Article · Fraternité Hebdo · 20 juin 1985 Citer
L'Islam et le charlatanisme
- Type
- Article de presse
- Editeur
-
Fraternité Hebdo
- Date
- 20 juin 1985
- Description
-
Cet article oppose le charlatan, présenté comme un escroc recourant à la sorcellerie, à la magie et à la divination, au marabout musulman, éducateur religieux et médiateur social. Il affirme que le Coran condamne ces pratiques, notamment dans la sourate II, verset 102, et rappelle que le charlatanisme figure parmi les sept grands péchés et que les prières de celui qui consulte un charlatan ne sont pas exaucées pendant 40 jours. Dans les sociétés malinkés, le Karamoko se distingue ainsi du Morigbanan, et l’auteur appelle musulmans et fidèles d’autres confessions à se protéger de ces escroqueries.
Annotations de valeur
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- GPT-5.6 Luna
- pages
- 11
- nombre de pages
- 1
- Langue
- Français
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-article-0007767
- contenu
-
L'Islam et
le charlatanisme
Le charlatanisme est un sujet d'actualité difficile à aborder. C'est également un thème social d'importance qui ne concerne pas que les musulmans, bien au contraire. Le charlatan recrute ses clients parmi les non-musulmans, les riches, les pauvres, les jeunes et les vieux, les hommes et les femmes, les intellectuels et les illettrés. Dans notre région, la plupart des charlatans se réclamant de l'Islam, nous avons tenu à faire la lumière sur le phénomène.
Qu'est-ce qu'un charlatan?
Si nous consultons notre petit Robert, nous y lisons, que le charlatan est un vendeur ambulant qui débite des drogues, arrache les dents sur les places publiques et dans les foires.
Guérisseur qui prétend posséder des secrets merveilleux... Celui qui exploite la crédulité publique, qui recherche la notoriété par des promesses, de grands discours : escroc, menteur, imposteur, hâbleur.
Parlant du marabout, le petit Robert dit ceci : « De l'arabe Morabit, pieux, érudit, saint de l'Islam dont le tombeau est un lieu de pèlerinage ». Le dictionnaire vient de faire objectivement la part des choses entre l'escroc charlatan et le marabout, moine musulman sanctifié.
À la lumière de cette première définition, nous pouvons d'ores et déjà affirmer que l'Islam en tant que religion qui prône l'honnêteté, la franchise, la sincérité, l'amour et la justice sociale, ne saurait en aucune façon encourager le charlatanisme, pratique déloyale fondée sur l'escroquerie et la fainéantise. Il existe de fait, une contradiction flagrante entre le comportement du musulman digne de ce nom et les agissements irresponsables et condamnables du charlatan.
Le Coran lui-même condamne cette activité qui a pour but la sorcellerie, la magie, la futurologie et toutes sortes de sciences occultes dans la sourate II - verset 102. D'ailleurs les charlatans se servent de méthodes et de termes inintelligibles pour les plus grands connaisseurs du Coran. C'est une science occulte qui n'a rien à voir avec Dieu ou le Coran, une science à laquelle il faut être initié pour pouvoir interpréter leurs signes cabalistiques. Et pourtant, nos charlatans prétendent connaître le passé et l'avenir de leurs clients malheureusement nombreux. Ils affirment détenir le secret du bonheur, de la fortune, alors qu'ils végétent eux-mêmes la plupart du temps, dans une grande misère.
En vérité, n'est-ce pas là d'ignobles escrocs abusant impunément de la crédulité publique, des gens qui affirment connaître le passé et l'avenir de leur prochain? Ces gens courent de graves dangers. Si seulement comme dit le Coran, ils savaient que dans l'islam les sept plus grands péchés définis par le Prophète sont : Identifier quelqu'un à Dieu, le charlatanisme, l'adultère, l'homicide volontaire, l'usure et la désertion. Le Prophète a d'autre part déclaré et je cite : « quiconque ira consulter un charlatan, pendant 40 jours, ses prières ne seront pas exaucées. » Voilà qui lève encore le doute sur toute confusion possible entre l'Islam et le charlatanisme.
LE ROLE SOCIAL DU MARABOUT
S'il est vrai que l'Islam interdit aux fidèles musulmans d'entretenir avec le charlatan tout rapport d'amitié, en revanche il invite les croyants à aller vers le marabout pour apprendre du Coran ce qu'ils ignorent encore. Outre ce rôle d'éducateur religieux, le marabout est cet homme sage à qui la communauté musulmane fait appel pour sceller l'union sacrée entre femme et homme. Il célèbre les baptêmes et sa présence s'avère nécessaire pour tous les problèmes religieux. Le marabout est l'homme qui, en dehors de sa science, réussit par sa sagesse à acquérir l'estime de tout le monde. C'est un homme d'une dévotion exemplaire, qui refuse de vivre en parasite. Dans les sociétés malinkés, l'on s'est vite aperçu de la différence entre cet homme de religion qu'on appelle affectueusement « Karamoko » et le vulgaire bandit qu'est le charlatan dénommé à juste titre « Morigbanan » ce qui veut dire truand.
FAIRE BON USAGE DU CORAN
Ni le Coran, ni le Prophète, ne mentionnent le nom d'un charlatan comme l'homme providentiel. Il est temps que les musulmans fassent usage du Coran. Ce livre a été révélé pour déchirer le voile de l'obscurantisme. Il serait donc paradoxal que le même Coran fasse référence à des pratiques réprouvées par Dieu. Le Coran s'élève sévèrement contre l'adultère, la prostitution, le vol, le mal sous toutes ses formes, tandis qu'il encourage le bien, la solidarité et l'entraide. Comment un tel livre peut-il parallèlement servir de tremplin à ceux qui évoluent dans la sphère de Satan? Les charlatans servent la cause de tous les grands maux, des proxénètes et des prostitués, des maris et des femmes infidèles, des gens mal intentionnés. Ce sont des dislocateurs de familles unies, qui aident les gens débordant de rancune et cherchant à se venger de leurs ennemis par des procédés diaboliques.
Soyons sérieux et rendons hommage à la vérité. Toutefois, nous leur serons reconnaissants, si seulement ces fameux charlatans tiennent à persister dans leurs basses besognes en abusant de crédulité publique, s'ils sont au moins sincères avec eux-mêmes, pour avouer à tous leurs clients que le Coran n'est nullement le fondement de leurs pratiques. Nous lançons en notre qualité de musulmans un appel fervent à tous les frères croyants appartenant à d'autres confessions autres que l'Islam pour qu'ils se mettent désormais à l'abri des charlatans et de leurs mensonges. L'escroquerie est vieille comme le monde. S'il est impossible de neutraliser tous les escrocs pullulant dans nos villes et villages, nous pouvons cependant éviter d'être la victime de ces êtres sans scrupules.
SYLLA KARAMOKO avec la collaboration de MOHAMED LAMINE KABA
Comment citer ce document
Sylla, Karamoko, et Mohamed Lamine Kaba. “L'Islam et le charlatanisme.” Fraternité Hebdo, 20 juin 1985. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/62448.
Sylla, K., & Kaba, M. L. (1985, juin 20). L'Islam et le charlatanisme. Fraternité Hebdo. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/62448
Sylla, Karamoko, et Mohamed Lamine Kaba. “L'Islam et le charlatanisme.” Fraternité Hebdo, 20 juin 1985. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/62448.
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L’islam est présenté très favorablement comme une religion prônant « l’honnêteté, la franchise, la sincérité, l’amour et la justice sociale », tandis que les pratiques condamnées lui sont explicitement opposées.
L'article présente l'islam comme une religion d'honnêteté, de justice et de sagesse, le distinguant clairement du charlatanisme, et adopte un ton élogieux envers les valeurs islamiques et les marabouts.
L'article dresse un portrait extrêmement favorable de l'islam, décrit comme une religion prônant « l'honnêteté, la franchise, la sincérité, l'amour et la justice sociale », et valorise le marabout, tout en réservant sa critique exclusive aux charlatans.
L'islam est décrit comme une religion de vertu qui prône « l'honnêteté, la franchise, la sincérité, l'amour et la justice sociale ».
L'article défend l'Islam en affirmant qu'il « ne saurait en aucune façon encourager le charlatanisme », célèbre le Coran comme « révélé pour déchirer le voile de l'obscurantisme » et valorise le marabout comme « homme d'une dévotion exemplaire », la cible de la critique étant systématiquement détournée des musulmans vers les faux prophètes.
Centralité
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Très central
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L’article est entièrement consacré à la distinction entre l’islam, les musulmans, les marabouts et le charlatanisme, en s’appuyant notamment sur le Coran et les enseignements du Prophète.
L'article traite principalement de l'islam et de ses rapports avec le charlatanisme, avec de nombreuses références religieuses (Coran, Prophète, marabouts) et une défense explicite de l'islam comme religion vertueuse.
L'article porte exclusivement sur l'islam et le charlatanisme, en distinguant le marabout du charlatan, et constitue un plaidoyer pour une pratique religieuse authentique.
L'intégralité de l'article est consacrée à la distinction entre l'islam, représenté par le Coran et le marabout pieux, et la pratique du charlatanisme.
L'article est entièrement structuré autour de la relation entre l'Islam et le charlatanisme, du titre « L'Islam et le charlatanisme » jusqu'à l'appel final « en notre qualité de musulmans », en passant par les citations coraniques, le rôle du marabout et la défense de la religion.
Subjectivité
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Très subjectif
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Qwen3.8 27B
Très subjectif
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Le texte prend ouvertement position et emploie un lexique fortement évaluatif, qualifiant les charlatans d’« ignobles escrocs », de « vulgaires bandits » et d’« êtres sans scrupules ».
L'article s'appuie sur des définitions lexicographiques, des citations coraniques et des références prophétiques pour condamner le charlatanisme, tout en maintenant un ton informatif et factuel malgré une défense engagée de l'islam.
L'article est une tribune d'opinion marquée par des affirmations personnelles (« nous pouvons d'ores et déjà affirmer »), un appel direct (« nous lançons... un appel fervent ») et un lexique évaluatif (« ignobles escrocs »), sans distance factuelle.
L'auteur adopte un ton moralisateur et prescriptif, employant des termes forts comme « ignobles escrocs » ou « basses besognes ».
L'auteur se positionne personnellement (« en notre qualité de musulmans »), emploie un registre émotionnel fort (« ignobles escrocs », « basses besognes », « procédés diaboliques », « appel fervent ») et formule des injonctions morales (« Il est temps que les musulmans fassent usage du Coran »), ce qui fait de ce texte une tribune engagée plutôt qu'un compte rendu informatif.
