Article · Le Pays · 2 avril 2001 Citer
Journée nationale de pardon : le déclic vers la réconciliation?
- Type
- Article de presse
- Créateur
- Morin Yamongbe
- Editeur
-
Le Pays
- Date
- 2 avril 2001
- Description
-
La Journée nationale de pardon a rassemblé au Stade du 4 Août les anciens chefs d’État, Blaise Compaoré, des autorités coutumières et religieuses, ainsi que des victimes et leurs familles. Sangoulé Lamizana puis Blaise Compaoré ont reconnu, au nom de la continuité de l’État, les tortures, crimes, injustices et autres torts commis sur des Burkinabè par d’autres Burkinabè de 1960 à nos jours, et demandé pardon. Les représentants des victimes l’ont accepté, tandis que la cérémonie était présentée comme le début d’un processus de vérité, justice et réconciliation après le drame de Sapouy du 13 décembre 1998.
Annotations de valeur
- AI Model - Summary
- GPT-5.6 Luna
- nombre de pages
- 2
- Sujet
- Aboubacar Doukouré
- Aboubacar Maïga II
- Aboubacar Sana
- Aboubacar Sangoulé Lamizana
- Journée Nationale de Pardon
- Samuel Yaméogo
- Réconciliation
- Saye Zerbo
-
Blaise Compaoré
- Collège de sages
- Pardon
- Justice
- Paix
- Couverture spatiale
- Bobo-Dioulasso
- Ouagadougou
- Sapouy
- Hamdalaye
- Ramatoulaye
- Stade du 4-août
-
Burkina Faso
- Yatenga
- Langue
- Français
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-article-0003727
- contenu
-
Le Stade du 4 Août a accueilli un public important, non pas dans le cadre d'un match de football ou d'un concert musical, mais celui d'un rendez-vous avec l'histoire. En effet, avec la Journée nationale de pardon (JNP), Alain B. Yoda, le président du Comité national d'organisation, a réuni autour des anciens et de l'actuel chef d'Etat burkinabè, des délégations venues de provinces, des représentants de victimes et familles de victimes, des responsables coutumiers, religieux et politiques et bien d'autres personnalités. La messe a été dite par Mgr Anselme T. Sanou, Archevêque de Bobo-Dioulasso, président du Collège de sages et président du présidium de la cérémonie de la JNP. C'est autour de 16h15 que le présidium fit son entrée sur la pelouse du stade du 4 août transformée pour les circonstances en confessionnal. Il était suivi du quatuor des anciens chefs d'Etat. La couleur blanche était de mise dans la tenue vestimentaire. La démarche avait la solennité des événements de taille et les visages portaient une marque de sérieux, de sérénité et de recueillement. Le Mogho Naaba Baongo, Empereur des Mossé, le Naaba Kiiba du Yatenga et le Ouidi Naaba représentaient au présidium, les autorités coutumières. Les pasteurs Freeman Compaoré, Pawentaoré Jean Ouédraogo et Samuel Yaméogo étaient présents au nom des églises protestantes. Les Cheicks Aboubakar Sana grand Imam de Ouagadougou, Aboubakar Maïga de Ramatoulaye, et Aboubacar Doukouré de Hamdalaye, représentaient la confession musulmane tandis que Anselme Sanou, Archevêque de Bobo-Dioulasso, Roger Ouédraogo et Joël Tapsoba siégeaient au présidium au nom de l'Eglise catholique. En face des détenteurs des pouvoirs religieux et coutumiers, le Général Sangoulé Lamizana, le Colonel Saye Zerbo, le Commandant Jean-Baptiste Ouédraogo, tous anciens chefs d'Etat et le capitaine Blaise Compaoré, président du Faso, se tenaient assis, dans la peau de repentants. En effet, dans la logique de la "continuité de l'Etat", ceux-ci sont coupables des crimes économiques et de sang perpétrés "sur des Burkinabè par des burkinabè".
Le décor était ainsi planté au stade du 4 août où les banderoles rivalisaient entre elles pour faire passer un seul message : le pardon. Accepter et donner le pardon. C'est en un mot le sens de cette cérémonie faite de bénédictions. Nous sommes tous coupables de ce que nous n'avons pas fait, de ce que nous avons mal fait. Qu'avons-nous fait pour être utiles ou nuisibles à ce pays ? Il fallait un moment pour s'arrêter, observer et réfléchir pour rendre au Burkina Faso une paix sociale qui l'a quittée depuis un certain 13 décembre 1998 après le drame de Sapouy. C'est en substance, ce que l'on peut retenir des interventions pleines de subtilités de Mgr Anselme T. Sanou. "La démarche de nos chefs d'Etat honore tout le peuple burkinabè", a signifié l'archevêque de Bobo-Dioulasso, avant de relever que de nombreuses personnes, qu'elles soient du côté de l'opposition ou du pouvoir, devaient accompagner "les pères de la Nation" sur le chemin de l'aveu".
"Dans l'exercice de nos fonctions, nous avons été. consciemment ou inconsciemment, responsables des torts et des meurtrissures qui demeurent encore vicaces : aussi, demandons-nous pardon au peuple burkinabè". La voie du repentir a été ouverte par Sangoulé Lamizana, le doyen des chefs d'Etat. Sur ses pas, Blaise Compaoré, le président du Faso, au nom de l'Etat et de sa continuité prendra le relais. "Nous demandons pardon et exprimons nos profonds regrets pour les tortures, les crimes, les injustices, les brimades et tous les autres torts commis sur des Burkinabè par d'autres Burkinabè agissant au nom et sous le couvert de l'Etat, de 1960 à nos jours". Après ce mea-culpa du chef de l'Etat, qui a considéré la JNP comme le début d'un processus devant conduire à la paix par les canaux de la vérité, de la justice et de la réconciliation, Azèta Sawadogo et Silamane Gnegne, porte-parole des représentants des victimes et parents de victimes ont "accepté de bon coeur le pardon pour le bonheur et la prospérité de notre pays".
Le "master of ceremony" Mgr Anselme T. Sanou a alors relevé que "la nation entière a entendu ce qu'elle attendait des chefs d'Etat", c'est-à-dire leur "condamnation" et leur "responsabilité" dans les drames vécus par de nombreuses familles burkinabè. Tout en remerciant les différents acteurs qui ont contribué à la tenue et à la réussite de cette JNP qui "voudrait être le déclic d'un véritable cheminement de tous les Burkinabè vers la réconciliation nationale et le développement durable de notre pays", Alain Yoda le président du CNO a aussi demandé pardon.
Il a demandé pardon pour les imperfections qui ont émaillé l'organisation de la journée. La minute de silence - qui aurait trouvé une meilleure place en début de cérémonie -, l'hymne aux morts, le lâcher de pigeons, les accolades entre les chefs d'Etats et les représentants des victimes et familles de victimes de même que les prestations de certaines troupes et chorales, ont certainement constitué les moments forts de l'historique JNP. Et après la JNP ? La question reste posée et on espère que les 7 engagements pris par le président Biaise Compaoré, seront concrétisés. Il en va de la crédibilité déjà assez effritée des autorités burkinabè.
Comment citer ce document
Yamongbe, Morin. “Journée nationale de pardon : le déclic vers la réconciliation?.” Le Pays, 2 avril 2001. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/8020.
Yamongbe, M. (2001, avril 2). Journée nationale de pardon : le déclic vers la réconciliation? Le Pays. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/8020.
Yamongbe, Morin. “Journée nationale de pardon : le déclic vers la réconciliation?.” Le Pays, 2 avril 2001. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/8020.
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Polarité
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L’article ne formule ni éloge ni critique de l’islam ou des musulmans et se contente de décrire leur participation à la cérémonie.
L'article présente les représentants musulmans aux côtés d'autres autorités religieuses sans connotation positive ou négative, dans un compte rendu factuel de la cérémonie.
L'article ne porte aucun jugement sur l'islam ou les musulmans ; il se contente de signaler la présence d'imams parmi les représentants religieux, sans commentaire positif ou négatif sur cette confession.
Le traitement est purement informatif et ne manifeste aucun sentiment particulier envers l'islam ou les musulmans.
Les représentants musulmans sont listés à égalité avec les pasteurs protestants, l'archevêque catholique et les Naaba, sans aucun lexique valorisant ou dépréciatif, dans un compte rendu factuel de la composition du présidium.
Centralité
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DeepSeek V4 Flash Secondaire
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Marginal
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Marginal
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La confession musulmane est représentée par trois grands imams au présidium, mais l’article porte principalement sur la Journée nationale de pardon et la réconciliation politique.
L'article mentionne explicitement les Cheicks Aboubakar Sana, grand Imam de Ouagadougou, et d'autres représentants musulmans parmi les autorités religieuses présentes à la Journée nationale de pardon.
L'article relate une cérémonie de pardon national où les représentants musulmans (grand imam de Ouagadougou, Cheicks Aboubakar Sana et autres) sont nommés aux côtés des autorités coutumières et catholiques, mais le sujet principal reste la réconciliation politique et la continuité de l'État, et l'islam n'est pas développé en tant que tel.
La confession musulmane est citée brièvement à travers la présence des Cheicks Aboubakar Sana, Aboubakar Maïga et Aboubacar Doukouré parmi les autorités religieuses.
L'islam n'apparaît que dans l'énumération des autorités religieuses présentes au présidium : « Les Cheicks Aboubakar Sana grand Imam de Ouagadougou, Aboubakar Maïga de Ramatoulaye, et Aboubacar Doukouré de Hamdalaye, représentaient la confession musulmane », mention incidente dans un article consacré à la Journée nationale de pardon.
Subjectivité
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Plutôt objectif
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Le traitement des musulmans reste factuel, à travers l’énumération des imams présents, même si le récit emploie quelques formulations valorisantes sur la solennité de la cérémonie.
L'article décrit de manière factuelle la cérémonie avec des citations attribuées aux différents acteurs, sans exprimer d'opinion personnelle sur l'islam ou les musulmans.
Le reportage est factuel : il décrit les interventions, les discours et les personnalités présentes, sans formuler d'appréciation sur l'islam ou les musulmans ; les adjectifs comme « solennité » ou « historique » qualifient la cérémonie, non la religion.
Le texte se contente d'énumérer factuellement les participants à la cérémonie sans porter de jugement sur les représentants musulmans.
La présence des cheicks et de la « confession musulmane » est simplement énumérée parmi les autres autorités religieuses, sans commentaire ni appréciation particulière portée à la dimension islamique de la cérémonie.
