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Date
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30 août 1993
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Description AI-generated
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La communauté musulmane de Bantè est divisée en deux factions, l'une soutenant l'imam central El Hadj Mounirou Arouna Irénicaché, et l'autre, menée par son fils spirituel El Hadj Marna Seïdou et le "Comité An Sor Dine". Cette scission est due à des désaccords sur la gestion des affaires religieuses, la rupture des liens avec l'imam d'Abomey, le comportement de l'imam Irénicaché, et une possible xénophobie sous-jacente. Malgré la dissidence, la majorité des fidèles reste loyale à l'imam en place.
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1
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8
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nombre de pages
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2
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Identifiant
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iwac-article-0003234
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Droits
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contenu
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Que se passe-t-il donc au sommet de la hiérarchie religieuse musulmane de Bantè pour que les fidèles de cette communauté en soient parvenus à se scinder en deux tendances distinctes, ayant chacune à sa tête un guide spirituel ou imam ? Le dévouement à Dieu doit-il s’embarrasser de considérations bassement matérielles et égoïstes ou doit-on plutôt, en tant que serviteur de Dieu, s’astreindre à beaucoup d’humilité, d’abnégation et de charité humaine? Tel ne semble pas être le cas aujourd’hui à Bantè où le drame qui se joue au sein de l’importante communauté musulmane confine plutôt à une manifestation de xénophobie, à un relent pur et simple de frivolité et de rejet d’autrui.
Les faits
A l’origine de la pomme de discorde entre les fils de Bantè se trouve le personnage de l’actuel imam central de Bantè, El Hadj Mounirou Arouna Irénicaché, un septuagénaire sobre, vif et alerte, à l’allure svelte et au regard malicieux. Cet érudit de l’Islam a été aussi l’instituteur principal de Bantè devant qui des générations d’enfants de cette localité oht défilé, les uns pour acquérir l’enseignement moderne, les autres aussi bien instruction moderne que savoir coranique. Arrivé en 1946 à Bantè à sa sortie de l’Ecole Normale de Dabou (Côte d’Ivoire), El Hadj Mounirou Arouna Irénicaché, mû par sa vocation naturelle pour l’Islam, s’est évertué à en approfondir tous les aspects qu’il consacrera par des pèlerinages successifs à la Mecque d’où il reviendra auréolé et ragaillardi pour se lancer dans sa grande quête d’hommes pour l’Islam, et cela surtout à une période où Bantè croulait sous l’emprise du féodalisme et du fétichisme. Mû par sa foi et encouragé par le colonisateur, le jeune instituteur affranchira nombre d’enfants, tout en se consacrant au rayonnement de l’Islam au service duquel il se mettra entièrement après la retraite. Et c’est d’ailleurs pour pérenniser sa confiance en Dieu que l’imam Irenicaché bâtira de ses propres mains et du produit des quêtes récoltées, une imposante mosquée à double niveau au coeur de la ville et à quelques mètres de la modeste case en banco qu’il habite et où accroupi sur le sol, il s’adonne sans relâche à la lecture des écritures sacrées du Coran.
Il est naturellement évident que le fait d’avoir réussi dans un milieu aussi «hostile» vous tisse de solides inimitiés, et cela s’est traduit sur le terrain pour El Hadj Mounirou Arouna Irénicaché par des provocations grotesques, des diffamations en tous genres et même par des tentatives d’assassinat.
Néanmoins, fort de la confiance des populations et de sa foi inébranlable en Dieu et sentant les premiers stigmates de l’âge, El Hadj Mounirou Arouna s’est finalement résolu à former un successeur que, pendant plus de 8 ans, il a initié à la connaissance et à la culture arabes. Et c’est ce fils spirituel du nom de El Hadj Marna Seïdou qui serait, dit-on, à la base des remous qui agitent aujourd’hui la communauté musulmane. Qu’a donc fait cet homme vertueux pour mériter un tel sort ? A quoi rime la fronde de ces jeunes gens qui piaffent d’impatience à accéder à la charge suprême et qui n’hésitent pas au besoin à rappeler à leur guide ou tuteur spirituel son origine et sa terre de naissance?
Les causes de la division
En effet, pour El Hadj Marna Seïdou, ses partisans et leur chef de file, Boukari Mohamed qui viennent de fonder une nouvelle mosquée et une association dénommée «Comité An Sor Dine», il s’agit plus que jamais de s’immiscer dans la gestion de toutes les affaires qui concernent le développement spirituel et religieux de la ville de Bantè. Ce à quoi, disent-ils, El Hadj Mounirou Arouna Irénicaché s’est toujours opposé par ses actes.
Deuxièmement, la tendance dissidente s’oppose à la rupture des liens de sujétion qui existent entre le grand Imam d’Abomey et la communauté musulmane de Bantè, que El Hadj Mounirou Arouna aurait déjà unilatéralement rompus; en procédant donc ainsi, estiment-ils, l’imam de Bantè en l’occurrence El Hadj Mounirou Arouna se serait de lui-même disqualifié. Enfin, «le Comité An Sor Dine» reproche à l’Imam de Bantè ses airs de suffisance, de fatuité de même que ses prêches acerbes à l’endroit des populations. C’est donc pourquoi en ne contestant pas la charge d’Imam qui lui a été dévolue par leurs parents et les sages, ils souhaitent quand même qu’il renonce volontairement au titre d’Imam central de Bantè d’une part et que de l’autre, il se contente uniquement du titre honorifique d’imam et n’ait plus à jouer aucun rôle officiel lors des manifestations qui se dérouleraient à Bantè. Toutes décisions, que le «Comité An Sor Dine» a d’ailleurs pris le soin de notifier tant aux autorités politico-administratives qu’aux instances religieuses du département.
Des motifs de satisfaction
Au regard de tous ces faits déplorables, le vieil imam de Bantè éprouve encore beaucoup de motifs de satisfaction même si on l’invite à retourner à Sakété sa terre d’origine car non seulement la dissidence est circonscrite, mais aussi la grande majorité des fidèles n’a pas déserté ses rangs et continue toujours à le considérer comme leur guide spirituel. De plus, c’est encore à lui qu’échoient tous les honneurs officiels cas de manifestations.
C’est donc pourquoi l’Imam Mounirou Arouna Irénicaché estime qu’il n’a pas «à éprouver de la frousse face à de telles menées qu’il revient au Tout-puissant de juger».
Mais au-delà de cet épiphénomène, ne s’agit-il pas en réalité d’une manifestation congénitale propre aux populations de cette contrée pour qui tout étranger est par essence un «Alédjo» venu par les exploiter et exploiter les richesses de leur soi? Pour cette raison, il doit être craint et haï. C’est donc pourquoi un «Alédjo» ne doit rien «posséder» à Bantè et ne doit pas non plus «s’approprier de terres pour se livrer aux cultures industrielles. A moins que cet étranger ne s’intègre à la communauté par les liens de mariage ou de famille.
Et si l’envie ne lui prend pas, qu’il ne soit pas surpris de subir la fameuse règle de joladjè» ou «nous suçons l’étranger» ou bien «nous profitons de l’étranger à Bantè». A bon entendeur...
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Polarity, centrality to Islam and Muslim communities, and subjectivity ratings for this article, produced by three AI models (Gemini 3 Flash, GPT-5 mini, Ministral 14B). Read directly from the Omeka item metadata.
- Polarity
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Neutral
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Very central
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Rather subjective
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Polarity
La polarité est jugée neutre car l'article présente un équilibre entre le portrait très positif de l'imam central et la description négative des tensions internes et des comportements de la dissidence.
Centrality
L'article traite exclusivement d'un conflit de leadership et d'une scission au sein de la communauté musulmane de Bantè.
Subjectivity
L'auteur prend ouvertement parti pour l'imam central en utilisant des termes mélioratifs pour le décrire et en qualifiant les actions de la partie adverse de 'frivolité' et de 'xénophobie'.
- Polarity
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Negative
- Centrality
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Very central
- Subjectivity
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Rather subjective
Show reasoning
Polarity
La représentation met en avant des divisions, des critiques (airs de suffisance, diffamations) et des comportements négatifs au sein de la communauté musulmane, malgré une image positive de l'imam central.
Centrality
L'article traite essentiellement d'un conflit interne au sein de la communauté musulmane de Bantè et des figures religieuses qui la dirigent.
Subjectivity
Texte mêlant récits factuels et jugements valorisants envers l'imam ainsi que formulations moralisantes et accusatrices (xénophobie, frivolité), ce qui indique une forte présence d'opinions et de ton éditorial.
- Polarity
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Negative
- Centrality
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Central
- Subjectivity
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Rather subjective
Show reasoning
Polarity
Bien que l'article reconnaisse la légitimité historique de l'imam Mounirou Arouna, il adopte une tonalité critique envers la division communautaire, qualifiée de 'drame', 'frivolité', et 'xénophobie'. Les accusations portées contre les deux camps (suffisance, rupture unilatérale, prêches acerbes) renforcent une perception globalement défavorable des conflits internes, même si l'auteur semble plus critique envers les dissidents ('Comité An Sor Dine'). La mention explicite de la 'règle de joladjè' ('nous suçons l’étranger') ajoute une dimension moralisatrice négative.
Centrality
L'article traite principalement d'une division interne au sein de la communauté musulmane de Bantè, avec des détails sur les imams, les mosquées et les tensions religieuses, mais aborde aussi des thèmes socioculturels locaux (xénophobie, intégration) qui dépassent strictement le cadre religieux.
Subjectivity
Le texte mêle des éléments factuels (biographies des imams, événements historiques) et des jugements subjectifs, notamment dans les descriptions des tensions ('relent pur et simple de frivolité', 'prêches acerbes', 'menées'), ainsi que dans l'interprétation des causes profondes ('manifestation congénitale de xénophobie'). Le ton est clairement analytique mais teinté d'opinions sur les dynamiques communautaires.
Model comparison
Scales: polarity 1 (very negative) – 5 (very positive) · centrality 1 (not addressed) – 5 (very central) · subjectivity 1 (objective) – 5 (subjective)