Article · Le Patriote · 26 mai 1992 Citer
Femmes : les musulmans sont beaucoup trop exigeants
- Type
- Article de presse
- Créateur
- Edouard Kouadio
- Editeur
-
Le Patriote
- Date
- 26 mai 1992
- Description
-
Dans un entretien avec Patriote Express, l’institutrice musulmane C. Assétou décrit les étapes du mariage : demandes successives de noix de cola, annonces familiales, enfermement et toilette ritualisée de la future épouse, henné, voile, cadeaux et enseignement religieux. Le minimum comprend 12 complets de pagne, 500 000 à 1 million de francs pour les ustensiles, des boubous pour les parents et des bijoux ; les cérémonies durent aujourd’hui au moins quatre jours. Elle explique enfin que la femme doit s’occuper du foyer, mais dénonce les exigences masculines envers les musulmanes qui travaillent et l’usage de l’autorité pour justifier la polygamie.
Annotations de valeur
- AI Model - Summary
- GPT-5.6 Luna
- nombre de pages
- 1
- Langue
- Français
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-article-0010800
- contenu
-
Dans le cadre de notre chapitre sur le mariage traditionnel et ses conséquences sur la vie du coupe, et la conjointe en particulier, nous avons rencontré une femme musulmane. Elle se nomme C. Assétou et est institutrice. Elle apporte sa contribution au débat en s'inspirant de sa propre expérience.
Patriote Express : Madame, pouvez-vous nous parler du mariage en milieu musulman ? C. Assétou : D’abord, je vous parlerai des étapes importantes qu’on traverse, avant d’aboutir au mariage proprement dit. En général, c’est l’homme qui vient voir l’oncle de la fille pour lui signifier qu’il a l’intention de «s’afficher de manière définitive» avec sa nièce. C’est l'oncle qui, à son tour, va exiger du prétendant les premières noix de colas. Elles vont servir à annoncer la nouvelle aux parents de la jeune fille. Après cette étape, on fait une autre demande de colas qui vont servir à divulguer la nouvelle au niveau de la grande famille à travers la ville, et même à travers le pays, aux amis et connaissances. Ce sont les deuxièmes noix de colas. Cela peut varier entre un et plusieurs paniers. C'est là que certains avancent que c’est coûteux, car cela dépend de la famille, des moyens, et de la manière dont elle envisage d’organiser la chose. Des femmes d’un certain âge sont chargées de faire la sélection des colas et d’en faire la répartition un jeudi ou un vendredi. On y ajoute de l’argent (dans des paquets qu’on envoie partout où la famille connaît quelqu’un). Tout le monde ainsi informé, on arrête une date. Après cette étape, il y a l’envole des dernières colas, qui consiste en une prise de décision, allant dans le sens de la “récupération” de la femme. Ici la future mariée est gardée dans une maison close, avec les jeunes filles de sa génération. Les femmes chantent et dansent pour entretenir l’ambiance. On lui met du henné aux pieds. Si c’est une femme qui ne travaille pas, les cérémonies débutent un mardi, pour atteindre le moment crucial qui et le jeudi ou le vendredi. Ce jour-là, des femmes bien choisies lui font sa toilette. C’est l’étape la plus importante. Après l'avoir lavée, ce sont ces femmes qui l’ont lavée qui gardent, comme leur propriété, les effets de toilette. On lui met un voile avec de nouveaux vêtements. Et elle doit garder le voile jusqu’à ce qu'elle sorte de la chambre. Le dernier jour, ce sont les festivités, avec un griot pour chanter les louanges de la famille. Une marraine est désignée pour enseigner les règles élémentaires de la religion à la jeune mariée : comment faire l’ablution, la prière etc... C’est là qu’elle est autorisée à sortir. Ce jour-là, après la danse, on fait sortir tout ce que la mariée a eu comme cadeaux, parce que dans les préparatifs le mari aura donné de l'argent pour acheter la vaisselle.
Patriote Express : Les dépenses ne sont-elles pas excessives ?
C. Assétou : Cela dépend des familles et des moyens comme je l’ai déjà dit. C’est aussi une histoire d’honneur du prétendant et de sa famille. Il veut qu’on dise après qu'il a fait des choses extraordinaires lors de son mariage. Sinon, l’excès n’est pas obligé. Il faut un minimum.
Patriote Express : Au fait qu'exige t-on ?
C. Assétou : Au minimum, on exige 12 complets de pagnes de qualité supérieure. Mais l’homme, pour une question d’honneur, peut dire, moi, au lieu de 12 complets je vais en acheter 24. Je donne au moins 500.000 F. à 1 million pour acheter les ustensiles de ma femme. Après les pagnes et ustensiles, on demande un boubou riche pour le père de la jeune femme, un autre pour la mère, et en plus, l’homme doit faire un don en argent pour acheter les bijoux de sa femme. Cela représente la dote même. Avant, les cérémonies pouvaient durer une semaine. Aujourd’hui cela doit faire au moins 4 jours. Elle peut sortir un samedi. On l’accompagne chez son mari et puis c’est fini. Il faut souligner que dans des familles aisées, l’homme n'est pas seul à faire les dépenses. Les parents de la mariée peuvent participer aux dépenses.
Patriote Express : Quelles sont les lois qui régissent le vécu quotidien de la musulmane surtout au foyer ?
C. Assétou : Au foyer, la musulmane se doit d'être soumise. La femme doit être docile, attentionnée envers ses enfants, et s’occuper de la maison. Le bien-être de la famille lui incombe.
Patriote Express : Est-ce que l'intellectuelle que vous êtes avec votre profession et les lois musulmanes, vous réussissez à vous gérer ?
C. Assétou : Pour une bonne musulmane, je crois qu’il ne devrait pas y avoir de problème. En tout cas, à mon niveau, je réussis à concilier aisément le tout. Parce qu’après le travail, il faut regagner la maison.
Patriote Express : L'homme musulman, se sent-il à son aise avec une femme musulmane Intellectuelle et libérée ? Quelles sont les critiques que les hommes musulmans vous font?
C. Assétou : C’est vrai, Il y a quelques fois des problèmes.
Les hommes musulmans sont beaucoup trop exigeants. Je peux prendre sur ce chapitre, mon propre exemple. Quand il y a un problème à la maison, qu’on demande à mon mari, il dit automatiquement que je ne suis pas du tout soumise. Mais quand on lui demande le genre de soumission qu’il attend de moi, il n’arrive pas à définir clairement ce qu'il veut. Ou bien, quand il a quelque chose à dire, il dit que je fais passer mon job, ma famille c’est- à-dire, mes parents, avant mon foyer. Voici une forme d’exigence qui est, à mon sens, excessive. Alors qu’en réalité, je travaille. Il lui arrive souvent de demander des choses impossibles. De vouloir manger des plats que je n’ai ni le temps, ni la force nécessaire de confectionner, car fatiguée par les journées de travail. Il refuse même de manger quelques fois, quand c’est le domestique qui prépare. Moi, je pense qu’il doit comprendre. Savoir faire la part des choses. Sinon, en fait, il ne devrait pas avoir de problème. La femme doit jouer pleinement son rôle. Elle doit être soumise à son mari. Mais s’il y a des exigences professionnelles qui l’empêchent d’assurer complètent cette règle religieuse, le mari se doit de la comprendre. Quelques fois d’ailleurs, ce sont de fausses querelles. Car, quand il s’avère que la femme qui se trouve à la maison ne répond plus à leur attente, ils trouvent des procédés pour chercher une deuxième, une troisième et même une quatrième femme. Dès qu’il y a un petit problème, ils se montrent autoritaires, très exigeants. Ils ont envie de s’affirmer, de dominer, pour écraser la femme.
Propos recueillis par KOUADIO EDOUARD
Comment citer ce document
Kouadio, Edouard. “Femmes : les musulmans sont beaucoup trop exigeants.” Le Patriote, 26 mai 1992. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/73691.
Kouadio, E. (1992, mai 26). Femmes : les musulmans sont beaucoup trop exigeants. Le Patriote. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/73691.
Kouadio, Edouard. “Femmes : les musulmans sont beaucoup trop exigeants.” Le Patriote, 26 mai 1992. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/73691.
Visualisations
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Polarité, centralité à l’islam et aux communautés musulmanes, et subjectivité de cet article, évaluées indépendamment par GPT-5.6 Luna, Mistral Small 4, DeepSeek V4 Flash, Gemma 4 31B, Qwen3.8 27B. Lues directement dans la notice de ce document.
Polarité
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Gemma 4 31B
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Neutre
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Malgré les critiques rapportées sur les hommes musulmans, l’article expose aussi les pratiques matrimoniales et les devoirs conjugaux de manière descriptive, sans généralisation ni prise de position explicite de la rédaction.
L'article met en avant des critiques sévères envers les hommes musulmans, perçus comme exigeants, autoritaires et injustes envers leurs épouses, notamment en matière de soumission et de rôles domestiques.
Les propos de l'interviewée contiennent des critiques envers les hommes musulmans ('Ils ont envie de s'affirmer, de dominer'), mais l'article les rapporte avec attribution et distance, sans les prendre à son compte ni les contrebalancer activement ; la neutralité journalistique prévaut.
Le texte rapporte factuellement des pratiques et des opinions personnelles sur la vie conjugale sans que le journal n'exprime de jugement valorisant ou dépréciateur envers l'islam.
L'article rapporte à la fois l'acceptation du cadre religieux par l'interviewée (« Pour une bonne musulmane, je crois qu'il ne devrait pas y avoir de problème », « Elle doit être soumise à son mari ») et ses critiques envers le comportement de certains maris, sans que la plume du journaliste prenne position ni valorise ni déprécie l'islam en lui-même.
Centralité
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DeepSeek V4 Flash Très central
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Très central
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Central
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L’article porte directement sur le mariage en milieu musulman, les obligations religieuses de la femme et les rapports conjugaux entre musulmans.
L'article est entièrement consacré aux pratiques du mariage en milieu musulman, avec des références explicites aux rites islamiques (noix de cola, henné, ablutions, prière, soumission de la femme).
L'article est entièrement consacré au mariage en milieu musulman : étapes rituelles, dot, règles religieuses, soumission de l'épouse. Une femme musulmane est interrogée sur sa propre expérience, ce qui fait de l'islam et des musulmans le sujet principal.
L'intégralité de l'entretien est consacrée au « mariage en milieu musulman » et aux « lois qui régissent le vécu quotidien de la musulmane ».
L'ensemble de l'entretien est structuré autour du « mariage en milieu musulman » et des « lois qui régissent le vécu quotidien de la musulmane », avec des références constantes aux pratiques religieuses (ablution, prière, enseignement des « règles élémentaires de la religion » par la marraine, concept de soumission comme « règle religieuse »), partageant la place avec le sujet principal qu'est la vie conjugale.
Subjectivité
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Très objectif
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Plutôt objectif
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Le traitement prend la forme d’un entretien fondé sur l’expérience de C. Assétou, dont les jugements sur la soumission et les exigences masculines sont explicitement attribués. L’article rapporte ces propos sans commentaire éditorial manifeste.
L'article repose sur un entretien où la personne interviewée exprime ses opinions personnelles et ses critiques envers les hommes musulmans, avec des jugements explicites sur leur comportement et leurs attentes.
L'article est une interview rapportée : le journaliste se borne à poser des questions et à restituer les propos de C. Assétou, sans commentaire ni adhésion ; les opinions sont attribuées à la source ('Je peux prendre sur ce chapitre, mon propre exemple').
L'article est une transcription d'entretien où le journaliste se borne à poser des questions pour recueillir le témoignage de C. Assétou sans y ajouter de commentaire.
Le format interview attribue l'intégralité des jugements à C. Assétou (« à mon sens, excessive », « ils se montrent autoritaires, très exigeants »), mais les questions du journaliste installent un angle de tension — « l'intellectuelle que vous êtes… et les lois musulmanes, vous réussissez à vous gérer ? » — qui oriente subtilement le cadre sans que le rédacteur y ajoute sa propre opinion.