id 78380 Url https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/78380 Modèle de ressource Newspaper article Classe de ressource bibo:Article Titre Les Kurdes et le Kurdistan : quelle histoire ! Sujet https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/5 Laïcité Editeur https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item-set/2202 L'Appel Date 1999-04 Format Hassan Aziz Droits In Copyright - Educational Use Permitted Est une partie de https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/12102 L'Appel #27 Contenu Combattants Kurdes dans le maquis D'ailleurs, l'armée Turque considère que les deux menaces jumelles du pays, sont les Kurdes et les islamistes. Récemment encore avec la crise politique que traverse la Turquie, elle a déclaré qu'elle ne tolérait pas la formation d'un autre Gouvernement islamiste. Les Kurdes le rendent d'ailleurs bien à ceux qu'on appelle les islamistes, car ils savent bien que seul l'arrivée au pouvoir de ces derniers peut leur faire voir un jour le bout du tunnel. Musulmans à 99% dont 80% de sunnites, ils ont voté aux dernières élections municipales et nationales de Turquie pour les islamistes. Il ne peut d'ailleurs en être autrement car si en croit le Monde Diplomatique de Février 1999 " en dehors des islamistes, les forces politiques sont sans cohésion, sans idéologie, marquées par l'opportunisme. Elles n'ont pas été capables de créer de forts liens avec la société ". Et si les islamistes sont conscients qu'il faut tout essayer pour créer les conditions de paix et de sécurité pour les Kurdes, c'est loin d'être le même son de cloche du côté des militaires et des autres partis laïcs. La sale guerre au Kurdistan a fait plus de 30 mille morts depuis 1984, plusieurs millions de déplacés et détruits plus de 3000 villages accusés de sympathiser avec les rebels. Le falacieux, slogan inventé sous le régime dévoyé d'Atatûrk " Heureux celui qui se considère comme turc ", fait encore recettes dans bien de milieux en Turquie. Au lieu d'accepter que la population du pays forme une seule communauté devant vivre en harmonie, les différents Gouvernements Turcs ont toujours régné, conscients qu'ils sont de leur impopularité, en abusant de la fibre nationaliste. Au nom de la laïcité et de la " Turquie aux turcs ", les musulmans et les Kurdes sont considérés aujourd'hui comme les deux diables de la nation . " Laïques et militaires sont d'accord : les islamistes et les Kurdes sont les deux principales menaces pour la sécurité du pays. Ils discutent pourtant parfois pour savoir lequel est "l'ennemi principal" ". Le Monde Diplomatique de Février 1999. Avec un tel louvoiement, comment envisager alors une solution à la question Kurde dans une perspective de réconciliation ? On a beau réprimé les combattants et les populations civiles au Kurdistan, on a beau arrêté Abdullah Ôcalan et torturé ses lieutenants à mort, le problème Kurde demeure un cas de conscience et le tendon d'Achille d'une Turquie qui cherche désespérément sa voie depuis que le califat a été décapité au profit de la laïcité. Si le PKK est présenté comme un mouvement terroriste et ses partisans poursuivis pour crime contre l'humanité " selon la terminologie d'Ankara ", c'est que la Turquie bénéficie du soutien des gendarmes hypocrites de l'occident. On la laisse faire, on ferme les yeux sur ses barbaries pour des raisons de géopolitique simplement. En plus d'être membre de l'OTAN et alliée d'Israël dans sa politique de domestication du monde arabe, la Turquie constitue surtout une base arrière militaire pour les armées occidentales. C'est de son territoire que partent les bombes qui pleuvent sur le peuple Irakien depuis le dernier mois de Ramadan. On la laisse faire enfin par crainte et par haine contre l'Islam qui a sonné déjà le glas de la laïcité et annonce le réveil d'une Turquie digne de son histoire et de sa double identité culturelle. Le PKK et les autres mouvements de lutte Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) est actuellement le mouvement de lutte Kurde le plus connu, mais aussi le plus actif. Créé en 1978 par Abdullah Ôcalan, c'est un mouvement structuré et bien organisé. Il dispose d'un parlement en exil, d'une instance politique l'ERNK (Front de Libération du Kurdistan), d'une branche militaire ARGK (Armée Populaire de Libération du Kudristan), de structures de propagande dont un télévision, MED-TV et une Agence de presse, Kurd-A. Né en Turquie le mouvement opère aujourd'hui, à partir du territoire irakien depuis que le Conseil de Sécurité a décrété une zone de protection des Kurdes au dessus du 32e parallèle. Mais la Turquie y exerce le droit de poursuite. Le chef historique du mouvement, Abdullah Ôcalan, adulé par les Kurdes, arrêté sinon livré à Ankara par le Kenya le 16 février 1999, est détenu sur l'îles d'Imrali où il purge sa peine en attendant son procès. Très radical et aux méthodes de lutte souvent contestables, le PKK depuis l'incarcération de son chef Ôcalan a déclaré la guerre totale à la Turquie et s'est déjà signalé par des attentats sanglants. D'obédience communiste au départ, le mouvement est aujourd'hui plus proche des mouvements islamiques et son chef Ôcalan a plusieurs fois affirmé sa disponibilité à négocier avec Ankara et condamné à plusieurs reprises les actes barbares de certains de ses lieutenants : Il a même décrété un cessez-le-feu en septembre 1998 avant d'être expulsé de Syrie. Malgré ces concessions, la Turquie continue dans sa logique guerrière, refusant toute négociation et considérant le PKK comme un mouvement terroriste. A côté du PKK, il y a le PDK (Parti Démocratique du Kurdistan) crée en 1958 par Mustapha Barzani à la suite de la première grande révolte Kurde en Irak. Les divisions et rivalités qui ont jalonné il est vrai la lutte des Kurdes, ont provoqué la naissance d'un mouvement rival au PDK crée par Jalal Talabani. Il existe également un projet de Congrès National Kurde regroupant les Kurdes des différents pays qui se partagent le Kurdistan. Hassan AZIZ Numéro 27 Nombre de pages 2 Pages 9 10 --