Article · La Nation · 31 août 2009 Citer
Ligali Alao Issiaka, Iman de la Mosquée de Cadjèhoun : les avantages du jeûne du Ramadan chez les fidèles musulmans
- Type
- Article de presse
- Créateur
- Victor-Emmanuel Ekwa-Bebe III
- Editeur
-
La Nation
- Date
- 31 août 2009
- Description
-
Dans un entretien accordé à La Nation, l’imam Ligali Alao Issiaka, de la mosquée centrale de Cadjèhoun, explique que le jeûne du Ramadan, institué après les premières années de la révélation coranique, éprouve la sincérité des croyants par l’abstinence et l’obéissance à Dieu. Il insiste sur sa dimension sociale, les riches devant nourrir les pauvres, et recommande aux fidèles de Cotonou de limiter les promenades et les conversations pour privilégier prière, chapelet et recueillement.
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- nombre de pages
- 1
- Langue
- Français
- Source
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La Nation
- Identifiant
- iwac-article-0004170
- Détenteur des droits
-
La Nation
- contenu
-
Le mois du jeûne de Ramadan, période de piété profonde pour les musulmans du monde entier, est l'un des cinq piliers de l’Islam. Commencé cette année le samedi 22 août dernier, il modifie pendant 40 jours, les habitudes des fidèles de cette communauté à travers le jeûne, la prière et les dons. L'Imam Ligali Alao Issiaka, de la mosquée centrale de Cadjèhoun, nous apporte des précisions à ce sujet.
La Nation : Fondamentalement, qu’est-ce que le jeûne du Ramadan, et comment a-t-il été institué ?
Imam Ligali Alao Issiaka : Le jeûne du Ramadan a été institué au moins dix ans après la révélation du Saint Coran. Pendant au moins treize ans, à la Mecque, l’accent était mis surtout sur la foi en l’unicité de Dieu ; parce qu’il y avait tellement de dieux que chaque jour avait son dieu, chaque heure avait son Dieu, et même chaque minute. Donc il a fallu faire un travail vraiment colossal, pour amener les gens à la compréhension de l’unicité de Dieu. Et c’est après ça que le jeûne du Ramadan a été institué. Il a été institué parce qu’auparavant, le prophète Mohammed (paix et bénédiction de Dieu sur lui) jeûnait comme les juifs et les chrétiens. Et lorsque les gens ont voulu connaître les raisons profondes de son attitude, il leur a également retourné la question.
Donc le jeûne du Ramadan a été institué juste pour déblayer le chemin, parce que tout le monde se dit musulman. Mais on connaît certains qui ne sont musulmans que le vendredi, et les jours de fête, d’autres juste par le nom. Ce jeûne a été institué pour obliger tous les musulmans à accepter les prescriptions de Dieu, et strictement comme il le veut dans le mois de Ramadan. Si vous mangiez avant comme vous le vouliez, vous buviez avant comme vous le vouliez, ce ne sera plus le cas maintenant au cours de ce mois sacré. Donc ce jeûne est comme un examen de passage, pour qu’on puisse distinguer les vrais croyants des mauvais. Et ce qui est un peu difficile et délicat la-dedans, c'est que Dieu même dit : « Personne ne peut savoir qui jeûne, si ce n'est moi-même. » Donc c'est lui qui a l’œil sur nous, et qui voit tout. Voilà les véritables raisons de l’institution de ce jeûne.
Que représente ce jeûne pour les musulmans ?
Il y a deux parties essentielles du jeûne pour les musulmans. La 1ère partie concerne les opulents, les « gros bonnets », les gens qui ne savent pas ce que c’est que la faim ni la soif, qui vivent dans une richesse insultante. La 2e partie concerne les démunis, ceux-là qui jeûnent même quand ce n’est pas la période, parce qu’ils n’ont rien à manger. Ça va profiter à ces démunis-là, parce que pendant le mois de carême, les riches sont obligés de nourrir les pauvres. Le riche doit tout faire pour que le pauvre qui est à côté de lui puisse manger le matin et rompre le jeûne le soir. Donc le profit quitte les uns pour aller vers chez les autres. L’un des phénomènes frappants du jeûne, c’est aussi l’abstinence. Il ne s’agit pas seulement de ne pas manger ou boire, mais de s’abstenir de tous les plaisirs qu’on connaît chez l'être humain.
Quel que soit le désir, il faudra se contenir, pour ne pas risquer de tomber sous le coup de la sanction. Elle consiste à reprendre le jeûne à zéro, et ce, pour deux mois. Donc il y a des garde-fous autour. Si vous n’êtes pas un bon musulman, vous ne pouvez pas faire le Ramadan.
On parle beaucoup, pendant le mois du Ramadan, de la hausse des prix de denrées sur le marché, notamment des fruits nécessaires à la récupération de l’énergie perdue pendant la journée. Finalement, on serait tenté de croire que le jeûne coûte cher ?
Non, pas du tout. Même si on vend l’orange à 5000 F, le musulman va l’acheter. Parce que tout le monde sait ce que représentent les bénédictions de ce mois. Plus tu dépenses, plus Dieu t’en donne. C'est là le secret. Quand tu donnes 1 F à Dieu, il te le remplace par 10 F. C’est le Coran qui l’a dit. Et nous en avons les preuves. Quelle que soit la flambée des prix, nous achèterons ce dont nous avons besoin, et les fidèles trouveront toujours de bons fruits à manger. Il n'y a aucune inquiétude à cela. Les affaires sont florissantes. C’est aussi un gain pour l’Islam.
Quand on sait que le mois du jeûne est fonction de l’apparition et de la disparition du croissant lunaire, peut-on le situer précisément ? N’y a-t-il pas une possibilité de retrouver un jour le Ramadan au mois de juin, par exemple ?
C’est vrai. Ce qui est un peu mystérieux dans le mois du jeûne, c’est que ce n’est pas un mois figé en hiver, ni en été, ni en automne ou au printemps. C’est un mois qui varie. Supposons que nous soyons dans l’harmattan ; l’année prochaine ça peut ne pas être le cas. Cette variation fait que pour tout le monde, quels que soient ton pays de résidence, ta condition, le climat, tu verras un jour le mois de Ramadan rôder autour de toi. C’est pour permettre à l’humanité toute entière, de pouvoir bénéficier de ce jour. Et si c’est rude chez certains, ils sauront qu'un jour ce sera facile. Pour nous ici au Bénin, on ne peut même pas dire en quelle saison nous sommes...
...Les bouleversements climatiques ?
Oui, on ne sait s’il fait chaud ou froid. Donc nous sommes très à l’aise à Cotonou, contrairement à d’autres qui jeûnent dans un climat qui rend leur épreuve très difficile. Le mot «Ramadan» lui-même signifie «la chaleur», «le feu», quelque chose qui est chaud. Vous savez ce que c'est que le soleil du désert ! C’est un soleil rude. Et pour jeûner, les gens craignent beaucoup plus la soif que la faim, à cause de la chaleur. Et les premiers musulmans «ont vraiment eu chaud », pas comme nous autres qui trouvons tout avec une certaine facilité.
S’agissant des musulmans de Cotonou qui vous entourent, quel appel avez-vous à leur lancer ?
Je leur demande d'être vigilants. Vous savez, nous sommes à Cotonou et nous savons quel est le style vestimentaire des Cotonoises. Et lorsque vous êtes en train de jeûner, ce n’est pas la peine de rester au bord de la voie pour les regarder. L’homme est plus sensible que la femme.
Deuxièmement, je leur recommande une chose : Lorsqu’ils sont en train de jeûner, il vaut mieux qu’ils dorment plutôt que de rester là, à bavarder inutilement. Je rappelle que le jeûneur qui dort est en train d’adorer Dieu. Le jeûneur qui égrène son chapelet est en train d’appeler Dieu. Celui qui prie, voit ses prières exaucées. Et c’est une opportunité pour eux, pour soumettre à Dieu tous leurs problèmes. Parce que personne ne peut résoudre vos problèmes si ce n’est Dieu qui vous a créé. Pendant ce mois, ils doivent bien jeûner, bien réciter le chapelet la nuit, et moins se promener.
Comment citer ce document
III, Victor-Emmanuel Ekwa-Bebe. “Ligali Alao Issiaka, Iman de la Mosquée de Cadjèhoun : les avantages du jeûne du Ramadan chez les fidèles musulmans.” La Nation, 31 août 2009. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/8928.
III, V.-E. E.-B. (2009, août 31). Ligali Alao Issiaka, Iman de la Mosquée de Cadjèhoun : les avantages du jeûne du Ramadan chez les fidèles musulmans. La Nation. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/8928.
III, Victor-Emmanuel Ekwa-Bebe. “Ligali Alao Issiaka, Iman de la Mosquée de Cadjèhoun : les avantages du jeûne du Ramadan chez les fidèles musulmans.” La Nation, 31 août 2009. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/8928.
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Polarité, centralité à l’islam et aux communautés musulmanes, et subjectivité de cet article, évaluées indépendamment par GPT-5.6 Luna, Mistral Small 4, DeepSeek V4 Flash, Gemma 4 31B, Qwen3.8 27B. Lues directement dans la notice de ce document.
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Le Ramadan est présenté comme un mois sacré de bénédictions, de solidarité envers les pauvres et de rapprochement avec Dieu, sans critique de l’islam ou des musulmans.
L'article souligne les vertus spirituelles du jeûne, la solidarité entre riches et pauvres, et la prospérité économique pendant le Ramadan, avec un ton globalement élogieux.
Le traitement est favorable : l'introduction qualifie le Ramadan de « période de piété profonde » et l'imam, dont les propos sont largement rapportés sans contrepoint, évoque les « bénédictions » du mois, les récompenses divines et affirme que c'est « un gain pour l'Islam ».
L'article présente le jeûne sous un jour favorable, le décrivant d'emblée comme une « période de piété profonde » et soulignant la solidarité envers les démunis.
Le cadrage du journaliste (« piété profonde », « mois sacré ») et le choix de ne retenir que les aspects solidaristes et spirituels du Ramadan confèrent au portrait un ton bienveillant et valorisant, sans qu'aucune dimension critique ou problématique ne soit évoquée.
Centralité
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L’article est entièrement consacré au jeûne du Ramadan, à sa signification religieuse et à ses effets sur les musulmans, à travers l’entretien avec un imam.
L'article est entièrement centré sur le Ramadan, un pilier central de l'islam, avec une interview détaillée d'un imam expliquant ses significations et pratiques.
L'article est entièrement consacré au Ramadan, présenté dès la première phrase comme « l'un des cinq piliers de l'Islam », et prend la forme d'un entretien avec l'imam de la mosquée centrale de Cadjèhoun sur le jeûne, ses règles et sa portée spirituelle.
L'intégralité de l'article est consacrée au mois du Ramadan et aux pratiques religieuses musulmanes, comme en témoigne l'entretien avec un imam.
L'article est entièrement consacré au Ramadan, aux pratiques musulmanes (jeûne, prière, chapelet) et à une interview de l'Imam de la mosquée centrale de Cadjèhoun : l'islam est le sujet unique et exclusif du texte.
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Le traitement repose principalement sur des questions et des propos attribués à l’imam, même si l’introduction qualifie le Ramadan de « période de piété profonde » et adopte un cadrage favorable.
L'article se limite à rapporter les propos de l'imam et à présenter des informations factuelles sur le Ramadan, sans jugement de valeur explicite.
L'article est une interview : la part la plus importante du texte est constituée de propos attribués à l'imam, ce qui relève de l'information ; seule l'introduction comporte une appréciation positive (« période de piété profonde »), une trace subtile plutôt qu'une prise de position explicite du journal.
Le texte adopte un format d'interview purement informatif où le journaliste se borne à poser des questions sans exprimer d'opinion personnelle.
Le texte est structuré en entretien Q&R où toutes les opinions sont attribuées à l'Imam ; seule la formule d'ouverture « période de piété profonde pour les musulmans du monde entier » introduit une légère empreinte éditoriale du journaliste.


