Article · Plume Libre · décembre 1992 Citer
Cheb Khaled : un Algérien cuit à la sauce occidentale
- Type
- Article de presse
- Editeur
-
Plume Libre
- Date
- décembre 1992
- numéro
- 1
- Description
-
Cet article de L’Événement du Jeudi (5-11 mars 1992) présente une interview de Cheb Khaled, 32 ans, sur son parcours d’artiste et ses positions politiques. Il raconte l’exploitation par son éditeur et défend le coup d’État contre l’arrivée du FIS, qu’il accuse de fanatisme et de vouloir enfermer les femmes. Il prône la séparation de la religion et du pouvoir, l’ouverture aux touristes et aux capitaux étrangers, ainsi que le maintien d’un enseignement non exclusivement arabe, tout en expliquant que ses chansons d’amour choquent en Algérie.
Annotations de valeur
- AI Model - Summary
- GPT-5.6 Luna
- pages
- 7
- nombre de pages
- 1
- Sujet
- Intégrisme
- Langue
- Français
- Est une partie de
-
Plume Libre hors-série #1
- Identifiant
- iwac-article-0012287
- contenu
-
Musique
Cheb Khaled : Un Algérien cuit à la sauce occidentale.
Didi, l'une de ses chansons avait été retenue à Variétoscope, cette émission télévisée dont les animateurs considèrent l'immoralité comme un signe d'évolution sociale. Il s'agit bien sûr de Cheb Khaled, 32 ans, se présentant volontiers comme fils de musulmans, histoire d'apporter la "preuve" qu'il est, lui, "civilisé". Mais laissons notre confrère Yann Plougastel le présenter: "Plus proche d'Elvis que du FIS avec son perfecto, son catogan et ses goûts prononcés pour le J&B (boisson alcoolisée, NDLR), il représente une Algérie moderne, frondeuse, avide de modernisme, de sensation, de démocratie". L'interview qu'il lui a accordée vous permettra de voir l'étendue du désastre. Que Allah (Exalté soit-Il) nous en protège.
La France préférerait des millions de Cheb Khaled à un seul Abassi Madani en Algérie, et pour cause !
Question: D'où vient cette réputation de mauvais garçon ?
C.K : Parce qu'on m'a trop fait de promesses. J'avais confiance et on me traitait comme un esclave. Mon éditeur me demandait d'aller chanter gratuitement chez des commandants ou des lieutenants colonels, parce que, comme ça, ils me donneraient la carte militaire me dispensant des deux ans de service militaire. Tu parles! Ensuite, ils me laissaient tomber. Alors, je fuguais, je disparaissais, je ne venais pas aux rendez-vous... Les gens n'étaient pas corrects, moi non plus. L'éditeur m'apportait une bouteille ou deux de vin, un poulet, et allez hop! on entrait dans le studio sans avoir rien écrit ou composé : le soir, tout était fini. C'était n'importe quoi ! Quand même, j'ai souffert. J'ai 32 ans. Cela fait belle lurette que je chante : mon premier disque, je l'ai enregistré à l'âge de 14 ans. J'ai fait ma vie tout seul. A l'école de la rue je suis passé par les escrocs. Ni plus ni moins que les grands chanteurs européens qui ont démarré dans le métro en se faisant arnaquer et aujourd'hui sont des professionnels. Il ne suffit pas de claquer les doigts pour devenir un artiste. Faut souffrir, voir, apprendre... C'est dommage, mais il est nécessaire d'en passer par ce milieu de vicieux, de pourris. Chez nous, lorsque tu demandes de l'oseille à ton éditeur, il se met à pleurer en t'expliquant qu'il n'a rien vendu. Pourtant il roule en BMW et habite une superbe villa...
Question: Les gens aujourd'hui au pouvoir en Algérie appartiennent ils à cette jeune génération d'officiers et d'intellectuels qui apprécient vos chansons ?
C.K : Oui... Ils boivent, ils se saoulent la gueule, ils écoutent Michaël Jackson. Ce sont des gens vivants. Des branchés. Il fallait faire ce coup d'Etat. Si jamais les intégristes arrivent au pouvoir, l'Algérie va foirer. Ce sera comme l'Iran de Khomeiny. Il y aura un bain de sang. Surtout, moi, je plains les femmes : les pauvres seront enfermées.
Question: Vous avez des amis qui appartiennent au FIS ?
C.K : Non. J'ai des amis pratiquants. Je bois de l'alcool devant eux. Ils m'embrassent. On est heureux de se voir... Mes parents aussi pratiquent, ce sont des musulmans. Le FIS n'a rien à avoir avec ça : ce sont des intégristes, des fanatiques. Moi, Madani, Bel Hadj, tout ça, je les mets dans une grande marmite et je les fais cuire... On ne mélange pas la politique et la religion! Les curés doivent être dans les églises , les imams dans les mosquées et les rabbins dans les synagogues ! Ceux qui gouvernent, ce sont des intellectuels... Ne mélangeons par les torchons avec les serviettes!
Question: Comment l'Algérie peut-elle s'en sortir ?
C.K : En s'ouvrant au monde extérieur... Pourquoi ne permettons-nous pas aux touristes de venir librement, aux capitaux étrangers de s'installer pour créer des usines? Pourquoi ne vendons-nous pas notre pétrole? Pourquoi notre terre s'assèche-t-elle? Pourquoi, en 1982, avons-nous décrété que désormais l'enseignement ne s'effectuerait plus qu'en arabe, empêchant nos diplômes d'être reconnus en Europe? On est un pays musulman, OK, mais, à l'aube de l' an 2000, ne regardons pas en arrière. On a quand même été l'Algérie française. On a vécu à l'européenne. On ne va pas fermer les portes...
Question: Pourquoi, d'après vous, les membres du FIS n'aiment pas le raï?
C.K : Le raï n'est pas le problème.. Ils n'aiment rien, si ce n'est chanter le Coran dans la rue. Quand ils passent en criant, ça vous donne la chair de poule. Ce sont des fous.
Question: Vos paroles sont osées. Est-ce que ce disque va choquer les algériens ?
C.K : Oui, parce qu'il parle d'amour... Là-bas, tout le monde est amoureux, mais vous ne pouvez pas amener une fille à l'hôtel, vous devez vous débrouiller (...) si vous vous faites prendre, c'est grave... Les mots ne sont pas grossiers. Ils disent la beauté des femmes. Mais en Algérie, vous n'avez toujours pas le droit de dire je t'aime dans une chanson
Extrait de "L'événement du Jeudi" N°383 du 5 au 11 Mars 1992Annotations de valeur
- AI Model - OCR
- Gemini 3.0 Pro
Comment citer ce document
“Cheb Khaled : un Algérien cuit à la sauce occidentale.” Plume Libre, décembre 1992. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/77892.
Cheb Khaled : un Algérien cuit à la sauce occidentale. (1992, décembre). Plume Libre. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/77892.
“Cheb Khaled : un Algérien cuit à la sauce occidentale.” Plume Libre, décembre 1992. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/77892.
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| Vignette | Titre | Relation | Type | Date |
|---|---|---|---|---|
|
Plume Libre hors-série #1 | A une partie |
Numéro |
décembre 1992 |
Visualisations
Sentiment IA
Polarité, centralité à l’islam et aux communautés musulmanes, et subjectivité de cet article, évaluées indépendamment par GPT-5.6 Luna, Mistral Small 4, DeepSeek V4 Flash, Gemma 4 31B, Qwen3.8 27B. Lues directement dans la notice de ce document.
Polarité
Les modèles divergent
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DeepSeek V4 Flash Très négatif
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Gemma 4 31B
Positif
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Qwen3.8 27B
Négatif
Voir les justifications
La représentation de Cheb Khaled et des musulmans considérés comme occidentalisés est fortement dépréciative, notamment à travers les termes «désastre» et l'opposition à une Algérie «moderne» et sécularisée.
L'article valorise Cheb Khaled comme symbole de modernité et de civilisation, et critique les intégristes du FIS, présentant une vision positive et modérée de l'islam.
L'écriture est hostile et alarmiste envers le comportement du chanteur musulman présenté en dévoyé, avec un lexique très dépréciateur (« désastre », « pour aufge die »), et même la formule pieuse détournée sert à accuser cette nouvelle, représentant le rejet du mode de vie musulman par le chanteur.
L'auteur s'inscrit dans une perspective religieuse protectrice, utilisant la formule « Que Allah (Exalté soit-Il) nous en protège » pour condamner l'aliénation culturelle de l'artiste.
L'article construit un opposé valorisé (modernité, «civilisation», ouverture) contre un islam perçu comme rétrograde et menaçant («l'étendue du désastre», «Que Allah nous en protège», «intégristes, des fanatiques», «Ce sont des fous»), sans offrir de contrepoint favorable à la dimension religieuse.
Centralité
Les modèles s’accordent presque
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GPT-5.6 Luna Très central
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Mistral Small 4 Très central
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DeepSeek V4 Flash Central
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Gemma 4 31B
Central
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Qwen3.8 27B
Central
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L'article organise son propos autour de l'identité musulmane de Cheb Khaled, de la religion et de l'opposition entre FIS, pratiquants et modernité occidentalisée.
L'article est une interview de Cheb Khaled qui aborde constamment sa propre identité musulmane, critique les islamistes du FIS, et discute de la place de l'islam dans la société algérienne.
L'islam est au cœur de l'interview à travers l'identité de Cheb Khaled (« fils de musulmans »), ses attaques contre les « intégristes », le FIS et les imams, mais l'article reste aussi centré sur le chanteur, sa musique et son image.
Le texte structure le portrait de l'artiste autour de l'opposition entre modernité occidentale et islamisme, mentionnant explicitement le FIS, les « imams dans les mosquées » et le fait que l'Algérie est un « pays musulman ».
L'islam structure l'ensemble du cadrage : le titre oppose Cheb Khaled «cuit à la sauce occidentale» au FIS, l'éditorial clôt sur «Que Allah (Exalté soit-Il) nous en protège», et l'interview tourne systématiquement autour de la frontière entre pratique musulmane et intégrisme (Boire de l'alcool devant des pratiquants, «Les curés doivent être dans les églises, les imams dans les mosquées», le Coran «chanté dans la rue»).
Subjectivité
Les modèles s’accordent presque
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GPT-5.6 Luna Très subjectif
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Mistral Small 4 Plutôt subjectif
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DeepSeek V4 Flash Très subjectif
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Gemma 4 31B
Très subjectif
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Qwen3.8 27B
Plutôt subjectif
Voir les justifications
Le texte adopte un cadrage explicitement polémique, avec des expressions comme «cuit à la sauce occidentale», «étendue du désastre» et «Que Allah [...] nous en protège».
Le journaliste adopte un ton ironique et critique envers Cheb Khaled et ses propos, rapportant ses opinions sans distance critique, notamment sur la question de l'islam et des intégristes.
L'article est une charge explicite : titre « cuit à la sauce occidentale », commentaires comme « l'étendue du désastre », « Que Allah (Exalté soit-Il) nous en protège » ; le journaliste prend ouvertement parti au lieu de simplement informer.
L'auteur exprime des jugements tranchés et émotionnels, qualifiant l'interview de « désastre » et décrivant l'artiste comme étant « cuit à la sauce occidentale ».
Le ton éditorial sarcastique et partisan («l'immoralité comme un signe d'évolution sociale», «l'étendue du désastre», «La France préférerait des millions de Cheb Khaled à un seul Abassi Madani, et pour cause !») entoure et domine le long entretien, lequel, bien que rapporté, est sélectionné et mis en cadre pour étayer ce parti pris.