peuple qui était victime de son ignorance.
Mouhammad le banni de la Mecque, de retour dix ans après dit simplement à ceux qui l'avaient expulsé : « Allez, vous êtes libres ». Le coran a raison de dire : « Et certes tu (Mouhammad) es d'un noble caractère » S68 V4. Mais on ne saurait terminer sans lui laisser la parole.
Le prophète a dit
- « Faites miséricorde à ceux qui sont sur la terre, celui qui est aux cieux vous fera miséricorde ».
- « Celui ne fait pas miséricorde, On ne lui fera pas miséricorde ».
- « Les miséricordieux, le miséricordieux leur fera miséricorde ».
- « Les hommes constituent la famille de Dieu, le meilleur d'entre eux est celui qui est le plus profitable à eux ».
- « Quand vous tuez, tuez avec compassion ; quand vous égorgez, égorgez avec compassion. Que chacun de vous aiguise sa lame et évite la souffrance à l'animal qu'il égorge ». Voyant un homme qui avait attaché une brebis et aiguisait sa lame devant elle le prophète lui dit : « Ainsi, tu veux la tuer deux fois ? ».
- « Passant devant une fourmilière détruite par le feu, il dit : « Seul le maître du feu, a le droit de châtier par le feu ».
- A la première année à Médine, le prophète réprouva la manière de traiter les dattiers pour qu'ils produisent. En effet les médinois les coupaient horriblement aux yeux du prophète.
- En temps de guerre, le prophète interdit de détruire les champs, de couper les arbres, d'abattre les animaux.
Tel était le prophète de l'Islam. Puisse Allah susciter dans notre siècle une communauté fondée sur la miséricorde.
Alidou Ilboudo
L'Appel N° 041 Juin 2000
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JEUX ET LOISIRS
"DISTRAYEZ-VOUS ET JOUEZ. JE DÉTESTE QU'ON DISE QUE VOTRE RELIGION EST RIGIDE" (HADITH)
Sharif Souley
MOTS CACHES
Mot de 7 lettres
Abonnement, Auteur, Carte, Consulter, Cote, Culture, Date, Dépôt, Document, Fichier, Journaux, Lecture, Ouvrage, Prêt, Revue, Roman, Titres
A A R C J E E T A D
H B C I O R U P F V
E T O C U U V R I D
C E N N R T E E C O
U G S E N C R T H C
L A U C A E O O I U
T R L A U L M P E M
U V T R X S A E R E
R U E T U A N D N N
E O R E S E R T I T
CROISEMENT
Complétez les mots par les lettres suivants :
A – A – E – I – I – I – I – I – M – R – U – U
M M P A
P L D S E
X N R O
M L T T I E
M T I E
M T N R E
M E S R
MOTS CROISES
Horizontalement
I – Explication de quelques mots obscures d'une langue par d'autres mots plus intelligibles. II – Etrangers au sentiment religieux. III – Crochets en forme de S. IV – A la mode, branché. V – Résultat d'une action.
Verticalement
1 – Sol en culture. 2 – Terrains que la mer laisse à découvert en se retirant. 3 – Qui n'a pas d'occupation. 4 – Lieu ou se passe l'action théâtrale. 5 – Symbole chimique de Einsteinium.
LES 5 DIFFERENCES
SOLUTIONS AUX JEUX PRECEDENTS
1 – Case à droite. 2 – Arbre de gauche. 3 – Milieu de la marre. 4 – Nuages. 5 – Oiseaux.
SOLUTIONS AUX JEUX PRECEDENTS
Croisement
E C V D
E X E R C I C E S
E A S C
A M B I T I E U X
P N T R
F L A T T E R I E
E E R E
Mots croisés
1 2 3 4 5
I R E P A S
II E T A L E
III P A R V
IV O P T E R
V S E I N E
SOLUTION MOT CACHE PRECEDENT : MECANIQUE
Faire la vie ou vivre le fait
Je vais faire ma vie, " laissez le faire sa vie, c'est son temps ", " profiter de la vie ". Ce sont là des expressions qui au delà de leur aspect tautologique, expriment profondément une manière de concevoir la vie sur terre de certaines personnes. Une prise de conscience qui malheureusement se fait de façon morbide, corrodant ainsi la bienséance.
Ce sont des gens quand ils " vivent " (comme ils aiment le dire), ont seulement pour souci de participer à tous les spectacles possibles du monde (Mapouka, Reggae, Batchégué, Danse de chien, de coq...), à toutes les festivités gastronomiques. En terme plus précis, ils se distraient n'importe où, n'importe quand et le comble n'importe comment. Ils mangent, goûtent à tout, bref se nourrissent plus " omnivorement " que le porc.
Il y en a d'autres chez qui la spécialité c'est la collecte des femmes ou hommes. Ils ne visent que la satisfaction de leurs désirs, leur libido, leur lubricité. Ils s'occupent seulement que de leur concupiscence. Pas question de les sermonner : sinon ils te traiteront de tout : rétrograde, archaïque, préhistorique, précambrien.
Mais généralement ils s'en retirent (pour les plus chanceux) le doigt entre les dents le reste pour avoir voulu faire la vie sans brides, celles-ci les a fait. Et y en a qui sont devenus esclaves : Ils ne peuvent plus cesser de "vivre". Il y en a des victimes : Ils s'en vont tirés avec des maladies intraitables (...). Et le cataclysme pour avoir " profité de la vie ", des gens ne profiteront pas du paradis d'Allah, ou pour être plus explicite, ils ne bénéficieront que du courroux de celui-ci en témoigne le verset 20 de la sourate 46 " Et le jour où ceux qui ont mécru seront présentés au feu, (il leur sera dit) : Vous avez dissipé vos vertus et vous en avez joui pleinement durant votre vie sur terre : On vous rétribue donc aujourd'hui du châtiment avilissant pour l'orgueil dont vous vous en enfliez injustement sur terre et pour votre perversité".
Ce seigneur qui a pourtant eu la pleine sagesse de vous montrer comment se comporter vis à vis de cette vie : "La présente vie n'est que jeu et amusement, la demeure dans l'au-delà sera meilleure pour ceux qui sont pieux. Et bien ne comprenez vous donc pas ? " S6 V32.
Il faut d'emblée préciser que l'Islam n'a jamais refusé à l'être humain de s'épanouir, bien au contraire. D'ailleurs les dires du prophète (saw) en sont illustratifs : " Distrayez vous et jouez je déteste q'on dise que votre religion est rigide ". Seulement Allah ne vous a pas crée pour que nous " faisons la vie mais plutôt pour que nous vivions le fait". Le fait c'est qu'il nous a crée de physique et de spirituel. Un dualisme qui ne trouve son réalisme que dans le juste milieu ou si vous voulez que quand le commandement du spirituel prime sur celui du corporel ; et cela conformément au coran et à la sounna. Sinon nous aurions des yeux qui ne voient pas, des oreilles qui n'entendent pas, des esprits inconscients ; par conséquent nous " Serions comme des bêtes, Et même pire encore" S7 V 179. Allah a accordé tellement d'importance à la vie qu'il a réglementé toutes les tentacules de celle-ci. Ce n'est donc pas étonnant si les savants définissent l'Islam comme étant un code de vie complet.
Le musulman peut donc s'amuser, se défouler, satisfaire ses désirs, mais selon les cadres légaux déterminés par Allah, explicités par le comportement de son prophète. En d'autres termes " ... vous avez dans le messager d'Allah un excellent modèle à suivre... " S 33 V 21. Il ne s'agit non plus pas de "faire sa vie" avant de songer à l'adoration d'Allah. Cela n'est pas luisant aux yeux de Dieu et est très risquant pour l'auteur. Dieu veut surtout voir notre adoration pendant nos moments sains et forts, notre assiduité et abnégation vis à vis de sa cause, notre amour pour Lui plus que tout en dépit de toutes ces luxures appropriées à nos compétences. " ...ce qui est auprès d'Allah est meilleur et plus durable pour ceux qui ont cru et qui placent leur confiance en leur seigneur, qui évitent les péchés les plus graves ainsi que les turpitudes... " Sourate 46 V36-37.
Il ne faut donc pas attendre au moment où nos ardeurs sont presque mortes, nos désirs inavoués satisfaits au moment où notre cerveau devient réfractaire à la mémorisation du coran, nos jambes allergiques à la prière, pour se retourner à Dieu. C'est bien, mais Il faut faire mieux pour espérer la miséricorde d'Allah ; car le succès de tout un chacun le jour du jugement dépendra de la manière dont il aura rapiécé sa vie terrestre avant l'intervention de la " Rahma " de Dieu. Alors, " ô hommes ! Craignez votre seigneur et redoutez un jour où le père ne répondra en quoi que ce soit pour son enfant, ni l'enfant pour son père. La promesse d'Allah est vérité. Que la vie présente ne vous trompe donc pas, et que le trompeur (Satan) ne vous induise pas en erreur sur Allah". S31 V33.
Abdoul Wahab.
12 L'Appel N° 041 Juin 2000Value Annotations
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