Article · La Nation · 21 avril 1993 Citer
Affrontement entre "Zangbéto" et musulmans à Porto-Novo : le ministre de l'Intérieur prône la coexistence pacifique
- Type
- Article de presse
- Créateur
- Maxime Videgla
- Editeur
-
La Nation
- Date
- 21 avril 1993
- Description
-
À Porto-Novo, des affrontements entre communautés Goun et musulmane, nés d’un différend entre un musulman et la secte « Zangbéto », ont fait un mort, douze blessés et 44 interpellés, dont deux femmes. Après une visite des lieux sinistrés, le ministre de l’Intérieur Richard Adjaho a ordonné l’arrestation d’Adissa, accusé par Jean-Pierre Agondanou et Moucharaf Gbadamassi de recruter des jeunes et d’organiser les casses, et a annoncé de nouvelles réunions pour apaiser la situation.
Annotations de valeur
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- pages
- 1
- 3
- nombre de pages
- 2
- Sujet
- Karim Urbain da Silva
- Moucharaf Gbadamassi
- Pluralisme religieux
- Richard Adjaho
- Réconciliation
- Violence
- Secte
- Jean-Pierre Agondanou
- Conflit
- Sécurité
- Couverture spatiale
- Porto-Novo
- Langue
- Français
- Identifiant
- iwac-article-0003239
- Détenteur des droits
-
La Nation
- contenu
-
Le drame, né d’un différend entre un musulman- membre de la secte «Zangbéto»-et ladite secte, trouverait ses racines parmi les fauteurs de troubles invétérés de Porto-Novo. La descente du ministre de l’Intérieur, Richard Adjaho, sur le terrain hier, a permis de cerner quelque peu les origines ainsi que les tenants et les aboutissants du brusque déferlement de violence dans la capitale politique.
Point n’est besoin de revenir sur les faits relatés dans notre édition du mardi 20 avril 1993. Le ministre de l’intérieur, accompagné des directeurs de la police et de la gendarmerie et des sages de la ville ainsi que des responsables politico-administratifs, a fait le tour des lieux où s’étaient produits d’importants dégâts. Après cette visite, une séance de travail a réuni tout le monde à la salle de conférence de la préfecture de Porto-Novo. Le préfet du département, Godfried Johnson, dans une introduction liminaire, a rappelé les faits qui avaient dégénéré en affrontements entre les communautés Goun et musulmane, et les efforts déployés jusque-là pour apaiser la tension. A la date d’hier, on a enregistré un mort, Togbé Firmin, décédé dimanche dernier des suites de blessures, douze blessés, 44 interpellations dont deux femmes. Pour le préfet du département, il faut multiplier les rencontres, analyser le problème à la base, puis situer les responsabilités. La visite du ministre, dira-t-il, n’est qu’un prélude à une série de séances de travail en vue de cerner tous les contours du problème posé.
Le ministre Adjaho, prenant à son tour la parole, a déclaré qu’il est venu faire un constat, rencontrer les différentes structures de Porto-Novo, et contribuer à l’apaisement de la situation. Il a félicité le préfet, les forces de sécurité publique et tous ceux qui ont oeuvré à calmer la tension. Il a par ailleurs prôné le calme et la compréhension.
Adissa, le fauteur de troubles
M. Yèkèdo, le président du culte «Zangbéto», a pris le premier la parole pour exposer sa version des faits. Selon lui, le «Zangbéto» joue le rôle de gardien de nuit depuis des temps immémoriaux. Cette secte est arrivée à Porto-Novo depuis 1610 avec Tê-Agbanlin. Les musulmans n’ont jamais voulu du» Zangbéto», Celui-ci, jouant le rôle de la sécurité la nuit, pourrait les prendre la main dans le sac. M. Yèkèdo a révélé que deux jeunes musulmans se sont spécialisés dans les incendies de couvents» Zangbéto». Leurs parents sont venus à plusieurs reprises supplier les responsables «Zangbéto» pour un pardon. Seulement voilà, lors des cérémonies annuelles qui durent neuf jours, il est de coutume que les adeptes fidèles fassent des rites de purification à l’intention de ceux qui ont violé les règles et les principes du couvent. C’est ce qui a été à la base des caricatures pour démontrer que c’est un musulman qui a profané les lieux. Cela a suffi pour déclencher la vague de violence dès vendredi 16 avril dernier. Pourtant, il y a eu les journées de mercredi et de jeudi!
Le responsable de la communauté musulmane, Baba Adimi, s’est contenté de rappeler au ministre les démarches qu’il a eu à effectuer en direction du préfet, du chef-circonscription, du ministère de l’intérieur, du comité des sages et même de la présidence de la République. Idem pour le porte-parole des sages de Porto-Novo qui ont, très tôt, mis sur pied un comité de crise et de réconciliation que dirige Urbain Karim da Silva. Pour le porte-parole des cinq dynasties du Palais royal de Honmè, la situation est suffisamment grave parce que les fauteurs de troubles menacent d’intervenir dans le Palais. Il urge donc de prendre des dispositions de sécurité.
La grande révélation est venue de messieurs Jean-Pierre Agondanou et de Moucharaf Gbadamassi qui, dans leurs interventions, ont indexé un certain Adissa, le principal fauteur de troubles. Selon eux, il a recruté des jeunes, les a mobilisés pour les embarquer dans un véhicule immatriculé J 5020 RB. Les forces de sécurité ont été informées en temps opportun, mais hélas! Adissa continue d’organiser les «casses,» continue de faire ce qu’il veut dans la ville de Porto-Novo. Messieurs Agondanou et Gbadamassi, respectivement membre du comité des sages et président de l’Association de développement de la ville de Porto-Novo, après avoir condamné «les éléments incontrôlés et incontrôlables» qui troublent la quiétude des populations, ont invité le ministre de l’intérieur à prendre des dispositions urgentes, notamment pour mettre la main sur le sieur Adissa.
Le ministre Adjaho a, séance tenante, donné l’ordre aux directeurs de la gendarmerie et de la police pour qu’ils mettent tout en oeuvre pour arrêter le fauteur de troubles, qui aux dires des anciens de la ville de Porto-Novo, saccage et incendie à la fois mosquées, écoles coraniques et couvents de «Zangbéto» . En fait de confusion c’en est une, car tout observateur averti a constaté qu’il existe véritablement entre les deux communautés une volonté de coexister pacifiquement Le ministre Adjaho a renouvelé sa confiance aux responsables de la ville à divers niveaux pour qu’ils tentent le tout pour le tout afin que la situation ne se dégrade davantage. Il a souhaité d’autre part qu’une délégation aille présenter les condoléances à la famille de la victime puis saluer les blessés. Il a enfin promis retourner sous peu à Porto-Novo pour des séances de travail plus approfondies.
Comment citer ce document
Videgla, Maxime. “Affrontement entre "Zangbéto" et musulmans à Porto-Novo : le ministre de l'Intérieur prône la coexistence pacifique.” La Nation, 21 avril 1993. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/7035.
Videgla, M. (1993, avril 21). Affrontement entre "Zangbéto" et musulmans à Porto-Novo : le ministre de l'Intérieur prône la coexistence pacifique. La Nation. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/7035.
Videgla, Maxime. “Affrontement entre "Zangbéto" et musulmans à Porto-Novo : le ministre de l'Intérieur prône la coexistence pacifique.” La Nation, 21 avril 1993. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/7035.
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L’article rapporte des accusations visant certains musulmans, mais présente également les démarches de la communauté musulmane et souligne la volonté de coexistence pacifique entre les deux communautés.
Le texte présente un conflit entre deux communautés sans prendre parti de manière explicite. Les violences et les accusations sont rapportées de manière factuelle, et la phrase sur la 'volonté de coexister pacifiquement' relève d'une observation rapportée plutôt que d'un jugement de valeur de l'article.
L'article présente les tensions sans prendre parti pour l'une des communautés, et rapporte les appels au calme et à la réconciliation sans porter de jugement de valeur sur les musulmans.
Le ton est globalement factuel dans le compte rendu des tensions, et l'auteur souligne même la « volonté de coexister pacifiquement » entre les communautés.
L'article rapporte la déclaration du président Yèkèdo (« Les musulmans n'ont jamais voulu du Zangbéto ») avec attribution, donne la parole au responsable musulman, et attribue la violence à un individu nommé Adissa, sans que le lexique de l'article lui-même déprécie ou valorise la communauté musulmane.
Centralité
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Très central
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L’article est largement consacré aux affrontements entre la communauté musulmane et les adeptes du culte Zangbéto, ainsi qu’aux efforts d’apaisement entre ces groupes.
L'article traite d'un conflit violent entre une communauté musulmane et la secte 'Zangbéto', avec des mentions explicites de mosquées, écoles coraniques et des dynamiques communautaires impliquant clairement les musulmans.
L'article traite principalement d'affrontements entre la communauté musulmane et la secte Zangbéto, et de la tentative d'apaisement, plaçant les musulmans au cœur du sujet.
L'article relate des affrontements violents impliquant explicitement la « communauté musulmane » et des tensions avec la secte Zangbéto.
Le conflit oppose directement la communauté musulmane à la secte « Zangbéto » : le leader musulman Baba Adimi s'exprime, les mosquées et écoles coraniques sont citées comme cibles, et la dynamique intercommunautaire Goun-musulmane structure l'ensemble de l'article.
Subjectivité
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Plutôt objectif
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Le texte rapporte de nombreux faits et plusieurs points de vue attribués, mais emploie aussi un lexique orienté comme « fauteur de troubles », « grande révélation » et « hélas ».
L'article rapporte principalement des faits et des déclarations des parties en présence, avec des citations directes des responsables des deux communautés. Le ton reste informatif, bien que le choix de termes comme 'fauteurs de troubles' introduise une légère nuance subjective.
L'article rapporte les faits et les déclarations des différentes parties, mais adopte un ton légèrement orienté en qualifiant Adissa de 'fauteur de troubles' et en soulignant 'la volonté de coexister pacifiquement'.
Le journaliste rapporte principalement les propos des différents acteurs (« Selon lui », « a déclaré »), malgré une brève intervention personnelle en fin de texte sur la coexistence.
L'article se structure comme un compte rendu factuel d'une séance de travail (chiffres, interventions attribuées), mais glisse une incise éditoriale — « tout observateur averti a constaté qu'il existe véritablement entre les deux communautés une volonté de coexister pacifiquement » — et un « hélas ! » qui trahissent une légère mise en cadre.

