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Titre
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"Vieux Touré" (président des musulmans orthodoxes) : "Bédié pousse le peuple à la lutte armée"
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Date
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13 octobre 1995
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DescriptionAI AI-generated
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El Hadj Mamadou Touré, figure influente et ami de feu Houphouet-Boigny, dénonce avec virulence la répression meurtrière de manifestations pacifiques contre le nouveau code électoral ivoirien. Il accuse le pouvoir de Bédié de détruire l'unité nationale et de manipuler le processus électoral pour exclure des figures de l'opposition comme Gbagbo et Ouattara. Face à un code inéquitable et un recensement biaisé, Touré appelle au report des élections et à la création d'une commission autonome pour éviter une guerre civile imminente en Côte d'Ivoire.
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nombre de pages
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1
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Identifiant
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iwac-article-0011708
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Droits
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contenu
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Lors des marches pacifiques de protestation contre le nouveau code électoral, organisées lundi 2 octobre dernier par le Front républicain, le pouvoir a donné l'ordre de tuer. Bilan : 5 morts par balles. Ici, El Hadj Mamadou Touré, "vieux Touré", secrétaire général du syndicat des exportateurs de bétail, président des musulmans orthodoxes et surtout vieil ami de feu Houphouet-Boigny, crie son indignation devant ce carnage.
Le Nouvel Horizon : Vieux, vous avez insisté pour parler. De quoi voulez-vous parler ?
Vieux Touré : Je tiens, avant tout, à ce que l'on sache que je connais la personnalité de tous ceux qui sont au pouvoir aujourd'hui. Ces derniers savent qui je suis et surtout le rôle que j'ai joué aux côtés de feu Houphouet-Boigny depuis 1945. Lorsque celui-ci luttait contre les colons, ses frères baoulé, qui collaboraient avec les commandants de cercle, passaient leur temps à comploter contre lui. Ce sont les ressortissants de l'Ouest et du Nord qui l'ont soutenu. D'où vient alors que les Dioulas, qui sont arrivés en Côte d'Ivoire 200 ans avant les Baoulés (ceux-ci appelaient les Dioulas nos logeurs), sont traités par Faustin Kouamé d'Ivoiriens de circonstance. Je remarque que tout juriste qu'il prétend être, il ignore l'histoire de la Côte d'Ivoire. Autant que son président Bédié ignore tout de la gestion des hommes. Il existait, sous le règne d'Houphouet, des lois, et pourtant par deux fois il a cédé devant la volonté du peuple. Bédié et ses petits copains sont en train de détruire la Côte d'Ivoire que Houphouet a érigé en un hâvre de paix, grâce à sa politique de rassemblement.
N.H. : C'est une grave accusation ?
V.T. : En Côte d'Ivoire, c'était le règne d'un seul homme. En 1990, Laurent Gbagbo est venu briser le cycle de l'unanimisme et a libéré la parole confisquée. Passons sur son échec programmé et planifié aux élections présidentielles pour ne retenir que l'acte symbolique qu'il a posé en affrontant Houphouet. Aujourd'hui, ce brave garçon ne veut pas aller aux élections parce qu'elles sont truquées d'avance. Un homme normal peut-il admettre cela ? Ses nombreux supporters qui prônent, à raison, le boycott actif, c'est sûr, ne croiseront pas les bras. N'est-ce pas le commencement de la destruction du pays, étant entendu que Bédié, qui veut être président sans combattre, va mettre en branle ses forces de répression ? Il y a aussi le cas Alassane Ouattara. Voilà un homme appelé au chevet de la Côte d'Ivoire agonisante, au nez et à la barbe de ceux qui soutiennent aujourd'hui qu'il est étranger. Alors qu'il a assuré, par moments, le rôle de chef de l'État, il est, lui aussi, frappé d'ostracisme par le code électoral. Croyez-vous que ses partisans et ceux de Gbagbo, de loin les plus nombreux, vont se laisser voler ? Et les Yacé et autres Ekra regardent la Côte d'Ivoire sombrer. Nous sombrerons tous avec elle.
N.H. : Mais à la mort d'Houphouet, Yacé a quand même tenté de calmer le jeu ?
V.T. : Il a simplement dit : "il y a le feu". Ce à quoi Fologo, en bon valet, a rétorqué : "Mais où est le feu". Et Yacé n'a pas insisté. On l'a plutôt vu après, avec les Ekra et autres Coffi Gadeau, en campagne pour le PDCI. C'est vraiment pitoyable de voir tous ces gens-là militer pour le maintien d'un code qui pénalise les intérêts de leurs propres enfants. Imaginez-vous Houphouet, dont la première femme est sénégalaise, faire campagne pour une loi qui lèse les intérêts de ses fils ? Même de son vivant il a tenu éloignés ces derniers de la politique, jamais il n'a codifié cela.
N.H. : Que reprochez-vous au code électoral ?
A.T. : D'abord et avant tout, les pratiques quotidiennes malsaines d'un pouvoir, n'inspirent pas confiance quant à l'organisation régulière des élections. Bédié n'a pu se mettre au-dessus des partis alors qu'il l'avait promis. Il a conditionné ses préfets, militants du PDCI à son profit, alors qu'il les présente à l'opinion comme des éléments neutres. Il crée un code qui le donne gagnant avant les élections. Et même s'il retire ce code, l'opposition perdra parce que le recensement est insidieusement ficelé à son avantage. Il faut reporter les élections et créer une commission autonome qui reprendra le recensement et qui ne renversera pas les résultats comme en 1990. C'est à ce prix qu'on peut éviter la guerre civile en Côte d'Ivoire.
N.H. : Le peuple de Côte d'Ivoire qui aime la paix peut-il arriver à cette fatalité ?
Mais la guerre civile est déjà à nos portes. Pensez-vous que le peuple va accepter indéfinitivement d'être l'objet de frustration au nom d'une paix plus proclamée que vécue ? Ces frustrations ont été comblées par les tueries, les crimes du 2 octobre dernier. Bédié a bien donné l'ordre de tuer. La population va user de la loi du talion en prenant les armes. Tout le monde sait qu'il n'est pas difficile de s'en procurer en abondance surtout que chez nous, des forgerons savent en fabriquer. Alors attention ! Quand le temps de l'engrenage sonnera, personne, pas même la France qui soutient aveuglement Bédié ne pourra lui être d'un grand secours.
CENDRES GLAZAI
Visualizations
AI sentiment
Polarity, centrality to Islam and Muslim communities, and subjectivity ratings for this article, produced by three AI models (Gemini 3 Flash, GPT-5 mini, Ministral 14B). Read directly from the Omeka item metadata.
- Polarity
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Neutral
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Marginal
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Rather objective
Show reasoning
Polarity
L'appartenance religieuse de l'intervenant est présentée de manière factuelle et neutre, sans jugement de valeur positif ou négatif sur sa foi ou sa communauté.
Centrality
L'islam n'est mentionné qu'à travers le titre de 'président des musulmans orthodoxes' de l'interviewé, le reste du texte portant sur la politique ivoirienne.
Subjectivity
Le texte rapporte fidèlement les propos d'un leader religieux sans ajouter de commentaires doctrinaux, bien que le choix de l'interviewé reflète une perspective politique engagée.
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Neutral
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Marginal
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Very objective
Show reasoning
Polarity
La mention des musulmans n'exprime ni appréciation positive ni critique; elle est factuelle et contextuelle.
Centrality
La mention de l'islam/musulmans se limite au titre d'une personne (président des musulmans orthodoxes) et n'est pas le sujet de l'article.
Subjectivity
La référence aux musulmans est strictement descriptive et il n'y a pas d'opinion, jugement ou discours sur l'islam ou les musulmans.
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Negative
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Marginal
- Subjectivity
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Rather subjective
Show reasoning
Polarity
Le texte adopte une tonalité globalement critique envers le pouvoir en place (Bédié, PDCI) et les dynamiques politiques ivoiriennes, sans distinction claire entre acteurs ou groupes ethniques/religieux. Bien que l'islam/musulmans ne soient pas ciblés directement, leur mention (via El Hadj Touré) est associée à une dénonciation des injustices, mais le contexte général (violence, répression) renforce une perception négative des institutions, sans nuance positive. La polarité envers l'islam/musulmans est donc **non applicable** au sens strict, mais le cadre général est défavorable à la stabilité politique, ce qui peut indirectement affecter leur représentation (ex : peur de la guerre civile).
Centrality
L'islam et les musulmans sont mentionnés de manière anecdotique via El Hadj Mamadou Touré, mais le sujet central de l'article reste la critique politique et sociale en Côte d'Ivoire (code électoral, répression, histoire nationale).
Subjectivity
Le ton est fortement engagé, avec des accusations directes (ex : 'Bédié a donné l'ordre de tuer'), des jugements moraux ('pitoyable', 'frustrations comblées par les tueries') et une rhétorique émotionnelle ('attention ! Quand le temps de l'engrenage sonnera'). La mention d'El Hadj Mamadou Touré comme 'président des musulmans orthodoxes' est instrumentale et non neutre, servant à légitimer son discours politique.
Model comparison
Scales: polarity 1 (very negative) – 5 (very positive) · centrality 1 (not addressed) – 5 (very central) · subjectivity 1 (objective) – 5 (subjective)