Article · Le Jour · 9 avril 1996 Citer
Mme Cissé Maconi, vice-présidente du Conseil national islamique (CNI) : "La musulmane est soumise, mais…"
- Type
- Article de presse
- Créateur
- Marie-Laure Digbeu
- Editeur
-
Le Jour
- Date
- 9 avril 1996
- Description
-
Dans cet entretien, Cissé Maconi, vice-présidente du Conseil national islamique et cofondatrice de l’Association des femmes musulmanes de Côte d’Ivoire, défend le voile comme devoir de piété et précise que la musulmane n’est soumise qu’à Dieu. Elle réclame pour les femmes l’instruction, l’accès aux métiers et aux postes de décision, la propriété privée et le choix du conjoint, tout en rejetant une égalité parfaitement uniforme et la direction de la prière devant des hommes. Elle attribue la faible défense de ces droits à l’ignorance, à l’éducation et aux préjugés sociaux.
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- pages
- 7
- nombre de pages
- 1
- Sujet
- Association des Femmes Musulmanes de Côte d'Ivoire
- Maconi Cissé
- Femmes
- Hijab
- Laïcité
- Conseil National Islamique
- Mahomet
- Marie-Laure Digbeu
- Éducation
- Mariage
- Polygamie
- Prière
- Couverture spatiale
-
Côte d'Ivoire
- Langue
- Français
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-article-0007930
- contenu
-
Mme Cissé Maconi, vice-présidente du Conseil national islamique (CNI)
« La musulmane est soumise, mais... »
Vingt années d'enseignement ont fini par faire de Cissé Maconi, une pédagogue et une parfaite actrice. Vice-présidente du Conseil national islamique (CNI), elle compte parmi les fondatrices de l'Association des femmes musulmanes de Côte d'Ivoire (AFMCI). Elle nous parle ici, de la soumission de la femme, du féminisme, des droits des femmes.
Le Jour : Vous portez depuis toujours un voile. Quel sens doit-on donner à cela ?
Cissé Maconi : Porter le voile est un devoir de piété pour toute musulmane. Ce n'est pas seulement le fait de l'islam mais aussi de toutes les religions qui l'ont précédé. Dieu demande à la femme croyante de n'être ni séductrice, ni provocatrice. Pour cela, la femme a besoin d'une protection extérieure, mais aussi intérieure. Porter le voile, c'est le désir de se mettre à l'abri des regards indiscrets. C'est un signe distinctif de la femme croyante.
L. J. : Et également celui de la femme soumise...
C. M. : La femme musulmane, il est vrai, est soumise. Mais seulement à Dieu, à qui tous les humains doivent soumission. La femme n'a devoir de soumission à aucune autre créature de Dieu, pas même à son mari. Dieu leur recommande aux femmes non pas soumission à leurs maris, mais plutôt obéissance parce que l'homme est le chef de famille, il en est responsable sur les questions matérielles, morales et spirituelles. Mais cette obéissance de la femme à son mari n'est pas une obéissance aveugle. Elle doit être réfléchie et conforme à la volonté de Dieu.
L. J. : Quel genre de mère êtes-vous ? Imposeriez-vous par exemple le voile à vos filles ?
C. M. : Je m'implique à fond dans l'éducation et la vie de mes enfants. A chaque étape de leur vie, les enfants ont besoin de présence, de conseils. Mes trois filles portent le voile, mais elles en sont dispensées pour l'école, parce que je respecte la laïcité de cette institution.
L. J. : Que vous inspirent les conventions contre les discriminations faites à l'égard des femmes, les conférences comme celle de Beijing ?
C. M. : Il faut savoir que la femme est différente de l'homme, sur plusieurs plans, notamment sur les plans morphologiques et biologiques. Ces différences biologiques ne doivent pas être reniées, je ne suis pas pour une société parfaitement égalitaire. Le rôle de l'homme est important, certes, mais il n'égale pas celui de la femme. Inversement, la femme ne doit pas prétendre à remplacer l'homme partout.
L. J. : On ne parle pas beaucoup, ou presque jamais, de revendications féministes chez les musulmanes. Est-ce à dire que tout va bien de ce côté en matière de respect des droits de la femme ?
C. M. : L'éducation de la musulmane ne lui permet pas de faire des revendications dans la rue, avec des pancartes, avec n'importe quel slogan ! Il faut éviter la subversion. Avant de revendiquer quoi que ce soit au nom de l'Islam, il faut d'abord connaître cette religion. La femme doit savoir ce qu'il lui est permis ou non de revendiquer, ce que Dieu lui donne comme droit. Cela dit, revendiquer des droits n'est pas mauvais en soi. Le prophète Mahomet (Paix et Salut sur lui) a montré comment l'Islam doit régir la vie de chacun. Mais les hommes et même la société en général, ont de manière traditionnelle et moderne violé les droits des femmes, ils les ont asservies. Il faut pourtant que la communauté prenne en compte les droits donnés à la femme par Dieu : Droit à l'instruction, à exercer tous les métiers, pourvu qu'ils ne lui nient pas sa féminité et qu'ils n'aillent pas contre sa religion. La musulmane a aussi le droit à la propriété privée, le droit de choisir son conjoint, d'accepter ou non la polygamie.
L. J. : Ces deux derniers points ne sont-ils pas que pures théories à côté de la réalité ? Il y a encore, par exemple, des cas de mariages forcés.
C. M. : Il faut reconnaître que les musulmanes sont encore timides à réagir lorsque leurs droits sont bafoués. Cela est à mettre au compte, certainement de l'éducation, mais aussi de l'ignorance. Comment peut-on revendiquer des droits si on ne les connaît pas ? Il faut également citer les préjugés qui, très souvent, obligent les femmes à se conformer à ce que la société veut qu'elles soit pour être acceptées.
L. J. : Quels sont, selon vous, les combats que les femmes musulmanes doivent mener aujourd'hui ?
C. M. : Le droit à l'instruction. Dieu recommande l'instruction pour tous. La femme le doit elle aussi, au fait des connaissances économiques, politiques, religieuses, culturelles... Elle doit avoir son mot à dire. L'Islam ne confine pas la femme à faire du suivisme. Elle peut prétendre aux postes de décision, si ses facultés morales et intellectuelles le lui permettent. On peut faire de la politique à la lumière des préceptes de Dieu.
L. J. : Verra-t-on un jour une femme diriger la prière à la mosquée ?
C. M. : La femme ne peut pas diriger la prière à la mosquée, dans une assemblée qui comprend également des hommes. Cela n'est pas possible. Et puis, étant donné qu'elle ne peut pas être Imam dans sa propre famille (ce rôle étant dévolu aux hommes), elle ne peut l'être pour toute une communauté.
L. J. : L'Association des femmes musulmane est restée bien muette sur l'avant-projet de loi portant sur l'adultère...
C. M. : L'Islam ne reconnaît d'adultère que lorsque l'acte sexuel précis se passe devant 3 témoins.
Mme Cissé Maconi : "La société doit prendre en compte les droits donnés à la femme par Dieu".
Propos recueillis par MARIE-LAURE DIGBEU
Comment citer ce document
Digbeu, Marie-Laure. “Mme Cissé Maconi, vice-présidente du Conseil national islamique (CNI) : "La musulmane est soumise, mais…".” Le Jour, 9 avril 1996. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/63538.
Digbeu, M.-L. (1996, avril 9). Mme Cissé Maconi, vice-présidente du Conseil national islamique (CNI) : "La musulmane est soumise, mais…". Le Jour. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/63538
Digbeu, Marie-Laure. “Mme Cissé Maconi, vice-présidente du Conseil national islamique (CNI) : "La musulmane est soumise, mais…".” Le Jour, 9 avril 1996. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/63538.
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L'article présente les positions de Mme Cissé Maconi sur la place de la femme en islam sans les commenter ni les évaluer, adoptant ainsi un ton neutre et factuel.
L'article ne prend pas position, même si la personne interviewée tient un discours valorisant l'islam ; le journaliste se borne à rapporter ses déclarations, sans les commenter ni les orienter, donc le sentiment exprimé par l'article lui-même est neutre.
L'article donne la parole à une représentante musulmane pour exposer sa vision sans que le journaliste n'endosse ou ne critique explicitement ces positions.
L'article se borne à restituer les propos de la vice-présidente du CNI sans les commenter ni les qualifier, et la journaliste, bien que ses questions soient incisives, n'adopte ni lexique valorisant ni dépréciatif envers l'islam ou ses fidèles.
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L’entretien porte directement sur la femme musulmane, le voile, l’obéissance, les droits des femmes et les préceptes de l’islam.
L'article est une interview de la vice-présidente du Conseil national islamique (CNI) qui discute principalement de sujets liés à l'islam, au voile, à la soumission de la femme et aux droits des femmes musulmanes.
L'article est entièrement consacré à une interview de la vice-présidente du Conseil national islamique sur la condition de la femme musulmane, la soumission à Dieu, le voile et les droits des femmes en islam, ce qui fait de ce thème le sujet unique du texte.
L'intégralité de l'entretien porte sur la condition de la femme en islam, abordant le voile, la soumission et le droit musulman.
L'intégralité de l'interview porte sur la soumission de la femme musulmane, le voile comme « devoir de piété », le rôle du Prophète Mahomet, la prière à la mosquée et le droit islamique de l'adultère, faisant de l'islam le sujet unique de l'article.
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L’article adopte principalement le format informatif de l’interview et attribue les positions à Cissé Maconi, même si le choix d’une interlocutrice unique oriente le traitement.
L'article est une transcription d'interview sans ajout de commentaire ou d'opinion de la part du journaliste, qui se contente de rapporter les propos de Mme Cissé Maconi de manière factuelle.
L'article se contente de rapporter les propos de l'interviewée, sans commentaire ni jugement du journaliste ; les questions posées sont factuelles et n'expriment pas l'opinion de l'auteur, qui laisse la parole à la seule source.
Le texte est essentiellement une transcription de propos, malgré une introduction qualifiant l'invitée de « parfaite actrice » et quelques questions orientées.
Le format est un entretien journalistique rapporté fidèlement, mais la journaliste impose un cadrage légèrement provocateur dans ses questions, comme « Ces deux derniers points ne sont-ils pas que pures théories à côté de la réalité ? » ou « L'Association des femmes musulmane est restée bien muette », sans toutefois prendre position dans le corps du texte.
