Article · Le Pays · 17 avril 2018 Citer
École coranique Cheick Soro Adama : plus d'un demi-siècle au service de l'Islam au Burkina Faso
- Type
- Article de presse
- Créateur
- Amadé Soro
- Editeur
-
Le Pays
- Date
- 17 avril 2018
- Description
-
Cheick Adama Soro, né en 1943 près de Ouahigouya, est présenté comme un pionnier du Tafsir en mooré. Après avoir appris le Coran en moins d’un an à San, puis étudié quatre ans à Djibo le dogme, la jurisprudence, la rhétorique arabe et les sciences de l’interprétation, il fonde en 1966 l’Ecole Coranique Cheick Soro Adama. Installé à Ouagadougou depuis les années 1980, il poursuit ses enseignements, ses prédications durant le Ramadan et ses conseils aux familles.
Annotations de valeur
- AI Model - Summary
- GPT-5.6 Luna
- Langue
- Français
- Source
-
Wayback Machine
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-article-0002558
- contenu
-
Dans le domaine de l'interprétation des sens des versets du Saint Coran en langue nationale, appélée « Tafsir », au pays des Hommes intègres, il fait office de pionnier. Cheick Adama Soro, puisque c'est de lui qu'il s'agit, est plus qu'une référence en termes de longévité et de maîtrise de l'art et de la science de l'interprétation du Saint Coran en langue nationale mooré. A Nonsin où il est installé avec sa famille depuis 1980, il continue d'animer pendant le mois du jeûne musulman, Ramadan, des séances d'explication et d'interprétation de versets du livre saint de l'Islam à un public totalement acquis à la cause coranique. Mais d'où lui est venue l'idée du choix de cette branche jugée très délicate parmi les autres disciplines islamiques ? Pour comprendre ce grand engouement pour le Tafsir, il est nécessaire de remonter dans le temps pour suivre les premiers pas du Cheikh Soro dans le domaine de l'apprentissage puis de l'enseignement des sciences islamiques jusqu'à la création de sa propre école coranique alors qu'il était âgé d'à peine 25 ans. Cette année 2018, l'Ecole Coranique Cheick Soro Adama (ECCOSA), située au secteur 14 de Ouagadougou, célèbre les 62 ans de son existence. Retour au parcours atypique d'un maître coranique.
Né en 1943 à Kéléguérima-Yarcé, localité située à 25 km à l'ouest de Ouahigouya, province du Yatenga, Adama Soro a toujours eu, dès sa tendre enfance, un réel penchant vers l'enseignement islamique. Cet amour pour le savoir lui a été inculqué, selon ses dires, par son père au nom prémonitoire de Cheikh Soro. De l'ethnie Yarga, le fils du fondateur du village de Kéléguérima-Yarcé ou Yargo, c'est-à-dire le grand-père de Cheick Adama Soro, avait quitté son village natal, Rambo, aujourd'hui, une commune rurale située dans la même province du Yatenga. Du nom de Souleymane, ce patriarche aux nombreuses progénitures vouait un culte sans limite à la religion musulmane qu'il pratiquait assidûment à côtés de ses activités commerciales essentiellement centrées sur la vente de la cola et du sel. Il partait s'approvisionner dans l'actuel Ghana et retournait vendre ces deux grands produits dans son pays. Deux produits très prisés par les populations, car utilisés dans presque toutes les cérémonies aussi bien religieuses que sociales. Le petit et futur Cheick Adama Soro a, plusieurs fois, fait partie de la délégation qui se rendait au Ghana avec comme seul moyen de transport des ânes.
Enfance et Scolarisation C'est dans ce contexte particulier marqué par des activités religieuses et commerciales que l'enfant Soro qui devait également s'occuper des tâches ménagères de sa mère, en compagnie de son jeune frère Abdoulaye, a décidé de prendre le chemin de l'apprentissage avec les bénédictions de son père. Comme le hasard n'existe pas, une certaine prédisposition naturelle au métier de l'enseignement caractérisait déjà le comportement quotidien du jeune Soro. Celui-ci de tous les jeux qu'organisaient les enfants du village, seul le rôle d'enseignant avait toutes ses faveurs. Il n'hésitait pas, selon ses amis d'enfance, à enfiler une djellaba, un turban une canne et monter sur une élévation, prêt à prêcher la parole divine. Ce qui lui vaudra, d'être surnommé par ses camarades le Karansamba, c'est-à-dire l'enseignant. Un jeu d'enfants devenu trois décennies plus tard, une réalité.
Ayant constaté l'engouement de son fils pour le savoir islamique, le vieux Cheikh Soro décide alors de l'amener à San, un village situé à une dizaine de Kilomètres de Yargo. C'est là qu'il rencontrera le maître coranique El Hadj Abdoulaye Ouédraogo, surnommé « San Monré ». Ce fut pour le petit Soro une balade de santé, car en moins d'une année, il acheva la lecture intégrale du Saint Coran au grand bonheur et émerveillement de son maître. Son entourage était également étonné, car presque tous les élèves de son âge mettaient entre deux et trois ans avant de pouvoir terminer la lecture intégrale du Saint Coran composé de 114 sourates et tenant sur à peu près 600 pages.
L'appétit venant en mangeant, le futur Cheick Adama Soro ne comptait pas s'arrêter en si bon chemin. Il décida alors de poursuivre son aventure « instructive » en se rendant au Sahel burkinabè connu, à l'époque, c'est-à-dire dans les années 60-70, pour être un des berceaux des sciences islamiques de la Haute-Volta. Pour Adama Soro, finir la lecture intégrale du Saint Coran, était une bonne chose, mais en maîtriser les sens était encore mieux. Or, on ne trouvait pas sur place dans son environnement immédiat, des enseignants rompus dans l'art et la science de l'interprétation du Livre saint islamique. D'où le choix de Djibo, situé à plus de 200 km de Yargo. Pourquoi le choix de Djelgodji ? Djibo était connu pour son activité économique intense et la présence de grands savants musulmans dont la réputation avait traversé les frontières sahéliennes.Après avoir été introduit aux fondamentaux de la religion musulmane relatifs au dogme et à la jurisprudence islamiques, à la poésie et à la rhétorique arabes, il lui manquait un maillon essentiel dans la chaîne de la connaissance et de la maîtrise des sciences islamiques. Il s'agit de l'interprétation du Saint Coran, le fameux Tafsir. Le Coran qui a été révélé en langue arabe en l'an 610, après Jésus-Christ, n'était pas accessible, (comme l'ont d'ailleurs été les autres livres révélés, la Thora et la Bible), dans beaucoup de langues dans le monde. La traduction ou l'interprétation devenait alors la seule voie de compréhension et de propagation de ces messages célestes. A noter, que l'une des toutes premières traductions du Coran en langue française date de 1647, par André Du Ryer.L'apprentissage de cette science indispensable à la connaissance de l'Islam ainsi que les disciplines connexes, à savoir les sciences du Coran avec des sous matières comme, la connaissance des causes contextuelles de la révélation des versets, la science du partage de l'héritage, la connaissance de l'abrogeant et de l'abrogé, parmi les versets, la tradition prophétique, l'histoire islamique, pour ne citer que ceux-là, qui a duré quatre années, a donc mis le Cheick Soro sur le chemin du Machyakha. Dérivé du mot arabe, cheikh, le Machyakha est un titre attribué aux Cheick, comme l'imamat pour les imams.De retour dans son village natal à Yargo, le Cheikh Adama Soro fonde en 1966 l'Ecole Coranique Cheick Soro Adama. Si l'initiative est saluée par beaucoup dans le village et même au-delà, des velléités d'oppositions à peine voilées n'ont pas également manqué. Et au regard de l'accroissement continu de l'effectif de ses élèves, qui affluaient de tous les quatre coins de la région, et trouvant peut-être le cadre villageois un peu étroit, il décida alors de s'installer dans la capitale mais en continuant de garder les liens avec le village. Il s'y rend régulièrement, notamment pour les séances de prédications aux côtés d'autres activités sociales et familiales.
Un homme accessible
Depuis son installation à Ouagadougou dans les années 80, Cheick Adama Soro, polygame et père de plusieurs enfants, partage son temps entre dispenser les enseignements islamiques à ses nombreux élèves résidents et occasionnels, assister aux différentes cérémonies religieuses et prodiguer des conseils aux couples en difficultés. En cette année 2018, l'Ecole Coranique Cheick Soro Adama fête ses 62 ans au service de l'Islam au Burkina Faso.
Amadé SORO
Comment citer ce document
Soro, Amadé. “École coranique Cheick Soro Adama : plus d'un demi-siècle au service de l'Islam au Burkina Faso.” Le Pays, 17 avril 2018. https://web.archive.org/web/20230619162902/https://lepays.bf/ecole-coranique-cheick-soro-adama-plus-dun-demi-siecle-service-de-lislam-burkina-faso/.
Soro, A. (2018, avril 17). École coranique Cheick Soro Adama : plus d'un demi-siècle au service de l'Islam au Burkina Faso. Le Pays. https://web.archive.org/web/20230619162902/https://lepays.bf/ecole-coranique-cheick-soro-adama-plus-dun-demi-siecle-service-de-lislam-burkina-faso/
Soro, Amadé. “École coranique Cheick Soro Adama : plus d'un demi-siècle au service de l'Islam au Burkina Faso.” Le Pays, 17 avril 2018. https://web.archive.org/web/20230619162902/https://lepays.bf/ecole-coranique-cheick-soro-adama-plus-dun-demi-siecle-service-de-lislam-burkina-faso/.
Visualisations
Sentiment IA
Évaluations produites séparément par GPT-5.6 Luna, Mistral Small 4, DeepSeek V4 Flash, Gemma 4 31B, Qwen3.8 27B. La polarité décrit le ton envers l’islam et les musulmans ; la centralité, leur place dans l’article ; la subjectivité, un langage factuel ou fondé sur des opinions. Ces évaluations doivent être confrontées au texte. La subjectivité est particulièrement incertaine et l’accord entre modèles n’établit pas leur exactitude.
Polarité
Les modèles s’accordent presque
-
GPT-5.6 Luna Positif
-
Mistral Small 4 Très positif
-
DeepSeek V4 Flash Positif
-
Gemma 4 31B
Très positif
-
Qwen3.8 27B
Positif
Voir les justifications
L’article présente Cheick Adama Soro et son action religieuse de manière très favorable, en insistant sur sa maîtrise, son dévouement et le « service de l’Islam ».
L'article présente Cheick Adama Soro comme une figure exceptionnelle et son travail comme hautement valorisé, avec un lexique très élogieux ('pionnier', 'maîtrise de l'art', 'initiative saluée par beaucoup').
L'article brosse un portrait admirable et bienveillant du cheikh : « pionnier », « parcours atypique », « homme accessible », et souligne ses 62 ans de service à l'islam sans aucune réserve critique ; le lexique choisi oriente clairement vers une représentation favorable.
Le portrait est extrêmement élogieux, soulignant l'« amour pour le savoir » du Cheikh et l'« émerveillement » provoqué par sa précocité intellectuelle.
Le texte adopte un ton admiratif et bienveillant envers la transmission du savoir coranique, soulignant les 62 ans de l'école « au service de l'Islam au Burkina Faso » et qualifiant le maître d'« homme accessible » salué par ses communautés.
Centralité
Les modèles s’accordent
-
GPT-5.6 Luna Très central
-
Mistral Small 4 Très central
-
DeepSeek V4 Flash Très central
-
Gemma 4 31B
Très central
-
Qwen3.8 27B
Très central
Voir les justifications
L’article est entièrement consacré à l’enseignement islamique, à l’interprétation du Coran et au parcours d’un maître coranique.
L'article est entièrement dédié à un maître coranique et à son école, avec une description détaillée de son engagement dans l'islam et les sciences islamiques.
L'article est entièrement consacré à Cheick Adama Soro, maître coranique, fondateur d'une école coranique et pionnier du Tafsir en langue mooré ; l'islam, le Coran, le Ramadan et les sciences islamiques structurent l'intégralité du propos.
L'article est entièrement consacré au parcours et à l'œuvre de Cheick Adama Soro dans l'enseignement et l'interprétation du Saint Coran.
L'ensemble de l'article est consacré au parcours de Cheick Adama Soro, maître coranique qui enseigne le Tafsir en langue mooré, ancre son récit dans le ramadan, la création de l'Ecole Coranique Cheick Soro Adama et l'apprentissage des « sciences islamiques » (jurisprudence, tradition prophétique, histoire islamique).
Subjectivité
Les modèles divergent
-
GPT-5.6 Luna Plutôt subjectif
-
Mistral Small 4 Très objectif
-
DeepSeek V4 Flash Plutôt objectif
-
Gemma 4 31B
Plutôt subjectif
-
Qwen3.8 27B
Plutôt subjectif
Voir les justifications
Le récit factuel est fortement orienté par des appréciations élogieuses telles que « pionnier », « plus qu’une référence » et « maître coranique atypique ».
L'article se limite à décrire les faits et le parcours de Cheick Adama Soro sans exprimer d'opinion ou de jugement, avec un ton strictement informatif et factuel.
Le récit compile des faits biographiques datés (1943, 1966, installation à Ouagadougou dans les années 80) et des témoignages attribués, mais l'angle du portrait est nettement valorisant : le cheikh est présenté comme « plus qu'une référence », son initiative est « saluée par beaucoup », et la formulation « au grand bonheur et émerveillement » trahit une appréciation positive.
L'auteur utilise un lexique mélioratif et admiratif pour décrire le sujet, le qualifiant notamment de « pionnier » et de « référence ».
Le portrait s'accompagne d'un lexique très valorisant emporté par le journaliste — « pionnier », « plus qu'une référence en termes de longévité et de maîtrise », « grand engouement », « parcours atypique » — qui dépasse le simple compte rendu factuel du parcours.

