Article · Sidwaya · 7 septembre 2000 Citer
Femmes, faits et droit : « L'islam accorde une place importante à la femme », dixit El Hadj Adama Sakandé
- Type
- Article de presse
- Créateur
- Hortense Zeda
- Editeur
-
Sidwaya
- Date
- 7 septembre 2000
- Description
-
Dans un entretien, l’imam El Hadj Sakandé Adama, membre du CERFI, affirme que l’islam accorde aux femmes une pleine valeur religieuse et attribue leur marginalisation à de mauvaises interprétations des textes. Il rappelle que le CERFI a créé une cellule féminine et organisé en 1993 les premières journées de la femme musulmane au Burkina, afin de renforcer leur formation et leur rôle dans l’éducation des enfants. Il rejette le lévirat comme pratique islamique et précise qu’après quatre mois et dix jours de veuvage, la veuve reste libre de refuser un remariage, tandis que le sororat n’est licite qu’avec le consentement des deux parties.
Annotations de valeur
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- GPT-5.6 Luna
- nombre de pages
- 1
- Sujet
- Adama Sakandé
- Femmes
- VIH/Sida
-
Association des Élèves et Étudiants Musulmans au Burkina
-
Cercle d'Études, de Recherches et de Formation Islamiques
- Mahomet
- Polygamie
- Mariage
- Couverture spatiale
-
Burkina Faso
- Langue
- Français
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-article-0002973
- contenu
-
Contrairement à la pratique et aux idées reçues, l'islam est une religion qui réserve une place de choix à la femme. Fort de cela le CERFI se bat pour une meilleure observance des préceptes sacrés afin de traduire dans les faits cette vérité du Coran. El Hadj Sakandé Adama que Sidwaya avait interrogé dans un article précédent (livraison du jeudi 24 août 2000) sur l'incidence de la polygamie sur la propagation du VIH/SIDA, approfondit aujourd'hui la question relative au statut de la femme en islam. El Hadj Sakandé, rappelons-le, est imam de la mosquée de l'AEEMB et membre du CERFI.
Sidwaya (S).: L'islam a bien mauvaise presse en matière de promotion de la femme. On dit que la femme y a un statut inférieur. Cette allégation est-elle conforme à l'esprit des textes coraniques?
El Hadj Sakandé Adama (S. A. ): L'islam est une religion qui accorde une place importante à la femme qu'elle soit épouse, mère ou fille. Cependant, je reconnais que les musulmans n'ont pas toujours été à la hauteur des recommandations islamiques. C'est une réalité qu'il faut accepter. C'est pourquoi il faudra œuvrer à changer la mauvais interprétation des écritures saintes. Il arrive par exemple qu'on interprète le verset qui dit que Dieu a donné la responsabilité de la gestion du foyer à l'homme, en disant que Dieu même admet que l'homme est supérieur à la femme. Je pense qu'il y a une mauvaise compréhension. J'en veux pour preuve un «hadis» du prophète Mahomet qui dit «prenez la moitié de cette religion avec cette femme-là». Ensuite l'histoire de l'islam a montré que la femme a joué un rôle important. J'en veux pour preuve la première épouse du prophète, Hadija la mère des croyants qui a été d'un soutien inestimable pour lui. Certaines écritures disent qu'à son décès, le prophète a beaucoup souffert au point que les historiens ont appelé cette année-là «l'année de la tristesse». Si l'on fait fi de tout cela pour dire aujourd'hui que la femme doit être reléguée au second plan, je pense qu'il y a une mauvaise compréhension. Il faut savoir que sur le plan purement religieux, sur le plan des rétributions, il n'est dit nulle part dans les écritures que l'on a donné des avantages plus à l'homme qu'à la femme. Le Coran nous dit «vous les croyants, vous les croyantes, vous les musulmans, vous les musulmanes» qui feront du bien auront leur rétribution au jour du jugement. Le paradis est ouvert aux hommes comme aux femmes.
S.: Que fait le CERFI pour remédier à cette mauvaise interprétation des versets du Coran?
S. A.: L'activité islamique que mène le CERFI a permis dans notre pays à la femme d'occuper une place importante. Avec le CERFI, nous avons commencé à initier les femmes en les organisant dans une structure (un démembrement du CERFI) autonome qu'on appelle la cellule féminine. Le CERFI a été la première organisation islamique à organiser en 1993 au Burkina les journées de la femme musulmane. Il y a eu deux éditions de ces journées qui ont impliqué plusieurs femmes d'ici et d'ailleurs. Les femmes ont démontré par ces journées qu'il y avait une prise de conscience de leur place dans la religion. A partir de ce moment, les femmes ont commencé à diagnostiquer leurs difficultés, à chercher des enseignants pour apprendre la religion. Aujourd'hui, il y a des femmes qui peuvent défier beaucoup d'hommes en la matière. Nous avons eu des exemples où certains de nos conférenciers se sont aventurés sur des domaines sans succès. Ils ont eu des difficultés pour se défendre lorsque les femmes les ont interrogés. Au niveau du CERFI nous estimons qu'il n'est pas juste qu'il y ait deux vitesses dans la pratique islamique. Il faut que les hommes et les femmes marchent ensemble pour que l'éveil islamique puisse gagner du terrain. Cela est d'autant plus important que les femmes ont un rôle important dans la préparation de la nouvelle génération. Plus elles auront des connaissances religieuses, mieux elles les transmettront à leurs enfants. Les femmes sont celles qui enseignent les premières choses de la vie à un enfant. Nous avons de grandes dames qui ont fait un bon travail dans l'histoire de l'islam et nous pensons qu'ici aussi les femmes peuvent faire de grandes choses.
S.: Quelle est la position de l'islam sur la pratique du lévirat et du soratat qui sont elles aussi désignées comme facteurs de transmission du SIDA?
S. A.: Pour le lévirat, il faut dire d'abord que c'est une loi hébreu mais pas islamique. En islam, aucun texte n'oblige une femme après le décès de son mari à épouser un des parents du mari. Il a été dit dans le verset 9, chapitre 4 que les croyants ne doivent pas hériter des femmes contre leur gré. Dans le verset 234, chapitre 2, il est dit: dans le cas du décès du mari, ses veuves sont astreintes à un délai de viduité de 4 mois et 10 jours. Passé ce délai, elles pourront disposer d'elles-mêmes.
L'islam demande à la femme qui perd son mari d'observer un délai de veuvage. Cela a surtout pour objet de permettre de vérifier si la femme n'est pas en grossesse (il s'agit d'éviter qu'il y ait mélange des progénitures). L'islam demande également qu'il y ait partage de l'héritage, et la femme n'en fait pas partie. Une fois que cela est fait, la femme est libre. Elle peut rester dans le foyer pour épouser quelqu'un de la famille. Dans ce cas aussi, elle consent, et ouvertement. C'est très important. En islam, dit-on. on demande l'autorisation de la jeune fille. Elle qui n'est pas encore mariée, si elle se tait, on considère cela comme un consentement. Quant à celle qui a déjà contracté un mariage, il faut qu'elle dise oui ouvertement. Si la veuve refuse de se remarier, elle prend son héritage et elle va faire ce qu'elle veut de sa vie. Il faut aussi que celui qui épouse la veuve qui se décide à rester dans la famille soit consentant. Dans ce cas il y a un nouveau mariage qu'il faut contracter avec des conditions bien précises et claires.
Pour ce qui est du Sorat, c'est une pratique qui n'est pas islamique. En islam, on ne dit pas que celui qui perd sa femme doit épouser une de ses sœurs pour la remplacer. Mais l'islam ne l'a pas interdit non plus. J'en veux pour preuve ce que le prophète a fait. Il a donné une de ses filles en mariage à Ousmane après le décès de Rokaya. Mais il ne l'a pas fait par contrainte. Il y a eu consentement des deux parties.
Propos recueillis par Hortense ZEDA
Comment citer ce document
Zeda, Hortense. “Femmes, faits et droit : « L'islam accorde une place importante à la femme », dixit El Hadj Adama Sakandé.” Sidwaya, 7 septembre 2000. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/6511.
Zeda, H. (2000, septembre 7). Femmes, faits et droit : « L'islam accorde une place importante à la femme », dixit El Hadj Adama Sakandé. Sidwaya. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/6511.
Zeda, Hortense. “Femmes, faits et droit : « L'islam accorde une place importante à la femme », dixit El Hadj Adama Sakandé.” Sidwaya, 7 septembre 2000. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/6511.
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Polarité, centralité à l’islam et aux communautés musulmanes, et subjectivité de cet article, évaluées indépendamment par GPT-5.6 Luna, Mistral Small 4, DeepSeek V4 Flash, Gemma 4 31B, Qwen3.8 27B. Lues directement dans la notice de ce document.
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L’islam est présenté comme accordant une place importante aux femmes, leur garantissant une rétribution religieuse égale et leur laissant une liberté de choix dans le mariage et le veuvage.
L'article défend une vision très positive de l'islam concernant les femmes, avec des exemples concrets (rôle de Hadija, actions du CERFI) et une absence de remise en question ou de critique.
L'article valorise clairement l'islam en présentant la religion comme favorable à la femme (« réserve une place de choix à la femme »), et donne la parole à un imam qui défend cette thèse avec des arguments tirés des textes sacrés. Même si le ton est essentiellement informatif, l'introduction et l'angle choisi expriment un point de vue positif envers l'islam.
Le texte présente l'islam comme une religion valorisant la femme et attribue les inégalités à de « mauvaises interprétations » plutôt qu'aux textes eux-mêmes.
Le lexique est uniformément valorisant (« place de choix », « vérité du Coran », « se bat pour une meilleure observance des préceptes sacrés ») et le cadrage global est une réhabilitation : toute critique est renvoyée vers la « mauvaise interprétation » ou la « mauvaise compréhension », jamais vers les textes islamiques eux-mêmes.
Centralité
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L’article est entièrement consacré au statut de la femme en islam, aux interprétations du Coran et à l’action d’une organisation islamique, le CERFI.
L'article est entièrement centré sur l'islam et la place des femmes en islam, avec un imam comme interlocuteur principal et des références constantes aux textes islamiques.
L'article est entièrement consacré à la place de la femme en islam : le titre programmatique et l'introduction affirment que l'islam accorde une place de choix à la femme, puis une longue interview d'un imam développe ce thème, avec des références au Coran et aux hadiths.
L'article est une interview entièrement consacrée au statut de la femme en islam et à l'interprétation des textes coraniques.
L'intégralité de l'article porte sur le statut de la femme en islam, citant le Coran, des hadiths, et l'action du CERFI (organisation islamique) et d'un imam : l'islam constitue le sujet principal du début à la fin.
Subjectivité
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L’entretien rapporte principalement les explications attribuées à l’imam, mais le cadrage introductif affirme que l’islam « réserve une place de choix à la femme » et l’article ne présente pas de point de vue contradictoire.
Le journaliste rapporte les propos de l'imam sans contrepoint critique, et le choix éditorial de publier cet entretien sur ce thème avec ce titre implicite montre une orientation subjective.
L'introduction est nettement engagée : elle affirme d'emblée « l'islam est une religion qui réserve une place de choix à la femme » et contredit les « idées reçues », ce qui constitue une prise de position éditoriale. Le reste de l'article est une interview factuelle, où les propos de l'imam sont rapportés sans commentaire, mais cette première phrase oriente la lecture.
L'introduction prend position d'emblée en affirmant que l'islam « réserve une place de choix à la femme », validant ainsi le point de vue de l'interviewé.
L'intro éditoriale pose comme fait établi que « l'islam est une religion qui réserve une place de choix à la femme » et qualifie l'interprétation coranique de « vérité », tandis que le CERFI « se bat » — un cadrage apologetique assumé, sans aucun contrepoint, bien que le corps de l'article reste sous forme d'interview attribuée.
