Article · Alif · juillet 1995
Gestion de l'islam en CI : un lit pour deux rêves
- Type
- Article de presse
- Créateur
- Mir Soursultan
- Editeur
-
Alif
- Date
- juillet 1995
- numéro
- 32
- Description
-
Ce texte dresse un bilan très critique du HAJJ 95 en Côte d’Ivoire, présenté comme une instrumentalisation politique du pèlerinage par des ministres et le CSI de Diaby Mustapha, alias « Koweit », au profit du régime Bédié. Il oppose cette mise en scène au CNI de l’imam Koudouss, qui aurait refusé de faire prier pour un parti ou un dirigeant et encadré plus de 1 200 des quelque 1 500 pèlerins ivoiriens. La conférence de presse du CSI, tenue le 14 juin aux Deux-Plateaux, est décrite comme une opération de propagande ; le CNI aurait annoncé un bénéfice net de 10 millions.
Annotations de valeur
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- GPT-5.6 Luna
- pages
- 6
- nombre de pages
- 1
- Langue
- Français
- Est une partie de
-
Alif #32
- Identifiant
- iwac-article-0008422
- contenu
-
GESTION DE L'ISLAM EN CI :
un lit pour deux rêves
Les lampions du HAJJ 95 se sont éteints. ALLAHU TAALA recompensera en fonction de l'intention qui a animé les uns et les autres quant à leur implication dans cette vaste opération religieuse. Pour l'instant au niveau des deux structures religieuses et des hommes politique présents au pelerinage l'heure est au bilan.
Après l'accession de la Côte d'Ivoire à l'indépendance, il a été instauré un regime politique monolithique dont la principale caractéristique est la fusion de fait des trois pouvoirs (Executif, Legislatif, Judiciaire). Ainsi donc, feu le président Houphouet qui a été le maître d'oeuvre de cette entreprise a définitivement scellé jusqu'à ce jour la personnalisation du système politique. Sa haine viscérale de l'Islam poussait les ministres musulmans de son gouvernement au refus de l'accomplissement d'une obligation religieuse, en l'occurrence le pelerinage. Ils ne voulaient pas mécontenter leur TAGHOUT (idole).
L'avènement du multipartisme et la disparition du TAGHOUT leur a permis de retrouver miraculeusement les chemins de la MECQUE.
Est-ce un regain de vitalité spirituelle ou une volonté de repentir qui sous-tendent la démarche de ces personnalités politiques ? Que non ! O sacrilège, le HAJJ est le cadet des soucis de ces pécheurs en eau trouble qui depuis quelque temps ont transformé la cérémonie religieuse en une foire d'empoigne sinon en une campagne électorale. Pour ce faire, cette année, à défaut d'avoir pu impliquer la structure religieuse la plus responsable (le CNI), dans cette mise en scène ridicule, l'un des commis voyageurs n'a pas manqué d'accorder des interviews au journal OKAZ et à d'autres médias saoudiens dans le but de faire croire aux autorités saoudiennes que la politique musulmane du régime BEDIE est favorable à l'Islam et aux musulmans en Côte d'Ivoire. Pris sous tous les angles, les chargés de missions ont échoué car le travail de récupération n'a donné aucun fruit. Le CNI et la majorité des pèlerins acquis à sa cause ont refusé de prier pour la victoire d'un parti ou d'une personnalité politique. C'est d'ailleurs ce camouflet qui a amené ces ministres, après le pèlerinage, à organiser la fameuse mise en scène du palais présidentiel avec une délégation de partisans du "Koweitien" (une centaine et non mille) pour recréer l'atmosphère qui devrait prévaloir à la MECQUE. Le paradoxe a été que beaucoup de ces exaltés étaient des faux pèlerins car n'ayant jamais foulé la terre sainte.
Le CSI du Koweitien, bras séculier du pouvoir sur lequel a pesé de forts soupçons dans la tentative de sabotage du HAJJ 94, a de moins en moins pignon sur rue dans la communauté musulmane. Il a ruiné le peu de crédit qui lui restait, tant les bavures ont émaillé sa version organisation du pèlerinage. DIABY MUSTAPHA alias koweit n'a pu réellement convaincre la presse sur la mésaventure des 50 candidats pèlerins et les plaintes et complaintes d'un médecin dans un journal de la place. La conférence de presse du Koweitien, tenue à son cabinet aux 2 plateaux le 14 juin a été tout sauf un bilan. Comme d'habitude le président du CSI a exhorté avec parfois menace à l'appui, les journalistes à coopérer avec sa personne. Il a brièvement brossé ce qu'il a pu faire à la MECQUE pour "ses pèlerins" et ensuite a nié d'avoir promis à qui que ce soit une prise en compte pour le voyage en terre sainte.
DIABY Koweit a aussi révélé à la presse qu'il est le conseiller spécial du Président BEDIE. Avec cette révélation la collusion entre le CSI et le pouvoir ne pourrait plus souffrir l'ombre d'aucun doute. La plus grande partie de cette conférence de presse a été placée sous le sceau de l'infatuation. Le Koweitien a passé tout le temps à parler de l'importance accordée à sa personne à l'extérieur du pays, de la primauté de son organisation sur le plan international. Il a aussi de temps en temps décochés des flèches aux intégristes de Côte d'Ivoire pour finalement faire l'apologie de BEDIE et de son pouvoir. l'auditoire est resté dans l'expectative. Nul n'a pu savoir réellement combien de pèlerins le CSI a pu manager cette année. Mais en faisant un décompte c'est-à-dire en retirant ceux du CNI l'on se rendra compte qu'ils n'ont pas dépassé le cap de la centaine. Cette énième conférence a confirmé une réalité : la spécialisation d'une structure religieuse dans la sous-trance politique. Ceux qui à l'instar du CNI font un travail efficace et désintéressé se tiennent éloigner de tous ces boucans qui ne sont que de la pure fumée. La structure de l'Imam Koudouss a fini par convaincre l'opinion publique qu'elle est la seule organisation représentative qui travaille pour la religion donc pour Dieu. Tenez-vous bien ! Cette année il y a eu environ 1500 pèlerins ivoiriens à la MECQUE, le CNI a encadré plus de 1200 personnes. Le reste est à partager entre le CSI et les gens partis en terre sainte grâce à l'aide du Président de la République. Après avoir fait l'état des dépenses, cette organisation a affiché un bénéfice net de 10 millions qui pourra être injecté dans d'autres secteurs, cela pour le bien-être de la communauté musulmane.
Mir NOURSULTANAnnotations de valeur
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Comment citer ce document
Soursultan, Mir. “Gestion de l'islam en CI : un lit pour deux rêves.” Alif, juillet 1995. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/65616.
Soursultan, M. (1995, juillet). Gestion de l'islam en CI : un lit pour deux rêves. Alif. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/65616.
Soursultan, Mir. “Gestion de l'islam en CI : un lit pour deux rêves.” Alif, juillet 1995. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/65616.
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| Vignette | Titre | Relation | Type | Date |
|---|---|---|---|---|
|
Alif #32 | A une partie |
Numéro |
1995-07 |
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La représentation dominante des responsables et structures musulmanes liées au pouvoir est très critique, avec des accusations de récupération politique, de menaces et de mauvaise gestion, malgré l'éloge du CNI.
L'article dénonce avec virulence la récupération politique de l'islam par le gouvernement et certaines structures religieuses, utilisant un lexique très négatif ('sacrilège', 'foire d'empoigne', 'bavures', 'pure fumée') et présentant ces pratiques comme une trahison de l'islam authentique.
Le portrait d'ensemble est critique envers des responsables et une structure musulmans décrits comme des « pécheurs en eau trouble », des « faux pèlerins » et des spécialistes de la « sous-traitance politique ». Même si le CNI est valorisé en fin de texte, l'article oriente surtout vers le scandale et la récupération politique du pèlerinage.
Centrality
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L'article est entièrement consacré à la gestion de l'islam en Côte d'Ivoire, au pèlerinage à La Mecque et aux rivalités entre structures musulmanes et responsables politiques.
L'article traite principalement de la gestion politique de l'islam en Côte d'Ivoire, avec des détails sur le Hajj, les pèlerins, les structures religieuses (CNI, CSI) et leur relation avec le pouvoir politique.
Le sujet de l'article est explicitement la « GESTION DE L'ISLAM EN CI » et le pèlerinage à La Mecque, avec la rivalité entre deux structures religieuses ivoiriennes, le CNI et le CSI : l'islam et les musulmans occupent toute la place.
Subjectivity
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Le texte emploie un lexique fortement polémique, qualifiant notamment le pèlerinage de « foire d'empoigne », les responsables de « pécheurs en eau trouble » et certains pèlerins de « faux pèlerins ».
L'article exprime des jugements de valeur forts ('sacrilège', 'mise en scène ridicule'), adopte un ton polémique et prend clairement parti pour le CNI contre le CSI et le gouvernement, sans équilibre ni distance critique.
L'article adopte un ton polémique et accusatoire, sans distance journalistique : « O sacrilège », « foire d'empoigne », « mise en scène ridicule », « faux pèlerins » relèvent d'un jugement explicite. Il prend aussi nettement parti en présentant le CNI comme « la structure religieuse la plus responsable » et « la seule organisation représentative ».